ROMA
05-04-2009


Dimanche des Rameaux & Rassemblement
de la Jeunesse Place St-Pierre

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Début à 9h30


La messe Homélie Homily

Benoît XVI propose aux jeunes le « mystère merveilleux de l’amour de Dieu »

Le pape célèbre la messe des Rameaux place Saint-Pierre


ROME, Dimanche 5 avril 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI propose aux jeunes une « vérité exigeante », mais aussi « profondément belle et libératrice » : « Il n'existe pas de vie réussie sans sacrifice ». A ce propos, le pape a fait une confidence avant d'affirmer : « La vie, la mort et la résurrection de Jésus sont pour nous la garantie que nous pouvons vraiment avoir confiance en Dieu ». En touchant la croix, explique le pape, « nous touchons le mystère merveilleux de l'amour de Dieu ».

Benoît XVI a en effet présidé la procession - de l'obélisque à l'autel dressé sous l'auvent papal - et la messe du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ, ce matin à 9 h 30, sur une place Saint-Pierre baignée de soleil et transformée en jardin grâce au gazon et aux oliviers venus de la région italienne des Pouilles. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont participé à la célébration, spécialement des jeunes.

JMJ diocésaine

Au pied de l'obélisque, le pape a béni les branches de palmiers - dont les « Parmureli », compositions de feuilles de palmier tressées selon la tradition de la Ligurie - et les rameaux d'oliviers portés ensuite en procession avec la Croix des Journées mondiales de la jeunesse et l'icône de la Vierge Marie par les jeunes de Rome, d'Australie et d'Espagne, rassemblés en ce jour de la JMJ - diocésaine - et pour le passage de témoin entre les jeunes de la JMJ de Sydney 2008 et ceux de la JMJ 2011.

Le thème de cette XXIVe JMJ est tiré de la première épître de saint Paul à Timothée : « Nous avons placé notre espérance dans le Dieu vivant » (1 Tm 4, 10).

Pendant la liturgie de la « Parole », la cantilation du récit de la Passion a été alternée par trois diacres en dalmatique rouge rebrodée d'or, et tandis que le chœur du diocèse de Rome chantait les réponses de la foule, sous la direction de Mgr Marco Frisina.

Un silence prolongé s'est répandu sur toute la place au moment du récit de la mort du Christ, le pape et la foule se sont recuillis, à genoux. Le pape, revêtu de la chasuble rouge, du martyre et de la Passion, et portant le pallium de laine blanche aux croix de soie rouge, a prononcé son homélie seulement après quasi une heure trente de célébration, vers 10 h 54.

Confidence de Benoît XVI

Le pape n'a pas hésité à faire une confidence : « Si je jette un regard rétrospectif sur ma vie personnelle, je dois dire que c'est justement dans les moments où j'ai dit « oui » à un renoncement qui ont été les moments grands et importants de ma vie ».

Le pape a souligné que la dimension « universelle » de l'Eglise, sa « catholicité » implique justement le renoncement à se considérer soi-même comm un absolu. « L'universalité est toujours un dépassement de soi, un renoncement à quelque chose de personnel », une condition de la « paix », et un remède contre une vie « ennuyeuse et vide », a expliqué le pape.

La prière, une lutte

Prenant comme modèle la prière de Jésus au Jardin des Oliviers et la « peur» qu'il a ressentie devant la « pouvoir de la mort » et du « mal », le pape en a tiré cette consolation : « Le Seigneur souffre nos angoisses en même temps que nous, il nous accompagne à travers l'ultime angoisse jusqu'à la lumière ».

Il a invité les baptisés à prier en se « lamentant devant le Seigneur comme Job en lui présentant les demandes qui surgissent en nous face à l'injustice du monde et à nos propres difficultés ».

Une prière qui est aussi une « lutte »: « Devant Lui, nous ne devons pas nous réfugier dans des phrases pieuses, dans un monde factice. Prier signifie toujours aussi lutter avec Dieu, et comme Jacob, nous pouvons lui-dire : « Je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas béni ».

« Chers amis ! s'est exclamé le pape au terme de son homélie, à la fin de cette liturgie, les jeunes d'Australie remettront la Croix de la Journée mondiale de la Jeunesse aux jeunes d'Espagne. La croix est en chemin d'un bout à l'autre du monde, d'une mer à l'autre ». Des applaudissements nourris lui ont répondu en quelque sorte « présents ».

Toucher le mystère de Dieu

« Et nous, a poursuivi, le pape, nous l'accompagnons. Nous progressons avec elle sur sa route et ainsi nous trouvons notre route. Lorsque nous touchons la Croix, mieux, lorsque nous la portons, nous touchons le mystère de Dieu, le mystère de Jésus Christ. Le mystère que Dieu a tant aimé le monde - « nous », ajoute le pape en levant les yeux vers les jeunes - qu'il a donné son Fils unique pour nous (cf. Jean 3, 16). Nous touchons le mystère merveilleux de l'amour de Dieu, l'unique vérité vraiment rédemptrice. Mais nous touchons aussi la loi fondamentale, le norme constitutive de notre vie, c'est-à-dire le fait que sans le « oui » à la croix, sans marcher en communion avec le Christ jour après jour, la vie ne paut pas être réussie ».

Petits renoncements quotidiens

« Il n'existe pas de vie réussise sans sacrifice », affirme le pape, qui a souligné l'importance de dire un jour « oui » au Christ, dans une « grande décision », ajoute qu'elle doit être « reconquise » chaque jour: « Qui veut conserver sa vie pour soi, la perd. Qui donne sa vie - quotidiennement, dans les petits gestes qui font partie de la grande décision - la trouve. Voilà la vérité exigeante, mais aussi profondément belle et libératrice, dans laquelle nous voulons entrer pas à pas, pendant le chemin de la croix à travers les continents ».

Le pape venait d'affirmer : « Par sa résurrection, Jésus dépasse les limites de l'espace et du temps » et que « la vie, la mort et la résurrection de Jésus sont pour nous la garantie que nous pouvons vraiment avoir confiance en Dieu ».

Lors de la proccession des offrandes, apportées par les jeunes de différents pays et continents, le pape a pris le temps d'échanger quelques mots avec chacun.

Le pape a ensuite présidé la liturgie eucharistique entouré des cardinaux Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid et George Pell, archevêque de Sydney.

Protéger les populations africaines

Après la communion, le pape a adressé un message pour l'interdiction des bombes à sous-munitions, et en faveur des émigrés africains qui risquent leur vie en Méditerranée. Interrompu cinq fois par les applaudissements (et à nouveau un tonnerre a acclamé son message en espagnol « muchas gracias ! », a répondu le pape), Benoît XVI a ensuite adressé un message aux jeunes des toutes les nations. Puis les jeunes d'Australie ont remis la Croix des JMJ et l'icône de la Vierge Marie aux jeunes d'Espagne - maillots rouges -, vers 12 h 16.

En français, le pape a encouragé les jeunes en disant : « Je suis heureux de vous accueillir, chers jeunes francophones. La Semaine Sainte nous permet de contempler le Christ souffrant. Accompagnons-le, pas à pas, dans son combat qui nous libère de l'esclavage, de la détresse et de la mort, et qui nous conduit à la liberté, à la joie et à la Vie. Soyez autour de vous des signes d'espérance ! Stimulez vos amis afin qu'ils suivent le Christ ! Que le Seigneur vous accompagne tout au long de cette Semaine Sainte ! »

Les jeunes italiens ont redoublé d'acclamations lorsque le pape leur a adressé un messag , dans dis que deux ballons rouges portant les initiatiles de Jean-Paul II (JP II) était lâché de façon anonyme dans le ciel.

Vers Madrid

Après le « passage de témoin », le pape a présidé la prière de l'angélus avant de donner la bénédiction finale. La célébration s'est achevée vers 12 h 25, soit après trois heures de liturgie : première grande célébration de ce que d'aucuns appellent les « marathon liturgique » de la Semaine sainte. Souriant, Benoît XVI, debout sur un 4 x 4 Mercedes blanc sans toit a fait le tour de la place Saint-Pierre en bénissant la foule.

Le prochain rendez-vous liturgique de Benoît XVI est jeudi prochain, Jeudi Saint, à 9 h 30 pour la messe « chrismale » ainsi appelée parce que dans chaque diocèse à cette occasion, l'évêque bénit les saintes huiles et le saint chrême utilisés pour les sacrements pendant toute l'année.

Anita S.

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Homélie de Benoît XVI pour la messe des Rameaux place Saint-Pierre

Journée mondiale de la jeunesse diocésaine


ROME, Dimanche 5 avril 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI a présidé la procession et la messe du Dimanche des Rameaux et de la Passion du Christ, ce matin à 9 h 30, place Saint-Pierre. Nous publions ci-dessous le texte intégral de son homélie.

Chers frères et sœurs,

Chers jeunes !

Avec une foule croissante de pèlerins, Jésus était monté à Jérusalem pour la Pâque. A la dernière étape du chemin, près de Jéricho, il avait guéri l'aveugle Bartimée qui l'avait invoqué comme le Fils de David, implorant sa pitié. Maintenant - devenu désormais capable de voir - il s'était inséré avec gratitude dans le groupe des pèlerins. Lorsque, aux portes de Jérusalem, Jésus monte sur un âne, l'animal symbole de la royauté davidique, spontanément, la joyeuse certitude éclate parmi les pèlerins : c'est Lui, le Fils de David ! Ils saluent donc Jésus par l'acclamation messianique : « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur » et ils ajoutent : « Béni soit le Royaume de notre père David qui vient ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Mc 11, 9s).

Nous ne savons pas précisément ce que les pèlerins enthousiastes imaginaient qu'était le Royaume de David qui venait. Mais nous, avons-nous vraiment compris le message de Jésus, Fils de David ? Avons-nous compris ce qu'est le Royaume de Celui qui a parlé lors de l'interrogatoire devant Pilate ? Comprenons-nous ce que signifie que ce Royaume n'est pas de ce monde ? Ou désirons-nous peut-être qu'au contraire, il soit de ce monde ?

Dans son évangile, saint Jean, après le récit de l'entrée à Jérusalem, rapporte une série de paroles de Jésus dans lesquelles il explique l'essentiel de ce nouveau genre de Royaume. A la première lecture de ces textes, nous pouvons distinguer trois images différentes du Royaume dans lesquelles se reflète, toujours de façon différente, le même mystère.

Jean raconte avant tout que, parmi les pèlerins qui, au cours de la fête « voulaient adorer Dieu », se trouvaient des Grecs (cf. 12, 20). Faisons attention au fait que le vrai objectif de ces pèlerins était d'adorer Dieu. Cela correspond parfaitement à ce que Jésus dit à l'occasion de la purification du Temple : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les Nations » (Mc 11, 17). Le vrai but du pèlerinage doit être rencontrer Dieu ; de l'adorer et ainsi mettre dans l'ordre juste la relation de fond de notre vie. Les Grecs sont des personnes à la recherche de Dieu, par leur vie, ils sont en marche vers Dieu. Maintenant, par l'intermédiaire de deux apôtres de langue grecque, Philippe et André, ils font parvenir leur demande au Seigneur: « Nous voulons voir Jésus » (Jn 12, 21). De grandes paroles. Chers amis, c'est pour cela que nous sommes rassemblés ici : nous voulons voir Jésus. Dans ce but, l'an dernier, des milliers de jeunes sont allés à Sydney. Certes, ils auront eu de multiples attentes, pour ce pèlerinage. Mais l'objectif essentiel est celui-ci : Nous voulons voir Jésus.

Pour ce qui est de cette demande, qu'est-ce que Jésus a alors dit et fait ? De l'Evangile, il ne ressort pas clairement s'il y a eu une rencontre entre ces Grecs et Jésus ; le regard de Jésus va bien au-delà. Le noyau de sa réponse à la demande de ces personnes est : « Si le grain de blé, tombé en terre, ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jn 12, 24). Cela signifie : ce n'est pas un entretien plus ou bref avec un petit groupe de personnes qui rentrent ensuite chez eux. Je viendrai, comme le grain de blé mort et ressuscité, d'une façon tout à fait nouvelle, et au-delà des limites du moment, à la rencontre du monde et des Grecs. Par sa résurrection, Jésus dépasse les limites de l'espace et du temps.

En tant que Ressuscité, Il est en chemin vers le vaste monde et l'histoire. Oui, en tant que Ressuscité, il va vers les grecs et parle avec eux, il se montre à eux si bien qu'eux, qui étaient loin deviennent proches et justement, dans leur langue, dans leur culture, sa parole est apportée de façon nouvelle, et comprise d'une façon nouvelle : son Royaume vient.

Nous pouvons ainsi connaître les deux caractéristiques essentielles de ce Royaume. La première est que ce Royaume passe par la croix. Puisque Jésus se donne totalement, il peut, en tant que Ressuscité, appartenir à tous et se rendre présent à tous. Dans la sainte eucharistie, nous recevons le fruit du grain de blé mort, la multiplication des pains qui se poursuit jusqu'à la fin du monde, et dans tous les temps. La seconde caractéristique dit : son Royaume est universel. L'antique espérance d'Israël s'accomplit : cette royauté de David ne connaît plus de frontières. Elle s'étend d'une mère à l'autre - comme le dit le prophète Zacharie (9, 10) - c'est-à-dire qu'elle embrasse le monde entier. Mais cela n'est possible que parce que ce n'est pas la royauté d'un pouvoir politique, mais qu'elle se base uniquement sur la libre adhésion de l'amour - un amour qui, lui, répond à l'amour de Jésus-Christ qui s'est donné pour tous.

Je pense que nous devons toujours apprendre à nouveau deux choses - avant tout l'universalité, la catholicité. Elle signifie que personne ne peut poser son moi, sa culture, et son monde, comme un absolu. Cela implique que nous nous recevions tous mutuellement en renonçant à quelque chose qui est nôtre. L'universalité inclut le mystère de la Croix - le fait de se dépasser soi-même, l'obéissance à la parole commune de Jésus dans la commune Eglise. L'universalité est toujours un dépassement de soi, un renoncement à quelque chose de personnel. L'universalité et la croix vont de pair. C'est seulement comme cela que l'on crée la paix.

La parole à propos du grain de blé mort fait encore partie de la réponse de Jésus aux Grecs, c'est sa réponse. Mais ensuite, il formule une fois encore la loi fondamentale de l'existence humaine : « Qui aime sa vie la perdra, qui hait sa vie en ce monde la conservera dans la vie éternelle » (Jn 12, 25). Qui veut avoir sa vie pour soi-même, vivre seulement pour soi-même, serrer tout contre soi, et en exploiter toutes les possibilités - c'est celui-là justement qui perd sa vie. Elle devient ennuyeuse et vide. C'est seulement par l'abandon de soi-même, dans le don désintéressé du « je » en faveur du « tu », seulement dans le « oui » à une vie plus grande, celle de Dieu, que notre vie aussi devient ample et grande.

Ainsi, ce principe fondamental que le Seigneur établit est simplement identique, en dernière analyse, au principe de l'amour. En effet, l'amour signifie se quitter soi-même, se donner, ne pas vouloir se posséder soi-même, mais devenir libre de soi : ne pas se replier sur soi-même - qu'est-ce que je vais devenir ? - mais regarder vers l'avant, vers l'autre - vers Dieu et vers les hommes qu'il m'envoie.

Et ce principe de l'amour qui définit le chemin de l'homme est encore une fois identique au mystère de la croix, au mystère de mort et de résurrection que nous rencontrons dans le Christ.

Chers amis, il est peut-être relativement facile d'accepter cela comme la grande vision fondamentale de la vie. Mais dans la réalité concrète, il ne s'agit pas simplement de reconnaître un principe, mais de vivre sa vérité, la vérité de la croix et de la résurrection. Et pour cela, à nouveau, une unique grande décision ne suffit pas. Il est sûrement important d'oser une fois la grande décision fondamentale, oser le grand « oui » que le Seigneur nous demande à un certain moment de notre vie.

Mais le grand « oui », le moment décisif de notre vie - le « oui » à la vérité que le Seigneur place devant nous - doit ensuite être reconquis quotidiennement dans les situations de tous les jours, où, toujours à nouveau, nous devons abandonner notre « je », nous rendre disponibles, alors qu'au fond nous voudrions nous agripper à notre « je ». Une vie droite est faite aussi de sacrifice, de renoncement. Qui promet une vie sans ce don toujours nouveau de soi, trompe les gens. Il n'existe pas de vie réussie sans sacrifice. Si je jette un regard rétrospectif sur ma vie personnelle, je dois dire que c'est justement les moments où j'ai dit « oui » à un renoncement qui ont été les moments grands et importants de ma vie.

Enfin, saint Jean a recueilli, dans sa composition des paroles du Seigneur pour le « Dimanche des rameaux », aussi une forme modifiée de la prière de Jésus au Jardin des Oliviers. Il y a avant tout l'affirmation : « Mon âme est troublée » (12, 27). C'est ici qu'apparaît la peur, illustrée amplement par les trois autres évangélistes - sa peur devant le pouvoir de la mort, devant tout l'abîme du mal qu'il voit et dans lequel il doit descendre. Le Seigneur souffre nos angoisses en même temps que nous, il nous accompagne à travers l'ultime angoisse jusqu'à la lumière. Et puis, dans Jean, suivent les deux demandes de Jésus : « Que vais-je dire - Père, sauve-moi de cette heure » (12, 27). En tant qu'être humain, Jésus aussi se sent poussé à demander que lui soit épargnée la terreur de la Passion.

Nous aussi nous pouvons prier de cette façon-là. Nous aussi nous pouvons nous lamenter devant le Seigneur comme Job en lui présentant les demandes qui surgissent en nous face à l'injustice du monde et à nos propres difficultés. Devant Lui, nous ne devons pas nous réfugier dans des phrases pieuses, dans un monde factice. Prier signifie toujours aussi lutter avec Dieu, et comme Jacob, nous pouvons lui dire : « je ne te lâcherai pas tant que tu ne m'auras pas béni (Genèse 32, 27).

Mais la deuxième demande de Jésus vient ensuite : « Glorifie ton nom ! » (Jn 12, 28). Dans les synoptiques, cette demande est formulée ainsi : « Que ce ne soit pas ma volonté qui soit faite mais la tienne » (Lc 22, 42). A la fin, la gloire de Dieu, sa seigneurie, sa volonté est toujours plus importante et plus vraie que ma pensée et ma volonté. Et c'est cela l'essentiel dans notre prière et dans notre vie : apprendre cet ordre juste de la réalité, l'accepter intimement ; avoir confiance en Dieu et croire qu'Il fait ce qui est juste ; que sa volonté est la vérité et l'amour ; que ma vie devient bonne si j'apprends à adhérer à cet ordre. La vie, la mort et la résurrection de Jésus sont pour nous la garantie que nous pouvons vraiment avoir confiance en Dieu. C'est ainsi que se réalise son Royaume.

Chers amis ! à la fin de cette liturgie, les jeunes d'Australie remettront la Croix de la Journée mondiale de la Jeunesse aux jeunes d'Espagne. La croix est en chemin d'un bout à l'autre du monde, d'une mer à l'autre.

Et nous, nous l'accompagnons. Nous progressons avec elle sur sa route et ainsi nous trouvons notre route. Lorsque nous touchons la Croix, mieux, lorsque nous la portons, nous touchons le mystère de Dieu, le mystère de Jésus Christ. Le mystère que Dieu a tant aimé le monde - nous - qu'il a donné son Fils unique pour nous (cf. Jn 3, 16). Nous touchons le mystère merveilleux de l'amour de Dieu, l'unique vérité vraiment rédemptrice. Mais nous touchons aussi la loi fondamentale, la norme constitutive de notre vie, c'est-à-dire le fait que sans le « oui » à la croix, sans marcher en communion avec le Christ jour après jour, la vie ne peut pas être réussie.

Plus nous pouvons faire aussi quelque renoncement par amour de la grande vérité et du grand amour- par amour de la vérité et de l'amour de Dieu -, plus la vie devient grande et riche. Qui veut conserver sa vie pour soi, la perd. Qui donne sa vie - quotidiennement, dans les petits gestes qui font partie de la grande décision - la trouve. Voilà la vérité exigeante, mais aussi profondément belle et libératrice, dans laquelle nous voulons entrer pas à pas, pendant le chemin de la croix à travers les continents. Veuille le Seigneur bénir ce chemin. Amen.

Traduction : Zenit

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Pope Explains Meaning of Sacrifice to Young People


Syndey Gives World Youth Day Cross to Madrid

VATICAN CITY, APRIL 5, 2009 (Zenit.org).- Benedict XVI is telling young people that sacrifices made out of love for God, and a desire to adhere to his truth, make life rich, great and successful.

The Pope said this in the homily of today's Palm Sunday Mass in St. Peter's Square. He addressed the young people from the diocese of Rome and other regions, who participated in the Eucharistic Celebration as part of the 24th World Youth Day, celebrated this year on a diocesan level.

"Dear friends," he said, the reason "we are gathered here together" is that "we want to see Jesus." He continued: "Millions of young people went to Sydney last year for this purpose. Certainly they had many expectations about this pilgrimage. But the main objective was this: We want to see Jesus."

The Pontiff acknowledged that "at the end of this liturgy, the young people from Australia will give the World Youth Day Cross to the young people of Spain."

He continued: "The Cross is on its way from one side of the world to the other, from sea to sea. And we accompany it.

"Let us go forth with it along this road and, in this way, find our road. When we touch the cross, indeed, when we carry it, we touch the mystery of God, the mystery of Jesus Christ."

We touch the mystery, explained the Holy Father, of "God's love, the only truth that is really redemptive." He added, "We also touch the fundamental law, the constitutive norm of our life, that is, that without the 'Yes' of the cross, without walking in communion with Christ day after day, life can never be a success."

Benedict XVI noted: "The more that, for the love of the great truth and the great love -- for love of the truth and love of God -- we can make some sacrifice, the greater and richer our life will become.

"He who wants to keep his life for himself will lose it. He who gives his life away -- daily in small gestures, that are part of the great decision -- will find it.

"This is the exigent truth, a truth that is also deeply beautiful and liberating, in which we want to enter, step by step, on the cross' journey over the continents."

Pilgrim cross

After the Mass, before praying the Angelus, the Pope acknowledged the group of delegates meeting these days in order to plan the upcoming 2011 World Youth Day in Madrid.

He stated, "I have already indicated its theme: 'Rooted and Built Up in Christ, Solid in Faith.'"

"As is tradition," he explained, "the young people from Australia will give to the young people from Spain the World Youth Day cross, the 'pilgrim cross,' which brings the message of Christ to all the youth of the world.

The Pontiff continued: "This 'passing on of witness' takes on a highly symbolic value, with which we express immense gratitude to God for the gifts received at the great meeting in Sydney and for those that we will receive at the meeting in Madrid.

"Tomorrow the cross, accompanied by the icon of the Virgin Mary, will depart for the Spanish capital, and will be present there for the great Good Friday procession. After this a long pilgrimage through the dioceses of Spain will begin, and will end again in Madrid in the Summer of 2011.

"May this cross and this icon of Mary be for all a sign of Christ's invincible love and that of his and our Mother!"

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Benedict XVI's Homily for Palm Sunday


"His Will Is the Truth and Is Love"

VATICAN CITY, APRIL 5, 2009 (Zenit.org).- Here is a translation of the homily Benedict XVI gave at today's Palm Sunday Mass in St. Peter's Square.

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Dear Brothers and Sisters,
Dear Young People!

Jesus went up to Jerusalem for Passover along with a growing crowd of pilgrims. On the last stage of the journey, he had cured the blind Bartimaeus, who had addressed him as Son of David, asking for mercy. Now -- being able to see -- with gratitude he joined the pilgrims. When, at the gates of Jerusalem, Jesus mounts a donkey, the animal symbol of Davidic royalty, joyous certainty erupts among the pilgrims: It is he, the Son of David! Thus they greet Jesus with the messianic acclamation: "Blessed is he who comes in the name of the Lord," and add: "Blessed is the kingdom of our father David that is to come! Hosanna in the highest!" (Mark 11:9). We do not know exactly what the enthusiastic pilgrims imagined the coming kingdom of David to be. But we, have we truly understood the message of the Jesus, Son of David? Have we understood what the kingdom is that he spoke of when he was interrogated by Pilate? Do we understand what it means that this kingdom is not of this world? Or would we like it to be of this world?

St. John, in his Gospel, after the account of the entrance into Jerusalem, reports a series of words of Jesus, in which he explains the essentials of this new type of kingdom. In a first reading of these texts we can distinguish three different images of the kingdom in which the same mystery is always reflected in a different way. John first of all reports that among the pilgrims who "wanted to worship God" during the feast, there were also some Greeks (cf. 12:20). Let us note the fact that the true objective of these pilgrims was to worship God. This corresponds perfectly to what Jesus said on the occasion of the purification of the Temple: "My house will be called a house of prayer for all nations" (Mark 11:17). The true scope of the pilgrimage must be that of encountering God, to worship him, and, in this way, put the fundamental relationship of our life in right order. The Greeks are persons in search of God, they are on a journey toward God with their lives. Now, with the help of two Greek-speaking apostles, Philip and Andrew, they send this request to the Lord: "We want to see Jesus" (John 12:21). This is essential. Dear friends, that is why we are gathered here together: We want to see Jesus. Millions of young people went to Sydney last year for this purpose. Certainly they had many expectations about this pilgrimage. But the main objective was this: We want to see Jesus.

What did Jesus say in regard to this request at that time? From the Gospel it is not clear whether there was a meeting between Jesus and those Greeks. Jesus' gaze reaches far higher: "If the grain of wheat falls to the ground and does not die, it will remain alone; but if it dies, it will bear much fruit" (John 12:24). This means that right now a more or less brief discussion with a few persons, who will then return home, is not important. As a grain of wheat dead and risen in a totally new way, that goes beyond the limits of the moment, he will go out to meet the world and the Greeks. Through the resurrection Jesus passes beyond the limits of space and time. As the Risen One, he is on a journey toward the vastness of the world and history. Indeed, as the Risen One he goes to the Greeks and speaks with them, he manifests himself to them in such a way that they, the ones who are faraway, draw near and, precisely in their language, in their culture, his word will be carried forward in a new way and understood in a new way -- his kingdom comes. We can thus recognize two essential characteristics of this kingdom. The first is that this kingdom passes through the cross. Because Jesus gives himself totally, he can as the Risen One belong to everyone and make himself present to all. In the Holy Eucharist we receive the fruit of the dead grain of wheat, the multiplication of the loaves that continues to the end of the world and in all times.

The second characteristic is that his kingdom is universal. It fulfills the ancient hope of Israel: this reign of David knows no more borders. It extends "from sea to sea" -- as the prophet Zachariah says (9:10) -- that is, it embraces the whole world. This, however, is only possible because it is not a political kingdom, but is based solely on the free adhesion of love -- a love that, for its part, answers to the love of Jesus Christ that has given itself for all. I think that we must always be learning both things -- first the universality, the catholicity. It means that no one can posit himself as absolute, his culture, his time and his world. This means that we all welcome each other, renouncing something of ourselves. Universality includes the mystery of the cross -- the overcoming of ourselves, obedience toward the universal word of Jesus Christ in the universal Church. Universality is always an overcoming of ourselves, a renunciation of something that is ours. Universality and the cross go together. Only in this way can peace be created.

The saying about the dead grain of wheat is part of Jesus' answer to the Greeks, it is his answer. Then, however, he formulates once again the fundamental law of human existence: "He who loves his life will lose it and he who hates his life in this world will save it for eternal life" (John 12:25). He who wants to have his life for himself, live only for himself, squeeze out everything for himself and exploit all the possibilities -- he is the one who lose his life. It becomes boring and empty. Only in abandoning ourselves, only in the disinterested gift of the "I" in favor of the "Thou," only in the "Yes" to the greater life, precisely the life of God, our life too becomes full and more spacious. Thus, this fundamental principle that the Lord establishes is, in the final analysis, simply identical with the principle of love. Love, in fact, means leaving yourself behind, giving yourself, not wanting to hold on to yourself, but becoming free from yourself: not getting preoccupied with yourself -- what will become of me -- but looking ahead, toward the other - toward God and the people whom he sends to me. It is this principle of love that defines man's journey, it is once again identical with the mystery of the cross, with the mystery of death and resurrection that we encounter in Christ.

Dear friends, perhaps it is relatively easy to accept this grand fundamental vision of life. In concrete reality, however, it is not just a simple matter of recognizing a principle, but of living its truth, the truth of the cross and the resurrection. And for this, once again, just one big decision is not enough. It is surely important at some point to dare to make a fundamental decision, to dare the great "Yes" that the Lord asks of us at a certain moment in our life. But the great "Yes" of the decisive moment in our life -- the "Yes" to the truth that the Lord places before us -- must then be daily re-conquered in the everyday situations in which, again and again, we must abandon our "I," make ourselves available, when, at bottom, we just want to hang on to that "I." Sacrifice, renunciation, also belongs to an upright life. He who permits himself a life without this ever renewed gift of self, deceives people. There is no successful life without sacrifice. If I cast a retrospective glance on my own life, I must say that precisely those moments in which I said "Yes" to renunciation were the great and important moments of my life.

Finally, St. John also put Jesus' prayer in the Garden of Olives in a modified form in his composition for "Palm Sunday." There is first of all the statement, "My soul is troubled" (12:27). Here Jesus' fear appears, which is amply illustrated by the other evangelists -- his fear in the face of the power of death, in the face of the entire abyss of evil that he sees and into which he must descend. The Lord suffers our anxieties together with us, he accompanies us in the last anxiety until we come to the light. Then there follow, in John, Jesus' two questions. The first is only expressed conditionally: "What will I say, 'Father, save me from this hour?'" (12:27). As a human being, Jesus also felt driven to ask that he be spared the terror of the passion. We too can pray in this way. We too can lament before the Lord like Job, present all our questions that arise in us in the face of the injustice in the world and the problems affect us personally. Before God we must not take refuge in pious phrases, in a world of make-believe. Praying also means struggling with God, and like Jacob we can say to him: "I will not let you go until you have given me a blessing!" (Genesis 32:37). But then there is Jesus' second request: "Glorify your name!" (John 12:28). The Synoptic Gospels put this request in this way: "Not my will but your will be done!" (Luke 22:42). In the end, God's glory, his lordship, his will is always more important and more true than my thoughts and my will. And this is what is essential in our prayer and in our life: understanding this right order of reality, accepting it interiorly; trusting in God and believing that he is doing the right thing; understanding that his will is the truth and is love; understanding that my life will be a good life if I can learn how to conform to this order. The life, death and resurrection of Jesus are the guarantee that we can truly entrust ourselves to God. It is in this way that his kingdom is realized.

Dear friends, at the end of this liturgy, the young people from Australia will give the World Youth Day Cross to the young people of Spain. The Cross is on its way from one side of the world to the other, from sea to sea. And we accompany it. Let us go forth with it along this road and, in this way, find our road. When we touch the cross, indeed, when we carry it, we touch the mystery of God, the mystery of Jesus Christ. The mystery that God so loved the world -- us -- that he gave his only-begotten Son for us (cf. John 3:16). We touch the marvelous mystery of God's love, the only truth that is really redemptive. But we also touch the fundamental law, the constitutive norm of our life, that is, that without the "Yes" of the cross, without walking in communion with Christ day after day, life can never be a success.

The more that, for the love of the great truth and the great love -- for love of the truth and love of God -- we can make some sacrifice, the greater and richer our life will become. He who wants to keep his life for himself will lose it. He who gives his life away -- daily in small gestures, that are part of the great decision -- will find it. This is the exigent truth, a truth that is also deeply beautiful and liberating, in which we want to enter, step by step, on the cross' journey over the continents. May the Lord bless this journey. Amen.

[Translation by Joseph G. Trabbic]


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