Lundi 17 mars :
Messe des obsèques à 09 h 00
de Monseigneur
Denis Tapsoba - Missionnaire d'Afrique
Evêque Emeritus de Ouahigouya -Burkina Faso
à lactuelle cathédrale de Ouahigouya
suivie de linhumation à la nouvelle cathédrale.

Etaient présents à cette cérémonie 15 Evêques dont le Nonce
Apostolique, une centaine de prêtres dont une dizaine de Missionnaires
d'Afrique, des Ministres, une église pleine à craquer, avec beaucoup de
gens dehors. Il a été enterré dans la nouvelle Cathédrale encore en
construction, à peu près 5 km de l'ancienne. Toute la foule l'a
accompagné jusque là, à pied, sous un soleil de plomb de 13 h. La
nouvelle Cathédrale était à nouveau pleine de monde
Adieu à Mgr Denis Tapsoba Ouahigouya 17/03/08 par le Provincial des M.Afr. Théo Caerts
- Il y a un peu plus d'un an - c'était le 21 octobre 2006 - nous étions réunis ici dans cette même Cathédrale, nombreux, pour fêter dans la joie les 90 ans de vie, les 62 ans d'ordination sacerdotale, les 54 ans de serment missionnaire et les 40 ans d'épiscopat de notre cher Mgr et confrère, Missionnaire d'Afrique, Père Blanc, Denis Tapsoba. C'était une très belle fête et nous pouvons nous estimer heureux aujourd'hui de cette heureuse initiative du Diocèse de Ouahigouya à l'égard de son ancien Evêque et de notre confrère. A cette occasion, le Diocèse de Ouahigouya ainsi que la Société des Missionnaires d'Afrique, Pères Blancs, à laquelle il appartenait, ont pu rendre grâce à Dieu et manifester toute leur gratitude à Mgr Denis Tapsoba pour ce qu'il a été, pour ce qu'il était et pour ce qu'il a fait pour ce Diocèse, pour la Société des Missionnaires d'Afrique, et pour tant d'autres personnes, connues de Dieu seul. Si cette manifestation solennelle de gratitude et de reconnaissance à son égard n'avait pas eu lieu, nous le regretterions amèrement aujourd'hui, maintenant qu'il nous a quittés.
- Etant un des premiers confrères africains de la Société des Missionnaires d'Afrique, Mgr Denis a été, à sa manière, un pionnier, et pas n'importe quel pionnier. Missionnaire, il l'a toujours été, même si, contre son plus profond désir, il lui a été demandé de demeurer dans son pays. Il ne ménageait pas ses efforts pour parcourir les villages pour annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume. Dans un interview qu'il accordait à " L'Observateur Paalga ", à l'occasion de ces 50 ans de sacerdoce, il disait ceci : " Pendant mes cinquante années de sacerdoce, j'ai exercé 22 ans à Koudougou. Ensuite j'ai été nommé Evêque de Ouahigouya où j'ai passé 19 ans, comme prêtre d'abord et Evêque après. En tous temps, j'ai eu à exercer le même ministère apostolique c'est-à-dire : aller annoncer la parole de Dieu, baptiser pour en faire des gens, des chrétiens. Je vous assure que de mon ordination à ce jour, je n'ai jamais regretté un instant de m'être fait prêtre ..Durant mes années passées à Réo, j'ai eu pour tout moyen de locomotion un simple vélo d'occasion que le Goungha naba m'avait payé à l'occasion de mon ordination. Je m'en servais par tous temps à l'époque. De la sorte, nous sortions pour la semaine et nous parcourions les villages soit à pied ou à vélo. Et quand nous revenions, nous repartions au cours de la même semaine pour six jours en pleine brousse pour le même travail (visite de nos paroissiens, administration des sacrements). La troisième semaine nous permettait de rester à la maison pour effectuer des tournées dès le matin pour revenir à 11h, l'après-midi de 15h à 17h ".
- Ce zèle plus qu'ordinaire dont parlait volontiers notre Fondateur, le Cardinal Lavigerie, Mgr Denis l'a manifesté durant toute sa vie. Et c'est cela qui le faisait apprécier partout où il a passé, comme prêtre et comme Evêque. Ce zèle, il l'a gardé jusqu'à la fin de sa vie. Même fatigué et malade, il voulait continuer à célébrer l'Eucharistie pour les chrétiens de son quartier à 6h du matin et rester disponible dans son bureau pour ceux et celles qui auraient besoin de lui. Ceux et celles qui devaient veiller sur lui et sur sa santé étaient désespérés : " Il n'y a pas moyen. Il ne veut pas se reposer ".
- Homme de relation, il pénétrait tous les milieux, il ne laissait personne de côté. Pour lui, l'essentiel dans l'approche de l'Islam, très présent dans son Diocèse de Ouahigouya, c'était cette relation de personne à personne, la relation amicale avec l'autre.
- Dans le même interview cité plus haut, Mgr Denis dit encore ceci, et cela le caractérise entièrement : " Au cours de nos travaux et de nos relations avec les populations, jamais je n'ai eu maille à partir avec personne. Pas même un seul jour ! " Ceux qui connaissent Mgr Denis savent que cela c'est la vérité vraie. Il était d'un tempérament calme, d'une simplicité renversante, d'un abord facile, accueillant, ne refusant jamais un service à quiconque en avait besoin. Sa porte était toujours ouverte, la porte de sa maison et la porte de son cur.
- Il est toujours resté très attaché à la Société des Missionnaires d'Afrique et aussi longtemps que sa santé le lui a permis, il participait régulièrement à nos réunions. Il n'hésitait pas à donner son point de vue sur le développement de la Société. Il a porté beaucoup d'attention aux confrères nommés dans son Diocèse : il les encourageait, les guidait et leur faisait confiance. Beaucoup de jeunes candidats Burkinabé sont venus chercher chez lui de l'inspiration. Et si aujourd'hui la Société des Missionnaires d'Afrique a la joie de compter en son sein 31 confrères Burkinabé, c'est aussi grâce à cet accompagnement de Mgr Denis. L'aîné parmi eux, le P. Félix Sompougdou, en service à Karthoum au Soudan, nous écrit aujourd'hui : " Je viens d'apprendre avec regrets mais aussi nourri de l'espérance en la résurrection des morts, le décès du YAABA Mgr Denis Tapsoba. Il a été une inspiration pour les premiers candidats de la nouvelle génération des Missionnaires d'Afrique Burkinabé dans le sens qu'il nous rappelait son appartenance à la Société, venait nous rendre visite à l'ancienne maison de formation et aussi nous encourageait à lui rendre visite. Il m'a toujours exprimé son regret de n'avoir pas été missionnaire en dehors de son pays d'origine, mais content d'avoir servi les Diocèses de Koudougou et de Ouahigouya dans l'esprit de la Société. Ma réaction en apprenant sa mort est d'action de grâces au Maître de la vie qui l'a gardé malgré son handicap très dynamique et joyeux d'être ce qu'il était. C'est vraiment 'une bibliothèque qui brûle'. Mais Mgr n'a pas gardé ses connaissances en matière de sociologie ; il a accompagné beaucoup d'étudiants, et donc la bibliothèque n'est pas entièrement brûlée. Qu'il repose dans la paix du Seigneur ". Après ce témoignage de l'aîné des confrères Missionnaires d'Afrique Burkinabé, je voudrais donner la parole à l'aîné des Missionnaires d'Afrique au Burkina, le P. François de Gaulle, qui a connu Mgr Denis Tapsoba de près et a vécu avec lui.
- Cet attachement de Mgr Denis à la Société des Missionnaires d'Afrique est resté vif jusqu'à la fin de sa vie. Quand l'Assistant Provincial et moi-même, nous lui avons rendu visite, il y a à peine quelques semaines, alors qu'il était déjà très affaibli et qu'il souffrait beaucoup, il a eu cette question qui nous a surpris et nous a fait plaisir à la fois : " quelles sont les dernières nouvelles de la Société ? " Nous lui avons fait part alors de la prochaine unification de la Province du Burkina avec celle du Mali, mais, malheureusement, il n'aura plus l'occasion de faire partie de cette nouvelle grande Province de l'Afrique de l'Ouest. Il fait partie maintenant de la Province du ciel !
- Aujourd'hui, nous rendons grâce à Dieu pour ce confrère charmant, pour cet apôtre zélé et pour ce grand missionnaire qu'a été Mgr Denis Tapsoba. Qu'il se repose maintenant de toutes ses fatigues et que Dieu l'accueille dans son amour et le comble de tous ses bienfaits !
Crédit Photos : responsable de la communication à la conférence épiscopale, Merci
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