Missionnaires d'Afrique

LA MISSION

SUSSUNDENGA MOZAMBIQUE

La santé par les plantes
par Bernard Herber, M.Afr.


Dans la paroisse de Sussundenga, la pastorale de la santé se porte bien. Nous avons le privilège d’être entourés de personnes convaincues, engagées, compromises, actives : jeunes, femmes et hommes de bonne volonté.

Le service auprès des malades est notre manière de vivre et d’annoncer Jésus vivant ressuscité, présent aujourd’hui au milieu de nous. Un autre privilège, c’est que cet aspect de la vie pastorale se trouve bien intégré dans le contexte de la paroisse, grâce à l’appui de notre évêque, Mgr Francisco Silota et à celui des confrères Raphaël Gasimba, John O’Donoghue et Pierre Lukusa, chacun favorisant à sa manière son développement. Comment dire « Le royaume est proche, il est parmi nous » ? Nous proclamons le Royaume en rencontrant ceux qui viennent demander secours et lorsque nous allons visiter les malades. Chaque communauté (succursale) dans la paroisse, a choisi deux ou trois personnes pour vivre ce ministère. La prière, la lecture de l’Évangile, le partage de la Parole, l’imposition des mains, la réflexologie, le diagnostic bioénergétique, les plantes médicinales, les fleurs, les arbres, sont nos alliés. Ceci, pour le premier volet du triptyque. En second lieu, vient la formation d’animateurs, femmes et hommes qui se sont sentis appelés et qui, peu à peu, ont émergé et découvert leur vocation. Ils sont environ une quinzaine.

Vulgariser gratuitement
Avec ces volontaires (en formation permanente), nous visitons, tout au long de l’année, toutes les communautés de la paroisse, et parfois nous sommes appelés dans d’autres paroisses du diocèse. Ainsi, en 2006, nous avons atteint plus de 900 personnes. C’est le troisième aspect de la mission du groupe de la santé : la vulgarisation. Ce que j’ai découvert, je le transmets. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Les visites dans les communautés ont pour but premier d’aider les familles, surtout les plus éloignées de tout, à se défendre contre les maladies les plus communes avec les richesses qu’offrent la nature qui les environne. Les visites sont structurées de la façon suivante : nous commençons par chanter pour préparer la proclamation de l’Évangile. Puis un animateur offre une réflexion qui porte toujours sur notre vocation chrétienne d’annoncer le Royaume par le concret de nos vies, en l’occurrence l’approche des malades. Pour éveiller l’intérêt, suit une partie pratique : nous montrons comment préparer un sirop, cuisiner et composer une pommade, faire des comprimés, découvrir les qualités curatives de l’argile, apprendre à la préparer, et comment l’appliquer sur les différentes parties du corps, selon les besoins du patient.

Voyage à l’intérieur du corps
La découverte de notre corps est une grande aventure pour beaucoup d’entre ces gens très simples. L’anatomie les fascine, les émerveille. Par un discours adapté à l’auditoire, nous présentons les principaux organes, avec les fonctions de chacun, et les maladies qui peuvent les atteindre. Cette partie revêt un intérêt tout particulier parce que nous essayons d’expliquer comment se produisent les maladies, comment elles nous envahissent. Quelles en sont les racines, la provenance. Ainsi, peu à peu, très lentement, au cours des visites, par la répétition, la lumière se fait dans les esprits. (Au moins, c’est ce que nous espérons !) Ce voyage à l’intérieur de notre corps, nous permet de montrer que les maladies ne sont pas le fruit d’esprits mauvais, comme le proclament les croyances populaires, qu’elles ne proviennent pas non plus de personnes mal intentionnées qui les auraient envoyées par vengeance. Une aube nouvelle se lève dans les cœurs.


L’argile, l’aloès, des comprimés à partir d’extraits de plantes... Les traditions populaires vivantes sont transmises pour guérir ou soulager les malades.

Chaque rencontre revient avec insistance sur la nécessité d’une hygiène personnelle et communautaire dont le premier pas serait, pour chaque famille, la construction de toilettes bien faites, sachant que l’absence de ces lieux appropriés, est source d’un grand nombre de maladies.

Les traditions locales
Pour compléter l’éventail de la présentation des maladies qui nous assaillent et apprendre à s’en défendre, tous les participants sont invités à se disperser dans la nature, chacun ayant le devoir de revenir avec les échantillons des plantes qu’il connaît. Au retour, nous organisons un forum où tous ont droit de parole : ils partagent leurs connaissances, expliquent leur habilité acquise par la pratique devant tel ou tel problème qu’ils ont rencontré. Parfois timides, dans les débuts, les connaissances se clarifient, s’affermissent, l’assurance gagne du terrain, et surtout, chacun se sent écouté, reconnu et valorisé. Sans conteste, c’est aussi un moment très fort de la rencontre.

Un repas vient rassasier ceux qui ont faim, et récompenser notre journée de travail. Pour couronner notre partage, nous faisons Eucharistie, nous remercions, offrons, célébrons, chantons, dansons. Chacun retourne chez soi, heureux d’être envoyé, pour proclamer « la Bonne Nouvelle aux pauvres ».

Bernard Herber




M
issionaries of Africa

THE MISSION

SUSSUNDENGA MOZAMBIQUE

Health via plants
by Bernard Herber, M.Afr.

In Sussundenga Parish, the health pastorate is in good form. We have the privilege of being amidst people who are convinced, committed, involved and active: the young, and women and men of good will.

Service to the sick is our way of living and proclaiming the Risen Christ alive among us today. Another privilege is that this aspect of pastoral life is well integrated into the parish context, thanks to the support of our Bishop, Right Reverend Francisco Silota, MAfr, and confreres Raphaël Gasimba, John O’Donoghue and Pierre Lukusa, each in his own way promoting the expansion of this pastoral activity. How do we say, ‘The Kingdom of Heaven is near, it is in your midst.’? (Cf. Luke 10:9) We proclaim the Kingdom by meeting those who come to ask for help and when we go out to visit the sick. Each community (outstation) of the parish chose two or three people to live out this ministry. Prayer, Gospel reading, sharing the Word, the laying on of hands, reflexology, bioenergetics diagnosis, medicinal plants, flowers, trees, all are our allies. This is the first section of the triptych. Secondly, there is the training of the leaders. These are women and men who feel called and who gradually emerged and discovered their vocation. There are about fifteen.

Giving without charge
With these volunteers throughout the year, (on in-service training) we visit all the parish communities and occasionally we are called to other parishes of the diocese. In this way in 2006, we had reached over 900 people. It is the third aspect of the health group mission: popularisation. Whatever I have discovered, I pass it on to others. ‘You received without charge, give without charge.’ (Mt 10:8) The primary aim of community visiting is to help families, especially those furthest away from everything, to protect themselves from the commonest illnesses with the riches nature offers them in their environment. Visits are structured as follows: we begin by singing to prepare the proclamation of the Gospel. Then one of the leaders offers a reflection that always bears on our Christian vocation to proclaim the Kingdom in the everyday practicalities of our lives, in this case, when addressing the sick. To awaken interest, there is a practical part: we show how to prepare a syrup, boil down and make up an ointment, make pills, uncover the curative qualities of clay, learn how to prepare it and how to apply it to different parts of the body according to the needs of the patient.

A voyage to the interior of the human body
This discovery of our bodies is a great adventure for many of these very simple people. Anatomy fascinates them and gives them a sense of wonder. In an address adapted to the audience, we present the various organs with their functions and the illnesses that can affect them. This part takes on a very particular interest, because we try to explain how illnesses come about, how they infect us, where they originate and their source. In this way, very slowly, in the course of the visits, by repetition, it begins to dawn on them. (At least, that is our hope!)

This voyage to the interior of our bodies enables us to show that illnesses are not the outcome of evil spirits, as popular belief would have it; neither do they come from malevolent individuals, who would send them out of vengeance. A new dawn arises in their hearts. Every meetings reiterates the paramount necessity of personal and community hygiene. The first of these would be for every family to build good toilets, in the knowledge that the absence of these appropriate places are a source of a great number of illnesses.


Clay, aloes, poultices and pills from plant extracts. Living traditions are passed on to heal and relieve illnesses.

The plants they know
To complete the range of presentation of illnesses that attack us, and in order to learn how to protect ourselves, all the participants are invited to set off into the greenery, each with the duty of coming back with cuttings from plants they know.

Once back, we organise a forum where everybody can speak; they share their knowledge, explain their competence gained in practice from dealing with one or other problem they came across. Initially uncertain, the amount of knowledge becomes more defined and is reinforced. Self-confidence increases and above all, everyone feels they are being heard, acknowledged and valued. It is unquestionably the most meaningful moment of the meeting. A meal arrives for those who are hungry to eat their fill and reward our day’s work. We conclude with the Eucharist to crown our sharing, thanking, offering, celebrating, singing and dancing. Everyone goes back home, happy to be sent out, to proclaim the ‘Good News to the poor.’ (Cf. Luke 4:18)

Bernard Herber