CONSEIL PONTIFICAL
POUR LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX
MESSAGE POUR LA FIN DU RAMADAN
'Id al-Fitr 1425 A.H/2004 D.C
"Les enfants, don de Dieu pour l’avenir de l’humanité"

CITE DU VATICAN, Vendredi 5 novembre 2004 (ZENIT.org) – "Les enfants, don de Dieu pour l’avenir de l’humanité", c’est le thème de ce message aux Musulmans, à l’occasion de la fin du mois du ramadan.

Chers amis musulmans,

1. Au moment où vous allez fêter la fin du mois de Ramadan avec ‘Id al-Fitr, je viens, cette année encore, vous présenter les meilleurs vœux du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux, office de Sa Sainteté le Pape pour les relations avec les personnes d’autres religions. Dans leurs prières, beaucoup de chrétiens ont pensé à vous et vous ont accompagné durant ce temps de jeûne, qui occupe une place si importante dans la vie de votre communauté. Dès que possible, vous apprenez à vos enfants à observer ce mois de jeûne, développant ainsi en eux le sens de Dieu, l’obéissance religieuse et, en même temps, la volonté et la maîtrise de soi. Ainsi, la famille, constitue le lieu par excellence de la première éducation religieuse de vos enfants.

2. J’aimerais aujourd’hui attirer l’attention sur les enfants en général et l’accueil qu’ils doivent recevoir, aux différents moments de leur vie, de la part de leurs parents, de leur famille et de toute la société. L’enfant a un droit imprescriptible à la vie. Il a aussi le droit, autant que faire se peut, à être accueilli au sein d’une famille naturelle et stable. Il a, de même, le droit à être nourri, vêtu et protégé. Il a le droit, en outre, d’être éduqué pour que se développent en lui et, plus tard, pour qu’il développe par lui-même, toutes ses capacités. Dans cette perspective, l’enfant est en droit d’être soigné s’il tombe malade ou s’il est victime de quelque accident. La vie de l’enfant, comme celle de toute autre personne humaine, est sacrée.

3. Vous considérez qu’un enfant est une bénédiction de Dieu, notamment pour ses parents. Nous, chrétiens, partageons ce regard religieux, mais notre foi chrétienne nous enseigne également à découvrir dans l’enfant un modèle pour nos rapports avec Dieu. Jésus a donné en exemple la simplicité de l’enfant, sa confiance, sa docilité, sa joie de vivre, nous indiquant ainsi que nous devons vivre dans une soumission confiante à l’égard de Dieu, en Le regardant aussi comme à un Père.

4. En plusieurs occasions, ces dernières années, nous nous sommes retrouvés, côte à côte, dans des instances internationales, pour affirmer ou défendre des valeurs humaines et religieuses fondamentales. Souvent il était question de défendre les droits des plus faibles, et notamment ceux de l’enfant entre le moment de sa conception et celui de sa naissance.

5. Si l’enfant a bénéficié, au moins dans certaines parties du monde et en certains domaines, du progrès dans le respect des droits de l’homme, il continue de souffrir, par ailleurs, de divers maux. Beaucoup trop d’enfants encore sont astreints à des travaux pénibles qui compromettent leur développement physique et psychologique, les empêchent de se rendre à l’école et de recevoir l’instruction à laquelle ils ont droit. Beaucoup d’autres sont aussi enrôlés ou mêlés à des guerres ou à des conflits. L’augmentation des abus sexuels et de la prostitution, ces dernières années, a trouvé en eux ses premières victimes.

Surtout, l’enfant est devenu la nouvelle victime de certaines mutations en nos sociétés. En effet, lorsque la famille se désagrège, les enfants sont les premiers à en pâtir. Le développement du trafic et de la consommation de la drogue, surtout dans les pays pauvres, se fait trop souvent à leurs dépens. Le trafic ignoble d’organes touche particulièrement les enfants. La tragédie du sida fait souvent d’eux des petits êtres contaminés dès leur naissance.

6. Face à ces maux qui frappent nos enfants, chers amis musulmans, nous devons unir nos efforts, en rappelant la dignité de tout être humain dont l’existence est voulue par Dieu lui-même, en dénonçant sans relâche tout ce qui dégrade l’enfant et en luttant, de toutes nos forces, contre ces "structures du péché", pour utiliser une expression reprise par le pape Jean-Paul II. Nous sommes bien conscients qu’avec l’avenir des enfants se joue aussi celui de l’humanité toute entière. J’espère ainsi que notre coopération au service des enfants se poursuivra et même se développera, fournissant, par-là à l’humanité d’aujourd’hui, une des preuves du caractère bienfaisant de la religion pour toute la communauté humaine.

7. En ce mois de Ramadan, puissent vos enfants être fortifiés dans l’accomplissement des œuvres de bien ! Qu’ils apprennent aussi à résister aux bonheurs illusoires et aux plaisirs éphémères pour conquérir une liberté intérieure et être plus soumis à Dieu ! Qu’ils donnent ainsi un témoignage à l’importance des valeurs religieuses ! Encore une fois, je vous assure de ma prière au Dieu tout puissant et miséricordieux, pour vous-mêmes et pour vos enfants en particulier. Qu’Il répande sur vous ses bénédictions, qu’Il rende vos familles fortes et généreuses dans son service et qu’Il accorde, à chacun de vous, sa paix !

Monseigneur Michael L. Fitzgerald
Président

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In English

PONTIFICAL COUNCIL FOR INTERRELIGIOUS DIALOGUE
MESSAGE FOR THE END OF RAMADAN
'Id al-Fitr 1425 A.H/2004 D.C
"Children, Gift of God for the Future of Humanity."


VATICAN CITY, NOV. 5, 2004 (Zenit.org).- Here is the Vatican’s annual message to Muslims on the occasion of Ramadan, presented by Archbishop Michael Fitzgerald , president of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue. The theme this year ('Id al-Fitr 1425 A.H/2004 D.C.) is: "Children, Gift of God for the Future of Humanity."

* * *

Dear Friends,

1. This year again, at the time when you are preparing to celebrate 'Id al-Fitr at the end of the month of Ramadan, I wish to offer you very best wishes on behalf of the Pontifical Council for Interreligious Dialogue, the office of His Holiness the Pope for relations with people of other religions. In their prayers many Christians have been thinking about you and accompanying you during this month of fasting, a month which occupies such an important place in the life of your community. At the earliest age possible you teach your children to observe this month of fasting, thus developing in them a sense of God and a spirit of religious obedience, at the same time helping them to train their will and to acquire self-discipline. In this way the family is, par excellence, the place where your children receive their first religious education.

2. Today I would like to call attention to children in general and to the welcome they should receive, at different moments of their life, from their parents, their family and from society. Every child has an inalienable right to life and, in so far as this is possible, to be welcomed within a natural, stable family. All children have moreover the right to nourishment, clothing and protection, and furthermore to be educated so that there may develop in them, and that later they may develop in themselves, all their capacities. In this perspective the child, when sick or victim of an accident, has the right to receive all necessary care. The life of the child, just as the life of every human person, is sacred.

3. You consider the child to be a blessing from God, in particular for the parents. As Christians we share with you this religious attitude, but our Christian faith teaches us also to discover in the child a model for our relationship with God. Jesus has given us as an example the child's simplicity and trust, docility and liveliness, showing us in this way how we should live in trusting submission to God.

4. On several occasions these last years representatives of the Holy See and of countries with a Muslim majority have defended together in international fora fundamental human values. It was often a matter of defending the rights of those who are the weakest, and notably the family as the natural environment in which children are nurtured and their rights are better preserved.

5. Although the child has benefited, at least in certain parts of the world and in certain areas of life, from progress in respect for human rights, there are still many evils which cause suffering. Too many children are forced to engage in heavy work that endangers their physical and psychological development, prevents them from attending school and thus deprives them of the instruction to which they have a right. Many others are conscripted or involved in wars and conflicts. Children have also been the first victims of the increase in sexual abuse and in prostitution over these last years.

Above all children are victims of certain changes in society. When families break up it is the children who are the first to suffer. The increase in the use of drugs and in drug trafficking, especially in poor countries, often involves children, to their great harm. Again, the despicable trafficking in organs concerns children in a particular way, and the tragedy of AIDS often means that they are infected from birth.

6. Faced with these evils that affect our children, dear friends, we should unite our efforts, reminding people of the dignity of every human being whose existence is willed by God Himself. We should denounce untiringly everything that degrades the child, combating with all the force we can muster the "structures of sin", to use an expression taken up by Pope John Paul II. We are conscious that on the future of children depends the future of humanity. I hope therefore that our common endeavors in favor of children will continue and may in fact increase. In this way we shall give further proof of the benefit that can come from religion for the whole human community.

7. During this month of Ramadan, may your children be strong in accomplishing good works. May they, at the same time, learn to resist illusory promises of happiness and passing pleasures, thus acquiring greater inner freedom and becoming more perfect in their submission to God. May their lives in this way bear witness to the importance of religious values. Once more, I wish to assure you of my prayers to the Almighty and Merciful God for you and for your children. May God pour down on you His blessings. May He strengthen your families and instill in them a spirit of generous service to the glory of His name. May he grant each one of you His peace.

Archbishop Michael L. Fitzgerald
President