MESSAGE
DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE
DE LAPAIX

1er JANVIER 2006

DANS LA VÉRITÉ, LA PAIX

1. Au commencement de la nouvelle année, par le traditionnel Message pour la Journée mondiale de la Paix, je désire adresser des vœux affectueux à tous les hommes et à toutes les femmes du monde, particulièrement aux personnes qui souffrent en raison de la violence et des conflits armés. Ce sont des vœux pleins d'espérance pour un monde plus serein, où augmentera le nombre des personnes qui, individuellement ou collectivement, s'engageront à parcourir les chemins de la justice et de la paix.

2. Je voudrais d'abord rendre un sincère hommage de gratitude à mes Prédécesseurs, les grands Papes Paul VI et Jean-Paul II, artisans de paix éclairés. Animés de l'esprit des Béatitudes, ils ont su lire dans les nombreux événements de l'histoire qui ont marqué leurs Pontificats respectifs l'intervention providentielle de Dieu, qui n'oublie jamais les destinées du genre humain. À plusieurs reprises, en infatigables messagers de l'Évangile, ils ont invité chaque personne à repartir de Dieu afin de pouvoir promouvoir une cohabitation pacifique dans toutes les régions de la terre. Mon premier Message pour la Journée mondiale de la Paix se situe dans le sillage de ce très noble enseignement: par ce message, je désire encore une fois confirmer la ferme volonté du Saint-Siège de continuer à servir la cause de la paix. Le nom même de Benoît, que j'ai choisi le jour de mon élection au Siège de Pierre, indique mon engagement déterminé en faveur de la paix. J'ai ainsi voulu me référer à la fois au Saint Patron de l'Europe, inspirateur d'une civilisation pacificatrice dans le continent tout entier, et au Pape Benoît XV, qui condamna la Première Guerre mondiale comme « un massacre inutile » (1) et qui a tout mis en œuvre pour que les raisons supérieures de la paix soient reconnues par tous.

3. Le thème de réflexion de cette année — « Dans la vérité, la paix » — exprime la conviction que, là où l'homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité et quand il le fait, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix. La Constitution pastorale Gaudium et spes du Concile œcuménique Vatican II, qui s'est achevé il y a 40 ans, affirme que l'humanité ne réussira à « édifier un monde réellement plus humain pour tous les hommes et partout sur terre que si tous se renouvellent intérieurement et se tournent vers la vérité de la paix ».(2) Mais quelle signification doit-on donner à l'expression « vérité de la paix »? Pour répondre de façon juste à cette question, il faut bien avoir en mémoire que la paix ne peut être réduite à une simple absence de conflits armés, mais il faut la comprendre comme « le fruit d'un ordre qui a été implanté dans la société humaine par son divin Fondateur », un ordre « qui doit être mené à la réalisation par des hommes aspirant sans cesse à une justice plus parfaite ».(3) En tant que résultat d'un ordre fixé et voulu par l'amour de Dieu, la paix possède sa vérité intrinsèque et invincible, et elle correspond « à une aspiration profonde et à une espérance qui vivent en nous de manière indestructible ».(4)

4. Définie de cette façon, la paix apparaît comme un don céleste et une grâce divine; à tous les niveaux, elle demande l'exercice de la plus grande responsabilité, à savoir de conformer dans la vérité, dans la justice, dans la liberté et dans l'amour, l'histoire humaine à l'ordre divin. Quand n'existe plus l'adhésion à l'ordre transcendant des choses, ni le respect de la « grammaire » du dialogue qu'est la loi morale universelle, écrite dans le cœur de l'homme,(5) quand sont entravés et empêchés le développement intégral de la personne et la sauvegarde de ses droits fondamentaux, quand de nombreux peuples sont contraints à subir des injustices et des inégalités intolérables, comment peut-on espérer en la réalisation du bien de la paix? En effet, manquent alors les éléments essentiels qui donnent forme à la vérité de ce bien. Saint Augustin a décrit la paix comme « tranquillitas ordinis »,(6) la tranquillité de l'ordre, c'est-à-dire la situation qui permet, en définitive, de respecter et de réaliser pleinement la vérité de l'homme.

5. Et alors, qui peut empêcher la réalisation de la paix et quelle chose peut l'empêcher? À ce propos, dans son premier livre, la Genèse, la Sainte Écriture met en évidence le mensonge, prononcé au commencement de l'histoire par l'être à la langue fourchue, qualifié par l'Évangéliste Jean de « père du mensonge » (Jn 8,44). Le mensonge est aussi un des péchés qu'évoque la Bible dans le dernier chapitre de son dernier Livre, l'Apocalypse, pour parler de l'exclusion des menteurs hors de la Jérusalem céleste: « Dehors ... tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge » (22,15). Au mensonge est lié le drame du péché avec ses conséquences perverses, qui ont causé et qui continuent à causer des effets dévastateurs dans la vie des individus et des nations. Il suffit de penser à ce qui s'est passé au siècle dernier, quand des systèmes idéologiques et politiques aberrants ont mystifié la vérité de façon programmée et ont conduit à l'exploitation et à la suppression d'un nombre impressionnant d'hommes et de femmes, exterminant même des familles et des communautés entières. Comment ne pas rester sérieusement préoccupés, après ces expériences, face aux mensonges de notre temps, qui sont comme le cadre de menaçants scénarios de mort dans de nombreuses régions du monde? La recherche authentique de la paix a son point de départ dans la conscience que le problème de la vérité et du mensonge concerne tout homme et toute femme, et qu'il se révèle décisif pour un avenir pacifique de notre planète.

6. La paix est une aspiration profonde et irrépressible, présente dans le cœur de toute personne, au-delà des identités culturelles spécifiques. C'est précisément pourquoi chacun doit se sentir engagé au service d'un bien si précieux, en travaillant pour qu'aucune forme de fausseté ne s'insinue et ne vienne perturber les relations. Tous les hommes appartiennent à une unique et même famille. La mise en avant exagérée de leurs différences contraste avec cette vérité fondamentale. Il faut retrouver la conscience d'avoir en commun une même destinée, en dernier ressort transcendante, pour pouvoir mettre en valeur au mieux les différences historiques et culturelles, sans s'opposer, mais en se concertant avec les personnes qui appartiennent aux autres cultures. Telles sont les simples vérités qui rendent la paix possible; elles deviennent facilement compréhensibles lorsqu'on écoute son cœur, avec une pureté d'intention. La paix apparaît alors sous un jour nouveau: non comme une simple absence de guerre, mais comme la convivialité des citoyens dans une société gouvernée par la justice, société dans laquelle se réalise aussi le bien pour chacun d'entre eux, autant que faire se peut. La vérité de la paix appelle tous les hommes à entretenir des relations fécondes et sincères; elle les encourage à rechercher et à parcourir les voies du pardon et de la réconciliation, à être transparents dans les discussions et fidèles à la parole donnée. En particulier, le disciple du Christ qui se sent assailli par le mal et qui de ce fait a besoin de l'intervention libératrice du divin Maître se tourne vers Lui avec confiance, sachant bien que ce dernier « n'a pas commis le péché; que dans sa bouche on n'a pu trouver de mensonge » (1 P 2,22; cf. Is 53, 9). En effet, Jésus s'est défini comme la Vérité en personne et, parlant dans une vision au voyant de l'Apocalypse, il a déclaré sa totale aversion pour « tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge » (Ap 22, 15). C'est Lui qui révèle la pleine vérité de l'homme et de l'histoire. C'est par la force de sa grâce qu'il est possible d'être dans la vérité et de vivre de la vérité, parce que Lui seul est totalement sincère et fidèle. Jésus est la vérité qui nous donne la paix.

7. La vérité de la paix doit avoir valeur en soi et faire valoir son reflet de lumière bénéfique même quand on se trouve dans la tragique situation de la guerre. Dans la Constitution pastorale Gaudium et spes, les Pères du Concile œcuménique Vatican II soulignent que « ce n'est pas parce qu'une guerre a malheureusement éclaté que du fait même tout devient licite entre parties adverses ».(7) La Communauté internationale s'est dotée d'un droit humanitaire international pour limiter au maximum, surtout pour les populations civiles, les conséquences dévastatrices de la guerre. En de multiples circonstances et de différentes manières, le Saint-Siège a exprimé son soutien à ce droit humanitaire, encourageant son respect et sa prompte mise en œuvre, convaincu que la vérité de la paix existe aussi dans la guerre. Le droit humanitaire international est à mettre au compte des expressions les plus heureuses et les plus efficaces des exigences qui émanent de la vérité de la paix. C'est justement pourquoi le respect de ce droit s'impose comme un devoir pour tous les peuples. Sa valeur doit être appréciée et il faut en garantir l'application correcte, en le renouvelant par des normes ponctuelles, capables de faire face aux scénarios changeants des conflits armés d'aujourd'hui, ainsi qu'à l'utilisation d'armements toujours nouveaux et plus sophistiqués.

8. Ma pensée reconnaissante va aux Organisations internationales et à toutes les personnes qui, par un effort permanent, travaillent à l'application du droit humanitaire international. Comment pourrais-je oublier ici les nombreux soldats engagés dans de délicates opérations de règlement des conflits et de rétablissement des conditions nécessaires à la réalisation de la paix? À eux aussi je désire rappeler les paroles du Concile Vatican II: « Ceux qui se vouent au service de la patrie et qui sont incorporés dans l'armée se considéreront eux aussi comme serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples, et, en s'acquittant correctement de cette tâche, ils contribuent vraiment à la consolidation de la paix ».(8) C'est dans ce domaine exigeant que se situe l'action pastorale des Ordinaires militaires de l'Église catholique: mes encouragements à demeurer, en toutes situations et en tous milieux, de fidèles évangélisateurs de la vérité de la paix vont aux Ordinaires militaires ainsi qu'aux aumôniers militaires.

9. Au jour d'aujourd'hui, la vérité de la paix continue d'être compromise et niée de façon dramatique par le terrorisme qui, par ses menaces et ses actes criminels, est en mesure de tenir le monde dans un état d'angoisse et d'insécurité. Mes Prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II sont intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer la terrible responsabilité des terroristes et pour condamner l'absurdité de leurs desseins de mort. Ces desseins, en effet, se révèlent être inspirés d'un nihilisme tragique et bouleversant que le Pape Jean- Paul II décrivait ainsi: « Celui qui tue par des actes terroristes nourrit des sentiments de mépris envers l'humanité, faisant preuve de désespérance face à la vie et à l'avenir: dans cette perspective, tout peut être haï et détruit ».(9) Non seulement le nihilisme, mais aussi le fanatisme religieux, souvent appelé aujourd'hui fondamentalisme, peuvent inspirer et alimenter des propos et des gestes terroristes. Pressentant depuis le commencement le danger explosif que le fondamentalisme fanatique représente, le Pape Jean-Paul II l'a durement stigmatisé, mettant en garde contre la prétention d'imposer par la violence, plutôt que de proposer à la libre décision d'autrui, ses convictions concernant la vérité. Il écrivait: « Prétendre imposer à d'autres par la violence ce que l'on considère comme la vérité signifie violer la dignité de l'être humain et, en définitive, outrager Dieu dont il est l'image ».(10)

10. À tout bien considérer, le nihilisme et le fondamentalisme ont un rapport erroné à la vérité: les nihilistes nient l'existence de toute vérité, les fondamentalistes ont la prétention de pouvoir l'imposer par la force. Tout en ayant des origines différentes et tout en étant des manifestations qui s'inscrivent dans des contextes culturels divers, le nihilisme et le fondamentalisme ont en commun un dangereux mépris pour l'homme et pour sa vie, et, en dernière analyse, pour Dieu lui-même. En effet, à la base de cette tragique issue commune il y a, en définitive, l'altération de la pleine vérité de Dieu: le nihilisme en nie l'existence et la présence providentielle dans l'histoire; le fondamentalisme fanatique en défigure le visage aimant et miséricordieux, Lui substituant des idoles faites à son image. Dans l'analyse des causes du phénomène contemporain du terrorisme, il est souhaitable que, en plus des raisons à caractère politique et social, on ait aussi présent à l'esprit ses plus profondes motivations culturelles, religieuses et idéologiques.

11. Devant les risques que l'humanité vit à notre époque, il est du devoir de tous les catholiques d'intensifier, dans toutes les parties du monde, l'annonce et le témoignage de « l'Évangile de la paix », proclamant que la reconnaissance de la pleine vérité de Dieu est la condition préalable et indispensable pour la consolidation de la vérité de la paix. Dieu est Amour qui sauve, Père aimant qui désire voir ses enfants se reconnaître entre eux comme des frères cherchant de manière responsable à mettre leurs différents talents au service du bien commun de la famille humaine. Dieu est source inépuisable de l'espérance qui donne sens à la vie personnelle et collective. Dieu, Dieu seul, rend efficace toute œuvre de bien et de paix. L'histoire a amplement démontré que faire la guerre à Dieu pour l'extirper du cœur des hommes conduit l'humanité, effrayée et appauvrie, vers des choix qui n'ont pas d'avenir. Cela doit encourager les croyants à se faire les témoins convaincus de Dieu, qui est inséparablement vérité et amour, en se mettant au service de la paix, dans une large collaboration œcuménique, ainsi qu'avec les autres religions et avec tous les hommes de bonne volonté.

12. Regardant le contexte mondial actuel, nous pouvons enregistrer avec plaisir quelques signes prometteurs sur le chemin de la construction de la paix. Je pense, par exemple, à la diminution numérique des conflits armés. Il s'agit certainement de pas encore très timides sur le sentier de la paix, mais déjà en mesure d'annoncer un avenir de plus grande sérénité, en particulier pour les populations martyrisées de la Palestine, la Terre de Jésus, et pour les habitants de certaines régions d'Afrique et d'Asie qui attendent depuis des années la conclusion positive des processus de pacification et de réconciliation en cours. Ce sont des signes réconfortants qui demandent à être confirmés et consolidés par une action unanime et infatigable, surtout de la part de la Communauté internationale et de ses Organismes, qui ont pour mission de prévenir les conflits et d'apporter une solution pacifique à ceux qui sont en cours.

13. Tout cela ne doit cependant pas inciter à un optimisme naïf. On ne peut, en effet, oublier que, malheureusement, se poursuivent encore de sanglants conflits fratricides et des guerres dévastatrices, qui sèment larmes et mort en de larges zones de la terre. Il y a des situations dans lesquelles le conflit, qui couve comme un feu sous la cendre, peut de nouveau éclater, causant des destructions d'une ampleur imprévisible. Les autorités qui, au lieu de mettre à exécution ce qui est en leur pouvoir pour promouvoir efficacement la paix, fomentent chez les citoyens des sentiments d'hostilité envers les autres nations se chargent d'une très grave responsabilité: elles mettent en danger, dans des régions particulièrement à risque, les équilibres délicats atteints au prix de difficiles négociations, contribuant ainsi à rendre l'avenir de l'humanité plus dépourvu de sécurité et plus confus. Que dire ensuite des gouvernements qui comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays? Avec d'innombrables personnes de bonne volonté, on peut affirmer que cette perspective, hormis le fait qu'elle est funeste, est tout à fait fallacieuse. En effet, dans une guerre nucléaire il n'y aurait pas des vainqueurs, mais seulement des victimes. La vérité de la paix demande que tous — aussi bien les gouvernements qui, de manière déclarée ou occulte, possèdent des armes nucléaires depuis longtemps, que ceux qui entendent se les procurer — changent conjointement de cap par des choix clairs et fermes, s'orientant vers un désarmement nucléaire progressif et concordé. Les ressources ainsi épargnées pourront être employées en projets de développement au profit de tous les habitants et, en premier lieu, des plus pauvres.

14. À ce sujet, on ne peut pas ne pas enregistrer avec regret les données concernant une augmentation préoccupante des dépenses militaires et du commerce des armes toujours prospère, tandis que stagne dans le marécage d'une indifférence quasi générale le processus politique et juridique mis en œuvre par la Communauté internationale pour renforcer le chemin du désarmement. Quel avenir de paix sera un jour possible si on continue à investir dans la production des armes et dans la recherche employée à en développer de nouvelles? Le souhait qui monte du plus profond du cœur est que la Communauté internationale sache retrouver le courage et la sagesse de relancer résolument et collectivement le désarmement, donnant une application concrète au droit à la paix, qui est pour tout homme et pour tout peuple. En s'engageant à sauvegarder le bien de la paix, les divers Organismes de la Communauté internationale pourront retrouver l'autorité qui est indispensable pour rendre leurs initiatives crédibles et incisives.

15. Les premiers à tirer profit d'un choix résolu pour le désarmement seront les pays pauvres, qui réclament non sans raison, après bien des promesses, la réalisation concrète du droit au développement. Un tel droit a aussi été solennellement réaffirmé dans la récente Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, qui a célébré cette année le soixantième anniversaire de sa fondation. Confirmant sa confiance dans cette Organisation internationale, l'Église catholique en souhaite le renouvellement institutionnel et opérationnel, afin qu'elle soit en mesure de répondre aux nouvelles exigences de l'époque actuelle, marquée par le vaste phénomène de la mondialisation. L'Organisation des Nations unies doit devenir un instrument toujours plus efficace pour promouvoir dans le monde les valeurs de justice, de solidarité et de paix. Pour sa part, l'Église, fidèle à la mission reçue de son Fondateur, ne se lasse pas de proclamer partout « l'Évangile de la paix ». Animée comme elle l'est par la ferme conviction de rendre un service indispensable à tous ceux qui se consacrent à promouvoir la paix, elle rappelle à tous que, pour être authentique et durable, la paix doit être construite sur le roc de la vérité de Dieu et de la vérité de l'homme. Seule cette vérité peut sensibiliser les esprits à la justice, les ouvrir à l'amour et à la solidarité, encourager tous les hommes à travailler pour une humanité réellement libre et solidaire. Oui, le fondement d'une paix authentique s'appuie seulement sur la vérité de Dieu et de l'homme.

16. En conclusion de ce message, je voudrais maintenant m'adresser particulièrement à ceux qui croient au Christ, pour leur renouveler l'invitation à se faire des disciples du Seigneur attentifs et disponibles. En écoutant l'Évangile, chers frères et sœurs, nous apprenons à fonder la paix sur la vérité d'une existence quotidienne inspirée par le commandement de l'amour. Il est nécessaire que chaque communauté s'engage dans une action intense et capillaire d'éducation et de témoignage qui fasse grandir en chacun la conscience de l'urgence de découvrir toujours plus profondément la vérité de la paix. Je demande en même temps que l'on intensifie la prière, parce que la paix est d'abord un don de Dieu à implorer sans cesse. Grâce à l'aide divine, l'annonce et le témoignage de la vérité de la paix en sortiront certainement plus convaincants et plus éclairants. Avec confiance et abandon filial, tournons notre regard vers Marie, la Mère du Prince de la Paix. Au commencement de cette nouvelle année, demandons- lui d'aider l'ensemble du Peuple de Dieu à être, en toute circonstance, artisan de paix, se laissant éclairer par la Vérité qui rend libre (cf. Jn 8,32). Par son intercession, puisse l'humanité apprécier de manière croissante ce bien fondamental et s'engager à en consolider la réalité dans le monde, pour remettre aux générations qui viendront un avenir plus serein et plus sûr!

Du Vatican, le 8 décembre 2005.


BENEDICTUS PP. XVI


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(1) Appel aux Chefs des peuples belligérants (1er août 1917): AAS 9 (1917), p. 423.

(2) N. 77.

(3) Ibid, n. 78.

(4) Jean-Paul II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2004, n. 9: La Documentation catholique 101 (2004), p. 7.

(5) Cf. Jean-Paul II, Discours à la cinquantième Assemblée générale des Nations unies, 5 octobre 1995, n. 3: La Documentation catholique 92 (1995), p. 918.

(6) La cité de Dieu, 19, 13: La Pléiade, Paris (2000), p. 869.

(7) N. 79.

(8) Ibid.

(9) Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, n. 6: La Documentation catholique 99 (2002), p. 5.

(10) Ibid.: l.c., p. 6.



MESSAGE
OF HIS HOLINESS
POPE BENOÎT XVI
FOR THE CELEBRATION OF THE
WORLD DAY OF PEACE

1 JANUARY 2006



IN TRUTH, PEACE

1. In this traditional Message for the World Day of Peace at the beginning of the New Year, I offer cordial greetings and good wishes to men and women everywhere, especia lly those who are suffering as a result of violence and armed conflicts. My greeting is one filled with hope for a more serene world, a world in which more and more individuals and communities are committed to the paths of justice and peace.

2. Before all else, I wish to express my heartfelt gratitude to my Predecessors, the great Popes Paul VI and John Paul II, who were astute promoters of peace. Guided by the spirit of the Beatitudes, they discerned in the many historical events which marked their respective Pontificates the providential intervention of God, who never ceases to be concerned for the future of the human race. As tireless heralds of the Gospel, they constantly invited everyone to make God the starting-point of their efforts on behalf of concord and peace throughout the world. This, my first Message for the World Day of Peace, is meant to follow in the path of their noble teaching; with it, I wish to reiterate the steadfast resolve of the Holy See to continue serving the cause of peace. The very name Benedict, which I chose on the day of my election to the Chair of Peter, is a sign of my personal commitment to peace. In taking this name, I wanted to evoke both the Patron Saint of Europe, who inspired a civilization of peace on the whole continent, and Pope Benedict XV, who condemned the First World War as a ''useless slaughter''(1) and worked for a universal acknowledgment of the lofty demands of peace.

3. The theme chosen for this year's reflection—In truth, peace — expresses the conviction that wherever and whenever men and women are enlightened by the splendour of truth, they naturally set out on the path of peace. The Pastoral Constitution Gaudium et Spes, promulgated forty years ago at the conclusion of the Second Vatican Council, stated that mankind will not succeed in ''building a truly more human world for everyone, everywhere on earth, unless all people are renewed in spirit and converted to the truth of peace''.(2) But what do those words, ''the truth of peace'', really mean? To respond adequately to this question, we must realize that peace cannot be reduced to the simple absence of armed conflict, but needs to be understood as ''the fruit of an order which has been planted in human society by its divine Founder'', an order ''which must be brought about by humanity in its thirst for ever more perfect justice''.(3) As the result of an order planned and willed by the love of God, peace has an intrinsic and invincible truth of its own, and corresponds ''to an irrepressible yearning and hope dwelling within us''.(4)

4. Seen in this way, peace appears as a heavenly gift and a divine grace which demands at every level the exercise of the highest responsibility: that of conforming human history—in truth, justice, freedom and love—to the divine order. Whenever there is a loss of fidelity to the transcendent order, and a loss of respect for that ''grammar'' of dialogue which is the universal moral law written on human hearts,(5) whenever the integral development of the person and the protection of his fundamental rights are hindered or denied, whenever countless people are forced to endure intolerable injustices and inequalities, how can we hope that the good of peace will be realized? The essential elements which make up the truth of that good are missing. Saint Augustine described peace as tranquillitas ordinis,(6) the tranquillity of order. By this, he meant a situation which ultimately enables the truth about man to be fully respected and realized.

5. Who and what, then, can prevent the coming of peace? Sacred Scripture, in its very first book, Genesis, points to the lie told at the very beginning of history by the animal with a forked tongue, whom the Evangelist John calls ''the father of lies'' (Jn 8:44). Lying is also one of the sins spoken of in the final chapter of the last book of the Bible, Revelation, which bars liars from the heavenly Jerusalem: ''outside are... all who love falsehood'' (22:15). Lying is linked to the tragedy of sin and its perverse consequences, which have had, and continue to have, devastating effects on the lives of individuals and nations. We need but think of the events of the past century, when aberrant ideological and political systems wilfully twisted the truth and brought about the exploitation and murder of an appalling number of men and women, wiping out entire families and communities. After experiences like these, how can we fail to be seriously concerned about lies in our own time, lies which are the framework for menacing scenarios of death in many parts of the world. Any authentic search for peace must begin with the realization that the problem of truth and untruth is the concern of every man and woman; it is decisive for the peaceful future of our planet.

6. Peace is an irrepressible yearning present in the heart of each person, regardless of his or her particular cultural identity. Consequently, everyone should feel committed to service of this great good, and should strive to prevent any form of untruth from poisoning relationships. All people are members of one and the same family. An extreme exaltation of differences clashes with this fundamental truth. We need to regain an awareness that we share a common destiny which is ultimately transcendent, so as to maximize our historical and cultural differences, not in opposition to, but in cooperation with, people belonging to other cultures. These simple truths are what make peace possible; they are easily understood whenever we listen to our own hearts with pure intentions. Peace thus comes to be seen in a new light: not as the mere absence of war, but as a harmonious coexistence of individual citizens within a society governed by justice, one in which the good is also achieved, to the extent possible, for each of them. The truth of peace calls upon everyone to cultivate productive and sincere relationships; it encourages them to seek out and to follow the paths of forgiveness and reconciliation, to be transparent in their dealings with others, and to be faithful to their word. In a particular way, the followers of Christ, recognizing the insidious presence of evil and the need for that liberation brought by the divine Master, look to him with confidence, in the knowledge that ''he committed no sin; no guile was found on his lips'' (1 Pet 2:22; cf. Is 53:9). Jesus defined himself as the Truth in person, and, in addressing the seer of the Book of Revelation, he states his complete aversion to ''every one who loves and practices falsehood'' (Rev 22:15). He has disclosed the full truth about humanity and about human history. The power of his grace makes it possible to live ''in'' and ''by'' truth, since he alone is completely true and faithful. Jesus is the truth which gives us peace.

7. The truth of peace must also let its beneficial light shine even amid the tragedy of war. The Fathers of the Second Vatican Ecumenical Council, in the Pastoral Constitution Gaudium et Spes, pointed out that ''not everything automatically becomes permissible between hostile parties once war has regrettably commenced''.(7) As a means of limiting the devastating consequences of war as much as possible, especially for civilians, the international community has created an international humanitarian law. In a variety of situations and in different settings, the Holy See has expressed its support for this humanitarian law, and has called for it to be respected and promptly implemented, out of the conviction that the truth of peace exists even in the midst of war. International humanitarian law ought to be considered as one of the finest and most effective expressions of the intrinsic demands of the truth of peace. Precisely for this reason, respect for that law must be considered binding on all peoples. Its value must be appreciated and its correct application ensured; it must also be brought up to date by precise norms applicable to the changing scenarios of today's armed conflicts and the use of ever newer and more sophisticated weapons.

8. Here I wish to express gratitude to the international organizations and to all those who are daily engaged in the application of international humanitarian law. Nor can I fail to mention the many soldiers engaged in the delicate work of resolving conflicts and restoring the necessary conditions for peace. I wish to remind them of the words of the Second Vatican Council: ''All those who enter the military in service to their country should look upon themselves as guardians of the security and freedom of their fellow-countrymen, and, in carrying out this duty properly, they too contribute to the establishment of peace''.(8) On this demanding front the Catholic Church's military ordinariates carry out their pastoral activity: I encourage both the military Ordinaries and military chaplains to be, in every situation and context, faithful heralds of the truth of peace.

9. Nowadays, the truth of peace continues to be dramatically compromised and rejected by terrorism, whose criminal threats and attacks leave the world in a state of fear and insecurity. My predecessors Paul VI and John Paul II frequently pointed out the awful responsibility borne by terrorists, while at the same time condemning their senseless and deadly strategies. These are often the fruit of a tragic and disturbing nihilism which Pope John Paul II described in these words: ''Those who kill by acts of terrorism actually despair of humanity, of life, of the future. In their view, everything is to be hated and destroyed''.(9) Not only nihilism, but also religious fanaticism, today often labeled fundamentalism, can inspire and encourage terrorist thinking and activity. From the beginning, John Paul II was aware of the explosive danger represented by fanatical fundamentalism, and he condemned it unsparingly, while warning against attempts to impose, rather than to propose for others freely to accept, one's own convictions about the truth. As he wrote: ''To try to impose on others by violent means what we consider to be the truth is an offence against the dignity of the human being, and ultimately an offence against God in whose image he is made''.(10)

10. Looked at closely, nihilism and the fundamentalism of which we are speaking share an erroneous relationship to truth: the nihilist denies the very existence of truth, while the fundamentalist claims to be able to impose it by force. Despite their different origins and cultural backgrounds, both show a dangerous contempt for human beings and human life, and ultimately for God himself. Indeed, this shared tragic outcome results from a distortion of the full truth about God: nihilism denies God's existence and his provident presence in history, while fanatical fundamentalism disfigures his loving and merciful countenance, replacing him with idols made in its own image. In analyzing the causes of the contemporary phenomenon of terrorism, consideration should be given, not only to its political and social causes, but also to its deeper cultural, religious and ideological motivations.

11. In view of the risks which humanity is facing in our time, all Catholics in every part of the world have a duty to proclaim and embody ever more fully the ''Gospel of Peace'', and to show that acknowledgment of the full truth of God is the first, indispensable condition for consolidating the truth of peace. God is Love which saves, a loving Father who wants to see his children look upon one another as brothers and sisters, working responsibly to place their various talents at the service of the common good of the human family. God is the unfailing source of the hope which gives meaning to personal and community life. God, and God alone, brings to fulfilment every work of good and of peace. History has amply demonstrated that declaring war on God in order to eradicate him from human hearts only leads a fearful and impoverished humanity toward decisions which are ultimately futile. This realization must impel believers in Christ to become convincing witnesses of the God who is inseparably truth and love, placing themselves at the service of peace in broad cooperation with other Christians, the followers of other religions and with all men and women of good will.

12. Looking at the present world situation, we can note with satisfaction certain signs of hope in the work of building peace. I think, for example, of the decrease in the number of armed conflicts. Here we are speaking of a few, very tentative steps forward along the path of peace, yet ones which even now are able to hold out a future of greater serenity, particularly for the suffering people of Palestine, the land of Jesus, and for those living in some areas of Africa and Asia, who have waited for years for the positive conclusion of the ongoing processes of pacification and reconciliation. These are reassuring signs which need to be confirmed and consolidated by tireless cooperation and activity, above all on the part of the international community and its agencies charged with preventing conflicts and providing a peaceful solution to those in course.

13. All this must not, however, lead to a naive optimism. It must not be forgotten that, tragically, violent fratricidal conflicts and devastating wars still continue to sow tears and death in vast parts of the world. Situations exist where conflict, hidden like flame beneath ashes, can flare up anew and cause immense destruction. Those authorities who, rather than making every effort to promote peace, incite their citizens to hostility towards other nations, bear a heavy burden of responsibility: in regions particularly at risk, they jeopardize the delicate balance achieved at the cost of patient negotiations and thus help make the future of humanity more uncertain and ominous. What can be said, too, about those governments which count on nuclear arms as a means of ensuring the security of their countries? Along with countless persons of good will, one can state that this point of view is not only baneful but also completely fallacious. In a nuclear war there would be no victors, only victims. The truth of peace requires that all —whether those governments which openly or secretly possess nuclear arms, or those planning to acquire them— agree to change their course by clear and firm decisions, and strive for a progressive and concerted nuclear disarmament. The resources which would be saved could then be employed in projects of development capable of benefiting all their people, especially the poor.

14. In this regard, one can only note with dismay the evidence of a continuing growth in military expenditure and the flourishing arms trade, while the political and juridic process established by the international community for promoting disarmament is bogged down in general indifference. How can there ever be a future of peace when investments are still made in the production of arms and in research aimed at developing new ones? It can only be hoped that the international community will find the wisdom and courage to take up once more, jointly and with renewed conviction, the process of disarmament, and thus concretely ensure the right to peace enjoyed by every individual and every people. By their commitment to safeguarding the good of peace, the various agencies of the international community will regain the authority needed to make their initiatives credible and effective.

15. The first to benefit from a decisive choice for disarmament will be the poor countries, which rightly demand, after having heard so many promises, the concrete implementation of their right to development. That right was solemnly reaffirmed in the recent General Assembly of the United Nations Organization, which this year celebrated the sixtieth anniversary of its foundation. The Catholic Church, while confirming her confidence in this international body, calls for the institutional and operative renewal which would enable it to respond to the changed needs of the present time, characterized by the vast phenomenon of globalization. The United Nations Organization must become a more efficient instrument for promoting the values of justice, solidarity and peace in the world. For her part, the Church, in fidelity to the mission she has received from her Founder, is committed to proclaiming everywhere ''the Gospel of peace''. In the firm conviction that she offers an indispensable service to all those who strive to promote peace, she reminds everyone that, if peace is to be authentic and lasting, it must be built on the bedrock of the truth about God and the truth about man. This truth alone can create a sensitivity to justice and openness to love and solidarity, while encouraging everyone to work for a truly free and harmonious human family. The foundations of authentic peace rest on the truth about God and man.

16. At the conclusion of this Message, I would like to address a particular word to all believers in Christ, inviting them once again to be attentive and generous disciples of the Lord. When we hear the Gospel, dear brothers and sisters, we learn to build peace on the truth of a daily life inspired by the commandment of love. Every community should undertake an extensive process of education and witness aimed at making everyone more aware of the need for a fuller appreciation of the truth of peace. At the same time I ask for an increase of prayers, since peace is above all a gift of God, a gift to be implored incessantly. By God's help, our proclamation and witness to the truth of peace will be all the more convincing and illuminating. With confidence and filial abandonment let us lift up our eyes to Mary, Mother of the Prince of Peace. At the beginning of this New Year, let us ask her to help all God's People, wherever they may be, to work for peace and to be guided by the light of the truth that sets man free (cf. Jn 8:32). Through Mary's intercession, may all mankind grow in esteem for this fundamental good and strive to make it ever more present in our world, and, in this way, to offer a safer and more serene future to generations yet to come.

From the Vatican, 8 December 2005.

BENEDICTUS PP. XVI


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(1) Appeal to the Heads of the Warring Peoples (1 August 1917): AAS 9 (1917), 423.

(2) No. 77.

(3) Ibid., 78.

(4) John Paul II, Message for the 2004 World Day of Peace, 9.

(5) Cf. John Paul II, Address to the Fiftieth General Assembly of the United Nations (5 October 1995), No. 3.

(6) De Civitate Dei, XIX, 13.

(7) No. 79.

(8) Ibid.

(9) Message for the 2002 World Day of Peace, 6.

(10) Ibid.