Nouvelles du 23-09- 2014
Texte Pris sur le site Zénit


Message de François
Pour la 101è Journée mondiale du MIGRANT et du REFUGIE

18 janvier 2015.

"L'Eglise sans frontières, mère de tous" (texte intégral)

ROME, 23 septembre 2014 (Zenit.org) - "L’Église sans frontières, mère de tous": c'est le thème du message du pape François pour la Journée mondiale du Réfugié 2015 (18 janvier), qui a été présentée au Vatican ce mardi matin, 23 septembre, par le président du Conseil pontifical pour la Pastorale des migrants et des personnes en déplacement, le cardinal Antonio Maria Veglio, et par le secrétaire de ce dicastère, Mgr Joseph Kalathiparambil.

Le pape situe son exhortation aux consciences dans le sillage de Benoît XVI: "Les migrations interpellent chacun, non seulement à cause de l’ampleur du phénomène, mais encore « des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale» (Benoît XVI, Lett. Enc. Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 62)."

Il indique l'exigence de la coopération internationale: "Les mouvements migratoires ont cependant pris de telles dimensions que seule une collaboration systématique et effective, impliquant les États et les Organisations internationales, peut être en mesure de les réguler efficacement et de les gérer."

Il souligne l'importance de "travailler ensemble" non seulement sur les causes des situations de détresse qui poussent à l'émigration, mais sur les conséquences, par "la lutte contre le honteux et criminel trafic d’êtres humains, contre la violation des droits fondamentaux, contre toutes les formes de violence, d’oppression et d’esclavage".

Voici le texte intégral du pape François dans la traduction officielle du Vatican.

A.B.

Message du pape François

L’Église sans frontières, mère de tous

Chers frères et sœurs,

Jésus est « l’évangélisateur par excellence et l’Évangile en personne » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 209). Sa sollicitude, particulièrement envers les plus vulnérables et marginalisés, nous invite tous à prendre soin des personnes plus fragiles et à reconnaître son visage souffrant, surtout dans les victimes des nouvelles formes de pauvreté et d’esclavage. Le Seigneur dit : « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir » (Mt 25, 35-36). La mission de l’Église, pèlerine sur la terre et mère de tous, est donc d’aimer Jésus Christ, de l’adorer et de l’aimer, particulièrement dans les plus pauvres et abandonnés ; au nombre de ceux-ci figurent certainement les migrants et les réfugiés, qui cherchent à tourner le dos aux dures conditions de vie et aux dangers de toute sorte. Donc, cette année la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés a pour thème : l’Église sans frontières, mère de tous.

En effet, l’Église ouvre ses bras pour accueillir tous les peuples, sans distinctions et sans frontières et pour annoncer à tous que « Dieu est amour » (1 Jn 4, 8.16). Après sa mort et sa résurrection, Jésus a confié aux disciples la mission d’être ses témoins et de proclamer l’Évangile de la joie et de la miséricorde. Le jour de la Pentecôte, avec courage et enthousiasme, ils sont sortis du Cénacle ; la force du Saint-Esprit a prévalu sur les doutes et les incertitudes et a fait que chacun comprenait leur annonce dans sa propre langue; ainsi, dès le début, l’Église est une mère au cœur ouvert sur le monde entier, sans frontières. Ce mandat couvre désormais deux mille ans d’histoire, mais depuis les premiers siècles, l’annonce missionnaire a mis en lumière la maternité universelle de l’Église, développée ensuite dans les écrits des Pères de l’Église et reprise par le Concile Œcuménique Vatican II.

Les Pères conciliaires ont parlé d’Ecclesia mater pour en expliquer la nature. Elle génère, en effet, des fils et des filles qu’elle incorpore et qu’elle « enveloppe déjà de son amour en prenant soin d’eux » (Const. dogm. sur l’Église Lumen gentium, n. 14).

L’Église sans frontières, mère de tous, diffuse dans le monde la culture de l’accueil et de la solidarité, selon laquelle personne ne doit être considéré inutile, encombrant ou être écarté. En vivant effectivement sa maternité, la communauté chrétienne nourrit, oriente et indique le chemin, accompagne avec patience et se fait proche dans la prière et dans les œuvres de miséricorde.

Aujourd’hui, tout cela prend une signification particulière. En effet, à une époque de si vastes migrations, un grand nombre de personnes laissent leur lieu d’origine et entreprennent le voyage risqué de l’espérance avec un bagage plein de désirs et de peurs, à la recherche de conditions de vie plus humaines. Souvent, cependant, ces mouvements migratoires suscitent méfiances et hostilités, même dans les communautés ecclésiales, avant même qu’on ne connaisse les parcours de vie, de persécution ou de misère des personnes impliquées. Dans ce cas, suspicions et préjugés entrent en conflit avec le commandement biblique d’accueillir avec respect et solidarité l’étranger dans le besoin.

D’une part, résonne dans le sanctuaire de la conscience l’appel à toucher la misère humaine et à mettre en pratique le commandement de l’amour que Jésus nous a laissé quand il s’est identifié avec l’étranger, avec celui qui souffre, avec toutes les victimes innocentes de la violence et de l’exploitation. D’autre part, cependant, à cause de la faiblesse de notre nature, « nous sommes tentés d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur » (Exhort. apost. Evangelii gaudium, n. 270).

Le courage de la foi, de l’espérance et de la charité permet de réduire les distances qui séparent des drames humains. Jésus-Christ est toujours en attente d’être reconnu dans les migrants et dans les réfugiés, dans les personnes déplacées et les exilés, et aussi de cette manière il nous appelle à partager nos ressources, parfois à renoncer à quelque chose de notre bien-être acquis. Le Pape Paul VI le rappelait, en disant que «les plus favorisés doivent renoncer à certains de leurs droits, pour mettre avec plus de libéralité leurs biens au service des autres » (Lett. ap. Octogesima adveniens, 14 mai 1971, n. 23).

D’ailleurs, le caractère multiculturel des sociétés contemporaines encourage l’Église à assumer de nouveaux engagements de solidarité, de communion et d’évangélisation. Les mouvements migratoires, en effet, demandent qu’on approfondisse et qu’on renforce les valeurs nécessaires pour garantir la cohabitation harmonieuse entre les personnes et entre les cultures.

À cet effet, ne peut suffire la simple tolérance, qui ouvre la voie au respect des diversités et qui met en route des parcours de partage entre des personnes d’origines et de cultures différentes.

Ici, se greffe la vocation de l’Église à dépasser les frontières et à favoriser « le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation…à une attitude qui ait comme base la ‘‘culture de la rencontre’’, seule capable de construire un monde plus juste et fraternel » (Message pour la Journée Mondial des Migrants et des Réfugiés 2014).

Les mouvements migratoires ont cependant pris de telles dimensions que seule une collaboration systématique et effective, impliquant les États et les Organisations internationales, peut être en mesure de les réguler efficacement et de les gérer. En effet, les migrations interpellent chacun, non seulement à cause de l’ampleur du phénomène, mais encore « des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale» (Benoît XVI, Lett. Enc. Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 62).

Dans l’agenda international, trouvent place de fréquents débats sur l’opportunité, sur les méthodes et sur les réglementations pour affronter le phénomène des migrations. Il y a des organismes et des institutions, aux niveaux international, national et local, qui mettent leur travail et leur énergie au service de ceux qui cherchent par l’émigration une vie meilleure. Malgré leurs généreux et louables efforts, une action plus incisive et efficace est nécessaire, qui s’appuie sur un réseau universel de collaboration, fondé sur la défense de la dignité et de la centralité de chaque personne humaine. De cette manière, la lutte contre le honteux et criminel trafic d’êtres humains, contre la violation des droits fondamentaux, contre toutes les formes de violence, d’oppression et d’esclavage sera plus incisive. Travailler ensemble, cependant, exige réciprocité et synergie, avec disponibilité et confiance, étant entendu qu’« aucun pays ne peut affronter seul les difficultés liées à ce phénomène, qui est si vaste qu’il concerne désormais tous les continents dans le double mouvement d’immigration et d’émigration» (Message pour la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés 2014).

Les mouvements migratoires ont cependant pris de telles dimensions que seule une collaboration systématique et effective, impliquant les États et les Organisations internationales, peut être en mesure de les réguler efficacement et de les gérer. En effet, les migrations interpellent chacun, non seulement à cause de l’ampleur du phénomène, mais encore « des problématiques sociale, économique, politique, culturelle et religieuse qu’il soulève, et à cause des défis dramatiques qu’il lance aux communautés nationales et à la communauté internationale» (Benoît XVI, Lett. Enc. Caritas in veritate, 29 juin 2009, n. 62).

Dans l’agenda international, trouvent place de fréquents débats sur l’opportunité, sur les méthodes et sur les réglementations pour affronter le phénomène des migrations. Il y a des organismes et des institutions, aux niveaux international, national et local, qui mettent leur travail et leur énergie au service de ceux qui cherchent par l’émigration une vie meilleure. Malgré leurs généreux et louables efforts, une action plus incisive et efficace est nécessaire, qui s’appuie sur un réseau universel de collaboration, fondé sur la défense de la dignité et de la centralité de chaque personne humaine. De cette manière, la lutte contre le honteux et criminel trafic d’êtres humains, contre la violation des droits fondamentaux, contre toutes les formes de violence, d’oppression et d’esclavage sera plus incisive. Travailler ensemble, cependant, exige réciprocité et synergie, avec disponibilité et confiance, étant entendu qu’« aucun pays ne peut affronter seul les difficultés liées à ce phénomène, qui est si vaste qu’il concerne désormais tous les continents dans le double mouvement d’immigration et d’émigration» (Message pour la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés 2014).

Chers migrants et réfugiés ! Vous avez une place spéciale dans le cœur de l’Église, et vous l’aidez à élargir les dimensions de son cœur pour manifester sa maternité envers la famille humaine tout entière. Ne perdez pas votre confiance ni votre espérance ! Pensons à la sainte Famille exilée en Égypte : de même que dans le cœur maternel de la Vierge Marie et dans le cœur prévenant de saint Joseph s’est conservée la confiance que Dieu n’abandonne jamais, ainsi, que cette même confiance dans le Seigneur ne manque pas en vous. Je vous confie à leur protection et de grand cœur je vous accorde à tous la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 3 septembre 2014.

FRANCISCUS

 

 


site Zenit

 

MESSAGE OF HIS HOLINESS FRANCIS
FOR THE 101st WORLD DAY OF MIGRANTS AND REFUGEES

18 January 2015.

"Towards a Better World."

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"Church Without Frontiers, Mother to All"

"Migration movements call us to deepen and strengthen the values needed to guarantee peaceful coexistence between persons and cultures."

VATICAN CITY, September 23, 2014 (Zenit.org) - "Church Without Frontiers, Mother to All" is the theme for the next World Day of Migrants and Refugees to take place 18 January 2015.

Here below is the full text of the message made public today:

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Dear Brothers and Sisters,

Jesus is "the evangelizer par excellence and the Gospel in person" (Evangelii Gaudium, 209). His solicitude, particularly for the most vulnerable and marginalized, invites all of us to care for the frailest and to recognize his suffering countenance, especially in the victims of new forms of poverty and slavery. The Lord says: "I was hungry and you gave me food, I was thirsty and you gave me drink, I was a stranger and you welcomed me, I was naked and you clothed me, I was sick and you visited me, I was in prison and you came to me" (Mt 25:35-36). The mission of the Church, herself a pilgrim in the world and the Mother of all, is thus to love Jesus Christ, to adore and love him, particularly in the poorest and most abandoned; among these are certainly migrants and refugees, who are trying to escape difficult living conditions and dangers of every kind. For this reason, the theme for this year’s World Day of Migrants and Refugees is: Church without frontiers, mother to all.

The Church opens her arms to welcome all people, without distinction or limits, in order to proclaim that "God is love" (1 Jn 4:8,16). After his death and resurrection, Jesus entrusted tothe disciples the mission of being his witnesses and proclaiming the Gospel of joy and mercy. On the day of Pentecost, the disciples left the Upper Room with courage and enthusiasm; the strength of the Holy Spirit overcame their doubts and uncertainties and enabled all to understand the disciples’ preaching in their own language. From the beginning, the Church has been a mother with a heart open to the whole world, and has been without borders. This mission has continued for two thousand years. But even in the first centuries, the missionary proclamation spoke of the universal motherhood of the Church, which was then developed in the writings of the Fathers and taken up by the Second Vatican Council. The Council Fathers spoke of Ecclesia Mater to explain the Church’s nature. She begets sons and daughters and "takes them in and embraces them with her love and in her heart" (Lumen Gentium, 14).

The Church without frontiers, Mother to all, spreads throughout the world a culture of acceptance and solidarity, in which no one is seen as useless, out of place or disposable. When living out this motherhood effectively, the Christian community nourishes, guides and indicates the way, accompanying all with patience, and drawing close to them through prayer and works of mercy.

Today this takes on a particular significance. In fact, in an age of such vast movements of migration, large numbers of people are leaving their homelands, with a suitcase full of fears and desires, to undertake a hopeful and dangerous trip in search of more humane living conditions. Often, however, such migration gives rise to suspicion and hostility, even in ecclesial communities,prior to any knowledge of the migrants’ lives or their stories of persecution and destitution. In such cases, suspicion and prejudice conflict with the biblical commandment of welcoming with respect and solidarity the stranger in need.

On the other hand, we sense in our conscience the call to touch human misery, and to put into practice the commandment of love that Jesus left us when he identified himself with the stranger, with the one who suffers, with all the innocent victims of violence and exploitation. Because of the weakness of our nature, however, "we are tempted to be that kind of Christian who keeps the Lord’s wounds at arm’s length" (Evangelii Gaudium, 270).

The courage born of faith, hope and love enables us to reduce the distances that separate us from human misery. Jesus Christ is always waiting to be recognized in migrants and refugees, in displaced persons and in exiles, and through them he calls us to share our resources, and occasionally to give up something of our acquired riches. Pope Paul VI spoke of this when he said that "the more fortunate should renounce some of their rights so as to place their goods more generously at the service of others" (Octogesima Adveniens, 23).

The multicultural character of society today, for that matter, encourages the Church to take on new commitments of solidarity, communion and evangelization. Migration movements, in fact, call us to deepen and strengthen the values needed to guarantee peaceful coexistence between persons and cultures. Achieving mere tolerance that respects diversity and ways of sharing between different backgrounds and cultures is not sufficient. This is precisely where the Church contributes to overcoming frontiers and encouraging the "moving away from attitudes of defensiveness and fear, indifference and marginalization … towards attitudes based on a culture of encounter, the only culture capable of building a better, more just and fraternal world" (Message for the World Day of Migrants and Refugees 2014).

Migration movements, however, are on such a scale that only a systematic and active cooperation between States and international organizations can be capable of regulating and managing such movements effectively. For migration affects everyone, not only because of the extent of the phenomenon, but also because of "the social, economic, political, cultural and religious problems it raises, and the dramatic challenges it poses to nations and the international community" (Caritas in Veritate, 62).

At the international level, frequent debates take place regarding the appropriateness, methods and required norms to deal with the phenomenon of migration. There are agencies and organizations on the international, national and local level which work strenuously to serve those seeking a better life through migration. Notwithstanding their generous and laudable efforts, a more decisive and constructive action is required, one which relies on a universal network of cooperation, based on safeguarding the dignity and centrality of every human person. This will lead to greater effectiveness in the fight against the shameful and criminal trafficking of human beings, the violation of fundamental rights, and all forms of violence, oppression and enslavement. Working together, however, requires reciprocity, joint-action, openness and trust, in the knowledge that "no country can singlehandedly face the difficulties associated with this phenomenon, which is now so widespread that it affects every continent in the twofold movement of immigration and emigration" (Message for the World Day of Migrants and Refugees 2014).

It is necessary to respond to the globalization of migration with the globalization of charity and cooperation, in such a way as to make the conditions of migrants more humane. At the same time, greater efforts are needed to guarantee the easing of conditions, often brought about by war or famine, which compel whole peoples to leave their native countries.

Solidarity with migrants and refugees must be accompanied by the courage and creativity necessary to develop, on a world-wide level, a more just and equitable financial and economic order, as well as an increasing commitment to peace, the indispensable condition for all authentic progress.

Dear migrants and refugees! You have a special place in the heart of the Church, and you help her to enlarge her heart and to manifest her motherhood towards the entire human family. Do not lose your faith and hope! Let us think of the Holy Family during the flight in Egypt: Just as the maternal heart of the Blessed Virgin and the kind heart of Saint Joseph kept alive the confidence that God would never abandon them, so in you may the same hope in the Lord never be wanting. I entrust you to their protection and I cordially impart to all of you my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 3 September 2014

FRANCISCUS