MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA
51ème JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE
POUR LES VOCATIONS

11 Mai 2014– IVe DIMANCHE DE PÂQUES

Thème: Les vocations, témoignage de la vérité

Voir La Formation des Missionnaires d'Afrique
Statistiques Etudiants - Ordinations 2013 - Prieres pour les vocations missionnaires

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

Chers frères et sœurs,

1. L’Évangile raconte que « Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages... Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Alors il dit à ses disciples : “La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson” » (Mt 9, 35-38). Ces paroles nous surprennent, car nous savons tous qu’il faut d’abord labourer, semer et cultiver pour pouvoir ensuite, le moment venu, moissonner une récolte abondante. Jésus affirme en revanche que « la moisson est abondante ». Mais qui a travaillé pour que le résultat soit tel ? Il n’y a qu’une seule réponse : Dieu. Évidemment, le champ dont parle Jésus est l’humanité, c’est nous. Et l’action efficace qui est à l’origine du « beaucoup de fruit » est la grâce de Dieu, la communion avec lui (cf. Jn 15, 5). La prière que Jésus sollicite de l’Église concerne donc la demande d’accroître le nombre de ceux qui sont au service de son Royaume. Saint Paul, qui a été l’un de ces “collaborateurs de Dieu”, s’est prodigué inlassablement pour la cause de l’Évangile et de l’Église. Avec la conscience de celui qui a personnellement expérimenté à quel point la volonté salvifique de Dieu est insondable, et l’initiative de la grâce est à l’origine de toute vocation, l’apôtre rappelle aux chrétiens de Corinthe : « Vous êtes le champ de Dieu » (1 Co 3, 9). C’est pourquoi naît tout d’abord dans notre cœur l’étonnement pour une moisson abondante que Dieu seul peut accorder ; ensuite la gratitude pour un amour qui nous précède toujours ; enfin, l’adoration pour l’œuvre qu’il a accomplie, qui demande notre libre adhésion pour agir avec lui et pour lui.

2. Bien des fois nous avons prié avec les paroles du Psalmiste : « Il nous a faits et nous sommes à lui, nous son peuple, son troupeau » (Ps 100, 3) ; ou encore : « C'est Jacob que le Seigneur a choisi, Israël dont il a fait son bien » (Ps 135, 4). Eh bien, nous sommes la “propriété” de Dieu non pas au sens de la possession qui rend esclaves, mais d’un lien fort qui nous unit à Dieu et entre nous, selon un pacte d’alliance qui demeure pour l’éternité « car éternel est son amour » (Ps 136). Dans le récit de la vocation du prophète Jérémie, par exemple, Dieu rappelle qu’il veille continuellement sur chacun, afin que sa Parole se réalise en nous. L’image adoptée est celle de la branche d’amandier qui fleurit avant tous les autres, annonçant la renaissance de la vie au printemps (cf. Jr 1, 11-12). Tout provient de lui et est don de lui ; le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir, mais — rassure l’apôtre — « vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 23). Voilà expliquée la modalité d’appartenance à Dieu : à travers le rapport unique et personnel avec Jésus, que le baptême nous a conféré dès le début de notre renaissance à une vie nouvelle. C’est donc le Christ qui nous interpelle sans cesse par sa Parole afin que nous mettions notre confiance en lui, en l’aimant « de tout notre cœur, de toute notre intelligence et de toute notre force » (cf. Mc 12, 33). C’est pourquoi chaque vocation, malgré la pluralité des voies, demande toujours un exode de soi-même pour centrer sa propre existence sur le Christ et sur son Évangile. Que ce soit dans la vie conjugale, que ce soit dans les formes de consécration religieuse, que ce soit dans la vie sacerdotale, il faut dépasser les manières de penser et d’agir qui ne sont pas conformes à la volonté de Dieu. C’est un exode « qui nous conduit à un chemin d’adoration du Seigneur et de service à lui dans nos frères et sœurs » (Discours à l’Union internationale des supérieures générales, 8 mai 2013). C’est pourquoi nous sommes tous appelés à adorer le Christ dans nos cœurs (cf. 1 P 3, 15), pour nous laisser rejoindre par l’impulsion de la grâce contenue dans la semence de la Parole, qui doit croître en nous et se transformer en service concret de notre prochain. Nous ne devons pas avoir peur : Dieu suit avec passion et habileté l’œuvre sortie de ses mains, à chaque saison de la vie. Il ne nous abandonne jamais ! Il a à cœur la réalisation de son projet sur nous, mais il entend cependant l’obtenir avec notre assentiment et notre collaboration.

3. Aujourd’hui aussi, Jésus vit et chemine dans les réalités de la vie ordinaire pour s’approcher de tous, à commencer par les derniers, et nous guérir de nos infirmités et de nos maladies. Je m’adresse à présent à ceux qui sont bien disposés à se mettre à l’écoute de la voix du Christ qui retentit dans l’Église, pour comprendre quelle est leur vocation propre. Je vous invite à écouter et à suivre Jésus, à vous laisser transformer intérieurement par ses paroles qui « sont esprit et sont vie » (Jn 6, 63). Marie, la Mère de Jésus et la nôtre, nous répète à nous aussi : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2, 5). Cela vous fera du bien de participer avec confiance à un chemin communautaire qui sache libérer en vous et autour de vous les meilleures énergies. La vocation est un fruit qui mûrit dans le champ bien cultivé de l’amour réciproque qui se fait service mutuel, dans le contexte d’une authentique vie ecclésiale. Aucune vocation ne naît toute seule ou ne vit pour elle-même. La vocation jaillit du cœur de Dieu et germe dans la bonne terre du peuple fidèle, dans l’expérience de l’amour fraternel. Jésus n’a-t-il peut-être pas dit : « À ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35) ?

4. Chers frères et sœurs, vivre cette « haute mesure de la vie chrétienne ordinaire » (cf. Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31), signifie parfois aller à contre-courant et comporte de rencontrer également des obstacles, en dehors de nous et en nous. Jésus lui-même nous avertit : la bonne semence de la Parole de Dieu est souvent volée par le Malin, bloquée par les difficultés, étouffée par des préoccupations et des séductions mondaines (cf. Mt 13, 19-22). Toutes ces difficultés pourraient nous décourager, en nous faisant nous replier sur des voies apparemment plus commodes. Mais la véritable joie des appelés consiste à croire et à faire l’expérience que le Seigneur, lui, est fidèle, et qu’avec lui nous pouvons marcher, être des disciples et des témoins de l’amour de Dieu, ouvrir notre cœur à de grands idéaux, à de grandes choses. « Nous chrétiens nous ne sommes pas choisis par le Seigneur pour de petites bricoles, allez toujours au-delà, vers les grandes choses. Jouez votre vie pour de grands idéaux ! » (Homélie lors de la messe pour les confirmations, 28 avril 2013). À vous évêques, prêtres, religieux, communautés et familles chrétiennes, je demande d’orienter la pastorale des vocations dans cette direction, en accompagnant les jeunes sur des itinéraires de sainteté qui, étant personnels, « exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s'adapter aux rythmes des personnes. Cette pédagogie devra intégrer aux richesses de la proposition adressée à tous les formes traditionnelles d'aide personnelle et de groupe, et les formes plus récentes apportées par les associations et par les mouvements reconnus par l'Église » (Jean-Paul II, Lett. apost. Novo millennio ineunte, n. 31).

Disposons donc notre cœur à être une “bonne terre” pour écouter, accueillir et vivre la Parole et porter ainsi du fruit. Plus nous saurons nous unir à Jésus par la prière, la Sainte Écriture, l’Eucharistie, les Sacrements célébrés et vécus dans l’Église, par la fraternité vécue, plus grandira en nous la joie de collaborer avec Dieu au service du Royaume de miséricorde et de vérité, de justice et de paix. Et la récolte sera abondante, proportionnée à la grâce qu’avec docilité nous aurons su accueillir en nous. Avec ce vœu, et en vous demandant de prier pour moi, je donne de tout cœur à tous ma Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 15 janvier 2014

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Pour Plus en français : Voir Service National des Vocations France

Quelques chiffres France

En 2008
15 008 prêtres diocésains
4 632 prêtres religieux

Les ordinations
96 ordinations de prêtres diocésains en 2012 (150 avec Religieux)
89 ordinations de prêtres diocésains en 2009
98 ordinations de prêtres diocésains en 2008
101 ordinations de prêtres diocésains en 2007
32 ordinations presbytérales de religieux en 2007

2 250 diacres permanents en service
94 ordinations de diacres permanents en 2008
121 ordinations de diacres permanents en 2007
101 ordinations de diacres permanents en 2006

Les instituts religieux masculins (1er janvier 2009)
7 504 religieux résidant en France (7 033 français) :
1 185 moines (dont 77 étrangers)

Des jeunes se préparent à :
–> devenir prêtres diocésains (2009-2010)
125 entrées en 1ère année de formation au ministère de prêtre diocésain
(au 15 novembre 2009)
756 séminaristes en formation en 2009 (non compris les propédeutiques)
–> devenir religieux (2008-2009)
79 novices français dont 35 moines

(source : SNV)

Statistiques Vocations en France
Statistiques: vocations spécifiques en france

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Prière


Christ Jésus,
serviteur de l’amour du Père,
Tu es venu parmi nous,
Pour nous appeler à vivre
Avec Toi et comme Toi
Pour un monde plus juste
et plus fraternel,
Tu appelles toutes tes créatures
À participer à ta mission
Suscite en ton Église,
Des disciples ardents,
Conduits par le souffle de l’Esprit
Loué sois-tu Seigneur
Pour les consacrés et les prêtres
Serviteurs de ton peuple
Que ton Esprit guide
Les jeunes que tu appelles
A être signes de ta charité et de ton espérance
Qu’à travers toutes les vocations
Se révèle ton visage
De lumière et de paix
Amen




MESSAGE OF HIS HOLINESS POPE FRANCIS
FOR THE 51st WORLD DAY OF PRAYER FOR VOCATIONS

See the Formation of the Missionaries of Africa
Statistics Students - Ordinations 2013 - Prayer of the Missionaries of Africa for Vocations

11 May 2013 - FOURTH SUNDAY OF EASTER

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

Theme 2014 : Vocations, Witness to the Truth


Dear Brothers and Sisters,

1. The Gospel says that “Jesus went about all the cities and villages... When he saw the crowds, he had compassion for them, because they were harassed and helpless, like sheep without a shepherd. Then he said to his disciples, ‘The harvest is plentiful, but the labourers are few; pray therefore the Lord of the harvest to send out labourers into his harvest’” (Mt 9:35-38). These words surprise us, because we all know that it is necessary first to plow, sow and cultivate to then, in due time, reap an abundant harvest. Jesus says instead that “the harvest is plentiful”. But who did the work to bring about these results? There is only one answer: God. Clearly the field of which Jesus is speaking is humanity, us. And the efficacious action which has borne “much fruit” is the grace of God, that is, communion with Him (cf. Jn 15:5). The prayer which Jesus asks of the Church therefore concerns the need to increase the number of those who serve his Kingdom. Saint Paul, who was one of “God’s fellow workers”, tirelessly dedicated himself to the cause of the Gospel and the Church. The Apostle, with the awareness of one who has personally experienced how mysterious God’s saving will is, and how the initiative of grace is the origin of every vocation, reminds the Christians of Corinth: “You are God’s field” (1 Cor 3:9). That is why wonder first arises in our hearts over the plentiful harvest which God alone can bestow; then gratitude for a love that always goes before us; and lastly, adoration for the work that he has accomplished, which requires our free consent in acting with him and for him.

2. Many times we have prayed with the words of the Psalmist: “It is he who made us, and we are his; we are his people, and the sheep of his pasture” (Ps 100:3); or: “The Lord has chosen Jacob for himself, Israel as his own possession” (Ps 135:4). And yet we are God’s “possession” not in the sense of a possession that renders us slaves, but rather of a strong bond that unites us to God and one another, in accord with a covenant that is eternal, “for his steadfast love endures for ever” (Ps 136). In the account of the calling of the prophet Jeremiah, for example, God reminds us that he continually watches over each one of us in order that his word may be accomplished in us. The image is of an almond branch which is the first tree to flower, thus announcing life’s rebirth in the springtime (cf Jer 1:11-12). Everything comes from him and is his gift: the world, life, death, the present, the future, but — the Apostle assures us — “you are Christ’s; and Christ is God’s” (1 Cor 3:23). Hence the way of belonging to God is explained: it comes about through a unique and personal relationship with Jesus, which Baptism confers on us from the beginning of our rebirth to new life. It is Christ, therefore, who continually summons us by his word to place our trust in him, loving him “with all the heart, with all the understanding, and with all the strength” (Mk 12:33). Therefore every vocation, even within the variety of paths, always requires an exodus from oneself in order to centre one’s life on Christ and on his Gospel. Both in married life and in the forms of religious consecration, as well as in priestly life, we must surmount the ways of thinking and acting that do not conform to the will of God. It is an “exodus that leads us on a journey of adoration of the Lord and of service to him in our brothers and sisters” (Address to the International Union of Superiors General, 8 May 2013). Therefore, we are all called to adore Christ in our hearts (1 Pet 3:15) in order to allow ourselves to be touched by the impulse of grace contained in the seed of the word, which must grow in us and be transformed into concrete service to our neighbour. We need not be afraid: God follows the work of his hands with passion and skill in every phase of life. He never abandons us! He has the fulfilment of his plan for us at heart, and yet he wishes to achieve it with our consent and cooperation.

3. Today too, Jesus lives and walks along the paths of ordinary life in order to draw near to everyone, beginning with the least, and to heal us of our infirmities and illnesses. I turn now to those who are well disposed to listen to the voice of Christ that rings out in the Church and to understand what their own vocation is. I invite you to listen to and follow Jesus, and to allow yourselves to be transformed interiorly by his words, which “are spirit and life” (Jn 6:62). Mary, the Mother of Jesus and ours, also says to us: “Do whatever he tells you” (Jn 2:5). It will help you to participate in a communal journey that is able to release the best energies in you and around you. A vocation is a fruit that ripens in a well cultivated field of mutual love that becomes mutual service, in the context of an authentic ecclesial life. No vocation is born of itself or lives for itself. A vocation flows from the heart of God and blossoms in the good soil of faithful people, in the experience of fraternal love. Did not Jesus say: “By this all men will know that you are my disciples, if you have love for one another” (Jn 13:35)?

4. Dear brothers and sisters, this “high standard of ordinary Christian living” (cf John Paul II, Apostolic Letter Novo Millennio Ineunte, 31) means sometimes going against the tide and also encountering obstacles, outside ourselves and within ourselves. Jesus himself warns us: the good seed of God’s word is often snatched away by the Evil one, blocked by tribulation, and choked by worldly cares and temptation (cf Mt 13:19-22). All of these difficulties could discourage us, making us fall back on seemingly more comfortable paths. However, the true joy of those who are called consists in believing and experiencing that he, the Lord, is faithful, and that with him we can walk, be disciples and witnesses of God’s love, open our hearts to great ideals, to great things. “We Christians were not chosen by the Lord for small things; push onwards toward the highest principles. Stake your lives on noble ideals!” (Homily at Holy Mass and the Conferral of the Sacrament of Confirmation, 28 April 2013). I ask you bishops, priests, religious, Christian communities and families to orient vocational pastoral planning in this direction, by accompanying young people on pathways of holiness which, because they are personal, “call for a genuine ‘training in holiness’ capable of being adapted to every person’s need. This training must integrate the resources offered to everyone with both the traditional forms of individual and group assistance, as well as the more recent forms of support offered in associations and movements recognized by the Church” (Novo Millennio Ineunte, 31).

Let us dispose our hearts therefore to being “good soil”, by listening, receiving and living out the word, and thus bearing fruit. The more we unite ourselves to Jesus through prayer, Sacred Scripture, the Eucharist, the Sacraments celebrated and lived in the Church and in fraternity, the more there will grow in us the joy of cooperating with God in the service of the Kingdom of mercy and truth, of justice and peace. And the harvest will be plentiful, proportionate to the grace we have meekly welcomed into our lives. With this wish, and asking you to pray for me, I cordially impart to you all my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 15 January 2014

FRANCIS