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Message du Pape François
pour la Journée Mondiale des Missions 2013
87è Journée - 20 Octobre 2013

Texte complet

ROME, 6 août 2013 (Zenit.org) - "Je désire assurer que je suis proche par la prière des personnes, des familles et des communautés qui endurent la violence et l’intolérance et je leur répète les paroles consolantes de Jésus : « Gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33)", déclare le pape François au terme de son Message pour la 87e Journée missionnaire mondiale, qui sera célébrée le dimanche 20 octobre, juste après la conclusion de l'Année de la foi.

Voir aussi en français cette journée

Le pape rappelle que la mission est intrinsèque à la vie chrétienne et précise: "Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour. " Le document porte, symboliquement, la date de la Pentecôte.

Respect absolu de la liberté

Mais surtout le pape va au-devant d'une objection: l'annonce de la vérité évangélique n'est pas un obstacle à la liberté de conscience. "Parfois, fait observer le pape François, certains pensent encore que porter la Vérité de l’Évangile consiste à faire violence à la liberté. Paul VI a des paroles lumineuses à ce propos : « Ce serait ... une erreur d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus-Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options libres qu’elle fera ... c’est un hommage à cette liberté » (Evangelii nuntiandi, n. 80). Nous devons toujours avoir le courage et la joie de proposer, avec respect, la rencontre avec le Christ, de nous faire porteurs de son Évangile. Jésus est venu parmi nous pour indiquer le chemin du salut et il nous a confié à nous aussi la mission de le faire connaître à tous, jusqu’aux extrémités de la terre. Souvent, nous voyons que ce sont la violence, le mensonge, l’erreur qui sont mis en relief et proposés."

Une lumière sûre

"L’homme de notre temps a besoin d’une lumière sûre qui éclaire sa route et que seule la rencontre avec le Christ peut donner. Portons à ce monde, par notre témoignage, avec amour, l’espérance donnée par la foi !", exhorte le pape

En cette année de la foi, il souligne en effet la richesse que constitue le don de la foi et l'appel qu'il lance à la liberté humaine: "La foi est un précieux don de Dieu, qui ouvre notre esprit afin que nous puissions le connaître et l’aimer. Il veut entrer en relation avec nous afin de nous faire participer à sa vie même et rendre notre vie davantage pleine de signification, meilleure, plus belle. Dieu nous aime ! La foi demande cependant à être accueillie. Elle demande donc une réponse personnelle de notre part, le courage de faire confiance à Dieu, de vivre son amour, reconnaissants pour son infinie miséricorde. Elle est ensuite un don qui n’est pas réservé à quelques-uns mais qui est offert avec générosité. Tous devraient pouvoir faire l’expérience de la joie de se sentir aimés par Dieu, de la joie du salut ! Et il s’agit d’un don qu’il n’est pas possible de conserver pour soi mais qui doit être partagé : si nous voulions le garder seulement pour nous, nous deviendrions dans ce cas des chrétiens isolés, stériles et malades."

Les frontières de la foi

Il rappelle aussi l'enseignement du Concile dont l'Année de la foi marque le 50e anniversaire: "Le Concile Vatican II a souligné de façon particulière la manière dont le devoir missionnaire, le devoir d’élargir les frontières de la foi, est le propre de tout baptisé et de toutes les communautés chrétiennes" (cf. Décret Ad Gentes, n. 37).

"J’invite les Évêques, les prêtres, les Conseils presbytéraux et pastoraux, toute personne et tout groupe responsable à l’intérieur de l’Église à donner de l’importance à la dimension missionnaire au sein de leurs programmes pastoraux et de formation, ressentant que son propre engagement apostolique n’est pas complet s’il ne comprend pas l’intention de « rendre témoignage du Christ devant les Nations », face à tous les peuples", insiste le pape, ajoutant que la mission "concerne tous les aspects de la vie chrétienne".

Le pape insiste aussi sur la dimension ecclésiale de l'annonce: "Il n’est pas possible d’annoncer le Christ sans l’Église. Évangéliser n’est jamais un acte isolé, individuel, privé mais toujours ecclésial" et à ce propos il cite à nouveau Paul VI (cf. Evangelii nuntiandi, n. 60), avant d'ajouter : "Et cela donne force à la mission et fait sentir à tout missionnaire et évangélisateur qu’il n’est jamais seul mais qu’il fait partie d’un seul Corps, animé par le Saint Esprit".

Pour ce qui est de la "nouvelle évangélisation", le pape explique: "Il n’est pas rare que certains baptisés fassent des choix de vie qui les conduisent loin de la foi, rendant ainsi nécessaire qu’ils fassent l’objet d’une « nouvelle évangélisation ». À tout cela vient s’ajouter le fait qu’une vaste part de l’humanité n’a pas été atteinte par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ."

Annoncer la proximité de Dieu

Il souligne aussi le contexte de "crise" actuel "qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent", un contexte de conflits aussi: "La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits qui provoquent insécurité et difficulté à trouver le chemin d’une paix stable."

Ainsi "l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion, une annonce de la proximité de Dieu, de sa miséricorde, de son salut, une annonce du fait que la puissance de l’amour de Dieu est capable de l’emporter sur les ténèbres du mal et de conduire sur le chemin du bien".

Le pape remercie les missionnaires et lance un appel à ceux qui entendent cet appel intérieur à la mission: "Je fais appel à ceux qui perçoivent cette vocation à répondre généreusement à la voix de l’Esprit, selon leur état de vie, et à ne pas avoir peur d’être généreux avec le Seigneur. J’invite également les Évêques, les familles religieuses, les communautés et tous les groupements chrétiens à soutenir, avec clairvoyance et un discernement attentif, l’appel missionnaire ad gentes et à aider les Églises qui ont besoin de prêtres, de religieux et de religieuses ainsi que de laïcs pour renforcer la communauté chrétienne."

La douce et réconfortante joie d’évangéliser

Il invite à la communion des Eglises aussi du point de vue des vocations missionnaires: "Il est important que les Églises qui sont plus riches en vocations aident avec générosité celles qui souffrent suite à leur manque."

Il cite Benoît XVI et fait sien ce souhait:"‘Que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée’ (2 Th 3, 1) : puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve la certitude pour regarder vers l’avenir et la garantie d’un amour authentique et durable" (Porta Fidei, n. 15). Il conclut par l'expression de Paul VI: "la douce et réconfortante joie d’évangéliser" (Evangelii nuntiandi, n. 80,

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Texte complet

Chers frères et sœurs,

Cette année, nous célébrons la Journée missionnaire mondiale alors que s’achève l’Année de la foi, occasion importante pour renforcer notre amitié avec le Seigneur et notre cheminement en tant qu’Église qui annonce avec courage l’Évangile. Dans cette perspective, je souhaiterais proposer quelques réflexions.

1. La foi est un précieux don de Dieu, qui ouvre notre esprit afin que nous puissions le connaître et l’aimer. Il veut entrer en relation avec nous afin de nous faire participer à sa vie même et rendre notre vie davantage pleine de signification, meilleure, plus belle. Dieu nous aime ! La foi demande cependant à être accueillie. Elle demande donc une réponse personnelle de notre part, le courage de faire confiance à Dieu, de vivre son amour, reconnaissants pour son infinie miséricorde. Elle est ensuite un don qui n’est pas réservé à quelques-uns mais qui est offert avec générosité. Tous devraient pouvoir faire l’expérience de la joie de se sentir aimés par Dieu, de la joie du salut ! Et il s’agit d’un don qu’il n’est pas possible de conserver pour soi mais qui doit être partagé : si nous voulions le garder seulement pour nous, nous deviendrions dans ce cas des chrétiens isolés, stériles et malades. L’annonce de l’Évangile est inséparable du fait d’être disciples du Christ et elle constitue un engagement constant qui anime toute la vie de l’Église. « L’élan missionnaire est un signe clair de la maturité d’une communauté ecclésiale » (Benoît XVI, Exhortation apostolique Verbum Domini, n. 95). Chaque communauté est « adulte » lorsqu’elle professe la foi, qu’elle la célèbre avec joie dans la liturgie, qu’elle vit la charité et annonce sans relâche la Parole de Dieu, sortant de son enclos afin de la porter également dans les « périphéries », surtout à ceux qui n’ont pas encore eu la possibilité de connaître le Christ. La solidité de notre foi, au plan personnel et communautaire, se mesure aussi à partir de la capacité de la communiquer à d’autres, de la diffuser, de la vivre dans la charité, d’en témoigner auprès de ceux qui nous rencontrent et partagent avec nous le chemin de la vie.

2. L’Année de la foi, cinquante ans après le début du Concile Vatican II, nous appelle à faire en sorte que l’Église tout entière ait une conscience renouvelée de sa présence dans le monde contemporain, de sa mission parmi les peuples et les nations. Le caractère missionnaire n’est pas seulement une question de territoires géographiques mais de peuples, de cultures et de personnes, parce que justement les « frontières » de la foi ne traversent pas seulement des lieux et des traditions humaines mais le cœur de tout homme et de toute femme. Le Concile Vatican II a souligné de façon particulière la manière dont le devoir missionnaire, le devoir d’élargir les frontières de la foi, est le propre de tout baptisé et de toutes les communautés chrétiennes : « Puisque le Peuple de Dieu vit dans des communautés, diocésaines et paroissiales surtout, et que c’est dans ces communautés que d’une certaine manière il se montre visible, c’est aussi aux communautés qu’il appartient de rendre té moignage au Christ devant les nations » (Décret Ad Gentes, n. 37). Chaque communauté est donc interpellée et invitée à faire sien le mandat confié par Jésus à ses Apôtres afin qu’ils soient ses « témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8), non pas comme un aspect secondaire de la vie chrétienne mais comme un aspect essentiel : nous sommes tous envoyés sur les routes du monde pour cheminer avec nos frères, en professant et en témoignant notre foi au Christ et en étant annonciateurs de son Évangile. J’invite les Évêques, les prêtres, les Conseils presbytéraux et pastoraux, toute personne et tout groupe responsable à l’intérieur de l’Église à donner de l’importance à la dimension missionnaire au sein de leurs programmes pastoraux et de formation, ressentant que son propre engagement apostolique n’est pas complet s’il ne comprend pas l’intention de « rendre témoignage du Christ devant les Nations », face à tous les peu ples. Le caractère missionnaire n’est pas seulement une dimension programmatique dans la vie chrétienne mais il est également une dimension paradigmatique qui concerne tous les aspects de la vie chrétienne.

3. Souvent, l’œuvre d’évangélisation rencontre des obstacles non seulement à l’extérieur mais à l’intérieur même de la communauté ecclésiale. Parfois la ferveur, la joie, le courage, l’espérance que nous mettons dans le fait d’annoncer à tous le Message du Christ et d’aider les hommes de notre temps à le rencontrer sont faibles. Parfois, certains pensent encore que porter la Vérité de l’Évangile consiste à faire violence à la liberté. Paul VI a des paroles lumineuses à ce propos : « Ce serait … une erreur d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus-Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options libres qu’elle fera … c’est un hommage à cette liberté » (Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, n. 80). Nous devons toujours avoir le courage et la joie de proposer, avec respect, la rencontre avec le Christ, de nous faire porteurs de son Évangile. J ésus est venu parmi nous pour indiquer le chemin du salut et il nous a confié à nous aussi la mission de le faire connaître à tous, jusqu’aux extrémités de la terre. Souvent, nous voyons que ce sont la violence, le mensonge, l’erreur qui sont mis en relief et proposés. Il est urgent de faire resplendir à notre époque la bonne vie de l’Évangile au travers de l’annonce et du témoignage et cela à l’intérieur même de l’Église parce que, dans cette perspective, il est important de ne jamais oublier un principe fondamental pour tout évangélisateur : il n’est pas possible d’annoncer le Christ sans l’Église. Évangéliser n’est jamais un acte isolé, individuel, privé mais toujours ecclésial. Paul VI écrivait que « lorsque le plus obscur prédicateur, catéchiste ou pasteur, dans la contrée la plus lointaine, prêche l’Évangile, rassemble sa petite communauté ou confère un sacrement, même seul, il fait un acte d’Église ». Il agit « non pas par une mission qu’il s’attribue, ou par une insp iration personnelle, mais en union avec la mission de l’Église et en son nom » (Ibid. n. 60). Et cela donne force à la mission et fait sentir à tout missionnaire et évangélisateur qu’il n’est jamais seul mais qu’il fait partie d’un seul Corps, animé par le Saint Esprit.

4. À notre époque, la mobilité diffuse et la facilité de communication au travers des « nouveaux média » ont mélangé entre eux les peuples, les connaissances, les expériences. Pour des raisons de travail, des familles entières se déplacent d’un continent à l’autre. Les échanges professionnels et culturels, suivis par le tourisme et des phénomènes analogues, provoquent un vaste mouvement de personnes. Parfois il est difficile même pour les Communautés paroissiales de connaître de manière sûre et approfondie ceux qui sont de passage ou ceux qui vivent de manière stable sur le territoire. En outre, dans des zones toujours plus vastes des régions traditionnellement chrétiennes s’accroît le nombre de ceux qui sont étrangers à la foi, indifférents à la dimension religieuse ou animés par d’autres croyances. Par ailleurs, il n’est pas rare que certains baptisés fassent des choix de vie qui les conduisent loin de la foi, rendant ainsi nécessaire qu’ils fassent l’objet d’une « nouvelle évangélisation ». À tout cela vient s’ajouter le fait qu’une vaste part de l’humanité n’a pas été atteinte par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Nous vivons par ailleurs un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits qui provoquent insécurité et difficulté à trouver le chemin d’une paix stable. Dans cette situation complexe, où l’horizon du présent et de l’avenir semblent caractérisés par des nuages menaçants, il est encore plus urgent de porter avec courage au sein de chaque réalité l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion, une annonce de la proximité de Dieu, de sa miséricorde, de son salut, une annonce du fait que la puissance de l’amour de Dieu est capable de l’emporter sur les ténèbres du mal et de conduire sur le chemin du bien. L’homme de notre temps a besoin d’une lumière sûre qui éclaire sa route et que seule la rencontre avec le Christ peut donner. Portons à ce monde, par notre témoignage, avec amour, l’espérance donnée par la foi ! Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour. L’Église – je le répète une fois encore – n’est pas une organisation d’assistance, une entreprise, une ONG mais une communauté de personnes animées par l’action de l’Esprit Saint, qui ont vécu et vivent l’étonnement de la rencontre avec Jésus Christ et désirent partager cette expérience de joie profonde, partager le Message de salut que le Seigneur nous a apporté. C’est justement l’Esprit Saint qui conduit l’Église sur ce chemin.

5. Je voudrais tous vous encourager à vous faire porteurs de la Bonne Nouvelle du Christ et je suis particulièrement reconnaissant aux missionnaires, aux prêtres fidei donum, aux religieux et aux religieuses, aux fidèles laïcs – toujours plus nombreux – qui, répondant à l’appel du Seigneur, quittent leur propre patrie pour servir l’Évangile dans des terres et des cultures différentes. Mais je voudrais également souligner combien les jeunes Églises elles-mêmes s’engagent actuellement généreusement dans l’envoi de missionnaires aux Églises qui se trouvent en difficulté – et il n’est pas rare qu’il s’agisse d’Églises d’antique chrétienté – portant ainsi la fraîcheur et l’enthousiasme avec lesquels elles vivent la foi qui renouvelle la vie et donne l’espérance. Vivre selon ce souffle universel, en répondant au mandat de Jésus, « allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 19), est une richesse pour toute Église particulière, pour toute communauté et donner de s missionnaires n’est jamais une perte mais un gain. Je fais appel à ceux qui perçoivent cette vocation à répondre généreusement à la voix de l’Esprit, selon leur état de vie, et à ne pas avoir peur d’être généreux avec le Seigneur. J’invite également les Évêques, les familles religieuses, les communautés et tous les groupements chrétiens à soutenir, avec clairvoyance et un discernement attentif, l’appel missionnaire ad gentes et à aider les Églises qui ont besoin de prêtres, de religieux et de religieuses ainsi que de laïcs pour renforcer la communauté chrétienne. Ceci devrait être également une attention présente au sein des Églises faisant partie d’une même Conférence épiscopale ou d’une même Région : il est important que les Églises qui sont plus riches en vocations aident avec générosité celles qui souffrent suite à leur manque.

J’exhorte aussi les missionnaires, en particulier les prêtres fidei donum et les laïcs, à vivre avec joie leur précieux service dans les Églises auxquelles ils sont envoyés, et à porter leur joie et leur expérience aux Églises dont ils proviennent, se rappelant comment Paul et Barnabé, au terme de leur premier voyage missionnaire « se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi » (Ac 14, 27). Ils peuvent devenir un chemin pour une sorte de « restitution » de la foi, en portant la fraîcheur des jeunes Églises, afin que les Églises d’antique chrétienté retrouvent l’enthousiasme et la joie de partager la foi dans un échange qui est enrichissement réciproque sur le chemin à la suite du Seigneur.

La sollicitude envers toutes les Églises, que l’Évêque de Rome partage avec ses confrères Évêques, trouve une importante réalisation dans l’engagement des Œuvres pontificales missionnaires, qui ont pour but d’animer et d’approfondir la conscience missionnaire de chaque baptisé et de chaque communauté, tant en rappelant la nécessité d’une plus profonde formation missionnaire de l’ensemble du Peuple de Dieu qu’en alimentant la sensibilité des Communautés chrétiennes afin qu’elles offrent leur aide pour favoriser la diffusion de l’Évangile dans le monde.
Une pensée enfin va aux chrétiens qui, en différentes parties du monde, se trouvent en difficulté en ce qui concerne le fait de professer ouvertement leur foi et de se voir reconnu le droit de la vivre dignement. Ce sont nos frères et sœurs, témoins courageux – encore plus nombreux que les martyrs des premiers siècles – qui supportent avec persévérance apostolique les différentes formes actuelles de persécution. Nombreux sont ceux qui risquent même leur vie pour demeurer fidèles à l’Évangile du Christ. Je désire assurer que je suis proche par la prière des personnes, des familles et des communautés qui endurent la violence et l’intolérance et je leur répète les paroles consolantes de Jésus : « Gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).

Benoît XVI exhortait : « ‘Que la Parole du Seigneur accomplisse sa course et soit glorifiée’ (2 Th 3, 1) : puisse cette Année de la foi rendre toujours plus solide la relation avec le Christ Seigneur, puisque seulement en lui se trouve la certitude pour regarder vers l’avenir et la garantie d’un amour authentique et durable » (Lettre apostolique Porta Fidei, n. 15). C’est mon souhait pour la Journée missionnaire mondiale de cette année. Je bénis de tout cœur les missionnaires et tous ceux qui accompagnent et soutiennent cet engagement fondamental de l’Église afin que l’annonce de l’Évangile puisse résonner dans tous les coins de la terre et que nous, Ministres de l’Évangile et missionnaires, fassions l’expérience de « la douce et réconfortante joie d’évangéliser » (Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, n. 80).

Du Vatican, le 19 mai 2013, Solennité de la Pentecôte

FRANÇOIS


 

en Français

MESSAGE OF POPE FRANCIS
FOR the 87th WORLD MISSION SUNDAY 2013

20 October 2013

 

Dear Brothers and Sisters,

This year, as we celebrate World Mission Day, the Year of Faith, which is an important opportunity to strengthen our friendship with the Lord and our journey as a Church that preaches the Gospel with courage, comes to an end. From this perspective, I would like to propose some reflections.

1. Faith is God’s precious gift, which opens our mind to know and love him. He wants to enter into relationship with us and allow us to participate in his own life in order to make our life more meaningful, better and more beautiful. God loves us! Faith, however, needs to be accepted, it needs our personal response, the courage to entrust ourselves to God, to live his love and be grateful for his infinite mercy. It is a gift, not reserved for a few but offered with generosity. Everyone should be able to experience the joy of being loved by God, the joy of salvation! It is a gift that one cannot keep to oneself, but it is to be shared. If we want to keep it only to ourselves, we will become isolated, sterile and sick Christians. The proclamation of the Gospel is part of being disciples of Christ and it is a constant commitment that animates the whole life of the Church. Missionary outreach is a clear sign of the maturity of an ecclesial community" (BENEDICT XVI, Verbum Domini, 95). Each community is "mature" when it professes faith, celebrates it with joy during the liturgy, lives charity, proclaims the Word of God endlessly, leaves one’s own to take it to the "peripheries", especially to those who have not yet had the opportunity to know Christ. The strength of our faith, at a personal and community level, can be measured by the ability to communicate it to others, to spread and live it in charity, to witness to it before those we meet and those who share the path of life with us.

2. The Year of Faith, fifty years after the beginning of the Second Vatican Council, motivates the entire Church towards a renewed awareness of its presence in the contemporary world and its mission among peoples and nations. Missionary spirit is not only about geographical territories, but about peoples, cultures and individuals, because the "boundaries" of faith do not only cross places and human traditions, but the heart of each man and each woman. The Second Vatican Council emphasized in a special way how the missionary task, that of broadening the boundaries of faith, belongs to every baptized person and all Christian communities; since "the people of God lives in communities, especially in dioceses and parishes, and becomes somehow visible in them, it is up to these to witness Christ before the nations" (Ad gentes, 37). Each community is therefore challenged, and invited to make its own, the mandate entrusted by Jesus to the Apostles, to be his "witnesses in Jerusalem, throughout Judea and Samaria and to the ends of the earth" (Acts 1:8) and this, not as a secondary aspect of Christian life, but as its essential aspect: we are all invited to walk the streets of the world with our brothers and sisters, proclaiming and witnessing to our faith in Christ and making ourselves heralds of his Gospel. I invite Bishops, Priests, Presbyteral and Pastoral Councils, and each person and group responsible in the Church to give a prominent position to this missionary dimension in formation and pastoral programmes, in the understanding that their apostolic commitment is not complete unless it aims at bearing witness to Christ before the nations and before all peoples. This missionary aspect is not merely a programmatic dimension in Christian life, but it is also a paradigmatic dimension that affects all aspects of Christian life.

3. The work of evangelization often finds obstacles, not only externally, but also from within the ecclesial community. Sometimes there is lack of fervour, joy, courage and hope in proclaiming the Message of Christ to all and in helping the people of our time to an encounter with him. Sometimes, it is still thought that proclaiming the truth of the Gospel means an assault on freedom. Paul VI speaks eloquently on this: "It would be... an error to impose something on the consciences of our brethren. But to propose to their consciences the truth of the Gospel and salvation in Jesus Christ, with complete clarity and with total respect for free options which it presents... is a tribute to this freedom" (Evangelii Nuntiandi, 80). We must always have the courage and the joy of proposing, with respect, an encounter with Christ, and being heralds of his Gospel. Jesus came among us to show us the way of salvation and he entrusted to us the mission to make it known to all to the ends of the earth. All too often, we see that it is violence, lies and mistakes that are emphasized and proposed. It is urgent in our time to announce and witness to the goodness of the Gospel, and this from within the Church itself. It is important never to forget a fundamental principle for every evangelizer: one cannot announce Christ without the Church. Evangelization is not an isolated individual or private act; it is always ecclesial. Paul VI wrote, "When an unknown preacher, catechist or Pastor, preaches the Gospel, gathers the little community together, administers a Sacrament, even alone, he is carrying out an ecclesial act." He acts not "in virtue of a mission which he attributes to himself or by a personal inspiration, but in union with the mission of the Church and in her name" (ibid. 60). And this gives strength to the mission and makes every missionary and evangelizer feel never alone, but part of a single Body animated by the Holy Spirit.

4. In our era, the widespread mobility and facility of communication through new media have mingled people, knowledge, experience. For work reasons, entire families move from one continent to another; professional and cultural exchanges, tourism, and other phenomena have also led to great movements of peoples. This makes it difficult, even for the parish community, to know who lives permanently or temporarily in the area. More and more, in large areas of what were traditionally Christian regions, the number of those who are unacquainted with the faith, or indifferent to the religious dimension or animated by other beliefs, is increasing. Therefore it is not infrequent that some of the baptized make lifestyle choices that lead them away from faith, thus making them need a "new evangelization". To all this is added the fact that a large part of humanity has not yet been reached by the good news of Jesus Christ. We also live in a time of crisis that touches various sectors of ex istence, not only the economy, finance, food security, or the environment, but also those involving the deeper meaning of life and the fundamental values that animate it. Even human coexistence is marked by tensions and conflicts that cause insecurity and difficulty in finding the right path to a stable peace. In this complex situation, where the horizon of the present and future seems threatened by menacing clouds, it is necessary to proclaim courageously and in very situation, the Gospel of Christ, a message of hope, reconciliation, communion, a proclamation of God's closeness, his mercy, his salvation, and a proclamation that the power of God’s love is able to overcome the darkness of evil and guide us on the path of goodness. The men and women of our time need the secure light that illuminates their path and that only the encounter with Christ can give. Let us bring to the world, through our witness, with love, the hope given by faith! The Church’s missionary spirit is n ot about proselytizing, but the testimony of a life that illuminates the path, which brings hope and love. The Church – I repeat once again – is not a relief organization, an enterprise or an NGO, but a community of people, animated by the Holy Spirit, who have lived and are living the wonder of the encounter with Jesus Christ and want to share this experience of deep joy, the message of salvation that the Lord gave us. It is the Holy Spirit who guides the Church in this path.

5. I would like to encourage everyone to be a bearer of the good news of Christ and I am grateful especially to missionaries, to the Fidei Donum priests, men and women religious and lay faithful - more and more numerous – who by accepting the Lord's call, leave their homeland to serve the Gospel in different lands and cultures. But I would also like to emphasize that these same young Churches are engaging generously in sending missionaries to the Churches that are in difficulty - not infrequently Churches of ancient Christian tradition – and thus bring the freshness and enthusiasm with which they live the faith, a faith that renews life and gives hope. To live in this universal dimension, responding to the mandate of Jesus: "Go therefore and make disciples of all nations" (Mt 28, 19) is something enriching for each particular Church, each community, because sending missionaries is never a loss, but a gain. I appeal to all those who feel this calling to respond generously to t he Holy Spirit, according to your state in life, and not to be afraid to be generous with the Lord. I also invite Bishops, religious families, communities and all Christian groups to support, with foresight and careful discernment, the missionary call ad gentes and to assist Churches that need priests, religious and laity, thus strengthening the Christian community. And this concern should also be present among Churches that are part of the same Episcopal Conference or Region, because it is important that Churches rich in vocations help more generously those that lack them.

At the same time I urge missionaries, especially the Fidei Donum priests and laity, to live with joy their precious service in the Churches to which they are sent and to bring their joy and experience to the Churches from which they come, remembering how Paul and Barnabas at the end of their first missionary journey "reported what God had done with them and how he had opened the door of faith to the Gentiles" (Acts 14:27). They can become a path to a kind of "return" of faith, bringing the freshness of the young Churches to Churches of ancient Christian tradition, and thus helping them to rediscover the enthusiasm and the joy of sharing the faith in an exchange that is mutual enrichment in the journey of following the path of the Lord.

The concern for all the Churches that the Bishop of Rome shares with his brother Bishops finds an important expression in the activity of the Pontifical Mission Societies, which are meant to animate and deepen the missionary conscience of every baptized Christian, and of every community, by reminding them of the need for a more profound missionary formation of the whole People of God and by encouraging the Christian community to contribute to the spread of the Gospel in the world.

Finally I wish to say a word about those Christians who, in various parts of the world, experience difficulty in openly professing their faith and in enjoying the legal right to practice it in a worthy manner. They are our brothers and sisters, courageous witnesses - even more numerous than the martyrs of the early centuries - who endure with apostolic perseverance many contemporary forms of persecution. Quite a few also risk their lives to remain faithful to the Gospel of Christ. I wish to reaffirm my closeness in prayer to individuals, families and communities who suffer violence and intolerance, and I repeat to them the consoling words of Jesus: "Take courage, I have overcome the world" (Jn 16:33).

Benedict XVI expressed the hope that: "The word of the Lord may spread rapidly and be glorified everywhere" (2 Thes 3:1): May this Year of Faith increasingly strengthen our relationship with Christ the Lord, since only in him is there the certitude for looking to the future and the guarantee of an authentic and lasting love" (Porta fidei, 15). This is my wish for World Mission Day this year. I cordially bless missionaries and all those who accompany and support this fundamental commitment of the Church to proclaim the Gospel to all the ends of the earth. Thus will we, as ministers and missionaries of the Gospel, experience "the delightful and comforting joy of evangelizing" (PAUL VI, Evangelii Nuntiandi, 80).

From the Vatican, 19 May 2013, Solemnity of Pentecost

FRANCIS