Zénit, Rome, 23octobre 2009

Message final du synode : « Afrique, lève-toi ! »

* 25 Octobre 2009 : Message Final (Texte complet)

Le synode encourage les forces du continent

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Afrique, lève-toi ! » : le message final du synode des évêques encourage les forces du continent africain.

Le message a été lu vendredi matin, lors de la 18e congrégation générale, en présence de Benoît XVI, et il a été approuvé par l'assemblée qui l'a salué par un long applaudissement. Il a ensuite été présenté à la presse.

L'Afrique, constate le synode, est « riche en ressources humaines et naturelles » et pourtant de nombreux peuples, déplore l'assemblée « croupissent dans la pauvreté et la misère, les guerres et les conflits, les crises et le chaos ».

Le synode attribue cette situation « aux décisions et aux activités humaines des gens qui n'ont aucun souci du bien commun et cela souvent grâce à la complicité tragique et un complot criminel des dirigeants locaux et des intérêts extérieurs ».

Pourtant, insiste l'assemblée, « il y a de très bonnes nouvelles en plusieurs endroits en Afrique », mais « les moyens médiatiques modernes tendent souvent à accentuer les mauvaises nouvelles » insistant sur les « infortunes » et les « déboires » du continent plutôt que sur les « efforts positifs ».

A propos du thème du synode, le message souligne que « le vrai pardon promeut la justice de la conversion et de la réparation et conduit à la paix qui va jusqu'à la racine du conflit, et qui transforme les victimes et les ennemis de jadis en amis, en frères et en sœurs ».

Mais il souligne en même temps que c'est « Dieu seul qui rend possible ce genre de réconciliation, nous devons, dans ce ministère, réserver une place privilégiée à la prière et aux sacrements, spécialement au sacrement de la Réconciliation ».

L'Eglise en Afrique « rend grâces à Dieu pour ses nombreux fils et filles missionnaires en d'autres continents », ajoute le message, qui se réjouit de ce « merveilleux échange » tout en affirmant la nécessité « que les partenaires continuent de travailler à développer des relations transparentes, honnêtes, dignes et chrétiennes ».

Le synode dit aussi son souci « des africains vivant dans d'autres continents surtout en Amérique » et adresse en même temps « un merci spécial à ceux qui sont restés avec leur peuple même en temps de guerre ou de crise grave », car « certains ont même payé de leur vie leur fidélité ».

Le message du synode s'achève sur un appel : « Afrique, lève-toi ! ». Il salue « les efforts fournis pour libérer l'Afrique de l'aliénation et de l'esclavage politique ».

« Maintenant, affirme le synode, l'Afrique doit relever le défi de procurer à ses enfants un niveau et des conditions de vie convenables ».

Il relève les signaux positifs comme « au niveau politique », un « progrès dans l'intégration continentale » et « sur le front économique », l'élaboration d'une « stratégie pour le développement », le « NEPAD ».

« Le Synode encourage tous ces efforts » et « félicite chaleureusement les quelques pays africains qui ont fait le choix d'une authentique démocratie ».

Un appel spécial concerne la Somalie « empêtrée dans de violents conflits depuis près de deux décennies, avec des conséquences sur les nations avoisinantes », la « tragédie des millions de personnes dans la région des Grands Lacs » et la « crise durable au nord de l'Ouganda, au Darfour ou en Guinée Conakry ».

« Quel que soit le niveau de responsabilité attribuable aux intérêts étrangers, on ne peut nier une honteuse et tragique complicité des leaders locaux, des politiciens qui trahissent et mettent leurs nations aux enchères », déplore le synode.

Pour que ce sursaut réussisse, le synode appelle à l'union des forces spirituelles du continent : « Déterminé à préserver son patrimoine spirituel contre toute agression et contagion, le synode en appelle à une collaboration œcuménique plus intense avec les frères et sœurs des autres traditions chrétiennes ».

Et d'ajouter : « Nous espérons aussi plus de dialogue et de coopération avec les musulmans, les adeptes des religions traditionnelles et ceux d'autres croyances ».

Message du synode : L’évangélisation, première responsabilité

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - L'annonce de l'Evangile de Jésus Christ, c'est la première responsabilité vis-à-vis du continent africain, affirme le message final du synode présenté ce matin à Rome.

« Nous sommes convaincus que l'action première et spécifique de l'Eglise en faveur du peuple africain, c'est la proclamation de l'Evangile du Christ »,déclarent les membres du synode.

« Nous acceptons, disent-ils, la responsabilité d'être des instruments de réconciliation, de justice et de paix dans nos communautés, des ambassadeurs du Christ (...). Tous les membres de l'Eglise, clergé, religieux et fidèles laïcs doivent se mobiliser pour œuvrer ensemble à l'unité qui fait la force ».

Ils soulignent le défi de l'unité pour servir l'Evangile en Afrique : « Au niveau du nos différentes conférences et assemblées, nous nous mettons nous mêmes au défi de travailler dans l'unité pour donner à nos pays respectifs le modèle d'une société réconciliée ».

Il demande à chaque évêque « d'inscrire en priorité dans le programme diocésain les problèmes de réconciliation, de justice et de paix », en demandant à ce que les diocèses soient des « modèles de bonne gouvernance, de transparence et de bonne gestion financière ».

Le synode appelle aussi à combattre le fléau de la pauvreté, « obstacle majeur sur les chemins de la paix et de la réconciliation ».

Message du synode : Maintenir les plus belles valeurs de la famille africaine

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - « Maintenir les plus belles valeurs de la famille africaine » : c'est le message du synode aux familles catholiques en Afrique qui demande aussi de donner plus de place aux femmes dans l'Eglise et de manifester plus de souci pour les jeunes adultes.

Aux familles catholiques de l'Afrique, le synode écrit : « Nous vous remercions de rester obstinément fidèles aux idéaux de la famille chrétienne et de maintenir les plus belles valeurs de notre famille africaine. Nous vous invitons à la vigilance contre les idéologies virulentes et nocives venant d'outre mer et se donnant le nom de culture moderne ».

Il encourage les familles catholiques à continuer d'accueillir des enfants comme un don de Dieu » et de « les former à la connaissance et à la crainte de Dieu, à être de futurs agents de la réconciliation, de la justice et de la paix ».

« La pauvreté rend encore des parents incapables de bien prendre soin de leurs enfants, ceci entraîne des conséquences désastreuses », déplore le message qui lance par conséquent « un appel aux gouvernements et aux autorités civiles », demandant qu'ils se « souviennent » qu'une nation « dont la législation détruit la famille agit à son propre détriment ».

« Bien des familles ne demandent que le minimum pour la survie. Elles ont droit de vivre », affirme le synode.

L'assemblée rend hommage au rôle des femmes en Afrique : « On doit globalement reconnaître et promouvoir la contribution spécifique des femmes, non seulement au foyer comme épouses et mères mais, aussi dans la sphère sociale. Le Synode recommande à nos Eglises locales de dépasser des déclarations générales pour mettre sur pied des structures concrètes en vue de réaliser la participation des femmes aux niveaux adéquats ».

Enfin, le synode dit sa préoccupation pour les jeunes adultes : « Ils sont souvent négligés, laissés pour compte et à la cible de toutes sortes d'idéologies et de sectes. Ce sont les mêmes qu'on recrute et qu'on emploie pour faire violence. Nous invitons ardemment toutes les Eglises locales à réserver à l'apostolat des jeunes une place de choix ».

Message du synode : Abstinence et fidélité, pour lutter contre le sida

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - L'abstinence et la fidélité sont des clefs de la victoire contre la transmisison du sida, affirme le synode pour l'Afrique au terme de ses travux, dans son message final.

Il s'adresse « à la conscience de ceux qui sont vraiment intéressés » par l'arrêt de « la transmission du sida par voie sexuelle », pour qu'ils « reconnaissent les succès déjà obtenus par les programmes qui proposent l'abstinence pour les non mariés et la fidélité pour les mariés ».

« L'Eglise est sans pareille dans la lutte contre le sida et dans les soins apportés à ceux qui en sont infectés et affectés en Afrique » ; rappelle le message du synode.

Le problème du sida ne se résout pas par la distribution de « prophylactiques », déclare le synode dans son message final.

« D'accord avec le Pape, ce Synode avertit solennellement que le problème ne saurait se résoudre par la distribution de prophylactiques », écrit le synode, en faisant allusion à la prise de position de Benoît XVI dans l'avion pour le Cameroun en mars dernier.

Le synode encourage les catholiques africains au service de la vie publique

Message du synode

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - Dans son message final, le synode des évêques pour l'Afrique encourage les catholiques africains au service de la vie publique : l'Afrique « a besoin de saints » à ces postes.

Le synode s'adresse « avec une profonde affection aux fidèles laïcs africains » en disant : « Vous êtes l'Eglise de Dieu dans les lieux publics de notre société. Grâce à vous, la vie et le témoignage de l'Eglise sont rendus plus visibles au monde ».

Le synode souligne les exigences - tout d'abord spirituelles - de ces engagements : « Ceci demande que vous permettiez à la foi chrétienne d'imprégner tous les aspects et toutes les dimensions de votre vie, en famille, au travail, dans l'exercice de diverses professions, dans la politique et dans la vie publique. Ce n'est pas une tâche facile. C'est pourquoi vous devez accéder aux moyens de la grâce par la prière et la fréquentation des sacrements ».

Plus encore, il annonce un « message très important et spécial » aux « catholiques africains » engagés dans « la vie publique » : « Nous louons la bravoure de beaucoup d'entre vous qui, passant outre les dangers et les insécurités des politiques en Afrique, vous donnez pour le service public de votre peuple, pour promouvoir le bien commun et le règne divin de la justice, de l'amour et de la paix, dans la ligne des enseignements de l'Eglise ».

Le synode lance cet appel à la sainteté : « L'Afrique a besoin de saints dans les hautes sphères politiques, de saints politiciens qui combattent la corruption, travaillent pour le bien du peuple et savent mobiliser les autres hommes et femmes de bonne volonté pour s'allier contre le mal commun qui assiège nos pays ».


Message du synode : Appel aux prêtres, en l'année sacerdotale

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - En cette Année sacerdotale, le synode adresse un appel aux prêtres d'Afrique « qui occupent une position clé dans l'apostolat du diocèse ».

« Catéchèse, formation de laïcs, accompagnement des responsables haut placés », cela ne portera pas de fruit, déclare le synode aux prêtres « sans votre plein engagement dans vos paroisses et dans vos postes de responsabilité ».

« Le Synode vous exhorte à ne pas négliger votre devoir en ce domaine », ajoute le Message final.

Mais surtout, le synode souligne que la « fidélité » des prêtres « aux engagements sacerdotaux, surtout le célibat dans la chasteté et le détachement de biens matériels », constitue « un témoignage éloquent pour le peuple de Dieu ».

« Ces derniers temps, l'Afrique est devenue aussi un terrain fertile pour les vocations », se réjouit en outre le message qui exhorte les prêtres à se montrer « performants au maximum dans leur apostolat en communion loyale et engagée avec la hiérarchie locale ».

Message du synode : Appel à la communauté internationale

Les multinationales doivent arrêter la dévastation criminelle de l'environnement


ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - Le synode des évêques spour l'Afrique lance un appel à communauté internationale : elle doit « traiter l'Afrique avec respect et dignité », notamment dans les domaines de la dette, de l'environnement, des conflits.

Il rappelle qu'avant la crise déjà « l'Afrique en appelait à un changement de l'ordre économique mondial, à cause des structures injustes qui s'entassaient sur elle ».

Or, « la récente turbulence dans le monde financier démontre qu'il est temps d'opérer des changements radicaux dans les règles du jeu. Mais ce serait une autre tragédie si ce réajustement devait viser les intérêts des riches au détriment des pauvres ».

« La plupart des conflits, des guerres et des situations de pauvreté en Afrique proviennent essentiellement de ces structures injustes », dénonce l'assemblée synodale.

Il demande un effort quant à la dette : « Un changement est nécessaire en ce qui concerne le poids de la dette pesant sur les nations pauvres, mortel pour leurs enfants ».

Il demande un effort quant à l'environnement : « Les multinationales doivent arrêter la dévastation criminelle de l'environnement dans leur vorace exploitation des ressources naturelles ».

« C'est une politique à courte vue qui fomente des guerres pour obtenir des gains rapides à partir du chaos, au prix des vies humaines et de sang répandu », dénonce l'assemblée.

« N'y aurait il personne dans leur rang qui soit capable et désireux d'arrêter ces crimes contre l'humanité ? », interroge le message final du synode

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Le message du synode demande la liberté de religion en Afrique

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - Le synode demande la liberté de religion en Afrique et encourage le dialogue interreligieux.

Dans son message final, le synode affirme que « la liberté de religion inclut aussi la liberté de partager sa foi, de la proposer et non de l'imposer, d'accepter et d'accueillir des convertis ».

Il demande la fin de cette situation inégale et injuste : « Les nations qui, de par la loi, interdisent à leurs citoyens d'embrasser la foi les privent de leur droit humain fondamental qui leur donne de choisir librement leur foi. Cela ne s'est passé que trop longtemps, et il est temps de revoir la situation sous l'angle du respect pour les droits fondamentaux de l'homme ».

Le synode demande la « réciprocité » : « Ce Synode avertit qu'une telle restriction des libertés empêche le dialogue sincère et porte entorse à une authentique collaboration. Puisque des chrétiens qui décident de changer de religion sont accueillis dans les rangs des musulmans, on doit pouvoir aboutir à la réciprocité dans cette affaire. La bonne direction, c'est le respect mutuel ».

Le message ne cache pas que le « fanatisme religieux » cause « des dégâts en maints endroits en Afrique. »

Or, l'homo africanus est religieux : « De notre culture religieuse traditionnelle, nous les africains avons un sens inné du Dieu Créateur ».

Et « quand cette ferveur religieuse en vient à être mal orientée par les fanatiques ou manipulée par les politiciens, des conflits surgissent et menacent d'engloutir tout le monde », déplore le synode.

Au contraire, le synode fait observer l'importante contribution des religions au bien de la société en disant : « Quand les religions reçoivent une orientation appropriée, elles constituent une grande force pour le bien, spécialement pour la paix et la réconciliation ».

Il souligne que l'assemblée a entendu des témoignages de « succès sur les chemins du dialogue avec les musulmans » et que « la réconciliation, la justice et la paix constituent en général la préoccupation des communautés entières en dehors de la problématique des croyances ».

Le synode lance donc cet appel à la collaboration entre croyants : « En se basant sur les nombreuses valeurs entre eux, musulmans et chrétiens peuvent œuvrer ensemble bâtir dans nos pays le règne de la paix et de la réconciliation ».

La couverture médiatique du synode est insuffisante

Estime le cardinal Napier

ROME, Vendredi 23 octobre 2009 (ZENIT.org) - Le cardinal Wilfrid Fox Napier, archevêque de Durban (Afrique du Sud) et président délégué de l'assemblée synodale, a estimé que l'espace consacré au synode dans les médias n'était « absolument pas » suffisant.

Dans une interview accordée à L'Osservatore Romano, le 23 octobre, il a ainsi regretté que la presse ne choisisse de publier que les sujets objets de controverses.

Le prélat a notamment souligné qu'en Afrique du Sud, « seul un journal, d'ailleurs catholique, s'est occupé du synode ». « Dans d'autres parties de l'Afrique, on n'en parle que s'il y a des stations radiophoniques catholiques ».

« En ce qui concerne le reste de la presse, je ne crois pas qu'ils fassent beaucoup », a-t-il ajouté. « Les choses spirituelles, les choses religieuses ne sont pas rapportées, à moins qu'il s'agisse de questions controversées ? Alors oui, on les publie », a-t-il dénoncé.

« Nous devrions demander aux médias d'annoncer de bonnes nouvelles », a affirmé le cardinal Napier. « Il serait bon que les journalistes nous aident à faire connaître ce que font vraiment les évêques ». « On en tirerait une meilleure image de l'Afrique ».

« Je pense que nous avons besoin de journalistes qui écoutent, observent et parfois, lisent entre les lignes ce qui est vraiment dit », a ajouté le président délégué de la seconde assemblée synodale pour l'Afrique.

Interrogé pour savoir si l'Afrique était trahie par les médias, le cardinal africain a dénoncé, sans toutefois généraliser, « certains médias qui ne rapportent que les aspects négatifs ». « Même quand ils parlent de l'Eglise, ils en parlent de manière négative », a-t-il souligné, notamment en ce qui concerne le thème du SIDA.

« Je pense en particulier à ces médias qui attribuent le manque de succès dans la lutte contre le SIDA, aux indications de l'Eglise contraires à l'utilisation du préservatif », a-t-il expliqué. « Ils ne reconnaissent pas l'engagement de l'Eglise dans l'œuvre de prévention et dans l'assistance à celui qui souffre ».