Texte Pris sur le site Zénith

Journée pour la paix : "Oui nous le voulons"

Veillée de prière place Saint-Pierre, 7 septembre 2013
Pape François

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ROME, 7 septembre 2013 (Zenit.org) - « Pouvons-nous sortir de cette spirale de douleur et de mort ?... Ce soir, je voudrais que de toutes les parties de la terre nous criions : Oui, c’est possible à tous ! Ou mieux, je voudrais que chacun de vous, du plus petit au plus grand, jusqu’à ceux qui sont appelés à gouverner les Nations, réponde : Oui, nous le voulons », exhorte le pape François.

Ce samedi soir, 7 septembre 2013, de 19h à 23h, a eu lieu une veillée de prière, place Saint-Pierre, à l’occasion de la Journée de prière et de jeûne pour la paix en Syrie, au Moyen-Orient et dans le monde, convoquée par le pape.

La veillée s’est déroulée dans une atmosphère de gravité et de recueillement. Après un temps de chapelet et de litanies, le pape a prononcé une homélie, tandis que la nuit était déjà tombée sur une place Saint-Pierre comble. Puis a eu lieu un temps d’adoration.

Homélie du pape François

« Dieu vit que cela était bon » (Gn 1, 12.18.21.25). Le récit biblique du début de l’histoire du monde et de l’humanité nous parle de Dieu qui regarde la création, la contemple presque, et répète : cela est bon. Chers frères et sœurs, cela nous fait entrer dans le cœur de Dieu et, de l’intime de Dieu, nous recevons son message.

Nous pouvons nous demander : quelle signification a ce message ? Que me dit ce message à moi, à toi, à nous tous ?

1. Il nous dit simplement que dans le cœur et dans la pensée de Dieu notre monde est la 'maison de l’harmonie et de la paix', et est le lieu où tous peuvent trouver leur place et se sentir 'chez soi', parce que cela est « bon ». Tout le créé forme un ensemble harmonieux, bon, mais surtout les humains, faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, sont une unique famille, dans laquelle les relations sont marquées par une fraternité réelle non seulement proclamée en paroles : l’un et l’autre sont le frère et la sœur à aimer, et la relation avec le Dieu qui est amour, fidélité, bonté se reflète sur toutes les relations entre les êtres humains et apporte l’harmonie à la création tout entière. Le monde de Dieu est un monde dans lequel chacun se sent responsable de l’autre, du bien de l’autre.

Ce soir, dans la réflexion, dans le jeûne, dans la prière, chacun de nous, tous nous pensons au fond de nous-mêmes : ne serait-ce pas peut-être ce monde que nous désirons ? Ne serait-ce pas peut-être ce monde que tous portent dans le cœur ? Le monde que nous voulons, n’est-il pas peut-être un monde d’harmonie et de paix, en nous-mêmes, dans les rapports avec les autres, dans les familles, dans les villes, dans et entre les nations ? Et la vraie liberté dans le choix des chemins à parcourir en ce monde, n’est-elle pas peut-être celle qui est orientée vers le bien de tous et qui est guidée par l’amour ?

2. Mais demandons-nous maintenant : est-ce cela le monde dans lequel nous vivons ? Le créé conserve sa beauté qui nous remplit d’émerveillement, reste une œuvre bonne. Mais il y a aussi « la violence, la division, le conflit, la guerre ». Cela arrive quand l’homme, sommet de la création, abandonne le regard sur l’horizon de la beauté et de la bonté, et se renferme dans son égoïsme.

Quand l’homme pense seulement à lui-même, à ses propres intérêts et se place au centre, quand il se laisse séduire par les idoles de la domination et du pouvoir, quand il se met à la place de Dieu, alors il abîme toutes les relations, il ruine tout ; et il ouvre la porte à la violence, à l’indifférence, au conflit. C’est exactement ce que veut nous faire comprendre le passage de la Genèse qui raconte le péché de l’être humain : l’homme entre en conflit avec lui-même, s’aperçoit qu’il est nu et se cache parce qu’il a peur (Gn 3,10), il a peur du regard de Dieu ; il accuse la femme, celle qui est chair de sa chair (v.12) ; il rompt l’harmonie avec le créé, arrive à lever la main contre le frère pour le tuer. Pouvons-nous dire que l’harmonie est devenue 'dis-harmonie' ? Non, la 'dis-harmonie' n’existe pas : ou il y a l’harmonie, ou on tombe dans le chaos où il y a violence, querelle, conflit, peur…

C’est justement dans ce chaos que Dieu demande à la conscience de l’homme : « Où est Abel ton frère ? ». Et Caïn répond : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? » (v.9). Cette question nous est aussi adressée et il serait bien que nous nous demandions : Suis-je le gardien de mon frère ? Oui, tu es le gardien de ton frère ! Être une personne humaine signifie être gardiens les uns des autres ! Et au contraire, quand se rompt l’harmonie, suit une métamorphose : le frère à garder et à aimer devient l’adversaire à combattre, à supprimer.

Que de violence naît à ce moment, que de conflits, que de guerres ont marqué notre histoire ! Il suffit de voir la souffrance de tant de frères et sœurs. Il ne s’agit pas de quelque chose de conjoncturel, mais c’est la vérité : dans chaque violence et dans chaque guerre, nous faisons renaître Caïn. Nous tous ! Et aujourd’hui aussi, nous continuons cette histoire de conflit entre frères, aujourd’hui aussi, nous levons la main contre celui qui est notre frère.

Aujourd’hui aussi nous nous laissons guider par les idoles, par l’égoïsme, pas nos intérêts ; et cette attitude continue : nous avons perfectionné nos armes, notre conscience s’est endormie, nous avons rendu plus subtiles nos raisons pour nous justifier. Comme si c’était une chose normale, nous continuons à semer destruction, douleur, mort ! La violence, la guerre apportent seulement la mort, parlent de mort ! La violence et la guerre ont le langage de la mort !

Après le chaos du Déluge, il cessa de pleuvoir : on vit l'arc-en-ciel et la colombe apporta un rameau d'olivier. Je pense aussi aujourd'hui à cet olivier, représentant les diverses religions, que nous avons planté à Buenos Aires, sur la "Piazza de Mayo" en 2000, en demandant qu'il n'y ait plus de chaos, en demandant qu'il n'y ait plus de guerre, en demandant la paix.

3. À ce point, je me demande : Est-il possible de parcourir une autre voie ? Pouvons-nous sortir de cette spirale de douleur et de mort ? Pouvons-nous apprendre de nouveau à marcher et à parcourir les chemins de la paix ? En invoquant l’aide de Dieu, sous le regard maternel de la Vierge Salus populis romani, Reine de la paix, je veux répondre : Oui, c’est possible à tous ! Ce soir, je voudrais que de toutes les parties de la terre nous criions : Oui, c’est possible à tous ! Ou mieux, je voudrais que chacun de vous, du plus petit au plus grand, jusqu’à ceux qui sont appelés à gouverner les Nations, réponde : Oui, nous le voulons !

Ma foi chrétienne me pousse à regarder la Croix. Comme je voudrais que pendant un moment tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté regardent la Croix ! On peut y lire la réponse de Dieu : là, à la violence on ne répond pas par la violence, à la mort, on ne répond pas par le langage de la mort. Dans le silence de la Croix, se tait le bruit des armes et parle le langage de la réconciliation, du pardon, du dialogue, de la paix. Je voudrais demander au Seigneur, ce soir, que nous, chrétiens, frères des autres Religions, chaque homme et chaque femme de bonne volonté crie avec force : la violence et la guerre ne sont jamais la voie de la paix !

Que chacun s’applique à regarder au fond de sa conscience et écoute cette parole qu’elle dit : sors de tes intérêts qui atrophient le cœur, dépasse l’indifférence envers l’autre qui rend le cœur insensible, vaincs tes raisons de mort et ouvre-toi au dialogue, à la réconciliation : regarde la douleur de ton frère et n’ajoute pas une autre douleur, arrête ta main, reconstruis l’harmonie qui s’est brisée ; et cela non par le conflit, mais par la rencontre !

Que se taisent les armes ! La guerre marque toujours l’échec de la paix, elle est toujours une défaite pour l’humanité. Encore une fois, les paroles de Paul VI résonnent : « Plus les uns contre les autres, plus, jamais !... Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! » (Discours aux Nations unies, 4 octobre 1965 : AAS 57 [1965], 881). « La paix s’affermit seulement par la paix, celle qui n’est pas séparable des exigences de la justice, mais qui est alimentée par le sacrifice de soi, par la clémence, par la miséricorde, par la charité » (Message pour la Journée mondiale de la Paix 1976 AAS 67 [1975], 671). Pardon, dialogue, réconciliation sont les paroles de la paix : dans la bien-aimée Nation syrienne, au Moyen-Orient, partout dans le monde ! Prions pour la réconciliation et pour la paix, travaillons pour la réconciliation et pour la paix, et devenons tous, dans tous les milieux, des hommes et des femmes de réconciliation et de paix ! Amen.


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Paroles du pape François à l'angélus (texte intégral)
8 Septembre 2013
Le vrai combat: renoncer au mal et choisir le bien

Anita Bourdin

ROME, 8 septembre 2013 (Zenit.org) - Le pape François demande de renoncer à la "haine fratricide", au "mensonge" et au "commerce illégal des armes". Il invite à continuer à prier pour la paix et confie cette intention à la Vierge Marie. Il cite la Syrie, le Liban, l'Irak, Israël et la Palestine, et l'Egypte.

Le pape a en effet prié l'angélus dominical à midi place Saint-Pierre en présence de dizaines de milliers de visiteurs.

Paroles du pape avant l'angélus

Chers frères et sœurs,

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus insiste sur les conditions pour être ses disciples : ne rien préférer à l’amour de Lui, porter sa croix et le suivre. En effet beaucoup de gens s’approchaient de Jésus, voulait faire partie de ses disciples ; cela arrivait spécialement après tel signe prodigieux qui l’accréditait comme le Messie, le Roi d’Israël. Mais Jésus ne veut tromper personne. Il sait bien ce qui l’attend à Jérusalem, quel est le chemin que le Père lui demande de prendre : c’est le chemin de la croix, du sacrifice de soi pour le pardon de nos péchés.

Suivre Jésus ne signifie pas participer à un cortège triomphal ! Cela signifie partager son amour miséricordieux, entrer dans sa grande œuvre de miséricorde pour chaque homme et pour tous les hommes. Et ce pardon universel passe par la croix. Mais Jésus ne veut pas accomplir cette œuvre tout seul : il veut nous impliquer nous aussi sans la mission que le Père lui a confiée. Après sa résurrection, il dira à ses disciples : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie… Ceux à qui vous pardonnerez les péchés seront pardonnés » (Jn 20,21.22).

Le disciple de Jésus renonce à tous les biens parce qu’il a trouvé en Lui le Bien plus grand, dans lequel tout autre bien reçoit sa valeur et sa signification plénières : les liens de famille, les autres relations, le travail, les biens culturels, et économiques… Le chrétien se détache de tout et retrouve tout, dans la logique de l’Evangile, la logique de l’amour et du service.

Pour expliquer cette exigence, Jésus utilise deux paraboles : celle de la tour à construire et celle du roi qui part à la guerre. Cette seconde parabole dit : « Quel roi, partant en guerre contre un autre roi, ne s’assied pas d’abord pour examiner s’il peut affronter avec dix mille hommes celui qui vient à sa rencontre avec vingt mille ? Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie des messagers pour demander la paix » (Lc 14,31-32).

Ici, Jésus n’a pas l’intention d’affronter le thème de la guerre, ce n’est qu’une parabole. Mais, en ce moment où nous prions fortement pour la paix, cette Parole du Seigneur nous touche vivement, et en substance, elle nous dit : "Il y a une guerre plus profonde que nous devons combattre, tous ! C’est la décision forte et courageuse de renoncer au mal et à ses séductions et de choisir le bien, prêts à payer de notre personne : c’est cela de suivre le Christ, prendre sa croix !"

Cela comporte, entre autres, de dire non à la haine fratricide et aux mensonges dont elle se sert, à la violence sous toutes ses formes, à la prolifération des armes et à leur commerce illégal. Voilà les ennemis à combattre ensemble et avec cohérence, en ne suivant pas d’autres intérêts que ceux de la paix et du bien commun.

Chers frères, aujourd’hui nous rappelons aussi la Nativité de la Vierge Marie, une fête particulièrement chère aux Eglises orientales. Jésus est le soleil, Marie est l’aurore qui annonce à l’avance son lever. Hier soir, nous avons veillé en confiant à son intercession notre prière pour la paix dans le monde, spécialement en Syrie et dans tout le Moyen Orient. Invoquons-la maintenant comme la Reine de la Paix.

Après l’angélus

Je voudrais remercier tous ceux qui, de différentes façons, ont adhéré à la veillée de prière et de jeûne d’hier soir. Je remercie toutes les personnes qui y ont uni l’offrande de leurs souffrances. Je remercie les autorités civiles, ainsi que les membres d’autres communautés chrétiennes ou d’autres religions, les hommes et les femmes de bonne volonté qui ont vécu, en cette circonstance, des moments de prière, de jeûne, de réflexion.

Mais l’engagement continue : avançons, avec la prière et les œuvres de paix ! Je vous invite à continuer à prier pour que cesse immédiatement la violence et la dévastation en Syrie et que l’on travaille avec un engagement renouvelé pour une solution juste au conflit fratricide. Prions aussi pour les autres pays du Moyen Orient, en particulier pour le Liban, afin qu’il trouve la stabilité désirée et qu’il continue à être un modèle de coexistence ; pour l’Irak, afin que la violence sectaire laisse la place à la réconciliation ; et pour le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, afin qu’il progresse avec décision et courage. Et prions pour l’Egypte, afin que tous les Egyptiens, musulmans et chrétiens, s’engagent à construire ensemble la société pour le bien de toute la population. La recherche de la paix est longue et elle requiert patience et persévérance !

A Rovigo, Maria Bolognesi a été proclamée bienheureuse : une fidèle laïque de cette terre, née en 1824 et morte en 1980. Elle a passé toute sa vie au service des autres, spécialement des pauvres et des malades, en supportant de grandes souffrances en union profonde avec la passion du Christ. Rendons grâce à Dieu pour ce témoin de l’Evangile.

Le pape a ensuite salué différents groupes avant de conclure :

A tous bon dimanche, et bon déjeuner !

 


site Zenit

Pope's Homily at Vigil of Prayer for Peace

7th September 2013

"Violence is not answered with violence, death is not answered with the language of death"

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VATICAN CITY, September 07, 2013 (Zenit.org) - Here is a Vatican translation of the homily Pope Francis gave this evening in the prayer vigil held in St. Peter's Square. The Holy Father declared today a Day of Fasting and Prayer for Peace in Syria and around the world. He led a vigil in St. Peter's Square, which included the praying of the rosary, and Eucharistic adoration.

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"And God saw that it was good" (Gen 1:12, 18, 21, 25). The biblical account of the beginning of the history of the world and of humanity speaks to us of a God who looks at creation, in a sense contemplating it, and declares: "It is good". This, dear brothers and sisters, allows us to enter into God’s heart and, precisely from within him, to receive his message.

We can ask ourselves: what does this message mean? What does it say to me, to you, to all of us?

1. It says to us simply that this, our world, in the heart and mind of God, is the "house of harmony and peace", and that it is the space in which everyone is able to find their proper place and feel "at home", because it is "good". All of creation forms a harmonious and good unity, but above all humanity, made in the image and likeness of God, is one family, in which relationships are marked by a true fraternity not only in words: the other person is a brother or sister to love, and our relationship with God, who is love, fidelity and goodness, mirrors every human relationship and brings harmony to the whole of creation. God’s world is a world where everyone feels responsible for the other, for the good of the other. This evening, in reflection, fasting and prayer, each of us deep down should ask ourselves: Is this really the world that I desire? Is this really the world that we all carry in our hearts? Is the world that we want really a world of harmony and peace, in ourselves, in our relations with others, in families, in cities, in and between nations? And does not true freedom mean choosing ways in this world that lead to the good of all and are guided by love?

2. But then we wonder: Is this the world in which we are living? Creation retains its beauty which fills us with awe and it remains a good work. But there is also "violence, division, disagreement, war". This occurs when man, the summit of creation, stops contemplating beauty and goodness, and withdraws into his own selfishness.

When man thinks only of himself, of his own interests and places himself in the centre, when he permits himself to be captivated by the idols of dominion and power, when he puts himself in God’s place, then all relationships are broken and everything is ruined; then the door opens to violence, indifference, and conflict. This is precisely what the passage in the Book of Genesis seeks to teach us in the story of the Fall: man enters into conflict with himself, he realizes that he is naked and he hides himself because he is afraid (cf. Gen 3: 10), he is afraid of God’s glance; he accuses the woman, she who is flesh of his flesh (cf. v. 12); he breaks harmony with creation, he begins to raise his hand against his brother to kill him. Can we say that from harmony he passes to "disharmony"? No, there is no such thing as "disharmony"; there is either harmony or we fall into chaos, where there is violence, argument, conflict, fear ....

It is exactly in this chaos that God asks man’s conscience: "Where is Abel your brother?" and Cain responds: "I do not know; am I my brother’s keeper?" (Gen 4:9). We too are asked this question, it would be good for us to ask ourselves as well: Am I really my brother’s keeper? Yes, you are your brother’s keeper! To be human means to care for one another! But when harmony is broken, a metamorphosis occurs: the brother who is to be cared for and loved becomes an adversary to fight, to kill. What violence occurs at that moment, how many conflicts, how many wars have marked our history! We need only look at the suffering of so many brothers and sisters. This is not a question of coincidence, but the truth: we bring about the rebirth of Cain in every act of violence and in every war. All of us! And even today we continue this history of conflict between brothers, even today we raise our hands against our brother. Even today, we let ourselves be guided by idols, by selfishness, by our own interests, and this attitude persists. We have perfected our weapons, our conscience has fallen asleep, and we have sharpened our ideas to justify ourselves. As if it were normal, we continue to sow destruction, pain, death! Violence and war lead only to death, they speak of death! Violence and war are the language of death!

After the chaos of the flood, when it stopped raining, a rainbow appeared and the dove returned with an olive branch. Today, I think also of that olive tree which representatives of various religions planted in the Plaza de Mayo in Buenos Aires in 2000, asking that there be no more chaos, asking that there be no more war, asking for peace.

3. And at this point I ask myself: Is it possible to walk the path of peace? Can we get out of this spiral of sorrow and death? Can we learn once again to walk and live in the ways of peace? Invoking the help of God, under the maternal gaze of the Salus Populi Romani, Queen of Peace, I say: Yes, it is possible for everyone! From every corner of the world tonight, I would like to hear us cry out: Yes, it is possible for everyone! Or even better, I would like for each one of us, from the least to the greatest, including those called to govern nations, to respond: Yes, we want it! My Christian faith urges me to look to the Cross. How I wish that all men and women of good will would look to the Cross if only for a moment! There, we can see God’s reply: violence is not answered with violence, death is not answered with the language of death. In the silence of the Cross, the uproar of weapons ceases and the language of reconciliation, forgiveness, dialogue, and peace is spoken. This evening, I ask the Lord that we Christians, and our brothers and sisters of other religions, and every man and woman of good will, cry out forcefully: violence and war are never the way to peace! Let everyone be moved to look into the depths of his or her conscience and listen to that word which says: Leave behind the self-interest that hardens your heart, overcome the indifference that makes your heart insensitive towards others, conquer your deadly reasoning, and open yourself to dialogue and reconciliation. Look upon your brother’s sorrow – I think of the children: look upon these… look at the sorrow of your brother, stay your hand and do not add to it, rebuild the harmony that has been shattered; and all this achieved not by conflict but by encounter! May the noise of weapons cease! War always marks the failure of peace, it is always a defeat for humanity. Let the words of Pope Paul VI resound again: "No more one against the other, no more, never! ... war never again, never again war!" (Address to the United Nations, 1965). "Peace expresses itself only in peace, a peace which is not separate from the demands of justice but which is fostered by personal sacrifice, clemency, mercy and love" (World Day of Peace Message, 1975). Brothers and Sisters, forgiveness, dialogue, reconciliation – these are the words of peace, in beloved Syria, in the Middle East, in all the world! Let us pray this evening for reconciliation and peace, let us work for reconciliation and peace, and let us all become, in every place, men and women of reconciliation and peace! So may it be.

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On the Choice to Be a Disciple
Angelus 8th September 2013
"Jesus does not want to delude anyone"

VATICAN CITY, September 08, 2013 (Zenit.org) - Here is a translation of the address Pope Francis gave today before and after praying the midday Angelus with those gathered in St. Peter's Square.

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Dear brothers and sisters, hello!

In today’s Gospel, Jesus insists on the conditions of being his disciples: Do not oppose anything to your love for him, carry your cross and follow him. Many people, in fact, approached Jesus. They wanted to be his disciples; this especially happened after some miraculous sign, which confirmed him as the Messiah, the King of Israel. But Jesus does not want to delude anyone. He knows well what awaits him at Jerusalem, what way the Father wants him to go. It is the way of the cross, for the sacrifice of himself for the forgiveness of our sins. Following Jesus does not mean being a member of some triumphant entourage! It means sharing his merciful love, entering into his great work of mercy for each man and for all men. Jesus’ work is simply a work a mercy, of forgiveness, of love! Jesus is so merciful! And this universal pardon, this universal mercy, passes through the cross. Jesus does not to do this work alone: he wants to involve us too in the mission that the Father has given him. After the resurrection he will say to his disciples: “As the Father has sent me, so I send you … Those whose sins you forgive, they will be forgiven” (John 20:21, 22). The disciple of Jesus gives up all he has, all his goods, because he has found in him the greatest Good from which every other good receives its full value and meaning: family bonds, other relationships, work, cultural and economic goods and so on… The Christian detaches himself from everything and rediscovers all of it in the logic of the Gospel, the logic of love and service.

To explain this demand Jesus uses two parables: that of the tower that must be built and that of the king who goes to war. Jesus states in the second parable: “What king, going to war against another king, does not first sit down and determine whether he cannot defeat with 10,000 men the one who is marching on him with 20,000? If he cannot, while the other is still far away, he sends messengers to ask for peace” (Luke 14:31-32). Here Jesus does not intend to address the topic of war. It is only a parable. However, at the present time when we are fervently praying for peace, this Word of the Lord strikes at our heart and the substance of it tells us: there is a deeper war that all of us must fight! It is the tough and courageous decision to reject evil and its seductions and to choose the good, ready to pay personally. This profound war of fighting evil is following Christ! This is carrying our cross! What point is there to fighting wars, many wars, if you are incapable of fighting this deeper war against evil? It is pointless! It is unacceptable… Among other things this war against evil entails saying no to fratricidal hatred and the lies that serve it; saying no to violence in all its forms; saying no to the proliferation of weapons and their illegal trafficking. There is so much! So much! And the doubt always remains: that war there, that other one there – because there are wars everywhere – is it truly a war over real problems or is it a commercial war to sell illegal weapons? These are the enemies to fight, unified and with consistency, with no other interests at heart but those of peace and the common good.

Dear brothers and sisters, today we also remember the Nativity of the Virgin Mary, a feast especially dear to the Eastern Churches. And all of us, now, we can send a kind greeting to all our brothers and sisters, bishops and monks of the Eastern Churches, Orthodox and Catholic: a kind greeting! Jesus is the sun. Mary is the dawn that announces his rising. Yesterday evening we held a vigil entrusting to Mary’s intercession our prayer for peace in the world, especially in Syria and in the whole Middle East. Let us invoke Mary now as Queen of Peace. Queen of Peace pray for us! Queen of Peace pray for us!

[Following the recitation of the Angelus the Holy Father greeted those present:]

I would like to thank everyone who, in various ways, joined in the Vigil of Prayer and Fasting yesterday evening. I thank the many people who united the offering of their sufferings. I express my gratitude to the civil authorities, as well as to the members of other Christian communities and of other religions, and to men and women of good will who have undertaken, on this occasion, periods of prayer, fasting and reflection.

But the task remains: we move forward with prayer and works of peace. I invite you to continue to pray so that the violence and devastation in Syria may cease immediately and that a renewed effort be undertaken to achieve a just solution to this fratricidal conflict. Let us pray also for other countries in the Middle East, in particular for Lebanon, that it may find its hoped-for stability and continue to be a model of peaceful co-existence; for Iraq, that sectarian violence may give way to reconciliation; and that the peace process between the Israelis and Palestinians may proceed with determination and courage. Finally, let us pray for Egypt, that all Egyptians, Muslims and Christians, may commit themselves to build up together a society dedicated to the good of the whole population.

[The two preceding paragraphs are from the official Vatican English translation of the Holy Father’s remarks.]

With joy we recall that yesterday, in Rovigo, Maria Bolognesi was beatified, a faithful laywoman of that place, who was born in 1924 and died in 1980. She spent her whole life in the service of others, especially the poor and sick, enduring great sufferings in profound union with the passion of Christ. Let us thank God for her witness to the Gospel!

I greet with affection all the pilgrims present, all of you! In particular I greet the faithful of the Patriarchate of Venice, led by the Patriarch; the alumni and alumnae of Figlie di Maria Ausiliatrice (Daughters of Mary Help [of Christians]); and the participants in the “Campaign of Our Lady Pilgrim of Schoenstatt.”

I greet the faithful of Carcare, Bitonto, Sciacca, Nocera Superiore, and of the Diocese of Acerra; the Compagnia delle Sorelle del Santo Rosario di Villa Pitignano (Society of Sisters of the Holy Rosary of Villa Pitignano); the young people of Torano Nuovo, Martignano, Tencarola and Carmignano, and the Sorelle della Misericordia di Verona (Sisters of Mercy of Verona).

I greet the choir of San Giovanni Ilarione, the “Pace e Gioia” (Peace and Joy) associations of Santa Vittoria d’Alba and Calima di Orzinuovi, and the blood donors of Cimolais.

I wish everyone a good Sunday. Have a good lunch and goodbye.