Missionnaires d'Afrique
LA MISSION
ESPAGNE : ROQUETAS DE MAR
Avec les migrants
« ¡ Moros en la costa ! »
par Jesús Marìa San JuanLa province dAlmería, au sud de lEspagne, a été terre daccueil et dinvasion depuis longtemps. Des Phéniciens, des Grecs, des Romains ont laissé leurs traces. Les derniers à arriver ont été les musulmans (Arabes, Berbères, etc.) Presque toute la côte méditerranéenne, au moins de Peñiscola à Gibraltar est parsemée de tours vigies, de tours de garde. Les tours carrées sont dorigine arabe et les rondes sont chrétiennes, bâties souvent sur les fondations carrées des tours arabes. Depuis la reconquête de Valence et pendant des siècles, les musulmans ont essayé à leur tour de reconquérir ces territoires car les côtes de la mer sont dun accès facile. De là le mot traditionnel tellement connu dans la région : « No hay moros en la costa. » (Il ny a pas de Maures à la côte !). Cette phrase faisait dormir en paix les habitants de la province. Depuis larrivée massive des pateras, ces barques de fortune venant du Maroc avec des migrants, les gens disent, non sans humour, « ¡ Moros en la costa ! » (Des Maures sur la côte !).
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Roquetas de Mar est située sur la Costa del Sol (la Côte du Soleil) dans la Province dAlmeria au sud de lEspagne. Des fortins et des tours de garde surveillaient la navigation et le débarquement éventuel des Maures. La côte africaine est à 200 km au sud de la Méditerranée. Lagriculture en serres (photo de g., grandes surfaces bâchées) a besoin du travail des migrants.
Même si les autorités civiles ont été débordées par larrivée massive de migrants, elles ont réussi à mettre en place un bon réseau daide humanitaire, aidées en cela par des ONG, les services sociaux et un bon nombre de volontaires. Du point de vue de laide spirituelle, cétait un peu plus difficile. Lévêque a fait appel aux Missionnaires dAfrique car les prêtres diocésains, malgré leur bonne volonté, avaient des difficultés avec la langue et la mentalité des migrants. Un projet commun entre le diocèse et les MAfr a démarré en janvier 2000.
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Manolo Hernandez servant le thé à la menthe. En Andalousie, on nest jamais bien loin de la civilisation maghrébine.
Le milieu
La ville de Roquetas de Mar se trouve au sud-est de lEspagne, sur la côte espagnole (la Costa del sol) de la Méditerranée, à 25 km à louest dAlmería, capitale administrative de la province du même nom et siège épiscopal. Notre maison se trouve exactement à deux km de la mer. Roquetas est une ville touristique de 70 000 habitants pendant lhiver. Pendant lété, Dieu seul sait combien nous sommes. Il y a plus de 100 nationalités différentes, parmi lesquelles beaucoup dAllemands et quelques Britanniques qui aiment passer lhiver ici. Le reste est composé dimmigrants. Les Africains subsahariens viennent surtout de la Guinée-Bissau, du Sénégal, du Mali, du Ghana, du Nigeria, du Burkina Faso, de Guinée Conakry et du Cameroun. Il y a aussi des Mauritaniens noirs. Un bon nombre de migrants sont Maghrébins, originaires surtout du Maroc.
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Jesús Maria visite une serre de Roquetas. Les migrants trouvent du travail dans les serres de fruits et légumes (ici, la tomate).
Beaucoup entrent en Espagne sans papiers, illégalement. Ils doivent faire attention à ne pas se faire prendre et renvoyer dans leur pays dorigine. Heureusement que les habitants de Roquetas, autorités civiles, police, fonctionnaires et le peuple en général traitent avec une délicatesse spéciale les Africains subsahariens. Ils ne les tracassent pas et, en général, ferment les yeux sur les infractions commises dans différents domaines. Par exemple, toutes les nuits, on voit des migrants en vélo, mais sans phare, sans gilet reflétant la lumière des autos, etc. Ils ne reçoivent jamais damende. Quand un Espagnol fait cela, on lattrape tout de suite et il doit payer. Les migrants subsahariens sont appréciés car ils ne posent pas de problèmes. On ne peut pas dire la même chose des Maghrébins. Pour différentes raisons historiques et parce que les jeunes Maghrébins sont en général fiers et quelquefois même orgueilleux et hautains, il y a un grand préjugé contre eux. Cependant, ceux qui les connaissent mieux se disent contents de les avoir comme employés. Ainsi nos voisins, propriétaires de serres, nous disent que leurs ouvriers marocains sont de grands travailleurs. Avec nous, il ny a jamais eu de problèmes. Tous, Subsahariens ou Maghrébins, sont très ouverts et amicaux.
Comment les Africains vivent-ils à Roquetas ?
Parmi les migrants, une minorité a décidé de sétablir à Roquetas. Ils font un effort extraordinaire pour acheter une maison en demandant une hypothèque quils devront souvent rembourser en 30 ans. Il leur faut trouver environ 500 euros par mois ou plus. Cela signifie que lhomme, la femme et les grands enfants sont tout le temps au travail. On voit le problème pour les femmes qui, en plus du travail au dehors, doivent à la maison soccuper du ménage et des enfants. Elles nont pas le temps détudier lespagnol et ont de la difficulté à se faire comprendre. Il ne leur est donc pas facile de trouver un travail comme employées de maison, par exemple. Par contre, les enfants sont bien nourris et habillés et pour les petits, lécole est gratuite. Mais pour la plupart des migrants, la province dAlmería est une étape vers dautres régions dEspagne ou dEurope. Ici, il ny a que trois possibilités de travail : dans un invernadero (une serre), dans un magasin où lon charge les camions qui transportent les productions locales vers lEurope du nord, et dans le bâtiment.
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Initiation à linformatique et soutien scolaire au Centre Afrika. Des bénévoles donnent de leur temps pour aider les jeunes et adultes à mieux sintégrer.
Dans la province dAlmería, on cultive des fruits et des légumes dans des serres immenses couvertes avec des bâches en plastique transparent. Ces serres couvrent des surfaces importantes de plusieurs kilomètres autour des villes et villages. Le travail nest pas régulier mais saisonnier. Les migrants peuvent rester quelques mois sans travail, surtout pendant les grandes chaleurs de lété. Dès quils obtiennent un permis de travail et un permis de séjour, ils senvolent pour des régions industrielles où ils auront un travail fixe et mieux rémunéré. Les entrepôts suivent le rythme des serres. Le travail est plus ou moins saisonnier. Dans le bâtiment, cest encore le même refrain. Les migrants qui poursuivent leur route vers le nord, laissent la province dAlmería, lumineuse et accueillante, pour des régions froides où ils gagnent plus dargent. Mais ils manquent sûrement le soleil de Roquetas, la joie de vivre de ses habitants et leur chaleureux accueil. Comme en Afrique !
Dans la région de Roquetas, les migrants subsahariens fréquentent ordinairement les gens de leurs pays dorigine. Les Manjako de la Guinée-Bissau sont tellement nombreux quils se regroupent même selon les villages dorigine. Quand ils le peuvent, les nouveaux arrivés regardent la télévision et les vidéos de leur pays. Cest ce quon constate quand on les visite à la maison. Les enfants, même sils parlent parfaitement lespagnol, utilisent aussi leur langue maternelle, ce qui nous aide énormément dans nos relations avec les adultes. Et quand on ne se comprend pas avec leurs parents, les enfants nous servent dinterprètes.
Les enfants des Subsahariens sont assez intégrés à lécole, certainement beaucoup mieux que ceux des Maghrébins. Leurs parents ont des amis parmi les camarades de travail. On le constate lors des funérailles dun Africain, car il y a toujours quelques compagnons de travail espagnols qui y participent. Les enfants posent un problème car ils ont perdu la politesse et la tenue digne apprises par leurs parents en Afrique. Ils ne connaissent pas non plus les façons de faire espagnoles. Ils sont un peu déracinés.
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LÉglise est un lieu de rencontre pour des chrétiens venant de partout et les Africains apportent un souffle nouveau aux paroisses espagnoles.
Photos de Manuel Herdandez
Et nous, les MAfr ?
Léquipe actuelle, formée de Manolo Fernandez et Jesus Maria San Juan, va bientôt recevoir lappui de Pierangelo Pirotta, un confrère italien. Pedro Pérez, un confrère de 77 ans, vit avec nous. Officiellement, nous sommes vicaires dans différentes paroisses mais cela nous demande très peu de temps car il est entendu que notre travail est avec les migrants africains. Nous suivons lexemple de ceux qui étaient là avant nous et qui ont porté lÉvangile aux migrants en organisant même des catéchuménats importants. Ils nous ont ouvert la voie par leur travail daccueil des migrants, en enseignant lespagnol aux uns, ou en les orientant vers les organismes et personnes ressources pour faciliter lobtention dun contrat de travail, dun permis de séjour, dun logement, dune carte dassistance sanitaire, dun peu de nourriture, de vêtements. Parfois, il faut payer quelques médicaments à la pharmacie. Mais le principal, cest dêtre présent, dêtre avec eux. Depuis presque une année, nous sommes en train de mettre au point et de lancer le Centre culturel Afrika.
Le catéchuménat
Depuis lan 2000, nous sommes en charge de lapostolat auprès des Africains en collaboration avec les prêtres chargés des paroisses. En fait, les chrétiens et ceux qui désirent le devenir se trouvent à Roquetas et dans cinq villes des environs. Nous allons les visiter régulièrement. Le dimanche, certains suivent le catéchuménat dans les paroisses des cinq villes. Cette année, 26 adultes seront baptisés la nuit de Pâques, et 73 catéchumènes de première année sy préparent pour 2008. Comme beaucoup sont de lethnie Manjako et ne connaissent presque rien de lespagnol, nous avons deux catéchistes de la même ethnie qui enseignent dans leur langue et en créole. Nous commençons timidement à préparer dautres catéchistes. Une sur catéchiste, un médecin et nous-mêmes, nous donnons notre enseignement en espagnol. Quelquefois cependant, nous enseignons en français à des Sénégalais. Nous le faisons le dimanche car les migrants travaillent six jours par semaine, sans parler de ceux qui travaillent aussi le dimanche. Dans un village, la réunion des catéchumènes se tient le dimanche soir, après le travail.
Accueil
La porte de notre petite maison est toujours ouverte. Même si nous recevons de la nourriture et des habits, nous conduisons nos visiteurs démunis à la Caritas qui est mieux équipée que nous pour répondre à leurs besoins. On décèle toujours de nouveaux besoins. Ainsi, lan dernier, il y a eu 4 accidents mortels de Subsahariens qui roulaient en bicyclette. On vient dacheter à très bon marché 85 phares et on en attend dautres pour commencer une campagne de sécurité routière.
Centre Culturel Afrika
Depuis trois ans, nous avons lancé un petit projet pour mieux accueillir ceux des migrants qui flânent à longueur de journée, nayant pas réussi à trouver du travail. Nous avons pensé à un lieu de rencontre interculturel pour faire se rencontrer les Africains qui nont pas beaucoup de relations entre eux. Cela peut aussi aider à la rencontre interreligieuse avec les nombreux musulmans, surtout ceux qui viennent du Mali et du Sénégal.
Au Centre Afrika, nous donnons des cours dalphabétisation à 80 Africains. 35 jeunes apprennent à se servir dun ordinateur et 35 écoliers bénéficient dun soutien scolaire. Des femmes apprennent la couture. Il y a un bon groupe de volontaires qui assurent la marche du projet. Parmi eux, il faut mentionner un prêtre diocésain et un prêtre Petit Frère de lÉvangile, engagés à fond depuis que le projet a été lancé. De même quelques religieuses. Il y a aussi une bibliothèque en espagnol et pas mal de bouquins en français, mais personne ne les lit. Cest normal. Cela viendra peut-être un jour Le Centre Afrika est très populaire chez les migrants africains de Roquetas.
Une mission pour les MAfr
En Europe, les Africains ont des problèmes bien spécifiques. Ils souffrent et peuvent être aidés par les Missionnaires dAfrique. Notre présence à Roquetas nest probablement pas aussi nécessaire quen certains coins dAfrique. Nempêche quavec notre expérience, nous pouvons y faire un bon travail. Mais il faut, comme en Afrique, que des confrères viennent aider.
Comme tous les migrants de Roquetas viennent de lAfrique Occidentale, région complètement inconnue pour moi, javais un peu peur de me trouver dépaysé. Erreur ! (Ndlr : Après une nomination au Mozambique qui a avorté au Portugal au temps de Salazar, Jesús Marìa a commencé sa vie missionnaire au Burundi et, suite aux massacres de 1972, a surtout travaillé en Tanzanie.) Dès le début, jai trouvé avec les Africains de lOuest une affinité et une confiance mutuelle, fruit de la bonne relation créée par nos confrères.
Une nuit quil pleuvait, jétais en voiture avec quelques-uns de nos amis. Je conduisais et comme javais chaud, jai baissé un peu la vitre. Assis à ma droite se trouvait notre catéchiste Gabriel et derrière moi un de ses amis qui devait avoir froid. Il ma dit : « La voiture va se mouiller ». Jai remonté la vitre tout content en pensant : « Il vient de la Guinée-Bissau mais il a la même délicatesse et la même réaction que les braves Tanzaniens. » Arrivés à la paroisse, pour vérifier ma comparaison, jai quand même demandé à Gabriel : « Comment se fait-il que ton ami sest préoccupé de ma voiture ? ». Le catéchiste a eu un grand éclat de rire et ma répondu : « Vous savez bien quun Africain ne va pas vous demander de fermer la fenêtre sil a froid ! » Je me suis dit quen Tanzanie également, cétait comme ça. Ma peur et mon dépaysement face aux Africains de lOuest se sont évanouis.
Jesús Marìa San Juan
Voir aussi
* Espagne Roquetas de Mar Almeria Des Mafr au service d'immigrants
THE MISSION
Spain: Roquetas de Mar
With the Migrants
¡Moros en la costa!
by Jesús Marìa San JuanThe province of Almeria in the south of Spain has been a landfall of haven and invasion for a very long time. Phoenicians, Greeks and Romans have left their mark. The last to arrive were the Muslim Arabs and Berbers, etc. Almost the whole Mediterranean coastline, at least from Peñiscola to Gibraltar, is lined with lookout posts and watchtowers. The square towers are of Arab origin whereas the round ones are Christian. Since the re-conquest of Valence and down the centuries, the Muslims have tried in their turn to re-conquer these territories, as the beaches are so easily accessible. From there comes the traditional cry of the region, No hay moros en la costa! (There are no Moors on the coast! This call enabled the inhabitants of the province to sleep in peace. Since the massive arrival of pateras, those makeshift craft arriving from Morocco with migrants, the people repeat, not without humour, ¡Moros en la costa! Moors ahoy on the coast!
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Roquetas de Mar is situated on the Costa del Sol (the Sunshine Coast), in Almeria Province in the south of Spain. Forts and watchtowers kept watch for the ships and possible landings of the Moors. The African Mediterranean coast is 200km south. Greenhouse agriculture (photo l. vast covered areas) needs migrant labour..
Even if the civil authorities were a little overwhelmed by the vast arrival of migrants, they succeeded in setting up a good network of humanitarian aid, supported by the NGOs, social services and a good number of volunteers. On the side of spiritual assistance, it was a bit more difficult. The bishop had recourse to the Missionaries of Africa, since diocesan priests, in spite of their good will, had problems with the language and mentality of the migrants. The joint project between the diocese and the MAfr took off in January 2000.
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Manolo Hernandez serving mint tea. Andalusia is never very far from North African civilisation..
The setting
The town of Roquetas de Mar is situated in the southeast of Spain on the southern coast of the Mediterranean, (Costa del Sol), 25 kilometres west of Almeria, the administrative capital of the province of the same name and the episcopal see. Our house is exactly two kilometres from the sea. It is a tourism town of 70,000 inhabitants during the winter. In the summer, God alone knows how many we are. Among over a hundred different nationalities, many Germans and a few British like to winter here. The rest is made up of immigrants. Sub-Saharan Africans come mainly from Guinea Bissau, Senegal, Mali, Ghana, Nigeria, Burkina Faso, Guinea Conakry, and Cameroon. There are also swarthy Mauritanians. Other migrants are from the Maghreb, Morocco in particular. Many enter Spain without papers, therefore illegally. They have to be careful not to be caught and sent back to their country of origin. Happily, the inhabitants of Roquetas, the civil authorities, police, officials and the population in general treat sub-Saharan Africans with special consideration. They dont get excited and prefer to look the other way when offences in various areas are committed. For example, every night, Africans can be seen on bicycle, but without lights and with no road-safety reflector vests, etc. They are never fined. When a Spaniard does so, he is caught and has to pay a fine on the spot. The sub-Saharan Africans are appreciated because they do not make trouble. The same cannot be said of the ones from the Maghreb.
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Jesús Maria visits a greenhouse at Roquetas. Migrants are employed in fruit and vegetable greenhouses, (here, tomato).For different historical reasons and because young people from the Maghreb are generally prideful and sometimes arrogant and haughty, there is major prejudice against them. Nonetheless, those who know them better say they are content to have them as employees. In this regard, our neighbours, who are greenhouse owners, tell us that Moroccan labourers are very good workers. We have never had problems with them. All of them, sub-Saharan or from the Maghreb are very kind.
How they live at Roquetas
A minority among the migrants decided to settle in Roquetas. They put extraordinary effort into buying a house by applying for a mortgage they often have to pay back over 30 years. They need to find 500 euros or more a month. This means that even the wife and the grandchildren are continually employed. We can see the problem for the women, as in addition to jobs outside, they have to look after the housekeeping and the children. They do not have enough time to learn Spanish and find it hard to be understood. As a result, it is not easy to find them work as employees in households, for instance. On the other hand, the children are always well fed and clothed; infant school is free.
However, for most migrants, the province of Almeria is a stepping-stone to other regions of Spain and Europe. Here, there are three possibilities of finding employment: in invernaderos (greenhouses), in shops, where they load lorries for transporting local produce to northern Europe, and in construction.
In our province, fruit and vegetables are cultivated in huge greenhouses covered with transparent polythene sheeting. These greenhouses cover extensive stretches of several kilometres around the towns and villages. The work is not regular, but rather more seasonal. Migrants can remain unemployed for months. As soon as they receive their work and residence permits, they set off for the industrial areas, where they will have a better-paid fixed employment. The depots follow the same rhythm as the greenhouses. The work is more or less seasonal. In the building industry, it is the same tune.
Migrants who move up north leave the shimmering and welcoming province of Almeria for colder regions where they earn more money. However, they will definitely miss the sunshine of Roquetas and the joie de vivre of its inhabitants and their warm welcome, so close to the one we know in Africa.
In Roquetas region, sub-Saharan migrants spend time particularly with the people of their country of origin. There are so many Manjako of Guinea Bissau that they are even organised by home villages. Whenever possible, new arrivals watch television and videos from their own countries. This is what we notice when we visit them at home. The children, even if they speak Spanish perfectly, also use their mother tongue, which helps us enormously in our relations with adults. The children are good interpreters when there are misunderstandings with their parents. The children of sub-Saharan migrants are quite well integrated into the school environment, certainly a lot more than those from the Maghreb. Their parents have made friends among their work colleagues. It is noticeable at African funerals, because there are always some Spanish workmates attending. The children pose problems, as they have not known the politeness and dignity with which their parents lived in Africa. Neither do they know Spanish ways of doing. They are a bit rootless.
We Missionaries of Africa
Even if officially we are curates of different parishes, it does not take up much of our time, as it is taken for granted that our main task is with African migrants. We follow the example of our predecessors who evangelised the region, even to the point of organising a substantial catechumenate. They paved the way for us by working at welcoming the migrants, teaching Spanish to some and guiding others to organisations and resource persons to smooth the progress of obtaining a work contract, a residence permit, lodging, a healthcare card, a chemist. The main thing is to be present there with them. For almost a year now, we are in the process of completing and launching a Centre Culturel Afrika.
The catechumenate
Since 2000, we have been in charge of the apostolate to Africans in a vast region, in collaboration with the priests in charge of the parishes. In effect, Christians and those who wish to become so are here in Roquetas and in five surrounding towns. We visit them regularly. On Sunday, they attend catechism in the parishes of the five towns. This year, 26 adults will be baptised at the Easter Vigil and 73 first-year catechumens are preparing for 2008. As the majority are from the Manjako ethnic group and hardly know any Spanish, we have two Manjako catechists who teach in their language and in Creole. We have tentatively begun to prepare other catechists. A Sister catechist, a doctor and ourselves teach in Spanish. Sometimes, however, we give lessons in French to Senegalese. The migrants often work six days a week, not counting those who also work on Sundays. In one village, the meeting of catechumens takes place on Sunday evening at 20.00, after work.
Hospitality
The door of our little house is always open. Even if we do receive food and clothing, we accompany our impoverished visitors to Caritas, which is much better equipped than we are to respond to their needs. New needs are always coming to light. For instance, last year four sub-Saharan migrants riding bicycles died in road accidents. We have just bought 85 low-cost lamps and we are waiting for others to begin a road safety campaign.
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Introduction to computers and teaching support at the Centre Afrika. Volunteers give their time to help young people and adults to integrate more.
Cultural Centre Afrika
Three years ago, we launched a small project to offer better hospitality to those migrants who hang around the whole day, unsuccessful in finding a job. We thought of an intercultural venue so that Africans who do not have much else in common could meet one another. This could also help in interreligious encounter with many Muslims, especially those from Mali and Senegal. Currently at the Centre Afrika, we provide literacy teaching courses for 80 Africans, 35 beginners are learning computer skills, and 35 school pupils receive teaching support. A few women are learning dressmaking. A good group of volunteers ensure the smooth running of the project. Among them must be mentioned a diocesan priest and a priest Little Brother of the Gospel, both fully committed since the project was launched. There are also some Sisters. There is a library in Spanish and quite a few books in French, but nobody reads them. This is normal, perhaps another day. The Centre Afrika is very popular among the African migrants of Roquetas.
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The Church is a meeting place for Christians from everywhere. Africans are bringing a breath of fresh air to Spanish parishes
Photos de Manuel Herdandez
A typically MAfr mission
There are three confreres in the community, two dedicated full-time to the Africans. It is a tenuous team. Nevertheless, there are Africans here with very specific problems; they are suffering and Missionaries of Africa can help them. Our presence in Roquetas is probably not as needed as in certain places in Africa, but with our experience we can do good work here. However, just as in Africa, confreres must come to help us.The car will get wet!
Since all the migrants here come from West Africa, a region I knew nothing at all about, I was afraid I would be out of my depth. Wrong! (After an appointment to Mozambique that was called off in Portugal at the time of Salazar, Jesús Marìa began his missionary life in Burundi; subsequent to the massacres of 1972, he worked especially in Tanzania. Ed.) From the very beginning there was an affinity and mutual trust established, a clear effect of the good relations our confreres formed with them. They feel they can count on us and we appreciate their trust. One rainy night I was in the car with a few of our friends. I was driving and as I was getting hot, I wound down the window a bit. Sitting on my right was our catechist Gabriel and behind me was one of his friends, who must have felt cold. He said to me, The car will get wet. I closed the window genuinely pleased as I thought, He comes from Guinea Bissau, but he has the same fine sensitivity and reaction as good-hearted Tanzanians. Once back at the parish, to verify my comparison, I nonetheless asked Gabriel, How come your friend was worried about my car? The catechist burst out laughing and replied, You know very well that an African is not going to ask you to close the window, if he feels cold! I said to myself it was just the same in Tanzania. My fears and feeling of strangeness when faced with West Africans evaporated.
Jesús Marìa San Juan
See Also
* SPAIN Roquetas de Mar Almeria Mafr at the service of migrants, Jesús Esteibarlanda