MESSAGE
DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE
DE LAPAIX

1er JANVIER 2007

LA PERSONNE HUMAINE, CŒUR DE LA PAIX

1. AU DÉBUT DE LA NOUVELLE ANNÉE, je voudrais adresser aux Gouvernants des Nations, ainsi qu'à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté, mes vœux de paix. Je les adresse en particulier à ceux qui sont dans la douleur et dans la souffrance, à ceux qui vivent menacés par la violence et par la force des armes ou encore à ceux qui, bafoués dans leur dignité, attendent leur réintégration humaine et sociale. Je les adresse aussi aux enfants, qui, par leur innocence, enrichissent l'humanité de bonté et d'espérance et qui, par leurs souffrances, nous incitent tous à être des artisans de justice et de paix. Pensant précisément aux enfants, spécialement à ceux dont l'avenir est compromis par l'exploitation et par la méchanceté d'adultes sans scrupules, j'ai voulu, à l'occasion de la Journée mondiale de la Paix, que l'attention commune se focalise sur le thème: Personne humaine, cœur de la paix. Je suis en effet convaincu qu'en respectant la personne on promeut la paix et qu'en bâtissant la paix on jette les bases d'un authentique humanisme intégral. C'est ainsi que se prépare un avenir serein pour les nouvelles générations.

La personne humaine et la paix: don et tâche

2. La Sainte Écriture affirme: «Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme» (Gn 1,27). Parce qu'il est créé à l'image de Dieu, l'individu humain a la dignité de personne; il n'est pas seulement quelque chose, mais quelqu'un, capable de se connaître, de se posséder, de se donner librement et d'entrer en communion avec d'autres personnes. En même temps, il est appelé, par grâce, à une alliance avec son Créateur, à Lui offrir une réponse de foi et d'amour que nul autre ne peut donner à sa place(1). C'est dans cette admirable perspective que se comprend la tâche confiée à l'être humain de parvenir lui-même à une maturation de sa capacité d'aimer et de faire progresser le monde, en le renouvelant dans la justice et dans la paix. Dans une synthèse saisissante, saint Augustin enseigne: « Dieu, qui nous a créés sans nous, n'a pas voulu nous sauver sans nous »(2). Il est par conséquent du devoir de tous les êtres humains d'entretenir en eux-mêmes la conscience du double aspect de don et de tâche.

3. La paix est aussi à la fois un don et une tâche. S'il est vrai que la paix entre les individus et entre les peuples — capacité de vivre les uns à côté des autres en tissant des relations de justice et de solidarité — représente un engagement qui ne connaît pas de répit, il est aussi vrai, et même encore plus vrai, que la paix est un don de Dieu. La paix est en effet une caractéristique de l'agir divin, qui se manifeste à la fois dans la création d'un univers ordonné et harmonieux, et dans la rédemption de l'humanité, qui a besoin d'être rachetée du désordre du péché. Création et rédemption offrent donc la clé de lecture qui introduit à la compréhension du sens de notre existence sur la terre. Mon vénéré prédécesseur Jean-Paul II, en s'adressant à l'Assemblée générale des Nations unies le 5 octobre 1995, affirmait que « nous ne vivons pas dans un monde irrationnel ou privé de sens, mais que, au contraire, il y a une logique morale qui éclaire l'existence humaine et qui rend possible le dialogue entre les hommes et entre les peuples ».(3) La « grammaire » transcendante, à savoir l'ensemble des règles de l'agir individuel et des relations mutuelles entre les personnes, selon la justice et la solidarité, est inscrite dans les consciences, où se reflète le sage projet de Dieu. Comme j'ai voulu le réaffirmer récemment, « nous croyons qu'à l'origine, il y a le Verbe éternel, la Raison et non l'Irrationalité ».(4) La paix est donc aussi une tâche qui oblige chacun à une réponse personnelle en harmonie avec le plan divin. Le critère dont doit s'inspirer une telle réponse ne peut être que le respect de la « grammaire » écrite dans le cœur de l'homme par son divin Créateur.

Dans cette perspective, les normes du droit naturel ne doivent pas être considérées comme des directives s'imposant de l'extérieur, contraignant presque la liberté de l'homme. Au contraire, elles doivent être accueillies comme un appel à réaliser fidèlement le projet divin universel inscrit dans la nature de l'être humain. Guidés par de telles normes, les peuples — dans leurs cultures respectives — peuvent ainsi s'approcher du mystère le plus grand, qui est le mystère de Dieu. La reconnaissance et le respect de la loi naturelle constituent par conséquent, aujourd'hui encore, le grand fondement du dialogue entre les croyants des diverses religions, et entre les croyants et les non croyants eux-mêmes. C'est là un grand point de rencontre et donc un présupposé fondamental pour une paix authentique.

Le droit à la vie et à la liberté religieuse

4. Le devoir de respecter la dignité de tout être humain, dont la nature reflète l'image du Créateur, comporte comme conséquence que l'on ne peut pas disposer de la personne selon son bon plaisir. La personne qui jouit d'un plus grand pouvoir politique, technologique, économique, ne peut pas s'en prévaloir pour violer les droits des personnes moins chanceuses. C'est en effet sur le respect des droits de tous que se fonde la paix. Consciente de cela, l'Église s'emploie à défendre les droits fondamentaux de toute personne. Elle revendique en particulier le respect de la vie et de la liberté religieuse de chacun. Le respect du droit à la vie à toutes ses étapes constitue un point fort d'une importance décisive: la vie est un don; le sujet n'en a pas la pleine disponibilité. De la même façon, l'affirmation du droit à la liberté religieuse met l'être humain en relation avec un Principe transcendant qui le soustrait à l'arbitraire de l'homme. Le droit à la vie et à la libre expression de la foi en Dieu ne relève pas du pouvoir de l'homme. La paix a besoin que s'établisse une frontière claire entre ce qui est disponible et ce qui ne l'est pas: on évitera ainsi d'introduire des éléments inacceptables dans le patrimoine de valeurs qui est propre à l'homme en tant que tel.

5. En ce qui concerne le droit à la vie, on doit dénoncer toutes les terribles violations qui lui sont faites dans notre société: outre les victimes des conflits armés, du terrorisme et des multiples formes de violence, il y a les morts silencieuses provoquées par la faim, par l'avortement, par l'expérimentation sur les embryons et par l'euthanasie. Comment ne pas voir en tout cela un attentat à la paix? L'avortement et l'expérimentation sur les embryons constituent la négation directe de l'attitude d'accueil envers l'autre, qui est indispensable pour instaurer des relations de paix durables. Pour ce qui concerne la libre expression de la foi, un autre symptôme préoccupant du manque de paix dans le monde est constitué par les difficultés que rencontrent souvent aussi bien les chrétiens que les croyants d'autres religions à professer publiquement et librement leurs convictions religieuses. En parlant particulièrement des chrétiens, je dois relever avec souffrance que, parfois, ils ne sont pas seulement empêchés; dans certains États, ils sont même persécutés, et récemment encore on a pu enregistrer de tragiques épisodes de violence abominable. Il y a des régimes qui imposent à tous une religion unique, tandis que des régimes indifférents nourrissent non pas une persécution violente, mais une dérision culturelle systématique des croyances religieuses. Dans tous les cas, un droit humain fondamental n'est pas respecté, avec des répercussions graves sur la convivialité pacifique. Cela ne peut que promouvoir une mentalité et une culture négatives pour la paix.

L'égalité de nature de toutes les personnes

6. À l'origine des nombreuses tensions qui menacent la paix, il y a assurément les innombrables et injustes inégalités qui sont encore tragiquement présentes dans le monde. Parmi elles, de manière particulièrement insidieuse, on trouve, d'une part, les inégalités dans l'accès aux biens essentiels, comme la nourriture, l'eau, un toit, la santé; d'autre part, les inégalités persistantes entre homme et femme dans l'exercice des droits humains fondamentaux.

La reconnaissance de l'égalité essentielle entre les personnes humaines, qui découle de leur commune dignité transcendante, constitue un élément de première importance pour l'édification de la paix. L'égalité à ce niveau est donc un bien de tous inscrit dans la « grammaire » naturelle, qui ressort du projet divin de la création; un bien qui ne peut pas être laissé de côté ou bafoué sans provoquer de graves répercussions mettant la paix en péril. Les très graves manques dont souffrent de nombreuses populations, spécialement sur le continent africain, sont à la source de revendications violentes et constituent donc une blessure profonde infligée à la paix.

7. Le fait que la condition féminine soit insuffisamment prise en considération introduit aussi des facteurs d'instabilité dans l'ordre social. Je pense à l'exploitation de femmes traitées comme des objets et aux nombreuses formes de manque de respect pour leur dignité; je pense également — dans un contexte différent — aux perspectives anthropologiques persistantes dans certaines cultures, qui réservent aux femmes une place encore fortement soumise à l'arbitraire de l'homme, avec des conséquences qui portent atteinte à leur dignité de personne et à l'exercice des libertés fondamentales elles-mêmes. On ne peut se faire illusion: la paix ne sera pas assurée tant que ces formes de discrimination, qui lèsent la dignité personnelle, inscrite par le Créateur en tout être humain, ne seront pas abolies.(5)

« L'écologie de la paix »

8. Dans l'encyclique Centesimus annus, Jean-Paul II écrit: « Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l'homme qui doit en faire usage dans le respect de l'intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l'homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté ».(6) C'est en répondant à cette consigne, qui lui a été adressée par le Créateur, que l'homme, avec ses semblables, peut donner vie à un monde de paix. En plus de l'écologie de la nature, il y a donc une « écologie » que nous pourrions appeler « humaine », qui requiert parfois une « écologie sociale ». Et cela implique pour l'humanité, si la paix lui tient à cœur, d'avoir toujours plus présents à l'esprit les liens qui existent entre l'écologie naturelle, à savoir le respect de la nature, et l'écologie humaine. L'expérience montre que toute attitude irrespectueuse envers l'environnement porte préjudice à la convivialité humaine, et inversement. Un lien indissoluble apparaît toujours plus clairement entre la paix avec la création et la paix entre les hommes. L'une et l'autre présupposent la paix avec Dieu. La poésie-prière de saint François, connue aussi comme « le Cantique de Frère Soleil », constitue un exemple admirable — toujours actuel — de cette écologie multiforme de la paix.

9. Le problème, chaque jour plus grave, des approvisionnements énergétiques nous aide à comprendre combien est étroit le lien entre ces deux écologies. Au cours des dernières années, de nouvelles Nations se sont engagées avec dynamisme dans la production industrielle, faisant croître les besoins en énergie. Cela est en train de provoquer une course aux ressources disponibles sans précédent. En même temps, dans certaines régions de la planète, il existe encore des situations de grand retard, où le développement est pratiquement bloqué, notamment en raison de la hausse des prix de l'énergie. Que deviendront les populations de ces régions? Quelle sorte de développement ou de non-développement leur sera imposée par la raréfaction des approvisionnements énergétiques? Quelles injustices et quelles oppositions provoquera la course aux sources d'énergie? Et comment réagiront les exclus de cette course? Ce sont des questions qui mettent en évidence que le respect de la nature est étroitement lié à la nécessité de tisser entre les hommes et entre les Nations des relations dans lesquelles on porte attention à la dignité des personnes et qui puissent satisfaire leurs besoins authentiques. La destruction de l'environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce qu'ils sont le fruit d'une conception inhumaine du développement. En effet, un développement qui se limiterait à l'aspect technique et économique, négligeant la dimension morale et religieuse, ne serait pas un développement humain intégral et finirait, parce qu'il est unilatéral, par encourager la capacité destructrice de l'homme.

Visions réductrices de l'homme

10. Il est donc urgent, même dans le cadre des difficultés actuelles et des tensions internationales, de s'engager pour donner vie à une écologie humaine qui favorise la croissance de l'arbre de la paix. Pour tenter une telle entreprise, il est nécessaire de se laisser guider par une vision de la personne qui ne soit pas corrompue par les préjugés idéologiques et culturels, ou par des intérêts politiques et économiques, qui incitent à la haine et à la violence. Il est compréhensible que les visions de l'homme varient en fonction des cultures. À l'inverse, on ne peut admettre que soient entretenues des conceptions anthropologiques qui renferment en elles-mêmes le germe de l'opposition et de la violence. Les conceptions de Dieu qui incitent à l'intolérance envers nos semblables et au recours à la violence à leur égard sont également inadmissibles. C'est un point qu'il faut rappeler avec clarté: une guerre au nom de Dieu n'est jamais acceptable! Quand une certaine conception de Dieu est à l'origine de pratiques criminelles, c'est le signe qu'une telle conception s'est déjà transformée en idéologie.

11. Aujourd'hui, cependant, la paix n'est pas mise en question seulement par le conflit entre les visions réductrices de l'homme, à savoir entre les idéologies. Elle l'est aussi par l'indifférence pour ce qui constitue la véritable nature de l'homme. En effet, de nombreux contemporains nient l'existence d'une nature humaine spécifique et ils rendent ainsi possibles les interprétations les plus extravagantes au sujet des éléments qui sont essentiellement constitutifs de l'être humain. Ici aussi la clarté est nécessaire: une conception « faible » de la personne, qui laisse place à n'importe quelle conception, même excentrique, ne favorise la paix qu'en apparence. En réalité, elle empêche le dialogue authentique et elle ouvre la voie à l'apparition de positions autoritaires, conduisant ainsi à laisser la personne elle-même sans défense et, par conséquent, à en faire une proie facile de l'oppression et de la violence.

Droits humains et Organisations internationales

12. Une paix véritable et stable présuppose le respect des droits de l'homme. Si ces droits se fondent cependant sur une conception faible de la personne, comment n'en sortiraient-ils pas eux-mêmes affaiblis? On voit ici de manière évidente l'insuffisance profonde d'une conception relativiste de la personne, lorsqu'il s'agit d'en justifier et d'en défendre les droits. L'aporie est ici manifeste: les droits sont proposés comme absolus, mais le fondement qu'on invoque pour eux est seulement relatif. Faut-il donc s'étonner si, face aux exigences « dérangeantes » de tel ou tel droit, quelqu'un puisse se présenter pour le contester ou pour décider de le mettre de côté? Les droits qui sont attribués à l'homme peuvent être affirmés sans crainte d'être démentis seulement s'ils sont enracinés dans les exigences objectives de la nature, données à l'homme par le Créateur. Par ailleurs, il va de soi que les droits de l'homme impliquent pour ce dernier des devoirs. À ce sujet, le mahatma Gandhi déclarait à juste titre: « Le Gange des droits descend de l'Himalaya des devoirs ». C'est seulement en faisant la clarté sur ces présupposés de fond que les droits humains, aujourd'hui soumis à des attaques continuelles, peuvent être défendus de manière appropriée. Sans une telle clarté, on finit par utiliser la même expression « droits humains », sous-entendant alors des sujets très différents entre eux: pour certains, la personne humaine marquée par une dignité permanente et des droits toujours valables, partout et pour quiconque; pour d'autres, une personne à la dignité changeante et avec des droits négociables dans leur contenu, dans le temps et dans l'espace.

13. Les Organisations internationales font constamment référence à la sauvegarde des droits humains, en particulier l'Organisation des Nations unies qui, par la Déclaration universelle de 1948, s'est donné comme tâche fondamentale la promotion des droits de l'homme. Cette Déclaration est vue comme une sorte d'engagement moral assumé par l'humanité tout entière. Cela comporte une vérité profonde, surtout si les droits décrits dans la Déclaration sont considérés comme ayant leur fondement non seulement dans la décision de l'assemblée qui les a approuvés, mais dans la nature même de l'homme et dans son inaliénable dignité de personne créée par Dieu. Il est donc important que les Organisations internationales ne perdent pas de vue le fondement naturel des droits de l'homme. Cela les soustraira au risque, malheureusement toujours latent, de glisser vers une interprétation qui serait uniquement positiviste. Si cela devait arriver, les Organismes internationaux seraient privés de l'autorité nécessaire pour jouer leur rôle de défenseur des droits fondamentaux de la personne et des peuples, principale justification de leur raison d'être et d'agir.

Droit international humanitaire et droit à l'intérieur des États

14. À partir de la prise de conscience qu'il existe des droits humains inaliénables liés à la nature commune des hommes, on a élaboré un droit international humanitaire, que les États se sont engagés à observer, même en cas de guerre. Cela n'a malheureusement pas été mis en œuvre de manière cohérente, indépendamment du passé, dans certaines situations de guerre qui se sont déroulées récemment. Cela s'est ainsi produit par exemple dans le conflit qui, il y a quelques mois, a eu pour théâtre le Liban sud, où l'obligation de « protéger et d'aider les victimes innocentes » et de ne pas impliquer les populations civiles a été en grande partie négligée. Le douloureux conflit du Liban et la nouvelle configuration des conflits, surtout depuis que la menace terroriste a mis en œuvre des formes inédites de violence, requièrent que la communauté internationale rappelle le droit international humanitaire et l'applique à toutes les situations actuelles de conflits armés, y compris à celles qui ne sont pas prévues par le droit international en vigueur. En outre, le fléau du terrorisme nécessite une réflexion approfondie sur les limites éthiques qui sont inhérentes à l'utilisation des instruments actuels de maintien de la sécurité nationale. De plus en plus, en effet, les conflits ne se déclarent pas, surtout lorsqu'ils sont déclenchés par des groupes terroristes décidés à atteindre leurs buts par tous les moyens. Devant les scénarios bouleversants de ces dernières années, les États ne peuvent pas ne pas éprouver la nécessité de se doter de règles plus claires, capables de s'opposer efficacement à la dérive dramatique à laquelle nous assistons. La guerre représente toujours un échec pour la communauté internationale et une grave perte d'humanité. Quand, malgré tout, on en arrive à ce point, il convient au moins de sauvegarder les principes essentiels et les valeurs qui fondent toute convivialité civile, en établissant des normes de comportement qui en limitent le plus possible les dommages et qui tentent d'atténuer les souffrances des civils et de toutes les victimes des conflits.(7)

15. Un autre élément qui suscite une vive inquiétude est la volonté manifestée récemment par certains États de se doter d'armes nucléaires. Face à une possible catastrophe atomique, un climat diffus d'incertitude et de peur s'est ensuite développé. Cela fait revenir en arrière, aux peurs et aux angoisses de la période dite de « la guerre froide ». On espérait alors que le péril atomique serait définitivement conjuré et que l'humanité pourrait finalement pousser un soupir de soulagement durable. Comme il apparaît actuel, à ce sujet, l'avertissement du Concile œcuménique Vatican II: « Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l'homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation ».(8) Malheureusement, des ombres menaçantes continuent à s'amonceler à l'horizon de l'humanité. La voie qui peut assurer un avenir de paix pour tous passe non seulement par des accords internationaux en vue de la non-prolifération des armes nucléaires, mais aussi par l'engagement à poursuivre avec détermination leur diminution et leur démantèlement définitif. Que rien ne soit laissé de côté pour parvenir, par la négociation, à la réalisation de tels objectifs! C'est le destin de la famille humaine tout entière qui est en jeu!

L'Église pour la défense de la transcendance de la personne humaine

16. Je désire enfin adresser un appel pressant au peuple de Dieu, pour que tout chrétien se sente engagé à être un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Dans un esprit de gratitude envers le Seigneur pour avoir été appelé à faire partie de son Église qui est, dans le monde, « signe et sauvegarde de la transcendance de la personne humaine »,(9) le chrétien ne se lassera jamais d'implorer du Seigneur le bien fondamental de la paix, qui a tant d'importance dans la vie de chacun. De plus, il éprouvera la fierté de servir avec un généreux dévouement la cause de la paix, allant à la rencontre de ses frères, spécialement de ceux qui, non seulement souffrent de la pauvreté et de privations, mais sont aussi privés de ce bien précieux. Jésus nous a révélé que « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) et que la vocation la plus grande de toute personne est l'amour. Dans le Christ, nous pouvons trouver les raisons suprêmes de devenir de fermes défenseurs de la dignité humaine et de courageux bâtisseurs de paix.

17. Que ne cesse donc jamais la contribution de chaque croyant à la promotion d'un véritable humanisme intégral, selon les enseignements des encycliques Populorum progressio et Sollicitudo rei socialis, dont nous nous apprêtons à célébrer respectivement le 40e et le 20e anniversaires. Au début de l'année 2007, je confie ma prière insistante pour l'humanité entière à la Reine de la Paix, Mère de Jésus Christ « notre paix » (Ep 2,14), vers laquelle nous nous tournons, au milieu des dangers et des problèmes, avec un cœur rempli d'espérance. Puisse Marie nous montrer en son Fils le chemin de la paix et illuminer nos yeux, pour qu'ils sachent reconnaître son Visage dans le visage de toute personne humaine, cœur de la paix!

Du Vatican, le 8 décembre 2006.

BENEDICTUS PP. XVI

* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

(1) Cf. Catéchisme de l'Église catholique, n. 357.

(2) Saint Augustin, Sermon 169, 11, 13; PL 38, 923.

(3) N. 3: La Documentation catholique 92 (1995), p. 918.

(4) Homélie à l'Islinger Feld de Ratisbonne (12 septembre 2006): La Documentation catholique 103 (2006), p. 922.

(5) Cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre aux Évêques de l'Église catholique sur la collaboration de l'homme et de la femme dans l'Église et dans le monde (31 mai 2004), nn. 15-16: La Documentation catholique 101 (2004), pp. 783-784.

(6) N. 38: La Documentation catholique 88 (1991), p. 537.

(7) À ce sujet, le Catéchisme de l'Église catholique a donné des critères sévères et précis: cf. 2307-2317.

(8) Const. past. sur l'Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 80.

(9) Ibid., n. 76.



MESSAGE
OF HIS HOLINESS
POPE BENOÎT XVI
FOR THE CELEBRATION OF THE
WORLD DAY OF PEACE

1 JANUARY 2007



THE HUMAN PERSON, THE HEART OF PEACE

1. At the beginning of the new year, I wish to extend prayerful good wishes for peace to Governments, leaders of nations and all men and women of good will. In a special way, I invoke peace upon all those experiencing pain and suffering, those living under the threat of violence and armed aggression, and those who await their human and social emancipation, having had their dignity trampled upon. I invoke peace upon children, who by their innocence enrich humanity with goodness and hope, and by their sufferings compel us all to work for justice and peace. Out of concern for children, especially those whose future is compromised by exploitation and the malice of unscrupulous adults, I wish on this World Day of Peace to encourage everyone to reflect on the theme: The Human Person, the Heart of Peace. I am convinced that respect for the person promotes peace and that, in building peace, the foundations are laid for an authentic integral humanism. In this way a serene future is prepared for coming generations.

The human person and peace: gift and task

2. Sacred Scripture affirms that “God created man in his own image, in the image of God he created them; male and female he created them” (Gen 1:27). As one created in the image of God, each individual human being has the dignity of a person; he or she is not just something, but someone, capable of self-knowledge, self-possession, free self-giving and entering into communion with others. At the same time, each person is called, by grace, to a covenant with the Creator, called to offer him a response of faith and love that no other creature can give in his place(1). From this supernatural perspective, one can understand the task entrusted to human beings to mature in the ability to love and to contribute to the progress of the world, renewing it in justice and in peace. In a striking synthesis, Saint Augustine teaches that “God created us without our aid; but he did not choose to save us without our aid(2).” Consequently all human beings have the duty to cultivate an awareness of this twofold aspect of gift and task.

3. Likewise, peace is both gift and task. If it is true that peace between individuals and peoples—the ability to live together and to build relationships of justice and solidarity—calls for unfailing commitment on our part, it is also true, and indeed more so, that peace is a gift from God. Peace is an aspect of God's activity, made manifest both in the creation of an orderly and harmonious universe and also in the redemption of humanity that needs to be rescued from the disorder of sin. Creation and Redemption thus provide a key that helps us begin to understand the meaning of our life on earth. My venerable predecessor Pope John Paul II, addressing the General Assembly of the United Nations on 5 October 1995, stated that “we do not live in an irrational or meaningless world... there is a moral logic which is built into human life and which makes possible dialogue between individuals and peoples(3) .” The transcendent “grammar”, that is to say the body of rules for individual action and the reciprocal relationships of persons in accordance with justice and solidarity, is inscribed on human consciences, in which the wise plan of God is reflected. As I recently had occasion to reaffirm: “we believe that at the beginning of everything is the Eternal Word, Reason and not Unreason(4).” Peace is thus also a task demanding of everyone a personal response consistent with God's plan. The criterion inspiring this response can only be respect for the “grammar” written on human hearts by the divine Creator.

From this standpoint, the norms of the natural law should not be viewed as externally imposed decrees, as restraints upon human freedom. Rather, they should be welcomed as a call to carry out faithfully the universal divine plan inscribed in the nature of human beings. Guided by these norms, all peoples —within their respective cultures—can draw near to the greatest mystery, which is the mystery of God. Today too, recognition and respect for natural law represents the foundation for a dialogue between the followers of the different religions and between believers and non-believers. As a great point of convergence, this is also a fundamental presupposition for authentic peace.

The right to life and to religious freedom

4. The duty to respect the dignity of each human being, in whose nature the image of the Creator is reflected, means in consequence that the person can not be disposed of at will. Those with greater political, technical, or economic power may not use that power to violate the rights of others who are less fortunate. Peace is based on respect for the rights of all. Conscious of this, the Church champions the fundamental rights of each person. In particular she promotes and defends respect for the life and the religious freedom of everyone. Respect for the right to life at every stage firmly establishes a principle of decisive importance: life is a gift which is not completely at the disposal of the subject. Similarly, the affirmation of the right to religious freedom places the human being in a relationship with a transcendent principle which withdraws him from human caprice. The right to life and to the free expression of personal faith in God is not subject to the power of man. Peace requires the establishment of a clear boundary between what is at man's disposal and what is not: in this way unacceptable intrusions into the patrimony of specifically human values will be avoided.

5. As far as the right to life is concerned, we must denounce its widespread violation in our society: alongside the victims of armed conflicts, terrorism and the different forms of violence, there are the silent deaths caused by hunger, abortion, experimentation on human embryos and euthanasia. How can we fail to see in all this an attack on peace? Abortion and embryonic experimentation constitute a direct denial of that attitude of acceptance of others which is indispensable for establishing lasting relationships of peace. As far as the free expression of personal faith is concerned, another disturbing symptom of lack of peace in the world is represented by the difficulties that both Christians and the followers of other religions frequently encounter in publicly and freely professing their religious convictions. Speaking of Christians in particular, I must point out with pain that not only are they at times prevented from doing so; in some States they are actually persecuted, and even recently tragic cases of ferocious violence have been recorded. There are regimes that impose a single religion upon everyone, while secular regimes often lead not so much to violent persecution as to systematic cultural denigration of religious beliefs. In both instances, a fundamental human right is not being respected, with serious repercussions for peaceful coexistence. This can only promote a mentality and culture that is not conducive to peace.

The natural equality of all persons

6. At the origin of many tensions that threaten peace are surely the many unjust inequalities still tragically present in our world. Particularly insidious among these are, on the one hand, inequality in access to essential goods like food, water, shelter, health; on the other hand, there are persistent inequalities between men and women in the exercise of basic human rights.

A fundamental element of building peace is the recognition of the essential equality of human persons springing from their common transcendental dignity. Equality on this level is a good belonging to all, inscribed in that natural “grammar” which is deducible from the divine plan of creation; it is a good that cannot be ignored or scorned without causing serious repercussions which put peace at risk. The extremely grave deprivation afflicting many peoples, especially in Africa, lies at the root of violent reactions and thus inflicts a terrible wound on peace.

7. Similarly, inadequate consideration for the condition of women helps to create instability in the fabric of society. I think of the exploitation of women who are treated as objects, and of the many ways that a lack of respect is shown for their dignity; I also think —in a different context—of the mindset persisting in some cultures, where women are still firmly subordinated to the arbitrary decisions of men, with grave consequences for their personal dignity and for the exercise of their fundamental freedoms. There can be no illusion of a secure peace until these forms of discrimination are also overcome, since they injure the personal dignity impressed by the Creator upon every human being(5).

The “ecology of peace”

8. In his Encyclical Letter Centesimus Annus, Pope John Paul II wrote: “Not only has God given the earth to man, who must use it with respect for the original good purpose for which it was given to him, but man too is God's gift to man. He must therefore respect the natural and moral structure with which he has been endowed(6).” By responding to this charge, entrusted to them by the Creator, men and women can join in bringing about a world of peace. Alongside the ecology of nature, there exists what can be called a “human” ecology, which in turn demands a “social” ecology. All this means that humanity, if it truly desires peace, must be increasingly conscious of the links between natural ecology, or respect for nature, and human ecology. Experience shows that disregard for the environment always harms human coexistence, and vice versa. It becomes more and more evident that there is an inseparable link between peace with creation and peace among men. Both of these presuppose peace with God. The poem-prayer of Saint Francis, known as “the Canticle of Brother Sun”, is a wonderful and ever timely example of this multifaceted ecology of peace.

9. The close connection between these two ecologies can be understood from the increasingly serious problem of energy supplies. In recent years, new nations have entered enthusiastically into industrial production, thereby increasing their energy needs. This has led to an unprecedented race for available resources. Meanwhile, some parts of the planet remain backward and development is effectively blocked, partly because of the rise in energy prices. What will happen to those peoples? What kind of development or non-development will be imposed on them by the scarcity of energy supplies? What injustices and conflicts will be provoked by the race for energy sources? And what will be the reaction of those who are excluded from this race? These are questions that show how respect for nature is closely linked to the need to establish, between individuals and between nations, relationships that are attentive to the dignity of the person and capable of satisfying his or her authentic needs. The destruction of the environment, its improper or selfish use, and the violent hoarding of the earth's resources cause grievances, conflicts and wars, precisely because they are the consequences of an inhumane concept of development. Indeed, if development were limited to the technical-economic aspect, obscuring the moral-religious dimension, it would not be an integral human development, but a one-sided distortion which would end up by unleashing man's destructive capacities.

Reductive visions of man

10. Thus there is an urgent need, even within the framework of current international difficulties and tensions, for a commitment to a human ecology that can favour the growth of the “tree of peace”. For this to happen, we must be guided by a vision of the person untainted by ideological and cultural prejudices or by political and economic interests which can instil hatred and violence. It is understandable that visions of man will vary from culture to culture. Yet what cannot be admitted is the cultivation of anthropological conceptions that contain the seeds of hostility and violence. Equally unacceptable are conceptions of God that would encourage intolerance and recourse to violence against others. This is a point which must be clearly reaffirmed: war in God's name is never acceptable! When a certain notion of God is at the origin of criminal acts, it is a sign that that notion has already become an ideology.

11. Today, however, peace is not only threatened by the conflict between reductive visions of man, in other words, between ideologies. It is also threatened by indifference as to what constitutes man's true nature. Many of our contemporaries actually deny the existence of a specific human nature and thus open the door to the most extravagant interpretations of what essentially constitutes a human being. Here too clarity is necessary: a “weak” vision of the person, which would leave room for every conception, even the most bizarre, only apparently favours peace. In reality, it hinders authentic dialogue and opens the way to authoritarian impositions, ultimately leaving the person defenceless and, as a result, easy prey to oppression and violence.

Human rights and international organizations

12. A true and stable peace presupposes respect for human rights. Yet if these rights are grounded on a weak conception of the person, how can they fail to be themselves weakened? Here we can see how profoundly insufficient is a relativistic conception of the person when it comes to justifying and defending his rights. The difficulty in this case is clear: rights are proposed as absolute, yet the foundation on which they are supposed to rest is merely relative. Can we wonder that, faced with the “inconvenient” demands posed by one right or another, someone will come along to question it or determine that it should be set aside? Only if they are grounded in the objective requirements of the nature bestowed on man by the Creator, can the rights attributed to him be affirmed without fear of contradiction. It goes without saying, moreover, that human rights imply corresponding duties. In this regard, Mahatma Gandhi said wisely: “The Ganges of rights flows from the Himalaya of duties.” Clarity over these basic presuppositions is needed if human rights, nowadays constantly under attack, are to be adequately defended. Without such clarity, the expression “human rights” will end up being predicated of quite different subjects: in some cases, the human person marked by permanent dignity and rights that are valid always, everywhere and for everyone, in other cases a person with changing dignity and constantly negotiable rights, with regard to content, time and place.

13. The protection of human rights is constantly referred to by international bodies and, in particular, the United Nations Organization, which set itself the fundamental task of promoting the human rights indicated in the 1948 Universal Declaration. That Declaration is regarded as a sort of moral commitment assumed by all mankind. There is a profound truth to this, especially if the rights described in the Declaration are held to be based not simply on the decisions of the assembly that approved them, but on man's very nature and his inalienable dignity as a person created by God. Consequently it is important for international agencies not to lose sight of the natural foundation of human rights. This would enable them to avoid the risk, unfortunately ever-present, of sliding towards a merely positivistic interpretation of those rights. Were that to happen, the international bodies would end up lacking the necessary authority to carry out their role as defenders of the fundamental rights of the person and of peoples, the chief justification for their very existence and activity.

International humanitarian law and the internal law of States

14. The recognition that there exist inalienable human rights connected to our common human nature has led to the establishment of a body of international humanitarian law which States are committed to respect, even in the case of war. Unfortunately, to say nothing of past cases, this has not been consistently implemented in certain recent situations of war. Such, for example, was the case in the conflict that occurred a few months ago in southern Lebanon, where the duty “to protect and help innocent victims” and to avoid involving the civilian population was largely ignored. The heart-rending situation in Lebanon and the new shape of conflicts, especially since the terrorist threat unleashed completely new forms of violence, demand that the international community reaffirm international humanitarian law, and apply it to all present-day situations of armed conflict, including those not currently provided for by international law. Moreover, the scourge of terrorism demands a profound reflection on the ethical limits restricting the use of modern methods of guaranteeing internal security. Increasingly, wars are not declared, especially when they are initiated by terrorist groups determined to attain their ends by any means available. In the face of the disturbing events of recent years, States cannot fail to recognize the need to establish clearer rules to counter effectively the dramatic decline that we are witnessing. War always represents a failure for the international community and a grave loss for humanity. When, despite every effort, war does break out, at least the essential principles of humanity and the basic values of all civil coexistence must be safeguarded; norms of conduct must be established that limit the damage as far as possible and help to alleviate the suffering of civilians and of all the victims of conflicts(7).

15. Another disturbing issue is the desire recently shown by some States to acquire nuclear weapons. This has heightened even more the widespread climate of uncertainty and fear of a possible atomic catastrophe. We are brought back in time to the profound anxieties of the “cold war” period. When it came to an end, there was hope that the atomic peril had been definitively overcome and that mankind could finally breathe a lasting sigh of relief. How timely, in this regard, is the warning of the Second Vatican Council that “every act of war directed to the indiscriminate destruction of whole cities or vast areas with their inhabitants is a crime against God and humanity, which merits firm and unequivocal condemnation(8).” Unfortunately, threatening clouds continue to gather on humanity's horizon. The way to ensure a future of peace for everyone is found not only in international accords for the non-proliferation of nuclear weapons, but also in the determined commitment to seek their reduction and definitive dismantling. May every attempt be made to arrive through negotiation at the attainment of these objectives! The fate of the whole human family is at stake!

The Church as safeguard of the transcendence of the human person

16. Finally, I wish to make an urgent appeal to the People of God: let every Christian be committed to tireless peace-making and strenuous defence of the dignity of the human person and his inalienable rights.

With gratitude to the Lord for having called him to belong to his Church, which is “the sign and safeguard of the transcendental dimension of the human person”(9) in the world, the Christian will tirelessly implore from God the fundamental good of peace, which is of such primary importance in the life of each person. Moreover, he will be proud to serve the cause of peace with generous devotion, offering help to his brothers and sisters, especially those who, in addition to suffering poverty and need, are also deprived of this precious good. Jesus has revealed to us that “God is love” (1 Jn 4:8) and that the highest vocation of every person is love. In Christ we can find the ultimate reason for becoming staunch champions of human dignity and courageous builders of peace.

17. Let every believer, then, unfailingly contribute to the advancement of a true integral humanism in accordance with the teachings of the Encyclical Letters Populorum Progressio and Sollicitudo Rei Socialis, whose respective fortieth and twentieth anniversaries we prepare to celebrate this year. To the Queen of Peace, the Mother of Jesus Christ “our peace” (Eph 2:14), I entrust my urgent prayer for all humanity at the beginning of the year 2007, to which we look with hearts full of hope, notwithstanding the dangers and difficulties that surround us. May Mary show us, in her Son, the Way of peace, and enlighten our vision, so that we can recognize Christ's face in the face of every human person, the heart of peace!

From the Vatican, 8 December 2006.

BENEDICTUS PP. XVI


--------------------------------------------------------------------------------

(1) Cf. Catechism of the Catholic Church, 357.

(2) Sermo 169, 11, 13: PL 38, 923.

(3) No. 3.

(4) Homily at Islinger Feld, Regensburg, 12 September 2006.

(5) Cf. Congregation for the Doctrine of the Faith, Letter to the Bishops of the Catholic Church on the collaboration of men and women in the Church and in the world (31 May 2004), 15-16.

(6) No. 38.

(7) In this regard, the Catechism of the Catholic Church indicates strict and precise criteria: cf. 2307-2317.

(8) Pastoral Constitution Gaudium et Spes, 80.

(9) Ibid., 76.