Nouvelles du 28-11- 2007
Texte Pris sur le site Zénit

" Jeune de tout pays, partage tes trèsors"

Pour Plus Voir site France

La journée mondiale du migrant et du réfugié

Cette année la journée mondiale du migrant et du Réfugié aura lieu le 13 janvier 2008. Le pape nous invite à regarder de manière neuve les jeunes issus de l'immigration.Un moment privillégié pour faire peuple de Dieu, dans nos paroisses.

Un thème : " Jeune de tout pays, partage tes trèsors"
« Je t’ai pris par la main… j’ai fait de toi la lumière des nations » Is. 42,6


• Informations disponibles à La Pastorale des Migrants – 269 bis, rue du Fb Saint Antoine –
75011 Paris ; téléphone 0143 72 47 21 ; fax 01 46 59 04 89 ; snpm@eglisemigrations.org


Journée mondiale du Migrant 2008 : Message de Benoît XVI


Message de Benoît XVI en faveur des jeunes migrants
Pour la 94e Journée mondiale

 

Chers frères et sœurs,

Le thème de la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié invite cette année à réfléchir en particulier sur les jeunes migrants. En effet, les chroniques quotidiennes parlent souvent d’eux. Le vaste processus actuel de globalisation dans le monde porte avec lui une exigence de mobilité qui pousse notamment de nombreux jeunes à émigrer et à vivre loin de leurs familles et de leurs pays. La conséquence en est que c’est souvent la jeunesse dotée des meilleures ressources intellectuelles qui quitte son pays d’origine, tandis que les règles en vigueur dans les pays qui reçoivent les migrants rendent difficiles leur insertion effective. De fait, le phénomène de l’émigration s’étend toujours davantage et touche un nombre croissant de personnes de toute condition sociale. A juste titre, par conséquent, les institutions publiques, les organisations humanitaires, ainsi que l’Eglise catholique, consacrent beaucoup de leurs ressources pour venir en aide à ces personnes en difficulté.

Les jeunes migrants ressentent particulièrement la problématique constituée par ce qu’on appelle la « difficulté de la double appartenance » : d’un côté, ils ressentent vivement le besoin de ne pas perdre leur culture d’origine, tandis que, de l’autre, émerge en eux le désir de s’insérer de façon organique dans la société qui les accueille, sans que cela comporte toutefois une assimilation complète, ni la perte des traditions ancestrales qui en découle. Parmi les jeunes, les filles sont plus facilement victimes de l’exploitation, de chantages moraux et même de toute sorte d’abus. Que dire, par ailleurs, des adolescents et des mineurs non accompagnés, qui constituent une catégorie à risque parmi ceux qui demandent l’asile ? Ces garçons et filles finissent souvent dans la rue, livrés à eux-mêmes et la proie de ceux qui les exploitent sans scrupules et, bien souvent, les transforment en objet de violence physique, morale et sexuelle.

Si l’on regarde ensuite de plus près le secteur des migrants forcés, des réfugiés et des victimes du trafic d’êtres humains, nous y rencontrons hélas aussi de nombreux enfants et adolescents. A ce propos, il est impossible de se taire face aux images bouleversantes des grands camps de réfugiés présents dans les diverses parties du monde. Comment ne pas penser que ces petits êtres sont venus au monde avec les mêmes attentes légitimes de bonheur que les autres ? Et, en même temps, comment ne pas rappeler l’importance fondamentale que revêtent les phases de l’enfance et de l’adolescence pour le développement de l’homme et de la femme, et qu’elles requièrent stabilité, sérénité et sécurité ? Ces enfants et ces adolescents n’ont connu comme unique expérience de vie que les « camps » de séjour obligatoire, où ils se trouvent relégués, loin des villes et sans pouvoir aller à l’école d’une façon normale. Comment peuvent-ils considérer leur avenir avec confiance ? S’il est vrai que l’on est en train de faire beaucoup pour eux, il faut toutefois s’engager davantage encore pour les aider à travers la création de structures d’accueil et de formation adéquates.

Dans cette perspective, précisément, la question se pose : comment répondre aux attentes des jeunes migrants ? Que faire pour leur venir en aide ? Il faut certes viser en premier lieu au soutien de la famille et de l’école. Mais combien sont complexes les situations et nombreuses les difficultés que rencontrent ces jeunes dans leurs contextes familiaux et scolaires ! Au sein des familles, les rôles traditionnels qui existaient dans les pays d’origine ont disparu et l’on assiste souvent à un conflit entre parents demeurés ancrés dans leur culture et enfants rapidement acculturés dans les nouveaux contextes sociaux. Il ne faut pas sous-évaluer non plus la difficulté que rencontrent les jeunes pour s’insérer dans les parcours éducatifs en vigueur dans les pays où ils sont accueillis. Le système scolaire lui-même devrait donc tenir compte de leurs conditions et prévoir pour les jeunes immigrés des itinéraires d’intégration spécifiques adaptés à leurs exigences. Il sera également important de s’efforcer de créer dans les salles de classe un climat de respect réciproque et de dialogue entre tous les élèves, sur la base des principes et des valeurs universels qui sont communs à toutes les cultures. Les efforts de tous – professeurs, familles et étudiants – contribueront certainement à aider les jeunes migrants à affronter de la meilleure façon le défi de l’intégration et leur offriront la possibilité d’acquérir ce qui peut profiter à leur formation humaine, culturelle et professionnelle. Ceci vaut encore plus en ce qui concerne les jeunes réfugiés pour lesquels il faudra préparer des programmes appropriés dans le cadre scolaire et dans le cadre du travail, de façon à garantir leur préparation en fournissant les bases nécessaires à une insertion correcte dans ce nouveau monde social, culturel et professionnel.

L’Eglise regarde avec une attention particulière le monde des migrants et demande à ceux qui ont reçu une formation chrétienne dans leurs pays d’origine de faire fructifier ce patrimoine de foi et de valeurs évangéliques de façon à offrir un témoignage cohérent dans les différents contextes existentiels. A cette fin précisément, j’invite les communautés ecclésiales d’arrivée à accueillir avec sympathie les jeunes et très jeunes avec leurs parents, en cherchant à comprendre leurs vicissitudes et à favoriser leur insertion.

Il existe, par ailleurs, parmi les migrants, comme je l’ai écrit dans mon Message de l’an dernier, une catégorie à considérer d’une façon spéciale, à savoir celle des étudiants d’autres pays qui, pour des raisons d’études, se trouvent loin de chez eux. Leur nombre est en augmentation croissante : ces jeunes ont besoin d’une pastorale spécifique, car ce ne sont pas seulement des étudiants, comme tous les autres, mais aussi des migrants temporaires. Ils se sentent souvent seuls, sous la pression des études et parfois cernés aussi par des difficultés économiques. L’Eglise, dans sa sollicitude maternelle, les considère avec affection et cherche à mettre en œuvre des interventions pastorales et sociales spécifiques, qui tiennent compte des grandes ressources de leur jeunesse. Il faut faire en sorte qu’ils aient la possibilité de s’ouvrir au dynamisme de l’interculturalité, en s’enrichissant au contact des autres étudiants de cultures et de religions différentes. Pour les jeunes chrétiens, cette expérience d’étude et de formation peut être un domaine utile de maturation de leur foi, stimulée à s’ouvrir à l’universalisme qui est un élément constitutif de l’Eglise catholique.

Chers jeunes migrants, préparez-vous à construire, aux côtés des jeunes gens de votre âge, une société plus juste et fraternelle, en accomplissant scrupuleusement et sérieusement vos devoirs vis-à-vis de vos familles et de l’Etat. Soyez respectueux des lois et ne vous laissez jamais emporter par la haine et la violence. Cherchez plutôt à être dès à présent les artisans d’un monde où règnent la compréhension et la solidarité, la justice et la paix. A vous, en particulier, jeunes croyants, je demande de profiter de la période de vos études pour grandir dans la connaissance et dans l’amour du Christ. Jésus veut que vous soyez ses vrais amis et, pour cela, il est nécessaire que vous cultiviez constamment une intime relation avec lui dans la prière et dans l’écoute docile de sa Parole. Il veut que vous soyez ses témoins et, pour cela, il est nécessaire que vous vous engagiez à vivre courageusement l’Evangile, en le traduisant en gestes concrets d’amour de Dieu et de service généreux des frères. L’Eglise a aussi besoin de vous et compte sur votre apport. Vous pouvez jouer un rôle extrêmement providentiel dans le contexte actuel de l’évangélisation. Provenant de cultures diverses, mais ayant tous en commun l’appartenance à l’unique Eglise du Christ, vous pouvez montrer que l’Evangile est vivant et adapté à chaque situation ; c’est un message authentique et toujours nouveau ; Parole d’espérance et de salut pour les hommes de toute race et culture, de tout âge et de toute époque.

A Marie, Mère de l’humanité tout entière, et à Joseph, son très chaste époux, tous deux réfugiés avec Jésus en Egypte, je confie chacun de vous, vos familles, tous ceux qui s’occupent de différentes façons de votre vaste monde de jeunes migrants, les volontaires et les agents pastoraux qui sont proches de vous par leur disponibilité et leur soutien amical.

Que le Seigneur soit toujours à vos côtés et aux côtés de vos familles, afin qu’ensemble vous puissiez surmonter les obstacles et les difficultés matérielles et spirituelles que vous rencontrez sur votre chemin. J’accompagne ces vœux d’une Bénédiction Apostolique spéciale pour chacun d’entre vous et pour les personnes qui vous sont chères.

Du Vatican, le 18 octobre 2007

BENEDICTUS PP. XVI



site Zenit

Date: 2007-11-28

Message for World Day of Migrants and Refugees

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"The Gospel Is Alive and Suited to Every Situation"

 

VATICAN CITY, NOV. 28, 2007 (Zenit.org).- Here is the text of Benedict XVI's message for the 94th World Day of Migrants and Refugees, which was presented today. The text was signed Oct. 18, and the World Day is scheduled for Jan. 13, which will focus on the theme of young migrants.

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Dear Brothers and Sisters,

The theme of the World Day of Migrants and Refugees invites us this year to reflect in particular on young migrants. As a matter of fact, the daily news often speaks about them. The vast globalization process underway around the world brings a need for mobility, which also induces many young people to emigrate and live far from their families and their countries. The result is that many times the young people endowed with the best intellectual resources leave their countries of origin, while in the countries that receive the migrants, laws are in force that make their actual insertion difficult. In fact, the phenomenon of emigration is becoming ever more widespread and includes a growing number of people from every social condition. Rightly, therefore, the public institutions, humanitarian organizations and also the Catholic Church are dedicating many of their resources to helping these people in difficulty.

For the young migrants, the problems of the so-called "difficulty of dual belonging" seem to be felt in a particular way: on the one hand, they feel a strong need to not lose their culture of origin, while on the other, the understandable desire emerges in them to be inserted organically into the society that receives them, but without this implying a complete assimilation and the resulting loss of their ancestral traditions. Among the young people, there are also girls who fall victim more easily to exploitation, moral forms of blackmail, and even abuses of all kinds. What can we say, then, about the adolescents, the unaccompanied minors that make up a category at risk among those who ask for asylum? These boys and girls often end up on the street abandoned to themselves and prey to unscrupulous exploiters who often transform them into the object of physical, moral and sexual violence.

Next, looking more closely at the sector of forced migrants, refugees and the victims of human trafficking, we unhappily find many children and adolescents too. On this subject it is impossible to remain silent before the distressing images of the great refugee camps present in different parts of the world. How can we not think that these little beings have come into the world with the same legitimate expectations of happiness as the others? And, at the same time, how can we not remember that childhood and adolescence are fundamentally important stages for the development of a man and a woman that require stability, serenity and security? These children and adolescents have only had as their life experience the permanent, compulsory "camps" where they are segregated, far from inhabited towns, with no possibility normally to attend school. How can they look to the future with confidence? While it is true that much is being done for them, even greater commitment is still needed to help them by creating suitable hospitality and formative structures.

Precisely from this perspective the question is raised of how to respond to the expectations of the young migrants? What can be done to help them? Of course, it is necessary to aim first of all at support for the family and schools. But how complex the situations are, and how numerous the difficulties these young people encounter in their family and school contexts! In families, the traditional roles that existed in the countries of origin have broken down, and a clash is often seen between parents still tied to their culture and children quickly acculturated in the new social contexts. Likewise, the difficulty should not be underestimated which the young people find in getting inserted into the educational course of study in force in the country where they are hosted. Therefore, the scholastic system itself should take their conditions into consideration and provide specific formative paths of integration for the immigrant boys and girls that are suited to their needs. The commitment will also be important to create a climate of mutual respect and dialogue among all the students in the classrooms based on the universal principles and values that are common to all cultures. Everyone's commitment -- teachers, families and students -- will surely contribute to helping the young migrants to face in the best way possible the challenge of integration and offer them the possibility to acquire what can aid their human, cultural and professional formation. This holds even more for the young refugees for whom adequate programs will have to be prepared, both in the scholastic and the work contexts, in order to guarantee their preparation and provide the necessary bases for a correct insertion into the new social, cultural and professional world.

The Church looks with very particular attention at the world of migrants and asks those who have received a Christian formation in their countries of origin to make this heritage of faith and evangelical values bear fruit in order to offer a consistent witness in the different life contexts. Precisely in this regard, I invite the ecclesial host communities to welcome the young and very young people with their parents with sympathy, and to try to understand the vicissitudes of their lives and favor their insertion.

Then, among the migrants, as I wrote in last year's Message, there is one category to consider in a special way: the students from other countries who because of their studies, are far from home. Their number is growing constantly: they are young people who need a specific pastoral care because they are not just students, like all the rest, but also temporary migrants. They often feel alone under the pressure of their studies and sometimes they are also constricted by economic difficulties. The Church, in her maternal concern, looks at them with affection and tries to put specific pastoral and social interventions into action that will take the great resources of their youth into consideration. It is necessary to help them find a way to open up to the dynamism of interculturality and be enriched in their contact with other students of different cultures and religions. For young Christians, this study and formation experience can be a useful area for the maturation of their faith, a stimulus to be open to the universalism that is a constitutive element of the Catholic Church.

Dear young migrants, prepare yourselves to build together your young peers a more just and fraternal society by fulfilling your duties scrupulously and seriously towards your families and the State. Be respectful of the laws and never let yourselves be carried away by hatred and violence. Try instead to be protagonists as of now of a world where understanding and solidarity, justice and peace will reign. To you, in particular, young believers, I ask you to profit from your period of studies to grow in knowledge and love of Christ. Jesus wants you to be his true friends, and for this it is necessary for you to cultivate a close relationship with Him constantly in prayer and docile listening to his Word. He wants you to be his witnesses, and for this it is necessary for you to be committed to living the Gospel courageously and expressing it in concrete acts of love of God and generous service to your brothers and sisters. The Church needs you too and is counting on your contribution. You can play a very providential role in the current context of evangelization. Coming from different cultures, but all united by belonging to the one Church of Christ, you can show that the Gospel is alive and suited to every situation; it is an old and ever new message. It is a word of hope and salvation for the people of all races and cultures, of all ages and eras.

To Mary, the Mother of all humanity, and to Joseph, her most chaste spouse, who were both refugees together with Jesus in Egypt, I entrust each one of you, your families, those who take care of the vast world of young migrants in various ways, the volunteers and pastoral workers that are by your side with their willingness and friendly support.

May the Lord always be close to you and your families so that together you can overcome the obstacles and the material and spiritual difficulties you encounter on your way. I accompany these wishes with a special Apostolic Blessing for each one of you and for those who are dear to you.

From the Vatican, October 18, 2007

BENEDICTUS PP. XVI