Nouvelles du 5-02- 2009
Texte Pris sur le site Zénit

Mercredi des Cendres 25 Février 2009

2008-02-03

« Redécouvrir le sens chrétien de la pratique du jeûne» : Message de carême 2009 de Benoît XVI


ROME, Mardi 3 février 2009 (ZENIT.org) - Pour le carême 2009, qui commence le 25 février, le pape Benoît XVI propose de redécouvrir le sens chrétien de la pratique du jeune : c'est le thème de son message, publié ce mardi 3 février. Le pape n'en encourage pas moins les autres pratiques du carême : « un plus grand engagement dans la prière, la lectio divina, le recours au Sacrement de la Réconciliation et dans la participation active à l'Eucharistie, par dessus tout à la Messe dominicale ».

MESSAGE DE SA SAINTETÉ BENOÎT XVI POUR LE CARÊME 2009

Redécouvrir le sens chrétien de la pratique du jeûne

Chers frères et sœurs !

Au commencement du Carême, qui constitue un chemin d'entraînement spirituel intense, la Liturgie nous propose à nouveau trois pratiques pénitentielles très chères à la tradition biblique et chrétienne - la prière, l'aumône et le jeûne - pour nous préparer à mieux célébrer la Pâque et faire ainsi l'expérience de la puissance de Dieu qui, comme nous l'entendrons au cours de la Veillée Pascale, « triomphe du mal, lave nos fautes, redonne l'innocence aux pécheurs, la joie aux affligés, dissipe la haine, nous apporte la paix et humilie l'orgueil du monde » (Annonce de la Pâque). En ce traditionnel Message du Carême, je souhaite cette année me pencher plus particulièrement sur la valeur et le sens du jeûne. Le Carême en effet nous rappelle les quarante jours de jeûne vécus par le Seigneur dans le désert, avant le commencement de sa mission publique. Nous lisons dans l'Evangile : « Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim » (Mt 4,1-2). Comme Moïse avant de recevoir les Tables de la Loi, (cf. Ex 34,28), comme Élie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb (cf. 1 R 19,8), de même Jésus, en priant et en jeûnant, se prépare à sa mission, dont le début fut marqué par une dure confrontation avec le tentateur.

Nous pouvons nous demander quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chrétiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance. Les Saintes Écritures et toute la tradition chrétienne enseignent que le jeûne est d'un grand secours pour éviter le péché et tout ce qui conduit à lui. C'est pourquoi, dans l'histoire du salut, l'invitation à jeûner revient régulièrement. Déjà dans les premières pages de la Sainte Écriture, le Seigneur commande à l'homme de s'abstenir de manger du fruit défendu : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangera pas, car le jour où tu en mangeras, certainement tu mourras. » (Gn 2,16-17). En commentant l'injonction divine, saint Basile observe que « le jeûne a été prescrit dans le paradis terrestre », et « ce premier précepte été donné à Adam ». Il conclut ainsi : « Cette défense - 'tu ne mangeras pas' - est une loi de jeûne et d'abstinence » (cf. Homélie sur le jeûne : PG 31, 163, 98). Parce que tous nous sommes appesantis par le péché et ses conséquences, le jeûne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur. C'est ce que fit Esdras avant le voyage du retour de l'exil en Terre promise, quand il invita le peuple réuni à jeûner « pour s'humilier - dit-il - devant notre Dieu » (8,21). Le Tout Puissant écouta leur prière et les assura de sa faveur et de sa protection. Les habitants de Ninive en firent autant quand, sensibles à l'appel de Jonas à la repentance, ils proclamèrent, comme témoignage de leur sincérité, un jeûne en disant: « Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s'il ne reviendra pas de l'ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ? » (3,9). Là encore, Dieu vit leurs œuvres et les épargna.

Dans le Nouveau Testament, Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l'attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne, redit encore en d'autre lieux le divin Maître, consiste plutôt à faire la volonté du Père céleste, lequel « voit dans le secret et te récompensera » (Mt 6,18). Lui-même en donne l'exemple en répondant à Satan, au terme des quarante jours passés dans le désert : « Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Si donc Adam désobéit à l'ordre du Seigneur « de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal », le croyant entend par le jeûne se soumettre à Dieu avec humilité, en se confiant à sa bonté et à sa miséricorde.

La pratique du jeûne est très présente dans la première communauté chrétienne (cf. Act 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). Les Pères de l'Église aussi parlent de la force du jeûne, capable de mettre un frein au péché, de réprimer les désirs du « vieil homme », et d'ouvrir dans le cœur du croyant le chemin vers Dieu. Le jeûne est en outre une pratique récurrente des saints, qui le recommandent. Saint Pierre Chrysologue écrit : « Le jeûne est l'âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu'il écoute l'homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d'entendre lorsqu'on le supplie » (Sermo 43: PL 52, 320. 332).

De nos jours, la pratique du jeûne semble avoir perdu un peu de sa valeur spirituelle et, dans une culture marquée par la recherche du bien-être matériel, elle a plutôt pris la valeur d'une pratique thérapeutique pour le soin du corps. Le jeûne est sans nul doute utile au bien-être physique, mais pour les croyants, il est en premier lieu une « thérapie » pour soigner tout ce qui les empêche de se conformer à la volonté de Dieu. Dans la Constitution apostolique Pænitemini de 1966, le Serviteur de Dieu Paul VI reconnaissait la nécessité de remettre le jeûne dans le contexte de l'appel de tout chrétien à « ne plus vivre pour soi-même, mais pour Celui qui l'a aimé et s'est donné pour lui, et... aussi à vivre pour ses frères » (cf. Ch. I). Ce Carême pourrait être l'occasion de reprendre les normes contenues dans cette Constitution apostolique, et de remettre en valeur la signification authentique et permanente de l'antique pratique pénitentielle, capable de nous aider à mortifier notre égoïsme et à ouvrir nos cœurs à l'amour de Dieu et du prochain, premier et suprême commandement de la Loi nouvelle et résumé de tout l'Évangile (cf. Mt 22,34-40).

La pratique fidèle du jeûne contribue en outre à l'unification de la personne humaine, corps et âme, en l'aidant à éviter le péché et à croître dans l'intimité du Seigneur. Saint Augustin qui connaissait bien ses inclinations négatives et les définissait comme « des nœuds tortueux et emmêlés » (Confessions, II, 10.18), écrivait dans son traité sur L'utilité du jeûne : « Je m'afflige certes un supplice, mais pour qu'Il me pardonne ; je me châtie de moi-même pour qu'Il m'aide, pour plaire à ses yeux, pour arriver à la délectation de sa douceur » (Sermon 400, 3, 3: PL 40, 708). Se priver de nourriture matérielle qui alimente le corps facilite la disposition intérieur à l'écoute du Christ et à se nourrir de sa parole de salut. Avec le jeûne et la prière, nous Lui permettons de venir rassasier une faim plus profonde que nous expérimentons au plus intime de nous : la faim et la soif de Dieu.

En même temps, le jeûne nous aide à prendre conscience de la situation dans laquelle vivent tant de nos frères. Dans sa Première Lettre, saint Jean met en garde : « Si quelqu'un possède des richesses de ce monde et, voyant son frère dans la nécessité, lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ? » (3,17). Jeûner volontairement nous aide à suivre l'exemple du Bon Samaritain, qui se penche et va au secours du frère qui souffre (cf. Deus caritas est, 15). En choisissant librement de se priver de quelque chose pour aider les autres, nous montrons de manière concrète que le prochain en difficulté ne nous est pas étranger. C'est précisément pour maintenir vivante cette attitude d'accueil et d'attention à l'égard de nos frères que j'encourage les paroisses et toutes les communautés à intensifier pendant le Carême la pratique du jeûne personnel et communautaire, en cultivant aussi l'écoute de la Parole de Dieu, la prière et l'aumône. Ceci a été, dès le début, une caractéristique de la vie des communautés chrétiennes où se faisaient des collectes spéciales (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), tandis que les fidèles étaient invités à donner aux pauvres ce qui, grâce au jeûne, avait été mis à part (cf. Didascalie Ap., V, 20,18). Même aujourd'hui, une telle pratique doit être redécouverte et encouragée, surtout pendant le temps liturgique du Carême.

Il ressort clairement de tout ce que je viens de dire, que le jeûne représente une pratique ascétique importante, une arme spirituelle pour lutter contre tous les attachements désordonnés. Se priver volontairement du plaisir de la nourriture et d'autres biens matériels, aide le disciple du Christ à contrôler les appétits de sa nature affaiblie par la faute originelle, et dont les effets négatifs investissent entièrement la personne humaine. Une hymne antique de la liturgie du Carême exhorte avec pertinence : « Utamur ergo parcius, / verbis, cibis et potibus, / somno, iocis et arctius / perstemus in custodia - Nous utilisons plus sobrement les paroles, les nourritures, les boissons, le sommeil et les jeux, et avec plus d'attention, nous demeurons vigilants ».

Chers frères et sœurs, à bien regarder, le jeûne a comme ultime finalité d'aider chacun d'entre nous, comme l'écrivait le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, à faire un don total de soi à Dieu (cf. Veritatis splendor, 21). Que le Carême soit donc mis en valeur dans toutes les familles et dans toutes les communautés chrétiennes, pour éloigner de tout ce qui distrait l'esprit et intensifier ce qui nourrit l'âme en l'ouvrant à l'amour de Dieu et du prochain. Je pense en particulier à un plus grand engagement dans la prière, la lectio divina, le recours au Sacrement de la Réconciliation et dans la participation active à l'Eucharistie, par dessus tout à la Messe dominicale. Avec cette disposition intérieure, nous entrons dans le climat de pénitence propre au Carême. Que la Bienheureuse Vierge Marie, Causa nostrae laetitiae nous accompagne et nous soutienne dans nos efforts pour libérer notre cœur de l'esclavage du péché et pour en faire toujours plus un « tabernacle vivant de Dieu ». En formulant ce souhait et en assurant de ma prière tous les croyants et chaque communauté ecclésiale afin que tous suivent avec profit l'itinéraire du Carême, j'accorde à tous et de tout cœur la Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 11 décembre 2008

BENEDICTUS PP. XVI



site Zenit

Date: 2009-02-05

Benedict XVI's Lenten Address 2009

"Fasting Is a Great Help to Avoid Sin and All That Leads to It"

VATICAN CITY, JAN. 29, 2008 (Zenit.org).- Here is the text of Benedict XVI's message for Lent, dated Oct. 30 and released today by the Vatican.

Ash Wednesday is Feb. 25.

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MESSAGE OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI FOR LENT 2009

"He Fasted for Forty Days and Forty Nights, and Afterward He Was Hungry."

VATICAN CITY, FEB. 3, 2009 (Zenit.org).- Here is Benedict XVI's Lenten message for 2009, dated Dec. 11 and released today. The theme of the letter is "He Fasted for Forty Days and Forty Nights, and Afterward He Was Hungry."

Dear Brothers and Sisters!

At the beginning of Lent, which constitutes an itinerary of more intense spiritual training, the Liturgy sets before us again three penitential practices that are very dear to the biblical and Christian tradition -- prayer, almsgiving, fasting -- to prepare us to better celebrate Easter and thus experience God's power that, as we shall hear in the Paschal Vigil, "dispels all evil, washes guilt away, restores lost innocence, brings mourners joy, casts out hatred, brings us peace and humbles earthly pride" (Paschal Præconium). For this year's Lenten Message, I wish to focus my reflections especially on the value and meaning of fasting. Indeed, Lent recalls the forty days of our Lord's fasting in the desert, which He undertook before entering into His public ministry. We read in the Gospel: "Jesus was led up by the Spirit into the wilderness to be tempted by the devil. He fasted for forty days and forty nights, and afterwards he was hungry" (Mt 4,1-2). Like Moses, who fasted before receiving the tablets of the Law (cf. Ex 34,28) and Elijah's fast before meeting the Lord on Mount Horeb (cf. 1 Kings 19,8), Jesus, too, through prayer and fasting, prepared Himself for the mission that lay before Him, marked at the start by a serious battle with the tempter.

We might wonder what value and meaning there is for us Christians in depriving ourselves of something that in itself is good and useful for our bodily sustenance. The Sacred Scriptures and the entire Christian tradition teach that fasting is a great help to avoid sin and all that leads to it. For this reason, the history of salvation is replete with occasions that invite fasting. In the very first pages of Sacred Scripture, the Lord commands man to abstain from partaking of the prohibited fruit: "You may freely eat of every tree of the garden; but of the tree of the knowledge of good and evil you shall not eat, for in the day that you eat of it you shall die" (Gn 2, 16-17). Commenting on the divine injunction, Saint Basil observes that "fasting was ordained in Paradise," and "the first commandment in this sense was delivered to Adam." He thus concludes: "'You shall not eat' is a law of fasting and abstinence" (cf. Sermo de jejunio: PG 31, 163, 98). Since all of us are weighed down by sin and its consequences, fasting is proposed to us as an instrument to restore friendship with God. Such was the case with Ezra, who, in preparation for the journey from exile back to the Promised Land, calls upon the assembled people to fast so that "we might humble ourselves before our God" (8,21). The Almighty heard their prayer and assured them of His favor and protection. In the same way, the people of Nineveh, responding to Jonah's call to repentance, proclaimed a fast, as a sign of their sincerity, saying: "Who knows, God may yet repent and turn from his fierce anger, so that we perish not?" (3,9). In this instance, too, God saw their works and spared them.

In the New Testament, Jesus brings to light the profound motive for fasting, condemning the attitude of the Pharisees, who scrupulously observed the prescriptions of the law, but whose hearts were far from God. True fasting, as the divine Master repeats elsewhere, is rather to do the will of the Heavenly Father, who "sees in secret, and will reward you" (Mt 6,18). He Himself sets the example, answering Satan, at the end of the forty days spent in the desert that "man shall not live by bread alone, but by every word that proceeds from the mouth of God" (Mt 4,4). The true fast is thus directed to eating the "true food," which is to do the Father's will (cf. Jn 4,34). If, therefore, Adam disobeyed the Lord's command "of the tree of the knowledge of good and evil you shall not eat," the believer, through fasting, intends to submit himself humbly to God, trusting in His goodness and mercy.

The practice of fasting is very present in the first Christian community (cf. Acts 13,3; 14,22; 27,21; 2 Cor 6,5). The Church Fathers, too, speak of the force of fasting to bridle sin, especially the lusts of the "old Adam," and open in the heart of the believer a path to God. Moreover, fasting is a practice that is encountered frequently and recommended by the saints of every age. Saint Peter Chrysologus writes: "Fasting is the soul of prayer, mercy is the lifeblood of fasting. So if you pray, fast; if you fast, show mercy; if you want your petition to be heard, hear the petition of others. If you do not close your ear to others, you open God's ear to yourself" (Sermo 43: PL 52, 320. 322).

In our own day, fasting seems to have lost something of its spiritual meaning, and has taken on, in a culture characterized by the search for material well-being, a therapeutic value for the care of one's body. Fasting certainly bring benefits to physical well-being, but for believers, it is, in the first place, a "therapy" to heal all that prevents them from conformity to the will of God. In the Apostolic Constitution Pænitemini of 1966, the Servant of God Paul VI saw the need to present fasting within the call of every Christian to "no longer live for himself, but for Him who loves him and gave himself for him, he will also have to live for his brethren" (cf. Ch. I). Lent could be a propitious time to present again the norms contained in the Apostolic Constitution, so that the authentic and perennial significance of this long held practice may be rediscovered, and thus assist us to mortify our egoism and open our heart to love of God and neighbor, the first and greatest Commandment of the new Law and compendium of the entire Gospel (cf. Mt 22, 34-40).

The faithful practice of fasting contributes, moreover, to conferring unity to the whole person, body and soul, helping to avoid sin and grow in intimacy with the Lord. Saint Augustine, who knew all too well his own negative impulses, defining them as "twisted and tangled knottiness" (Confessions, II, 10.18), writes: "I will certainly impose privation, but it is so that he will forgive me, to be pleasing in his eyes, that I may enjoy his delightfulness" (Sermo 400, 3, 3: PL 40, 708). Denying material food, which nourishes our body, nurtures an interior disposition to listen to Christ and be fed by His saving word. Through fasting and praying, we allow Him to come and satisfy the deepest hunger that we experience in the depths of our being: the hunger and thirst for God.

At the same time, fasting is an aid to open our eyes to the situation in which so many of our brothers and sisters live. In his First Letter, Saint John admonishes: "If anyone has the world's goods, and sees his brother in need, yet shuts up his bowels of compassion from him -- how does the love of God abide in him?" (3,17). Voluntary fasting enables us to grow in the spirit of the Good Samaritan, who bends low and goes to the help of his suffering brother (cf. Encyclical Deus caritas est, 15). By freely embracing an act of self-denial for the sake of another, we make a statement that our brother or sister in need is not a stranger. It is precisely to keep alive this welcoming and attentive attitude towards our brothers and sisters that I encourage the parishes and every other community to intensify in Lent the custom of private and communal fasts, joined to the reading of the Word of God, prayer and almsgiving. From the beginning, this has been the hallmark of the Christian community, in which special collections were taken up (cf. 2 Cor 8-9; Rm 15, 25-27), the faithful being invited to give to the poor what had been set aside from their fast (Didascalia Ap., V, 20,18). This practice needs to be rediscovered and encouraged again in our day, especially during the liturgical season of Lent.

From what I have said thus far, it seems abundantly clear that fasting represents an important ascetical practice, a spiritual arm to do battle against every possible disordered attachment to ourselves. Freely chosen detachment from the pleasure of food and other material goods helps the disciple of Christ to control the appetites of nature, weakened by original sin, whose negative effects impact the entire human person. Quite opportunely, an ancient hymn of the Lenten liturgy exhorts: "Utamur ergo parcius, / verbis cibis et potibus, / somno, iocis et arctius / perstemus in custodia" (Let us use sparingly words, food and drink, sleep and amusements. May we be more alert in the custody of our senses).

Dear brothers and sisters, it is good to see how the ultimate goal of fasting is to help each one of us, as the Servant of God Pope John Paul II wrote, to make the complete gift of self to God (cf. Encyclical "Veritatis splendor," 21). May every family and Christian community use well this time of Lent, therefore, in order to cast aside all that distracts the spirit and grow in whatever nourishes the soul, moving it to love of God and neighbor. I am thinking especially of a greater commitment to prayer, lectio divina, recourse to the Sacrament of Reconciliation and active participation in the Eucharist, especially the Holy Sunday Mass. With this interior disposition, let us enter the penitential spirit of Lent. May the Blessed Virgin Mary, "Causa nostrae laetitiae," accompany and support us in the effort to free our heart from slavery to sin, making it evermore a "living tabernacle of God." With these wishes, while assuring every believer and ecclesial community of my prayer for a fruitful Lenten journey, I cordially impart to all of you my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 11 December 2008

BENEDICTUS PP. XVI