ROMA
21-04-2011
JEUDI SAINT - MESSE CHRISMALE
Début à 9h00
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Procession des prêtres depuis la porte de bronze
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9h30 Prières et arrivée de Benoît XVI
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Suite de la MesseCrédit Photos Webmaster. M.Afr.
* * *Bénédiction des Saintes Huiles
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5 photos Copyright ©Felici Roma* * *
Homélies de Benoît XVI (Messe Chrismale et de la Dernière Cène ) (In English)
Jeudi Saint : Homélie de Benoît XVI pour la Messe Chrismale à Saint-PierreSacerdoce des baptisés : Rendre le Dieu vivant visible
ROME, Jeudi 21 avril 2011 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie prononcé ce jeudi matin durant la messe chrismale en la basilique Saint-Pierre.Chers frères et surs,
Au centre de la liturgie de ce matin, se trouve la bénédiction des huiles saintes - de l'huile pour l'onction des catéchumènes, de celle pour l'onction des malades et du chrême pour les grands Sacrements qui confèrent l'Esprit Saint : la Confirmation, l'Ordination sacerdotale et l'Ordination épiscopale. Dans les Sacrements, le Seigneur nous touche au moyen des éléments de la création. L'unité entre la création et la rédemption se rend visible. Les Sacrements sont l'expression de la corporéité de notre foi qui embrasse corps et âme, l'homme entier. Le pain et le vin sont fruits de la terre et du travail de l'homme. Le Seigneur les a choisis comme porteurs de sa présence. L'huile est le symbole de l'Esprit Saint et, en même temps, elle nous renvoie au Christ : la parole « Christ » (Messie) signifie « l'Oint ».
L'humanité de Jésus, à travers l'unité du Fils et du Père, est insérée dans la communion avec l'Esprit Saint et ainsi, elle est « ointe » de manière unique, elle est pénétrée par l'Esprit Saint. Ce qui, dans les rois et dans les prêtres de l'Ancienne Alliance s'était produit de manière symbolique lors de l'onction avec l'huile, avec laquelle ils étaient institués dans leur ministère, se produit en Jésus dans toute sa réalité : son humanité est pénétrée par la force de l'Esprit Saint. Il ouvre notre humanité par le don de l'Esprit Saint. Plus nous sommes unis au Christ, plus nous sommes remplis de son Esprit, de l'Esprit Saint. Nous nous appelons « chrétiens » : « oints » - personnes qui appartiennent au Christ et pour cela participent à son onction, sont touchées par son Esprit. Je ne veux pas seulement m'appeler chrétien, mais je veux aussi l'être, a dit saint Ignace d'Antioche. Laissons justement ces huiles saintes, qui vont être consacrées maintenant, nous rappeler la tâche intrinsèque du mot « chrétien » et prions le Seigneur pour que, toujours plus, non seulement nous nous appelions chrétiens, mais nous le soyons aussi.
Au cours de la Liturgie de ce jour, comme nous l'avons déjà dit, trois huiles sont bénies. Dans cette triade s'expriment trois dimensions essentielles de l'existence chrétienne, sur lesquelles nous voulons réfléchir à présent. Il y a tout d'abord l'huile des catéchumènes. Cette huile indique en quelque sorte une première manière d'être touchés par le Christ et par son Esprit - un toucher intérieur par lequel le Seigneur attire les personnes à lui. Par cette première onction, qui est faite encore avant le Baptême, notre regard se tourne donc vers les personnes qui se mettent en chemin vers le Christ - vers celles qui sont à la recherche de la foi, à la recherche de Dieu. L'huile des catéchumènes nous dit : ce ne sont pas seulement les hommes qui cherchent Dieu. Dieu Lui-même s'est mis à notre recherche. Le fait que lui-même se soit fait homme et soit descendu dans les abîmes de l'existence humaine, jusque dans la nuit de la mort, nous montre combien Dieu aime l'homme, sa créature. Poussé par l'amour, Dieu s'est mis en marche vers nous. « Me cherchant, Tu t'es assis, fatigué... qu'un tel effort ne soit pas vain ! » prions-nous dans le Dies Irae. Dieu est à ma recherche. Est-ce que je veux le reconnaître ? Est-ce que je veux qu'il me connaisse, qu'il me trouve ? Dieu aime les hommes. Il va au devant de l'inquiétude de notre cur, de l'inquiétude de nos questions et de nos recherches, avec l'inquiétude de son propre cur, qui le pousse à accomplir l'acte extrême pour nous.
L'inquiétude envers Dieu, - le fait d'être en chemin vers lui pour mieux le connaître, pour mieux l'aimer -, ne doit pas s'éteindre en nous. En ce sens, nous devrions toujours rester des catéchumènes. « Recherchez sans relâche sa face », dit un psaume (105, 4). Augustin a commenté à ce propos : Dieu est tellement grand qu'il dépasse infiniment toute notre connaissance et tout notre être. La connaissance de Dieu ne s'épuise jamais. Toute l'éternité, nous pouvons, avec une joie grandissante, continuer sans cesse à le chercher, pour le connaître toujours plus et l'aimer toujours plus. « Notre cur est inquiet, tant qu'il ne repose en toi », a dit Augustin au début de ses Confessions. Oui, l'homme est inquiet, car tout ce qui est temporel est trop peu. Mais sommes-nous vraiment inquiets à son égard ? Ne nous sommes-nous pas résignés à son absence et ne cherchons-nous pas à nous suffire à nous-mêmes ? Ne permettons pas de telles réductions de notre être humain ! Restons continuellement en marche vers lui, ayant la nostalgie de lui, accueillant de manière toujours nouvelle connaissance et amour !
Ensuite, il y a l'huile pour l'Onction des malades. Nous avons devant nous la multitude des personnes qui souffrent : les affamés et les assoiffés, les victimes de la violence sur tous les continents, les malades avec toutes leurs douleurs, leurs espérances et leurs désespoirs, les persécutés et les opprimés, les personnes au cur brisé. À propos du premier envoi des disciples par Jésus, saint Luc raconte : « Il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons » (9, 2).
Guérir est une tâche primordiale confiée par Jésus à l'Eglise, suivant l'exemple donné par lui-même alors qu'il parcourait les routes du pays en guérissant. Certes, la tâche principale de l'Eglise est l'annonce du Royaume de Dieu. Mais justement cette annonce elle-même doit être un processus de guérison : «... guérir ceux qui ont le cur brisé », a-t-il été dit aujourd'hui dans la première Lecture du prophète Isaïe (61, 1). L'annonce du Royaume de Dieu, de la bonté infinie de Dieu, doit susciter avant tout ceci : guérir le cur blessé des hommes. L'homme, de par sa propre essence, est un être en relation. Toutefois, si la relation fondamentale, la relation avec Dieu, est perturbée, alors tout le reste aussi est perturbé. Si notre rapport à Dieu est perturbé, si l'orientation fondamentale de notre être est erronée, nous ne pouvons pas non plus vraiment guérir dans le corps et dans l'âme. Pour cela, la guérison première et fondamentale advient dans la rencontre avec le Christ qui nous réconcilie avec Dieu et guérit notre cur brisé. Mais en plus de cette tâche centrale, la guérison concrète de la maladie et de la souffrance fait aussi partie de la mission essentielle de l'Eglise. L'huile pour l'Onction des malades est l'expression sacramentelle visible de cette mission. Depuis les débuts, l'appel à guérir a muri dans l'Eglise, ainsi que l'amour prévenant envers les personnes tourmentées dans le corps ou dans l'âme.
C'est là une occasion de remercier pour une fois les surs et les frères qui dans le monde entier portent aux hommes un amour qui guérit, sans tenir compte de leur position ou de leur confession religieuse. Depuis Elisabeth de Thuringe, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Camille de Lellis jusqu'à Mère Teresa - pour ne rappeler que quelques noms - le monde est traversé par un sillon lumineux de personnes, qui tire son origine de l'amour de Jésus pour les souffrants et les malades. C'est pourquoi nous remercions maintenant le Seigneur. C'est pourquoi, nous remercions tous ceux qui, en vertu de leur foi et de leur amour, se mettent aux côtés des souffrants, apportant ainsi, en fin de compte, un témoignage de la propre bonté de Dieu. L'huile pour l'Onction des malades est un signe de cette huile de la bonté du cur, que ces personnes - avec leur compétence professionnelle - portent aux personnes qui souffrent. Sans parler du Christ, elles le manifestent.
En troisième lieu, il y a enfin la plus noble des huiles ecclésiales, le chrême, une mixture d'huile d'olive et de parfums végétaux. C'est l'huile de l'onction sacerdotale et de l'onction royale, onctions qui se rattachent aux grandes traditions d'onction dans l'Ancienne Alliance. Dans l'Eglise, cette huile sert surtout pour l'onction lors de la Confirmation et lors des Ordinations sacrées. La liturgie d'aujourd'hui associe à cette huile les paroles de promesse du prophète Isaïe : « Vous serez appelés prêtres du Seigneur', on vous nommera ministres de notre Dieu' » (61, 6). Le prophète reprend par là la grande parole de charge et de promesse, que Dieu avait adressée à Israël au Sinaï : « Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres, une nation sainte » (Ex 19, 6). Dans le vaste monde et pour le vaste monde qui, en grande partie, ne connaissait pas Dieu, Israël devait être comme un sanctuaire de Dieu pour la totalité, il devait exercer une fonction sacerdotale pour le monde. Il devait conduire le monde vers Dieu, l'ouvrir à lui. Saint Pierre, dans sa grande catéchèse baptismale, a appliqué ce privilège et cette tâche d'Israël à l'entière communauté des baptisés, proclamant : « Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour proclamer les louanges de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière, vous qui, jadis, n'étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu » (1 P 2, 9 s.).
Le Baptême et la Confirmation constituent l'entrée dans ce peuple de Dieu, qui embrasse le monde entier ; l'onction du Baptême et de la Confirmation est une onction qui introduit dans ce ministère sacerdotal en faveur de l'humanité. Les chrétiens sont un peuple sacerdotal pour le monde. Les chrétiens devraient rendre visible au monde le Dieu vivant, en témoigner et conduire à Lui. Quand nous parlons de notre charge commune, en tant que baptisés, nous ne devons pas pour autant en tirer orgueil. C'est une question qui, à la fois, nous réjouit et nous préoccupe : sommes-nous vraiment le sanctuaire de Dieu dans le monde et pour le monde ? Ouvrons-nous aux hommes l'accès à Dieu ou plutôt ne le cachons-nous pas ? Ne sommes-nous pas, nous - peuple de Dieu -, devenus en grande partie un peuple de l'incrédulité et de l'éloignement de Dieu ? N'est-il pas vrai que l'Occident, les Pays centraux du christianisme sont fatigués de leur foi et, ennuyés de leur propre histoire et culture, ne veulent plus connaître la foi en Jésus Christ ? Nous avons raison de crier vers Dieu en cette heure : Ne permets-pas que nous devenions un non-peuple ! Fais que nous te reconnaissions de nouveau ! En effet, tu nous as oints de ton amour, tu as posé ton Esprit Saint sur nous. Fais que la force de ton Esprit devienne à nouveau efficace en nous, pour que nous témoignions avec joie de ton message !
Malgré toute la honte que nous éprouvons pour nos erreurs, nous ne devons pas oublier cependant qu'il existe aussi aujourd'hui des exemples lumineux de foi ; qu'il y a aussi aujourd'hui des personnes qui, par leur foi et leur amour, donnent espérance au monde. Quand le 1er mai prochain sera béatifié le Pape Jean Paul II, nous penserons à lui, pleins de gratitude, comme à un grand témoin de Dieu et de Jésus Christ à notre époque, comme à un homme rempli d'Esprit Saint. Avec lui, nous pensons au grand nombre de ceux qu'il a béatifiés et canonisés et qui nous donnent la certitude que la promesse de Dieu et sa charge ne tombent pas aujourd'hui dans le vide.
Je m'adresse enfin à vous, chers confrères dans le ministère sacerdotal. Le Jeudi Saint est de façon particulière notre jour. A l'heure de la Dernière Cène, le Seigneur a institué le sacerdoce du Nouveau Testament. « Consacre-les dans la vérité » (Jn 17, 17) a-t-il prié le Père - pour les Apôtres et pour les prêtres de tous les temps. Avec beaucoup de gratitude pour notre vocation et avec humilité pour tous nos manquements, renouvelons maintenant notre « oui » à l'appel du Seigneur : Oui, je veux m'unir intimement au Seigneur Jésus - renonçant à moi-même... poussé par l'amour du Christ. Amen.
Jeudi Saint : Homélie de Benoît XVI pour la messe de la Cène au Latran
Les chrétiens unis sils sont unis à Jésus
ROME, Jeudi 21 avril 2011 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée durant la messe
Chers frères et surs,« J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! » (Lc 22, 15). Par ces mots, Jésus a ouvert la célébration de son dernier banquet et de l'institution de la sainte Eucharistie. Jésus est allé au devant de cette heure, en la désirant. Au fond de lui-même, il a attendu ce moment où il se donnerait lui-même aux siens sous les espèces du pain et du vin. Il a attendu ce moment qui aurait dû être en quelque sorte les véritables noces messianiques : la transformation des dons de cette terre et le fait de devenir un avec les siens, pour les transformer et inaugurer ainsi la transformation du monde. Dans le désir de Jésus, nous pouvons reconnaître le désir de Dieu lui-même - son amour pour les hommes, pour sa création, un amour en attente. L'amour qui attend le moment de l'union, l'amour qui veut attirer les hommes à soi, pour ainsi réaliser entièrement le désir de la création elle-même : en effet, celle-ci est tendue vers la manifestation des fils de Dieu (cf. Rm 8, 19).
Jésus nous désire, il nous attend. Et nous, le désirons-nous vraiment ? Nous sentons-nous poussés intérieurement à le rencontrer ? Désirons-nous ardemment sa proximité, devenir un avec lui, don qu'il nous fait dans la sainte Eucharistie ? Ou bien sommes-nous indifférents, distraits, remplis d'autres choses ? D'après les paraboles de Jésus sur les banquets, nous savons qu'il connaît la réalité des places restées vides, la réponse négative, le désintérêt pour lui et pour sa proximité. Les places vides au banquet nuptial du Seigneur, avec ou sans excuses, sont pour nous, depuis longtemps désormais, non pas une parabole, mais une réalité présente, précisément dans ces pays auxquels il avait manifesté sa proximité particulière.
Jésus savait aussi que des invités seraient venus, oui, mais sans être revêtus de l'habit nuptial - sans la joie de sa proximité, suivant seulement une habitude, et avec une tout autre orientation de leur vie. Saint Grégoire le Grand, dans une de ses homélies, se demandait : quel genre de personnes sont celles qui viennent sans habit nuptial ? En quoi consiste cet habit et comment l'acquiert-on ? Sa réponse est : ceux qui ont été appelés et viennent ont en quelque sorte la foi. C'est la foi qui leur ouvre la porte. Mais il leur manque l'habit nuptial de l'amour. Celui qui ne vit pas la foi en tant qu'amour n'est pas préparé pour les noces et il est jeté dehors. La communion eucharistique requiert la foi, mais la foi requiert l'amour, autrement elle est morte aussi comme foi.
À travers les quatre Évangiles, nous savons que le dernier banquet de Jésus, avant sa Passion, a été aussi un lieu d'annonce. Jésus a proposé encore une fois avec insistance les éléments fondamentaux de son message. Parole et Sacrement, message et don sont inséparablement unis. Cependant, durant son dernier banquet, Jésus a surtout prié. Matthieu, Marc et Luc utilisent deux mots pour décrire la prière de Jésus au moment central de la Cène : « eucharistesas » et « eulogesas » - « remercier » et « bénir ». Le mouvement ascendant du remerciement et celui descendant de la bénédiction vont ensemble. Les paroles de la transsubstantiation font partie de cette prière de Jésus. Ce sont des paroles de prière. Jésus transforme sa Passion en prière, en offrande au Père pour les hommes. Cette transformation de sa souffrance en amour possède une force transformante pour les dons dans lesquels, à présent, il se donne lui-même. Il nous les donne afin que nous-mêmes et le monde soyons transformés. Le but véritable et dernier de la transformation eucharistique c'est notre transformation elle-même dans la communion avec le Christ. L'Eucharistie vise l'homme nouveau, le monde nouveau tel qu'il peut naître uniquement à partir de Dieu à travers l'uvre du Serviteur de Dieu.
Grâce à Luc et surtout à Jean, nous savons que Jésus dans sa prière durant la Dernière Cène a aussi adressé des suppliques au Père - suppliques qui, en même temps, contiennent des appels à ses disciples d'alors et de tout temps. En cette heure, je voudrais choisir uniquement une supplique que, selon Jean, Jésus a répétée quatre fois au cours de sa Prière sacerdotale. Combien a-t-elle dû le préoccuper en son for intérieur ! Elle reste constamment sa prière au Père pour nous : c'est la prière pour l'unité. Jésus dit explicitement que cette supplique n'est pas valable seulement pour les disciples présents à ce moment-là, mais qu'elle concerne tous ceux qui croiront en lui (cf. Jn 17, 20). Elle demande que tous soient un « comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que le monde croie » (Jn 17, 21).
L'unité des chrétiens ne peut se réaliser que si les chrétiens sont intimement unis à lui, à Jésus. Foi et amour pour Jésus, foi dans son être un avec le Père et ouverture à l'unité avec lui sont essentiels. Cette unité n'est donc pas seulement quelque chose d'intérieur, de mystique. Elle doit devenir visible, visible au point de constituer pour le monde la preuve que Jésus a été envoyé en mission par le Père. C'est pour cela que cette supplique a un sens eucharistique caché que Paul a clairement mis en évidence dans la Première Lettre aux Corinthiens : « Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique. » (1 Co 10, 16s).
Avec l'Eucharistie naît l'Église. Nous tous nous mangeons le même pain, nous recevons le même corps du Seigneur, ce qui signifie qu'Il ouvre chacun de nous, au-delà de lui-même. Il nous rend tous un. L'Eucharistie est le mystère de la proximité et de la communion intimes de chacun avec le Seigneur. Et, en même temps, elle est l'union visible de tous. L'Eucharistie est Sacrement de l'unité. Elle parvient jusque dans le mystère trinitaire, et elle crée ainsi, en même temps, l'unité visible. Disons-le encore une fois : elle est la rencontre très personnelle avec le Seigneur et, toutefois, elle n'est jamais seulement un acte individuel de dévotion. Nous la célébrons nécessairement tous ensemble. Dans chaque communauté, le Seigneur est présent de manière totale. Mais il est un seul dans toutes les communautés. C'est pourquoi les paroles : « Una cum Papa nostro et cum Episcopo nostro » font nécessairement partie de la prière eucharistique de l'Église. Ce n'est pas un ajout extérieur à ce qui se produit intérieurement, mais une expression nécessaire de la réalité eucharistique elle-même. Et nous mentionnons le Pape et l'Évêque par leur nom : l'unité est tout-à-fait concrète, elle porte des noms. Ainsi l'unité devient visible, elle devient signe pour le monde et elle établit pour nous-mêmes un critère concret.
Saint Luc a conservé pour nous un élément concret de la prière de Jésus pour l'unité : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous cribler comme le froment ; mais moi j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères » (Lc 22, 31s). Aujourd'hui nous constatons de nouveau avec douleur qu'il a été concédé à Satan de cribler les disciples, de manière visible, face au monde entier. Et nous savons que Jésus prie pour la foi de Pierre et de ses successeurs. Nous savons que Pierre qui, à travers les eaux agitées de l'histoire va à la rencontre du Seigneur et risque de couler, est toujours à nouveau soutenu par la main du Seigneur et guidé sur les eaux. Mais après suit une annonce et une tâche. « Toi donc, quand tu seras revenu... » : Tous les êtres humains, excepté Marie, ont continuellement besoin de conversion.
Jésus prédit à Pierre sa chute et sa conversion. De quoi Pierre a-t-il dû se convertir ? Au début, lors de son appel, effrayé par le pouvoir divin du Seigneur et par sa propre misère, Pierre avait dit : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5, 8). À la lumière du Seigneur, il reconnaît son imperfection. C'est précisément ainsi, dans l'humilité de celui qui se sait pécheur, qu'il est appelé. Il doit toujours retrouver à nouveau cette humilité. Près de Césarée de Philippe, Pierre n'avait pas voulu accepter que Jésus ait à souffrir et à être crucifié. Cela n'était pas conciliable avec l'image qu'il se faisait de Dieu et du Messie. Au Cénacle, il n'a pas voulu accepter que Jésus lui lave les pieds : cela n'allait pas avec son idée de la dignité du Maître. Au Jardin des Oliviers, il a frappé de son glaive. Il voulait démontrer son courage. Cependant, devant la servante, il a affirmé ne pas connaître Jésus. À ce moment-là, cela ne lui semblait qu'un petit mensonge, pour pouvoir rester près de Jésus. Son héroïsme s'est effondré à cause d'un jeu mesquin pour une place au centre des évènements.
Nous tous nous devons toujours à nouveau apprendre à accepter Dieu et Jésus Christ tel qu'il est, et non tel que nous voudrions qu'il soit. Nous aussi nous avons du mal à accepter qu'il se soit lié aux limites de son Église et de ses ministres. Nous non plus nous ne voulons pas accepter qu'il soit sans pouvoir en ce monde. Nous aussi nous nous cachons derrière des prétextes, lorsque notre appartenance au Christ devient trop coûteuse et trop dangereuse. Nous tous nous avons besoin de conversion pour accueillir Jésus dans son être-Dieu et son être-Homme. Nous avons besoin de l'humilité du disciple qui observe la volonté du Maître. En cette heure, nous voulons le prier de nous regarder nous aussi comme il a regardé Pierre, au moment propice, avec ses yeux bienveillants, et de nous convertir.
Pierre, le converti, est appelé à affermir ses frères. Ce n'est pas un fait extérieur que cette tâche lui soit confiée au Cénacle. Le service de l'unité a son lieu visible dans la célébration de la sainte Eucharistie. Chers amis, pour le Pape c'est un grand réconfort que de savoir qu'au cours de chaque Célébration eucharistique, tous prient pour lui ; que notre prière s'unit à la prière du Seigneur pour Pierre. C'est seulement grâce à la prière du Seigneur et de l'Église que le Pape peut accomplir sa tâche d'affermir ses frères - de paître le troupeau de Jésus et de se porter garant de cette unité qui devient témoignage visible de la mission de Jésus de la part du Père.
« J'ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous ». Seigneur, tu nous désires, tu me désires. Tu désires te donner toi-même à nous dans la sainte Eucharistie, t'unir à nous. Seigneur, suscite aussi en nous le désir de toi. Renforce-nous dans l'unité avec toi et entre nous. Donne à ton Église l'unité, afin que le monde croie. Amen.
Benedict XVI's Chrism Mass Homily
"It Is Not Only We Who Seek God: God Himself Is Searching for Us"
VATICAN CITY, APRIL 21, 2011 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of the homily Benedict XVI delivered today at the Chrism Mass held at St. Peter's Basilica.
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Dear Brothers and Sisters,
At the heart of this mornings liturgy is the blessing of the holy oils the oil for anointing catechumens, the oil for anointing the sick, and the chrism for the great sacraments that confer the Holy Spirit: confirmation, priestly ordination, episcopal ordination. In the sacraments the Lord touches us through the elements of creation. The unity between creation and redemption is made visible. The sacraments are an expression of the physicality of our faith, which embraces the whole person, body and soul. Bread and wine are fruits of the earth and work of human hands. The Lord chose them to be bearers of his presence. Oil is the symbol of the Holy Spirit and at the same time it points us towards Christ: the word "Christ" (Messiah) means "the anointed one".
The humanity of Jesus, by virtue of the Sons union with the Father, is brought into communion with the Holy Spirit and is thus "anointed" in a unique way, penetrated by the Holy Spirit. What happened symbolically to the kings and priests of the Old Testament when they were instituted into their ministry by the anointing with oil, takes place in Jesus in all its reality: his humanity is penetrated by the power of the Holy Spirit. He opens our humanity for the gift of the Holy Spirit. The more we are united to Christ, the more we are filled with his Spirit, with the Holy Spirit. We are called "Christians": "anointed ones" people who belong to Christ and hence have a share in his anointing, being touched by his Spirit. I wish not merely to be called Christian, but also to be Christian, said Saint Ignatius of Antioch. Let us allow these holy oils, which are consecrated at this time, to remind us of the task that is implicit in the word "Christian", let us pray that, increasingly, we may not only be called Christian but may actually be such.
In todays liturgy, three oils are blessed, as I mentioned earlier. They express three essential dimensions of the Christian life on which we may now reflect. First, there is the oil of catechumens. This oil indicates a first way of being touched by Christ and by his Spirit an inner touch, by which the Lord draws people close to himself. Through this first anointing, which takes place even prior to baptism, our gaze is turned towards people who are journeying towards Christ people who are searching for faith, searching for God. The oil of catechumens tells us that it is not only we who seek God: God himself is searching for us. The fact that he himself was made man and came down into the depths of human existence, even into the darkness of death, shows us how much God loves his creature, man. Driven by love, God has set out towards us. "Seeking me, you sat down weary ... let such labour not be in vain!", we pray in the Dies Irae. God is searching for me. Do I want to recognize him? Do I want to be known by him, found by him? God loves us. He comes to meet the unrest of our hearts, the unrest of our questioning and seeking, with the unrest of his own heart, which leads him to accomplish the ultimate for us. That restlessness for God, that journeying towards him, so as to know and love him better, must not be extinguished in us. In this sense we should always remain catechumens. "Constantly seek his face", says one of the Psalms (105:4). Saint Augustine comments as follows: God is so great as to surpass infinitely all our knowing and all our being. Knowledge of God is never exhausted. For all eternity, with ever increasing joy, we can always continue to seek him, so as to know him and love him more and more. "Our heart is restless until it rests in you", said Saint Augustine at the beginning of his Confessions. Yes, man is restless, because whatever is finite is too little. But are we truly restless for him? Have we perhaps become resigned to his absence, do we not seek to be self-sufficient? Let us not allow our humanity to be diminished in this way! Let us remain constantly on a journey towards him, longing for him, always open to receive new knowledge and love!
Then there is the oil for anointing the sick. Arrayed before us is a host of suffering people: those who hunger and thirst, victims of violence in every continent, the sick with all their sufferings, their hopes and their moments without hope, the persecuted, the downtrodden, the broken-hearted. Regarding the first mission on which Jesus sent the disciples, Saint Luke tells us: "he sent them out to preach the kingdom of God and to heal" (9:2). Healing is one of the fundamental tasks entrusted by Jesus to the Church, following the example that he gave as he travelled throughout the land healing the sick. To be sure, the Churchs principal task is to proclaim the Kingdom of God. But this very proclamation must be a process of healing: "bind up the broken-hearted", we heard in todays first reading from the prophet Isaiah (61:1). The proclamation of Gods Kingdom, of Gods unlimited goodness, must first of all bring healing to broken hearts.
By nature, man is a being in relation. But if the fundamental relationship, the relationship with God, is disturbed, then all the rest is disturbed as well. If our relationship with God is disturbed, if the fundamental orientation of our being is awry, we cannot truly be healed in body and soul. For this reason, the first and fundamental healing takes place in our encounter with Christ who reconciles us to God and mends our broken hearts. But over and above this central task, the Churchs essential mission also includes the specific healing of sickness and suffering. The oil for anointing the sick is the visible sacramental expression of this mission. Since apostolic times, the healing vocation has matured in the Church, and so too has loving solicitude for those who are distressed in body and soul. This is also the occasion to say thank you to those sisters and brothers throughout the world who bring healing and love to the sick, irrespective of their status or religious affiliation. From Elizabeth of Hungary, Vincent de Paul, Louise de Marillac, Camillus of Lellis to Mother Teresa to recall but a few names we see, lighting up the world, a radiant procession of helpers streaming forth from Gods love for the suffering and the sick. For this we thank the Lord at this moment. For this we thank all those who, by virtue of their faith and love, place themselves alongside the suffering, thereby bearing definitive witness to the goodness of God himself. The oil for anointing the sick is a sign of this oil of the goodness of heart that these people bring together with their professional competence to the suffering. Even without speaking of Christ, they make him manifest.
In third place, finally, is the most noble of the ecclesial oils, the chrism, a mixture of olive oil and aromatic vegetable oils. It is the oil used for anointing priests and kings, in continuity with the great Old Testament traditions of anointing. In the Church this oil serves chiefly for the anointing of confirmation and ordination. Todays liturgy links this oil with the promise of the prophet Isaiah: "You shall be called the priests of the Lord, men shall speak of you as the ministers of our God" (61:6). The prophet makes reference here to the momentous words of commission and promise that God had addressed to Israel on Sinai: "You shall be to me a kingdom of priests and a holy nation" (Ex 19:6). In and for the vast world, which was largely ignorant of God, Israel had to be as it were a shrine of God for all peoples, exercising a priestly function vis-à-vis the world. It had to bring the world to God, to open it up to him. In his great baptismal catechesis, Saint Peter applied this privilege and this commission of Israel to the entire community of the baptized, proclaiming: "But you are a chosen race, a royal priesthood, a holy nation, Gods own people, that you may declare the wonderful deeds of him who called you out of darkness into his marvellous light. Once you were no people but now you are Gods people" (1 Pet 2:9f.) Baptism and confirmation are an initiation into this people of God that spans the world; the anointing that takes place in baptism and confirmation is an anointing that confers this priestly ministry towards mankind. Christians are a priestly people for the world. Christians should make the living God visible to the world, they should bear witness to him and lead people towards him. When we speak of this task in which we share by virtue of our baptism, it is no reason to boast. It poses a question to us that makes us both joyful and anxious: are we truly Gods shrine in and for the world? Do we open up the pathway to God for others or do we rather conceal it? Have not we the people of God become to a large extent a people of unbelief and distance from God? Is it perhaps the case that the West, the heartlands of Christianity, are tired of their faith, bored by their history and culture, and no longer wish to know faith in Jesus Christ? We have reason to cry out at this time to God: "Do not allow us to become a non-people! Make us recognize you again! Truly, you have anointed us with your love, you have poured out your Holy Spirit upon us. Grant that the power of your Spirit may become newly effective in us, so that we may bear joyful witness to your message!
For all the shame we feel over our failings, we must not forget that today too there are radiant examples of faith, people who give hope to the world through their faith and love. When Pope John Paul II is beatified on 1 May, we shall think of him, with hearts full of thankfulness, as a great witness to God and to Jesus Christ in our day, as a man filled with the Holy Spirit. Alongside him, we think of the many people he beatified and canonized, who give us the certainty that even today Gods promise and commission do not fall on deaf ears.
I turn finally to you, dear brothers in the priestly ministry. Holy Thursday is in a special way our day. At the hour of the last Supper, the Lord instituted the new Testament priesthood. "Sanctify them in the truth" (Jn 17:17), he prayed to the Father, for the Apostles and for priests of all times. With great gratitude for the vocation and with humility for all our shortcomings, we renew at this hour our "yes" to the Lords call: yes, I want to be intimately united to the Lord Jesus, in self-denial, driven on by the love of Christ. Amen.
Papal Homily at Last Supper Mass"At His Final Meal, More Than Anything Else, Jesus Prayed"
VATICAN CITY, APRIL 21, 2011 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's homily at the Mass of the Lord's Supper, held today at the Basilica of St. John Lateran.
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Dear Brothers and Sisters!
I have eagerly desired to eat this Passover with you before I suffer (Lk 22:15). With these words Jesus began the celebration of his final meal and the institution of the Holy Eucharist. Jesus approached that hour with eager desire. In his heart he awaited the moment when he would give himself to his own under the appearance of bread and wine. He awaited that moment which would in some sense be the true messianic wedding feast: when he would transform the gifts of this world and become one with his own, so as to transform them and thus inaugurate the transformation of the world. In this eager desire of Jesus we can recognize the desire of God himself his expectant love for mankind, for his creation. A love which awaits the moment of union, a love which wants to draw mankind to itself and thereby fulfil the desire of all creation, for creation eagerly awaits the revelation of the children of God (cf.Rom 8:19). Jesus desires us, he awaits us. But what about ourselves? Do we really desire him? Are we anxious to meet him? Do we desire to encounter him, to become one with him, to receive the gifts he offers us in the Holy Eucharist? Or are we indifferent, distracted, busy about other things?
From Jesus banquet parables we realize that he knows all about empty places at table, invitations refused, lack of interest in him and his closeness. For us, the empty places at the table of the Lords wedding feast, whether excusable or not, are no longer a parable but a reality, in those very countries to which he had revealed his closeness in a special way. Jesus also knew about guests who come to the banquet without being robed in the wedding garment they come not to rejoice in his presence but merely out of habit, since their hearts are elsewhere. In one of his homilies Saint Gregory the Great asks: Who are these people who enter without the wedding garment? What is this garment and how does one acquire it? He replies that those who are invited and enter do in some way have faith. It is faith which opens the door to them. But they lack the wedding garment of love. Those who do not live their faith as love are not ready for the banquet and are cast out. Eucharistic communion requires faith, but faith requires love; otherwise, even as faith, it is dead.
From all four Gospels we know that Jesus final meal before his passion was also a teaching moment. Once again, Jesus urgently set forth the heart of his message. Word and sacrament, message and gift are inseparably linked. Yet at his final meal, more than anything else, Jesus prayed. Matthew, Mark and Luke use two words in describing Jesus prayer at the culmination of the meal: eucharístesas and eulógesas the verbs to give thanks and to bless. The upward movement of thanking and the downward movement of blessing go together. The words of transubstantiation are part of this prayer of Jesus. They are themselves words of prayer. Jesus turns his suffering into prayer, into an offering to the Father for the sake of mankind. This transformation of his suffering into love has the power to transform the gifts in which he now gives himself. He gives those gifts to us, so that we, and our world, may be transformed. The ultimate purpose of Eucharistic transformation is our own transformation in communion with Christ. The Eucharist is directed to the new man, the new world, which can only come about from God, through the ministry of Gods Servant.
From Luke, and especially from John, we know that Jesus, during the Last Supper, also prayed to the Father prayers which also contain a plea to his disciples of that time and of all times. Here I would simply like to take one of these which, as John tells us, Jesus repeated four times in his Priestly Prayer. How deeply it must have concerned him! It remains his constant prayer to the Father on our behalf: the prayer for unity. Jesus explicitly states that this prayer is not meant simply for the disciples then present, but for all who would believe in him (cf. Jn 17:20). He prays that all may be one as you, Father, are in me and I am in you, so that the world may believe (Jn 17:21). Christian unity can exist only if Christians are deeply united to him, to Jesus. Faith and love for Jesus, faith in his being one with the Father and openness to becoming one with him, are essential. This unity, then, is not something purely interior or mystical. It must become visible, so visible as to prove before the world that Jesus was sent by the Father. Consequently, Jesus prayer has an underlying Eucharistic meaning which Paul clearly brings out in the First Letter to the Corinthians: The bread that we break, is it not a sharing in the body of Christ? Because there is one bread, we who are many, are one body, for we all partake of the one bread (1 Cor 10:16ff.).
With the Eucharist, the Church is born. All of us eat the one bread and receive the one body of the Lord; this means that he opens each of us up to something above and beyond us. He makes all of us one. The Eucharist is the mystery of the profound closeness and communion of each individual with the Lord and, at the same time, of visible union between all. The Eucharist is the sacrament of unity. It reaches the very mystery of the Trinity and thus creates visible unity. Let me say it again: it is an extremely personal encounter with the Lord and yet never simply an act of individual piety. Of necessity, we celebrate it together. In each community the Lord is totally present. Yet in all the communities he is but one. Hence the words una cum Papa nostro et cum episcopo nostro are a requisite part of the Churchs Eucharistic Prayer. These words are not an addendum of sorts, but a necessary expression of what the Eucharist really is. Furthermore, we mention the Pope and the Bishop by name: unity is something utterly concrete, it has names. In this way unity becomes visible; it becomes a sign for the world and a concrete criterion for ourselves.
Saint Luke has preserved for us one concrete element of Jesus prayer for unity: Simon, Simon, behold, Satan demanded to have you, that he might sift you like wheat, but I have prayed for you, that your faith may not fail; and when you have turned again, strengthen your brethren (Lk 22:31). Today we are once more painfully aware that Satan has been permitted to sift the disciples before the whole world. And we know that Jesus prays for the faith of Peter and his successors. We know that Peter, who walks towards the Lord upon the stormy waters of history and is in danger of sinking, is sustained ever anew by the Lords hand and guided over the waves. But Jesus continues with a prediction and a mandate. When you have turned again . Every human being, save Mary, has constant need of conversion. Jesus tells Peter beforehand of his coming betrayal and conversion.
But what did Peter need to be converted from? When first called, terrified by the Lords divine power and his own weakness, Peter had said: Go away from me, Lord, for I am a sinful man! (Lk 5:8). In the light of the Lord, he recognizes his own inadequacy. Precisely in this way, in the humility of one who knows that he is a sinner, is he called. He must discover this humility ever anew. At Caesarea Philippi Peter could not accept that Jesus would have to suffer and be crucified: it did not fit his image of God and the Messiah. In the Upper Room he did not want Jesus to wash his feet: it did not fit his image of the dignity of the Master. In the Garden of Olives he wielded his sword. He wanted to show his courage. Yet before the servant girl he declared that he did not know Jesus. At the time he considered it a little lie which would let him stay close to Jesus. All his heroism collapsed in a shabby bid to be at the centre of things. We too, all of us, need to learn again to accept God and Jesus Christ as he is, and not the way we want him to be. We too find it hard to accept that he bound himself to the limitations of his Church and her ministers. We too do not want to accept that he is powerless in this world. We too find excuses when being his disciples starts becoming too costly, too dangerous. All of us need the conversion which enables us to accept Jesus in his reality as God and man. We need the humility of the disciple who follows the will of his Master. Tonight we want to ask Jesus to look to us, as with kindly eyes he looked to Peter when the time was right, and to convert us.
After Peter was converted, he was called to strengthen his brethren. It is not irrelevant that this task was entrusted to him in the Upper Room. The ministry of unity has its visible place in the celebration of the Holy Eucharist. Dear friends, it is a great consolation for the Pope to know that at each Eucharistic celebration everyone prays for him, and that our prayer is joined to the Lords prayer for Peter. Only by the prayer of the Lord and of the Church can the Pope fulfil his task of strengthening his brethren of feeding the flock of Christ and of becoming the guarantor of that unity which becomes a visible witness to the mission which Jesus received from the Father.
I have eagerly desired to eat this Passover with you. Lord, you desire us, you desire me. You eagerly desire to share yourself with us in the Holy Eucharist, to be one with us. Lord, awaken in us the desire for you. Strengthen us in unity with you and with one another. Grant unity to your Church, so that the world may believe. Amen.