Missionaires d'Afrique

BURKINA FASO

Cultures,
religions traditionnelles
et évangélisation de l’Afrique
par
Patrick Odhiambo


Depuis la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ, les hommes ont répondu à son appel à aller dans le monde entier annoncer sa Bonne Nouvelle. Né dans une culture et une religion particulière, Jésus Christ, de par sa nature même, a mis en question, plusieurs choses dans sa propre culture. Ceux qui ont cru en lui se sont vite rendu compte que leur style de vie ne pourrait pas rester le même. Aux premiers croyants juifs se sont vite ajoutés des croyants d’origine non juive (païenne). D’autres questions se sont posées à l’Église naissante. Qu’est-ce que l’on pourrait faire ou ne pas faire pour rester fidèle à l’Évangile de Jésus Christ tout en étant Juif, Grec ou autre ? Si les apôtres et les premiers croyants ont su répondre à ces questions, c’est parce qu’ils ne se sont pas simplement contentés de leur foi en Jésus Christ et encore moins d’une simple connaissance du message de l’Évangile, mais surtout parce qu’ils ont essayé de comprendre ce qu’étaient la culture, la religion et les pensées des autres cultures, à la rencontre desquelles le christianisme était confronté.

Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient même pu trouver dans les langues et les philosophies de leur temps (latine et grecque, par exemple) des formules et des expressions avec lesquelles ils pourraient mieux exprimer la foi chrétienne, sans oublier l’adoption de certaines pratiques religieuses et culturelles, introduites dans la prière chrétienne.

Ce travail de la connaissance approfondie des langues, des cultures et des religions des peuples auprès desquels la Bonne Nouvelle est annoncée reste aussi important et urgent aujourd’hui comme l’annonce de la Bonne Nouvelle elle-même car en fait elle fait partie de cette annonce. Aussi longtemps que la Bonne Nouvelle est annoncée, la connaissance de la langue, de la culture et des religions traditionnelles de ceux à qui elle s’adresse restera importante, si les évangélisateurs veulent qu’elle soit vraiment enracinée dans le cœur de ceux qui l’accueillent.

Vu les mutations rapides des sociétés en général et de la société africaine en particulier, il y a tendance à croire que les gens ne sont plus influencés par leur culture et leur religion traditionnelle, et que l’évangélisateur peut se passer de cette étude. Ceci n’est cependant pas vrai. L’influence de la culture et de la religion traditionnelle africaine est plus grande qu’il n’apparaît à première vue, même pour ceux qui habitent les grandes villes africaines pleines d’un mélange de cultures.

Au fond, les Africains restent marqués par la religion et la culture ancestrales (inséparables) et même s’ils sont devenus chrétiens ou musulmans leurs peurs subsistent. L’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ en Afrique ne peut et ne doit surtout pas les ignorer de même que les questions posées par leur nouvelle foi face aux traditions transmises par leurs ancêtres !

Patrick Odhiambo

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De 1982 à 1985 notre confrère sociologue Henri Maurier a publié dans Vivant Univers trois études sur les religions africaines traditionnelles. C’est une introduction à l’univers religieux des peuples à partir des nécessités de leur vie, une étude du lien entre la religion d’un peuple et le mode de vie découlant du milieu naturel où il s’est adapté (Vivant Univers no 342, 348, 356).



 


Missionaries of Africa

BURKINA FASO

African cultures,
traditional religions
and evangelisation

by
Patrick Odhiambo M.Afr.



Since the death and resurrection of Our Lord Jesus Christ, men have responded to his call and have gone out to proclaim his Good News to the whole world. Born into a particular culture and religion, Jesus Christ, in virtue of his nature, put several things concerning his own culture into question. Those who believed in him soon realised that their lifestyle could no longer remain the same. Non-Jewish (pagan) believers soon joined the first Jewish believers. Other questions arose for the emerging Church. What was to be done or not done to remain faithful to the Gospel of Jesus Christ, while remaining Jewish, Greek or other? If the Apostles and the first believers replied to these questions, it is because they were not content just to believe in Jesus Christ, even less were they satisfied with a simple knowledge of the Gospel message. Above all, it was because they tried to understand what the culture, religion and thought processes of other cultures were, with which Christianity was confronted. It is therefore not surprising that they even found in the languages and philosophies of their times (Latin and Greek, for example,) phrases and expressions with which they could better express the Christian faith, including the adoption of certain cultural and religious practices introduced into Christian prayer.

This activity of deepening the knowledge of peoples’ languages, cultures and religions in which the Good News is proclaimed remains just as important and urgent today as the proclamation of the Good News itself, as in fact it is part of this proclamation. As long as the Good News is proclaimed, knowledge of the language, culture and traditional religions of those to whom it is addressed will continue to be important, if the evangelisers are hoping that it will be truly rooted in the hearts of those who receive it.

Given the rapid transformation of societies in general and African society in particular, there is a tendency to believe that people are not influenced by their traditional culture and religion and that the evangeliser can do without this research. This, however, is not true. The influence of traditional African culture and religion is greater than it seems at first sight, even for those who live in extensive African towns with a thorough mix of cultures.

At base, Africans remain affected by ancestral (inseparable) religion and culture and even if they have become Christians or Muslims, their fears persist. The proclamation of the Good News of Jesus Christ in Africa cannot and definitely must not ignore them, as well as questions posed by their new faith when confronted by traditions handed down by their ancestors!

Patrick Odhiambo

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From 1982 to 1985 our confrere Henri Maurier published a series of three issues of Vivant Univers on ATR, a point of reference for missionaries. As an anthropologist, he describes the links between life circumstances and religions that arise and that are still practiced by people influenced by the geographical settings in which they live. (Vivant Univers no 342, 348, 356)