Nouvelles du 12 -01- 2006
Texte Pris sur le site AGENCE FIDES

Pont Kennedy sur le Niger

AFRIQUE / NIGER - Le 75° anniversaire de l’Eglise au Niger est marqué par les bons rapports avec les autorités locales

Carte du Niger

Niamey (Agence Fides) - Une Eglise petite, témoin dans un Pays où presque toute la population est musulmane : c’est l’Eglise du Niger, qui fête le 75° anniversaire de sa fondation, et qui vit aux côtés d’une forte communauté musulmane.

Mgr Michel  à Droite Au Niger, en effet, 98% de la population sont musulmans. Les premières communautés catholiques ont été créées grâce à des chrétiens provenant des pays limitrophes, Bénin, Burkina Faso, Nigéria, Togo. Au cours des années, en effet, des immigrants se sont Mgr Ambroise au centreétablis au Niger où ils ont construit des familles ; mais ils sont toujours, en partie du moins, considérés comme des fidèles étrangers d’une religion qui est étrangère à la culture locale. Mais cela n’a pas empêché, au cours des ans, que s’instaurent de bons rapports avec les autorités locales, grâce aussi aux activités de promotion de la dignité de l’homme faite par l’Eglise Catholique. Dans les deux dernières années en particulier, les centres nutritionnels catholiques ont joué et ont toujours un rôle irremplaçable dans la distribution des aides alimentaires en faveur des populations touchées par la famine dramatique qui frappe le Pays.


Mgr Michel Cartatéguy
Archevêque de Niamey

Mgr Ambroise Ouédraogo
Evêque de Maradi

 

Le Niger a une superficie de 1.267.000 km², et une population de 11.880.000 habitants. D’après l’Annuaire de l’Eglise Catholique (2003), il y a 16.000 catholiques au Niger, 2 Diocèses : Niamey, dont l’Evêque est Mgr Michel Cartatéguy, et Maradi, dont l’Evêque est Mgr Ambroise Ouédraogo. Il y a 17 paroisses, 13 prêtres diocésains, 30 prêtres religieux, 5 religieuses, et 246 catéchistes ; l’Eglise dirige 7 écoles maternelles avec 1.318 enfants, 11 écoles élémentaires avec 5.669 écoliers, 2 écoles secondaires avec 2.324 élèves, ainsi que 18 centres sanitaires. (L.M.)
(Agence Fides, 9 janvier 2006, 24 lignes, 290 mots)


Les Missionnaires d'Afrique sont peu nombreux au Niger, Nous avons 3 communautés, à Niamey, à Zinder, à Birni N'Konni.


Les MAfr du Niger réunis à Birnin Konni. Debout : Désiré Barakayigo, Emmanuel Ngona, Assistant Prov., Hugo Mertens, Wilbert Gobbo, Josep Frigola, Francis Kakoka, Clément Forestier. En avant : Johannès Liogier, Victor Lijaji et Callistus Baalaboore

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Paroisse de Birni N'Konni......................Paroisse St Gabriel à Niamey

 


Ce dimanche 8 janvier, l'Église du Niger célèbre son 75e anniversaire. La messe à la cathédrale de Niamey sera présidée par Mgr Paul Vieira, évêque de Djougou (Bénin)

En ce temps-là, au début du XXe siècle, le Niger était une colonie sous le gouvernement de Dakar, et Niamey n’était qu’un petit village sur la rive gauche du grand fleuve. Des missionnaires avaient commencé à sillonner les grands espaces africains, mais, constatait en 1926 un officier français, le colonel Abadie, le catholicisme ne comptait « aucun adhérent indigène au Niger. Il n’y a pas un missionnaire catholique sur tout le territoire de la colonie. » Ce n’est en effet qu’en janvier 1931 que le P. François Faroud, de la Société des missions africaines de Lyon (SMA), fonde la première « station » à Niamey, le premier acte de naissance de l’Église du Niger. Soixante-quinze ans se sont écoulés.

Née dans la discrétion, l’Église catholique a grandi dans le silence et la discrétion. « Nous sommes très marqués par le monde musulman qui nous entoure, indique Mgr Michel Cartatéguy, actuel évêque de Niamey, lui aussi issu des SMA. Il suffit de regarder. L’islam, la religion de pratiquement toute la population (98 %), imprègne la société et la vie quotidienne.

Longtemps, ici, l’Église a été cachée par respect pour les musulmans. » D’autant que les premières communautés se sont constituées autour de chrétiens venus des pays voisins : Burkina Faso, Bénin, Togo, Nigeria… Beaucoup de ces émigrants se sont installés au Niger et y ont fondé leurs familles. Mais ils sont toujours plus ou moins perçus comme des « étrangers », fidèles d’une religion étrangère. Pour les Nigériens, la question ne se pose même pas : être du Niger, c’est être nécessairement musulman. « Quand tu dis que tu es chrétien, observe Yahaya, un jeune de Maradi, on te demande toujours de quel pays tu es ! »

Un petit mémorandum sur l’Église catholique

Discrètement, l’Église a essayé de trouver sa place. Toujours en pleine solidarité avec la population. « La communauté des catholiques (16 000 fidèles, sur 12 millions) vit en bonne entente au milieu de ses frères et sœurs musulmans avec qui elle partage les joies et les peines, et participe à toutes les initiatives locales de développement, rappelait un petit mémorandum sur l’Église catholique, remis l’an dernier au président de la République.

Depuis son implantation en 1931, elle a fait l’objet d’une bienveillance de la part des autorités nigériennes qui se sont succédé à la tête de l’État. » « Pour moi, confirme Serge Oga, jeune animateur de Niamey originaire du Bénin, je n’ai jamais eu de problème. Nous avons nos lieux de culte, nous pouvons prier comme nous voulons. » « Mais sans ostentation ni provocation », rappelle Mgr Cartatéguy, qui se souvient d’avoir invité la communauté nigérienne à faire preuve de plus de discrétion dans ses processions et manifestations religieuses.

Les responsables catholiques, comme d’ailleurs les autorités civiles et musulmanes, tiennent à maintenir la bonne qualité de ces relations. Les échanges de vœux à l’occasion des grandes fêtes, que ce soit Noël pour les chrétiens ou Tabaski (Aïd) pour les musulmans, sont désormais devenus des traditions. Le diocèse de Niamey a inscrit parmi ses priorités pastorales le devoir de « développer toujours plus les relations de fraternité avec le monde musulman pour manifester l’universalité du message chrétien ».
Des Comités de solidarité et de développement

Dans la vie quotidienne de voisinage et de travail, les collaborations s’imposent. Beaucoup d’institutions ecclésiales, écoles, collèges, centres de santé et dispensaires, initiatives de développement et de promotion, sont dirigés et coanimés par des musulmans. Les Comités de solidarité et de développement (CSD) mis en place par l’Église dans les quartiers et les paroisses mobilisent toute la population, aussi bien les chrétiens que les musulmans. Et viennent à l’aide de tous ceux qui sont dans le besoin, sans discrimination.

Sans que personne y trouve à redire, Abdoul Illo, musulman, actuellement sous-directeur de la Cadev (Caritas-Développement Niger) du diocèse de Maradi, se prépare à prendre la relève d’Anne-Christelle Trolet, volontaire de la DCC, actuellement en charge.

Pour mettre cette collaboration sous le regard du Dieu unique, les responsables des deux diocèses ont composé une prière commune « pour les rencontres des membres de la Cadev-Niger » : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux… Nous te rendons grâce pour l’Honneur de ton Nom. Nous voici, réunis entre croyants, dans le respect de nos chemins particuliers. Nous voici, disposés à servir les plus pauvres dans un esprit de gratuité… Bénis nos engagements, nos solidarités, nos actions et nos combats. Toi le Clément, le Miséricordieux, le Vivant pour les siècles des siècles. Amin. »
"Les musulmans nous connaissent et nous font confiance"

« Nous avons une audience et une influence qui dépasse notre nombre », reconnaît Mgr Cartatéguy. Des catholiques sont régulièrement invités à participer à des débats, ou à faire partie de commissions et de comités de réflexion. En 2003, l’évêque lui-même a été appelé comme « grand témoin » au processus de paix entre les partis politiques du Niger. Avec le président de la Cour constitutionnelle, le président de l’Association islamique du Niger et le sultan de l’Aïr (Agadez).

L’Église catholique a même obtenu de construire une petite église dans le village créé spécialement pour les récents Jeux de la francophonie, et qui doit maintenant accueillir toute une nouvelle population. « Les musulmans nous connaissent et nous font confiance, explique l’évêque de Niamey. Tout le monde sait que nous sommes au service de toute la population et que l’on peut se fier à notre parole. C’est le fruit de l’attitude de respect et d’ouverture des premiers missionnaires. »

Les conversions, elles, restent toujours rares, délicates et difficiles. Yahaya se souvient des réactions de rejet de son père et de sa famille lorsqu’il a rendu publique son intention de devenir chrétien. D’où l’importance pour les communautés chrétiennes, souvent dispersées et isolées, de se soutenir et de se conforter. Même s’ils sont très minoritaires, les catholiques nés au Niger sont de plus en plus intégrés. "Maintenant nous sommes d’ici, et nous devons être de plus en plus d’ici, insiste Mgr Cartatéguy."
La fête du “huitième jour”

C’est pourquoi, comme priorité pastorale, le diocèse recommande aux chrétiens d’être plus présents dans les sphères politiques et culturelles. C’est pourquoi nous souhaitons aussi prendre davantage en compte les coutumes des Nigériens, comme celle de la fête du “huitième jour”, où l’enfant nouveau-né est présenté à la communauté humaine du village ou du quartier. Cette fête est normalement présidée par un marabout. Nous essayons d’en faire une coutume chrétienne, en présence si possible d’un prêtre. »

Comment être autre chose qu’une ONG, efficace et disponible ? Comment faire l’équilibre entre se taire et parler, entre la parole provocatrice et l’annonce discrète, entre le prosélytisme agressif et l’évangélisation respectueuse ? L’évêque de Niamey ne s’interdit pas de lancer des appels et de dénoncer certaines plaies de la société (la corruption), surtout lorsqu’il sait que ses propos seront largement diffusés, comme à Noël. Mais il sait aussi, « qu’en milieu musulman, il faut durer. Seule la durée peut faire entrevoir la présence de l’Église.»

Il faisait ainsi écho au témoignage d’une Petite Sœur de Jésus qui confie : « Dans l’Église du Niger, le travail pour le développement est constitutif de l’évangélisation et de l’annonce du Royaume de Dieu. Dans le champ de Dieu, il faut être patient : le grain ne grandit pas en une nuit. Il faut savoir, pendant de longues années, vivre le temps des semailles ; le temps de la patience de l’amitié vécue avec les gens, avec nos frères d’islam. Il faut souvent beaucoup de temps pour devenir des amis, partager sa foi avec eux, s’estimer profondément. »

Bernard JOUANNO la Croix





FIDES AGENCY

AFRICA/NIGER
Catholic Church in Niger looks back on 75 years of service and good relations in this mainly Muslim country

Carte du Niger

Niamey (Fides Service) - In this new year 2006 the small Catholic Church in Niger with only two dioceses, is marking 75 years of service in this mainly Muslim country.

Bp. Michel  rightIn fact the people of Niger are 98% Muslim. The Christian faith was brought here by Christians who immigrated neighbouring countries, Benin, Burkina Faso, Bp. Ambroise in the middleeNigeria and Togo. Although Christians settled here, married and formed families, some people continue to regard Christianity as a religion foreign to local culture. Nevertheless Christians have built good relations with the authorities and the people in general. Church run schools and medical centres and initiatives to promote awareness of and respect for human dignity are much appreciated. In the past two years of serious food shortage Catholic feeding centres have played an essential part in distributing food aid to those in need.


Bp. Michel Cartatéguy
Bishop of Niamey

Bp. Ambroise Ouédraogo
Bishop of Maradi

 

Niger has an area of 1,267,000 sq. km and a population of 11,880,000. According to the Catholic Year Book there are 16,000 Catholics in Niger in two dioceses: Niamey diocese in the care of Bishop Michel Cartatéguy and Maradi diocese entrusted to Bishop Ambroise Ouedraogo. Parishes 17 served by 13 diocesan priests, 30 religious and 5 women religious and 246 catechists. The local Church runs 7 infant centres for 1,318 children, 11 elementary schools for 5,699 pupils, 2 middle schools 2,324 pupils and18 medical care centres (L.M.) (Agenzia Fides 9/1/2006 righe 25 parole 295)

The Missionaries of Africa in Niger