Missionnaires d'Afrique
Province Afrique Centrale (PAC) BUKAVU

..................................................................Photo Google , gros plan sur le centre de formation de la ruzizi
Waly Neven M.Afr.

R.D.CONGO BUKAVU
LE CENTRE DE FORMATION MISSIONNAIRE
NOTRE-DAME D’AFRIQUE
LA RUZIZI, BUKAVU

Une maison pas comme les autres ! Et pourquoi donc ? Mais tout simplement parce qu’elle a été la première maison ouverte par décision du Conseil général pour accueillir les jeunes Africains désireux de mettre leurs pas dans ceux du Cardinal Lavigerie.

Jusqu’en 1978, il faut le reconnaître, on bricolait. À un jeune qui manifestait le désir de devenir missionnaire, on disait : « Va au Grand Séminaire et puis on verra pour le noviciat ! ». Mais bien souvent on ne voyait plus rien. Au Chapitre de 74 nos confrères africains ont frappé du poing sur la table -j’ose le dire - et ont mis la Société en demeure de faire quelque chose pour un accueil et un encadrement sérieux des vocations africaines. En 1978, la Société ouvrait une maison dans une paroisse de l’Ituri, Bambumines. Elle a fonctionné trois ans, suffisamment pour se rendre compte que cette maison n’était pas très centrale pour accueillir des candidats d’Afrique centrale : Congo, Rwanda et Burundi.

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La décision fut prise alors de chercher quelque chose à Bukavu. La Providence nous a offert - pas pour rien, il faut en convenir - une superbe propriété sise au bord du lac Kivu, toute proche du déversoir qui devient la rivière Ruzizi. Il a fallu adapter les bâtiments existants et en construire d’autres pour que la maison soit rendue fonctionnelle. Le P. Gripe­koven et son équipe ont couronné leur travail par la construction d’une jolie chapelle circulaire. Par après, et suite à l’augmentation sensible des candidats en formation, il a fallu agrandir encore. C’est le P. Jean-Paul Laflamme qui nous a laissé un bâtiment très fonctionnel de douze chambres individuelles, le Vatican. Nous devons aussi à Jean-Paul cette belle et vaste salle de récréation si utile en bien des circonstances. Aujourd’hui, la Ruzizi dispose de toutes les infrastructures nécessaires au fonctionnement de la maison de formation et aussi du Consortium dont il faut maintenant vous dire un mot.

De l’autarcie à la synergie
Dans ses premières années la Ruzizi a fonctionné comme maison de philosophie indépendante, c’est-à-dire qu’elle fonctionnait pour les seuls PB, avec des PB seulement comme professeurs. Mais assez vite, les Pères Xavériens, les Pères Baranabites et les Rogationistes sont venus frapper à la porte de notre séminaire pour pouvoir y envoyer leurs étudiants en philosophie. Sise tout juste à la frontière avec le Rwanda, la maison était idéale pour les instituts religieux qui y avaient leurs maisons de formation. De fil en aiguille, les différents instituts ont donné des professeurs. Mais les PB restaient maîtres du jeu jusqu’au jour où une réflexion sérieuse fut amorcée avec les Pères Carmes qui projetaient d’ouvrir leur propre philosophicum. Tout le monde s’est aperçu qu’on serait bien plus fort en s’unissant. Cette synergie a débouché sur la création, en 2004, du Philosophat Isidore Bakanja, du nom d’un saint martyr de la foi canonisé par Jean Paul II. Le PIB avait démarré ! Très vite il s’est fixé des objectifs académiques permettant d’obtenir un jour la reconnaissance officielle des autorités congolaises et d’obtenir le statut d’institut supérieur et universitaire de philosophie et de sciences humaines. La présence du PIB à Bukavu lui a permis de recruter d’excellents professeurs laïcs dont la ville de Bukavu regorge.

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Aujourd’hui, le PIB est sur le point d’obtenir sa reconnaissance officielle par le Ministère congolais de l’Enseignement supérieur. Une telle procédure requiert beaucoup de démarches et surtout la constitution d’un dossier bien solide et complet. Il faut rendre hommage à notre confrère Bob Tebri pour sa ténacité et sa compétence dans la manière de mener à bien ces délicates négociations. Le recteur du PIB est un Carme OCD qui a le titre de docteur en philosophie.

Chaque institut religieux fournit des professeurs et l’éventail des cours offerts aux quelque cent et plus étudiants est assez impressionnant. 64 cours sont offerts aux étudiants répartis sur trois années. Les études sont couronnées par un travail de fin de cycle (TFC) défendu publiquement si le travail répond aux normes assez strictes imposées par le PIB.

Le corps professoral est composé de dix professeurs laïcs, dix-neuf professeurs religieux dont une religieuse congolaise. Les infrastructures sont réparties sur deux sites, notre maison de la Ruzizi et celle des Carmes en ville.

Quelques chiffres
Une présentation qui se veut complète doit sacrifier au rite des statistiques. La Ruzizi a accueilli depuis 1978 quelque 415 étudiants en provenance du Congo, du Rwanda et du Burundi. Même si tous ne sont pas devenus membres à part entière de la Société - tant s’en faut ! -, on constate un grand attachement de beaucoup d’anciens à leur maison de philosophie. Le secrétariat administratif de la maison généralice serait mieux placé que moi pour faire la liste de tous les confrères qui sont passés dans cette maison pour y donner le meilleur d’eux-mêmes comme professeurs et formateurs.

De mémoire, je puis cependant évoquer 7 recteurs ; le dernier, qui prépare un doctorat en éducation à Rome est le P. Bob Tebri, du Ghana. Son successeur est le P. Apollinaire Chishugi, Congolais de Bukavu, qui achève son mandat à la Maison Lavigerie de Ouagadougou en même temps qu’un doctorat en philosophie dans une des universités de cette ville.

Un peu d’histoire
Il serait bien étonnant que la Ruzizi n’ait pas connu ou n’ait pas eu à souffrir de l’histoire mouvementée du Congo et du Rwanda voisin. Les guerres de libération et d’occupation n’ont heureusement pas laissé de trace dans la maison. Aucune victime non plus. Rien n’a été détruit. Peur, inquiétude, fuite, afflux de réfugiés, année blanche, tout cela c’est maintenant du passé et nous vivons dans la sécurité ayant à faire face, comme tout le Congo, à la vie chère et à tant de maux endémiques qui ne se guérissent pas en un jour. Notre site de la Ruzizi n’a rien perdu de sa beauté et de son attrait. Beaucoup de petits groupes de la ville viennent y chercher calme et ressourcement.

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La Ruzizi est bien reconnue dans le quartier : messe dominicale animée par une très bonne chorale du quartier. Nos fêtes avec la chorale, la shirika (communauté ecclésiale de base), les pauvres que nous visitons, les handicapés que nous encadrons à Heri-Kwetu et qui sont reçus ici à la saison des goyaves. Notons aussi la fête des familles de nos onze employés, l’apostolat de nos quatre équipes d’étudiants : catéchèse, célébration dominicale avec les enfants, visite des pauvres du quartier Kérédi, des handicapés de Heri-Kwetu, des malades de l’hôpital général de Bukavu... Tout cela assure un rayonnement de qualité à notre centre de formation missionnaire de la Ruzizi.

Venez nous voir
Mais oui, venez nous voir. Nous vous conduirons à Nyangezi, en pèlerinage, sur la colline de Lukananda où l’archidiocèse est en train d’aménager le sanctuaire du centenaire. Peut-être, un jour, les restes de notre confrère Joseph Van der Haeghe, premier missionnaire du Kivu, y reposeront-ils ? Oui, venez partager quelques heures de notre vie à la Ruzizi, dans notre jolie chapelle où nous célébrons de belles liturgies en français, swahili et anglais, sans parler du réfectoire où vous découvrirez une jeunesse pleine de vie et riche en décibels. Vous pourrez aussi vous baigner en toute sécurité ; les crocodiles ne remontent pas la Ruzizi ! Vous pourrez aussi admirer la très belle cathédrale de Bukavu qui domine à peu près toutes les ravissantes baies du lac Kivu… et enfin vous pourrez aller vous recueillir sur les tombes des vaillants pasteurs que l’Église a donnés à son peuple pour traverser les dures épreuves de ces dernières années.

Désormais la Ruzizi et le PIB font partie du paysage de Bukavu. Tout récemment le P. Benno Baumeister, Provincial, a eu l’occasion de présenter le projet PIB à la Conférence régionale des évêques du Kivu. Nous avons désormais pignon sur rue. Mais notre plus grande joie restera toujours d’accueillir nos jeunes confrères congolais, anciens de la Ruzizi, qui reviennent chez eux en congé après un ou deux termes passés ailleurs en Afrique et qui se souviennent de leur Alma Mater.

Waly Neven

Tiré du Petit Echo N° 995 2008/9

 


 

Missionaries of Africa
Province Afrique Centrale
..................................................................Photo Google , gros plan sur le centre de formation de la ruzizi

Waly Neven M.Afr.

PAC D.R.CONGO BUKAVU
OUR LADY OF AFRICA
MISSIONARY FORMATION CENTRE
LA RUZIZI, BUKAVU

A house unlike any other! Now, why would that be? The answer is simple: it is the first house opened following the General Council’s decision to receive young Africans seeking to follow in the footsteps of Cardinal Lavigerie.
Admittedly, up till 1978, we were just dabbling. To any youngster who showed interest in becoming a missionary, we said, ‘Go to the major seminary and then we will see for the novitiate.’ However, as a result, we never saw them again.

In the 1974 Chapter, our African confreres thumped the table - I hazard to say loudly - and gave formal notice to the Society to do something for the proper reception and management of African vocations. In 1978, the Society opened a house in Bambumines, a parish of Ituri. It functioned for three years, enough to realise that this house was not very central for the reception of candidates from central Africa: Congo, Rwanda and Burundi.

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The decision was then taken to look for something at Bukavu. Providentially, but naturally not for nothing, we were offered a superb site on the shores of Lake Kivu, very near the overspill that becomes the River Ruzizi. The existing buildings had to be adapted and others put up to make the house serviceable. Fr Gripekoven and his team crowned their work with the construction of a pretty little circular chapel. Subsequently, and with the substantial increase in candidates in Formation, it had to be further extended. Fr Jean-Paul Laflamme left us a very practical building of twelve individual rooms, the Vatican. We also owe to Jean-Paul a fine roomy recreation hall, which has been so useful on many occasions. Today, the Ruzizi has all the necessary infrastructure for its functioning as a Formation House and for the Consortium, about which we will now say a word.

From self-sufficiency to synergy
In its first years, La Ruzizi functioned as an independent house of philosophy, i.e., it was only for WFs with only WFs as profs. However, very early on, the Xaverians, the Barnabites and the Rogationists came knocking on our seminary doors to admit their philosophy students. Situated just on the border with Rwanda, the house was ideal for Institutes that had their Formation Houses there. One thing led to another and the various Institutes provided teaching staff. However, the WFs remained in charge. One day, the Carmelites led a think-tank on the prospect of opening their own philosophy house. Everyone realised that there is strength in numbers. This synergy resulted in 2004 in the creation of the Isidore Bakanja Philsophy Centre (PIB), named after a martyr canonised by John Paul II. The Centre was launched! Very soon, it fixed academic objectives enabling it to be credited sometime in the future with official recognition and to merit the status of a University Institute of Philosophy and Human Sciences. The existence of the PIB at Bukavu enabled it to take on excellent lay professorial staff, with which Bukavu is crammed.

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Today, the PIB is on the point of receiving official recognition by the Congolese Ministry for Higher Education. Such a procedure requires many steps to be taken and above all the establishing of a very sound and complete dossier. Our confrere Bob Tebri deserves praise for his tenacity and competence in the way he handled these delicate negations to good effect. The PIB Rector is a Carmelite OCD, and a PhD. Each Congregation provides its teaching staff and the range of courses offered to the hundred or so students is quite impressive. 64 courses are offered to students, spread over three years. Studies are rounded off by a final publicly defended assignment to see if it responds to the relatively strict norms imposed by the PIB. The professorial staff is composed of ten lay professors and nineteen Religious, including one Congolese Sister. The infrastructure is split between our house at La Ruzizi and the Carmelites in town.

Some figures
Any complete presentation must submit to the ritual of statistics. Since 1978, La Ruzizi has received 415 students from the Congo, Rwanda and Burundi. Even if all have not become full members of the Society - not by a long shot – we have noticed a deep attachment on the part of many of our former students for their house of philosophy. The administrative secretariat at the Generalate would be better placed than I to list all the confreres who have passed through this house to give the best of themselves as professors and formators. From memory, however, I can mention 7 Rectors, the latest of whom is Fr Bob Tebri of Ghana, preparing a doctorate in education at Rome. His successor, Fr Apollinaire Chishugi from Bukavu, is coming to the end of his mandate at Ouagadougou’s Maison Lavigerie, as well as completing a doctorate in philosophy at one of the universities of the town.

A bit of background
It would be surprising if La Ruzizi had not experienced or had not had to suffer the troubled history of the Congo and neighbouring Rwanda. Happily, the wars of liberation and occupation have not left their mark on the house, or caused victims; nothing was destroyed. Fear, worry, flight, influx of refugees, the blank year, all this is now part of the past and we live in safety. All we face, as everywhere else in the Congo, is the high cost of living and many endemic evils that do not heal in a day. Our location at La Ruzizi has lost nothing of its beauty and magnetism. Many small groups from the town come here looking for peace and renewal.

La Ruzizi is well known in the neighbourhood. We have a Sunday Mass conducted by a very good choir from the locality. We have celebrations with the choir, the shirika (small Christian community), the poor we visit, the people with disabilities that we support at Heri-Kwetu and that are given hospitality during the guava season. Important also are the family celebrations of the families of our eleven employees, the apostolate of our four teams of students: catechesis, children’s Sunday service, visiting the poor of the Kérédi district, the people with disabilities at Heri-Kwetu, and visits to the sick at Bukavu General Hospital. All this provides a high standard of outreach programmes at our Missionary Formation Centre at La Ruzizi. Of course, you are welcome to visit us

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We will take you on a pilgrimage to Nyangezi, on the hill of Lukananda, where the Archdiocese is in the process of establishing the Centenary Shrine. One day, perhaps, the remains of our confrere Joseph Van der Haeghe, the first missionary in Kivu, will lie there. Yes, come and share a few hours of our life at La Ruzizi, in our pretty little chapel, where we celebrate fine liturgies in French, Swahili and English, not forgetting our dining-room, where you will meet our young people full of life and high in decibels. You will also be able to swim in peace; crocodiles do not come upstream to La Ruzizi. You will be able to admire the very fine cathedral of Bukavu that overlooks almost all the delightful bays of Lake Kivu. Finally, you may go to pay your respects at the graves of valiant pastors the Church gave to its people, while it went through the tough trials of these last few years.

From now on, La Ruzizi and the PIB are part of the scene at Bukavu. Just recently Fr Benno Baumeister, Provincial, had the occasion to present the PIB Project to the Regional Conference of Bishops of Kivu. We are now well-established. Nevertheless, our greatest joy will still be to welcome our young Congolese confreres, former students at

La Ruzizi, who return home on leave after one or two terms spent elsewhere in Africa and who remember their old Alma Mater.

Waly Neven

From Petit Echo n°995 2008/9