Missionnaires d'Afrique
Province Zambie

Gottard Rosner Provincial M.Afr.

Dans le précédent numéro du Petit Écho, six articles ont présenté différents aspects du travail des confrères en Zambie. Gotthard Rosner y revient. Il fait un tour d’horizon des différents engagements MAfr et rattache notre mission à celle de Jésus. On se rappellera que Gotthard, actuel Provincial de Zambie, a été Supérieur général de la Société de 1992 à 1998.

Une présentation du travail des confrères par le Provincial
La mission de Jésus
en Zambie

Disciples de Jésus-Christ, nous sommes envoyés pour continuer sa mission. Après sa résurrection, Jésus vint et se tint au milieu des disciples ; il leur dit : « Paix soit sur vous !… Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Cela dit, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » (Jean 20,20-22). Nous sommes envoyés par Jésus et il nous donne la force nécessaire pour cette mission, la puissance de l’Esprit. Il nous faut quand même nous demander quelle est la mission de Jésus, quelle est notre mission ?

Deux dimensions de la mission de Jésus
Jésus est venu pour nous faire connaître Dieu le Père et pour nous donner la vie éternelle. La vie éternelle, dans l’évangile de Jean, ne signifie pas seulement une vie qui ne finit pas, mais surtout une participation à la vie divine (Jn 6, 40. 54 ; 8, 28-29 ; 14,8-10). La formule brève, c’est : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et la vie en abondance » Jn 10,10.

La deuxième dimension de la mission de Jésus c’est la libération et le pardon. Au lieu de s’associer avec les pouvoirs politiques et religieux de son temps, Jésus s’est intéressé aux pauvres et aux marginalisés, les collecteurs d’impôts, les prostituées, les pécheurs. Il les appelle « mes petits » alors que les pharisiens parlent de la « populace révoltée ». Jésus est le nouveau Moïse, le libérateur qui vient d’Égypte pour libérer de l’esclavage (Mt 1,21 ; 2,13.19-20 ; Jn 3,14-15…). Le texte le plus connu se trouve en Luc 4,16-21 où Jésus cite le passage messianique d’Isaïe 61 et dit à ses auditeurs que cette parole s’accomplit aujourd’hui : « L’Esprit du Seigneur est sur moi. Il m’a oint pour m’envoyer porter la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer la liberté des prisonniers, ouvrir les yeux des aveugles, libérer les opprimés et proclamer une année de grâces venant du Seigneur. »

Le travail de tout chrétien et de toute société missionnaire, c’est de continuer la mission de Jésus. Nous devons garder cela présent à l’esprit alors que nous allons maintenant parler plus particulièrement de notre Société des Missionnaires d’Afrique et de notre charisme.


Assemblée 2008 de tous les confrères de Zambie

Le charisme de notre Société
Nos derniers chapitres généraux ont exprimé un certain flou quant à notre charisme. On a parlé de manque d’identité, comme si nous ne savions plus qui nous sommes. « D’autres éléments cependant nous paralysent. Il n’est pas facile de passer d’une pastorale trop centrée sur les sacrements à une Église pour le Royaume… Nous avons besoin de parvenir à une vision claire et commune de la Mission. C’est là notre faiblesse » (Chapitre 2004, p. 26).

« Nous, Missionnaires d’Afrique, manquons d’une vision commune et claire sur notre identité et notre mission aujourd’hui… Nous sommes écartelés entre nos responsabilités pastorales et les nouveaux appels de la mission » (Chapitre 1998, p. 32-33).

Nous nous sentions engagés dans trop d’activités sans avoir suffisamment défini les priorités. Avons-nous trop de priorités ? Première évangélisation, JPIC, travail avec les jeunes, soutien des malades du sida, dialogue avec l’islam, œcuménisme, formation des enseignants et des prêtres, ministère sacramentel, construction d’églises, formation continue, etc.

Les confrères de la dernière assemblée plénière des confrères de Zambie, ont réaffirmé nos priorités : évangélisation en profondeur, dialogue interreligieux, inculturation, les jeunes et les enfants, l’autofinancement, le ministère de guérison, l’accompagnement spirituel (Compte rendu, p. 8). À la page 7 nous parlions d’autres œuvres essentielles : « En même temps que le travail pastoral, catéchétique, sacramentel et œcuménique, nous devons renouveler le catéchuménat en aidant les chrétiens catholiques à ne pas se laisser aller vers les nouveaux mouvements religieux. Nous devons évangéliser en profondeur et travailler à l’amélioration de la vie comme en nous occupant des malades, des soins à domicile, des orphelins et enfants en danger, de l’éducation sanitaire, de l’école et de l’alphabétisation, de l’éducation aux droits de la personne, de la justice et de la paix, de la lutte contre la sorcellerie, de l’agriculture et des petits métiers. »

Nous voyons bien que nous avons tant de priorités que chacun peut y choisir ce qu’il veut comme dans un supermarché. On y trouve tout au goût de chacun et nous n’avons pas de vision commune. Nous n’avons plus de priorités et chacun est heureux avec ses engagements personnels.

Nos Constitutions ne nous aident pas beaucoup quand on y cherche notre charisme. Pourtant elles indiquent une certaine direction.
Article 1 : « Le but (de notre Société) est d’annoncer l’Évangile aux hommes du monde africain. Du fait de ses origines, la Société a toujours porté une attention particulière aux croyants de l’islam. » Article 4 : «… être témoins du Règne de Dieu et partager avec ceux qui l’accueillent la grâce de la Bonne Nouvelle. » Article 5 : « L’annonce de l’Évangile et le service des hommes demandent que nous soyons solidaires des communautés humaines au sein desquelles nous vivons. Ainsi peut s’instaurer, dans un respect et une estime réciproques, le dialogue avec d’autres traditions et d’autres cultures. » Article 7 : « La communion aux aspirations et aux souffrances des hommes exige de nous une attention aux plus pauvres, un engagement pour la justice et la paix, un souci de la promotion des hommes à une vie plus humaine. Ainsi, tous et chacun seront mieux reconnus dans leur dignité d’enfants de Dieu. »

La rencontre
Au conseil plénier d’Addis Abeba (septembre 2007) on a senti qu’on essayait d’intéresser les confrères aux pays musulmans d’Afrique du Nord et de l’Ouest. Peu de stagiaires ou de nouveaux ordonnés se portent volontaires pour cette mission. Le conseil général a donc de la difficulté à remplacer un personnel qui diminue.

Nous utilisons de plus en plus le mot rencontre pour définir notre charisme. Il ne s’agit pas simplement de la mission en milieu musulman. On parle maintenant de rencontre avec les religions traditionnelles africaines et dans les relations œcuméniques, de rencontre avec les plus pauvres dans le domaine JPIC. Certains confrères ont l’espoir que notre charisme sera redéfini dans ces termes par le chapitre général de 2010.

Rencontre est un mot récent en missiologie. On n’en parle pas dans les documents de Vatican II et le Cardinal Lavigerie, notre fondateur, ne l’utilise pas. Mais si le Cardinal utilise des expressions de son époque comme « la conversion des incroyants », l’idée de la rencontre est cependant présente à son esprit. Il dit (traduction de l’anglais) : « Notre Société doit avancer vers la réalisation de ses objectifs avec ses moyens propres, s’approchant des Africains par la manière extérieure de vivre, d’abord en parlant leur langue et aussi par l’habit, l’alimentation, les coutumes. » Et pendant la campagne antiesclavagiste il écrit : « Nous avons à contraindre ces gens (les marchands d’esclaves) à comprendre l’impiété de leur conduite. Nous avons à leur enseigner que tous les hommes sont frères. Quand Dieu les a créés, il les a créés libres… »

1992. Gotthard Rosner vient d'être élu
Superior General.
Dans les documents capitulaires
Notre mission aujourd'hui et demain I, p. 8,
Cette sculpture est choisie pour illustrer le thème de la rencontre


Qu’est-ce que la rencontre ?
Je veux dire en premier ce que la rencontre n’est pas. Il ne s’agit pas d’enseignement ou de conversion des personnes. Il ne s’agit pas de leur apporter la vérité. Il ne s’agit pas de tout connaître et de vouloir partager ces connaissances. Il ne s’agit pas d’obliger les gens à se développer matériellement. Il ne s’agit pas de dénigrer et de mal parler des gens parce qu’ils seraient trop lents ou paresseux. Il ne s’agit pas de bâtir des dispensaires, des écoles, des églises. La rencontre ne se trouve pas dans le superactivisme.

La rencontre veut dire s’approcher des personnes afin de pouvoir les écouter et travailler avec elles à leur rythme. Elle est fondée sur le respect et la confiance mutuelle. Elle se produit quand nous acceptons la différence qu’il y a dans l’autre. Elle nous conduit à partager leur culture, à participer à leurs coutumes. La rencontre détruit les murs qui nous séparent des autres. La rencontre conduit à voir la dignité humaine de chaque personne. Elle permet de communier à ses souffrances et à ses joies, à partager leur style de vie pauvre. La rencontre nous amène à être plus accueillants pour les visiteurs, à ouvrir notre maison aux hôtes de passage. La rencontre fait de nous des missionnaires contemplatifs car elle nous met sur le chemin de la rencontre de Dieu.

Oui, je trace ici l’image idéale, le rêve qui se réalisera difficilement. Mais pourquoi n’y aurait-il pas parmi nous l’un ou l’autre qui y réussirait comme l’ont fait les saints François d’Assise, Vincent de Paul ou Thérèse de Lisieux ? Je connais plusieurs confrères qui marchent sur leurs traces…

Notre façon de vivre la mission
Les MAfr ont-ils une spiritualité ? Selon nos Constitutions, nous avons adopté celle de saint Ignace avec ses piliers : méditation, retraite, examen du conscient, discernements des esprits, contemplation dans l’action. Je crois que nous avons développé certains autres éléments. Il y a le zèle… et on nous a parfois appelés des workaholics (des accros du boulot). Travaillons-nous trop ?

Notre motivation, c’est le service de Dieu et de son peuple. Il y a la compassion pour les pauvres et les malades… et certains confrères en font trop, trop de dons, trop souvent ! C’est que nous avons bon cœur et que nous aimons profondément ceux que nous rencontrons. Il y a en nous une passion pour la justice… et nous nous mettons en colère devant les injustices, les oppressions et les fausses accusations.

Il y a des communautés fraternelles… et nous avons besoin du soutien des confrères malgré nos petites querelles et nos malentendus. Il y a le style de vie simple… et nos maisons sont propres et confortables, sans luxe ni gadgets coûteux. Il y a la diversité dans l’unité… même si nous manquons de « vision commune ». Il y a la créativité… selon le vieil adage père blanc « Débrouille-toi ! » (en français dans le texte !). Nos jeunes confrères ne sont pas les derniers à savoir « se débrouiller ».

Il y a finalement les conseils de communauté et le discernement… avec quelques communautés qui s’en passent. Mais en général, nous discutons, partageons et nous réconcilions en communauté. N’oubliez pas d’ajouter d’autres éléments que j’ai pu oublier ! Nous cheminons, sans être parfaits !

Gotthard Rosner
Supérieur provincial — Lusaka (Zambie)

P. S. Quelques-unes des idées que je présente ci-dessus viennent des exposés faits par le P. Marcel Boivin au Conseil plénier d’Addis Abeba.

 

Tiré du Petit Echo N° 994 2008/8

 


 

Missionaries of Africa
Province ZAMBIA
Gottard Rosner Provincial M.Afr.



In the last issue of the PE, six articles were published to present the work of some confreres in Zambia. Here you’ll find a very good follow-up, a kind of general assessment of what the Mission of the MAfr should be and how it is implemented in Zambia. One may recall that Gotthard Rosner, the present Provincial of Zambia was Superior General of the Society (1992-1998).

A Survey of MAfr Mission by a Provincial
The Mission of Jesus in Zambia

Like all disciples of Jesus Christ, we are sent to continue his mission. After the resurrection, Jesus came to the disciples ‘and stood in their midst and said to them: peace be with you… as the Father has sent me, so I am sending you. And when he had said this, he breathed on them and said to them: receive the Holy Spirit.’ (John 20:20-22). We are sent by Jesus and have received the necessary means for this mission, the power of the Holy Spirit. Immediately, of course, we have to ask, what was the mission of Jesus, and therefore, what is our mission?

Two aspects to Jesus’ mission
He came to make God the Father known to us and to give us eternal life. Eternal life in John’s Gospel does not only mean everlasting life, but can be equated with divine life (John 6:40, 54; 8:28-29; 14:8-10). In a nutshell, Jesus tells us, ‘I have come so that they may have life, life to the full.’ (John 10:10).

The second aspect of Jesus’ mission is liberation and forgiveness. Instead of associating with the religious powers or parties of his time, Jesus went towards the poor, the outcasts, the marginalised, the tax collectors, prostitutes and sinners, whom he called ‘my little ones’, whereas the Pharisees spoke of the ‘rabble’. He is the New Moses coming from Egypt in order to free his people from the slavery of sin (Matt. 1:21; 2:13, 19-20; John 3:14-15…)

The most famous text, of course, is found in Luke 4:16-21, where Jesus quotes a messianic text of Isaiah 61 and tells the listeners that this text has been fulfilled today:
‘The Spirit of the Lord is upon me, because he has anointed me to bring the good news to the poor, to proclaim liberty to captives and to make the blind see, to let the oppressed go free and to proclaim a year of favour from the Lord.’
To continue this mission of Jesus is the task of all Christians and the task of all Missionary Societies. We have to keep this in mind, when we now speak of our restricted mission as Missionaries of Africa, our charisma.


2008 General Assembly of all the confreres in Zambiade

The Charisma of our Society.
In our latest Chapters, there seems to be a certain confusion concerning our charisma. There is a lack of identity, as if we do not know who we are. 2004 Chapter: ‘Other factors paralyse us. The transition from an exclusively sacramental apostolate to the idea of the Kingdom is difficult… We need to reach a clear and common missionary outlook (vision). This (the lack of vision) is our key problem.’
1998 Chapter: ‘We lack a unified theology of mission, which contributes to lack of clarity as to who we are and to what we aim at. We are engaged in too many activities and do not have sufficiently defined priorities.’

It may indeed be true that we have too many priorities: Primary Evangelisation, JPIC, work with youth, ministry with AIDS patients, dialogue with Islam, ecumenism, education of teachers and priests, bringing the sacraments to the Catholics, building churches, ongoing formation, etc…

In the report of our last General Assembly we established some priorities for Zambia: In-depth evangelisation, interreligious dialogue, enculturation, youth and children, self-reliance, healing ministry, counselling (p.8).
And on the previous page (p.7) we speak of other essential tasks: ‘Together with sacramental, catechetical and pastoral work, plus ecumenism, we need to revamp the catechumenate, helping Catholic Christians to resist the attraction of the New Religious Movements. We foster in-depth evangelisation and try to integrate the development of our social environment like care of the sick, home-based care, orphans and vulnerable children, health education, sports, schooling and literacy programmes, education in human rights, justice and peace, fight against witchcraft, agriculture and trades.’

We have so many priorities that we can go shopping as in a supermarket and choose whatever we want. A common vision is indeed lacking. We have no priorities. We are happy with our individual commitments. Our Constitutions are not very helpful in defining our charisma, but it shows a certain direction.
Article 1 : ‘Its (our Society’s) aim is to proclaim the Gospel to the peoples of the African world. Because of its origins, the Society has always had a particular interest in Muslims.’
Article 4: ‘To be witnesses of the Kingdom and to share with those willing to receive it, the grace of the good news.’
Article 5: ‘The proclamation of the Gospel and the service of others require that we feel solidarity with the people among whom we live. This may open the way to dialogue with other religions and other cultures in an atmosphere of mutual respect.’
Article 7: ‘Sharing the sufferings of others and making their aspirations our own demands of us a particular care for the poor, a commitment to justice and peace, a concern that people’s lives be fuller and richer, more truly human.’

Encounter
During the last Plenary Council in Addis Ababa, (September 2007) there was a certain trend to get our confreres interested in the Muslim Mission (North and West Africa). It seems that only a few of our stagiaires or newly ordained confreres want to go to these countries and that the GC has a problem to replenish dwindling ranks.

A new word came up in order to define our charisma: ENCOUNTER. It was not only used for the Muslim Mission, but enlarged to encounter with African traditional religions and Ecumenism and to encounter with the poorest of the poor in JPIC. Some confreres hope that our charisma will be redefined in these terms during the 2010 Chapter.

Encounter is a recent word in Missiology. It is never used in the Documents of Vatican II and it is never used by Cardinal Lavigerie, our Founder. Although the latter speaks in the language of his time of ‘converting the unbelievers’, the reality of encounter is very much in his mind. He says, ‘Our Society must strive towards its goal with its specific means… coming close (be near) to the Africans by the exterior manner of life, by language in the first place, then by dress and food and by the way we live.’

In addition, during the Anti-Slavery Campaign, he says, ‘We have to bring these people (the slave traders) to understand the impiety of their behaviour. We must teach them that men are all brothers and that when God created them, he created them free...’

1992. Gotthard Rosner was the new
Superior General.
In the Capitular Documents
Our Mission Today and Tomorrow I, p. 8,
this sculpture was chosen to illustrate the theme
of Encounter.

 

What is encounter
Let me begin with what encounter is not. It is not teaching or converting people. It is not bringing them the truth. It is not knowing everything and sharing this knowledge. It is not imposing material development. It is not criticising and speaking ill of the people, because they are too slow or too lazy. It is not building clinics, schools and churches or being super-active.

Encounter means to be close to people in order to listen to them and to work with them at their own speed. It is based on mutual trust and respect. It means to accept the otherness of people. It means to participate in their culture and rituals. It is breaking down barriers which separate us from people.

It means seeing the human dignity of each person. It is sharing the sufferings and joys of our people, sharing also their poverty of life. It means to increase our hospitality and to open our doors. It means being a missionary in the contemplative mode, always connecting to God.

I am drawing an ideal image, of course, a dream that cannot be realised, but perhaps there are some among us who will become a new St. Francis, a new St. Vincent de Paul or a new St. Therese of Lisieux. I say this because many of us already follow the way of encounter.

The way we live our mission.
Do the Missionaries of Africa have their own spirituality? Officially, we are told that we follow the spirituality of St. Ignatius with its pillars of meditation, retreat, awareness examination and discernment of spirits: Contemplatio in Actione.

I see among us, however, many other elements, which belong to our way of being a missionary and of serving God. There is zeal. Sometimes the MAfr are called ‘workaholics.’ Perhaps we work too much, but there is a motivation behind our work: we want to serve God and our people. There is compassion for the poor and suffering. Some of us might overdo it and help too often and too generously, but it comes from the heart, from a deep love of the people.

There is a passion for justice. We get angry, when we see or hear of injustices, when people are wrongly accused or oppressed. There are fraternal communities. We always find the support of our brothers, even if in daily life there may be conflicts and misunderstandings. There is a simple lifestyle. Our houses and rooms are clean and comfortable, but not luxurious and over-furnished. There is diversity in unity, even if we may lack a common vision. There is creativity.

Our younger confreres find new ways to follow the age-old saying among White Fathers: ‘Debrouille-toi.’ Finally, there is community sharing and discernment. With rare exceptions, our communities discuss together, share together and reconcile together.

All these elements belong to our spirituality, our way leading to God. There may be many other elements that you could add to those mentioned. It may not be the best way and we might not be perfect, but I believe that it is the Missionaries of Africa way.

Gotthard Rosner
Provincial Superior - Lusaka (Zambia)

P.S. Some of the ideas of this overview are inspired by the talks of Fr. Marcel Boivin given to the Plenary Council in Addis Ababa.

From Petit Echo n°994 2008/8