SAVELUGU GHANA
Au milieu des musulmans
La paroisse Marie Mère de Jésus
Par Clenerius Cimpali
Avec deux prêtres, deux stagiaires et moi-même, un frère, nous sommes cinq confrères au service de la paroisse Marie Mère de Jésus. Pourquoi cinq MAfr au service dune paroisse qui ne compte que cinq petites communautés chrétienne de base ? Cest quon ne peut oublier que la population est en grande majorité musulmane sans oublier quelques fidèles de la religion africaine traditionnelle. Mais, cest un fait, les chrétiens sont en petit nombre. Tout en poursuivant la formation des chrétiens, nous sommes donc en premier lieu des témoins de lÉvangile, présent dans un milieu non-chrétien, au service du dialogue interreligieux, de lcuménisme, de justice et paix.
Nos services sadressent à tous, chrétiens et non-chrétiens. Celui qui en a le don visite les malades à lhôpital ; celui qui en est capable sadresse aux jeunes dans les écoles ; un autre sengage dans la réforme des structures sociales, dans la ligne justice et paix. Nous sommes privilégiés de pouvoir vivre au milieu de la pâte humaine où nous sommes appelés à rencontrer le Christ dans lautre et à être présence du?Christ pour les autres.
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Savelugu est juste à côté de Tamalé (centre Nord) sur la route du Nord
Jaime à visiter les gens le soir, quand ils reviennent à la maison. Chacun, chacune, raconte son histoire et cela change ma vision sur les personnes. Javais des préjugés négatifs et voilà que je les vois fondre. Je regarde les gens positivement.
Récemment, le groupe JPIC de la paroisse a organisé, pour les enfants, des ateliers sur la prévention du sida. Les enfants mont posé des questions qui mont fait réfléchir. Et la discussion sest poursuivie bien après la fin de latelier. Ces enfants sont blessés, brisés, et cherchaient désespérément quelquun pour les écouter. Il leur est difficile de porter leurs problèmes sans en parler, alors que les adultes gardent le silence. Je me suis rendu compte que moi aussi je pouvais être aveugle et ne pas voir les problèmes des autres. Jai dû apprendre à travailler en réseau. Jessaye de créer un groupe daide pour essuyer les yeux de mes petits frères et surs. Mais parfois, nous navons pas de réponse à donner. Le prêtre et le lévite de la parabole du Bon Samaritain nont pas fait de tord à létranger blessé. Ils ont gardé le silence en face du mal. Je vois cela comme une acceptation du péché et de ses structures.
Notre ministère ne nous appelle pas à enseigner la théologie. Nous transmettons la Bonne Nouvelle non pas en formules mais simplement en saluant les gens, en étant ouvert et amical avec tous, avec une priorité pour les curs brisés. Parfois je me sens perdu dans un monde qui juge les personnes daprès leurs actions et non daprès leur être. Il y a quelques jours quelquun ma dit : « Cela ma pris du temps pour comprendre ce que tu fais comme frère. Les prêtres, eux, au moins disent la messe ! Maintenant je vois ton travail. sois assuré que jai besoin de toi ! » Jai demandé pourquoi. Cette personne ma répondu que chacun a besoin découte car en touchant le cur nous louvrons à la présence de Dieu. Oui, parfois il semble que je ne fais rien à Savelugu et cela peut me décourager. Mais je vois bien que ce ministère de présence est le lieu où Dieu rend visible et efficace son amour.
Parlera-t-on à léchelle mondiale de six membres de notre petite équipe JPIC ? Probablement pas. Mais, à notre niveau, lengagement pour la justice sociale na plus les apparences dun jeu de société pour de riches intellectuels. Notre vie de chrétiens et de MAfr demande cet engagement. Je comprends ceux qui écrivent des livres et des articles sur JPIC mais pour que la justice arrive, « pour que le Règne vienne », il nous faut aussi être présents, écouter et parler, avec les curs brisés.
Avec notre pauvre petite communauté chrétienne, nous pensons à lautofinancement. Nous avons transplantés 500 manguiers greffés, un bon exemple pour ceux qui vivent autour de nous. La première récolte, prémices de fruits abondants, sera faite cette année. Que Dieu bénisse aussi toutes les semences de la Parole que nous plantons en cette terre où il nous a appelés.
Clenerius Chimpali
Tiré du Petit Echo N° 990 2008/4
SAVELUGU GHANA
Mary Mother of Jesus
A Parish among Muslims
By Clenerius Cimpali
In Mary the Mother of Jesus Parish there are 2 priests, 2 stagiaires, and myself, a Brother. Sometimes people ask me why we have 5 confreres in a little parish with only six small Christian communities. Our parish population is mainly Muslim, with a few traditionalist believers, and a tiny number of Christians. In addition to the ministry of Muslim Encounter, we are involved with Ecumenism, JPIC, Christian formation, and above all the apostolate of witnessing, or being present. A characteristic of our community is that we reach out to all, both Christian and non-Christian. Some bear testimony by being with the sick at the hospital, some bear testimony to youth in schools, and others bear testimony by trying to respond to unjust structures with justice and peace. We find consolation in being on peoples doorsteps. This apostolate is basically meeting Christ in people and being Christ to them.
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Savelugu is near Tamalé on the northern road
I have been visiting many people in the evenings, when they are at home. Their different stories have been changing my perceptions. I find that my previous misconceptions have changed and become realistic with positive thoughts about people.
Recently, the parish JPIC group facilitated workshops for school children on the prevention of HIV/AIDS. I learned a lot from the children, as they asked challenging questions worthy of reflection and came after the workshops to ask more questions. They are hurt, wounded, and broken and have been crying out for someone to listen to them. These children and many others suffer inside, because others observe them with their problems and yet keep silence. I have become aware that I can be blind to the problems of others. I am learning to network and am trying to find those who can be of help to wipe away the tears of my brothers and sisters. Sometimes we have no answer. The two who passed by in the story of the Good Samaritan did not do anything wrong to the suffering stranger lying there; they only kept silence. I view silence in the face of sin as accepting and supporting the sin and its structure.
In our ministry of presence, we are transmitting the Good News not by doctrine, but simply by greetings, and being friendly to all, especially the wounded hearts. I sometimes feel lost in a Society that is more used to doing than being.
One person recently said to me, For a long time I did not know what you are doing as a Brother. At least the priests say Mass! Now I not only see your work, but I need you! I need you Cle! (This is my nickname here). I asked why. I was told that many people need the presence of a listener or a gesture that will reach their hearts and help them find their God. To be frank, sometimes it seems that I am doing nothing and it can be discouraging, but the fact is that in the quiet and unseen apostolate, there is an invisible action of Gods love.
With only six members, our JPIC seems unworthy of mention, but it is an anchor of hope for a few people. In fact, to be committed to promoting social justice is not a hobby for the privileged few, but a duty for us all. It is for all Christians and especially Missionaries of Africa. It is not only by writing articles or books on this subject or by giving workshops, but also by being present or witnessing to the broken that justice comes about. Our experiencing of the wounded forces us not to be silent, but to become involved.
As our parish members are very few in number, we decided it was necessary to have an income-generating project. Three years ago, with the help of the Integrated Tamale Fruit Company, we decided to transplant 500 organic grafted mango seedlings right next to our parish house. They are doing well and we will already have a small crop of mangoes this year. This is an encouragement not only for us, but also for those who live around us. God is allowing our small efforts to bear fruit in many small ways in our small parish.
Clenerius Chimpali
From Petit Echo n°990 2008/4