Nouvelles du 25-12- 2009
Texte Pris sur le site Zénith
Message de Noël de Benoît XVI + Messe de minuit : Homélie de Benoît XVI (ci-dessous)
ROME, Vendredi 25 décembre 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le message de Noël que le pape Benoît XVI a adressé au monde, aujourd'hui, à midi, depuis le balcon de la « loggia des bénédictions », en présence de plusieurs milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre, avant de donner sa bénédiction « urbi et orbi » (à la ville et au monde).
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Lever de soleil sur Rome et Castel Gondolfo
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La crèche 2009 sur la place St-Pierre
Comme le veut la tradition, chaque année, différentes régions d'Italie et d'Europe se relaient pour offrir l'arbre qui accueille les milliers de pèlerins qui passent place Saint-Pierre entre Noël et l'Epiphanie. Cette année, le sapin a été offert par la Région Wallonne de Belgique.
L'arbre a cent ans environ, mesure 30 mètres, a un diamètre de 7 mètres, et 2,65 m de circonférence, il pèse près de 14 tonnes. Des sculptures faites de ce bois seront vendues pour les pauvres.
* * *
Chers frères et surs de Rome et du monde entier,
et vous tous, hommes et femmes aimés du Seigneur !
« Lux fulgebit hodie super nos,
Quia natus est nobis Dominus.
- Aujourd'hui, sur nous, la lumière va resplendir,
car le Seigneur nous est né ».
(Missel romain, Nativité du Seigneur - Messe de l'Aurore, Antienne d'ouverture).
La liturgie de la Messe de l'Aurore nous a rappelé que, désormais, la nuit est passée, le jour est avancé ; la lumière qui émane de la grotte de Bethléem resplendit sur nous.
Toutefois la Bible et la Liturgie ne nous parlent pas de la lumière naturelle, mais d'une autre lumière, spéciale, de quelque façon dirigée et orientée vers un « nous », le même « nous » pour lequel l'Enfant de Bethléem « est né ». Ce « nous » c'est l'Église, la grande famille universelle des croyants dans le Christ, qui ont attendu avec espérance la nouvelle naissance du Sauveur et qui, aujourd'hui, célèbrent dans ce mystère l'actualité permanente de cet événement.
Au début, autour de la crèche de Bethléem, ce « nous » était presque invisible aux yeux des hommes. Comme nous le rapporte l'Évangile de saint Luc, il comprenait, en plus de Marie et de Joseph, quelques humbles bergers qui arrivèrent à la grotte, après avoir été avertis par les anges. La lumière du premier Noël fut comme un feu allumé dans la nuit. Autour tout était sombre, tandis que dans la grotte resplendissait « la vraie Lumière, qui éclaire tout homme » (Jn 1, 9). Toutefois tout se passa dans la simplicité et dans la discrétion, selon le style par lequel Dieu opère dans toute l'histoire du salut. Dieu aime allumer des lumières circonscrites, pour éclairer ensuite sur un vaste rayon. La Vérité, comme l'Amour, qui en sont le contenu, s'allument là où la lumière est accueillie, se répandant ensuite en cercles concentriques, presque par contact, dans les curs et dans les esprits de ceux qui, s'ouvrant librement à sa splendeur, deviennent à leur tour sources de lumière. C'est l'histoire de l'Église qui commence son cheminement dans la pauvre grotte de Bethléem, et qui, à travers les siècles, devient Peuple et source de lumière pour l'humanité. Aujourd'hui aussi, à travers ceux qui vont à la rencontre de l'Enfant, Dieu allume encore des feux dans la nuit du monde pour appeler les hommes à reconnaître en Jésus le « signe » de sa présence salvatrice et libératrice et élargir le « nous » des croyants dans le Christ à l'humanité tout entière.
Partout où il y a un « nous » qui accueille l'amour de Dieu, là resplendit la lumière du Christ, même dans les situations les plus difficiles. L'Église, comme la Vierge Marie, offre au monde Jésus, le Fils qu'elle-même a reçu en don, et qui est venu libérer l'homme de l'esclavage du péché. Comme Marie, l'Église n'a pas peur, car cet Enfant est sa force. Mais elle ne le garde pas pour elle : elle l'offre à tous ceux qui le cherchent d'un cur sincère, aux humbles de la terre et aux affligés, aux victimes de la violence, à ceux qui désirent ardemment le bien de la paix. Aujourd'hui aussi, pour la famille humaine profondément marquée par une grave crise économique, mais d'abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits, sous la forme du partage et de la fidélité à l'homme, l'Église répète avec les bergers : « Allons jusqu'à Bethléem » (Lc 2, 15), là nous trouverons notre espérance.
Le « nous » de l'Église vit là où Jésus est né, en Terre Sainte, pour inviter ses habitants à abandonner toute logique de violence et de vengeance et à s'engager avec une vigueur renouvelée et avec générosité sur le chemin d'une coexistence pacifique. Le « nous » de l'Église est présent dans les autres Pays du Moyen Orient. Comment ne pas penser à la situation tourmentée en Irak et à ce petit troupeau de chrétiens qui vit dans la Région ? Il souffre parfois de violences et d'injustices mais il est toujours disposé à donner sa propre contribution à l'édification de la cohabitation civile contraire à la logique du conflit et du refus du voisin. Le « nous » de l'Église opère au Sri Lanka, dans la Péninsule coréenne et aux Philippines, comme aussi en d'autres terres asiatiques, comme levain de réconciliation et de paix. Sur le continent africain, il ne cesse d'élever sa voix vers Dieu pour implorer la fin de toutes les exactions en République Démocratique du Congo. Il invite les habitants de la Guinée et du Niger au respect des droits de toute personne et au dialogue. À ceux de Madagascar, il demande de dépasser les divisions internes et de s'accueillir réciproquement. À tous, il rappelle qu'ils sont appelés à l'espérance, malgré les drames, les épreuves et les difficultés qui continuent de les affliger. En Europe et en Amérique septentrionale, le « nous » de l'Église incite à dépasser la mentalité égoïste et techniciste, à promouvoir le bien commun et à respecter les personnes plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées. Au Honduras, il aide à reprendre le chemin institutionnel. Dans toute l'Amérique Latine, le « nous » de l'Église est facteur identitaire, plénitude de vérité et de charité qu'aucune idéologie ne peut remplacer, appel au respect des droits inaliénables de toute personne et à son développement intégral, annonce de justice et de fraternité, source d'unité.
Fidèle au mandat de son Fondateur, l'Église est solidaire de ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes. Face à l'exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l'intolérance ou par la dégradation environnementale, l'Église est une présence qui appelle à l'accueil. En un mot, l'Église annonce partout l'Évangile du Christ malgré les persécutions, les discriminations, les attaques et l'indifférence, parfois hostile, qui - quoi qu'il en soit - lui permettent de partager le sort de son Maître et Seigneur.
Chers frères et surs, quel grand don de faire partie d'une communion qui est pour tous ! C'est la communion de la Sainte Trinité, du cur de laquelle l'Emmanuel, Jésus, Dieu-avec-nous, est descendu dans le monde. Comme les bergers de Bethléem, contemplons pleins d'émerveillement et de gratitude ce mystère d'amour et de lumière ! Joyeux Noël à tous !
Messe de minuit : Homélie de Benoît XVI
ROME, Jeudi 24 décembre 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie du pape Benoît XVI prononcée lors de la messe de minuit, en la basilique vaticane.
Chers Frères et Surs,
«Un enfant nous est né, un fils nous a été donné » (Is 9, 5). Ce qu'Isaïe, regardant de loin vers l'avenir, dit à Israël comme consolation dans ses angoisses et dans l'obscurité, l'Ange, nimbé de lumière, l'annonce aux bergers comme présent : « Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur » (Lc 2, 11). Le Seigneur est présent. À partir de ce moment, Dieu est vraiment un « Dieu avec nous ». Il n'est plus le Dieu lointain qui, à travers la création et au moyen de la conscience, peut de quelque façon être entrevu de loin. Il est entré dans le monde. Il est le Proche. Le Christ ressuscité l'a dit aux siens, à nous : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20). Pour vous est né le Sauveur : ce que l'Ange a annoncé aux bergers, Dieu aujourd'hui nous le rappelle par l'Évangile et par ses messagers. C'est une nouvelle qui ne peut nous laisser indifférents. Si elle est vraie, tout est changé. Si elle est vraie, elle me concerne moi aussi. Alors, comme les bergers, je dois dire moi aussi : Allez, je veux aller à Bethléem et voir la Parole qui, là, est advenue. L'Évangile ne nous raconte pas sans raison l'histoire des bergers. Ces derniers nous montrent comment répondre de façon juste à ce message qui nous est aussi adressé. Que nous disent alors ces premiers témoins de l'incarnation de Dieu ?
Des bergers, il est dit avant tout qu'ils étaient des personnes vigilantes et que le message pouvait les rejoindre précisément parce qu'ils étaient éveillés. Nous devons nous réveiller, parce que le message est arrivé jusqu'à nous. Nous devons devenir des personnes vraiment vigilantes. Qu'est-ce que cela signifie ? La différence entre celui qui rêve et celui qui est éveillé consiste tout d'abord dans le fait que celui rêve se trouve dans un monde particulier. Avec son moi, il est enfermé dans ce monde du rêve qui, justement, n'est que le sien et ne le relie pas aux autres. Se réveiller signifie sortir de cet état particulier du moi et entrer dans la réalité commune, dans la vérité qui, seule, nous unit tous. Les conflits dans le monde, les difficultés relationnelles proviennent du fait que nous sommes enfermés dans nos propres intérêts et dans nos opinions personnelles, dans notre minuscule monde intérieur. L'égoïsme, celui du groupe comme celui de l'individu, nous tient prisonnier de nos intérêts et de nos désirs, qui s'opposent à la vérité et nous séparent les uns des autres. Réveillez-vous, nous dit l'Évangile. Venez dehors pour entrer dans la grande vérité commune, dans la communion de l'unique Dieu. Se réveiller signifie ainsi développer sa sensibilité pour Dieu, pour les signes silencieux par lesquels il veut nous guider, pour les multiples indices de sa présence. Il y a des personnes qui disent être « religieusement privées d'oreille musicale ». L'aptitude à percevoir Dieu semble presque un don qui est refusé à certains. Et en effet - notre manière de penser et d'agir, la mentalité du monde contemporain, l'éventail de nos diverses expériences sont de nature à affaiblir la sensibilité à Dieu, à nous « priver d'oreille musicale » pour Lui. Et pourtant dans toute âme est présente, de façon cachée ou ouverte, l'attente de Dieu, la capacité de le rencontrer. Pour obtenir cette vigilance, cet éveil à l'essentiel, nous voulons prier, pour nous-mêmes et pour les autres, pour ceux qui semblent être « privés d'oreille musicale » et chez qui, cependant, le désir que Dieu se manifeste est vif. Le grand théologien Origène a dit : si j'avais eu la grâce de voir comme a vu Paul, je pourrais à présent (durant la Liturgie) contempler une multitude d'anges (cf. in Lc 23, 9). En effet - dans la sainte Liturgie, les anges de Dieu et les saints nous entourent. Le Seigneur lui-même est présent au milieu de nous. Seigneur, ouvre les yeux de nos curs, afin que nous devenions vigilants et voyants et qu'ainsi nous puissions aussi porter ta proximité aux autres.
Revenons à l'Évangile de Noël. Celui-ci nous raconte que les bergers, après avoir entendu le message de l'ange, se dirent l'un à l'autre : « Allons jusqu'à Bethléem ... Ils y allèrent, sans délai » (Lc 2, 15ss). « Il se hâtèrent » dit littéralement le texte grec. Ce qui leur avait été annoncé était si important qu'ils devaient se mettre en route immédiatement. En effet, ce qui leur avait été dit là, allait absolument au-delà de l'ordinaire. Cela changeait le monde. Le Sauveur est né. Le Fils de David attendu est venu au monde dans sa ville. Que pouvait-il y avoir de plus important ? Bien sûr, la curiosité les poussait aussi, mais par-dessus tout la fébrilité liée à la grande réalité qui leur avait été communiquée précisément à eux, des petits et des hommes apparemment insignifiants. Ils se pressèrent - sans hésitation. Dans notre vie ordinaire, il n'en va pas ainsi. La majorité des hommes ne considère pas comme prioritaires les affaires de Dieu, celles-ci ne nous pressent pas immédiatement. Et nous aussi, pour l'immense majorité, nous sommes disposés à les renvoyer à plus tard. Avant tout nous faisons ce qui, ici et maintenant, apparaît urgent. Dans la liste des priorités, Dieu se retrouve souvent presqu'à la dernière place. Il sera toujours temps - pense-t-on - de s'en préoccuper. L'Évangile nous dit : Dieu a la plus grande priorité. Si quelque chose dans notre vie mérite urgence, c'est, alors, seulement la cause de Dieu. Une maxime de la Règle de saint Benoît dit : « Ne rien placer avant l'uvre de Dieu (c'est-à-dire avant l'office divin) ». La Liturgie est, pour les moines, la priorité première. Tout le reste vient après. Toutefois, au fond, cette phrase vaut pour chaque homme. Dieu est important, il est dans l'absolu la réalité la plus importante de notre vie. C'est précisément cette priorité que nous enseignent les bergers. Nous voulons apprendre d'eux à ne pas nous laisser écraser par toutes les choses urgentes de la vie quotidienne. Nous voulons apprendre d'eux la liberté intérieure de mettre au second plan les autres occupations - pour importantes qu'elles soient - pour nous approcher de Dieu, pour le laisser entrer dans notre vie et dans notre temps. Le temps consacré à Dieu et, à partir de Lui, à notre prochain n'est jamais du temps perdu. C'est le temps dans lequel nous vivons vraiment, dans lequel nous vivons en tant que personnes humaines.
Certains commentateurs font remarquer que ce sont, en premier lieu, les bergers, les âmes simples qui sont venus auprès de Jésus dans la crèche et qui ont pu rencontrer le Rédempteur du monde. Les sages venus d'Orient, les représentants de ceux qui ont rang et renommée, viendront beaucoup plus tard. Les commentateurs ajoutent : ceci va de soi. Les bergers, en effet, habitaient à côté. Ceux-ci n'avaient qu'à « traverser » (cf. Lc 2, 15) comme on parcourt une courte distance pour se rendre chez les voisins. Les savants, en revanche, habitaient loin. Ceux-ci devaient parcourir un chemin long et difficile, pour arriver à Bethléem. Et ils avaient besoin d'un guide et d'indication. Eh bien, aujourd'hui encore, existent des âmes simples et humbles qui demeurent toutes proches du Seigneur. Celles-ci sont, pour ainsi dire, ses voisins et peuvent facilement aller chez Lui. Mais la majeure partie de nous, hommes modernes, vit loin de Jésus Christ, de Celui qui s'est fait homme, du Dieu venu au milieu de nous. Nous vivons dans les réflexions, dans les affaires et dans les occupations qui nous absorbent entièrement et depuis lesquelles le chemin vers la crèche est très long. De multiples manières, Dieu doit sans cesse nous pousser et nous aider, afin que nous puissions sortir de l'enchevêtrement de nos pensées et de nos engagements et trouver le chemin qui va vers Lui. Mais pour tous, il y a un chemin. Pour tous, le Seigneur dispose des signes adaptés à chacun. Il nous appelle tous, pour que nous aussi puissions dire : Allons, « traversons », allons jusqu'à Bethléem - vers ce Dieu, qui est venu à notre rencontre. Oui, Dieu s'est mis en chemin vers nous. De nous-mêmes, nous ne pourrions le rejoindre. Le chemin dépasse nos forces. Mais Dieu est descendu. Il vient à notre rencontre. Il a parcouru la plus grande partie du chemin. Maintenant, il nous demande : Venez et voyez combien je vous aime. Venez et voyez que je suis ici. Transeamus usque Bethleem, dit la Bible latine. Allons ! Dépassons-nous nous-mêmes ! Faisons-nous, de mille manières, voyageurs vers Dieu en étant intérieurement en route vers Lui. Mais aussi par des chemins très concrets - dans la Liturgie de l'Église, dans le service du prochain, où le Christ m'attend.
Écoutons encore une fois directement l'Évangile. Les bergers se dirent l'un à l'autre la raison pour laquelle ils se mettent en chemin : « Voyons ce qui est arrivé ». Littéralement, le texte grec dit : « Voyons cette Parole, qui, là, est advenue ». Oui, telle est la nouveauté de cette nuit : la Parole peut être contemplée. Puisqu'elle s'est faite chair. Ce Dieu dont on ne doit faire aucune image, parce que toute image ne pourrait que l'amoindrir, et même le déformer, ce Dieu s'est rendu, Lui-même, visible en Celui qui est sa véritable image, comme dit Paul (cf. 2 Co 4, 4 ; Col 1, 15). Dans la figure de Jésus Christ, dans toute sa vie et son agir, dans sa mort et dans sa résurrection, nous pouvons regarder la Parole de Dieu et donc le mystère du Dieu vivant Lui-même. Dieu est ainsi. L'ange avait dit aux bergers : « Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12 ; cf. 16). Le signe de Dieu, le signe qui est donné aux bergers et à nous, n'est pas un miracle bouleversant. Le signe de Dieu est son humilité. Le signe de Dieu est qu'Il se fait petit ; devient enfant ; se laisse toucher et sollicite notre amour. Comme nous désirerions, nous les hommes, un signe différent, un signe imposant, irréfutable du pouvoir de Dieu et de sa grandeur. Mais son signe nous invite à la foi et à l'amour, et en conséquence, nous donne l'espérance : ainsi est Dieu. Il possède le pouvoir et Il est la Bonté. Il nous invite à devenir semblables à Lui. Oui, nous devenons semblables à Dieu, si nous nous laissons façonner par ce signe ; si nous apprenons, nous-mêmes, l'humilité et ainsi la vraie grandeur ; si nous renonçons à la violence et ne recourrons qu'aux seules armes de la vérité et de l'amour. Origène, suivant une parole de Jean-Baptiste, a vu l'expression de l'essence du paganisme dans le symbole de la pierre : le paganisme est un manque de sensibilité, il signifie un cur de pierre qui est incapable d'aimer et de percevoir l'amour de Dieu. Origène dit des païens : « Privés de sentiment et de raison, ils se transforment en pierres et en bois » (in Lc 22,9). Le Christ veut, cependant, nous donner un cur de chair. Quand nous le voyons Lui, le Dieu qui est devenu enfant, notre cur s'ouvre. Dans la Liturgie de la Sainte Nuit, Dieu vient à nous en tant qu'homme, afin que nous devenions vraiment humains. Écoutons encore Origène : « En effet, à quoi bon pour toi que le Christ soit venu une fois dans la chair, s'Il ne venait pas jusqu'en ton âme ? Prions pour qu'il vienne quotidiennement à nous et que nous puissions dire : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi (Ga 2, 20) » (in Lc 22,3).
Oui, nous voulons prier pour cela au cours de cette Sainte Nuit. Seigneur Jésus Christ, toi qui es né à Bethléem, viens à nous ! Entre en moi, dans mon âme. Transforme-moi. Renouvelle-moi. Fais que moi et nous tous, de pierre et de bois, devenions des personnes vivantes, dans lesquelles ton amour se rende présent et le monde soit transformé.
site Zenith
Date: 2009-12-25
Benedict XVI's Christmas Vigil Homily and Holy Father's Christmas Message
"God Is Important, by Far the Most Important Thing in Our Lives"VATICAN CITY, DEC. 24, 2009 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of the homily Benedict XVI gave tonight at the Christmas Vigil Mass in the Vatican.
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Sunrise in Rome and Castel Gondolfo
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La crèche 2009 sur la place St-Pierre
Comme le veut la tradition, chaque année, différentes régions d'Italie et d'Europe se relaient pour offrir l'arbre qui accueille les milliers de pèlerins qui passent place Saint-Pierre entre Noël et l'Epiphanie. Cette année, le sapin a été offert par la Région Wallonne de Belgique.
L'arbre a cent ans environ, mesure 30 mètres, a un diamètre de 7 mètres, et 2,65 m de circonférence, il pèse près de 14 tonnes. Des sculptures faites de ce bois seront vendues pour les pauvres.* * *
Dear Brothers and Sisters!
"A child is born for us, a son is given to us" (Is 9:5). What Isaiah prophesied as he gazed into the future from afar, consoling Israel amid its trials and its darkness, is now proclaimed to the shepherds as a present reality by the Angel, from whom a cloud of light streams forth: "To you is born this day in the city of David a Saviour, who is Christ the Lord" (Lk 2:11). The Lord is here. From this moment, God is truly "God with us". No longer is he the distant God who can in some way be perceived from afar, in creation and in our own consciousness. He has entered the world. He is close to us. The words of the risen Christ to his followers are addressed also to us: "Lo, I am with you always, to the close of the age" (Mt 28:20). For you the Saviour is born: through the Gospel and those who proclaim it, God now reminds us of the message that the Angel announced to the shepherds. It is a message that cannot leave us indifferent. If it is true, it changes everything. If it is true, it also affects me. Like the shepherds, then, I too must say: Come on, I want to go to Bethlehem to see the Word that has occurred there. The story of the shepherds is included in the Gospel for a reason. They show us the right way to respond to the message that we too have received. What is it that these first witnesses of Gods incarnation have to tell us?
The first thing we are told about the shepherds is that they were on the watch -- they could hear the message precisely because they were awake. We must be awake, so that we can hear the message. We must become truly vigilant people. What does this mean? The principal difference between someone dreaming and someone awake is that the dreamer is in a world of his own. His "self" is locked into this dreamworld that is his alone and does not connect him with others. To wake up means to leave that private world of one's own and to enter the common reality, the truth that alone can unite all people. Conflict and lack of reconciliation in the world stem from the fact that we are locked into our own interests and opinions, into our own little private world. Selfishness, both individual and collective, makes us prisoners of our interests and our desires that stand against the truth and separate us from one another.
Awake, the Gospel tells us. Step outside, so as to enter the great communal truth, the communion of the one God. To awake, then, means to develop a receptivity for God: for the silent promptings with which he chooses to guide us; for the many indications of his presence. There are people who describe themselves as "religiously tone deaf". The gift of a capacity to perceive God seems as if it is withheld from some. And indeed -- our way of thinking and acting, the mentality of today's world, the whole range of our experience is inclined to deaden our receptivity for God, to make us "tone deaf" towards him. And yet in every soul, the desire for God, the capacity to encounter him, is present, whether in a hidden way or overtly. In order to arrive at this vigilance, this awakening to what is essential, we should pray for ourselves and for others, for those who appear "tone deaf" and yet in whom there is a keen desire for God to manifest himself. The great theologian Origen said this: if I had the grace to see as Paul saw, I could even now (during the Liturgy) contemplate a great host of angels (cf. in Lk 23:9). And indeed, in the sacred liturgy, we are surrounded by the angels of God and the saints. The Lord himself is present in our midst. Lord, open the eyes of our hearts, so that we may become vigilant and clear-sighted, in this way bringing you close to others as well!Let us return to the Christmas Gospel. It tells us that after listening to the Angel's message, the shepherds said one to another: "Let us go over to Bethlehem they went at once" (Lk 2:15f.). "They made haste" is literally what the Greek text says. What had been announced to them was so important that they had to go immediately. In fact, what had been said to them was utterly out of the ordinary. It changed the world. The Saviour is born. The long-awaited Son of David has come into the world in his own city. What could be more important? No doubt they were partly driven by curiosity, but first and foremost it was their excitement at the wonderful news that had been conveyed to them, of all people, to the little ones, to the seemingly unimportant. They made haste -- they went at once. In our daily life, it is not like that.
For most people, the things of God are not given priority, they do not impose themselves on us directly, and so the great majority of us tend to postpone them. First we do what seems urgent here and now. In the list of priorities God is often more or less at the end. We can always deal with that later, we tend to think. The Gospel tells us: God is the highest priority. If anything in our life deserves haste without delay, then, it is God's work alone. The Rule of Saint Benedict contains this teaching: "Place nothing at all before the work of God (i.e. the divine office)". For monks, the Liturgy is the first priority. Everything else comes later. In its essence, though, this saying applies to everyone. God is important, by far the most important thing in our lives. The shepherds teach us this priority. From them we should learn not to be crushed by all the pressing matters in our daily lives. From them we should learn the inner freedom to put other tasks in second place -- however important they may be -- so as to make our way towards God, to allow him into our lives and into our time. Time given to God and, in his name, to our neighbour is never time lost. It is the time when we are most truly alive, when we live our humanity to the full.
Some commentators point out that the shepherds, the simple souls, were the first to come to Jesus in the manger and to encounter the Redeemer of the world. The wise men from the East, representing those with social standing and fame, arrived much later. The commentators go on to say: this is quite natural. The shepherds lived nearby. They only needed to "come over" (cf. Lk 2:15), as we do when we go to visit our neighbours. The wise men, however, lived far away. They had to undertake a long and arduous journey in order to arrive in Bethlehem. And they needed guidance and direction. Today too there are simple and lowly souls who live very close to the Lord. They are, so to speak, his neighbours and they can easily go to see him. But most of us in the world today live far from Jesus Christ, the incarnate God who came to dwell amongst us.
We live our lives by philosophies, amid worldly affairs and occupations that totally absorb us and are a great distance from the manger. In all kinds of ways, God has to prod us and reach out to us again and again, so that we can manage to escape from the muddle of our thoughts and activities and discover the way that leads to him. But a path exists for all of us. The Lord provides everyone with tailor-made signals. He calls each one of us, so that we too can say: "Come on, let us go over to Bethlehem -- to the God who has come to meet us. Yes indeed, God has set out towards us. Left to ourselves we could not reach him. The path is too much for our strength. But God has come down. He comes towards us. He has travelled the longer part of the journey. Now he invites us: come and see how much I love you. Come and see that I am here. Transeamus usque Bethlehem, the Latin Bible says. Let us go there! Let us surpass ourselves! Let us journey towards God in all sorts of ways: along our interior path towards him, but also along very concrete paths the Liturgy of the Church, the service of our neighbour, in whom Christ awaits us.
Let us once again listen directly to the Gospel. The shepherds tell one another the reason why they are setting off: "Let us see this thing that has happened." Literally the Greek text says: "Let us see this Word that has occurred there." Yes indeed, such is the radical newness of this night: the Word can be seen. For it has become flesh. The God of whom no image may be made -- because any image would only diminish, or rather distort him -- this God has himself become visible in the One who is his true image, as Saint Paul puts it (cf. 2 Cor 4:4; Col 1:15). In the figure of Jesus Christ, in the whole of his life and ministry, in his dying and rising, we can see the Word of God and hence the mystery of the living God himself. This is what God is like.
The Angel had said to the shepherds: "This will be a sign for you: you will find a babe wrapped in swaddling clothes and lying in a manger" (Lk 2:12; cf. 2:16). Gods sign, the sign given to the shepherds and to us, is not an astonishing miracle. Gods sign is his humility. Gods sign is that he makes himself small; he becomes a child; he lets us touch him and he asks for our love. How we would prefer a different sign, an imposing, irresistible sign of Gods power and greatness! But his sign summons us to faith and love, and thus it gives us hope: this is what God is like. He has power, he is Goodness itself. He invites us to become like him. Yes indeed, we become like God if we allow ourselves to be shaped by this sign; if we ourselves learn humility and hence true greatness; if we renounce violence and use only the weapons of truth and love.
Origen, taking up one of John the Baptists sayings, saw the essence of paganism expressed in the symbol of stones: paganism is a lack of feeling, it means a heart of stone that is incapable of loving and perceiving Gods love. Origen says of the pagans: "Lacking feeling and reason, they are transformed into stones and wood" (in Lk 22:9). Christ, though, wishes to give us a heart of flesh. When we see him, the God who became a child, our hearts are opened. In the Liturgy of the holy night, God comes to us as man, so that we might become truly human. Let us listen once again to Origen: "Indeed, what use would it be to you that Christ once came in the flesh if he did not enter your soul? Let us pray that he may come to us each day, that we may be able to say: I live, yet it is no longer I that live, but Christ lives in me (Gal 2:20)" (in Lk 22:3).
Yes indeed, that is what we should pray for on this Holy Night. Lord Jesus Christ, born in Bethlehem, come to us! Enter within me, within my soul. Transform me. Renew me. Change me, change us all from stone and wood into living people, in whom your love is made present and the world is transformed. Amen.
Holy Father's Christmas Message
"God Still Kindles Fires in the Night of the World"VATICAN CITY, DEC. 25, 2009 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's Christmas message, which he gave today at noon from the balcony of St. Peter's Basilica.
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Dear Brothers and Sisters in Rome and throughout the world,
and all men and women, whom the Lord loves!"Lux fulgebit hodie super nos,
quia natus est nobis Dominus.A light will shine on us this day,
the Lord is born for us"(Roman Missal, Christmas, Entrance Antiphon for the Mass at Dawn)
The liturgy of the Mass at Dawn reminded us that the night is now past, the day has begun; the light radiating from the cave of Bethlehem shines upon us.
The Bible and the Liturgy do not, however, speak to us about a natural light, but a different, special light, which is somehow directed to and focused upon "us", the same "us" for whom the Child of Bethlehem "is born". This "us" is the Church, the great universal family of those who believe in Christ, who have awaited in hope the new birth of the Saviour, and who today celebrate in mystery the perennial significance of this event.
At first, beside the manger in Bethlehem, that "us" was almost imperceptible to human eyes. As the Gospel of Saint Luke recounts, it included, in addition to Mary and Joseph, a few lowly shepherds who came to the cave after hearing the message of the Angels. The light of that first Christmas was like a fire kindled in the night. All about there was darkness, while in the cave there shone the true light "that enlightens every man" (Jn 1:9). And yet all this took place in simplicity and hiddenness, in the way that God works in all of salvation history. God loves to light little lights, so as then to illuminate vast spaces. Truth, and Love, which are its content, are kindled wherever the light is welcomed; they then radiate in concentric circles, as if by contact, in the hearts and minds of all those who, by opening themselves freely to its splendour, themselves become sources of light. Such is the history of the Church: she began her journey in the lowly cave of Bethlehem, and down the centuries she has become a People and a source of light for humanity. Today too, in those who encounter that Child, God still kindles fires in the night of the world, calling men and women everywhere to acknowledge in Jesus the "sign" of his saving and liberating presence and to extend the "us" of those who believe in Christ to the whole of mankind.
Wherever there is an "us" which welcomes God's love, there the light of Christ shines forth, even in the most difficult situations. The Church, like the Virgin Mary, offers the world Jesus, the Son, whom she herself has received as a gift, the One who came to set mankind free from the slavery of sin. Like Mary, the Church does not fear, for that Child is her strength. But she does not keep him for herself: she offers him to all those who seek him with a sincere heart, to the earth's lowly and afflicted, to the victims of violence, and to all who yearn for peace. Today too, on behalf of a human family profoundly affected by a grave financial crisis, yet even more by a moral crisis, and by the painful wounds of wars and conflicts, the Church, in faithful solidarity with mankind, repeats with the shepherds: "Let us go to Bethlehem" (Lk 2:15), for there we shall find our hope.
The "us" of the Church is alive in the place where Jesus was born, in the Holy Land, inviting its people to abandon every logic of violence and vengeance, and to engage with renewed vigour and generosity in the process which leads to peaceful coexistence. The "us" of the Church is present in the other countries of the Middle East. How can we forget the troubled situation in Iraq and the "little flock" of Christians which lives in the region? At times it is subject to violence and injustice, but it remains determined to make its own contribution to the building of a society opposed to the logic of conflict and the rejection of one's neighbour. The "us" of the Church is active in Sri Lanka, in the Korean peninsula and in the Philippines, as well as in the other countries of Asia, as a leaven of reconciliation and peace. On the continent of Africa she does not cease to lift her voice to God, imploring an end to every injustice in the Democratic Republic of Congo; she invites the citizens of Guinea and Niger to respect for the rights of every person and to dialogue; she begs those of Madagascar to overcome their internal divisions and to be mutually accepting; and she reminds all men and women that they are called to hope, despite the tragedies, trials and difficulties which still afflict them. In Europe and North America, the "us" of the Church urges people to leave behind the selfish and technicist mentality, to advance the common good and to show respect for the persons who are most defenceless, starting with the unborn. In Honduras she is assisting in process of rebuilding institutions; throughout Latin America, the "us" of the Church is a source of identity, a fullness of truth and of charity which no ideology can replace, a summons to respect for the inalienable rights of each person and his or her integral development, a proclamation of justice and fraternity, a source of unity.
In fidelity to the mandate of her Founder, the Church shows solidarity with the victims of natural disasters and poverty, even within opulent societies. In the face of the exodus of all those who migrate from their homelands and are driven away by hunger, intolerance or environmental degradation, the Church is a presence calling others to an attitude of acceptance and welcome. In a word, the Church everywhere proclaims the Gospel of Christ, despite persecutions, discriminations, attacks and at times hostile indifference. These, in fact, enable her to share the lot of her Master and Lord.
Dear Brothers and Sisters, how great a gift it is to be part of a communion which is open to everyone! It is the communion of the Most Holy Trinity, from whose heart Emmanuel, Jesus, "God with us", came into the world. Like the shepherds of Bethlehem, let us contemplate, filled with wonder and gratitude, this mystery of love and light! Happy Christmas to all!