MESSAGE
DU PAPE FRANCOIS
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

47ème JOURNÉE MONDIALE
DE LA PAIX

1er JANVIER 2014

« Fraternité, fondement et chemin de la paix »


Journée mondiale de la paix :

Texte complet

LE PAPE FRANÇOIS, ANNONCE LE THEME POUR LA XLVII JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX

Cité du Vatican, 31 juillet 2013 (VIS)." Fraternité, fondement et chemin de la paix ". Tel est le thème de la 47ème Journée mondiale de la Paix, la première du Pape François.

La Journée mondiale de la Paix a été voulue par Paul VI et elle est célébrée le premier jour de chaque année. Le Message pour cette Journée mondiale est transmis aux Églises particulières et aux chancelleries du monde entier, pour rappeler la valeur essentielle de la paix et la nécessité d’œuvrer sans relâche pour l’obtenir.

Le Pape François a choisi la fraternité comme thème de son premier Message pour la Journée mondiale de la Paix. Dès le début de son ministère d’Évêque de Rome, le Pape a souligné l'importance de dépasser une " culture du rebut " et de promouvoir la " culture de la rencontre ", en vue de la réalisation d'un monde plus juste et pacifique.

La fraternité est un don que chaque homme et chaque femme reçoit en tant qu'être humain, fils et fille d'un même Père. Face aux nombreux drames qui touchent la famille des peuples – pauvreté, faim, sous-développement, conflits, migrations, pollution, inégalité, injustice, criminalité organisée, fondamentalismes –, la fraternité est fondement et chemin de la paix.

La culture du bien-être fait perdre le sens de la responsabilité et de la relation fraternelle. Les autres, au lieu d’être nos " semblables ", apparaissent comme des antagonistes ou des ennemis et ils sont souvent " chosifiés ". Il n'est pas rare que les pauvres et les nécessiteux soient considérés comme un " fardeau ", un obstacle au développement. Dans le meilleur des cas, ils reçoivent une aide sous forme d’assistanat ou sont l'objet de compassion. C'est-à-dire qu'ils ne sont plus considérés comme des frères, appelés à partager les dons de la création, les biens du progrès et de la culture, à participer en plénitude à la même table de la vie, à être les protagonistes du développement intégral et inclusif.

Don et engagement venant de Dieu le Père, la fraternité encourage à être solidaires contre l'inégalité et la pauvreté qui affaiblissent la vie sociale, à prendre soin de chaque personne – en particulier du plus petit et sans défense – à l'aimer comme soi-même, avec le cœur-même de Jésus-Christ.

Dans un monde qui développe constamment son interdépendance, ne doit pas manquer le bien de la fraternité, qui peut vaincre l’expansion de cette mondialisation de l'indifférence, à laquelle le Pape François a plusieurs fois fait allusion. La mondialisation de l’indifférence doit laisser la place à une mondialisation de la fraternité.

La fraternité doit marquer de son empreinte tous les aspects de la vie, y compris l'économie, les finances, la société civile, la politique, la recherche, le développement, ainsi que les institutions publiques et culturelles.

Au début de son ministère, le Pape François, par un message qui se situe en continuité avec celui de ses Prédécesseurs, propose à tous le chemin de la fraternité, pour donner au monde un visage plus humain.


Texte Complet :

MESSAGE POUR LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX 2014

Cité du Vatican, 12 décembre 2013 (VIS). "La fraternité, fondement et route pour la paix" est le titre choisi par le Pape François pour son premier message pour la Journée mondiale de la paix (qui sera célébrée le 1 janvier prochain). En voici la version française intégrale:

"Dans mon premier message pour la Journée mondiale de la Paix je désire adresser à tous, personnes et peuples, le vœu d’une existence pleine de joie et d’espérance. Dans le cœur de chaque homme et de chaque femme habite en effet le désir d’une vie pleine, à laquelle appartient une soif irrépressible de fraternité, qui pousse vers la communion avec les autres, en qui nous ne trouvons pas des ennemis ou des concurrents, mais des frères à accueillir et à embrasser.

En effet, la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel. La vive conscience d’être en relation nous amène à voir et à traiter chaque personne comme une vraie sœur et un vrai frère; sans cela, la construction d’une société juste, d’une paix solide et durable devient impossible. Et il faut immédiatement rappeler que la fraternité commence habituellement à s’apprendre au sein de la famille, surtout grâce aux rôles responsables et complémentaires de tous ses membres, en particulier du père et de la mère. La famille est la source de toute fraternité, et par conséquent elle est aussi le fondement et la première route de la paix, puisque par vocation, elle devrait gagner le monde par son amour.

Le nombre toujours croissant d’interconnexions et de communications qui enveloppent notre planète rend plus palpable la conscience de l’unité et du partage d’un destin commun entre les nations de la terre. Dans les dynamismes de l’histoire, de même que dans la diversité des ethnies, des sociétés et des cultures, nous voyons ainsi semée la vocation à former une communauté composée de frères qui s’accueillent réciproquement, en prenant soin les uns des autres. Mais une telle vocation est encore aujourd’hui souvent contrariée et démentie par les faits, dans un monde caractérisé par cette mondialisation de l’indifférence, qui nous fait lentement nous habituer à la souffrance de l’autre, en nous fermant sur nous-mêmes.

Dans de nombreuses parties du monde, la grave atteinte aux droits humains fondamentaux, surtout au droit à la vie et à la liberté religieuse ne semble pas connaître de pause. Le tragique phénomène du trafic des êtres humains, sur la vie et le désespoir desquels spéculent des personnes sans scrupules, en représente un exemple inquiétant. Aux guerres faites d’affrontements armés, s’ajoutent des guerres moins visibles, mais non moins cruelles, qui se livrent dans le doma ine économique et financier avec des moyens aussi destructeurs de vies, de familles, d’entreprises.

Comme l’a affirmé Benoît XVI, la mondialisation nous rend proches, mais ne nous rend pas frères. En outre, les nombreuses situations d’inégalités, de pauvreté et d’injustice, signalent non seulement une carence profonde de fraternité, mais aussi l’absence d’une culture de la solidarité. Les idéologies nouvelles, caractérisées par un individualisme diffus, un égocentrisme et un consumérisme matérialiste affaiblissent les liens sociaux, en alimentant cette mentalité du déchet, qui pousse au mépris et à l’abandon des plus faibles, de ceux qui sont considérés comme inutiles. Ainsi le vivre ensemble humain devient toujours plus semblable à un simple ‘do ut des’ pragmatique et égoïste.

En même temps, il apparaît clairement que les éthiques contemporaines deviennent aussi incapables de produire des liens authentiques de fraternité, puisqu’une fraternité privée de la référence à un Père commun, comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Une fraternité véritable entre les hommes suppose et exige une paternité transcendante. À partir de la reconnaissance de cette paternité, se consolide la fraternité entre les hommes, c’est-à-dire l’attitude de se faire le prochain qui prend soin de l’autre.

Où est ton frère?:

Pour mieux comprendre cette vocation de l’homme à la fraternité, pour reconnaître de façon plus adéquate les obstacles qui s’opposent à sa réalisation et découvrir les chemins de leur dépassement, il est fondamental de se laisser guider par la connaissance du dessein de Dieu, tel qu’il est présenté de manière éminente dans l'Ecriture.

Selon le récit des origines, tous les hommes proviennent de parents communs, d’Adam et Eve, couple créé par Dieu à son image et à sa ressemblance, de qui naissent Caïn et Abel. Dans l’événement de la famille primitive, nous lisons la genèse de la société, l’évolution des relations entre les personnes et les peuples.

Abel est berger, Caïn est paysan. Leur identité profonde et à la fois leur vocation, est celle d’être frères, aussi dans la diversité de leur activité et de leur culture, de leur manière de se rapporter à Dieu et au créé. Mais le meurtre d'Abel par Caïn atteste tragiquement le rejet radical de la vocation à être frères. Leur histoire met en évidence la tâche difficile à laquelle tous les hommes sont appelés, de vivre unis, en prenant soin l’un de l’autre. Caïn, n’acceptant pas la prédilection de Dieu pour Abel qui lui offrait le meilleur de son troupeau –le Seigneur agréa Abel et son offrande, mais il n’agréa pas Caïn et son offrande– tue Abel par jalousie. De cette façon, il refuse de se reconnaître frère, d’avoir une relation positive avec lui, de vivre devant Dieu, en assumant ses responsabilités de soin et de protection de l’autre. A la question: Où es ton frère? , avec laquelle Dieu interpelle Caïn, lui demandant compte de son œuvre, il répond: Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère? Puis nous dit la Genèse, Caïn se retira de la présence du Seigneur.

Il faut s’interroger sur les motifs profonds qui ont entrainé Caïn à méconnaître le lien de fraternité et, aussi le lien de réciprocité et de communion qui le liait à son frère Abel. Dieu lui-même dénonce et reproche à Caïn une proximité avec le mal: Le péché n’est-il pas à ta porte? Caïn, toutefois, refuse de s’opposer au mal et décide de se jeter sur son frère Abel, méprisant le projet de Dieu. Il lèse ainsi sa vocation originaire à être fils de Dieu et à vivre la fraternité.

Le récit de Caïn et d’Abel enseigne que l’humanité porte inscrite en elle une vocation à la fraternité, mais aussi la possibilité dramatique de sa trahison. En témoigne l’égoïsme quotidien qui est à la base de nombreuses guerres et de nombreuses injustices : beaucoup d’hommes et de femmes meurent en effet par la main de frères et de sœurs qui ne savent pas se reconnaître tels, c’est-à-dire comme des êtres faits pour la réciprocité, pour la communion et pour le don.

Vous êtes tous des frères:

La question surgit spontanément. Les hommes et les femmes de ce monde ne pourront-ils jamais correspondre pleinement à la soif de fraternité, inscrite en eux par le Père? Réussiront-ils avec leurs seules forces à vaincre l’indifférence, l’égoïsme et la haine, à accepter les différences légitimes qui caractérisent les frères et les sœurs?

En paraphrasant ses paroles, nous pourrions synthétiser ainsi la réponse que nous donne le Seigneur Jésus: Puisqu’il y a un seul Père qui est Dieu, tous êtes tous des frères. La racine de la fraternité est contenue dans la paternité de Dieu. Il ne s’agit pas d’une paternité générique, indistincte et inefficace historiquement, mais bien de l’amour personnel, précis et extraordinairement concret de Dieu pour chaque homme. Il s’agit donc d’une paternité efficacement génératrice de fraternité, parce que l’amour de Dieu, quand il est accueilli, devient le plus formidable agent de transformation de l’existence et des relations avec l’autre, ouvrant les hommes à la solidarité et au partage agissant.

En particulier, la fraternité humaine est régénérée en et par Jésus Christ dans sa mort et résurrection. La croix est le lieu définitif de fondation de la fraternité, que les hommes ne sont pas en mesure de générer tout seuls. Jésus Christ, qui a assumé la nature humaine pour la racheter, en aimant le Père jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, nous constitue par sa résurrection comme humanité nouvelle, en pleine communion avec la volonté de Dieu, avec son projet, qui comprend la pleine réalisation de la vocation à la fraternité.

Jésus reprend depuis le commencement le projet du Père, en lui reconnaissant le primat sur toutes choses. Mais le Christ, dans son abandon à la mort par amour du Père, devient principe nouveau et définitif de nous tous, appelés à nous reconnaître en Lui comme frères parce qu’enfants du même Père. Il est l’Alliance même, l’espace personnel de la réconciliation de l’homme avec Dieu et des frères entre eux. Dans la mort en croix de Jésus, il y a aussi le dépassement de la séparation entre peuples, entre le peuple de l’Alliance et le peuple des Gentils, privé d’espérance parce que resté étranger jusqu’à ce moment aux engagements de la Promesse. Comme on lit dans la lettre aux Éphésiens, Jésus Christ est celui qui réconcilie en lui tous les hommes. Il est la paix puisque des deux peuples il en a fait un seul, abattant le mur de séparation qui les divisait, c’est-à-dire l’inimitié. Il a créé en lui-même un seul peuple, un seul homme nouveau, une seule humanité nouvelle.

Celui qui accepte la vie du Christ et vit en Lui, reconnaît Dieu comme Père et se donne lui-même totalement à lui, en l’aimant au-dessus de toute chose. L’homme réconcilié voit en Dieu le Père de tous et, par conséquent, il est incité à vivre une fraternité ouverte à tous. Dans le Christ, l’autre est accueilli et aimé en tant que fils ou fille de Dieu, comme frère ou sœur, non comme un étranger, encore moins comme un antagoniste ou même un ennemi. Dans la famille de Dieu, où tous sont enfants d’un même Père, et parce que greffés dans le Christ, fils dans le Fils, il n’y a pas de vies de déchet. Tous jouissent d’une dignité égale et intangible. Tous sont aimés de Dieu, tous ont été rachetés par le sang du Christ, mort et ressuscité pour chacun. C’est la raison pour laquelle on ne peut rester indifférent au sort des frères.

La fraternité, fondement et route pour la paix:

Cela posé, il est facile de comprendre que la fraternité est fondement et route pour la paix. Les Encycliques sociales de mes prédécesseurs offrent une aide précieuse dans ce sens. Il serait suffisant de se référer aux définitions de la paix de Populorum Progressio de Paul VI ou de Sollicitudo Rei Socialis de Jean-Paul II. De la première nous retirons que le développement intégral des peuples est le nouveau nom de la paix. De la seconde, que la paix est Opus Solidaritatis.

Paul VI affirmait que non seulement les personnes mais aussi les Nations doivent se rencontrer dans un esprit de fraternité. Et il explique: Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles, dans cette communion sacrée, nous devons…œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité. Ce devoir concerne en premier lieu les plus favorisés. Leurs obligations sont enracinées dans la fraternité humaine et surnaturelle et se présentent sous un triple aspect: Le devoir de solidarité, qui exige que les nations riches aident celles qui sont moins avancées; le devoir de justice sociale qui demande la recomposition en termes plus corrects des relations défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; le devoir de charité universelle, qui implique la promotion d’un monde plus humain pour tous, un monde dans lequel tous aient quelque chose à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns constitue un obstacle au développement des autres.

Ainsi, si on considère la paix comme Opus Solidaritatis, de la même manière, on ne peut penser en même temps, que la fraternité n’en soit pas le fondement principal. La paix, affirme Jean-Paul II, est
un bien indivisible. Ou c’est le bien de tous ou il ne l’est de personne. Elle peut être réellement acquise et goûtée, en tant que meilleure qualité de la vie et comme développement plus humain et durable, seulement si elle crée de la part de tous, une détermination ferme et persévérante à s’engager pour le bien commun. Cela implique de ne pas se laisser guider par l’appétit du profit et par la soif du pouvoir. Il faut avoir la disponibilité de se perdre en faveur de l’autre au lieu de l’exploiter, et de le servir au lieu de l’opprimer pour son propre avantage… L’autre, personne, peuple ou nation, n’est pas vu] comme un instrument quelconque dont on exploite à peu de frais la capacité de travail et la résistance physique pour l’abandonner quand il ne sert plus, mais comme notre semblable, une aide.

La solidarité chrétienne suppose que le prochain soit aimé non seulement comme un être humain avec ses droits et son égalité fondamentale à l’égard de tous, mais comme l’image vivante de Dieu le Père, rachetée par le sang du Christ et objet de l’action constante de l’Esprit Saint, comme un autre frère. Alors, rappelle Jean-Paul II, la conscience de la paternité commune de Dieu, de la fraternité de tous les hommes dans le Christ, fils dans le Fils, de la présence et de l’action vivifiante de l’Esprit Saint, donnera à notre regard sur le monde comme un nouveau critère d’interprétation, pour le transformer.

Fraternité, prémisse pour vaincre la pauvreté:

Dans Caritas in Veritate, mon prédécesseur rappelait au monde combien le manque de fraternité entre les peuples et les hommes est une cause importante de la pauvreté. Dans de nombreuses sociétés, nous expérimentons une profonde pauvreté relationnelle due à la carence de solides relations familiales et communautaires. Nous assistons avec préoccupation à la croissance de différents types de malaise, de marginalisation, de solitude et de formes variées de dépendance pathologique. Une semblable pauvreté peut être dépassée seulement par la redécouverte et la valorisation de rapports fraternels au sein des familles et des communautés, à travers le partage des joies et des souffrances, des difficultés et des succès qui accompagnent la vie des personnes.

En outre, si d’un côté on rencontre une réduction de la pauvreté absolue, d’un autre, on ne peut pas ne pas reconnaître une grave croissance de la pauvreté relative, c’est-à-dire des inégalités entre personnes et groupes qui vivent dans une même région, ou dans un même contexte historico-culturel. En ce sens, sont aussi utiles des politiques efficaces qui promeuvent le principe de la fraternité, assurant aux personnes –égales dans leur dignité et dans leurs droits fondamentaux– d’accéder aux capitaux, aux services, aux ressources éducatives, sanitaires, technologiques afin que chacun ait l’opportunité d’exprimer et de réaliser son projet de vie, et puisse se développer pleinement comme personne. On reconnaît aussi la nécessité de politiques qui servent à atténuer une répartition inéquitable excessive du revenu. Nous ne devons pas oublier l’enseignement de l’Eglise sur ce qu’on appelle l’hypothèque sociale, sur la base de laquelle, comme le dit saint Thomas d’Aquin, il est permis et même nécessaire "que l’homme ait la propriété des biens, quant à l’usage, il ne doit jamais tenir les choses qu’il possède comme n’appartenant qu’à lui, mais les regarder aussi comme communes, en ce sens qu’elles puissent profiter non seulement à lui mais aussi aux autres.

Enfin, il y a une dernière manière de promouvoir la fraternité –et ainsi de vaincre la pauvreté– qui doit être à la base de toutes les autres. C’est le détachement de celui qui choisit d’adopter des styles de vie sobres et basés sur l’essentiel, de celui qui, partageant ses propres richesses, réussit ainsi à faire l’expérience de la communion fraternelle avec les autres. Cela est fondamental pour suivre Jésus Christ et être vraiment des chrétiens. C’est le cas non seulement des personnes consacrées qui font vœux de pauvreté, mais aussi de nombreuses familles et de nombreux citoyens responsables, qui croient fermement que c’est la relation fraternelle avec le prochain qui constitue le bien le plus précieux.

La redécouverte de la fraternité dans l’économie:

Les graves crises financières et économiques contemporaines qui trouvent leur origine, d’un côté dans l’éloignement progressif de l’homme vis-à-vis de Dieu et du prochain, ainsi que dans la recherche avide des bien matériels, et, de l’autre, dans l’appauvrissement des relations interpersonnelles et communautaires– ont poussé de nombreuses personnes à rechercher la satisfaction, le bonheur et la sécurité dans la consommation et dans le gain, au-delà de toute logique d’une saine économie. Déjà en 1979 Jean Paul II dénonçait l’existence d’un danger réel et perceptible: Tandis que progresse énormément la domination de l’homme sur le monde des choses, l’homme risque de perdre les fils conducteurs de cette domination, de voir son humanité soumise de diverses manières à ce monde, et de devenir ainsi lui-même l’objet de manipulations multiformes– pas toujours directement perceptibles– à travers toute l’organisation de la vie communautaire, à travers le système de production, par la pression des moyens de communication sociale.

La succession des crises économiques doit conduire à d’opportunes nouvelles réflexions sur les modèles de développement économique, et à un changement dans les modes de vie. La crise d’aujourd’hui, avec son lourd héritage pour la vie des personnes, peut être aussi une occasion propice pour retrouver les vertus de prudence, de tempérance, de justice et de force. Elles peuvent aider à dépasser les moments difficiles et à redécouvrir les liens fraternels q ui nous lient les uns aux autres, avec la confiance profonde dont l’homme a besoin et est capable de quelque chose de plus que la maximalisation de ses propres intérêts individuels. Surtout ces vertus sont nécessaires pour construire et maintenir une société à la mesure de la dignité humaine.

La fraternité éteint la guerre:

Dans l’année qui vient de s’écouler, beaucoup de nos frères et sœurs ont continué à vivre l’expérience déchirante de la guerre, qui constitue une grave et profonde blessure portée à la fraternité.

Nombreux sont les conflits qui se poursuivent dans l’indifférence générale. A tous ceux qui vivent sur des terres où les armes imposent terreur et destructions, j’assure ma proximité personnelle et celle de toute l’Eglise. Cette dernière a pour mission de porter la charité du Christ également aux victimes sans défense des guerres oubliées, à travers la prière pour la paix, le service aux blessés, aux affamés, aux réfugiés, aux personnes déplacées et à tous ceux qui vivent dans la peur. L’Eglise élève aussi la voix pour faire parvenir aux responsables le cri de douleur de cette humanité souffrante, et pour faire cesser, avec les hostilités, tout abus et toute violation des droits fondamentaux de l’homme .

Pour cette raison je désire adresser un appel fort à tous ceux qui, par les armes, sèment la violence et la mort: Redécouvrez votre frère en celui qu’aujourd’hui vous considérez seulement comme un ennemi à abattre, et arrêtez votre main ! Renoncez à la voie des armes et allez à la rencontre de l’autre par le dialogue, le pardon, et la réconciliation, pour reconstruire la justice, la confiance et l’espérance autour de vous! Dans cette optique, il apparaît clair que, dans la vie des peuples, les conflits armés constituent toujours la négation délibérée de toute entente internationale possible, en créant des divisions profondes et des blessures déchirantes qui ont besoin de nombreuses années pour se refermer. Les guerres constituent le refus concret de s’engager pour atteindre les grands objectifs économiques et sociaux que la communauté internationale s’est donnée.

Cependant, tant qu’il y aura une si grande quantité d’armement en circulation, comme actuellement, on pourra toujours trouver de nouveaux prétextes pour engager les hostilités. Pour cette raison, je fais mien l’appel de mes prédécesseurs en faveur de la non prolifération des armes et du désarmement de la part de tous, en commençant par le désarmement nucléaire et chimique. Mais nous ne pouvons pas ne pas constater que les accords internationaux et les lois nationales, bien que nécessaires et hautement souhaitables, ne sont pas suffis ants à eux seuls pour mettre l’humanité à l’abri du risque de conflits armés. Une conversion des cœurs est nécessaire, qui permette à chacun de reconnaître dans l’autre un frère dont il faut prendre soin, avec lequel travailler pour construire une vie en plénitude pour tous.

Voilà l’esprit qui anime beaucoup d’initiatives de la société civile, y compris les organisations religieuses, en faveur de la paix. Je souhaite que l’engagement quotidien de tous continue à porter du fruit et que l’on puisse parvenir à l’application effective, dans le droit international, du droit à la paix, comme droit humain fondamental, condition préalable nécessaire à l’exercice de tous les autres droits.

La corruption et le crime organisé contrecarrent la fraternité:

L’horizon de la fraternité renvoie à la croissance en plénitude de tout homme et de toute femme. Les justes ambitions d’une personne, surtout si elle est jeune, ne doivent pas être frustrées ni blessées, l’espérance de pouvoir les réaliser ne doit pas être volée. Cependant, l’ambition ne doit pas être confondue avec la prévarication. Au contraire, il convient de rivaliser dans l’estime réciproque. De même, dans les querelles, qui sont un aspect inévitable de la vie, il faut toujours se rappeler d’être frères, et, en conséquence, éduquer et s’éduquer à ne pas considérer le prochain comme un ennemi ou comme un adversaire à éliminer.

La fraternité génère la paix sociale, parce qu’elle crée un équilibre entre liberté et justice, entre responsabilité personnelle et solidarité, entre bien des individus et bien commun. Une communauté politique doit, alors, agir de manière transparente et responsable pour favoriser tout cela. Les citoyens doivent se sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation, favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit.

Un authentique esprit de fraternité est vainqueur de l’égoïsme individuel qui empêche la possibilité des personnes de vivre entre eux librement et harmonieusement. Cet égoïsme se développe socialement, soit dans les multiples formes de corruption, aujourd’hui partout répandues, soit dans la formation des organisations criminelles –des petits groupes jusqu’aux groupes organisés à l’échelle globale– qui, minant en profondeur la légalité et la justice, frappent au cœur la dignité de la personne. Ces organisations offensent gravement Dieu, nuisent aux frères et lèsent la création, et encore plus lorsqu’elles ont une connotation religieuse.

Je pense au drame déchirant de la drogue sur laquelle on s’enrichit dans le mépris des lois morales et civiles; à la dévastation des ressources naturelles et à pollution en cours; à la tragédie de l’exploitation dans le travail; je pense aux trafics illicites d’argent comme à la spéculation financière, qui souvent prend un caractère prédateur et nocif pour des systèmes économiques et socia ux entiers, exposant des millions d’hommes et de femmes à la pauvreté; je pense à la prostitution qui chaque jour fauche des victimes innocentes, surtout parmi les plus jeunes, leur volant leur avenir; je pense à l’abomination du trafic des êtres humains, aux délits et aux abus contre les mineurs, à l’esclavage qui répand encore son horreur en tant de parties du monde, à la tragédie souvent pas entendue des migrants sur lesquels on spécule indignement dans l’illégalité.

Jean XXIII a écrit à ce sujet: Une société fondée uniquement sur des rapports de force n’aurait rien d’humain : elle comprimerait nécessairement la liberté des hommes, au lieu d’aider et d’encourager celle-ci à se développer et à se perfectionner. Mais l’homme peut se convertir et il ne faut jamais désespérer de la possibilité de changer de vie. Je voudrais que ce message soit un message de confiance pour tous, aussi pour ceux qui ont commis des crimes atroces, parce que Dieu ne veut pas la mort du pêcheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive.

Dans le vaste contexte de la société humaine, en ce qui concerne le délit et la peine, on pense aussi aux conditions inhumaines de tant de prisons, où le détenu est souvent réduit à un état sous-humain, sa dignité d’homme se trouvant violée, étouffé aussi dans son expression et sa volonté de rachat. L’Eglise fait beaucoup dans tous ces domaines, et le plus souvent en silence. J’exhorte et j’encourage à faire toujours plus, dans l’espérance que de telles actions mises en œuvre par tant d’hommes et de femmes courageux puissent être toujours plus loyalement et honnêtement soutenues aussi par les pouvoirs civils.

La fraternité aide à garder et à cultiver la nature:

La famille humaine a reçu en commun un don du Créateur, la nature. La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions sur la nature pour en tirer bénéfice, à condition d’agir de manière responsable, c'est-à-dire en en reconnaissant la grammaire qui est inscrite en elle, et en utilisant sagement les ressources au bénéfice de tous, respectant la beauté, la finalité et l’utilité de chaque être vivant et de sa fonction dans l’écosystème. Bref, la nature est à notre disposition, et nous sommes appelés à l’administrer de manière responsable. Par contre, nous sommes souvent guidés par l’avidité, par l’orgueil de dominer, de posséder, de manipuler, de tirer profit; nous ne gardons pas la nature, nous ne la respectons pas, nous ne la considérons pas comme un don gratuit dont nous devons prendre soin et mettre au service des frères, y compris les générations futures.

En particulier, le secteur agricole est le secteur productif premier qui a la vocation vitale de cultiver et de garder les ressources naturelles pour nourrir l’humanité. A cet égard, la persistance honteuse de la faim dans le monde m’incite à partager avec vous cette demande: De quelle manière usons-nous des ressources de la terre? Les sociétés doivent aujourd’hui réfléchir sur la hiérarchie des priorités auxquelles on destine la production. En effet, c’est un devoir contraignant d’utiliser les ressources de la terre de manière à ce que tous soient délivrés de la faim. Les initiatives et les solutions possibles sont nombreuses et ne se limitent pas à l’augmentation de la production. Il est bien connu que celle-ci est actuellement suffisante; et pourtant il y a des millions de personnes qui souffrent et meurent de faim, et ceci est un vrai scandale.

Il est donc nécessaire de trouver les moyens pour que tous puissent bénéficier des fruits de la terre, non seulement pour éviter que s’élargisse l’écart entre celui qui a plus et celui qui doit se contenter des miettes, mais aussi et surtout en raison d’une exigence de justice, d’équité et de respect envers tout être humain. En ce sens, je voudrais rappeler à tous cette nécessaire destination universelle des biens qui est un des principes cardinaux de la doctrine sociale de l’Eglise. Respecter ce principe est la condition essentielle pour permettre un efficace et équitable accès à ces biens essentiels et premiers dont tout homme a besoin et a droit.

Conclusion:

La fraternité a besoin d’être découverte, aimée, expérimentée, annoncée, et témoignée. Mais c’est seulement l’amour donné par Dieu qui nous permet d’accueillir et de vivre pleinement la fraternité.

Le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal, qui ignore la dimension transcendante de l’homme. Quand manque cette ouverture à Dieu, toute activité humaine devient plus pauvre et les personnes sont réduites à un objet dont on tire profit. C’est seulement si l’on accepte de se déplacer dans le vaste espace assuré par cette ouverture à Celui qui aime chaque homme et chaque femme, que la politique et l’économie réussiront à se structurer sur la base d’un authentique esprit de charité fraternelle et qu’elles pourront être un instrument efficace de développement humain intégral et de paix.

Nous les chrétiens nous croyons que dans l’Eglise nous sommes tous membres les uns des autres, tous réciproquement nécessaires, parce qu’à chacun de nous a été donnée une grâce à la mesure du don du Christ, pour l’utilité commune. Le Christ est venu dans le monde pour nous apporter la grâce divine, c'est-à-dire la possibilité de participer à sa vie. Ceci implique de tisser une relation fraternelle, empreinte de réciprocité, de pardon, de don total de soi, selon la grandeur et la profondeur de l’amour de Dieu offert à l’humanité par celui qui, crucifié et ressuscité, attire tout à lui: Je vous donne un commandement nouveau, de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. C’est cette bonne nouvelle qui réclame de chacun un pas de plus, un exercice persistant d’empathie, d’écoute de la souffrance et de l’espérance de l’autre, y compris de celui qui est plus loin de moi, en s’engageant sur le chemin exigeant de l’amour qui sait se donner et se dépenser gratuitement pour le bien de tout frère et de toute sœur.

Le Christ embrasse tout l’homme et veut qu’aucun ne se perde. Dieu a envoyé son fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Il le fait sans opprimer, sans contraindre personne à lui ouvrir les portes de son cœur et de son espri t. Le plus grand d’entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert, dit Jésus-Christ, moi je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Toute activité doit être, alors, contresignée d’une attitude de service des personnes, spécialement celles qui sont les plus lointaines et les plus inconnues. Le service est l’âme de cette fraternité qui construit la paix. Que Marie, Mère de Jésus, nous aide à comprendre et à vivre tous les jours la fraternité qui surgit du cœur de son Fils, pour porter la paix à tout homme sur notre terre bien-aimée".

 



MESSAGE
OF
POPE FRANCIS
FOR THE CELEBRATION OF THE
47th WORLD DAY OF PEACE

1 JANUARY 2014

"Fraternity, the foundation and pathway to peace"

Full Text

World Day of Peace: "Fraternity, the foundation and pathway to peace"

Pope Francis on Wednesday announced the theme for the celebration of the 47th World Day of Peace.
The theme chosen for this occurence, celebrated every year on January 1, is : "Fraternity, the foundation and pathway to peace". It's the first World Day of Peace to be celebrated during the pontificate of Pope Francis.

The World Day of Peace was an initiative of Pope Paul VI and it is celebrated on the first day of each year. The Message for the World Day of Peace is sent to particular churches and chancelleries all around the world, drawing attention to the essential value of peace and the need to work tirelessly in order to attain it.

As the theme of his first Message for the World Day of Peace, Pope Francis has chosen Fraternity. Since the beginning of his Petrine Ministry, the Pope has stressed the need to combat the “throwaway culture” and to promote instead a "culture of encounter", in order to build a more just and peaceful world.

Fraternity is a dowry that every man and every woman brings with himself or herself as a human being, as a child of the one Father. In the face of the many tragedies that afflict the family of nations - poverty, hunger, underdevelopment, conflicts, migrations, pollution, inequalities, injustice, organized crime, fundamentalisms - fraternity is the foundation and the pathway to peace.

The culture of personal well-being leads to a loss of the sense of responsibility and fraternal relationship. Others, rather than being “like us”, appear more as antagonists or enemies and are often treated as objects. Not uncommonly, the poor and needy are regarded as a "burden", a hindrance to development. At most, they are considered as recipients of aid or compassionate assistance. They are not seen as brothers and sisters, called to share the gifts of creation, the goods of progress and culture, to be partakers at the same table of the fullness of life, to be protagonists of integral and inclusive development.

Fraternity, a gift and task that comes from God the Father, urges us to be in solidarity against inequality and poverty that undermine the social fabric, to take care of every person, especially the weakest and most defenceless, to love him or her as oneself, with the very heart of Jesus Christ.

In a world that is constantly growing more interdependent, the good of fraternity is one that we cannot do without. It serves to defeat the spread of the globalization of indifference to which Pope Francis has frequently referred. The globalization of indifference must give way to a globalization of fraternity.
Fraternity should leave its mark on every aspect of life, including the economy, finance, civil society, politics, research, development, public and cultural institutions.

At the start of his ministry, Pope Francis issues a message in continuity with that of his predecessors, which proposes to everyone the pathway of fraternity, in order to give the world a more human face.

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Pope's Message for 47th World Day of Peace

THE POPE'S MESSAGE FOR WORLD DAY FOR PEACE

Vatican City, 12 December 2013 (VIS) - “ Fraternity as the foundation of peace and as the pathway to peace” is the title chosen by Pope Francis for his first message for the 47th World Day for Peace, which will be celebrated on 1 January 2014. The document, dated 8 December, Feast of the Immaculate Conception, consists of ten points, including a brief prologue and a conclusion, structured in relation to two biblical quotations: “Where is your brother?” (Genesis 4:9) and “And you will all be brothers” (Matthew 23:8), and six phrases describing attributes of fraternity: “Fraternity, the foundation and pathway to peace”, “Fraternity, a prerequisite for fighting poverty”, “The rediscovery of fraternity in the economy”, “Fraternity extinguishes war”, “Corruption and organized crime threaten fraternity” and “Fraternity helps to preserve and cultivate nature”.


The full text of the message is published below:


“In this, my first Message for the World Day of Peace, I wish to offer to everyone, individuals and peoples, my best wishes for a life filled with joy and hope. In the heart of every man and woman is the desire for a full life, including that irrepressible longing for fraternity which draws us to fellowship with others and enables us to see them not as enemies or rivals, but as brothers and sisters to be accepted and embraced.


Fraternity is an essential human quality, for we are relational beings. A lively awareness of our relatedness helps us to look upon and to treat each person as a true sister or brother; without fraternity it is impossible to build a just society and a solid and lasting peace. We should remember that fraternity is generally first learned in the family, thanks above all to the responsible and complementary roles of each of its members, particularly the father and the mother. The family is the wellspring of all fraternity, and as such it is the foundation and the first pathway to peace, since, by its vocation, it is meant to spread its love to the world around it.


The ever-increasing number of interconnections and communications in today’s world makes us powerfully aware of the unity and common destiny of the nations. In the dynamics of history, and in the diversity of ethnic groups, societies and cultures, we see the seeds of a vocation to form a community composed of brothers and sisters who accept and care for one another. But this vocation is still frequently denied and ignored in a world marked by a “globalization of indifference” which makes us slowly inured to the suffering of others and closed in on ourselves.


In many parts of the world, there seems to be no end to grave offences against fundamental human rights, especially the right to life and the right to religious freedom. The tragic phenomenon of human trafficking, in which the unscrupulous prey on the lives and the desperation of others, is but one unsettling example of this. Alongside overt armed conflicts are the less visible but no less cruel wars fought in the economic and financial sectors with means which are equally destructive of lives, families and businesses.


Globalisation, as Benedict XVI pointed out, makes us neighbours, but does not make us brothers. The many situations of inequality, poverty and injustice, are signs not only of a profound lack of fraternity, but also of the absence of a culture of solidarity. New ideologies, characterized by rampant individualism, egocentrism and materialistic consumerism, weaken social bonds, fuelling that 'throwaway' mentality which leads to contempt for, and the abandonment of, the weakest and those considered 'useless'. In this way human coexistence increasingly tends to resemble a mere do ut des which is both pragmatic and selfish.


At the same time, it appears clear that contemporary ethical systems remain incapable of producing authentic bonds of fraternity, since a fraternity devoid of reference to a common Father as its ultimate foundation is unable to endure. True brotherhood among people presupposes and demands a transcendent Fatherhood. Based on the recognition of this fatherhood, human fraternity is consolidated: each person becomes a 'neighbour' who cares for others.


'Where is your brother?' (Gen 4:9)

2. To understand more fully this human vocation to fraternity, to recognise more clearly the obstacles standing in the way of its realisation and to identify ways of overcoming them, it is of primary importance to let oneself be led by knowledge of God’s plan, which is presented in an eminent way in sacred Scripture.


According to the biblical account of creation, all people are descended from common parents, Adam and Eve, the couple created by God in his image and likeness, to whom Cain and Abel were born. In the story of this first family, we see the origins of society and the evolution of relations between individuals and peoples.


Abel is a shepherd, Cain is a farmer. Their profound identity and their vocation is to be brothers, albeit in the diversity of their activity and culture, their way of relating to God and to creation. Cain’s murder of Abel bears tragic witness to his radical rejection of their vocation to be brothers. Their story brings out the difficult task to which all men and women are called, to live as one, each taking care of the other. Cain, incapable of accepting God’s preference for Abel who had offered him the best of his flock – 'The Lord had regard for Abel and his offering; but for Cain and his offering he had no regard' – killed Abel out of jealousy. In this way, he refused to regard Abel as a brother, to relate to him rightly, to live in the presence of God by assuming his responsibility to care for and to protect others. By asking him 'Where is your brother?', God holds Cain accountable for what he has done. He answers: 'I do not know. Am I my brother’s keeper?'. Then, the Book of Genesis tells us, 'Cain went away from the presence of the Lord'.


We need to ask ourselves what were the real reasons which led Cain to disregard the bond of fraternity and, at the same time, the bond of reciprocity and fellowship which joined him to his brother Abel. God himself condemns and reproves Cain’s collusion with evil: 'sin is crouching at your door'. But Cain refuses to turn against evil and decides instead to raise his 'hand against his brother Abel', thus scorning God’s plan. In this way, he thwarts his primordial calling to be a child of God and to live in fraternity.


The story of Cain and Abel teaches that we have an inherent calling to fraternity, but also the tragic capacity to betray that calling. This is witnessed by our daily acts of selfishness, which are at the root of so many wars and so much injustice: many men and women die at the hands of their brothers and sisters who are incapable of seeing themselves as such, that is, as beings made for reciprocity, for communion and self-giving.


“And you will all be brothers” (Mt 23:8)

3. The question naturally arises: Can the men and women of this world ever fully respond to the longing for fraternity placed within them by God the Father? Will they ever manage by their power alone to overcome indifference, egoism and hatred, and to accept the legitimate differences typical of brothers and sisters?


By paraphrasing his words, we can summarize the answer given by the Lord Jesus: 'For you have only one Father, who is God, and you are all brothers and sisters'. The basis of fraternity is found in God’s fatherhood. We are not speaking of a generic fatherhood, indistinct and historically ineffectual, but rather of the specific and extraordinarily concrete personal love of God for each man and woman. It is a fatherhood, then, which effectively generates fraternity, because the love of God, once welcomed, becomes the most formidable means of transforming our lives and relationships with others, opening us to solidarity and to genuine sharing.

In a particular way, human fraternity is regenerated in and by Jesus Christ through his death and resurrection. The Cross is the definitive foundational locus of that fraternity which human beings are not capable of generating themselves. Jesus Christ, who assumed human nature in order to redeem it, loving the Father unto death on the Cross, has through his resurrection made of us a new humanity, in full communion with the will of God, with his plan, which includes the full realization of our vocation to fraternity.


From the beginning, Jesus takes up the plan of the Father, acknowledging its primacy over all else. But Christ, with his abandonment to death for love of the Father, becomes the definitive and new principle of us all; we are called to regard ourselves in him as brothers as sisters, inasmuch as we are children of the same Father. He himself is the Covenant; in his person we are reconciled with God and with one another as brothers and sisters. Jesus’ death on the Cross also brings an end to the separation between peoples, between the people of the Covenant and the people of the Gentiles, who were bereft of hope until that moment, since they were not party to the pacts of the Promise. As we read in the Letter to the Ephesians, Jesus Christ is the one who reconciles all people in himself. He is peace, for he made one people out of the two, breaking down the wall of separation which divided them, that is, the hostility between them. He created in himself one people, one new man, one new humanity.


All who accept the life of Christ and live in him acknowledge God as Father and give themselves completely to him, loving him above all things. The reconciled person sees in God the Father of all, and, as a consequence, is spurred on to live a life of fraternity open to all. In Christ, the other is welcomed and loved as a son or daughter of God, as a brother or sister, not as a stranger, much less as a rival or even an enemy. In God’s family, where all are sons and daughters of the same Father, and, because they are grafted to Christ, sons and daughters in the Son, there are no 'disposable lives. All men and women enjoy an equal and inviolable dignity. All are loved by God. All have been redeemed by the blood of Christ, who died on the Cross and rose for all. This is the reason why no one can remain indifferent before the lot of our brothers and sisters.


Fraternity, the foundation and pathway to peace

4. This being said, it is easy to realise that fraternity is the foundation and pathway of peace. The social encyclicals written by my predecessors can be very helpful in this regard. It would be sufficient to draw on the definitions of peace found in the encyclicals “Populorum progressio” by Pope Paul VI and “Sollicitudo rei socialis” by John Paul II. From the first we learn that the integral development of peoples is the new name of peace. From the second, we conclude that peace is an opus solidaritatis.

Paul VI stated that not only individuals but nations too must encounter one another in a spirit of fraternity. As he says: 'In this mutual understanding and friendship, in this sacred communion, we must also … work together to build the common future of the human race'. In the first place, this duty falls to those who are most privileged. Their obligations are rooted in human and supernatural fraternity and are manifested in three ways: the duty of solidarity, which requires the richer nations to assist the less developed; the duty of social justice, which requires the realignment of relationships between stronger and weaker peoples in terms of greater fairness; and the duty of universal charity, which entails the promotion of a more humane world for all, a world in which each has something to give and to receive, without the progress of the one constituting an obstacle to the development of the other.

If, then, we consider peace as opus solidaritatis, we cannot fail to acknowledge that fraternity is its principal foundation. Peace, John Paul II affirmed, is an indivisible good. Either it is the good of all or it is the good of none. It can be truly attained and enjoyed, as the highest quality of life and a more human and sustainable development, only if all are guided by solidarity as 'a firm and persevering determination to commit oneself to the common good'. This means not being guided by a 'desire for profit' or a 'thirst for power'. What is needed is the willingness to 'lose ourselves' for the sake of others rather than exploiting them, and to 'serve them' instead of oppressing them for our own advantage. 'The other – whether a person, people or nation – [is to be seen] not just as some kind of instrument, with a work capacity and physical strength to be exploited at low cost and then discarded when no longer useful, but as our neighbour, a helper'.


Christian solidarity presumes that our neighbour is loved not only as 'a human being with his or her own rights and a fundamental equality with everyone else, but as the living image of God the Father, redeemed by the blood of Jesus Christ and placed under the permanent action of the Holy Spirit', as another brother or sister. As John Paul II noted: 'At that point, awareness of the common fatherhood of God, of the brotherhood of all in Christ – “children in the Son” – and of the presence and life-giving action of the Holy Spirit, will bring to our vision of the world a new criterion for interpreting it', for changing it.


Fraternity, a prerequisite for fighting poverty

5. In his encyclical “Caritas in veritate”, my predecessor reminded the world how the lack of fraternity between peoples and men and women is a significant cause of poverty. In many societies, we are experiencing a profound poverty of relationships as a result of the lack of solid family and community relationships. We are concerned by the various types of hardship, marginalisation, isolation and various forms of pathological dependencies which we see increasing. This kind of poverty can be overcome only through the rediscovery and valuing of fraternal relationships in the heart of families and communities, through the sharing of joys and sorrows, of the hardships and triumphs that are a part of human life.


Moreover, if on the one hand we are seeing a reduction in absolute poverty, on the other hand we cannot fail to recognise that there is a serious rise in relative poverty, that is, instances of inequality between people and groups who live together in particular regions or in a determined historical-cultural context. In this sense, effective policies are needed to promote the principle of fraternity, securing for people – who are equal in dignity and in fundamental rights – access to capital, services, educational resources, healthcare and technology so that every person has the opportunity to express and realise his or her life project and can develop fully as a person.


One also sees the need for policies which can lighten an excessive imbalance between incomes. We must not forget the Church’s teaching on the so-called social mortgage, which holds that although it is lawful, as Saint Thomas Aquinas says, and indeed necessary 'that people have ownership of goods', insofar as their use is concerned, 'they possess them as not just their own, but common to others as well, in the sense that they can benefit others as well as themselves'.


Finally, there is yet another form of promoting fraternity – and thus defeating poverty – which must be at the basis of all the others. It is the detachment of those who choose to live a sober and essential lifestyle, of those who, by sharing their own wealth, thus manage to experience fraternal communion with others. This is fundamental for following Jesus Christ and being truly Christian. It is not only the case of consecrated persons who profess the vow of poverty, but also of the many families and responsible citizens who firmly believe that it is their fraternal relationship with their neighbours which constitutes their most precious good.


The rediscovery of fraternity in the economy

6. The grave financial and economic crises of the present time – which find their origin in the progressive distancing of man from God and from his neighbour, in the greedy pursuit of material goods on the one hand, and in the impoverishment of interpersonal and community relations on the other – have pushed man to seek satisfaction, happiness and security in consumption and earnings out of all proportion to the principles of a sound economy. In 1979 John Paul II had called attention to 'a real perceptible danger that, while man’s dominion over the world of things is making enormous advances, he should lose the essential threads of his dominion and in various ways let his humanity be subjected to the world and become himself something subject to manipulation in many ways – even if the manipulation is often not perceptible directly – through the whole of the organization of community life, through the production system and through pressure from the means of social communication'.


The succession of economic crises should lead to a timely rethinking of our models of economic development and to a change in lifestyles. Today’s crisis, even with its serious implications for people’s lives, can also provide us with a fruitful opportunity to rediscover the virtues of prudence, temperance, justice and strength. These virtues can help us to overcome difficult moments and to recover the fraternal bonds which join us one to another, with deep confidence that human beings need and are capable of something greater than maximizing their individual interest. Above all, these virtues are necessary for building and preserving a society in accord with human dignity.


Fraternity extinguishes war

7. In the past year, many of our brothers and sisters have continued to endure the destructive experience of war, which constitutes a grave and deep wound inflicted on fraternity.


Many conflicts are taking place amid general indifference. To all those who live in lands where weapons impose terror and destruction, I assure you of my personal closeness and that of the whole Church, whose mission is to bring Christ’s love to the defenceless victims of forgotten wars through her prayers for peace, her service to the wounded, the starving, refugees, the displaced and all those who live in fear. The Church also speaks out in order to make leaders hear the cry of pain of the suffering and to put an end to every form of hostility, abuse and the violation of fundamental human rights.


For this reason, I appeal forcefully to all those who sow violence and death by force of arms: in the person you today see simply as an enemy to be beaten, discover rather your brother or sister, and hold back your hand! Give up the way of arms and go out to meet the other in dialogue, pardon and reconciliation, in order to rebuild justice, trust, and hope around you! 'From this standpoint, it is clear that, for the world’s peoples, armed conflicts are always a deliberate negation of international harmony, and create profound divisions and deep wounds which require many years to heal. Wars are a concrete refusal to pursue the great economic and social goals that the international community has set itself”.


Nevertheless, as long as so great a quantity of arms are in circulation as at present, new pretexts can always be found for initiating hostilities. For this reason, I make my own the appeal of my predecessors for the non-proliferation of arms and for disarmament of all parties, beginning with nuclear and chemical weapons disarmament.


We cannot however fail to observe that international agreements and national laws – while necessary and greatly to be desired – are not of themselves sufficient to protect humanity from the risk of armed conflict. A conversion of hearts is needed which would permit everyone to recognise in the other a brother or sister to care for, and to work together with, in building a fulfilling life for all. This is the spirit which inspires many initiatives of civil society, including religious organisations, to promote peace. I express my hope that the daily commitment of all will continue to bear fruit and that there will be an effective application in international law of the right to peace, as a fundamental human right and a necessary prerequisite for every other right.

Corruption and organized crime threaten fraternity

8. The horizon of fraternity also has to do with the need for fulfilment of every man and woman. People’s legitimate ambitions, especially in the case of the young, should not be thwarted or offended, nor should people be robbed of their hope of realising them. Nevertheless, ambition must not be confused with the abuse of power. On the contrary, people should compete with one another in mutual esteem. In disagreements, which are also an unavoidable part of life, we should always remember that we are brothers and sisters, and therefore teach others and teach ourselves not to consider our neighbour as an enemy or as an adversary to be eliminated.


Fraternity generates social peace because it creates a balance between freedom and justice, between personal responsibility and solidarity, between the good of individuals and the common good. And so a political community must act in a transparent and responsible way to favour all this. Citizens must feel themselves represented by the public authorities in respect for their freedom. Yet frequently a wedge is driven between citizens and institutions by partisan interests which disfigure that relationship, fostering the creation of an enduring climate of conflict.


An authentic spirit of fraternity overcomes the individual selfishness which conflicts with people’s ability to live in freedom and in harmony among themselves. Such selfishness develops socially – whether it is in the many forms of corruption, so widespread today, or in the formation of criminal organizations, from small groups to those organised on a global scale. These groups tear down legality and justice, striking at the very heart of the dignity of the person. These organisations gravely offend God, they hurt others and they harm creation, all the more so when they have religious overtones.


I also think of the heartbreaking drama of drug abuse, which reaps profits in contempt of the moral and civil laws. I think of the devastation of natural resources and ongoing pollution, and the tragedy of the exploitation of labour. I think too of illicit money trafficking and financial speculation, which often prove both predatory and harmful for entire economic and social systems, exposing millions of men and women to poverty. I think of prostitution, which every day reaps innocent victims, especially the young, robbing them of their future. I think of the abomination of human trafficking, crimes and abuses against minors, the horror of slavery still present in many parts of the world; the frequently overlooked tragedy of migrants, who are often victims of disgraceful and illegal manipulation. As John XXIII wrote: 'There is nothing human about a society based on relationships of power. Far from encouraging, as it should, the attainment of people’s growth and perfection, it proves oppressive and restrictive of their freedom”. Yet human beings can experience conversion; they must never despair of being able to change their lives. I wish this to be a message of hope and confidence for all, even for those who have committed brutal crimes, for God does not wish the death of the sinner, but that he converts and lives.


In the broad context of human social relations, when we look to crime and punishment, we cannot help but think of the inhumane conditions in so many prisons, where those in custody are often reduced to a subhuman status in violation of their human dignity and stunted in their hope and desire for rehabilitation. The Church does much in these environments, mostly in silence. I exhort and I encourage everyone to do more, in the hope that the efforts being made in this area by so many courageous men and women will be increasingly supported, fairly and honestly, by the civil authorities as well.


Fraternity helps to preserve and cultivate nature


9. The human family has received from the Creator a common gift: nature. The Christian view of creation includes a positive judgement about the legitimacy of interventions on nature if these are meant to be beneficial and are performed responsibly, that is to say, by acknowledging the “grammar” inscribed in nature and by wisely using resources for the benefit of all, with respect for the beauty, finality and usefulness of every living being and its place in the ecosystem. Nature, in a word, is at our disposition and we are called to exercise a responsible stewardship over it. Yet so often we are driven by greed and by the arrogance of dominion, possession, manipulation and exploitation; we do not preserve nature; nor do we respect it or consider it a gracious gift which we must care for and set at the service of our brothers and sisters, including future generations.


In a particular way, the agricultural sector is the primary productive sector with the crucial vocation of cultivating and protecting natural resources in order to feed humanity. In this regard the continuing disgrace of hunger in the world moves me to share with you the question: How are we using the earth’s resources? Contemporary societies should reflect on the hierarchy of priorities to which production is directed. It is a truly pressing duty to use the earth’s resources in such a way that all may be free from hunger. Initiatives and possible solutions are many, and are not limited to an increase in production. It is well known that present production is sufficient, and yet millions of persons continue to suffer and die from hunger, and this is a real scandal. We need, then, to find ways by which all may benefit from the fruits of the earth, not only to avoid the widening gap between those who have more and those who must be content with the crumbs, but above all because it is a question of justice, equality and respect for every human being. In this regard I would like to remind everyone of that necessary universal destination of all goods which is one of the fundamental principles of the Church’s social teaching. Respect for this principle is the essential condition for facilitating an effective and fair access to those essential and primary goods which every person needs and to which he or she has a right.


Conclusion


10. Fraternity needs to be discovered, loved, experienced, proclaimed and witnessed to. But only love, bestowed as a gift from God, enables us to accept and fully experience fraternity.


The necessary realism proper to politics and economy cannot be reduced to mere technical know-how bereft of ideals and unconcerned with the transcendent dimension of man. When this openness to God is lacking, every human activity is impoverished and persons are reduced to objects that can be exploited. Only when politics and the economy are open to moving within the wide space ensured by the One who loves each man and each woman, will they achieve an ordering based on a genuine spirit of fraternal charity and become effective instruments of integral human development and peace.


We Christians believe that in the Church we are all members of a single body, all mutually necessary, because each has been given a grace according to the measure of the gift of Christ, for the common good. Christ has come to the world so as to bring us divine grace, that is, the possibility of sharing in his life. This entails weaving a fabric of fraternal relationships marked by reciprocity, forgiveness and complete self-giving, according to the breadth and the depth of the love of God offered to humanity in the One who, crucified and risen, draws all to himself: 'A new commandment I give to you, that you love one another; even as I have loved you, that you also love one another. By this all will know that you are my disciples, if you have love for one another”. This is the good news that demands from each one a step forward, a perennial exercise of empathy, of listening to the suffering and the hopes of others, even those furthest away from me, and walking the demanding path of that love which knows how to give and spend itself freely for the good of all our brothers and sisters.


Christ embraces all of humanity and wishes no one to be lost. 'For God sent the Son into the world, not to condemn the world, but that the world might be saved through him'. He does it without oppressing or constraining anyone to open to him the doors of heart and mind. 'Let the greatest among you become as the youngest, and the leader as one who serves' – Jesus Christ says – 'I am among you as one who serves'. Every activity therefore must be distinguished by an attitude of service to persons, especially those furthest away and less known. Service is the soul of that fraternity that builds up peace.


May Mary, the Mother of Jesus, help us to understand and live every day the fraternity that springs up from the heart of her Son, so as to bring peace to each person on this our beloved earth.