MESSAGE
DE SA SAINTETÉ
BENOÎT XVI
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

JOURNÉE MONDIALE
DE LAPAIX

1er JANVIER 2008

FAMILLE HUMAINE, COMMUNAUTÉ DE PAIX

version plus simple expliquée

1. AU COMMENCEMENT d'une nouvelle année, je désire faire parvenir mes vœux fervents de paix, ainsi qu'un chaleureux message d'espérance, aux hommes et aux femmes du monde entier. Je le fais en proposant à la réflexion commune le thème par lequel j'ai ouvert ce message et qui me tient particulièrement à cœur: Famille humaine, communauté de paix. De fait, la première forme de communion entre des personnes est celle que l'amour suscite entre un homme et une femme décidés à s'unir de façon stable pour construire ensemble une nouvelle famille. Mais les peuples de la terre sont aussi appelés à instaurer entre eux des relations de solidarité et de collaboration, comme il revient aux membres de l'unique famille humaine: « Tous les peuples — a déclaré le Concile Vatican II — forment ensemble une seule communauté, ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter tout le genre humain sur toute la surface de la terre (cf. Ac 17, 26), et ont une seule fin dernière, qui est Dieu ».(1)


Famille, société et paix

2. La famille naturelle, en tant que profonde communion de vie et d'amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme,(2) constitue « le lieu premier d'‘humanisation' de la personne et de la société »,(3) le « berceau de la vie et de l'amour ».(4) Aussi, est-ce avec raison que la famille est qualifiée de première société naturelle, « une institution divine qui constitue le fondement de la vie des personnes, comme le prototype de tout ordre social ».(5)

3. En effet, dans une saine vie familiale, on fait l'expérience de certaines composantes fondamentales de la paix: la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner. C'est pourquoi, la famille est la première et irremplaçable éducatrice à la paix. Il n'est donc pas étonnant que la violence, si elle est perpétrée en famille, soit perçue comme particulièrement intolérable. Par conséquent, quand on affirme que la famille est « la cellule première et vitale de la société »,(6) on dit quelque chose d'essentiel. La famille est aussi un fondement de la société pour la raison suivante: parce qu'elle permet de faire des expériences déterminantes de paix. Il en découle que la communauté humaine ne peut se passer du service que la famille remplit. Où donc l'être humain en formation pourrait-il apprendre à goûter la « saveur » authentique de la paix mieux que dans le « nid » originel que la nature lui prépare? Le lexique familial est un lexique de paix; c'est là qu'il est nécessaire de toujours puiser pour ne pas perdre l'usage du vocabulaire de la paix. Dans l'inflation des langages, la société ne peut pas perdre la référence à cette « grammaire » que tout enfant apprend des gestes et des regards de sa mère et de son père, avant même que de l'apprendre de leurs paroles.

4. Puisqu'elle a le devoir d'éduquer ses membres, la famille est détentrice de droits spécifiques. La Déclaration universelle des droits de l'homme elle-même, qui constitue un acquis de civilisation juridique de valeur vraiment universelle, affirme que « la famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'État ».(7) Pour sa part, le Saint-Siège a voulu reconnaître une dignité juridique spéciale à la famille en publiant la Charte des droits de la famille. Dans le Préambule on lit: « Les droits de la personne, bien qu'exprimés en tant que droits de l'individu, ont une dimension foncièrement sociale qui trouve dans la famille son expression innée et vitale ».(8) Les droits énoncés dans la Charte sont une expression et une explicitation de la loi naturelle, inscrite dans le cœur de l'être humain et manifestée à lui par la raison. La négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l'homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes.

5. Par conséquent, celui qui, même inconsciemment, entrave l'institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu'il affaiblit ce qui, de fait, est la principale «agence» de paix. C'est là un point qui mérite une réflexion particulière: tout ce qui contribue à affaiblir la famille fondée sur le mariage d'un homme et d'une femme, ce qui directement ou indirectement freine sa disponibilité à accueillir de manière responsable une nouvelle vie, ce qui entrave son droit à être la première responsable de l'éducation des enfants, constitue un obstacle objectif sur le chemin de la paix. La famille a besoin de logement, de travail et d'une juste reconnaissance de l'activité domestique des parents, de l'école pour les enfants, de l'assistance médicale de base pour tous. Quand la société et la politique ne s'engagent pas à aider la famille dans ces domaines, elles se privent d'une ressource essentielle au service de la paix. En particulier, les moyens de communication sociale, par les potentialités éducatives dont ils disposent, ont une responsabilité spéciale pour promouvoir le respect de la famille, pour illustrer ses attentes et ses droits, pour mettre en évidence sa beauté.

L'humanité est une grande famille

6. Pour vivre en paix, la communauté sociale est aussi appelée à s'inspirer des valeurs sur lesquelles se fonde la communauté familiale. Cela vaut pour les communautés locales comme pour les communautés nationales; cela vaut plus encore pour la communauté des peuples elle-même, pour la famille humaine qui vit dans la maison commune qu'est la terre. Dans cette perspective cependant, on ne peut oublier que la famille naît du « oui » responsable et définitif d'un homme et d'une femme, et qu'elle vit du « oui » conscient des enfants qui viennent peu à peu en faire partie. Pour prospérer, la communauté familiale a besoin de l'accord généreux de tous ses membres. Il est nécessaire que cette conscience devienne aussi une conviction partagée par ceux qui sont appelés à former la commune famille humaine. Il faut savoir dire son propre « oui » à la vocation que Dieu a inscrite dans notre nature elle-même. Nous ne vivons pas les uns à côté des autres par hasard; nous parcourons tous un même chemin comme hommes et donc comme frères et sœurs. Aussi est-il essentiel que chacun s'engage à vivre sa propre existence dans une attitude de responsabilité devant Dieu, reconnaissant en Lui la source originaire de sa propre existence comme de celle d'autrui. C'est en remontant à ce Principe suprême que peut être perçue la valeur inconditionnelle de tout être humain, et que peuvent être ainsi posées les conditions pour l'édification d'une humanité pacifiée. Sans ce Fondement transcendant, la société est seulement un conglomérat de voisins, non une communauté de frères et de sœurs, appelés à former une grande famille.

Famille, communauté humaine et environnement

7. La famille a besoin d'une maison, d'un milieu à sa mesure où puissent se tisser des relations entre ses membres. S'agissant de la famille humaine, cette maison c'est la terre, le milieu que Dieu Créateur nous a donné pour que nous y habitions de manière créative et responsable. Nous devons avoir soin de l'environnement: il a été confié à l'homme pour qu'il le garde et le protège dans une liberté responsable, en ayant toujours en vue, comme critère d'appréciation, le bien de tous. L'être humain a évidemment une primauté de valeur sur toute la création. Respecter l'environnement ne veut pas dire que l'on considère la nature matérielle ou animale comme plus importante que l'homme. Cela veut plutôt dire que l'individu peut la considérer de manière égoïste comme étant à l'entière disposition de ses propres intérêts, car les générations à venir ont aussi le droit de tirer des bénéfices de la création, mettant en œuvre, ce faisant, la même liberté responsable que nous revendiquons pour nous- mêmes. Il ne faut pas non plus que les pauvres soient oubliés, eux qui, en bien des cas, sont exclus de la destination universelle des biens de la création. De nos jours, l'humanité s'inquiète pour l'avenir de l'équilibre écologique. À cet égard, il convient que les évaluations se fassent avec prudence, dans un dialogue entre experts et sages, sans précipitations idéologiques vers des conclusions hâtives et surtout en recherchant ensemble un modèle de développement durable qui garantisse le bien-être de tous dans le respect des équilibres écologiques. Si la protection de l'environnement a des coûts, il faut qu'ils soient répartis de manière juste, en tenant compte des différences de développement des divers pays et de la solidarité avec les générations futures. Agir avec prudence ne signifie pas ne pas prendre en main ses responsabilités et renvoyer à plus tard les décisions; cela veut plutôt dire s'engager à prendre ensemble ces décisions, non sans avoir au préalable examiné, de manière responsable, la voie à emprunter, dans le but de renforcer l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons.

8. Il est fondamental à cet égard de « penser » la terre comme « notre maison commune » et, pour qu'elle soit au service de tous, d'opter, quand il s'agit de la gérer, pour la voie du dialogue plutôt que pour celle des choix unilatéraux. Si cela est nécessaire, on peut accroître les lieux institutionnels au niveau international, pour mener à bien, de manière concertée, le gouvernement de cette « maison » qui est nôtre; toutefois, il importe d'abord de faire mûrir dans les consciences la conviction qu'il nous faut collaborer ensemble de manière responsable. Les problèmes qui se profilent à l'horizon sont complexes et urgents. Pour affronter cette situation avec efficacité, il convient d'agir de manière concertée. Il est un domaine où il serait en particulier nécessaire d'intensifier le dialogue entre les nations, c'est celui de la gestion des ressources énergétiques de la planète. À cet égard, les pays technologiquement avancés sont confrontés à une double urgence: il faut, d'une part, qu'ils revoient leurs habitudes exagérées en matière de consommation, liées au modèle actuel de développement et que, d'autre part, ils pourvoient aux investissements adaptés en vue de la diversification des sources d'énergie et de l'amélioration de son utilisation. Les pays émergents ont de grands besoins énergétiques, mais il arrive que ces besoins soient satisfaits au détriment des pays pauvres qui, à cause de l'insuffisance de leurs infrastructures même sur le plan technologique, sont obligés de vendre à bas prix les ressources énergétiques dont ils disposent. Parfois, leur liberté politique elle-même est mise en cause par des formes de protectorat ou tout au moins de conditionnement qui apparaissent clairement humiliantes.

Famille, communauté humaine et économie

9. Une condition essentielle de la paix dans chaque famille réside dans le fait que cette dernière s'appuie sur le fondement solide de valeurs spirituelles et éthiques communes. Mais il faut aussi ajouter que la famille fait une authentique expérience de paix quand chacun de ses membres est assuré d'avoir le nécessaire et quand le patrimoine familial — fruit du travail de certains, de l'épargne d'autres et de l'active collaboration de tous — est bien géré, dans la solidarité, sans excès ni gaspillage. Pour qu'il y ait la paix dans la famille, il faut donc que, d'une part, il y ait une ouverture à un patrimoine transcendant de valeurs et que, d'autre part — et cela n'est pas moins important —, il y ait en même temps une bonne gestion tant des biens matériels que des relations entre les personnes. Négliger ces aspects a pour conséquence que la confiance réciproque est compromise en raison des incertitudes qui menacent l'avenir du noyau familial.

10. On peut appliquer ces réflexions à l'autre grande famille qu'est l'humanité dans son ensemble. Alors qu'elle connaît aujourd'hui une unité plus grande du fait de la mondialisation, la famille humaine a, elle aussi, besoin, en plus du fondement de valeurs communes, d'une économie qui puisse répondre vraiment aux exigences d'un bien commun de dimension planétaire. À cet égard, la référence à la famille naturelle se révèle aussi particulièrement significative. Il faut promouvoir des relations justes et sincères entre les individus et entre les peuples, afin que, sur un plan d'égalité et de justice, tous puissent être en mesure de collaborer. En même temps, il faut que l'on mette tout en œuvre pour assurer une sage utilisation des ressources et une distribution équitable des richesses. En particulier, les aides données aux pays pauvres doivent répondre à des critères d'une saine logique économique, en évitant les gaspillages qui, finalement, conduisent surtout au maintien d'appareils bureaucratiques coûteux. Il convient encore de ne pas perdre de vue l'exigence morale, faisant en sorte que l'organisation économique ne résulte pas seulement des lois rigoureuses du gain immédiat, qui peuvent s'avérer inhumaines.

Famille, communauté humaine et loi morale

11. Une famille vit en paix si tous ceux qui la composent se plient à une norme commune: cela permet de contrecarrer l'individualisme égoïste et de créer des liens entre chacun de ses membres, favorisant ainsi leur coexistence harmonieuse et leur collaboration dans un but commun. En soi évident, ce critère vaut aussi pour les communautés plus larges: allant du niveau local, national, jusqu'à la communauté internationale elle-même. Pour qu'il y ait la paix, il faut une loi commune, qui permette à la liberté d'être vraiment elle-même, et non pas un arbitraire aveugle, et qui protège le faible des abus du plus fort. Dans la famille des peuples, on observe de nombreux comportements arbitraires, que ce soit à l'intérieur des États ou dans les relations mutuelles entre les États. Il existe en outre bien des situations où le faible est obligé de s'incliner non pas devant les exigences de la justice mais devant la seule force de celui qui a plus de moyens que lui. Répétons-le: la force doit toujours être disciplinée par la loi et cela doit se vérifier aussi dans les relations entre États souverains.

12. À bien des reprises, l'Église s'est prononcée sur la nature et la fonction de la loi: la norme juridique, qui régule les rapports entre les personnes, en disciplinant les comportements extérieurs et en prévoyant aussi des sanctions pour ceux qui transgressent ces dispositions, a comme critère la norme morale fondée sur la nature des choses. La raison humaine est en outre capable de la discerner au moins au niveau des exigences fondamentales, en remontant à la Raison créatrice de Dieu, qui est à l'origine de tout. Cette norme morale doit réguler les choix des consciences et orienter tous les comportements des êtres humains. Existe-t-il des normes juridiques pour les rapports entre les nations qui forment la famille humaine? Et, si elles existent, sont-elles efficaces? La réponse est oui, ces normes existent, mais pour qu'elles soient vraiment efficaces il faut remonter à la norme morale naturelle, fondement de la norme juridique, sinon cette dernière reste soumise à des consensus fragiles et éphémères.

13. La connaissance de la norme morale naturelle n'est pas réservée à l'homme qui rentre en lui-même et qui, face à sa destinée, s'interroge sur la logique interne des aspirations les plus profondes qu'il discerne en lui. Non sans perplexité ni incertitudes, il peut arriver à découvrir, au moins dans ses lignes essentielles, cette loi morale commune qui, au-delà des différences culturelles, permet aux êtres humains de se comprendre entre eux en ce qui concerne les aspects les plus importants du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Il est indispensable de revenir à cette loi fondamentale et de consacrer à cette recherche le meilleur de nos énergies intellectuelles, sans se laisser décourager par les équivoques ou les sous-entendus. De fait, des valeurs enracinées dans la loi naturelle, même si c'est de manière fragmentaire et pas toujours cohérente, sont présentes dans les accords internationaux, dans les formes d'autorité universellement reconnues, dans les principes du droit humanitaire reçus dans les législations des États ou dans les statuts des Organismes internationaux. L'humanité n'est pas « sans loi ». Il est toutefois urgent de poursuivre le dialogue sur ces questions, faisant en sorte que les États parviennent dans leurs législations à une reconnaissance convergente des droits humains fondamentaux. Le progrès de la culture juridique dans le monde dépend entre autre de l'engagement visant à rendre plus effectives les normes internationales ayant un contenu profondément humain, afin d'éviter qu'elles ne se réduisent à des procédures faciles à contourner pour des motifs égoïstes ou idéologiques.

Dépassement des conflits et désarmement

14. De nos jours, l'humanité vit malheureusement de grandes divisions et de durs conflits qui jettent de sombres perspectives sur son avenir. De vastes régions de la planète connaissent des tensions croissantes, et le danger que de plus en plus de pays deviennent détenteurs de l'arme nucléaire suscite de légitimes appréhensions chez toute personne responsable. On assiste encore aujourd'hui à de nombreuses guerres civiles dans le continent africain, même si l'on y observe, pour un certain nombre de pays, des progrès dans la liberté et dans la démocratie. Le Moyen-Orient reste le théâtre de conflits et d'attentats qui ont des conséquences sur les nations et les régions limitrophes, risquant de les entraîner dans la spirale de la violence. D'une manière plus générale, on doit constater avec regret que le nombre des États qui sont pris dans la course aux armements est en augmentation: même des nations en voie de développement consacrent une part importante de leur maigre produit intérieur à l'achat d'armes. Ce funeste commerce se développe grâce à de multiples responsabilités: il y a les pays du monde industrialisé, qui tirent de gros profits de cette vente d'armes et il y a les oligarchies dominantes en de nombreux pays pauvres, qui veulent renforcer leur position par l'achat d'armes toujours plus sophistiquées. En des temps si difficiles, il est vraiment nécessaire que se mobilisent toutes les personnes de bonne volonté pour que soient trouvés des accords concrets en vue d'une démilitarisation efficace, surtout en ce qui concerne les armes nucléaires. Alors que le processus de non-prolifération nucléaire se voit ralenti, je me sens obligé d'exhorter les Autorités à reprendre avec une détermination plus ferme les négociations visant au démantèlement progressif et concerté des armes nucléaires existantes. En renouvelant cet appel, je sais que je me fais l'écho du vœu que forment tous ceux qui ont à cœur l'avenir de l'humanité.

15. Il y a pratiquement soixante ans l'Organisation des Nations unies rendait solennellement publique la Déclaration universelle des Droits de l'homme (1948-2008). Par ce document, la famille humaine a voulu réagir aux horreurs de la Deuxième Guerre mondiale en reconnaissant son unité fondée sur l'égale dignité de tous les hommes et en mettant au centre de la convivialité humaine le respect des droits fondamentaux de tout individu et de tout peuple: ce fut là un pas décisif sur le difficile et exigeant chemin vers la concorde et la paix. Il est bon aussi de mentionner la célébration du 25e anniversaire de l'adoption par le Saint-Siège de la Charte des droits de la famille (1983-2008), ainsi que le 40e anniversaire de la célébration de la première Journée mondiale de la Paix (1968-2008). Fruit d'une intuition providentielle du Pape Paul VI, poursuivie avec une grande conviction par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, la célébration de cette Journée a permis à l'Église, au fil des années, de développer, à travers les Messages publiés à cette occasion, une doctrine lumineuse en faveur de ce bien humain fondamental. À la lumière de ces célébrations significatives, j'invite tous les hommes et toutes les femmes à prendre une conscience plus claire de leur appartenance commune à l'unique famille humaine et à s'employer pour que la convivialité sur la terre soit toujours davantage le reflet de cette conviction, dont dépend l'instauration d'une paix véritable et durable. J'invite aussi les croyants à implorer Dieu inlassablement, pour qu'il accorde le grand don de la paix. Quant aux chrétiens, ils savent qu'ils peuvent se confier à l'intercession de Celle qui, étant la Mère du Fils de Dieu qui s'est fait chair pour le salut de l'humanité tout entière, est notre Mère à tous.

À tous, j'offre mes vœux d'heureuse année nouvelle!

Du Vatican, le 8 décembre 2007.
BENEDICTUS PP. XVI

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(1) Conc. œcum. Vat. II, Décret Nostra aetate, n.1.

(2) Cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n.48.

(3) Jean-Paul II, Exhort. apost. Christifideles laici (30 décembre 1988), n.40: AAS 81 (1989), p.469: La Documentation catholique 86 (1989), p.176.

(4) Ibidem.

(5) Conseil pont. Justice et Paix, Compendium de la doctrine sociale de l'Église, n.211.

(6) Conc. œcum. Vat. II, Décret Apostolicam actuositatem, n.11.

(7) Art. 16/3.

(8) Conseil pont. pour la Famille, Charte des droits de la famille (24novembre 1983), Préambule, A.: La documentation catholique, 80 (1983), p.1154.



MESSAGE
OF HIS HOLINESS
POPE BENOÎT XVI
FOR THE CELEBRATION OF THE
WORLD DAY OF PEACE

1 JANUARY 2008



THE HUMAN FAMILY, A COMMUNITY OF PEACE

1. At the beginning of a New Year, I wish to send my fervent good wishes for peace, together with a heartfelt message of hope to men and women throughout the world. I do so by offering for our common reflection the theme which I have placed at the beginning of this message. It is one which I consider particularly important: the human family, a community of peace. The first form of communion between persons is that born of the love of a man and a woman who decide to enter a stable union in order to build together a new family. But the peoples of the earth, too, are called to build relationships of solidarity and cooperation among themselves, as befits members of the one human family: “All peoples”—as the Second Vatican Council declared—“are one community and have one origin, because God caused the whole human race to dwell on the face of the earth (cf. Acts 17:26); they also have one final end, God”(1).

The family, society and peace

2. The natural family, as an intimate communion of life and love, based on marriage between a man and a woman(2), constitutes “the primary place of ‘humanization' for the person and society”(3), and a “cradle of life and love”(4). The family is therefore rightly defined as the first natural society, “a divine institution that stands at the foundation of life of the human person as the prototype of every social order”(5).

3. Indeed, in a healthy family life we experience some of the fundamental elements of peace: justice and love between brothers and sisters, the role of authority expressed by parents, loving concern for the members who are weaker because of youth, sickness or old age, mutual help in the necessities of life, readiness to accept others and, if necessary, to forgive them. For this reason, the family is the first and indispensable teacher of peace. It is no wonder, therefore, that violence, if perpetrated in the family, is seen as particularly intolerable. Consequently, when it is said that the family is “the primary living cell of society”(6), something essential is being stated. The family is the foundation of society for this reason too: because it enables its members in decisive ways to experience peace. It follows that the human community cannot do without the service provided by the family. Where can young people gradually learn to savour the genuine “taste” of peace better than in the original “nest” which nature prepares for them? The language of the family is a language of peace; we must always draw from it, lest we lose the “vocabulary” of peace. In the inflation of its speech, society cannot cease to refer to that “grammar” which all children learn from the looks and the actions of their mothers and fathers, even before they learn from their words.

4. The family, since it has the duty of educating its members, is the subject of specific rights. The Universal Declaration of Human Rights, which represents a landmark of juridic civilization of truly universal value, states that “the family is the natural and fundamental group unit of society and is entitled to protection by society and the State”(7). For its part, the Holy See sought to acknowledge a special juridic dignity proper to the family by publishing the Charter of the Rights of the Family. In its Preamble we read: “the rights of the person, even if they are expressed as rights of the individual, have a fundamental social dimension which finds an innate and vital expression in the family”(8). The rights set forth in the Charter are an expression and explicitation of the natural law written on the heart of the human being and made known to him by reason. The denial or even the restriction of the rights of the family, by obscuring the truth about man, threatens the very foundations of peace.

5. Consequently, whoever, even unknowingly, circumvents the institution of the family undermines peace in the entire community, national and international, since he weakens what is in effect the primary agency of peace. This point merits special reflection: everything that serves to weaken the family based on the marriage of a man and a woman, everything that directly or indirectly stands in the way of its openness to the responsible acceptance of a new life, everything that obstructs its right to be primarily responsible for the education of its children, constitutes an objective obstacle on the road to peace. The family needs to have a home, employment and a just recognition of the domestic activity of parents, the possibility of schooling for children, and basic health care for all. When society and public policy are not committed to assisting the family in these areas, they deprive themselves of an essential resource in the service of peace. The social communications media, in particular, because of their educational potential, have a special responsibility for promoting respect for the family, making clear its expectations and rights, and presenting all its beauty.

Humanity is one great family

6. The social community, if it is to live in peace, is also called to draw inspiration from the values on which the family community is based. This is as true for local communities as it is for national communities; it is also true for the international community itself, for the human family which dwells in that common house which is the earth. Here, however, we cannot forget that the family comes into being from the responsible and definitive “yes” of a man and a women, and it continues to live from the conscious “yes” of the children who gradually join it. The family community, in order to prosper, needs the generous consent of all its members. This realization also needs to become a shared conviction on the part of all those called to form the common human family. We need to say our own “yes” to this vocation which God has inscribed in our very nature. We do not live alongside one another purely by chance; all of us are progressing along a common path as men and women, and thus as brothers and sisters. Consequently, it is essential that we should all be committed to living our lives in an attitude of responsibility before God, acknowledging him as the deepest source of our own existence and that of others. By going back to this supreme principle we are able to perceive the unconditional worth of each human being, and thus to lay the premises for building a humanity at peace. Without this transcendent foundation society is a mere aggregation of neighbours, not a community of brothers and sisters called to form one great family.

The family, the human community and the environment

7. The family needs a home, a fit environment in which to develop its proper relationships. For the human family, this home is the earth, the environment that God the Creator has given us to inhabit with creativity and responsibility. We need to care for the environment: it has been entrusted to men and women to be protected and cultivated with responsible freedom, with the good of all as a constant guiding criterion. Human beings, obviously, are of supreme worth vis-à-vis creation as a whole. Respecting the environment does not mean considering material or animal nature more important than man. Rather, it means not selfishly considering nature to be at the complete disposal of our own interests, for future generations also have the right to reap its benefits and to exhibit towards nature the same responsible freedom that we claim for ourselves. Nor must we overlook the poor, who are excluded in many cases from the goods of creation destined for all. Humanity today is rightly concerned about the ecological balance of tomorrow. It is important for assessments in this regard to be carried out prudently, in dialogue with experts and people of wisdom, uninhibited by ideological pressure to draw hasty conclusions, and above all with the aim of reaching agreement on a model of sustainable development capable of ensuring the well-being of all while respecting environmental balances. If the protection of the environment involves costs, they should be justly distributed, taking due account of the different levels of development of various countries and the need for solidarity with future generations. Prudence does not mean failing to accept responsibilities and postponing decisions; it means being committed to making joint decisions after pondering responsibly the road to be taken, decisions aimed at strengthening that covenant between human beings and the environment, which should mirror the creative love of God, from whom we come and towards whom we are journeying.

8. In this regard, it is essential to “sense” that the earth is “our common home” and, in our stewardship and service to all, to choose the path of dialogue rather than the path of unilateral decisions. Further international agencies may need to be established in order to confront together the stewardship of this “home” of ours; more important, however, is the need for ever greater conviction about the need for responsible cooperation. The problems looming on the horizon are complex and time is short. In order to face this situation effectively, there is a need to act in harmony. One area where there is a particular need to intensify dialogue between nations is that of the stewardship of the earth's energy resources. The technologically advanced countries are facing two pressing needs in this regard: on the one hand, to reassess the high levels of consumption due to the present model of development, and on the other hand to invest sufficient resources in the search for alternative sources of energy and for greater energy efficiency. The emerging counties are hungry for energy, but at times this hunger is met in a way harmful to poor countries which, due to their insufficient infrastructures, including their technological infrastructures, are forced to undersell the energy resources they do possess. At times, their very political freedom is compromised by forms of protectorate or, in any case, by forms of conditioning which appear clearly humiliating.

Family, human community and economy

9. An essential condition for peace within individual families is that they should be built upon the solid foundation of shared spiritual and ethical values. Yet it must be added that the family experiences authentic peace when no one lacks what is needed, and when the family patrimony—the fruit of the labour of some, the savings of others, and the active cooperation of all—is well-managed in a spirit of solidarity, without extravagance and without waste. The peace of the family, then, requires an openness to a transcendent patrimony of values, and at the same time a concern for the prudent management of both material goods and inter-personal relationships. The failure of the latter results in the breakdown of reciprocal trust in the face of the uncertainty threatening the future of the nuclear family.

10. Something similar must be said for that other family which is humanity as a whole. The human family, which today is increasingly unified as a result of globalization, also needs, in addition to a foundation of shared values, an economy capable of responding effectively to the requirements of a common good which is now planetary in scope. Here too, a comparison with the natural family proves helpful. Honest and straightforward relationships need to be promoted between individual persons and between peoples, thus enabling everyone to cooperate on a just and equal footing. Efforts must also be made to ensure a prudent use of resources and an equitable distribution of wealth. In particular, the aid given to poor countries must be guided by sound economic principles, avoiding forms of waste associated principally with the maintenance of expensive bureaucracies. Due account must also be taken of the moral obligation to ensure that the economy is not governed solely by the ruthless laws of instant profit, which can prove inhumane.

The family, the human community and the moral law

11. A family lives in peace if all its members submit to a common standard: this is what prevents selfish individualism and brings individuals together, fostering their harmonious coexistence and giving direction to their work. This principle, obvious as it is, also holds true for wider communities: from local and national communities to the international community itself. For the sake of peace, a common law is needed, one which would foster true freedom rather than blind caprice, and protect the weak from oppression by the strong. The family of peoples experiences many cases of arbitrary conduct, both within individual States and in the relations of States among themselves. In many situations the weak must bow not to the demands of justice, but to the naked power of those stronger than themselves. It bears repeating: power must always be disciplined by law, and this applies also to relations between sovereign States.

12. The Church has often spoken on the subject of the nature and function of law: the juridic norm, which regulates relationships between individuals, disciplines external conduct and establishes penalties for offenders, has as its criterion the moral norm grounded in nature itself. Human reason is capable of discerning this moral norm, at least in its fundamental requirements, and thus ascending to the creative reason of God which is at the origin of all things. The moral norm must be the rule for decisions of conscience and the guide for all human behaviour. Do juridic norms exist for relationships between the nations which make up the human family? And if they exist, are they operative? The answer is: yes, such norms exist, but to ensure that they are truly operative it is necessary to go back to the natural moral norm as the basis of the juridic norm; otherwise the latter constantly remains at the mercy of a fragile and provisional consensus.

13. Knowledge of the natural moral norm is not inaccessible to those who, in reflecting on themselves and their destiny, strive to understand the inner logic of the deepest inclinations present in their being. Albeit not without hesitation and doubt, they are capable of discovering, at least in its essential lines, this common moral law which, over and above cultural differences, enables human beings to come to a common understanding regarding the most important aspects of good and evil, justice and injustice. It is essential to go back to this fundamental law, committing our finest intellectual energies to this quest, and not letting ourselves be discouraged by mistakes and misunderstandings. Values grounded in the natural law are indeed present, albeit in a fragmentary and not always consistent way, in international accords, in universally recognized forms of authority, in the principles of humanitarian law incorporated in the legislation of individual States or the statutes of international bodies. Mankind is not “lawless”. All the same, there is an urgent need to persevere in dialogue about these issues and to encourage the legislation of individual States to converge towards a recognition of fundamental human rights. The growth of a global juridic culture depends, for that matter, on a constant commitment to strengthen the profound human content of international norms, lest they be reduced to mere procedures, easily subject to manipulation for selfish or ideological reasons.

Overcoming conflicts and disarmament

14. Humanity today is unfortunately experiencing great division and sharp conflicts which cast dark shadows on its future. Vast areas of the world are caught up in situations of increasing tension, while the danger of an increase in the number of countries possessing nuclear weapons causes well-founded apprehension in every responsible person. Many civil wars are still being fought in Africa, even though a number of countries there have made progress on the road to freedom and democracy. The Middle East is still a theatre of conflict and violence, which also affects neighbouring nations and regions and risks drawing them into the spiral of violence. On a broader scale, one must acknowledge with regret the growing number of States engaged in the arms race: even some developing nations allot a significant portion of their scant domestic product to the purchase of weapons. The responsibility for this baneful commerce is not limited: the countries of the industrially developed world profit immensely from the sale of arms, while the ruling oligarchies in many poor countries wish to reinforce their stronghold by acquiring ever more sophisticated weaponry. In difficult times such as these, it is truly necessary for all persons of good will to come together to reach concrete agreements aimed at an effective demilitarization, especially in the area of nuclear arms. At a time when the process of nuclear non-proliferation is at a stand-still, I feel bound to entreat those in authority to resume with greater determination negotiations for a progressive and mutually agreed dismantling of existing nuclear weapons. In renewing this appeal, I know that I am echoing the desire of all those concerned for the future of humanity.

15. Sixty years ago the United Nations Organization solemnly issued the Universal Declaration of Human Rights (1948-2008). With that document the human family reacted against the horrors of the Second World War by acknowledging its own unity, based on the equal dignity of all men and women, and by putting respect for the fundamental rights of individuals and peoples at the centre of human coexistence. This was a decisive step forward along the difficult and demanding path towards harmony and peace. This year also marks the 25th anniversary of the Holy See's adoption of the Charter of the Rights of the Family (1983-2008) and the 40th anniversary of the celebration of the first World Day of Peace (1968-2008). Born of a providential intuition of Pope Paul VI and carried forward with great conviction by my beloved and venerable predecessor Pope John Paul II, the celebration of this Day of Peace has made it possible for the Church, over the course of the years, to present in these Messages an instructive body of teaching regarding this fundamental human good. In the light of these significant anniversaries, I invite every man and woman to have a more lively sense of belonging to the one human family, and to strive to make human coexistence increasingly reflect this conviction, which is essential for the establishment of true and lasting peace. I likewise invite believers to implore tirelessly from God the great gift of peace. Christians, for their part, know that they can trust in the intercession of Mary, who, as the Mother of the Son of God made flesh for the salvation of all humanity, is our common Mother.

To all my best wishes for a joyful New Year!

From the Vatican, 8 December 2007

BENEDICTUS PP. XVI


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(1) Declaration Nostra Aetate, 1.

(2) Cf. Second Vatican Council, Pastoral Constitution Gaudium et Spes, 48.

(3) John Paul II, Apostolic Exhortation Christifideles Laici, 40: AAS 81 (1989), 469.

(4) Ibid.

(5) Pontifical Council for Justice and Peace, Compendium of the Social Doctrine of the Church, No. 211.

(6) Second Vatican Council, Decree Apostolicam Actuositatem, 11.

(7) Art. 16/3.

(8) Holy See, Charter of the Rights of the Family, 24 November 1983, Preamble, A.