Poème d'un ancien
(Yves Pauwels, Rome, mai 2005)
Au soleil levant de ma vie,
Lorsque j'étais jeune et beau
Le coeur rempli de lumière
Je rêvais de changer le monde.Poussé par une Force intérieure,
Sans armes ni bagages,
Je partis pour des pays lointains,
Vivre avec les hommes d'ébène.J'ai tout aimé dans cette Afrique,
ses fleuves, et ses falaises
ses fleurs odorantes,
et ses oiseaux colorésSes hommes, ses femmes, et ses enfants.
Leurs danses frénétiques au rythme du tambour,
Les fêtes de masques en l'honneur des ancêtres
Et leurs fétiches sculptées avec amour.J'ai tout vu dans cette Afrique,
La cruauté des forts,
La patience des faibles,
le courage des femmes,
le rire des enfantsQue de joies et que de peines
Nous avons portées ensemble
Pour qu'émerge quelque peu
Un avenir humain meilleurCes hommes, ces femmes, et ces enfants,
qui m'ont façonné
qui m'ont fait pleurer,
qui m'ont aimé,
qui m'ont rendu heureux,
m'ont toujours fasciné.Comme un navire, quittant les mers du monde
Je rentre au port.
Mais ces hommes , ces femmes, ces enfants,
Je les porte dans mon coeur qu'ils comblent.Je continue le voyage intérieur,
dans la paix et la sérénité,
vivant de souvenirs inoubliables,
les uns amers, les autres doux.Et au soleil couchant de ma vie,
Je rêve maintenant d'un monde à venir.Ils seront là, ces hommes , ces femmes et ces enfants,
Sur nos visages plus de pleurs ni de larmes
Car nous contemplerons au pays de Lumière,
La Source d'où jaillit tout bien,
Source qui n'a ni commencement ni fin.