Nouvelles du 25-10- 201é
Texte Pris sur le site Zénit


Message de Benoît XVI
Pour la 99è Journée mondiale du MIGRANT et du REFUGIE

13 janvier 2013.

"Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance"


Le « bagage » de la personne réfugiée : la foi et l'espérance
ROME, lundi 29 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Foi et espérance remplissent souvent le bagage de ceux qui émigrent », car « se trouve en eux le désir d’une vie meilleure », en essayant de « laisser derrière eux le « désespoir » d’un futur impossible à construire », déclare Benoît XVI.

Le pape publie en effet un message en vue de la 99e journée mondiale du migrant et du réfugié, qui sera célébrée dimanche 13 janvier 2013, sur le thème «Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance». Un thème lié notamment à l’Année de la foi dans laquelle l’Eglise est entrée le 11 octobre dernier.

Benoît XVI invite l’Eglise et les diverses réalités qui s’inspirent d’elle à « favoriser l’intégration authentique » de la personne réfugiée, afin que tous soient « des membres actifs et responsables chacun du bien-être de l'autre, généreux pour garantir des apports originaux, avec un droit de citoyenneté à part entière et une participation aux mêmes droits et devoirs » dans la société.

Message de Benoît XVI

Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance

Chers frères et sœurs !

Le Concile Œcuménique Vatican II, dans sa Constitution pastorale Gaudium et spes, a rappelé que « l’Eglise fait route avec toute l’humanité » (n. 40) et, par conséquent « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes d’aujourd’hui, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur » (ibid., n. 1). À cette déclaration ont précisément fait écho le Serviteur de Dieu Paul VI, qui a qualifié l’Eglise d’« experte en humanité » (Enc. Populorum progressio, n. 13), et le Bienheureux Jean-Paul II, qui a affirmé que la personne humaine était « la première route que l’Eglise doit parcourir en accomplissant sa mission ..., route tracée par le Christ lui-même » (Enc. Centesimusannus, n. 53). Dans mon Encyclique Caritas in veritate, j’ai voulu préciser, dans la lignée de mes Prédécesseurs, que « toute l’Eglise, dans tout son être et tout son agir, tend à promouvoir le développement intégral de l’homme, quand elle annonce, célèbre et œuvre dans la charité » (n. 11), en me référant aussi aux millions d’hommes et de femmes qui, pour diverses raisons, vivent l'expérience de la migration. En effet, les flux migratoires sont « un phénomène qui impressionne en raison du nombre de personnes qu’il concerne, des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale » (ibid., n. 62), car « tout migrant est une personne humaine qui, en tant que telle, possède des droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés par tous et en toute circonstance » (ibidem).

Dans ce contexte, j’ai voulu dédier la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié 2013 au thème « Migrations : pèlerinage de foi et d’espérance », en concomitance avec les célébrations du 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Œcuménique Vatican II et du 60ème anniversaire de la promulgation de la Constitution Apostolique Exsul familia, tandis que toute l’Eglise s’efforce de vivre l'Année de la foi en tâchant de relever avec enthousiasme le défi de la nouvelle évangélisation.

De fait, foi et espérance forment un binôme inséparable dans le cœur de très nombreux migrants, à partir du moment où se trouve en eux le désir d’une vie meilleure, en essayant très souvent de laisser derrière eux le « désespoir » d’un futur impossible à construire. En même temps, les voyages de beaucoup sont animés par la profonde confiance que Dieu n’abandonne pas ses créatures et ce réconfort rend plus tolérables les blessures du déracinement et du détachement, avec au fond l’espérance d’un futur retour vers leur terre d’origine. Foi et espérance remplissent donc souvent le bagage de ceux qui émigrent, conscients qu’avec elles « nous pouvons affronter notre présent : le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu’il peut justifier les efforts du chemin » (Enc. Spe salvi, n. 1).

Dans le vaste domaine des migrations, la sollicitude maternelle de l’Eglise se déploie dans diverses directions. D’une part, celle qui considère les migrations sous l’aspect dominant de la pauvreté et de la souffrance, qui entraine souvent des drames et des tragédies. C’est là que se concrétisent les interventions de secours pour résoudre les nombreuses urgences, avec le dévouement généreux d’individus et de groupes, d’associations de volontariat et de mouvements, d’organismes paroissiaux et diocésains en collaboration avec toutes les personnes de bonne volonté. D’autre part, cependant, l’Eglise n’oublie pas de mettre en évidence les aspects positifs, les potentialités bénéfiques et les ressources dont les migrations sont porteuses. Dans cette voie prennent alors corps les interventions d’accueil qui favorisent et accompagnent une insertion intégrale des migrants, des demandeurs d’asile et des réfugiés dans leur nouveau contexte socioculturel, sans négliger la dimension religieuse, essentielle pour la vie de chaque personne.

Et c’est précisément à cette dimension que l’Eglise est appelée, en raison de la mission même que le Christ lui a confiée d’être attentive et de prendre soin : tel est son devoir spécifique le plus important. Envers les fidèles chrétiens provenant de différentes parties du monde l'attention à la dimension religieuse comprend également le dialogue œcuménique et le soin accordé aux nouvelles communautés, tandis qu’envers les fidèles catholiques elle s’exprime notamment en réalisant de nouvelles structures pastorales et en valorisant les différents rites, jusqu’à la pleine participation à la vie de la communauté ecclésiale locale. La promotion humaine va de pair avec la communion spirituelle, qui ouvre les voies « à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde » (Lett. ap. Porta fidei, n. 6). C’est toujours un don précieux qu’apporte l’Eglise en menant à la rencontre avec le Christ qui ouvre à une espérance stable et fiable.

L’Eglise et les diverses réalités qui s’inspirent d’elle sont appelées, à l’égard des migrants et des réfugiés, à éviter le risque d’apporter une simple assistance, pour favoriser l’intégration authentique, dans une société où tous puissent être des membres actifs et responsables chacun du bien-être de l'autre, généreux pour garantir des apports originaux, avec un droit de citoyenneté à part entière et une participation aux mêmes droits et devoirs. Ceux qui émigrent emportent avec eux des sentiments de confiance et d’espérance qui animent et confortent la recherche de meilleures opportunités de vie. Toutefois, ils ne cherchent pas seulement une amélioration de leur condition économique, sociale ou politique. Il est vrai que le voyage migratoire commence souvent par la peur, surtout quand des persécutions et des violences contraignent à la fuite, marquée par le traumatisme de l’abandon des membres de la famille et des biens qui, en quelque sorte, assuraient la survie. Mais la souffrance, l'énorme perte et, parfois, un sens d’aliénation face à l’avenir incertain ne détruisent pas le rêve de reconstruire, avec espérance et courage, une existence dans un pays étranger. En vérité, ceux qui migrent nourrissent l’espoir confiant de trouver un accueil, d’obtenir une aide solidaire et d’entrer en contact avec des personnes qui, comprenant leur malaise et la tragédie de leurs semblables, reconnaissant aussi les valeurs et les ressources dont ils sont porteurs, soient disposées à partager humanité et ressources matérielles avec les nécessiteux et les déshérités. Il faut réaffirmer, de fait, que « la solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir » (Enc. Caritas in veritate, n. 43).

Migrants et réfugiés, au milieu des difficultés, peuvent également faire l’expérience de relations nouvelles et hospitalières, qui les encouragent à contribuer au bien-être des pays d’arrivée, grâce à leurs compétences professionnelles, leur patrimoine socioculturel et, souvent aussi, grâce à leur témoignage de foi, qui donne une impulsion aux communautés de vieille tradition chrétienne, encourage à rencontrer le Christ et invite à connaître l’Eglise.

Certes, chaque Etat a le droit de réguler les flux migratoires et de mettre en œuvre des politiques dictées par les exigences générales du bien commun, mais toujours en garantissant le respect de la dignité de chaque personne humaine. Le droit de la personne à émigrer – comme le rappelle la Constitution conciliaire Gaudium et spes au n. 65 - est inscrit au nombre des droits humains fondamentaux, avec la faculté pour chacun de s’établir là où il l’estime le plus opportun pour une meilleure réalisation de ses capacités, de ses aspirations et de ses projets. Dans le contexte sociopolitique actuel, cependant, avant même le droit d’émigrer, il faut réaffirmer le droit de ne pas émigrer, c’est-à-dire d’être en condition de demeurer sur sa propre terre, répétant avec le Bienheureux Jean-Paul II que « le droit primordial de l’homme est de vivre dans sa patrie : droit qui ne devient toutefois effectif que si l’on tient constamment sous contrôle les facteurs qui poussent à l’émigration » (Discours au IVème Congrès mondial des Migrations, 1998).

Aujourd’hui, en effet, nous voyons que de nombreuses migrations sont la conséquence d’une précarité économique, d’un manque de biens essentiels, de catastrophes naturelles, de guerres et de désordres sociaux. A la place d’une pérégrination animée par la confiance, par la foi et par l’espérance, migrer devient alors un « calvaire » pour survivre, où des hommes et des femmes apparaissent davantage comme des victimes que comme des acteurs et des responsables de leur aventure migratoire. Ainsi, alors que certains migrants atteignent une bonne position et vivent de façon digne, en s’intégrant correctement dans le milieu d’accueil, beaucoup d’autres vivent dans des conditions de marginalité et, parfois, d’exploitation et de privation de leurs droits humains fondamentaux, ou encore adoptent des comportements nuisibles à la société au sein de laquelle ils vivent. Le chemin d’intégration comprend des droits et des devoirs, une attention et un soin envers les migrants pour qu’ils aient une vie digne, mais aussi, de la part des migrants, une attention aux valeurs qu’offre la société où ils s’insèrent.

À ce propos, nous ne pouvons pas oublier la question de l'immigration clandestine, thème beaucoup plus brûlant dans les cas où celle-ci prend la forme d’un trafic et d’une exploitation des personnes, avec plus de risques pour les femmes et les enfants. De tels méfaits doivent être fermement condamnés et punis, alors qu’une gestion régulée des flux migratoires, qui ne peut se réduire à la fermeture hermétique des frontières, au renforcement des sanctions contre les personnes en situation irrégulière et à l'adoption de mesures visant à décourager les nouvelles entrées, pourrait au moins limiter pour de nombreux migrants les dangers de devenir victimes des trafics mentionnés. Des interventions organiques et multilatérales pour le développement des pays de départ et des contre-mesures efficaces pour faire cesser le trafic des personnes sont en effet extrêmement opportunes, de même que des programmes organiques des flux d’entrée légale et une plus grande disponibilité à considérer les cas individuels qui requièrent des interventions de protection humanitaire, au-delà de l’asile politique. Aux normes appropriées doit être associée une œuvre patiente et constante de formation de la mentalité et des consciences. Dans tout cela, il est important de renforcer et de développer les rapports d’entente et de coopération entre les réalités ecclésiales et institutionnelles qui sont au service du développement intégral de la personne humaine. Dans la vision chrétienne, l'engagement social et humanitaire tire sa force de la fidélité à l’Evangile, en étant conscient que « quiconque suit le Christ, homme parfait, devient lui-même plus homme » (Gaudium et spes, n. 41).

Chers frères et sœurs migrants, que cette Journée Mondiale vous aide à renouveler votre confiance et votre espérance dans le Seigneur qui se tient toujours à côté de nous ! Ne perdez pas l'occasion de le rencontrer et de reconnaître son visage dans les gestes de bonté que vous recevez au cours de votre pérégrination migratoire. Réjouissez-vous car le Seigneur est proche de vous et, avec lui, vous pourrez surmonter les obstacles et les difficultés, en conservant comme un trésor les témoignages d’ouverture et d’accueil que beaucoup de gens vous offrent. En effet, « la vie est comme un voyage sur la mer de l’histoire, souvent obscur et dans l’orage, un voyage dans lequel nous scrutons les astres qui nous indiquent la route. Les vraies étoiles de notre vie sont les personnes qui ont su vivre dans la droiture. Elles sont des lumières d'espérance. Certes, Jésus-Christ est la lumière par antonomase, le soleil qui se lève sur toutes les ténèbres de l’histoire. Mais pour arriver jusqu’à lui nous avons besoin aussi de lumières proches – de personnes qui donnent une lumière en la tirant de sa lumière et qui offrent ainsi une orientation pour notre traversée » (Enc. Spe salvi, n. 49).

Je confie chacun de vous à la Bienheureuse Vierge Marie, signe d’espérance sûre et de consolation, « étoile du chemin », qui, par sa présence maternelle, est proche de nous à chaque instant de notre vie, et j’accorde à tous, avec affection, la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, 12 octobre 2012

BENEDICTUS PP. XVI

 

 


site Zenit

 

MESSAGE OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI
FOR THE 99th WORLD DAY OF MIGRANTS AND REFUGEES (2012)

13 January 2013.

"Migrations: Pilgrimage of Faith and Hope"


"Faith and Hope are Inseparable in the Hearts of Many Migrants"

VATICAN CITY, OCT. 29, 2012 (Zenit.org).- Here is the translation of Pope Benedict XVI's message for the 99th World Day of Migrants and Refugees which will be celebrated on January 13, 2013, under the theme "Migrations: Pilgrimage of Faith and Hope.

* * *

Migrations: Pilgrimage of Faith and Hope

Dear Brothers and Sisters!

The Second Vatican Ecumenical Council, in the Pastoral Constitution Gaudium et Spes, recalled that "the Church goes forward together with humanity" (No. 40); therefore "the joys and the hopes, the grief and anguish of the people of our time, especially of those who are poor or afflicted, are the joys and hopes, grief and anguish of the followers of Christ as well. Indeed, nothing genuinely human fails to raise an echo in their hearts" (ibid., 1). The Servant of God Paul VI echoed these words when he called the Church an "expert in humanity" (Populorum Progressio, 13), as did Blessed John Paul II when he stated that the human person is "the primary route that the Church must travel in fulfilling her mission... the way traced out by Christ himself" (Centesimus Annus, 53). In the footsteps of my predecessors, I sought to emphasize in my Encyclical Caritas in Veritate that "the whole Church, in all her being and acting – when she proclaims, when she celebrates, when she performs works of charity – is engaged in promoting integral human development" (No. 11). I was thinking also of the millions of men and women who, for various reasons, have known the experience of migration. Migration is in fact "a striking phenomenon because of the sheer numbers of people involved, the social, economic, political, cultural and religious problems it raises, and the dramatic challenges it poses to nations and the international community" (ibid.,62), for "every migrant is a human person who, as such, possesses fundamental, inalienable rights that must be respected by everyone and in every circumstance" (ibid.).

For this reason, I have chosen to dedicate the 2013 World Day of Migrants and Refugees to the theme "Migrations: pilgrimage of faith and hope", in conjunction with the celebrations marking the fiftieth anniversary of the opening of the Second Vatican Ecumenical Council and the sixtieth anniversary of the promulgation of the Apostolic Constitution Exsul Familia, and at a time when the whole Church is celebrating the Year of Faith, taking up with enthusiasm the challenge of the new evangelization.

Faith and hope are inseparable in the hearts of many migrants, who deeply desire a better life and not infrequently try to leave behind the "hopelessness" of an unpromising future. During their journey many of them are sustained by the deep trust that God never abandons his children; this certainty makes the pain of their uprooting and separation more tolerable and even gives them the hope of eventually returning to their country of origin. Faith and hope are often among the possessions which emigrants carry with them, knowing that with them, "we can face our present: the present, even if it is arduous, can be lived and accepted if it leads towards a goal, if we can be sure of this goal, and if this goal is great enough to justify the effort of the journey" (Spe Salvi, 1).

In the vast sector of migration, the Church shows her maternal concern in a variety of ways. On the one hand, she witnesses the immense poverty and suffering entailed in migration, leading often to painful and tragic situations. This inspires the creation of programmes aimed at meeting emergencies through the generous help of individuals and groups, volunteer associations and movements, parochial and diocesan organizations in cooperation with all people of good will. The Church also works to highlight the positive aspects, the potential and the resources which migrations offer. Along these lines, programmes and centres of welcome have been established to help and sustain the full integration of migrants, asylum seekers and refugees into a new social and cultural context, without neglecting the religious dimension, fundamental for every person’s life. Indeed, it is to this dimension that the Church, by virtue of the mission entrusted to her by Christ, must devote special attention and care: this is her most important and specific task. For Christians coming from various parts of the world, attention to the religious dimension also entails ecumenical dialogue and the care of new communities, while for the Catholic faithful it involves, among other things, establishing new pastoral structures and showing esteem for the various rites, so as to foster full participation in the life of the local ecclesial community. Human promotion goes side by side with spiritual communion, which opens the way "to an authentic and renewed conversion to the Lord, the only Saviour of the world" (Porta Fidei, 6). The Church always offers a precious gift when she guides people to an encounter with Christ, which opens the way to a stable and trustworthy hope.

Where migrants and refugees are concerned, the Church and her various agencies ought to avoid offering charitable services alone; they are also called to promote real integration in a society where all are active members and responsible for one another’s welfare, generously offering a creative contribution and rightfully sharing in the same rights and duties. Emigrants bring with them a sense of trust and hope which has inspired and sustained their search for better opportunities in life. Yet they do not seek simply to improve their financial, social and political condition. It is true that the experience of migration often begins in fear, especially when persecutions and violence are its cause, and in the trauma of having to leave behind family and possessions which had in some way ensured survival. But suffering, great losses and at times a sense of disorientation before an uncertain future do not destroy the dream of being able to build, with hope and courage, a new life in a new country. Indeed, migrants trust that they will encounter acceptance, solidarity and help, that they will meet people who sympathize with the distress and tragedy experienced by others, recognize the values and resources the latter have to offer, and are open to sharing humanly and materially with the needy and disadvantaged. It is important to realize that "the reality of human solidarity, which is a benefit for us, also imposes a duty" (Caritas in Veritate, 43). Migrants and refugees can experience, along with difficulties, new, welcoming relationships which enable them to enrich their new countries with their professional skills, their social and cultural heritage and, not infrequently, their witness of faith, which can bring new energy and life to communities of ancient Christian tradition, and invite others to encounter Christ and to come to know the Church.

Certainly every state has the right to regulate migration and to enact policies dictated by the general requirements of the common good, albeit always in safeguarding respect for the dignity of each human person. The right of persons to migrate – as the Council’s Constitution Gaudium et Spes, No. 65, recalled – is numbered among the fundamental human rights, allowing persons to settle wherever they consider best for the realization of their abilities, aspirations and plans. In the current social and political context, however, even before the right to migrate, there is need to reaffirm the right not to emigrate, that is, to remain in one’s homeland; as Blessed John Paul II stated: "It is a basic human right to live in one’s own country. However this rights become effective only if the factors that urge people to emigrate are constantly kept under control" (Address to the Fourth World Congress on the Pastoral Care of Migrants and Refugees, 9 October 1998). Today in fact we can see that many migrations are the result of economic instability, the lack of essential goods, natural disasters, wars and social unrest. Instead of a pilgrimage filled with trust, faith and hope, migration then becomes an ordeal undertaken for the sake of survival, where men and women appear more as victims than as agents responsible for the decision to migrate. As a result, while some migrants attain a satisfactory social status and a dignified level of life through proper integration into their new social setting, many others are living at the margins, frequently exploited and deprived of their fundamental rights, or engaged in forms of behaviour harmful to their host society. The process of integration entails rights and duties, attention and concern for the dignified existence of migrants; it also calls for attention on the part of migrants to the values offered by the society to which they now belong.

In this regard, we must not overlook the question of irregular migration, an issue all the more pressing when it takes the form of human trafficking and exploitation, particularly of women and children. These crimes must be clearly condemned and prosecuted, while an orderly migration policy which does not end up in a hermetic sealing of borders, more severe sanctions against irregular migrants and the adoption of measures meant to discourage new entries, could at least limit for many migrants the danger of falling prey to such forms of human trafficking. There is an urgent need for structured multilateral interventions for the development of the countries of departure, effective countermeasures aimed at eliminating human trafficking, comprehensive programmes regulating legal entry, and a greater openness to considering individual cases calling for humanitarian protection more than political asylum. In addition to suitable legislation, there is a need for a patient and persevering effort to form minds and consciences. In all this, it is important to strengthen and develop understanding and cooperation between ecclesial and other institutions devoted to promoting the integral development of the human person. In the Christian vision, social and humanitarian commitment draws its strength from fidelity to the Gospel, in the knowledge that "to follow Christ, the perfect man, is to become more human oneself" (Gaudium et Spes, 41).

Dear brothers and sisters who yourselves are migrants, may this World Day help you renew your trust and hope in the Lord who is always at our side! Take every opportunity to encounter him and to see his face in the acts of kindness you receive during your pilgrimage of migration. Rejoice, for the Lord is near, and with him you will be able to overcome obstacles and difficulties, treasuring the experiences of openness and acceptance that many people offer you. For "life is like a voyage on the sea of history, often dark and stormy, a voyage in which we watch for the stars that indicate the route. The true stars of our life are the people who have lived good lives. They are lights of hope. Certainly, Jesus Christ is the true light, the sun that has risen above all the shadows of history. But to reach him we also need lights close by – people who shine with his light and so guide us along our way" (Spe Salvi, 49).

I entrust each of you to the Blessed Virgin Mary, sign of sure hope and consolation, our "guiding star", who with her maternal presence is close to us at every moment of our life. To all I affectionately impart my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 12 October 2012