Texte Pris sur le site Misna (In English)
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ELEMENTS POUR UNE VEILLEE DE COMMEMORAISON DE L'ESCLAVAGE
ET DE PRIERE POUR L'ABOLITION DE TOUTES SES FORMES ACTUELLES
Mexico
Statue de Yanga, pionnier des révoltes noires contre l'esclavageAFRICA 23/8/2004 11:03
UNESCO: 2004 ANNEE CONTRE L'ESCLAVAGE D'HIER ET D'AUJOURD'HUI
De la ville de Cape Coast, sur la côte du Sénégal, d'où sont partis des millions d'esclaves, samedi dernier le directeur général de l'UNESCO (Organisme des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture), Koichiro Matsuura, a inauguré l'année 2004 pour la mémoire de la lutte contre l'esclavage. Pour les douze mois à venir les institutions des états membres de l'ONU, les agences des Nations Unies et les organisations internationales sont encouragées à promouvoir des initiatives qui diffusent la connaissance du phénomène de l'esclavage et font approfondir la prise de conscience des citoyens du monde entier sur cette tragique expérience souvent oubliée.Le choix de l'année 2004 pour lancer cette campagne internationale de sensibilisation fait également en référence au bicentenaire de l'indépendance d'Haïti, commémoré il y a quelques jours, dont les esclaves se rebellèrent en 1804 aux "maîtres" français, donnant vie à la première République noire au monde. L'esclavage est une pratique qui a distingué les communautés humaines sur de nombreux territoires et en diverses époques.
En Afrique le commerce des esclaves a été introduit par les arabes et en partie soutenu par les rivalités qui régnaient entre les tribus africaines, mais a été particulièrement exploité par les colonisateurs européens qui en firent un marché à large échelle et en fonction de leur propre système économique. Entre le XVIème et le XIXème siècle on estime que 15 millions d'Africains de diverses communautés ethniques du Gabon, du Ghana, du Togo, de la Côte d'Ivoire, du Bénin et du Nigeria ont été capturés comme des animaux sauvages et embarqués principalement vers les îles des Caraïbes et de là envoyés en Amérique septentrionale et méridionale. Nombreux sont ceux qui moururent pendant les traversées tandis qu'aux autres étaient réservé un destin de dégradation et de souffrance. Le premier pays qui a déclaré illégal le trafic d'esclaves a été la République Dominicaine en 1793, le dernier fut le Brésil en 1888.
Un fait moins connu: l'histoire de l'esclavage comprend quelques exemples de rébellion, parfois même victorieuses, qui rappellent la volonté de liberté et le rachat des populations noires. Hormis la révolte d'Haïti, il convient de rappeler par exemple l'histoire de Gaspar Yanga, originaire du Gabon qui en 1570 a conduit un soulèvement des esclaves au Mexique. En se retranchant avec 500 hommes dans une localité inaccessible de l'Etat de Veracruz, où il résista aux attaques de l'armée espagnole pendant plus de 30 ans, il réussit enfin à obtenir un traité de paix qui reconnut une sorte de "statut d'autonomie" à sa ville d'esclaves libérés, qui porte aujourd'hui son nom. L'initiative de l'ONU pour l'année 2004 veut renouveler la mémoire de cette page de l'histoire humaine en attirant l'attention sur le fait que l'esclavage n'a malheureusement pas disparu. Anti-slavery international, organisation non gouvernementale internationale qui veille sur le phénomène et combat toute forme d'esclavage, avertit que dans certains cas cette pratique s'est maintenue jusqu'à ce jour ou a trouvé de nouvelles évolutions. Elle survit comme assujettissement et privation de la liberté d'une minorité ethnique de la part de groupes dominants, comme c'est le casa au Soudan.
Dans d'autres cas, il se manifeste sous la forme de travail infantile dans des zones rurales ou de travaux domestiques de fillettes dans de riches demeures. En Asie l'esclavage prend la forme d'exploitation du travail infantile dans les usines. Anti-slavery international indique par ailleurs une nouvelle et abominable forme d'esclavage qui a vu le jour ces deux dernières décennies, à savoir le trafic de jeunes femmes destinées au marché de la prostitution en Europe et en Asie
AFRICA 23/8/2004 11:20
ESCLAVAGE: UNE JOURNEE POUR SE SOUVENIR ET S'INTERROGER A 360 DEGRES / 1
Yanga, Zumbi dos Palmares, "Nanny", Toussaint Louverture: en quelque sorte tous des "héros des deux mondes", et pourtant tous des inconnus ou presque aujourd'hui. Et dire que durant la journée internationale choisie aujourd'hui par l'ONU "en souvenir du commerce des esclaves et de son abolition" moment clou de l'année 2004 dédiée à ce thème devraient être plus que jamais les véritables protagonistes. Pourquoi aujourd'hui?L'UNESCO, organisation des Nations Unies pour l'instruction, la science et la culture, dans un message de son directeur général Koichiro Matsuura, rappelle: " La date du 23 août se réfère à l'insurrection qui débuta dans la nuit du 22 au 23 août 1791 sur l'île de Saint-Domingue (aujourd'hui divisée entre Haïti et la République Dominicaine) menée par Toussaint Louverture, le premier général noir. La révolte a conduit à la première victoire décisive des esclaves contre leurs oppresseurs dans l'histoire de l'humanité". Ce n'est sans doute pas un hasard qu'Haïti ait "hérité" d'une vie difficile et qu'aujourd'hui encore, certainement peu aidée, encore exploitée elle soit manipulée par de puissants intérêts internationaux et ne parvienne pas à sortir de sa plus récente crise, dernier chapitre d'une histoire malade la rendant une des nations les plus pauvres au monde. Le soupçon qui se lève est qu'après plus de deux siècles, cette première victoire incroyable d'un peuple opprimé comme d'autres dans d'autres grands pays n'ait pas encore été pardonnée. N'est-ce sans doute pas la persistance de diverses formes sournoises d'une sorte de "néo-esclavage" pour le moins "moral" en matière de lois, la violence non directement physique, au moins en théorie, est sérieusement punie qui représente la cause ou un co-facteur décisif se trouvant derrière de nombreux drames individuels et collectifs et en particulier en Afrique?
Même si toutefois, les Africains ayant combattu un peu partout dans le monde pour retrouver leur liberté ne sont pas rares, n'ayant pas même attendu l'aide tardive, souvent limitée de quelque rare "homme blanc". Rarement blanc, même dans la conscience d'un ingénu non colonialiste comme le Suédois Olof Palme, mystérieusement tué non pas hasard (sans que le coupable ne soit jamais trouvé ni de mobiles officiels avancés) justement après avoir gagné la réputation de champion des Africains les plus faibles et avoir conclu entre autres des accords plus équitables sur le commerce de leur café.
Qui a connaissance ou se souvient aujourd'hui des esclaves noirs anonymes ayant fui au XVIIème siècle dans les forêts de l'Etat brésilien de Palmares, qui ont reconstruit des villages africains appelés "quilombo" où ils ont résisté à la "reconquête" pendant 65 ans, également grâce à leur commandant le plus connu "Zumbi dos Palmares"? Et qui a jamais entendu parler de la courageuse et non identifiée "Nanny", appartenant au peuple Asante du Ghana, qui a guidé les ex-esclaves de la Jamaïque en guerre contre les Anglais de 1720 à 1739.
Ou de Yanga, l'esclave d'ascendance royale qui, emporté enchaîné au Mexique dans la seconde moitié de l'année 1500, a mis en échec les puissants "conquistadores" espagnols les contraignant à rebaptiser avec son nom la zone de montagne de San Lorenzo de Los Negros dans l'Etat de Veracruz. Peu connu et pourtant significatif est aussi le phénomène des maroons, dont le Yanga est un pionnier presque oublié, esclaves ayant fui à leur patron dans les Indes Occidentales entre le XVIIème et le XVIIIème siècles, protagonistes d'un des premiers chapitres oubliés de la bataille jamais conclue contre l'esclavage. Curieuse et non sans signification éclairante la parole anglo-franco-espagnole et latine choisie pour les identifier: derrière ce "maroon" se cache le mot français de marron, pour la couleur de la peau; en anglais vaut pour qui a été abandonné sur une île; en espagnol cimarron ( du latin "cima") qui signifie sauvage, rebelles, ayant fui au sommet des montagnes. Précisément comme le noble Yanga.
AFRICA 23/8/2004 11:59
ESCLAVAGE: UNE JOURNEE POUR SE SOUVENIR ET S'INTERROGER A 360 DEGRES / 2
Plus tard et bien plus au nord d'autres révoltes n'ont pas manqué, engagées par une élaboration politique bien plus avancée et avec les premiers soutiens de l'homme blanc. Comme celle qu'en 1859 dix ans après avoir travaillé avec la communauté new-yorkaise de North Elba le blanc John Brown (ironie et fatalité d'un nom de famille!) avait tenté de lancer, à plus de 60 ans, en West Virginie, en pillant le dépôt d'armes de Harpers Ferry pour aider ses protégés noirs. La révolte a échoué et Brown a été pendu quelques semaines plus tard. Moins de quatre ans après, le président Abraham Lincoln émanait lEmancipation Proclamation qui a été le premier acte, longtemps demeuré lettre morte, sur le chemin de l'abolition de l'esclavage.Au tout début du XXème siècle ont été organisées les premières réunions antiségrégationnistes de Niagara Falls, la zone des célèbres cascades, gare d'arrivée historique et abandonnée de la "Underground Railway", le train qui des Etats-Unis transportait clandestinement un autre convoi de nouveaux "maroons" au Canada, "île" accueillante et moins raciste. Avec ce train et dans ces réunions ont été jetées les bases du rêve de Martin Luther King. Mais l'esclavage, plus ou moins manifeste, semble ne jamais finir dans l'histoire.
Que sont aujourd'hui, si ce n'est des esclaves d'une situation internationale complexe (et perverse parfois) les boat people qui s'embarquent misérablement pour une traversée de la Méditerranée? Et les fillettes et garçonnets enrôlés comme militaires ou porteurs ou compagnes des pseudos seigneurs de la guerre comme Joseph Kony à cheval entre le nord de l'Ouganda et le Soudan? Les journaux remplissent aisément leurs pages et quelques membres de la "gauche caviar" saturent les salons avec des bavardages plus ou moins soignés sur le marché soudanais des esclaves phénomène complexe ayant des racines historiques et des caractéristiques bien diverses de celles peintes par la mode et la propagande courantes mais qui a le courage de réaliser des examens de conscience plus profonds et moins exotiques?
Comment peuvent être définis les millions de mineurs exploités pour mener des travaux dangereux et presque pas payés surtout dans le Sud du monde mais pas seulement par nombre de multinationales qui ont fondé la réputation de leurs marques à la mode sur ce sale présupposé, si ce n'est de néo-esclaves, pas même reconnus comme tels? Et les nombreuses femmes du Sud du monde et de l'Europe de l'est exposées à tout risque dans les rues du vice ou exploitées comme domestiques illégales ou mal payées dans les maisons élégantes des riches européens, ne sont-elles pas elles aussi des "néo-esclaves"? Sont-ils libres les yes-men qui pullulent dans certains gouvernements et dans les grandes sociétés de notre monde "global"? C'est une lapalissade réaffirmée chaque jour que, si pour une raison quelconque ils deviennent des no-men ils peuvent perdre leur emploi, comme l'a prouvé sans équivoque un "reality show", un programme télévisé américain du type "Big Brother" dans lequel le milliardaire Donald Trump simulait des embauches onctueuses et des licenciements sans pitié. Le "bon" Matsuura n'entendait certainement pas faire référence à ces nouvelles formes d'esclavage moral lorsqu'en décembre 2003 en rappelant aussi la Conférence mondiale de Durban contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et autres formes d'intolérance annonçait que l'Assemblée de l'ONU avait approuvé le programme de l'année contre l'esclavage. Mais cette initiative et ses paroles devraient toujours être présentes à l'esprit comme une boussole voisine et non pas comme une étoile polaire lointaine et tremblante, facilement obscurcie par les nuages épais du matérialisme inhumain qui semble caractériser toujours davantage le monde d'aujourd'hui. Relisons alors ensemble la réédition de l'article par lequel le 12 janvier dernier notre bulletin de nouvelles annonçait l'inauguration, faite au Sénégal, de l'année spéciale en cours.
A dire vrai, peu de choses ont été faites jusqu'à présent, mais essayons de vivre ce qui en reste, en répondant à l'appel qui constitue la "Pensée du jour" livrée en ouverture par la MISNA et à l'enseigne des paroles de M. Matsuura: " Le commerce des esclaves et l'esclavage constituent un des chapitres les plus obscurs de l'Histoire du monde ( ). Assurer une prise de conscience universelle de la tragédie du commerce des esclaves et de l'esclavage est une mission essentielle significative non seulement pour le passé mais aussi pour le présent et le futur. Son importance éducative, éthique et civique peut être grande si nous réussissons à y prêter suffisamment attention"

Mexico
Statue de Yanga, pionnier des révoltes noires contre l'esclavage
AFRICA 23/8/2004 11:12
UNESCO: 2004, YEAR AGAINST SLAVERY OF YESTERDAY AND TODAY
From Cape Coast on the coast of Senegal, from where millions of slaves set out on a journey of no return, last Saturday the director general of UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation), Koichiro Matsuura, inaugurated the International year to Commemorate the Struggle against Slavery and its Abolition. For the next 12 months, the institutions of UN member States, the agencies of the world body and international organisations are encouraged to promote initiatives that raise awareness about the phenomenon of slavery and increase the consciousness of citizens the world over concerning this frequently forgotten historical tragedy. It is no accident that the choice of 2004 for this international awareness-raising campaign coincides with the 200th anniversary of the independence of Haiti, whose slaves rose up against their French slave masters in 1804, giving rise to the worlds first black republic. The practice of slavery has characterised communities in many parts of the globe and in various eras. In Africa, the slave trade was introduced by the Arabs and partly sustained by rivalries between African tribes, but it was used particularly by European colonisers who turned it into a large-scale market serving the needs of their economy. Between the 16th and the 19th centuries, it is estimated that 15 million Africans from various ethnic communities in Gabon, Ghana, Togo, Ivory Coast, Benin and Nigeria, were captured like wild animals and shipped mainly to the Caribbean Islands, from where they were transferred to various parts of north and south America. Many died during the crossing, while the others experienced a life of degradation and suffering. The first country to outlaw the slave trade was the Dominican Republic, in 1793; the last was Brazil, in 1888. However, the history of slavery also includes less well-known examples of rebellion some of which were successful testifying to the black populations desire for freedom and redemption. Besides the uprising in Haiti, the history of Gaspar Yanga, from Gabon, is also worth remembering: in 1570, he led an uprising of slaves in Mexico. Holing himself up with 500 men in an inaccessible location in the state of Veracruz, where he fought off attacks by the Spanish army for over 30 years, he finally managed to obtain a peace treaty recognising a kind of autonomous statute for his city of freedmen, which today bears his name. The UN initiative for 2004 intends to renew the memory of this chapter of history, drawing attention to the fact that sadly slavery still exists. Anti-slavery International, an international non-governmental organisation that monitors the phenomenon and fights against every form of slavery, warns that in some cases the practice is still in use or has evolved into other forms. It survives in the subjugation and deprival of freedom of minority ethnic groups by dominant societies, as is the case in Sudan. On other occasions it manifests itself as the menial tasks performed by girls from rural areas, who are sent to serve in the homes of wealthy citizens. In Asia, slavery takes the form of the exploitation of child labour in its factories. Anti-slavery International also points up a new and equally abominable form of slavery to have emerged in the last two decades: the traffic of young women destined for the prostitution market in Europe and Asia.
AFRICA 23/8/2004 12:24
SLAVERY: A DAY FOR REMEMBRANCE AND A THOROUGH SELFEXAMINATION/
PART1
Yanga, Zumbi dos Palmares, Nanny, Toussaint Louverture: in some sense, they are all heroes of the two worlds, yet today they are almost all unknown. And to think that on todays International day in remembrance of the slave trade and its abolition the high point of 2004, which has been dedicated to this theme they should be the real protagonists more than ever before. Why today? In a message from its director general, Koichiro Matsuura, UNESCO (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation) recalls that the date of 23 August refers to the insurrection that began on the Island of Saint Domingue (today divided between Haiti and the Dominical Republic) on the night between 22 and 23 August 1791, led by Toussaint Louverture, the first black general. The revolt led to the first decisive victory by slaves over their oppressors in the history of humankind. It may be no accident that Haiti has had such a difficult time and that today, amid ongoing exploitation and manipulation by powerful international interests, it is struggling to emerge from its most recent crisis, the latest chapter in a sick history that has made it one of the poorest nations on earth. There is a sense that after two centuries, this first, incredible victory by an oppressed people has still not been completely forgiven. Might the persistence of various subtle forms of moral neo-slavery on paper at least, non-physical violence is severely punishable by law not be the cause of, or at least a co-factor in, the many personal and collective dramas particularly in the worlds South, and especially in Africa? Even if many Africans have fought all over the world to regain their freedom without waiting for the belated, often feeble and in any case only recent help of some rare white man. Rarely white even in the conscience of a genuine anti-colonialist such as the Swede Olof Palme, who was mysteriously killed just after he had gained the reputation as a champion of the most vulnerable Africans and secured fairer agreements for the trade of their coffee. Who knows about or gives a thought to the anonymous runaway black slaves who reconstructed African villages called quilombo in the forest in the Brazilian state of Palmares in the 17th century, from where they withstood being reconquered for 65 years, thanks also to their most famous commander, Zumbi dos Palmares? And who has ever heard of the courageous and no better identified Nanny, belonging to the Asante people of Ghana, who led the ex slaves in Jamaica in the war against the English from 1720 to 1739? Or of Yanga, the slave of royal ancestry who, carried to Mexico in shackles in the second half of the 16th century, defeated the powerful Spanish conquistadores, forcing them to rename the mountain town of San Lorenzo de Los Negros in the state of Veracruz after him? Then there is the little-known but relevant phenomenon of the maroons the runaway West Indian slaves of the 17th and 18th centuries, who took part in one of the first forgotten chapters of the unending battle against slavery of whom Yanga is an almost forgotten pioneer. The Anglo-Franco-Spanish-Latin word chosen to identify them is curious and illuminating: maroon evokes the French word for chestnut, but also the colour of its (and their) skin, but is also the English term for being stranded on an island; it similarly comjures the Spanish word cimarron (the Latin cima), which stands for wild, rebellious, one who has fled to the mountain tops. Just like the noble Yanga.
AFRICA 23/8/2004 13:21
SLAVERY: A DAY FOR REMEMBRANCE AND A THOROUGH SELF-EXAMINATION/ PART2
Later on, other revolts took place further north, which were underpinned by a more sophisticated political design and had the first tentative support of the white man. For example, ten years after working with the black community of North Elba (New York), at the age of almost 60 the white man John Brown tried to start a revolt in West Virginia in 1859, looting the Harpers Ferry arms store to help his black protégés. The uprising failed and Brown was hanged a few weeks later. Less than four years later, President Abraham Lincoln issued the Emancipation Proclamation, which was the first step, albeit for a long time unapplied, towards the abolition of slavery. Then, at the dawn of the 20th century, the first anti-segregationist meetings were held in Niagra Falls, the historic and neglected terminus of the Underground Railway, the train that smuggled another group of maroons to the welcoming and less racist Canada. On that train and during those meetings, the dream of Martin Luther King began to take shape. However, history seems to have no end of more or less noticeable slaves. What are the boat people who continue to ply the Mediterranean if not slaves of a complex (and sometimes also perverse) international scenario? And the girls and boys who are enlisted as soldiers or small hetaerae by pseudo warlords such as Joseph Kony between north Uganda and Sudan? Newspapers easily fill their columns and the radical chic set chats more or less accurately about the slave market in Sudan a complex phenomenon with its roots in history and whose characteristics are very different to the ones portrayed by current propaganda and fashions but who has the courage to conduct a more thorough and less exotic self-examination at close range? How to define the millions of minors exploited by multinationals in dangerous and almost unpaid tasks if not as unrecognised neo-slaves? And is the same not true for many women from the worlds South or Eastern Europe, who are forced to work the streets at great personal risk, or who are exploited and underpaid as illegal domestic servants in wealthy and elegant European homes? Are the yes-men with whom some governments and firms throughout the world are teeming free? If for some reason they should become no-men they risk finding themselves out of a job. Matsuura certainly had no intention of referring to these new, subtle forms of moral slavery when in December 2003 he announced that the UN General Assembly had approved the programme for the year against slavery. But the initiative and his words should be kept in mind like a nearby compass rather than a distant and faltering pole star, which can be obscured by the heavy clouds of callous materialism that seems to increasingly characterise todays world. Lets read together the re-run of the article with which, on 12 January, MISNA announced the start of the special year currently underway. To tell the truth, little has been done up to now, but lets try to live what is left in response to the appeal contained in todays Thought of the day: The slave trade and slavery represent one of the darkest chapters in the history of the world ( )Ensuring universal awareness of the tragedy of the slave trade and slavery is thus an essential task which has relevance not only for the past but also for the present and the future. Its educational, ethical and civic importance can be considerable if we manage to give it sufficient attention.