ROMA
28-03-2010


Dimanche des Rameaux & Rassemblement
de la Jeunesse Place St-Pierre

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Début à 9h30


 

La messe Homélie Homily

Chant de la passion

Les commandements, chemin de l’amour vrai : homélie de Benoît XVI
Messe du dimanche des Rameaux Texte intégral en dessous.

ROME, Dimanche 28 mars 2010 (ZENIT.org) - Les commandements de Dieu indiquent le chemin de l'amour vrai, rappelle Benoît XVI qui invite les catholiques à se mettre comme en « cordée » à la suite du Christ qui aide les hommes à « monter » vers leur pleine humanité.

Dans son homélie de la messe des Rameaux, sous le soleil de la place Saint-Pierre, le pape a évoqué la montée de Jésus de Jéricho à Jérusalem puis la façon dont aujourd'hui le chrétien doit suivre le Christ en observant les commandements.

En ce dimanche où la liturgie rappelle l'entrée solennelle de Jésus à Jérusalem et sa Passion, le pape a fait observer que, concrètement, la route faite par le Christ représente une « montée » de quelque mille mètres : il y voit l'image « du mouvement intérieur de l'existence humaine ... à la suite du Christ », une « montée à la vraie hauteur de « l'être » hommes ».

Jésus monte et aide à monter

Et d'expliquer : « L'homme peut choisir une voie commode et éviter toute fatigue. Il peut aussi descendre vers ce qui est bas, vulgaire. Il peut s'abîmer dans le marais du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous et il monte. Il nous conduit à ce qui est grand, pur, il nous conduit à l'air salubre des hauteurs : à la vie selon la vérité, au courage qui ne se laisse pas intimider par le bavardage des opinions dominantes, à la patience qui supporte et soutient l'autre. Il conduit à la disponibilité pour les souffrants, les abandonnés ; à la fidélité qui est du côté de l'autre même lorsque la situation devient difficile. Il conduit à la disponibilité à venir en aide ; à la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l'ingratitude ; il nous conduit à l'amour, il nous conduit à Dieu ».

Or, justement, le pape a indiqué les Dix commandements comme le « chemin de l'amour vrai ». Il a réfuté « l'interprétation erronée » donnée parfois de saint Paul qui prétendrait que les « bonnes œuvres » seraient « insignifiantes pour le salut de l'homme».

Les Dix commandements

Certes, fait observer le pape, Paul montre que les « œuvres » ne sauraient « justifier l'homme », mais cela ne s'oppose pas à « l'importance de bien agir » et « s'il parle de la fin de la Loi, il ne déclare pas les Dix commandements dépassés et sans importance ».

Le pape insiste sur le fait que par le terme « Loi », Paul ne désigne pas les Dix commandements, mais « l'ensemble du style de vie grâce auquel Israël devait se protéger des tentations du paganisme ».

« Or, ajoute le pape, le Christ a apporté Dieu aux païens. On ne leur impose pas cette forme de distinction. C'est uniquement le Christ qui leur est donné comme loi. Mais cela signifie l'amour de Dieu et du prochain et tout ce qui en fait partie. Font partie de cet amour les Dix commandements lus de façon nouvelle et plus profonde à partir du Christ, ces commandements qui ne sont pas autre chose que les règles fondamentales du vrai amour : avant tout et comme principe fondamental de l'adoration de Dieu, le primat de Dieu que les trois premiers commandements expriment ».

L'humilité de la cordée

Le pape a emprunté une image à la montagne en soulignant que cette ascension est une « cordée avec Jésus vers les sommets de Dieu », mais qu'il faut prendre garde à ne pas arracher cette corde par « entêtement » ou « suffisance ». Car ce qui est « essentiel, pour l'ascension, c'est l'humilité d'être-avec », et donc en « Eglise »

Le pape souligne qu'on n'obtient pas de « grands résultats » sans « renoncements » et de « durs efforts », mais qu'au bout il y a la « joie » d'une grande découverte » et la « réalisation de notre humanité », grâce à la « communion » avec le Christ « qui est monté à la hauteur de Dieu par la croix ». « Qui se perd se trouve », ajoute le pape avant de résumer le début de son homélie.

La communion dans l'Eglise

« Résumons, a-t-il dit : la suite du Christ requiert comme premier pas de réveiller la nostalgie de l'authentique « être » des hommes, et se réveiller ainsi pour Dieu. Elle requiert ensuite d'entrer dans la cordée de ceux qui montent, en communion avec l'Eglise. Par le « nous » de l'Eglise nous entrons en communion avec le « tu » de Jésus Christ et nous atteignons ainsi la voie vers Dieu. Il faut en outre que l'on écoute la Parole de Jésus-Christ et qu'on en vive, dans la foi, l'espérance et l'amour. Nous nous trouvons ainsi en marche vers la Jérusalem définitive et déjà maintenant d'une certaine façon, nous nous trouvons là, dans la communion de tous les saints. »

Le pape a invité l'assemblée à prier pour que « le Seigneur nous apporte le ciel : la gloire de Dieu et la paix des hommes (...). Et nous savons que la terre n'est pas le ciel tant que l'on n'y réalise pas la volonté de Dieu ».

Anita S. Bourdin

Texte intégral

ROME, Lundi 29 mars 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée le Dimanche des Rameaux, lors de la messe qu'il a présidée place Saint-Pierre.

Chers frères et sœurs,
chers jeunes !

L'Evangile de la bénédiction des rameaux, que nous écoutons ici, réunis sur la place Saint-Pierre, commence par la phrase : « Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem » (Lc 19, 28). Tout au début de la liturgie de ce jour, l'Eglise anticipe sa réponse à l'Evangile, en disant : « Nous suivons le Seigneur ». Avec cela, le thème du Dimanche des Rameaux est clairement exprimé. Il s'agit de la « sequela ». Etre chrétiens signifie considérer la voie de Jésus Christ comme la juste voie pour être des hommes - comme la voie qui conduit à l'objectif, à une humanité pleinement réalisée et authentique. Je voudrais répéter de manière particulière à tous les jeunes, garçons et filles, en cette XXVème Journée mondiale de la jeunesse, qu'être chrétiens est un chemin, ou mieux : un pèlerinage, un cheminement avec Jésus Christ. Un cheminement dans la direction qu'Il nous a indiquée et qu'il nous indique.

Mais de quelle direction s'agit-il ? Comment la trouver ? La phrase de notre Evangile offre deux indications à cet égard. En premier lieu, elle dit qu'il s'agit d'une montée. Cela a tout d'abord une signification très concrète. Jéricho, où s'est déroulée la dernière partie du pèlerinage de Jésus, se trouve à 250 mètres au-dessous du niveau de la mer, alors que Jérusalem - le but du chemin - se trouve à 740-780 mètres au-dessus du niveau de la mer : une montée de presque mille mètres. Mais ce chemin extérieur est surtout une image du mouvement intérieur de l'existence, qui s'accomplit à la suite du Christ : c'est une montée à la hauteur véritable pour être des hommes.

L'homme peut choisir un chemin facile et éloigner toute difficulté. Il peut aussi descendre vers le bas, vers la vulgarité. Il peut sombrer dans le marécage du mensonge et de la malhonnêteté. Jésus marche devant nous, et il se dirige vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur, il nous conduit vers l'air sain des hauteurs : vers la vie selon la vérité ; vers le courage qui ne se laisse pas intimider par la rumeur des opinions dominantes ; vers la patience qui supporte et soutient l'autre. Il conduit vers la disponibilité pour les personnes qui souffrent, pour les laissés-pour-compte ; vers la fidélité qui est du côté de l'autre, lorsque la situation devient difficile. Il conduit vers la disponibilité à apporter de l'aide ; vers la bonté qui ne se laisse pas désarmer, même par l'ingratitude. Il nous conduit vers l'amour - il nous conduit vers Dieu.

« Jésus marchait en avant de ses disciples pour monter à Jérusalem ». Si nous lisons cette parole de l'Evangile dans le contexte du chemin de Jésus dans son ensemble - un chemin qu'il poursuit précisément jusqu'à la fin des temps - nous pouvons découvrir différents niveaux dans l'indication de l'objectif « Jérusalem ». Il faut naturellement tout d'abord comprendre simplement le lieu « Jérusalem » : c'est la ville où se trouve le Temple de Dieu, dont l'unicité devait rappeler l'unicité de Dieu lui-même.

Ce lieu annonce donc tout d'abord deux choses : d'une part, il dit que Dieu est un seul dans tout le monde, il dépasse immensément tous nos lieux et temps ; il est ce Dieu auquel appartient toute la création. C'est le Dieu dont tous les hommes, au plus profond d'eux-mêmes, sont à la recherche et dont, d'une certaine façon, tous ont également connaissance. Mais ce Dieu s'est donné un nom. Il s'est fait connaître à nous, il a commencé une histoire avec les hommes ; il a choisi un homme - Abraham - comme point de départ de cette histoire. Le Dieu infini est en même temps le Dieu proche. Lui, qui ne peut être enfermé dans aucun édifice, veut toutefois habiter parmi nous, être totalement avec nous.

Si Jésus monte avec Israël en pèlerinage vers Jérusalem, Il y va pour célébrer la Pâque avec Israël : le mémorial de la libération d'Israël - un mémorial qui, en même temps, est toujours espérance de la libération définitive, que Dieu donnera. Et Jésus va vers cette fête conscient d'être Lui-même l'Agneau en qui s'accomplira ce que le Livre de l'Exode dit à cet égard : un agneau sans défaut, mâle, qui, au coucher du soleil, devant les yeux des fils d'Israël, est immolé « comme rite perpétuel » (cf. Ex 12, 5-6. 14).

Enfin, Jésus sait que sa vie ira au-delà : la croix ne constituera pas sa fin. Il sait que son chemin déchirera le voile entre ce monde et le monde de Dieu ; qu'Il montera jusqu'au trône de Dieu et réconciliera Dieu et l'homme dans son corps. Il sait que son corps ressuscité sera le nouveau sacrifice et le nouveau Temple ; qu'autour de Lui, de la multitude des anges et des saints, se formera la nouvelle Jérusalem qui est dans le ciel et toutefois aussi déjà sur la terre, car dans sa passion Il a ouvert la frontière entre le ciel et la terre. Son chemin conduit au-delà de la cime du mont du Temple, jusqu'à la hauteur de Dieu lui-même : telle est la grande montée à laquelle il nous invite tous. Il reste toujours auprès de nous sur la terre et il est toujours déjà parvenu auprès de Dieu, Il nous guide sur la terre et au-delà de la terre.

Ainsi, dans l'amplitude de la montée de Jésus deviennent visibles les dimensions de notre « sequela » - l'objectif auquel il veut nous conduire : jusqu'aux hauteurs de Dieu, à la communion avec Dieu ; à l'être-avec-Dieu. Tel est le véritable objectif, et la communion avec Lui est le chemin. La communion avec Lui est une manière d'être en marche, une montée permanente vers la véritable hauteur de notre appel. Marcher avec Jésus c'est toujours en même temps un cheminement dans le « nous » de ceux qui veulent Le suivre. Il nous introduit dans cette communauté. Etant donné que le chemin jusqu'à la vraie vie, jusqu'à être des hommes conformes au modèle du Fils de Dieu Jésus Christ dépasse nos propres forces, ce cheminement comporte toujours également le fait que nous soyons portés.

Nous nous trouvons, pour ainsi dire, dans une cordée avec Jésus Christ - avec Lui dans la montée vers les hauteurs de Dieu. Il nous tire et nous soutient. Se laisser intégrer dans cette cordée, accepter de ne pas pouvoir y arriver seuls, fait partie de cette « sequela » du Christ. Cet acte d'humilité, entrer dans le « nous » de l'Eglise ; s'accrocher à la cordée, la responsabilité de la communion - ne pas arracher la corde par entêtement ou suffisance, fait partie de celle-ci. Croire humblement avec l'Eglise, ainsi qu'être accrochés à la cordée de la montée vers Dieu, est une condition essentielle de la « sequela ». Ne pas se comporter en patrons de la Parole de Dieu, ne pas courir derrière une idée erronée de l'émancipation, fait également partie du fait de se trouver dans l'ensemble de la cordée. L'humilité de l'« être-avec » est essentielle à la montée. Que dans les sacrements nous nous laissions toujours prendre à nouveau par la main par le Seigneur, que nous nous laissions purifier et fortifier par Lui, que nous acceptions la discipline de la montée, même si nous sommes fatigués, fait également partie de celle-ci.

Enfin, il nous faut encore dire : la Croix fait partie de la montée vers la hauteur de Jésus Christ, de la montée jusqu'à la hauteur de Dieu. De même que dans les événements de ce monde on ne peut pas atteindre de grands résultats sans renonciation et un dur exercice, de même que la joie d'une grande découverte dans le domaine des connaissances ou d'une véritable capacité d'action est liée à la discipline, ou plutôt à la fatigue de l'apprentissage ; le chemin vers la vie, vers la réalisation de la propre humanité, est lié à la communion avec Celui qui est monté à la hauteur de Dieu à travers la Croix. En dernière analyse, la Croix est l'expression de ce que signifie l'amour : seul celui qui se perd, se trouve.

Résumons : la « sequela » du Christ demande comme premier pas de nous réveiller de la nostalgie pour être authentiquement des hommes, et ainsi de nous réveiller pour Dieu. Elle demande également que l'on entre dans la cordée de ceux qui montent, dans la communion de l'Eglise. Dans le « nous » de l'Eglise nous entrons en communion avec le « Toi » de Jésus Christ et nous rejoignons ainsi le chemin vers Dieu. En outre, il est demandé que l'on écoute la Parole de Jésus Christ et qu'on la vive : dans la foi, l'espérance et l'amour. Ainsi, nous sommes en chemin vers la Jérusalem définitive et, dès à présent, d'une certaine manière, nous nous trouvons là, dans la communion de tous les saints de Dieu.

Notre pèlerinage à la suite du Christ ne va pas vers une ville terrestre, mais vers la nouvelle Cité de Dieu, qui grandit au milieu de ce monde. Le pèlerinage vers la Jérusalem terrestre, toutefois, peut être précisément également pour nous, chrétiens, un élément utile pour ce voyage plus grand. J'ai moi-même attribué trois significations à mon pèlerinage en Terre Sainte de l'an dernier. Tout d'abord, j'avais pensé qu'à cette occasion, il peut nous arriver ce que Jean dit au début de sa Première Lettre : ce que nous avons entendu, nous pouvons, d'une certaine façon, le voir et le toucher de nos propres mains (cf. 1 Jn 1, 1).

La foi en Jésus Christ n'est pas une invention légendaire. Elle se base sur une histoire qui a véritablement eu lieu. Cette histoire, nous pouvons, pour ainsi dire, la contempler et la toucher. Il est émouvant de se trouver à Nazareth sur le lieu où l'Ange apparut à Marie et lui confia la tâche de devenir la Mère du Rédempteur. Il est émouvant de se trouver à Bethléem sur le lieu où le Verbe, s'étant fait chair, est venu habiter parmi nous ; poser le pied sur la terre sainte où Dieu a voulu se faire homme et enfant. Il est émouvant de monter l'escalier vers le Calvaire jusqu'au lieu où Jésus est mort pour nous sur la Croix. Et de demeurer enfin devant le sépulcre vide ; prier là où sa sainte dépouille a reposé et où, le troisième jour, eut lieu la résurrection. Suivre les chemins extérieurs de Jésus doit nous aider à marcher de façon plus joyeuse et avec une nouvelle certitude sur le chemin intérieur qu'Il nous a indiqué et qui est Lui-même.

Lorsque nous nous rendons en Terre Sainte comme pèlerin, nous y allons toutefois également - et cela est le deuxième aspect - comme messagers de la paix, avec la prière pour la paix ; avec l'invitation à tous à faire en ce lieu, qui porte dans son nom le mot « paix », tout leur possible afin qu'il devienne véritablement un lieu de paix. Ainsi, ce pèlerinage est en même temps - c'est un troisième aspect - un encouragement pour les chrétiens à demeurer dans le pays de leurs origines et à s'y consacrer profondément pour la paix.

Revenons une fois de plus à la liturgie du Dimanche des Rameaux. Dans la prière avec laquelle sont bénis les rameaux d'oliviers, nous prions afin que dans la communion avec le Christ, nous puissions apporter le fruit de bonnes œuvres. A partir d'une interprétation erronée de saint Paul, s'est développée de façon répétée, au cours de l'histoire et aujourd'hui encore, l'opinion selon laquelle les bonnes œuvres ne feraient pas partie de l'identité des chrétiens et que dans tous les cas, elles seraient insignifiantes pour le salut de l'homme. Mais si Paul dit que les œuvres ne peuvent justifier l'homme, il ne s'oppose pas en cela à l'importance d'agir de façon droite et, s'il parle de la fin de la Loi, il ne déclare pas dépassés et sans importance les Dix Commandements. Il n'est pas nécessaire à présent de réfléchir sur toute l'ampleur de la question qui intéressait l'Apôtre. Il est important de souligner qu'à travers le terme de « Loi », il n'entend pas les Dix Commandements, mais le style de vie complexe à travers lequel Israël devait se protéger contre les tentations du paganisme. Toutefois, le Christ a apporté Dieu aux païens. Cette forme de distinction ne leur est pas imposée. On leur donne uniquement le Christ comme Loi. Mais cela signifie l'amour pour Dieu et pour le prochain, et tout ce qui en fait partie.

Les Commandements, qu'il faut lire de façon nouvelle et plus profonde à partir du Christ, appartiennent à cet amour, ces Commandements qui ne sont autres que les règles fondamentales du véritable amour : d'abord, et comme principe fondamental l'adoration de Dieu, le primat de Dieu, qu'expriment les trois premiers Commandements. Ils nous disent : sans Dieu, rien n'aboutit. C'est à partir de la personne de Jésus Christ que nous apprenons qui est ce Dieu et comment est-il. Puis suivent la sainteté de la famille (quatrième Commandement), la sainteté de la vie (cinquième Commandement), l'ordre du mariage (sixième Commandement), l'ordre social (septième Commandement) et enfin la nature inviolable de la vérité (huitième Commandement). Tout cela est aujourd'hui de la plus grande actualité, et va précisément également dans le sens de saint Paul - si nous lisons entièrement ses Lettres. « Porter du fruit avec les bonnes œuvres » : au début de la Semaine sainte, nous prions le Seigneur de nous donner à tous toujours plus ce fruit.

A la fin de l'Evangile pour la bénédiction des Rameaux, nous entendons l'acclamation par laquelle les pèlerins saluent Jésus aux portes de Jérusalem. C'est la parole du psaume 118 (117) que les prêtres proclamaient à l'origine de la Ville Sainte aux pèlerins, mais qui, entre temps, était devenue l'expression de l'espérance messianique : « Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient » (Ps 118 [117], 26 ; Lc 19, 38). Les pèlerins voient dans Jésus l'Attendu, celui qui vient au nom du Seigneur, et selon l'Evangile de saint Luc, ils ajoutent même un mot : « Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur ». Et ils poursuivent par une acclamation qui rappelle le message des Anges à Noël, mais ils le modifient d'une manière qui fait réfléchir. Les Anges avaient parlé de la gloire de Dieu au plus haut des cieux et de la paix sur terre pour les hommes de bonne volonté.

A l'entrée de la Ville sainte, les pèlerins disent : « Paix dans le Ciel et gloire au plus haut des cieux ! ». Ils ne savent que trop bien que sur terre, il n'y a pas de paix. Et ils savent que le lieu de la paix est le ciel - ils savent que cela fait partie de l'essence du ciel d'être un lieu de paix. Ainsi, cette acclamation est l'expression d'une peine profonde, et également une prière d'espérance : que Celui qui vient au nom du Seigneur apporte sur terre ce qui est aux cieux. Que sa royauté devienne la royauté de Dieu, présence du ciel sur la terre.

L'Eglise, avant la consécration eucharistique, chante la parole du Psaume avec laquelle Jésus est salué avant son entrée dans la Ville Sainte : elle salue Jésus comme le Roi qui, venant de Dieu, au nom de Dieu, fait son entrée parmi nous.

Aujourd'hui aussi, ce salut joyeux est toujours une prière et une espérance. Prions le Seigneur afin qu'il nous apporte le ciel : la gloire de Dieu et la paix des hommes. Nous comprenons ce salut dans l'esprit de la demande de Notre Père : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! ». Nous savons que le ciel est le ciel, le lieu de la gloire et de la paix, car c'est là que règne entièrement la volonté de Dieu. Et nous savons que la terre n'est pas le ciel tant que ne se réalise pas en elle la volonté de Dieu. Nous saluons, donc Jésus qui vient du ciel et nous le prions de nous aider à connaître et à faire la volonté de Dieu. Que la royauté de Dieu entre dans le monde et qu'il soit ainsi empli de la splendeur de la paix. Amen.

Benedict XVI's Palm Sunday Homily

"The Cross Is Part of the Ascent Toward the Height of Jesus Christ"

VATICAN CITY, MARCH 26, 2010 (Zenit.org).- Here is the text of the homily that Benedict XVI gave today in the Mass for Palm Sunday in St. Peter's Square. Many young people participated in the celebration, which also marked this year's World Youth Day, held on a diocesan level worldwide.

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Dear Brothers and Sisters,

Dear Young People!

The Gospel for the blessing of the palms that we have listened to together here in St. Peter's Square begins with the phrase: "Jesus went ahead of everyone going up to Jerusalem" (Luke 19:28). Immediately at the beginning of the liturgy this day, the Church anticipates her response to the Gospel, saying, "Let us follow the Lord." With that the theme of Palm Sunday is clearly expressed. It is about following. Being Christian means seeing the way of Jesus Christ as the right way of being human -- as that way that leads to the goal, to a humanity that is fully realized and authentic. In a special way, I would like to repeat to all the young men and women, on this 25th World Youth Day, that being Christian is a journey, or better: It is a pilgrimage, it is a going with Jesus Christ. A going in that direction that he has pointed out to us and is pointing out to us.

But what direction are we talking about? How do we find it? The line from our Gospel offers two indications in this connection. In the first place it says that it is a matter of an ascent. This has in the first place a very literal meaning. Jericho, where the last stage of Jesus's pilgrimage began, is 250 meters below sea-level while Jerusalem -- the goal of the journey -- is 740-780 meters above sea level: an ascent of almost 1,000 meters. But this external rout is above all an image of the interior movement of existence, which occurs in the following of Christ: It is an ascent to the true height of being human. Man can choose an easy path and avoid all toil. He can also descend to what is lower. He can sink into lies and dishonesty. Jesus goes ahead of us, and he goes up to what is above. He leads us to what is great, pure, he leads us to the healthy air of the heights: to life according to truth; to the courage that does not let itself be intimidated by the gossip of dominant opinions; to the patience that stands up for and supports the other. He leads us to availability to the suffering, to the abandoned; to the loyalty that stands with the other even when the situation makes it difficult.

He leads us to availability to bring help; to the goodness that does not let itself be disarmed not even by ingratitude. He leads us to love -- he leads us to God.

"Jesus went ahead of everyone going up to Jerusalem." If we read these words of the Gospel in the context of Jesus' way as a whole -- a way that, in fact, he travels to the end of time -- we can discover different meanings in the indication of "Jerusalem" as the goal. Naturally, first of all it must be simply understood as the place "Jerusalem:" It is the city in which one found God's Temple, the oneness of which was supposed to allude to the oneness of God himself. This place thus announces in the first place two things: On the one hand it says that there is only one God in all the world, who is completely beyond all our places and times; he is that God to whom all creation belongs. He is the God whom deep down all men seek and whom they all have knowledge of in some way. But this God has given himself a name. He has made himself known to us, he has launched a history with men; he chose a man -- Abram -- as the beginning of this history. The infinite God is at the same time the God who is near. He, who cannot be enclosed in any building, nevertheless wants to live among us, be completely with us.

If Jesus goes up to Jerusalem together with Israel on pilgrimage, he goes there to celebrate the Passover with Israel: the memorial of Israel's liberation -- a memorial that is always at the same time hope for the definitive liberation that God will give. And Jesus goes to this feast with the awareness that he himself is the Lamb spoken of in the Book of Exodus: a male lamb without blemish, which at twilight will be slaughtered before all of Israel "as a perpetual institution" (cf. Exodus 12:5-6, 14). And in the end Jesus knows that his way goes beyond this: It will not end in the cross. He knows that his way will tear away the veil between this world and God's world; that he will ascend to the throne of God and reconcile God and man in his body. He knows that his risen body will be the new sacrifice and the new Temple; that around him in the ranks of the angels and saints there will be formed the new Jerusalem that is in heaven and nevertheless also on earth. His way leads beyond the summit of the Temple mount to the height of God himself: This is the great ascent to which he calls all of us. He always remains with us on earth and has always already arrived [in heaven] with God; he leads us on earth and beyond the earth.

Thus in the breadth of Jesus' ascent the dimensions of our following of him become visible -- the goal to which he wants to lead us: to the heights of God, to communion with God, to being-with-God. This is the true goal, and communion with him is the way. Communion with Christ is being on a journey, a permanent ascent to the true height of our calling. Journeying together with Jesus is always at the same time a traveling together in the "we" of those who want to follow him. It brings us into this community. Because this journey to true life, to being men conformed to the model of the Son of God Jesus Christ is beyond our powers, this journeying is also always a state of being carried. We find ourselves, so to speak, in a "roped party" [1] with Jesus Christ -- together with him in the ascent to the heights of God. He pulls us and supports us. Letting oneself be part of a roped party is part of following Christ; we accept that we cannot do it on our own. The humble act of entering into the "we" of the Church is part of it -- holding on to the roped party, the responsibility of communion, not letting go of the rope because of our bullheadedness and conceit.

Humbly believing with the Church, like being bound together in a roped party ascending to God, is an essential condition for following Christ. Not acting as the owners of the Word of God, not chasing after a mistaken idea of emancipation -- this is also part of being together in the roped party. The humility of "being-with" is essential to the ascent. Letting the Lord take us by the hand through the sacraments is another part of it. We let ourselves be purified and strengthened by him, we let ourselves accept the discipline of the ascent, even if we are tired.

Finally, we must again say that the cross is part of the ascent toward the height of Jesus Christ, the ascent to the height of God. Just as in the affairs of this world great things cannot be done without renunciation and hard work (joy in great discoveries and joy in a true capacity for activity are linked to discipline, indeed, to the effort of learning) so also the way to life itself, to the realization of one's own humanity is linked to him who climbed to the height of God through the cross. In the final analysis, the cross is the expression of that which is meant by love: Only he who loses himself will find himself.

Let us summarize: Following Christ demands as a first step the reawakening of the nostalgia for being authentically human and thus the reawakening for God. It then demands that one enter into the roped party of those who climb, into the communion of the Church. In the "we" of the Church we enter into the communion with the "Thou" of Jesus Christ and therefore reach the way to God. Moreover, listening to and living Jesus Christ's word in faith, hope and love is also required. We are thus on the way to the definitive Jerusalem and already, from this point forward, we already find ourselves there in the communion of all God's saints.

Our pilgrimage in following Christ, then, is not directed toward any earthly city, but toward the new City of God that grows in the midst of this world. The pilgrimage to the earthly Jerusalem, nevertheless, can be something useful for us Christians for that greater voyage. I myself linked three meanings to my pilgrimage to the Holy Land last year. First, I thought that what St. John says at the beginning of his first letter could happen to us: That which we have heard, we can, in a certain way see and touch with our hands (cf. 1 John 1:1). Faith in Jesus Christ is not the invention of a fairy tale. It is founded on something that actually happened. We can, so to speak, contemplate and touch this historical event. It is moving to find oneself in Nazareth in the place where the angel appeared to Mary and transmitted the task of becoming Mother of the Redeemer to her. It is moving to be in Bethlehem in the place where the Word, made flesh, came to live among us; to put one's foot upon the holy ground where God wanted to make himself man and child.

It is moving to climb the steps up to Calvary to the place where Jesus died on the cross. And then standing before the empty tomb, praying there where his holy corpse lay and where on the third day the Resurrection occurred. Following the material paths of Jesus should help us to walk more joyously and with a new certainty along the interior paths that Jesus himself points out to us.

When we go to the Holy Land as pilgrims, we go there, however -- and this is the second aspect -- as messengers of peace too, with prayer for peace; with the firm invitation that everyone in that place (which bears the word "peace" in name), has everything possible so that it truly become a place of peace. Thus this pilgrimage is at the same time -- as the third aspect -- an encouragement to Christians to remain in the country of their origin and to commit themselves in an intense way to peace.

Let us return once more to the liturgy of Palm Sunday. The prayer with which the palms are blessed we pray so that in communion with Christ we can bear the fruit of good works. Following a mistaken interpretation of St. Paul, there has repeatedly developed over the course of history and today too, the opinion that good works are not part of being Christian, in any case they would not be significant for man's salvation. But if Paul says that works cannot justify man, he does not intend by this to oppose the importance of right action and, if he speaks of the end of the Law, he does not declare the Ten Commandments obsolete and irrelevant. It is not necessary at the moment to reflect on the whole question that the Apostle was concerned with. It is important to stress that by the term "Law" he does not mean the Ten Commandments, but the complex way of life by which Israel had to protect itself against paganism. Now, however, Christ has brought God to the pagans. This form of distinction was not to be imposed upon them.

Christ alone was given to them as Law. But this means the love of God and neighbor and all that pertains to it. The Ten Commandments read in a new and deeper way beginning with Christ are part of this love. These commandments are nothing other than the basic rules of true love: first of all and as fundamental principle, the worship of God, the primacy of God, which the first three commandments express. They tell us: Without God nothing comes out right. Who this God is and how he is, we know from the person of Jesus Christ. The sanctity of the family follows (fourth commandment), holiness of life (fifth commandment), the ordering of matrimony (sixth commandment), the regulation of society (seventh commandment) and finally the inviolability of the truth (eighth commandment). All of this is of maximum relevance today and precisely also in St. Paul's sense -- if we read all of his letters. "Bear fruit with good works:" At the beginning of Holy Week we pray to the Lord to grant all of us this fruit more and more.

At the end of the Gospel for the blessing of the palms we hear the acclamation with which the pilgrims greet Jesus at the gates of Jerusalem. They are the words of Psalm 118 (117), that originally the priests proclaimed to the pilgrims from the Holy City but that, after a period, became an expression of messianic hope: "Blessed is he who comes in the name of the Lord" (Psalm 118[117]:26; Luke 19:38). The pilgrims see in Jesus the one whom they have waited for, who comes in the name of the Lord, indeed, according to the St. Luke's Gospel, they insert another word: "Blessed is he who comes, the king, in the name of the Lord."

And they follow this with an acclamation that recalls the message of the angels at Christmas, but they modify it in a way that gives pause. The angels had spoken of the glory of God in the highest heavens and of peace on earth for men of divine goodwill. The pilgrims at the entrance to the Holy City say: "Peace in heaven and glory in the highest heavens!" They know well that there is no peace on earth. And they know that the place of peace is in heaven. Thus this acclamation is an expression of a profound suffering and it is also a prayer of hope: May he who comes in the name of the Lord bring to earth what is in heaven. The Church, before the Eucharistic consecration, sings the words of the Psalm with which Jesus is greeted before his entrance into the Holy City: It greets Jesus as the King who, coming from God, enters in our midst in God's name.

Today too this joyous greeting is always supplication and hope. Let us pray to the Lord that he bring heaven to us: God's glory and peace among men. We understand such a greeting in the spirit of the request of the Our Father: "Thy will be done on earth as it is in heaven!" We know that heaven is heaven, a place of glory and peace, because there the will of God rules completely. And we know that earth is not heaven until the will of God is accomplished on it. So we greet Jesus, who comes from heaven and we pray to him to help us know and do God's will. May the royalty of God enter into the world and in this way it be filled with the splendor of peace. Amen.

[Translation by Joseph G. Trabbic]

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