Missionnaires d'Afrique
Province Zambie
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François Richard M.Afr.
ZAMBIE LUSAKA LE CENTRE FENZA
Le travail des MAfr observateurs, ramasseurs, collectionneurs, traducteurs, linguistes, comme celui de larchiviste qui stoppa lavance des termites
TOUTES CES SOURCES
SONT À LORIGINE DE FENZA
Lobjectif de FENZA : « Donner aux chrétiens lénergie pour affronter les défis de la culture traditionnelle comme ceux de la culture contemporaine, les ouvrir à la rencontre dautres cultures et dautres religions ».
Première source : le souvenir
Il était une fois Nous ancêtres (on les appelait Pères Blancs) ont pris des notes sur ce pays que les colonisateurs appelaient la Rhodésie du Nord. Ils ont écrit divers cahiers sur les langues (ils parlaient de dialectes), sur la culture (ils parlaient des coutumes), sur la religion (ils parlaient du paganisme), et sur les événements de chaque jour (ils parlaient de diaires). Ce fut létape des observateurs.
La génération suivante, se rendant compte de la valeur de ces cahiers de notes, a commencé par les mettre en lieu sûr dans des enveloppes, des cartons, des cantines, des armoires. Quelques-uns ont même recopié les notes à la machine et parfois les ont annotés. Ce fut létape des ramasseurs.
Puis est venu le temps des collectionneurs qui ont regroupé tous ces documents. Ils firent le tour des missions, vidèrent les rayons des armoires et engrangèrent tous les vieux livres et toutes les publications anciennes sur la Zambie (comme le pays sappelle maintenant).
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François Richard et Gilles Mathorel ; Bernhard Udelhoven ; Hugo Hinfelaar
À ce moment de lhistoire, les termites se préparaient à festoyer. Nous leur avons presque offert un grand banquet. Heureusement quil y a toujours quelques confrères allergiques aux termites ! Ils organisèrent donc les archives provinciales. Hugo Hinfelaar classifia tous les documents. Maurice Gruffat consacra des années à traduire en anglais de vieux documents écrits en français. Mais où emmagasiner tout cela ? Ce fut rangé dans un hangar de la maison provinciale et les confrères durent utiliser un container qui traînait dans la cour. De nouveau les termites se crûrent invitées
Deuxième source, la rencontre
Les premiers missionnaires ont semé la Parole et le grain a donné du 100 pour un. Une Église locale est née, vivante et florissante. La plupart des missionnaires devinrent alors des pasteurs de paroisse, guidant les brebis vers les verts pâturages. On entendit des murmures dans les rangs : sommes-nous encore missionnaires ? Nest-il pas temps maintenant dapprofondir lévangélisation de la culture locale ? Où sont passés les pionniers qui ouvraient de nouvelles routes ? Travaillons-nous réellement aux frontières ? Comment retrouver un nouveau souffle missionnaire ?
Cest alors que des documents capitulaires est sorti le mot magique : rencontre ! Nous avons reçu ce mot comme un défi. Quelques confrères bousculèrent nos habitudes de sacristains. Bill Russel demandait : « Que faisons-nous pour rencontrer les chrétiens des autres Églises ? » Gilles Mathorel élargissait la question : « Sommes-nous conscients de limportance grandissante de lislam ? ». Hugo Hinfelaar et Bernhard Udelhoven reprenaient en chur : « Comment nous préparons-nous à rencontrer la culture traditionnelle et la culture contemporaine des Zambiens ? » Chacun de ces confrères essaya de trouver quelques réponses à sa question personnelle. Mais rapidement nous avons senti le besoin de travailler ensemble.
Troisème source : les centres de langue
Les premiers missionnaires ont appris la langue dans les villages. Les générations suivantes fondèrent des centres de langue. Puis on les ferma. Mais de nouveaux missionnaires, de différents instituts et Églises, continuèrent à arriver Zambie et désiraient apprendre la langue. Cétait un appel.
Les sources sunissent en une rivière : FENZA
Les confrères réunis en assemblée provinciale (1998, 2002, 2004) décidèrent dunir les souhaits des quelques MAfr en un seul projet. Larchevêque de Lusaka nous apporta son soutien et offrit un terrain à Bauleni, à la périphérie de la ville. Roger Berkenstrater dessina les plans. On commença à construire en 2006. Comme François Richard avait perdu son emploi à Rome, il cherchait un travail. On lui demanda de coordonner les rêves des confrères et de préparer louverture de ce qui comprend maintenant une maison pour la communauté et le centre lui-même avec 4 bureaux, une salle de réunion, les archives et la bibliothèque.
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François, le directeur, et Mme Pulkeria Mumba aux archives de FENZA.
FENZA (« Faith and Encounter Zambia »)
La communauté (Gilles Mathorel, Bernhard Udelhoven et François Richard) est entrée au centre le premier mars 2007. Nous avons engagé une bibliothécaire professionnelle. Nous avons commencé lentement en établissant des contacts. Le travail sest organisé, petit à petit, en quatre secteurs.
La rencontre : Nous avons établi quelques contacts informels avec différentes Églises et avec des musulmans : assistance à des prières chez les non-catholiques, participation à des groupes cuméniques, conférences islamo-chrétiennes.
Recherche et animation : Nous sommes invités pour des causeries et des ateliers sur lislam, la sorcellerie, linculturation, la missiologie, le satanisme, la rencontre interreligieuse, lcuménisme Nous contribuons à des sessions de formation continue. Jusquici nous norganisons rien mais nous répondons à la demande.
Bibliothèque : Nous avons 5 300 livres et 20 lecteurs inscrits. Nous nachetons que des livres qui entrent dans les objectifs du centre : inculturation, cuménisme, religion, anthropologie, histoire avec priorité aux ouvrages qui traitent de la Zambie. Nous conservons 300 boîtes darchives. Nous avons mis sur ordinateur le catalogue de la bibliothèque et des archives. Les livres sont accessibles pour consultation seulement dans la salle de lecture. Nos lecteurs viennent surtout de luniversité, des écoles supérieures et du grand séminaire. Quelques étudiants venant de létranger et faisant de la recherche sur la Zambie viennent nous consulter. Mais jusquici nous ne sommes pas bousculés par la demande.
Cours de langue : Nous offrons 10 semaines de bemba et de nyanja. la langue peut aussi être étudiée dix samedi matins à la suite. Il y a aussi un cours sur la vie en Zambie qui dure deux semaines : notions danthropologie, dhistoire, de langue, déconomie et de vie sociale. Des Zambiens compétents assurent ces cours. Cette section est celle qui rapporte le plus financièrement.
Ouverture sur le futur
Le centre FENZA a été officiellement inauguré le 22 janvier 2008 avec la participation des dix évêques de Zambie, du nonce apostolique, des représentants de différentes Églises et de plusieurs amis. On nous a beaucoup encouragés dans ce service de lÉvangile en Zambie.
Louverture de FENZA reste un défi. Les trois sources se sont jointes pour former une rivière encore assez modeste. Dans lavenir nous pourrons peut-être irriguer la réflexion et la pratique des missionnaires en Zambie. FENZA en est toujours au stade dun torrent de montagne qui court à travers la savane épineuse de Zambie. Il nous faudra encore analyser la situation pour mieux agir selon nos possibilités. Les besoins de lÉglise locale et nos propres rêves doivent se rejoindre et nous ouvrir vers lavenir. Nous avons besoin de plus despace pour les rencontres. Le provincial aimerait bien que nous balancions notre budget et devenions autosuffisants.
Les lecteurs intéressés à ce que je viens de raconter peuvent en apprendre un peu plus en nous visitant au centre ou en consultant www.fenza.org. Soyez les bienvenus !
François Richard M.Afr.
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Sur la première page du site FENZA, on voit un caméléon. Pourquoi ?
Les Zambiens ont souvent peur du caméléon mais ils ne le tuent pas. Dans un mythe chewa Dieu confie au caméléon le message qui porte la vie. Le gecko lui est envoyé avec le message de mort et, plus rapide, il arrive le premier sur terre. Depuis lors, les mauvaises nouvelles vont toujours plus vite que les bonnes ! Mais est-il trop tard pour écouter le caméléon ? Plusieurs naiment pas parler des questions ambiguës de culture et de religion. La religion africaine a été méprisée comme le caméléon. Mais elle porte cependant elle aussi des paroles de vie qui nont pas encore été entendues et acceptées.
Tiré du Petit Echo N° 993 2008/7
Missionaries of Africa
Province ZAMBIA
François Richard M.Afr.
ZAMBIA LUSAKA
After the Observers, the Collectors, the Gatherers, the Archivist who stopped the termites and the Translator
MANY TRIBUTARIES GIVE
RISE TO FENZA CENTRE
Mission statement: Empowering Christians to face in openness the challenges raised by contemporary and traditional cultures and to encounter people of other Churches and religions.
First tributary: Memory
Once upon a time, our ancestors in the land - they were called White Fathers, wrote notes about the way people lived in Northern Rhodesia - as it was baptised by the colonisers. They drew up various documents; on the language - they spoke of dialects; on the culture - they spoke of customs; on religion - they spoke of paganism and on the daily events - they called that diaries. It was the time of the observers.
The next generation, seeing the value of those notes, started putting them in envelopes, cardboard boxes, metal trunks and filing cabinets. Some even recopied the notes, annotated them, or even typed them. It was the time of the collectors.
Then came the gatherers, who accumulated everything. They also went around the missions, made a clean sweep of the bookshelves and harvested any old books and magazines concerning Zambia - as it is now called.
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François Richard and Gilles Mathorel ; Bernhard Udelhoven ; Hugo Hinfelaar
The next step could have been a big banquet offered to the termites. Fortunately, some confreres were allergic to termites and organised what they called Provincial Archives. Hugo Hinfelaar classified everything. Maurice Gruffat spent years translating documents into English, - many old documents were in French. However, storage space was limited and slowly they filled up first a store room of the Provincial House and then a container in a corner of the courtyard. Again, termites were roaming around, seeking to devour this treasure.
Second tributary: Encounter
The Gospel seeds sown by our ancestors were bearing fruit and gave birth to a flourishing local Church. Most of us became pastors, mostly preoccupied with tending the Catholic flock. Some grumbling was heard: are we still missionaries? Has not the time come for a deeper evangelisation of the culture? Where have the trailblazers gone? Are we still frontiersmen? Who will give us a new missionary drive?
Then came the Chapter Documents with the magic word Encounter. This was perceived as a great challenge for us. Some confreres started to upset the well established sacred cows. Bill Russell claimed, What do we do in order to encounter Christians in the numerous churches? Gilles Mathorel advocated, asking, Are we aware of the growing presence of Islam? Hugo Hinfelaar and Bernhard Udelhoven chanted, And how do we encounter the challenges of both traditional and contemporary Zambian culture? Each individual started to stir the water in his own pool, but the need was felt for weaving these energies on the same loom.
Third tributary: Language Centres
Our ancestors learnt the languages in the villages. Succeeding generations established language schools. These closed. Yet, new missionaries (from various Congregations and Churches) continue to come to Zambia and desire to learn the language. Some of us thought this need should also be met.
The Confluence: Provincial Assemblies
Members of the Provincial Assemblies of 1998, 2002 and 2004 decided to merge those aspirations into a single missionary project. The Archbishop encouraged us and gave us a plot in Bauleni, on the outskirts of Lusaka. Plans were drawn up by Roger Berkenstrater. Building began in 2006. Fr. François Richard, who had lost his job in Rome and was looking for employment, was asked to coordinate these dreams and prepare the opening of the Centre. Two buildings were set up: a community house and the Centre itself, comprising 4 offices, a meeting room, Archives and Library .
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François in his office and Mrs Pulkeria Mumba in the Archives of FENZA.
The River: Fenza (Faith and Encounter Zambia)
The community members, Gilles Mathorel, Bernhard Udelhoven and François Richard, entered the Centre on the 1st March 2007. A professional librarian was engaged. Slowly, the Centre took shape, contacts were made and the work was organised in four main areas.
Encounter: We have established a number of informal contacts with various Churches and with Muslims. We have also taken part in organised functions: non-Catholic worship, ecumenical groups, Islam-Christian conferences.
Research Awareness Raising: We are invited to give talks and workshops on various topics that are in the field of our Mission Statement, e.g., Islam, Witchcraft, Inculturation, Missiology, Satanism, Inter-Faith Encounter, Ecumenism. We also take part in different Ongoing Formation programmes. So far, we do not take the initiative in organising courses, we just respond to requests.
Library: We have over 5,300 books and about 20 subscriptions. We only purchase books that enter into the focus of Fenza; Inculturation, Ecumenism, Religions, Anthropology and History, with a clear preference for works concerned with Zambian realities. We also have 300 boxes of Archives. The catalogues for the Library and Archives are computerised.
It is not a lending library, but a reference library. We have a reading room where readers can consult catalogues on the computer and the books. Our readers come mainly from university, colleges, and the major seminary. Some postgraduates from foreign universities come for research work, but so far we are not overwhelmed by the number of readers.
Language Courses: We offer a 10-week course in Bemba and Nyanja. We also offer a weekend course (10 Saturday mornings), for people who are working during the week and cannot follow the intensive course. Moreover, we hold a 2-week course of Introduction to Life in Zambia with notions of Anthropology, History, Languages, Economy and Social Life. This was done with the participation of Zambian resource people. This department is our main source of income.
Official Opening
The Faith and Encounter Centre was officially opened on the 22nd January 2008. All the 10 Bishops of Zambia, the Nuncio, ministers of various Churches and many friends attended the function and gave us a lot of encouragement, praising the Province for this new endeavour at the service of evangelisation in Zambia.
Future prospects:
We see the opening of Fenza as a challenging commission. The three tributaries have now merged, but it is not yet a magnificent river abundantly irrigating Zambian missionary thinking and praxis. It is still a torrent-like river looking for its way through the thorny and stony landscape of the Zambian countryside.
We still have to analyse the situation and our possibilities better. The needs of the local Church and our own dreams must merge into an acceptable blend, capable of taking us forward.
We need more buildings for both meeting space and accommodation. The Provincial is urging us to become self-supporting in a short time. Let us hope that our dream does not turn into a nightmare that puts steep waterfalls into our river, like the Mosi O tunya (Victoria) Falls on the Zambezi!
If, by chance, a reader has reached the end of this presentation and wishes to know more about us, he can consult www.fenza.org. Callers are welcome. Ask for Bauleni, just after the cemetery. We always have some cool refreshments for our well-behaved visitors!
François Richard M.Afr.
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FENZA homepage features a chameleon. Why?
Here in Zambia, the chameleon is often feared, but it is not killed. A Chewa myth tells us that God had entrusted the chameleon with the message of life for human beings, while the gecko was sent out with the message of death. God sent the chameleon first, and after some time released the gecko. Still, the gecko won the race. Since then, bad news travels faster than good news, but is it really too late to listen to the chameleon? Many avoid or even fear the ambivalent issues of our cultures and religions. Like the chameleon, much of African religion has been despised and ignored. Still, it continues to resurface from deep down, because its message of life has not yet been fully heard.
From Petit Echo n°993 2008/7