SECTES : Quoi ? Comment ?
Pourquoi ?
(Ghislain JAGINEAU, M.afr., travaille à Lubumbashi au Congo
RDC ;
auteur
de : Eglises, Sectes et Mouvements Néo-religieux, Mbegu dossiers jeunes,
n° 53, Lubumbashi, janvier 1998, 98 p.)
Introduction
Il y a vingt ans, étant engagé dans la grande Paroisse Christ-Roi
du centre de KALEMIE (RDC), chef-lieu de District et important port sur le Lac
Tanganyika, j'étais frappé et interpellé par le fait que
nombre d'intellectuels de la ville, avec une formation universitaire ou supérieure
(médecins, ingénieurs, agronomes, assistants etc.), pour la plupart
catholiques; étaient attirés par des Mouvements comme la Rose-Croix,
la FOI BAHAIE et autres, subjugués par leur doctrine. Dans ces groupes
alternatifs, l'attrait semble venir d'une initiation progressive à un
savoir secret et confidentiel, bref par une gnose et un ésotérisme
réservés à une élite. Ils n'y voyaient nullement
une incompatibilité avec la Foi chrétienne, ou avec les sciences;
et
lentement, bien sûr, ils s'éloignaient sans heurt, de leur Eglise
d'origine et de la pratique dominicale pour se retrouver en petits groupes dans
leurs réunions et leurs temples en quête d'une connaissance supérieure
Un matin j'emmène à la Clinique une maman épuisée,
en difficulté d'accoucher et nécessitant une intervention chirurgicale
d'urgence: le médecin-directeur occupé à sa méditation
quotidienne qui le met en communication directe avec le Grand-Maître de
la Rose-Croix de France, au Château d'Omonville; il ne peut être
interrompu et se présente après une heure, pour trouver mort la
maman et le bébé dans le ventre.
J'ai eu aussi l'occasion de préparer et de bénir le mariage de
deux jeunes, elle catholique fervente et lui Baha'i convaincu. Ils se respectent
et s'aiment grandis par les convictions de l'autre. Grâces à Dieu
le mariage tient toujours; réfugiés à Lubumbashi je les
rencontre parfois ici.
Ces expériences sont le point de départ de mon intérêt et mes recherches sur les SECTES, les EGLISES SEPAREES, les NOUVEAUX MOUVEMENTS RELIGIEUX non chrétiens, qui se répandent dans le monde entier, aussi en Afrique, dans les pays démocratiques comme dans les pays vivant sous des régimes dictatoriaux (qui ne manquent pas de les utiliser pour affaiblir les Eglises dominantes (catholique, orthodoxes, protestantes, anglicanes...). A vrai dire, le monde des Sectes est un monde à part, insolite, plein de surprises et de contradictions, en constant mouvement, fort éloigné de l'Eglise officielle, mais non pas de ses fidèles.
Dans l'Eglise Catholique, de tout temps, surtout grâce au surgissement
de personnes prophétiques habitées par l'Esprit, à de nouveaux
mouvements, au renouveau d'anciens mouvements, l'Eglise répond - souvent
avec retard - aux nouveaux défis de la société et du monde
qui tous deux entrent dans une accélération de mutations profondes.
Là où l'Eglise est absente pour proposer la véritable foi,
les Sectes arrivent en force: plus petites et plus chaude, celles-ci sont plus
proches des gens et facilement ressenties comme plus accordées à
leurs interrogations et à leurs aspirations du moment.
Dans le monde catholique; on peut qualifier l'entre-deux-guerres (1920-1960) comme le temps de l'ACTION CATHOLIQUE, générale et spécialisée, qui toutes prennent de 1'âge et perdent leur souffle premier. Depuis 1980 s'amorce en même temps que la chute de la pratique religieuse le phénomène et la vague des SECTES et des MOUVEMENTS CHARISMATIQUES, tant dans l'Ancien Monde (Europe et Amérique du Nord) que dans le Nouveau Monde (Amérique du Sud, Asie, Afrique, avec ses pays pauvres). Elles profitent de la rapide mondialisation et globalisation, des mentalités, des murs et de l'économie.
EGLISES AFRICAINES INDEPENDENTES
Dans l'étude des EGLISES AFRICAINES INDEPENDANTES (EAI) inscrit au programme
de 3me philosophie dans le cadre de la SOCIOLOGIE RELIGIEUSE, il est fréquent
que les étudiants ont du mal à dépasser un FONDAMENTALISME
BIBLIQUE ou un ANTICOLONIALISME aveugles, tous deux sans nuances et difficilement
mis en cause.
La Bible, Parole de Dieu, ne peut contenir d'erreur, il faut accepter sans réticence
ce qui est écrit; la connaissance et l'interprétation de la Bible
est littéraliste, hors de son contexte et sans lien avec le genre littéraire.
Bien des fais, on donne son propre contenu aux paroles que l'on lit ou entend,
et qui devient l'objet de sa prédication, en affirmant que c'est sous
l'action de l'Esprit.
L'esclavagisme de l'Est (arabe) et de l'Ouest (européen) de l'Afrique
ne semble pas avoir été plus désastreux que tous les méfaits
de 1a colonisation. Cette dernière, encore récente et de mémoire
d'homme, est cause de tous les maux actuels que connaît l'Afrique Centrale.
On oublie que le dernier esclavagiste Rumaliza a été bouté
hors du Congo en 1894. S'il n'y eût Livingstone et Stanley, on oublierait
vite les chasses à l'homme, les massacres, les caravanes meurtrières
vers les côtes des Océans Indien et Atlantique, le dépeuplement
de régions entières aggravé par les épidémies
fréquentes (choléra, peste, etc.) et les fréquentes guerres
tribales. Aux siècles passés la "terra incognita", le
"dark continent", devient la convoitise des pays européens
à la recherche de colonies.
Les migrations séculaires des Bantous semblent également confirmer
qu'eux seuls (après les Pygmées et les Bushman), du Sahara jusqu'au
Cap, étaient les premiers occupants alors que leur migration vers le
Sud provoque la guerre avec les Boers remontant vers le Nord (1780).
Ces rappels sont là pour nous rappeler de n'être point simplistes
et encore moins racistes dans nos analyses et jugements en faisant fi de perspectives
historiques.
Le 20ème Siècle :
Dans l'histoire de l'Afrique, avec les périodes de découverte
et de pénétration, de colonisation et de christianisation jusqu'aux
INDEPENDANCES (vers 1960) on trouve déjà le fondement de la naissance
et du succès des SECTES au tournant du millénaire. Entre la Colonie
et la Mission il y avait des points de rencontre et de collaboration: la première
se donnait une mission civilisatrice, la seconde une mission évangélisatrice,
époque de l'action de deux acteurs principaux: l'Etat sous tutelle coloniale,
l'Eglise sous tutelle missionnaire.
Les raisons profondes des Sectes et de leur prolifération
Quand on recherche les causes du mouvement actuel des SECTES - car il est vieux
comme le monde - et des EAI, en particulier en AFRIQUE, avec la précision
que cela ne se vérifie pas nécessairement pour chacune d'elle,
on peut relever divers facteurs du passé qui ont pu agir de manière
significative et/ou parfois de façon cumulative. Passons en revue plusieurs
facteurs:
1- Le colonialisme: a été sans conteste, au milieu de
la multiplicité des ethnies, un facteur d'unité, d'ordre et de
rigidité, ressenti comme imposé du dehors et accompagné
d'une mentalité de supériorité chez les colonisateurs,
de frustration chez les colonisés, bref il y eut un manque de communication
et d'échange entre les deux catégories.
Et si ce double sentiment est ressenti dans une Eglise missionnaire, il crée
chez les fidèles une frustration qui donne naissance à un mouvement
prophétique et messianique pour créer une Eglise plus africaine,
donnant entièrement droit à l'héritage social et religieux.
Ex. Eglise ALADURA (prière) chez les Yoruba, de Nigeria. SION CHURCH
au Swaziland et KIMBANGUISME au Bas-Congo.
2- Le Protestantisme: facteur important dans l'émergence des Sectes et Eglises Indépendantes. La Bible sous le signe de la division.
Au 19me siècle, particulièrement en Afrique centrale, orientale, occidentale, australe, les différentes Eglises protestantes s'engagent souvent sous des apparences nationales (sociétés missionnaires anglaise, écossaise, suédoise, américaine...) dans l'évangélisation, sans cohérence et communion entre elles, s'avançant avec abnégation dans des régions inconnues et lointaines, créant des communautés et des uvres propres, utilisant des interprètes et hommes de confiance pour communiquer avec la population.
Les Africains demeurent dans des fonctions subalternes d'adjoints comme les catéchistes; les pasteurs européens, avec leurs familles, mènent une vie séparée du peuple, durant le temps limité d'un ou plusieurs termes, sans engagement à vie.
Avec la croissance des fidèles et une meilleure formation des catéchistes,
apparaissent des communautés locales plus ou moins indépendantes:
la prédication et la pratique ecclésiologique des Eglises-mères
n'y voient pas d'obstacle et considèrent la fondation d'Eglises autonomes,
autosuffisantes et maîtresses de leur propre avenir, comme l'aboutissement
normal de leur action, signe de l'action de l'Esprit.
Une fois devenu opératoire, un autre principe du Protestantisme, Eglise
de la PAROLE, est l'accent primordial sur la BIBLE, unique Parole de Dieu. Les
Protestants cherchent à offrir comme vérité absolue et
intouchable la Bible au plus grand nombre, en favorisant les traductions. Le
protestantisme a individualisé la lecture et surtout l'interprétation
par les fidèles qui, eux, sont tous éclairés par l'Esprit.
En général, dans les Eglises Protestantes - à l'exception
des Eglises plus centralisés et dogmatiques, comme le Luthéranisme
et l'Anglicanisme, règne la conviction que c'est 1'individu, sous l'action
et la révélation intérieurs de l'Esprit, qui découvre
la vérité, l'interprète grâce à ses lumières,
se l'applique et la proclame en toute liberté.
L'intelligence que l'individu obtient de la Bible, doublée de la conviction qu'elle lui vient de l'Esprit, n'a pas besoin de confirmation de la communauté ou de la vérification ultérieure ni d'un contrôle extérieur: elle constitue sa propre preuve.
Cet héritage du Protestantisme libéral est le principe le plus
essentiel. Le Protestantisme, à vrai dire, ne se définit pas tellement
par le contenu dogmatique de ses croyances que par le principe du "libre
examen" de l'Ecriture qui fonde ces croyances et du refus d'un autre instance
d'arbitrage.
Dans un milieu pré-scientifique, l'AT a la faveur; le rapprochement avec
les situations vécues présentement conduit à la longue
à une multiplicité d'Eglises considérées comme plus
adaptées à la mentalité et l'héritage culturel,
voire à une plus grande indépendance religieuse.
3. Le Catholicisme, a toujours insisté sur 1'unité doctrinale; sacramentelle, ecclésiale et l'a réalisée grâce à un corps de doctrine universelle (Credo, catéchisme), une vie sacramentelle et un culte uniforme, une hiérarchie et une direction cléricale. Heureusement, le Concile Vatican Il (1962-65) a apporté une réelle ouverture vers le monde et les sciences, et un souffle nouveau. Il y a peu de cas - à l'exception de l'Eglise de Mariae Legio, au Kenya occidental - de sécession au sein de l'Eglise Catholique.
Une autre raison sûrement, qui a évité des scissions en son sein, c'est que l'Eglise Catholique s'est rapidement africanisé dans ses chefs de communautés et catéchistes, généralement bien formés, dans son clergé et les congrégations religieuses, tant masculines que féminines, et bientôt dans la hiérarchie (autour des indépendances, vers 1960).
4. Persistance des croyances traditionnelles africaines :
La cause la plus manifeste des scissions au sein des Eglises chrétiennes
est l'héritage social et religieux des peuples évangélisés:
croyances et convictions, pratiques et rites, traditions ancestrales, que fondateurs
et adeptes des Eglises séparées transposent dans les termes et
les affirmations de la foi chrétienne; ceux-ci véhiculent un contenu
parallèle.
Frappant est que, dans la plupart des Sectes et des Eglises séparatistes, l'accent est mis au renoncement radical au paganisme pur, avec ses idoles, amulettes, porte-bonheur, protections contre la sorcellerie et la colère des ancêtres, l'envoûtement, etc., bref tout ce qui représente un pouvoir obscur contre lequel on cherche à se protéger par tous les moyens, réponse au souci majeur du peuple.
En outre, les Sectes, dès leur origine, prennent une couleur clanique
et tribale, dans ses fondateurs et ses membres et offre ainsi le milieu le plus
attirant et apte à se sentir chez soi, où règne une atmosphère
chaude et fraternelle, de rapprochement et d'entraide.
Dans les conditions sociales et politiques déplorables de la plupart
des Etats africains (guerres civiles, soulèvements, exodes massifs, déplacements
forcés, etc.), bien des mouvements prophétiques et messianiques,
particulièrement après 1980, naissent, se multiplient et se développent,
parce qu'ils promettent un renversement de situation immédiat et le retour
du bonheur sur terre pour le plus grand nombre... tout ce qui va dans le sens
des aspirations des gens, sans appel à l'effort de tous, la réconciliation,
le travail de reconstruction, la justice... Personne n'ose critiquer le pouvoir
en place, ni exiger ses droits (impaiements, incarcérations) même
fondamentaux. Il n'y a ni opinion publique, ni bien public !
Dans la mentalité villageoise, gare à celui qui émerge ou a des ambitions en face du chef n'empêche que la soif du pouvoir est présente chez bon nombre.
Quelques constantes psychologiques et religieuses à la base des Sectes
Des slogans uniquement politiques ne mettent pas plus les masses urbaines que
rurales en branle; seule une religion ou une haine tribale séculaire
est à même de mobiliser en grand nombre. Voir à KINSHASA:
10.000 lieux de rassemblements chaque dimanche - à la tête une
dizaine parmi les entreprises les plus florissantes, avec jet pour les déplacements
du gourou. De plus règne une profonde déception envers les anciens
politiciens et dirigeants qui ont pillé le pays, de connivence avec l'étranger,
et tout détruit, une méfiance totale en l'homme, une impuissance
paralysante.
Il y a plus: il existe deux bases fondamentales à cette attitude commune
généralisée:
1- La primauté de l'élément sentimental et instinctif
sur l'élément intellectuel et doctrinal qui est
réduit au minimum, à un contenu vague et changeant: est écouté
et suivi celui qui promet - au milieu des graves souffrances, injustices, inégalité,
un bonheur proche, un affranchissement du péché, un règne
de paix et d'entente.
Sur cet aspect affectif se greffe une soif de merveilleux et de miraculeux,
une illusion de l'immédiat, nourrie par une crédulité sans
bornes.
2- Le second élément est une vague inspiration chrétienne: Dieu unique et tout-puissant, un seul Messie, Jésus sauveur de tous les hommes, le décalogue, la sainteté chrétienne...
Mais l'idolâtrie des versets bibliques, pris hors de leur contexte historique
et littéraire, en particulier dans l'AT et l'Apocalypse, atteste, par
la ressemblance des situations évoquées avec les leurs, la réalisation
proche de leurs aspirations. Et, plus large, le bien-fondé d'une Eglise
africaine autonome et adaptée à leur mentalité.
A l'arrière-plan est toujours présente la croyance à la
sorcellerie: elle vient vite â la surface lors de maladies, décès
et échecs répétés, et le respect des morts et l'entente
familiale cèdent vite le pas, parce que la mort n'est jamais tout à
fait naturelle et explicable par la science médicale
TYPOLOGIE des Sectes et Groupes :
Une classification un peu é1aborée permet de montrer un éventail
que certaines SECTES ont en commun:
1. Sectes messianiques-millénaristes : instauration, après
la bataille, d'un règne de 1,000 ans du Christ. Ex. Témoins de
Jéhovah, Adventistes du 7me Jour...
2. Sectes de renouveau : Revival - Evangelical -Pentecostal... retour
â 1a première ferveur.
3. Sectes de libération de forces occultes: culte animiste greffé
sur une croyance monothéiste. Ex. Vaudou- Kitawala
4. Sectes de guérison : thaumaturgistes.
5. Sectes de connaissance secrètes: ésotérisme.
Ex. Rose-Croix, Scientologie.
6. Mouvements néo-religieux (non chrétiens): nouvelle spiritualité
à prétention universaliste;
Ex. New Age, Moon, Foi Mondiale Bahai
7. Sectes dangereuses et subversives : à caractère criminologique.
Ex. Davidiens (Waco), Temple Solaire, Guyane, Aoum, Virunga (Ouganda)
8. Autres groupuscules : satanisme, spiritisme, magie, néo-sorciers...
Une TYPOLOGIE SIMPLE et limitée à deux grandes catégories,
permet de mieux saisir, pour nombre de SECTES, surtout en AFRIQUE, les deux
soubassements fondamentaux d'une multitude de Sectes, qui d'ailleurs ne
font qu'augmenter:
1. Le traditionalisme christianisé, avec prédominance des
traditions ancestrales et quelques emprunts chrétiens; accents sur fétichisme,
magie, divination.
2. Le christianisme africanisé, avec prédominance des apports
chrétiens et bibliques (prenant rapidement des allures prophétiques)
et quelques éléments culturels d'Afrique.
La croyance en l'Etre Suprême unique et tout-puissant, est accompagné
et traversé par le culte des ancêtres, généralement
bienveillant, parfois mécontents ou offusqués et donc à
apaiser.
En outre, est bien présente la crainte de forces magiques maléfiques
et de ceux qui les mettent en uvre, les envoûteurs.
Pour comprendre, il faut savoir que chacun n'a le pouvoir d'ensorceler que
les membres de son propre clan: le frère son frère, l'oncle son
neveu, la mère ses enfants (très fréquent !). Ou encore
un non-membre qui a pu acheter ce pouvoir.
Seul le devin peut détecter, par ses rites magiques, la vraie cause du
malheur, bref qui est l'envoûteur (caché).
De là, soupçons sans fin, haines, accusations, punitions parfois
publiques, etc., dans nombre de familles, avec des conséquences graves.
La Secte paraît souvent être la voie et l'expression d'une purification
définitive. Car dans toutes les Sectes d'origine bantoue, s'inscrit formellement
le renoncement catégorique à la violence (même secrète),
à la polygamie, aux fétiches et amulettes, à la sorcellerie,
Faut-il dire que la sorcellerie tient une très grande place dans les
esprits et dans la société traditionnelle, pour ne pas dire actuelle.
Croyance invétérée, qui a un impact réel et ne peut
être mis en doute: "c'est vrai ! ça existe !"
La seule réponse est celle-ci: "la peur a frappé à
la porte - La Foi a ouvert - il n'y avait personne !" (Martin Luther King:
La force d'aimer.)
SECTES et OECUMENISME : Attitudes à préconiser
1. Quelques constants objectifs : impossibilité d'un dialogue
en profondeur, sans être sur la même longueur d'onde ! Raisons:
- une doctrine peu définie et d'une variété infinie: souvent
le message chrétien est dénaturé et rabaissé au
simple service de l'homme, au caractère magique contre tous les maux.
- un émiettement à l'encontre d'une unique communauté ecclésiale.
Avec emprise totale du gourou ou prophète sur des personnes déjà
fragilisées, jamais responsabilisées.
- refus de contact de la part des Sectes et Eglises séparatistes, fermées
sur eux-mêmes et souvent tribalisées. Elles ont tendance à
exorciser et à combattre les Eglises établies.
- méfaits évidents au sein des familles et dans la Société
civile: créant fatalisme et provoquant une complète déresponsabilisation
au lieu de favoriser une réelle prise en charge.
Conclusion :
- la religion devenue pour beaucoup une valeur - refuge !
- tant pour les personnes désemparées, sans autre issue;
- que pour les cadres et profs d'université, mal payés ou impayés:
la prédication devient une voie de faire de l'argent, facilement et rapidement
!
2. Une action neutralisatrice des excès et dérives des SECTES:
le 'fléau sectaire', responsabilité conjointe de l'Etat.
- la complaisance pour l'irrationnel, le miraculeux, l'effet immédiat:
une insulte à la raison et à la science, au travail manuel et
intellectuel, nécessaires pour ta reconstruction du Pays.
- la cupidité des gourous, hantés de faire fortune sur le dos
d'adeptes crédules, mais souvent déboussolés.
- le bourrage de crâne, grâce à des techniques de manipulation
mentale (danses; chants, cris frénétiques) et d'hystérie
collective.
- La Secte est nullement une forme réussie d'inculturation; au contraire,
de toute évidence, elle est une forme tronquée de l'Evangile:
3. Une action positive de l'Eglise et de ses pasteurs :
- privilégier une formation doctrinale sérieuse et cohérente,
en ses points majeurs, par la parole et écrit, ciblant surtout les leaders
de communautés chrétiennes et des divers groupes ou mouvements.
- pratiquer un nécessaire discernement pour éviter confusion et
ambiguïtés, dans le langage et les pratiques; dans des groupes spontanés
ou certains groupes charismatiques qui cherchent à s'aligner sur des
groupes pentecôtistes.
- éviter de s'ériger en prêtres-exorcistes, en intercesseurs
attitrés ou en démi-devins, au pouvoir de détecter et éliminer
jaloux et sorciers.
- entre pasteurs-prêtres et laïcs, agir pastoralement dans une véritable
concertation (paroisse, doyenné; secteur, diocèse.
- n'empêche qu'un contact humain et respectueux peut parfois aider des
membres à sortir de leur isolement. Et parfois aussi nous aider personnellement
de nous défaire d'un certain esprit et d'attitudes sectaires.
CONCLUSION FINALE :
- Tout n'a pas été dit, loin de là !
- Ni avec toutes les nuances voulues...
- Bref, les SECTES sont un défi très actuel, particulièrement
pour l'Eglise d'Afrique. Et toute action missionnaire doit en tenir compte!
- "Non pas changer de monde, mais changer le monde !
- A l'Eglise d'apporter "la charité de la vérité"
en Jésus-Christ.