Au Généralat - At the Generalate
Dimanche 24 Septembre 2006
8 heures
Messe à la Mémoire du P. Ghislain
Mulumbu M.Afr.
Mass in Memory of Fr. Ghislain Mulumbu
M.Afr.

Présidée par Mgr Henri Teissier Archevêque d'Alger
et concélébrée avec
Mgr François-Xavier Maroy Archevêque de Bukavu (Congo)
Mgr Claude Rault Evêque de Laghouat (Algérie)
Mgr Jude Bikaba Evêque de Degoudou (Burkina Faso)
En Plus de la Communauté étaient présentes
les Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique présentes à Rome.
L'homélie (ci-dessous) a été prononcée
par Raphaël Deillon, Assistant Général
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Etaient présents : Gérard Chabanon (Supérieur Général
et Etienne Renaud)
25e Dimanche ordinaire (B)
24 septembre 06. M.G. Rome"De quoi discutiez-vous en chemin? si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le serviteur de tous prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux "
Ce dimanche comme déjà dimanche dernier, l'évangile nous rapporte les Paroles de Jésus expliquant aux disciples qu'il fallait que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué et que trois jours après il ressuscite
Au moment où Jésus leur parlait de sa passion et de sa mort, les disciples n'écoutaient pas. Ils se querellaient. Lorsque le Christ leur demande de quoi ils discutaient ils n'étaient pas très fiers de lui faire un rapport.
Pierre dit : Il n'y a pas de doute, je suis le plus important! Ne m'a-t-il pas appelé pour être la pierre sur laquelle il bâtirait son église ?
Jean dit: Désolé, c'est peut-être vrai mais c'est une question d'administration. Mais c'est l'amour qui compte et si tu regardes bien, c'est moi qu'il aime.
Judas dis: Arrêtez. C'est moi qu'il a nommé à l'économat. Et sans fonds, la Mission n'est rien.Désolé d'avoir encore à expliquer, Jésus sort pour chercher un exemple vivant. Il revient tenant un enfant par la main, un des ces enfants des rues.
"Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille "Jésus venait de remettre les pendules à l'heure. Mais pas pour toujours
Car tout au long de l'histoire, cette discussion reprend.Elle battait son plein ces dernières semaines parmi nous ses disciples, à propos de discours, de religion, de dialogue
Et au beau milieu de nos discussions, Jésus sort et il revient non pas avec un enfant mais pour nous ouvrir la porte d'un hôpital sur un jeune confrère plein de l'ardeur du missionnaire et qui lutte pour la vie.
Autour de lui, une chaîne de près de 40 étudiants, confrères, Surs, amis, le soutiennent en se relayant, jour et nuit, pour lui donner leur sang.Avec la porte ouverte sur cette chambre d'hôpital, j'ai pensé à cette image du Christ qui donne sa vie, surtout quand Gérard Chabanon, à la messe de jeudi dernier clôturant la session, faisait le parallèle entre les confrères aînés renouvelant leur serment sur l'autel et Ghislain qui scellait ce serment dans le don de sa vie.
Ghislain, lui, n'avait pas encore tout goûté aux joies de la rencontre avec l'autre mais il s'y était préparé avec un sérieux exemplaire. Je l'avais accompagné pour sa retraite d'élection en Angleterre il y a exactement 3 ans, c'était en septembre 2003. On sentait combien il aimait déjà ceux qu'il allait rencontrer. Il partait joyeux comme on embarque sur son premier bateau vers la terre bénie de ceux que Dieu nous a confiés.
Il allait ensuite être nommé à Tizi-Ouzou, là où quatre de ses confrères avaient été tués et il apprenait en arrivant la mort soudaine de Benito qui devait y être son compagnon.
Mais il n'a pas reculé.Après deux ans à étudier l'arabe et le kabyle, il venait d'envoyer au Caire où il devait étudier une partie de ses livres, m'a dit le directeur de Dar Comboni.
Mais il n'avait pas attendu d'être livresque pour rencontrer les gens. A Ouargla, où il avait fait son stage, comme à Tizi-Ouzou, déjà les amis musulmans ont accouru chez les Pères pour pleurer et se taire, pour prier et se rappeler.
Je laisse parler le P. Jean Gaignard très ému de la mort de Ghislain:
"Ses amis nous ont téléphoné fréquemment pendant sa maladie pour savoir comment il allait. Chacun y allait de ses suppositions, une façon d'évacuer ses craintes, l'envers d'une espérance à laquelle chacun s'accrochait.
Maintenant, de nouveau, il nous faut entrer dans le chemin de la foi, demandant au Seigneur de nous faire comprendre ce qu'Il attend de nous. Après la mort tragique de nos quatre confrères, puis celle de Benito, voici que le nouveau surgeon qui venait d'être greffé sur le vieux tronc, enraciné dans le pays depuis bientôt un siècle et demi, a été tranché
Au cours de la célébration "dominicale" du vendredi, Ghislain restera bien présent à notre prière et à notre affection. Nous envisageons une célébration avec le diocèse, et une autre avec nos amis musulmans, le quarantième jour, selon la tradition ici, après le Ramadan."
Le dialogue est déjà là, alors même que Ghislain n'est plus. La leçon du Christ est tout entière dans ses mots. "Je suis venu pour les petits et les humbles et pour qu'ils aient la vie "
Et comme disait le jeune chauffeur de Mgr Claverie, Mohammed, issu d'une famille très humble d'Oran et mort avec son évêque. "Pour Père Claverie, j'existais."
Oui, c'est une souffrance pour nous de voir partir notre petit frère. Mais vous, les aînés, qui venez de prêter serment pour un nouveau départ, soyez fiers de vos petits frères. Ils sont dignes des anciens.Prions pour sa maman, son papa, sa famille au Congo et pour tous ceux et celles qui l'ont accompagné jusqu'au bout avec tant de respect.
Prions pour Dominic Apee et pour Tony Baaladong qui résument en leurs personnes les efforts de tous. Ils ont su tenir la place des grands frères et après le sacrement qui le rendait au Père par le Christ, ils lui ont serré la main très fort en notre nom à tous. Ghislain a fixé sur eux un regard heureux. Il emportait avec lui la joie de savoir que la Mission continue par ses frères.
Sûr que de là-haut, Ghislain poursuivra le dialogue