SPIRITUALITE
AVEC JÉSUS
SUR LE CHEMIN DE LA MISSIONNotes sur la spiritualité missionnaire MAfr.
Première partie : 1/4Sommaire des notes de Jesús Salas
sur la spiritualité MAfr
Jésus en route vers lAfrique, porté par Marie, conduit par Joseph.
Tableau exposé dans une église de Rome, Noël 2003.
Dans cette page web
I . Spiritualité missionnaire
- Spiritualités diverses ?
- Quand et commentII . Loeuvre missionnaire
- Elle surgit du coeur de Dieu
- Empruntant divers chemins
- Avec le Christ comme sommet
- Sexprimant de façon diverse
- Aux frontièresIII . Éléments de spiritualité
- À lunisson du coeur de Dieu
- Amis et coopérateurs de Jésus
- Dans la mouvance de lEsprit
- Union et tension avec lÉglise
- Immergés dans le milieu
- Évoluant dans lhistoire
- Selon un charisme propreLe premier objectif du thème sur la Mission proposé à la Société par le Chapitre de 2004 est de promouvoir un renouveau spirituel qui nous aide à dynamiser notre vie missionnaire. Le texte capitulaire indique déjà des éléments de cette vie spirituelle : la croissance dans l'amour du Christ, la fidélité à l'inspiration de Lavigerie, l'accueil du souffle de vie et d'espérance qui, venant de l'Esprit, traverse aujourd'hui le monde africain, la communion avec les Églises locales et l'union de cur avec le monde africain d'aujourd'hui en pleine mutation.
Ce n'était pas au Chapitre de faire une étude sur la spiritualité missionnaire mais il a demandé d'offrir aux confrères les moyens aptes à éveiller et à renforcer leur tonus spirituel par des documents, des témoignages, des sessions, etc. La présente réflexion se situe dans cette ligne. Elle voudrait d'une part tracer un cadre général dans lequel apparaisse la place d'une spiritualité missionnaire et d'autre part, mettre en relief quelques-unes de ses caractéristiques les plus importantes. Il est indispensable davoir une vision d'ensemble sur la question si nous voulons savoir de quoi il s'agit et si nous voulons parler du sujet en dépassant les lieux communs.
Notre réflexion s'articulera donc comme suit : d'abord, comment et pourquoi pouvons-nous parler de spiritualité missionnaire ? Puis, nous dirons quelques mots sur la nature même de la mission afin de pouvoir ensuite signaler et décrire quelques-unes de ses caractéristiques.
I. Spiritualité missionnaire
1. Peut-on vraiment parler de spiritualités différentes ?
Nous voulons réfléchir sur la spiritualité missionnaire, mais peut-on vraiment parler de plusieurs spiritualités ? La vie chrétienne dans son ensemble est une vie spirituelle puisqu'elle est vécue dans l'Esprit ou selon l'Esprit et plus précisément dans l'esprit et selon l'esprit de Jésus de Nazareth. Sous cet aspect, il n'y a donc pas de différence entre les chrétiens ; tous sont appelés à vivre avec intériorité (donc, spirituellement) et tous sont appelés à suivre et à imiter Jésus (donc, à vivre une spiritualité chrétienne). Si l'on veut parler de spiritualités différentes, il faut chercher ailleurs leur source. Où ?
La différence entre les spiritualités vient de la manière différente de vivre l'unique spiritualité chrétienne. Et la source de cette diversité se trouve dans l'action de l'Esprit Saint qui distribue ses dons aux fidèles de façon différenciée pour manifester la richesse inépuisable de Dieu et pour réaliser à travers eux son dessein dans la création et dans l'histoire du salut.
Les dons de l'Esprit, largement distribués aux fidèles selon leurs caractères et les circonstances de leur vie, tendent de façon spontanée à prendre forme concrète suivant la personnalité des bénéficiaires et les situations historiques. Ainsi, à partir d'une source unique - l'Esprit de Dieu - naissent de nombreuses manières de voir et de sentir l'appel de Dieu en Jésus-Christ; ainsi les fidèles s'engagent dans la vie selon des modes particuliers d'insertion et d'expression. Il n'y a qu'un seul Seigneur et un seul Esprit mais, par leurs dons différents, ils sont à l'origine d'une manifestation plurielle de la richesse sans limite de Dieu, le Père de tous (cf. 1 Corinthiens 12, 4-6 ; Ephésiens 4, 4-6). Ainsi, au sein d'une unique vie spirituelle chrétienne, nous pouvons parler de spiritualités diverses.
2. Quand peut-on parler d'une spiritualité particulière ?
Nous l'avons déjà suggéré. La vie spirituelle s'incarne dans le réel ; elle n'est qu'une situation humaine vécue avec intériorité dans l'Esprit de Jésus de Nazareth. C'est pourquoi, une nouvelle spiritualité surgira, ou pourra surgir, chaque fois qu'il y aura un mode spécifique de vie chrétienne suffisamment significatif. De même, si l'on veut savoir quel est le cur d'une spiritualité particulière et quelles sont ses caractéristiques, il faudra regarder la situation vécue ou à vivre. La spiritualité, étant la fusion du vécu et de l'esprit avec lequel on le vit, est nécessairement signée en profondeur par le réel. C'est d'ailleurs la raison par laquelle nous pouvons parler de spiritualité missionnaire car il y a, pour le missionnaire, une façon particulière de vivre la vie chrétienne avec un regard spécifique sur le mystère de Dieu, une sensibilité particulière dans la prière et des thèmes préférés dans la réflexion.
Nous pouvons déjà tirer deux vérités importantes de ce que nous venons de dire : d'abord, on ne peut pas parler de spiritualité missionnaire sans connaître en quoi consiste la Mission ; ensuite , vue la diversité de l'action missionnaire, on ne pourra pas parler d'une spiritualité unique, valable pour tous. On pourra, certes, identifier quelques-unes de ses notes générales et découvrir quelques-unes de ses attitudes mais c'est aux missionnaires eux-mêmes, vivant de l'Esprit de Jésus dans un contexte particulier, de découvrir les contours de leur spiritualité propre, tant personnelle que de groupe.
II. Loeuvre missionnaire
Puisque le vécu est un élément fondamental dans toute spiritualité, il nous faut savoir en quoi consiste la tâche missionnaire, si nous voulons découvrir les accents propres de sa spiritualité. Voici quelques éléments marquants de cette question :
1º. La Mission plonge ses racines dans le cur du mystère de Dieu. Dieu est bonté absolue, amour, nous dit saint Jean (1 Jean 4, 7-12). Or, Bonum est diffusivum sui. De par son être divin, Dieu est don, communication. Il se communique à l'intérieur de lui-même (c'est le mystère trinitaire) et il se communique aussi, librement, à l'extérieur de lui - pour ainsi dire - par la création et par l'uvre rédemptrice. Aussi, nous pouvons dire que la Mission correspond au dynamisme de l'amour du Père qui, par la création, par l'incarnation de son Verbe et par l'envoi de son Esprit, associe ses créatures à sa vie et à son bonheur. Dieu est le premier missionnaire. C'est en lui que toute mission trouve sa source et son but.
2º. Ce dessein de salut, unique et universel, Dieu le réalise dans l'histoire de façon différenciée selon des étapes diverses et coordonnées, souvent mystérieuses et connues de lui seul. La création toute entière, dans son ensemble, est une merveilleuse manifestation du dessein de Dieu et de son cur (Ephésiens 1, 3-14 ; Colossiens 1, 15-20 ; Jean 1, 1-5. 9-14).
3º. Ce dessein atteint son sommet dans et par le Christ Jésus. C'est lui le révélateur : Dieu personne ne l'a connu, le Fils unique qui demeure dans le sein de Dieu, la révélé Jean 1, 18. Le Christ Jésus est le réalisateur du dessein de Dieu dans sa plénitude : Les temps son accomplis Marc 1, 15. Par sa vie, son enseignement, sa mort et sa résurrection, Jésus manifeste et accomplit dans sa personne le salut de Dieu : L'heure est venue, Père glorifie ton Fils Jean 12, 23-28. Historiquement, il l'inaugure : L'Esprit de Dieu demeure sur moi Luc 4, 18-19, et il nous invite à y collaborer (cf. l'appel des disciples Viens, suis moi Marc 1, 16-20, et la vocation de tous les fidèles : Vous êtes le sel de la terre, la lumière du monde Matthieu 5, 13-16.)
La mission confiée à l'Église de vivre, manifester et proclamer le dessein de salut de Dieu est saisie par elle comme un devoir de reconnaissance pour le don reçu de la foi : Malheur à moi si je n'annonce pas l'Évangile 1 Co-rinthiens 9,16, et comme un acte d'obéissance au commandement du Seigneur ressuscité : Allez, et de tous les peuples faites des disciples Matthieu 28, 18.
4º. L'Église réalise sa mission d'abord par une vie en conformité au don de Dieu. Cette vie nouvelle s'exprime dans la louange (culte) et dans l'engagement au service du Royaume qui se déploie en collaboration avec tous, pour pousser la création en avant selon le dessein de Dieu. LÉglise le fait en dialogue ouvert et respectueux avec tous, à la recherche d'une vérité toujours plus grande et en témoignage explicite de foi. Elle offre à tous la Bonne Nouvelle de Dieu en Jésus-Christ.
Tout chrétien est animé par ce dynamisme vital et tous sont appelés à y répondre. Mais, ce que chaque chrétien est, quelques-uns le sont d'une façon spéciale. C'est ainsi qu'au sein de la communauté, certains fidèles sont invités par l'Esprit à consacrer leur vie au service du dynamisme d'expansion de la Bonne Nouvelle. C'est la grâce propre et la tâche particulière de la vocation missionnaire : Nous irions, nous aux païens, eux à la Circoncision Galates 2, 9 ; Mettez-moi de côté Saul et Barnabé pour la mission que je leur confie Actes 13, 2.
5º. Aux frontières. L'appel à la Mission et la tâche qui est assignée au missionnaire se situent à l'intérieur de l'Église, en union vitale avec la communauté dont elles expriment le dynamisme, mais elles visent ses frontières. La Mission est au service du dynamisme de croissance de lÉglise. Les formes que prendra la Mission seront multiples et dépendront des circonstances concrètes des milieux dans lesquels elle s'exercera. Mais, ce sera toujours aux frontières de l'Église, vers l'extérieur -ad extra- (ad gentes, comme on dit habituellement). Ses activités concrètes pourront être :
- L'approche respectueuse des autres en vue d'une connaissance et d'un enrichissement mutuel car on est conscient de la présence universelle de l'action salvatrice de Dieu.
- La collaboration avec tous en vue de la construction d'un monde meilleur car on sait que toute croissance dans le domaine de la vie, du bien, de la vérité, de la justice et de la paix sont croissance dans la même direction : la réalisation du dessein de salut de Dieu.
- Le témoignage d'une vie nouvelle héritée du Seigneur Jésus car on n'oublie pas sa consigne nous appelant à être lumière du monde et sel de la terre.
- Le dialogue religieux pour partager - accueillir et offrir - dans le respect et la confiance les richesses que Dieu distribue sans cesse partout.
- La proclamation de lÉvangile et le service de la communauté : la mission trouvera finalement sa plénitude dans la proclamation explicite du message du salut et dans la participation à la construction et à la consolidation de nouvelles communautés jusqu'à ce que celles-ci arrivent à leur pleine maturité et puissent faire face à leurs besoins de vie et de témoignage.
Jusqu'ici, nous avons indiqué les éléments les plus significatifs à propos de l'origine, du contenu et de l'agir missionnaire. C'est à partir de ces éléments que nous pourrons dégager maintenant quelques-unes des caractéristiques de sa spiritualité. Redisons-le : l'essentiel des notes que nous indiquons dans cette réflexion est commun à toute vie chrétienne ; il est vécu cependant avec des tonalités spécifiques par le missionnaire à cause de son appel particulier.
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Deuxième partie : 2/4 ( voir 1ère partie)Rappel de ce qui a déjà été dit ci-dessus: Le premier objectif du thème sur la Mission proposé à la Société par le Chapitre de 2004 est de promouvoir un renouveau spirituel qui nous aide à dynamiser notre vie missionnaire. Le texte capitulaire indique déjà des éléments de cette vie spirituelle : la croissance dans lamour du Christ, la fidélité à linspiration de Lavigerie, laccueil du souffle de vie et despérance qui, venant de lEsprit, traverse aujourdhui le monde africain, la communion avec les Églises locales et lunion de cur avec le monde africain daujourdhui en pleine mutation.
Dans le précédent PÉ, nous avons indiqué les éléments les plus significatifs à propos de lorigine, du contenu et de lagir missionnaire. À partir de ces éléments, nous pouvons maintenant dégager quelques-unes des caractéristiques de la spiritualité missionnaire. Tout en nous rappelant que lessentiel des notes présentées ici est commun à toute vie chrétienne, il est vécu cependant avec des tonalités spécifiques par le missionnaire à cause de son appel particulier à la mission.
III. Éléments
dune spiritualité missionnaireChaque spiritualité se caractérise par le regard spécifique quelle porte sur le mystère chrétien, par sa sensibilité face aux valeurs du Royaume et par son comportement et ses engagements concrets dans la vie. Quels sont ceux du missionnaire ?
Battant à lunisson du cur de Dieu
Dans la spiritualité missionnaire, Dieu est surtout saisi comme source de vie et de salut. La Mission surgit du cur dun Dieu qui se donne par amour. Cest donc de la contemplation de ce Dieu source de vie, que naît le désir de participer à son action de vie et de salut. Ainsi la vocation missionnaire est signée à sa racine par lémerveillement, ladoration et lamour de Dieu comme source de vie et de bonheur gratuit pour tous.
Les premiers fruits de cette contemplation de Dieu sont : lamour, le dynamisme et la joie au service dune vie débordante. Ces sont des notes propres à la spiritualité du missionnaire.
Vu que le missionnaire aime voir Dieu comme donneur de vie et de salut, présent et actif sous dinnombrables formes partout et toujours, il est à son affût, il désire découvrir les moindres signes de sa présence, le connaître sous dautres formes. Ainsi, il aime sunir à la louange des fidèles dautres confessions religieuses et il veut aider ceux-ci à le reconnaître, sils lignorent. Le signe dun véritable esprit missionnaire est un cur ouvert aux différences culturelles et religieuses et accueillant de ces diversités.
Passionné de Dieu en tant que source de vie, le missionnaire est aussi un passionné de la vie tout court et il se consacre à son service dans toutes ses dimensions, car il y découvre la présence et laction divine.
Ami(e)s de Jésus
et ses coopérateurs(trices)
Jésus est évidemment au cur de toute spiritualité chrétienne. Cest en lui et par lui que nous connaissons le vrai visage de Dieu : celui qui habille les fleurs des champs et qui nourrit les oiseaux du ciel (cf. Mt 6, 25-29), celui qui fait luire le soleil sur les bons et sur les méchants et qui fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes (cf. Mt 5, 43-45). Jésus nous a appris à lappeler notre Père (cf. Mt 6, 9). Il nous la décrit sous les traits dun père qui embrasse son fils perdu (Lc 15, 21) et qui lie son pardon à celui que soffrent entre eux les frères (cf. Mt 6, 14-15). Grâce à Jésus nous savons que Dieu, comme Père, veut être imité par ses enfants (cf. Mt 5, 48) au milieu desquels Jésus se tient comme le frère-aîné, image parfaite du Père, envoyé pour construire son Royaume et pour nous inviter à le suivre.
Face à Jésus, le missionnaire a cependant une sensibilité propre. Il se voit et il se situe à sa suite, comme lami(e) et le coopérateur(trice). On comprend sans peine lexigence dunion qui existe entre Jésus et ses compagnons et amis(es), appelés à continuer sa tâche, ainsi que la nécessité de sa contemplation et son compagnonnage. Cest à lécole de Jésus et à sa suite que le missionnaire découvre lEsprit qui anime le Maître et les caractéristiques de son agir.
On dira que nous forçons un peu les choses car Jésus a limité sa mission à ses compatriotes et coreligionnaires. Il ne peut donc pas servir de modèle pour le missionnaire qui, lui, travaille aux frontières. Cest vrai, la mission temporelle de Jésus ne visait pas directement la tâche missionnaire dont nous parlons ici, mais ses options, sa façon dagir et ses motivations sont valables pour toute mission.
Noublions pas cependant que, à plusieurs reprises, Jésus déborda les limites de sa mission au milieu des siens (cf. Mt 15, 24). Il affirma clairement luniversalité de laction divine et son action salutaire pour tous : Dieu est esprit - dit-il en saint Jean - et ceux qui adorent, cest en esprit et en vérité quils doivent adorer Jn 4, 24. En Matthieu, il déclare : Chez personne je nai trouvé une telle foi en Israël. Eh bien ! je vous dis que beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin dans le Royaume des cieux Mt 8, 11-12. Louverture desprit de Jésus alla jusquau fait daccepter la sage et humble remarque dune femme païenne à qui il donne raison en changeant sa façon de faire : O femme, grande est ta foi ! Quil tadvienne selon ton désir (Mt 15, 28).
En Jésus, le missionnaire trouve :
- Les racines de son agir, cest-à-dire : lordre denvoi du Père et le sentiment de pitié. Allons ailleurs, dans les bourgs voisins, afin que jy prêche aussi, car cest pour cela que je suis sorti Mc 1, 38. À la vue des foules il en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui nont pas de berger Mt 9, 36.
- Ses options fondamentales, consignées dans le récit des tentations. Ces options se concrétisent dans un service désintéressé Lhomme ne vit pas seulement de pain, dans la simplicité et le bon sens : Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu et dans lintention qui commande tout : Cest le Seigneur ton Dieu que tu adoreras Mt 4, 4-10.
- Ses actions concrètes : il est envoyé pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, rendre la liberté aux opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur Lc 4, 18-19.
- Son style propre et celui quil veut pour les siens Je suis au milieu de vous comme celui qui sert et Les rois des nations leur commandent pour vous, il nen va pas ainsi ; au contraire, que le plus grand parmi vous se comporte comme le plus jeune, et celui qui gouverne comme celui qui sert Lc 22, 26.
- Et, finalement, le missionnaire trouve dans sa contemplation de Jésus ses préférences Ce ne sont pas les gens biens portants qui ont besoin du médecin, mais les malades Mc 2, 17, sans parler de nombreuses autres attitudes apostoliques visant le respect des personnes et leur rythme de progression.
Dans la mouvance de lEsprit
Le missionnaire se sent étroitement lié à lEsprit-Saint pour plusieurs motifs qui lui sont en quelque sorte propres. Dabord, parce que dans lÉcriture la Mission apparaît comme luvre de lEsprit. Cest lune des vérités majeures qui ressort de la lecture du livre des Actes des Apôtres. Cest lEsprit qui pousse les Apôtres hors du Cénacle et les envoie dans le monde (cf. Actes 2). Cest lui qui envoie Pierre chez Corneille : Comme Pierre était toujours à réfléchir sur sa vision lEsprit lui dit : Voilà des hommes qui te cherchent. Va donc, descends et pars avec eux sans hésiter, car cest moi qui les ai envoyés Ac 10, 19.
Cest le même Esprit qui dit à la communauté dAntioche en prière : Mettez-moi donc à part Barnabé et Saul en vue de luvre à laquelle je les ai appelés Ac 13, 2.
Cest lui aussi qui cautionne la vérité, révolutionnaire dans son temps, de la liberté des non-Juifs face à la culture juive : LEsprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer dautres charges Ac 15, 28.
On voit agir lEsprit tout au long du récit de Luc, spécialement dans lextraordinaire épopée paulinienne, où on le sent partout présent. Dans la joie qui remplit les envoyés et les néophytes : Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur Ils étaient remplis de joie et de lEsprit Saint Ac 13, 52. Le geôlier les fit alors monter dans sa maison, dressa la table, et il se réjouit avec tous les siens davoir cru en Dieu Ac 16, 34. Dans la force et lefficacité des paroles et des actes des envoyés : Paul dit dune voix forte : Lève-toi, tiens-toi droit sur tes pieds. Il se dressa dun bond. Il marchait Ac 14, 10. À Iconium, ils entrèrent de même dans la synagogue des Juifs et parlèrent de telle façon quune grande foule de Juifs et de Grecs embrassèrent la foi Ac 14, 1. Dans les initiatives quils prennent ou dans celles quils écartent : Ils tentèrent dentrer en Bithynie, mais lEsprit de Jésus ne le leur permit pas Ac 16, 7. Après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine, persuadés que Dieu nous appelait à lévangéliser Ac 16, 10.
Ainsi, le missionnaire apparaît comme un allié de lEsprit pour une action qui ne lui appartient pas. En outre, devant les choix nombreux et difficiles que le missionnaire est appelé à faire parce quil se trouve et agit dans des situations frontières, le discernement des esprits est lune des pièces maîtresses de son action. Lintériorité et lécoute de la voix de lEsprit sont indispensables à une véritable action missionnaire. Elles caractérisent sa spiritualité.
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Troisième partie : 3/4 ( voir 1ère partie)Rappel : Le premier objectif du thème sur la Mission proposé à la Société par le Chapitre de 2004 est de promouvoir un renouveau spirituel qui nous aide à dynamiser notre vie missionnaire. Les notes de Jesús Salas ont été publiées dans les derniers PÉ (cf. sommaire ci-contre). Nous continuons avec trois autres éléments de la spiritualité missionnaire : union et tension avec lÉglise ; dans le milieu ; dans lhistoire.
En union et tension avec lÉglise
Sans conteste, le missionnaire apparaissait jusquil y a peu de temps comme lhomme de lÉglise. Les théologiens de la Mission considéraient limplantation de lEglise comme son uvre principale. Aujourdhui ce lien privilégié entre lEglise et le missionnaire semble relâché et même poser parfois problème. Il nest pas rare de trouver parmi les missionnaires une attitude affichée déloignement par rapport à lÉglise. Quen est-il exactement ?
Les conditionnements historiques et les changements survenus dans la réflexion théologique peuvent expliquer en partie lattitude dhier et celle daujourdhui. La question cependant vient de plus loin ; elle est présente dès les débuts. Depuis toujours nous trouvons des éléments dune double attitude dattachement et de tension du missionnaire par rapport à lÉglise.
Dune part, la mission est, de toute évidence, uvre de lEsprit par le biais de lÉglise. Elle est lexpression spontanée et indispensable de son dynamisme et de sa santé spirituelle. Cest dans son sein que germe et grandit la vocation de lenvoyé. Cest aussi la communauté ecclésiale qui lenvoie et qui le soutient. Le lien vital avec entre les deux est donc fondamental.
Dautre part, la tension lest aussi. Elle naît spontanément de ce qui constitue le cur de la vocation missionnaire car lenvoyé est envoyé aux frontières. De ce fait, le missionnaire se trouve dans des situations nouvelles. Il est obligé dinventer, de créer, de prendre des initiatives qui ne paraîtront pas toujours bonnes et adéquates au regard de ceux qui vivent au centre. Ce centre (de pensée, dorganisation et de commandement) aura facilement tendance à vouloir garder en permanence les mêmes horizons et sera tenté dobliger les nouveaux venus à suivre les normes et les habitudes traditionnelles. Cest ce que nous constatons déjà à la naissance des premières communautés chrétiennes non-juives où nous trouvons les deux grands Apôtres du christianisme, Pierre et Paul, dans la mêlée ! (cf. Gal 2, 11-14).
Donc, problème de toujours mais devant lequel nous sommes aujourdhui devenus plus conscients et sensibles sous linfluence des indépendances politiques, économiques et culturelles de nombreuses communautés humaines face à lOccident. Le missionnaire, qui fait partie intégrante de la communauté ecclésiale mais qui vit à ses frontières, est plus conscient que ses frères du centre des freins que lorganisation ecclésiale prétend imposer à tous, confondant lessentiel de la foi avec ses circonstances historiques. Il en souffre davantage et il lutte pour défendre la liberté des nouvelles communautés. De là naît pour lui lexigence particulière de soigner la communion profonde dans lessentiel afin de pourvoir jouir dune plus grande liberté dans le reste.
Allez, enseignez toutes les nations dAfrique. Soyez mes apôtres, rien que mes apôtres ! Le Seigneur appelle et le Cardinal Lavigerie répond en lui offrant la maison mère (la Société). Des confrères sont déjà en route vers lintérieur de lAfrique. Un autre tient les Statuts de lordre (les Constitutions). Au fond, se profilent Alger et la basilique Notre-Dame dAfrique. Dans le Petit Écho no 125, février 1924, on lit : À la grande chapelle de la maison mère, début de la restauration de la fresque qui orne le fond de labside, (oeuvre commandée par le Cardinal à Émile Lazerges, 1817-1887). Ce travail de restauration est confié à un artitste peintre dAlger (Émile Deckers, 1885-1968). À la maison généralice de Rome, dans lancienne salle de lecture spirituelle, nous en conservons cette reproduction peinte par Deckers, en 1924, lannée de la restauration.
Immergé dans un milieu qui lui est étranger
Le missionnaire vit dans une tension douloureuse inévitable mais porteuse de fruits. Pour que ceux-ci puissent naître sains et croître en abondance, une double fidélité est nécessaire au missionnaire : fidélité à la foi et à la communion avec lEglise et fidélité au peuple (ou milieu) au sein duquel il sinsère.
LÉvangile est pour la vie. Il ne touche pas les personnes et les peuples de lextérieur, comme un élément étranger destiné à rester isolé et inchangé dans une pure identité formelle. LÉvangile est une parole de vie, un regard perçant sur la réalité, un dynamisme créateur et transformant qui fait vivre de façon nouvelle. Il ny a dÉvangile que vécu. Évangile et vie sinfluencent et se conditionnent mutuellement ; ils constituent une synthèse vivante dans la vie du chrétien. Cest à travers de lui que lÉvangile passe dans la culture et le milieu de vie. Cest par osmose, par contagion, que la vie chrétienne se communique.
Cest la loi de tout apostolat. Cest aussi lune des exigences les plus soulignées dans la tradition missionnaire à cause de lélément de dépaysement - le ad extra, aux frontières - que la mission comporte. Il ne suffit pas au missionnaire daimer son nouveau milieu, peuple ou culture, il doit le connaître de lintérieur, il doit en devenir solidaire au point den épouser les contours et arriver à être, dans la mesure du possible, un membre à part entière de sa nouvelle communauté humaine. Cest lidéal à poursuivre sans cesse, difficilement atteint, mais constitutif de sa spiritualité : Je me suis fait Juif avec les Juifs Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi Je me suis fait faible avec les faibles Je me suis fait tout à tous afin den sauver à tout prix quelques-uns (1Cor 9, 20-22).
Appelé à simmerger dans son nouveau milieu, le missionnaire se découvre être de nulle part. Déraciné de sa communauté dorigine et transplanté dans une nouvelle communauté humaine, il constate nappartenir pleinement ni à lune ni à lautre. Il choisit de vivre là où il na pas ses origines et il se trouve si loin de ces dernières quil finit par leur devenir étranger. Dans son nouveau milieu cependant, climat, langue, culture, sensibilité tout est nouveau pour lui et tout constitue un défi difficile à relever. Il trouve là lune de ses plus grandes souffrances et lune des notes caractéristiques de sa vie spirituelle.
Sa souffrance est aujourdhui dautant plus ressentie quil est devenu conscient davoir partagé pour un temps le jugement de lOccident sur la prétendue supériorité de sa propre culture. Cest un fait dhistoire que la communauté qui lenvoie comme celle qui le reçoit lui font parfois sentir durement. Il se sent un peu comme Abraham, un apatride, un nomade dans un monde qui nest pas le sien. Cest pourquoi, ou il possède ses racines et ses références à lintérieur de lui-même ou... il nen a pas du tout ! Au fond, sa vraie définition est en référence à Celui qui lappelle à cheminer avec lui.
Évoluant avec lhistoire
La pensée humaine change et se transforme au long de lhistoire. La pensée missionnaire nest pas non plus statique. Si les principes de base restent stables, et nous pouvons en signaler quelques-uns, dautres évoluent. Rien de plus normal que la spiritualité suive cette même évolution et prenne la coloration particulière de chaque époque. Salut des âmes, Implantation de lEglise, Développement intégral, Engagement pour la Justice et la Paix, Rencontre et Dialogue, Unité et Réconciliation , ce sont les principales colorations que lengagement missionnaire a revêtu pendant ces derniers siècles. Chacune delle a eu son influence sur la vie spirituelle du missionnaire et la marqué dans la manière dexprimer sa générosité et son dynamisme.
Au salut des âmes correspondait langoisse de lapôtre qui voyait tomber dans lenfer des millions dâmes. Le zèle inépuisable le poussait dans une course effrénée au baptême, sans même trop se soucier dune préparation adéquate. La gloire de Dieu et la compassion étaient les motivations de cette spiritualité missionnaire dont François Xavier est le meilleur modèle.
Lamour de lÉglise et une bonne formation dans les techniques de lapostolat sont les notes de lépoque suivante, lépoque de limplantation de lEglise. Le zèle apostolique surgissait de ladmiration de lÉglise et du désir de communion profonde avec elle, en tant que milieu de grâce et de salut pour tous. Les qualités requises étaient limagination et la créativité dans le domaine des techniques dapostolat, accentuant ladaptation de la doctrine et des méthodes daction afin de les rendre plus compréhensibles et plus efficaces. Imagination et créativité faisaient lobjet du désir spirituel des apôtres.
Consciente de limportance dun substrat humain valable pour faire éclore et épanouir une vie chrétienne riche et équilibrée, laction missionnaire - surtout du fait quelle sexerçait en grande partie dans des régions économiquement et techniquement pauvres - orienta sa générosité vers laccentuation de ce qui avait été toujours lune de ses préoccupations majeures : la croissance et le développement dans les différents secteurs de la vie humaine : santé, instruction, infrastructures sociales, politiques et économiques... La promotion des valeurs humaines et lengagement dans une action efficace devenaient lexpression privilégiée dune spiritualité missionnaire vivante et éclairée.
Ce même désir de transformation des conditions matérielles portèrent la Mission à analyser les mécanismes qui engendrent ou maintiennent les situations de pauvreté et sous-développement. Il fallait découvrir les racines des situations inhumaines et sy attaquer. La générosité missionnaire sexprima alors dans leffort pour une étude critique des situations, dans une dénonciation prophétique des injustices et des structures qui les gêneraient et dans une option décidée pour le binôme justice et paix. Justice - car cest seulement à partir delle quon peut collaborer à la construction du projet de Dieu sur le monde - et paix, car dans la lutte en faveur de la justice on peut trouver des engagements violents non compatibles avec lesprit de lÉvangile.
Allant dans la même ligne de justice et paix, et en symbiose avec la conjoncture mondiale (les guerres à caractère racial et religieux ainsi que le mélange interculturel des sociétés modernes), laspect dunité du projet divin pour lhumanité apparut plus clairement. La Mission devient ainsi service de lunité, tant dans son aspect social et politique : unité et réconciliation, que dans son aspect culturel et religieux : oecuménisme, rencontre et dialogue. La proximité, la connaissance, le respect, la solidarité, la communication, le dialogue et la communion entre les différentes cultures et religions deviennent dès lors des notes spéciales de la spiritualité missionnaire.
Le processus historique de découverte, ré-découverte ou accentuation de ces notes spirituelles est important à connaître pour en saisir le sens et la portée. Une fois cependant la découverte faite, la note spirituelle mise en lumière est à garder, même si les étapes suivantes du processus ont pu révéler des erreurs ou des limites dans la réflexion qui la fit naître. Ainsi par exemple, le zèle missionnaire qui naissait de la compassion continue à être valide même si la motivation de sauver les âmes correspondait à une vision myope de la volonté de salut de Dieu et à un regard partiel sur la personne humaine. Langoisse de lapôtre pour le salut des âmes se transforme en passion pour la venue du Royaume de Dieu. De même, lengagement en faveur des conditions de vie authentiquement humaines continue dêtre valable, même si la réflexion qui la soutenu au départ était construite sur, ou accompagnée par, la conviction de la suprématie culturelle de lOccident, etc.
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4ème partie 4/4 ( voir 1ère partie)
Promouvoir un renouveau spirituel qui nous aide à dynamiser notre vie missionnaire est le premier objectif du thème sur la Mission proposé à la Société par le Chapitre de 2004. Le texte capitulaire indique déjà des éléments de cette vie spirituelle : la croissance dans lamour du Christ, la fidélité à linspiration de Lavigerie, laccueil du souffle de vie et despérance qui, venant de lEsprit, traverse aujourdhui le monde africain, la communion avec les Eglises locales et lunion de cur avec le monde africain daujourdhui en pleine mutation. Dans les trois précédents numéros du Petit Écho, notre réflexion sest donc articulée comme suit : dabord, comment et pourquoi pouvons-nous parler de spiritualité missionnaire ; puis nous avons dit quelques mots sur la nature même de la mission afin de pouvoir ensuite signaler et décrire quelques-unes de ses caractéristiques. Pour terminer, nous signalons ici une dernière caractéristique de la spiritualité missionnaire.
Selon un charisme particulier
Dautres éléments qualifient aussi la spiritualité du missionnaire. À première vue, ils pourraient sembler prioritaires du fait quils sont souvent premiers dans la découverte de la vocation personnelle. En vérité ils sont secondaires car, en fait, ils ne sont que la concrétisation des éléments dont nous avons parlé jusquici. Il sagit du charisme du groupe qui a son origine dans lexpérience spirituelle des membres qui le constituent, surtout du (ou des) fondateur(s). Le caractère du fondateur ainsi que les circonstances de temps et de lieu influencent la façon de comprendre et de vivre les éléments communs à la vocation missionnaire générale et donnent naissance à un charisme particulier, plus ou moins important, selon les grâces reçues. Ces nouveaux accents marquent la vie spirituelle du groupe sans créer nécessairement pour autant une nouvelle spiritualité.
Pour les Missionnaires dAfrique, à partir des écrits du Fondateur, le Cardinal Lavigerie, recueillis dans ses Instructions aux Missionnaires, lessentiel du charisme pourrait sexprimer ainsi : Un groupe dapôtres consacrés totalement vie et travail à Dieu pour la Mission en faveur de lAfrique, vivant en communautés fraternelles et internationales selon un style propre fait de disponibilité totale, de simplicité de vie et de proximité aux gens.
Ces éléments, nous les avons analysés en détail ailleurs. Pour chaque aspect nous reprenons ici un seul texte dans les écrits du fondateur. Notons comment dans lidéal quil propose aux missionnaires, Lavigerie intègre de façon spontanée, les éléments fondamentaux dont nous avons parlé dans cette étude.
Apôtres
Mes chers enfants, vous nêtes pas des explorateurs ; vous nêtes pas des voyageurs ordinaires Vous êtes des apôtres, vous nêtes que cela ; ou, tout au moins, le reste ne doit venir que par surcroît (p. 121).
En faveur de lAfrique
Je veux, mes très chers fils, vous faire trois recommandations qui me paraissent toutes trois nécessaires pour le succès et la conservation de vos uvres : la première cest que vous ne perdiez jamais de vue le caractère et lesprit propre de votre Société. Elle a, en effet, un but spécial dont elle ne saurait sécarter sans perdre absolument sa raison dêtre. Elle est destinée aux infidèles de lAfrique. Elle ne peut et ne doit rien entreprendre qui nait cette fin pour objet ( ). Laissez les autres congrégations suivre leur voie, elles y font mieux que vous ne feriez vous-mêmes, nenvahissez pas leur domaine et gardez fidèlement la petite portion du champ que le Père de famille vous a chargés de cultiver (p. 52).
En communautés fraternelles
Ma dernière recommandation, mes chers fils, la plus importante des trois, celle sans laquelle toutes les autres seraient inutiles, cest la recommandation du vieil apôtre dEphèse : Filioli diligete invicem. Aimez-vous les uns les autres. Restez unis, unis de cur, unis de pensées. Formez véritablement une seule famille, ayez fortement dans le sens chrétien et apostolique de ce mot, lesprit de corps. Défendez-vous, soutenez-vous, aidez-vous toujours les uns les autres. Que la discorde ne pénètre jamais parmi vous ; que vous soyez, sans cesse, prêts à défendre réciproquement comme un seul homme, contre tous les adversaires du dehors, vos personnes, en un mot que vous soyez non pas seulement unis, mais un (p. 53).
Avec une disponibilité totale
Je ne puis mempêcher de me poser sur votre Société naissante une question redoutable : sera-t-elle une Société dhommes vraiment obéissants ? Je lespère de la miséricorde de Dieu et de votre bonne volonté qui mest connue, et, dans ce cas, jespère quelle sera vraiment utile aux âmes et à la conversion de cet immense continent auquel elle est envoyée. Mais sil en devait être autrement, si lorgueil, si lamour-propre, si lesprit de révolte devaient régner jamais parmi vous, hélas ! vous marcheriez à la mort et pour vous et pour les autres, et mieux vaudrait, cent fois, que vous neussiez jamais existé (p. 59).
Menant une vie de simplicité
Faisant allusion à la lettre dun missionnaire qui lui écrivait : Je manque de tout, et cependant je ne changerais mon sort avec celui daucun roi de la terre !, Lavigerie écrit : Que Dieu dans sa bonté, vous conserve toujours cet esprit de généreuse allégresse Quil vous y fasse trouver la force de sacrifier tout et vous-mêmes pour le salut de ces pauvres âmes auxquelles il vous envoie. Cest la loi de lapostolat : omnia impendam et superimpendar ipse pro animabus vestris. Faites de ces paroles la réalité de votre vie (p. 42).
En proximité avec les gens
Le fondateur continue : Et, non seulement elle a ce but spécial, mais elle doit latteindre par les moyens spéciaux qui donnent à son action un caractère particulier. Ce caractère cest se rapprocher des indigènes par toutes les habitudes extérieures, par le langage dabord, par le vêtement, par la nourriture, conformément à lexemple de lApôtre : Omnibus omnia factus sum ut omnes facerem salvos (p. 52).
Quelques coordonnées inéluctables
Vouloir faire une liste complète des notes dune spiritualité missionnaire serait prétentieux, déplacé et erroné. On serait tenté par excès de vouloir tout y mettre ou par défaut de se limiter à un choix partiel suivant la mode du moment ou selon les idées de celui qui écrit. Mais voici, me semble-t-ils quelques coordonnées inéluctables.La contemplation de Dieu, Source de Vie, avec ses fruits damour communicatif, de dynamisme, de joie et dengagement pour la vie dans sa grande diversité.
Lamitié et le compagnonnage de Jésus, intégrant ses propres motivations, ses activités, son style et ses préférences.
Lécoute permanente de lEsprit, seul révélateur du dessein du Père et guide sûr dans la tâche de sa concrétisation dans le hinc et nunc vécu.
La double communion avec la communauté ecclésiale et la communauté humaine dans laquelle le missionnaire sinsère.
Louverture accueillante à son époque, intégrant avec discernement les aspects nouveaux dont lEsprit fait prendre conscience à lhumanité et à lEglise pour réaliser le dessein divin de salut universel ;
Et la fidélité créatrice par rapport à lintuition qui fit naître le groupeVoilà les éléments hautement significatifs pour une spiritualité missionnaire de toujours. Ils mapparaissent comme les coordonnées inéluctables dans lesquelles se meut la vie du missionnaire, selon lEsprit. Ils sont les signes dune Mission vivante qui écoute lEsprit de Dieu et la vie, et qui pour cela se sait toujours en croissance, obligée à la créativité sous peine de sétioler et de mourir.
Jesús Salas
Rome
SPIRITUALITY
WITH JESUS
ON THE ROAD TO MISSIONNotes on MAfr Missionary Spirituality
Part One: 1/4Index of Jesús Salas Notes
on M.Afr. Spirituality
Jesus on his way to Africa, carried by Mary, led by Joseph.
Painting on display in a church of Rome, Christmas 2003.
On this web pageI. Missionary Spirituality
- Different spiritualities?
- When and how?II. The Missionary Task
- Mission has its roots in God
- In differing ways
- Its fulfilment in Christ
- Through many tasks
- At the frontiersIII. Elements of Spirituality
- At one with the heart of God
- Jesus friends and cooperators
- In the movement of the Spirit
- Union and tension
- Immersion in the milieu
- Development within history
- In line with our charismThe first objective on the topic of Mission proposed by the 2004 Chapter to the Society is to Foster a spiritual renewal that helps us to give new impetus to our lives as missionaries. The Chapter text already identifies elements in this spiritual life: growth in the love of Christ, fidelity to the inspiration of Lavigerie, welcoming the breath of life and hope which, stemming from the Spirit, penetrates the African world today, communion with the local church and intimate union with the African world, at present in the process of complete transformation.
It was not the Chapters task to make a study of missionary spirituality, but it requested offering to confreres suitable means to revive and reinforce their spiritual tone by formal writing, personal sharing, sessions and so on. These present reflections are in this line. They intend to trace a general outline in which missionary spirituality is situated and in addition, to highlight some of its more important characteristics. It is essential to have an overall vision on this issue if we wish to know what it is about and if we wish to speak of the subject, going beyond the commonplace.
Our reflection will therefore be as follows: firstly, how and why may we speak of missionary spirituality; then, we shall say a few words on the specific nature of mission, so as to be able afterwards to indicate and describe some of its characteristics.
I. Missionary Spirituality
1. Can we really speak of different spiritualities?
We want to reflect on missionary spirituality, but can we really speak of several spiritualities? Christian life as a whole is a spiritual life since it is lived in the Spirit or according to the Spirit and more precisely in the spirit and according to the spirit of Jesus of Nazareth. From this point of view, there are therefore no differences between Christians: all are called to live with interiority (therefore spiritually) and all are called to follow and imitate Jesus (therefore, to live a Christian spirituality.) If we want to speak of different spiritualities, we need to look elsewhere for their source. Where?
The difference in spiritualities comes from different ways of living this unique Christian spirituality. Further, the source of this diversity is in the action of the Holy Spirit who distributes his gifts to the faithful in different ways, to demonstrate the inexhaustible riches of God and through them to put into action his plan for creation and within salvation history.
The gifts of the Spirit, broadly distributed to the faithful according to their characters and the circumstances of their lives, tend to take concrete form in a spontaneous way, according to the personalities of the recipients and to historical situations. In this way, from a single source the Spirit of God various ways of perceiving the call of God in Jesus Christ arise, the faithful become practically involved according to particular ways of insertion and expression. There is only one Lord and one Spirit, but by their different gifts, they are at the origin of a multifaceted demonstration of the boundless riches of God, the Father of all (Cf. I Cor. 12:4-6; Eph. 4:4-6) Therefore, within a single Christian spiritual life, we have to speak of several spiritualities.
2. When may we speak of a particular spirituality?
We have already suggested it. Spiritual life takes root in the real: it is nothing more than a human situation experienced with the interiority of the Spirit of Jesus of Nazareth. For this reason, a new spirituality arises or can arise each time a sufficiently meaningful specific pathway of Christian life appears. In the same way, if we want to know what is at the core of a particular spirituality or its characteristics, we need to look at the lived experience or yet to be lived. Since spirituality is a fusion of what is lived and the spirit with which it is lived, it is necessarily underwritten by what is real. Moreover, with good reason, we wish to speak of missionary spirituality, as for the missionary there is a particular way of living Christian life; there is a specific regard for the mystery of God, a particular sensitivity to his prayer and preferred topics in his thinking.
We may already draw out two important truths in what we have just said. Firstly, we cannot speak of missionary spirituality without knowing in what Mission consists; in addition, given the diversity of missionary activity, we cannot speak of a single spirituality valid for all. Admittedly, we could identify some of its general features and uncover some of its attitudes, but it is up to the missionary himself, living the Spirit of Jesus in his own individual context, to discover the specific contours of his own spirituality as much on the personal as on the group level.
II. The Missionary Task
Since lived experience is a basic element of any spirituality, we need to know what the missionary task involves if we wish to discover the specific inflexions of our spirituality. Here are some outstanding features of this issue:
1º. Mission sinks its roots into the core of the mystery of God. God is absolute goodness; love, Saint John tells us, (I John 4:7-12). Now, Bonum est diffusivum sui. By dint of his divinity, God is gift, communication. He communicates within himself (the mystery of the Trinity) and in addition freely communicates outside himself in a manner of speaking by creation and the work of redemption. Therefore, we can say that Mission corresponds to the dynamism of the love of the Father, who by the creation, the Incarnation of his Word and by the sending out of his Spirit associates his creatures to his life and his happiness. God is the first missionary. In him, all Mission finds its source and purpose.
2º. God puts into effect in history this unique and universal plan of salvation in differing ways according to various often-mysterious coordinated stages known to him alone. All of creation as a whole is a marvellous demonstration of the plan of God and the intentions of his heart, (Ephesians 1: 3-14; Colossians 1: 15-20; John 1: 1-5; 9-14).
3º. This plan finds its fulfilment in and by Christ Jesus. He is the one who reveals: No one has ever seen God; it is the only Son, who is nearest to the Fathers heart, who has made him known. (John 1:18). Christ Jesus is the one who implements the plan of God in all its fullness. The time has come (Mark 1:15). By his life, teaching, death and resurrection, Jesus demonstrates and accomplishes the salvation of God in his person. Now the hour has come for the Son of Man to be glorified Father, glorify your name! (John 12: 23,28). He inaugurates it: The Spirit of the Lord has been given to me. (Luke 4: 18-19), and invites us to collaborate in it; see the call of the disciples, Come, follow me, (Mark 1: 16.20), and the vocation of all the faithful, You are the salt of the earth, the light of the world, (Matt. 5:13-16).
The mission confided to the Church to live, demonstrate and proclaim Gods plan of salvation is seized by her as a duty of gratitude for the gift of faith received: I should be punished if I did not preach [the Gospel]! (I Corinthians 9:16), and as an act of obedience to the command of the Risen Lord, Go, therefore, make disciples of all the nations, (Matt 28: 19).
4º. The Church achieves its mission in the first place by a life in conformity with the gift of God. This new life expresses itself in praise (worship) and in commitment to the Kingdom unfolding with everyones collaboration, pushing creation ahead according to the plan of God. The Church does this in open and respectful dialogue with everyone, always seeking an ever-increasing truth and in explicit witness of faith. It offers to all the Good News of God in Jesus Christ.
Every Christian is inspired by this vital dynamism and all are called to respond to it. However, what every Christian is, some are in a more special way. In this way at the heart of the community some believers are invited by the Spirit to consecrate their lives to the service of the driving force spreading the Good News. It is the grace and particular task proper to the missionary vocation. We were to go to the pagans and they to the circumcised, (Galatians 2: 9); The Holy Spirit said, I want Barnabas and Saul set apart for the work to which I have called them, (Acts 13: 1ff).
5. At the frontiers: The call to Mission and the task assigned to the missionary is found within the Church, in vital union with the community expressing its dynamism, nonetheless targeting its frontiers. Mission is at the service of the Churchs driving force for growth. The forms the mission will take will be manifold and will depend on the material circumstances of the context in which it will be exercised. However, this will always be at the frontiers of the Church, towards the outside, -ad extra- (ad gentes, as we normally say). Its material activities could be:
- The respectful approach to others in view of mutual knowledge and enhancement, as we are conscious of the universal presence of Gods saving action.
- Collaboration with all in view of building a better world, as we know that all growth in life, goodness, truth, justice and peace are growth in the same direction: the implementation of Gods plan of salvation.
- The witness of a new life inherited from the Lord Jesus as we bear in mind his injunction calling us to be the light for the world and the salt of the earth.
- Religious dialogue in order to share give and take in respect and confidence, the riches God distributes without ceasing everywhere.
- Proclamation and construction: the Mission will find its ultimate fulfilment in the building and consolidation of new communities until they reach their full maturity and can face up to the requirements of life and of bearing witness.
Up to now, we have indicated the most important elements concerning missionary origin, content and action. From these elements, we may now distinguish some of the characteristics of its spirituality. Let us be clear: the bases of the notes we have indicated in this reflection are common to the whole Christian life; it is lived however with specific tonalities by the missionary because of his particular call to Mission.
Notes on MAfr Missionary Spirituality
Part Two: 2/4 (1st part)
Reminder of what has already been said in the last PÉ: The first objective on the topic of Mission proposed by the 2004 Chapter to the Society is to Foster a spiritual renewal that helps us to give new impetus to our lives as missionaries. The Chapter text already identifies elements in this spiritual life: growth in the love of Christ, fidelity to the inspiration of Lavigerie, welcoming the breath of life and hope which, stemming from the Spirit, penetrates the African world today, communion with the local church and intimate union with the African world, at present in the process of complete transformation.
In the last PE, we indicated the most significant elements concerning missionary content and activity. Based on these elements, we can now bring out some of the characteristics of missionary spirituality. Always bearing in mind that the notes presented here are common to the whole Christian life, it is lived however with specific tonalities by the Missionary because of his particular call to Mission.
III. Elements of missionary spirituality
Every spirituality is characterised by the specific way it looks at the Christian mystery, by its sensitivity with regard to the values of the Kingdom and by its actual practice and commitments in life. Which are those of the Missionary?
A heart beating in union with God
In missionary spirituality, God is above all perceived as Source of Life and Salvation. Mission springs from the heart of a God who gives himself out of love. It is therefore from the contemplation of this God Source of Life that the desire arises to take part in his action for life and salvation. In this way, the missionary vocation is identifiable at its roots by a sense of wonder, adoration and love of God as the source of life and unmerited happiness for all.
The first fruits of this contemplation of God are love, dynamism and joy at the service of overflowing life. These are the distinguishing marks of missionary spirituality.
Since the Missionary likes to see God as the giver of life and salvation, always and everywhere present and active, he is on the lookout for him, for he seeks to uncover the smallest signs of his presence, to recognise him under different forms. In this way, he likes to unite with the worship of followers of other religious denominations and helps them to become aware of him, if they do not yet know him. The mark of a genuine missionary spirit is a heart open to cultural and religious differences, welcoming their diversity.
Enthusiastic for God as Source of Life, the Missionary is also enthusiastic about life itself and he devotes himself to its service in all its dimensions as he uncovers divine activity within it.
Friends of Jesus
and his co-operators
Obviously, Jesus is at the core of any Christian spirituality. In him and by him, we recognise the true face of God, the one who clothes the flowers of the field and feeds the birds in the sky. (Cf. Mt 6:25-29). He causes his sun to rise on bad men as well as good, and his rain to fall on honest and dishonest men alike. (Cf. Mt 5: 43-45). Jesus taught us to call God our Father. (Cf. Mt 6: 9). He is described in the features of the Father who embraces his lost son (Luke 15:21), and binds his forgiveness to those who mutually offer it as brothers (Cf. Mt 6: 14-15). Thanks to Jesus, we know that God as Father wishes to be imitated by his children (Cf. Mt 5: 48), among whom Jesus stands as the older brother, the perfect likeness of the Father, sent to extend his Kingdom and invite us to follow him.
Face-to-face with Jesus, the Missionary has nonetheless a distinctly felt awareness. He or she considers himself or herself a follower and does so as a friend and co-operator. It is not difficult to understand the demands of union that exist between Jesus and his companions and friends, called to continue his work, as well as the need to contemplate him and to be befriended by him. The Missionary discovers at the school of Jesus and in his footsteps the Spirit living in the Master and the characteristics of his action.
It will be said that we are manipulating things since Jesus limited his mission to his compatriots and co-religionists. He cannot therefore serve as a model for the Missionary who works at the frontiers. It is true that the temporal mission of Jesus did not directly target the missionary task we intend here, but his options, his way of acting and his motives are valid for any mission. Let us bear in mind however, that several times Jesus crossed over the confines of his mission among his own people (Cf. Mt 15: 24), firmly declaring the universality of divine activity and its salvation for all. God is spirit, and those who worship must worship in spirit and truth. (Jn 4: 24.) In Matthew, he declares, I tell you solemnly, nowhere in Israel have I found faith like this. And I tell you that many will come from east and west to take their places at the feast in the kingdom of heaven; (Mt 8: 11-12). The open-mindedness of Jesus went as far as accepting the wise and humble remark made by a pagan women whom he vindicates by changing his way of doing, Woman, you have great faith. Let your wish be granted. (Mt 15: 28).
The Missionary finds in Jesus:
- The roots of his action, i.e., the command of the Father to go out and the feeling of pity. Let us go elsewhere, to the neighbouring country towns, so that I can preach there too, because that is why I came. (Mark 1: 38) And when he saw the crowds he felt sorry for them because they were harassed and dejected, like sheep without a shepherd. (Mt 9, 36).
- His fundamental options delivered in the account of the temptation. These options would be put into practice in selfless service: Man does not live by bread alone and in simplicity and common sense: Do not tempt the Lord your God and with the all-controlling intention of you must worship the Lord your God and serve him alone. (Mt 4: 4-10).
- His actual activity: He was sent to bring the good news to the poor, to proclaim liberty to captives and to the blind new sight, to set the downtrodden free, to proclaim the Lords year of favour. (Luke 4: 18-19).
- His individual style and the one he wanted for his own followers: Among pagans it is the kings who lord it over them This must not happen with you. No, the greatest among you must behave as if he were the youngest, the leader as if he were the one who serves. (Luke 22: 26).
- And, finally in his contemplation of Jesus, the Missionary discovers the ones Jesus preferred. It is not the healthy who need the doctor, but the sick. I did not come to call the virtuous, but sinners. (Mark 2: 17), This goes without mentioning the many other apostolic attitudes relating to respect for people and their pace of progress.
In the movement of the Spirit
The Missionary feels closely bound to the Holy Spirit for several reasons that in some ways are proper to him. Firstly, in Scripture, the Mission appears as the work of the Spirit. It is one of the major truths emerging from the reading of the Acts of the Apostles. The Spirit drives the Apostles out of the Cenacle and sends them into the world, (Cf. Acts 2). He sent Peter to Cornelius, Peters mind was still on the vision and the Spirit had to tell him, Some men have come to see you. Hurry down, and do not hesitate about going back with them; it was I who told them to come. (Acts 10: 19). The same Spirit tells the Antioch community at prayer, I want Barnabas and Saul set apart for the work to which I have called them. (Acts 13, 2). The Spirit also guarantees the truth, revolutionary for its time, about the freedom of non-Jews in relation to Jewish culture. It has been decided by the Holy Spirit and by ourselves not to saddle you with any burden beyond these essentials. (Acts 15: 28).
Throughout Lukes account, especially in the extraordinary Pauline epic, we are conscious of the Spirits presence everywhere. He is in the joy that filled the ones sent out and in the neophytes, Filled with joy at these words, they began to glorify the word of the Lord. And the disciples were filled with joy and the Holy Spirit. (Acts 13: 52) Afterwards, (the gaoler) took them home and gave them a meal, and the whole family celebrated their conversion to belief in God. (Acts 16: 34). It is in the strength and effectiveness of the words and actions of those where were sent: Paul said in a loud voice, Get to your feet - stand up, and the cripple jumped up and began to walk. (Acts 14: 10).
At Iconium, they went to the Jewish synagogue, as they had at Antioch, and they spoke so effectively that a great many Jews and Greeks became believers. (Ac 14: 1) It is also in the initiatives they took or excluded: They thought to cross into Bithynia, but the Spirit of Jesus would not allow them, (Acts 16: 7) Once he had seen this vision we lost no time in arranging a passage to Macedonia, convinced that God had called us to bring them the Good News. (Ac 16: 10).
In this way, the Missionary appears as an ally of the Spirit in an action that does not belong to him. Moreover, faced with the numerous and difficult choices that the Missionary is called to take to move around borderline situations, the discernment of spirits is one of the major pillars of his activity. Interiority and listening to the voice of the Spirit are indispensable for a truly missionary activity; they characterise its spirituality.
Notes on MAfr Missionary Spirituality
Part Three: 3/4 (1st part)
Reminder: The first objective on the topic of Mission proposed by the 2004 Chapter to the Society is to Foster a spiritual renewal that helps us to give new impetus to our lives as missionaries. The notes of Jesús Salas were published in the two latest issues of PÉ. (Cf. contents opposite). We continue with three more elements of missionary spirituality: Union and tension with the Church, in context, in history.
In union and tension with the Church
Undeniably, up to a short time ago, the missionary appeared as a man of the Church. Theologians of Mission considered the implantation of the Church as his principal task. Today this privileged bond between the Church and the missionary appears slack and even sometimes to pose problems. It is not exceptional to find among missionaries an up-front attitude of distancing in relation to the Church. In what does this consist exactly?
Historical conditioning and changes arising from theological reflection can explain in part the attitude of yesterday and today. However, the problem reaches further back; it has been there since the beginning. We have always found elements of a dual attitude of attachment and tension on the part of the missionary vis-à-vis the Church.
On the one hand, the mission is by all accounts the work of the Spirit by means of the Church. It is the indispensable and spontaneous expression of its dynamism and spiritual health. The vocation of the one sent out germinates and thrives in its innermost being. In addition, the community of the Church sends him out and sustains him. The vital bond between the two of them is therefore fundamental.
On the other hand, tension is there too. It springs up spontaneously from what constitutes the core of the missionary vocation because the one sent is sent to the frontiers. From this fact, the missionary finds himself in new situations. He is obliged to invent, create and take initiatives that may not always appear good or adequate in the eyes of those who live at the centre. This centre (of thought, organisation and command) would easily be inclined to safeguard the same horizons permanently and would be tempted to oblige newcomers to follow traditional norms and habits. That is what we observe already at the rise of the first non-Jewish Christian communities where we find Peter and Paul, the two great Apostles of Christianity involved in the melee! (Cf. Gal 2: 11-14)
Therefore it has always been a problem. Today we have become more aware and sensitive to it under the influence of the political, economic and cultural independence of numerous human communities in relation to the West. The missionary, who forms an integral part of the Church community but lives at its edges, is more conscious than his brothers at the centre of the brakes the Church organisation is seeking to apply to all people, confusing the essential of the faith with its historical circumstances. He suffers from it more and struggles to defend the freedom of new communities. From there, the particular demand arises for him to nurture deep communion with the essential in order to enjoy a greater liberty with what remains.
'Go; teach all the nations of Africa. Be my apostles, and nothing but my apostles!' The Lord called and Cardinal Lavigerie responded by offering the Mother House (the Society). Some confreres are already on their way to the African interior. Another one holds the 'Statutes of Order', (the Constitutions). In the distance are the silhouettes of Algiers and Notre-Dame d'Afrique. In Petit Écho no. 125, February 1924 we read, 'In the Main Chapel of the Mother House, the restoration of the fresco that decorates the rear wall of the apse is beginning; (a commission given to Émile Lazerges, 1817-1887, by the Cardinal). The restoration work was entrusted to Émile Deckers, (1885-1968), an Algiers artist. We have conserved this reproduction painted by Deckers in 1924, the year of the restoration. It is on display in the former Spiritual Reading Room of the Generalate in Rome.
Immersed in
an unfamiliar context
The missionary lives in a painful inevitable tension but which is a bearer of fruit. A dual fidelity is required of the missionary so that this fruit may bloom in health and abundance. This means fidelity in faith and communion with the Church and fidelity to the people (or context) in the midst of which he has settled.The Gospel is for life. It does not affect persons and peoples externally, like a foreign element condemned to remain isolated and unchanged in a purely formal existence. The Gospel is the word of life, a penetrating look at reality, a creative transforming dynamism that makes life in a new way possible.
There is no Gospel without life. Gospel and life influence and condition one another; they constitute a living synthesis in Christian life. Through it, the Gospel passes into culture and the lived environment. Christian life is communicated by osmosis and contagion. It is the law of any apostolate. It is also one of the most often emphasised demands in missionary tradition due to the element of radical change of environment - the ad extra - to the frontiers - that the mission involves. It is not enough for the missionary to like his new environment people or culture he needs to know it intimately; he needs to become melded with it to the point of embracing all its contours and finish by becoming as far as possible a fully-fledged member of his new human community. It is an ideal to constantly pursue and difficult to achieve, but it is constitutive of his spirituality: I made myself a Jew to the Jews to those who have no Law, I was free of the Law myself for the weak I made myself weak I made myself all things to all men in order to save some at any cost. (1Cor 9: 20-22)
Called to immerse himself in his new environment, the missionary finds he is from nowhere. Uprooted from his community of origin and transplanted into a new human community, he realises he does not fully belong to one or the other. He chooses to live where he does not have his origins and finds himself so far from them that he ends up becoming a stranger to them. In his new environment however, climate, language, culture, and sensitivities all are new to him and everything becomes a hard challenge to accept. There, he finds one of his greatest sufferings and one of the characteristic keynotes of his spiritual life. Today, his suffering is all the more keen when he recalls having shared for a time the judgement of the West on the supposed superiority of his own culture. It is a truth that the sending community and the receiving community sometimes make him feel sorely. He feels a bit like Abraham, a stateless person, a nomad in a world not his own. That is why either he has roots and points of reference inside himself or he has none at all. At base, his true definition is in reference to the One who called him to journey with him.
Evolving in history
Human thinking changes and transforms itself throughout history. Missionary thinking is not static either. If the basic principles remain in place - and we can point out some of them - others evolve. There is nothing more normal than that spirituality follows this same evolution and takes its particular complexion from each period of history. The salvation of souls, Implanting the Church, Integral development, Commitment for Justice and Peace, Encounter and Dialogue, Unity and Reconciliation are the principal shades that missionary commitment displayed these last few centuries. Each one of them had its influence on the spiritual life of the missionary and affected him in his way of expressing his generosity and dynamism.
The salvation of souls was characterised by the anguish of the apostle who saw millions of souls falling into hell. Inexhaustible zeal compelled him on a breakneck race to baptise, without even bothering too much about adequate preparation. The glory of God and compassion were the motives of this missionary spirituality of which François Xavier is the best model. Love of the Church and a good training in the techniques of the apostolate are the keynotes of the succeeding period of history, the period of the implantation of the Church. Apostolic zeal sprang from admiration of the Church and from the desire for a deep communion with her, as a focus of grace and salvation for all peoples. The qualities required were imagination and creativity in the area of apostolic techniques, accentuating the adaptation of doctrine and the methods of doing, in order to make them more comprehensible and efficient. They were the objects of spiritual desire for apostles.
Aware of the importance of a valid human substratum for opening out and developing a rich and balanced Christian life, missionary action turned its generosity towards what had always been one of its major preoccupations. Since missionary activity for the most part was exercised in economically and technically deprived regions, energy was devoted to growth and development in the different sectors of human life: health, instruction, social, political and economic infrastructure. The highlighting of human values and commitment to efficient action became the privileged expression of a vibrant and enlightened missionary spirituality.
This same desire to transform material conditions led the mission to analyse the mechanisms engendering or maintaining situations of poverty and underdevelopment. It was time to uncover the roots of inhuman situations and assail them. Missionary generosity then expressed itself through efforts in the critical study of situations, in a prophetic condemnation of injustices and structures that would hinder them and with a firm option for the binomial justice and peace. Justice, for only from it could one collaborate in the edification of Gods plan for the world and peace, as in the struggle for justice, there are violent clashes to hand that are incompatible with the spirit of the Gospel.
Very evident in the same line of justice and peace and in symbiosis with other circumstances of the world situation, (wars, polarising race and religion, as well as the intercultural mix of modern societies), Gods unifying plan for humanity stands out clearly. Mission therefore become service of unity, in both social and political aspects: unity and reconciliation in both cultural and religious aspects: ecumenism, encounter and dialogue. Proximity, knowledge, respect, solidarity, communication, dialogue and communion between different cultures and religions become from then on the particular keynote of missionary spirituality.
The historical process of discovery, rediscovery or accentuation of these spiritual keynotes is important to know in order to grasp its meaning and impact. However, once the discovery is made, the highlighted spiritual keynote is to be kept, even if the succeeding stages of the process uncovered errors or limitations in the reflection from which it arose. So for example, missionary zeal that arose from compassion continues to be valid, even if the motive of saving souls corresponded to a shortsighted vision of the saving will of God and a partial view of the human person. The anguish of the apostle for saving souls is transformed into passion for the coming of the Kingdom of God. In the same way, commitment in favour of conditions of justly human life continues to be valid, even if the reflection that supported it at the start was built on or accompanied by the conviction of Western cultural supremacy.
Notes on MAfr Missionary Spirituality
Part Three: 4/4 (1st part)
The first objective of the topic on Mission proposed to the Society by the 2004 Chapter is, Foster a spiritual renewal that helps us to give new impetus to our lives as missionaries. The Capitular text already indicates the elements of this spiritual life: growth in the love of Christ, fidelity to the inspiration of Lavigerie, welcoming the breath of life and hope that coming from the Spirit blows across todays African world, communion with the local church and heartfelt union with the African world today in a process of complete transformation. In the three preceding issues of Petit Echo, our reflection was therefore articulated as follows: firstly how and why can we speak of missionary spirituality; then, we said some words on the nature of mission itself to later point out and describe some of its characteristics. To conclude, we indicate here a final characteristic of missionary spirituality.
According to a particular charism
Other elements also qualify the spirituality of the missionary. At first sight, they could seem priorities in that they are often the first to appear in the discovery of a personal vocation. In fact they are secondary as in reality they are only the physical form of elements of which we have been speaking up to now. It concerns the group charism, which has its origins in the spiritual experience of the members that constitute it, especially from the founder or founders. The character of the Founder as well as the circumstances of the time and place influence the way of understanding and living the elements common to a general missionary vocation and give rise to a particular charism more or less important, according to the graces received. These new points of emphasis mark the spiritual life of the group without necessarily thereby creating a new spirituality.
For the Missionaries of Africa, from the collected writings of our Founder Cardinal Lavigerie in his Instructions to Missionaries, (Selected Texts), the essential feature of the charism could be expressed in what follows. They are a group of apostles totally dedicated to God by their lives and work for the mission in favour of Africa, living in fraternal, international communities according to a singular style comprising complete willingness to be of service, simplicity of life and closeness to the people.
We have analysed these elements in detail elsewhere. For each aspect, we will recall a single text of our Founders writings. We notice how in the ideal he proposes to missionaries, Lavigerie integrates in a natural way the basic elements we have mentioned in this study.
Apostles
My dear sons, you are not explorers or ordinary travellers You are apostles, and only apostles; or at least, all the rest is in addition to your apostolate. (p. 44E).
In favour of Africa
I would like, dear sons, to make three recommendations, all of which seem necessary if your undertakings are to survive. The first is that you never lose sight of the special character and spirit of your Society. In deviating from its particular purpose you would lose the very reason for your existence. Founded for the pagan peoples of Africa, it cannot and must not undertake anything that runs counter to that objective. Let other Congregations go their own way; they are equal to the task assigned them and will be better at it than you could ever be. Do not try to take over from them, but be intent on tilling that small portion of the field allotted you by the Father. (p. 27E).
Fraternal
communities
My final recommendation, dear sons, is the counsel of the aged Apostle of Ephesus, Filioli diligete invicem. Children, love one another. This is the most important of all my counsels; indeed without it all the others would prove useless. Love one another. Be ever united in heart and mind. Be in very truth but one great family. Be ever penetrated by an esprit de corps, in the Christian and apostolic sense of the expression. May discord never gain entrance amongst you, may you be ever alert to defend each other from external attacks made on your work or on your good name, ever ready to sustain each other, to come to the aid one of the other. In a word, be not only united, but one. (p. 27E).
Complete willingness to be of service
I cannot resist asking your emerging Society a fearsome question: will it be a Society of truly obedient men? I certainly hope so with the mercy of God and your good will, which is known to me. In that case, I hope it will be truly useful to souls and the conversion of this massive continent to which it is sent. However, if it were otherwise, if pride, self-interest or a rebellious spirit were ever to take over among you, alas, you would be marching to death, yours as well as others, and it would be a hundred times better if you had never existed. (p. 59 F).
Simplicity of life
In reference to a letter sent to him by a missionary who wrote, I lack everything, and yet I would not change places with any king on earth! Lavigerie wrote, May God in his goodness always safeguard this joyful generosity in you. May he enable you to find in it the strength to sacrifice everything and yourselves for the salvation of these poor people to whom he sends you. The law of the apostolate is, omnia impendam et superimpendar ipse pro animabus vestris. Make these words a reality in your lives. (p. 42F).
Closeness to the people
Our Founder continues: not only is its purpose special, so are the means by which it seeks to attain that purpose, for these confer a particular character on its action. It is a character which leads you to draw closer to the African peoples, to adopt the externals of their way of life, their language first of all, then their dress and food, after the example of the Apostle Paul, Omnibus omnia factus sum ut omnes facerem salvos I Cor. 9: 22. (26E)
Inevitable coordinating features
Trying to make a complete list of notes on missionary spirituality would be conceited, out of place and mistaken. On the side of excess, the temptation would be great to try to include everything or in default, be limited to a selection according to the whim of the moment or the ideas of the writer. Nonetheless, it seems to me there are some inevitable coordinating factors.Contemplation of God, Source of Life, with the effects of his communicating love, dynamism, joy and commitment for life in all its variety.
Friendship and companionship with Jesus, integrating ones own motives, activities, style and preferences.
Continuously alert to the Spirit, who is the sole revelation of the plan of the Father and a firm guide in the task of giving physical form to the hinc et nunc experience.
The dual communion in relation to the Church community and the human community, into which the missionary is integrated.
In welcome openness to his period in history, integrating with discernment new aspects of which the Spirit makes humanity and the Church aware, to fulfil the divine plan of universal salvation.
Creative fidelity in relation to the intuition that gave rise to the group
These are the highly meaningful elements for a missionary spirituality for all seasons. They seem to me the inevitable coordinating features in which the life of the missionary operates according to the Spirit. They are the signs of a living Mission that listens to the Spirit of God and life, and for that reason sees itself as always growing, obliged to be creative or else fade away and die.