MESSAGE DU SAINT-PÈRE POUR LA
52ème JOURNÉE MONDIALE DE PRIÈRE
POUR LES VOCATIONS

26 Avril 2015 – IVe DIMANCHE DE PÂQUES

Thème: L’exode, expérience fondamentale de la vocation

Voir La Formation des Missionnaires d'Afrique
Statistiques Etudiants - Ordinations 2014 - Prieres pour les vocations missionnaires

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

ROME, 14 avril 2015 (Zenit.org) - « L’exode, expérience fondamentale de la vocation » : c'est le thème du Message du pape François pour la 52e Journée mondiale de prière pour les vocations, qui sera célébrée le 26 avril 2015, IVe Dimanche de Pâques.

« À la racine de chaque vocation chrétienne, il y a ce mouvement fondamental de l’expérience de foi: croire veut dire se laisser soi-même, sortir du confort et de la rigidité du moi pour centrer notre vie en Jésus Christ; abandonner comme Abraham sa propre terre en se mettant en chemin avec confiance », explique le pape dans le message publié ce mardi 14 avril.

« Chers jeunes, n’ayez pas peur de sortir de vous-même et de vous mettre en chemin! L’Évangile est la Parole qui libère, transforme et rend plus belle notre vie... Votre vie deviendra chaque jour plus riche et plus joyeuse ! », exhorte-t-il.

A.K.

Message du pape François

L’exode, expérience fondamentale de la vocation

Chers frères et sœurs,

Le quatrième dimanche de Pâques nous présente l’icône du Bon Pasteur qui connaît ses brebis, les appelle, les nourrit et les conduit. En ce dimanche, depuis plus de 50 ans, nous vivons la Journée mondiale de prière pour les Vocations. Elle nous rappelle chaque fois l’importance de prier pour que, comme a dit Jésus à ses disciples, «le maître de la moisson envoie des ouvriers pour sa moisson» (cf. Lc 10, 2). Jésus exprime ce commandement dans le contexte d’un envoi missionnaire: il a appelé, outre les douze apôtres, soixante-douze autres disciples et il les envoie deux par deux pour la mission (Lc 10, 1-16). En effet, si l’Église «est par sa nature missionnaire» (Conc. Œcum. Vat. II Décret Ad gentes, n. 2), la vocation chrétienne ne peut que naître à l’intérieur d’une expérience de mission. Aussi, écouter et suivre la voix du Christ Bon Pasteur, en se laissant attirer et conduire par lui et en lui consacrant sa vie, signifie permettre que l’Esprit-Saint nous introduise dans ce dynamisme missionnaire, en suscitant en nous le désir et le courage joyeux d’offrir notre vie et de la dépenser pour la cause du Royaume de Dieu.

L’offrande de sa vie dans cette attitude missionnaire est possible seulement si nous sommes capables de sortir de nous-mêmes. En cette 52ème Journée mondiale de prière pour les Vocations, je voudrais donc réfléchir sur cet “exode” particulier qu’est la vocation, ou, mieux, notre réponse à la vocation que Dieu nous donne. Quand nous entendons la parole “exode”, notre pensée va immédiatement aux débuts de la merveilleuse histoire d’amour entre Dieu et le peuple de ses enfants, une histoire qui passe à travers les jours dramatiques de l’esclavage en Égypte, l’appel de Moïse, la libération et le chemin vers la Terre promise. Le livre de l’Exode – le second livre de la Bible –, qui raconte cette histoire, représente une parabole de toute l’histoire du salut, et aussi de la dynamique fondamentale de la foi chrétienne. En effet, passer de l’esclavage de l’homme ancien à la vie nouvelle dans le Christ est l’œuvre rédemptrice qui advient en nous par la foi (Ep 4, 22-24). Ce passage est un “exode” véritable et particulier, c’est le chemin de l’âme chrétienne et de l’Église entière, l’orientation décisive de l’existence tournée vers le Père.

À la racine de chaque vocation chrétienne, il y a ce mouvement fondamental de l’expérience de foi: croire veut dire se laisser soi-même, sortir du confort et de la rigidité du moi pour centrer notre vie en Jésus Christ; abandonner comme Abraham sa propre terre en se mettant en chemin avec confiance, sachant que Dieu indiquera la route vers la nouvelle terre. Cette “sortie” n’est pas à entendre comme un mépris de sa propre vie, de sa propre sensibilité, de sa propre humanité; au contraire, celui qui se met en chemin à la suite du Christ trouve la vie en abondance, en se mettant lui-même tout entier à la disposition de Dieu et de son Royaume. Jésus dit: «Celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle» (Mt 19, 29). Tout cela a sa racine profonde dans l’amour. En effet, la vocation chrétienne est surtout un appel d’amour qui attire et renvoie au-delà de soi-même, décentre la personne, amorçant «un exode permanent allant du je enfermé sur lui-même vers sa libération dans le don de soi, et précisément ainsi vers la découverte de soi-même, plus encore vers la découverte de Dieu» (Benoît xvi, Lett. enc. Deus caritas est, n.6).

L’expérience de l’exode est un paradigme de la vie chrétienne, en particulier de celui qui embrasse une vocation de dévouement particulier au service de l’Évangile. Il consiste en une attitude toujours renouvelée de conversion et de transformation, dans le fait de rester toujours en chemin, de passer de la mort à la vie ainsi que nous le célébrons dans toute la liturgie: c’est le dynamisme pascal. Au fond, depuis l’appel d’Abraham à celui de Moïse, depuis le chemin pérégrinant d’Israël dans le désert à la conversion prêchée par les prophètes, jusqu’au voyage missionnaire de Jésus qui culmine dans sa mort et sa résurrection, la vocation est toujours cette action de Dieu qui nous fait sortir de notre situation initiale, nous libère de toute forme d’esclavage, nous arrache à nos habitudes et à l’indifférence et nous projette vers la joie de la communion avec Dieu et avec les frères. Répondre à l’appel de Dieu, donc, c’est le laisser nous faire sortir de notre fausse stabilité pour nous mettre en chemin vers Jésus Christ, terme premier et dernier de notre vie et de notre bonheur.

Cette dynamique de l’exode ne concerne pas seulement l’appel particulier, mais l’action missionnaire et évangélisatrice de toute l’Église. L’Église est vraiment fidèle à son Maître dans la mesure où elle est une Église “en sortie”, sans être préoccupée d’elle-même, de ses structures et de ses conquêtes, mais plutôt capable d’aller, de se mouvoir, de rencontrer les enfants de Dieu dans leur situation réelle et de com-patir à leurs blessures. Dieu sort de lui-même dans une dynamique trinitaire d’amour, écoute la misère de son peuple et intervient pour le libérer (Ex 3, 7). L’Église est aussi appelée à cette manière d’être et d’agir : l’Église qui évangélise sort à la rencontre de l’homme, annonce la parole libératrice de l’Évangile, prend soin avec la grâce de Dieu des blessures des âmes et des corps, relève les pauvres et ceux qui sont dans le besoin.

Chers frères et sœurs, cet exode libérateur vers le Christ et vers les frères représente aussi le chemin vers la pleine compréhension de l’homme et pour la croissance humaine et sociale dans l’histoire. Écouter et accueillir l’appel du Seigneur n’est pas une question privée et intimiste qui peut se confondre avec l’émotion du moment; c’est un engagement concret, réel et total, qui embrasse notre existence et la met au service de la construction du Royaume de Dieu sur la terre. Par conséquent, la vocation chrétienne, enracinée dans la contemplation du cœur du Père, pousse en même temps à l’engagement solidaire en faveur de la libération des frères, surtout des plus pauvres. Le disciple de Jésus a le cœur ouvert à son horizon immense, et son intimité avec le Seigneur n’est jamais une fuite de la vie et du monde mais, au contraire, «se présente essentiellement comme communion missionnaire» (Exhort. Apost. Evangelii gaudium, n. 23).

Cette dynamique d’exode vers Dieu et vers l’homme remplit la vie de joie et de sens. Je voudrais le dire surtout aux plus jeunes qui, en raison de leur âge et de la vision de l’avenir qui s’ouvre devant leurs yeux, savent être disponibles et généreux. Parfois, les inconnues et les préoccupations pour l’avenir et l’incertitude qui entache le quotidien risquent de paralyser leurs élans, de freiner leurs rêves au point de penser qu’il ne vaut pas la peine de s’engager et que le Dieu de la foi chrétienne limite leur liberté. Au contraire, chers jeunes, n’ayez pas peur de sortir de vous-même et de vous mettre en chemin! L’Évangile est la Parole qui libère, transforme et rend plus belle notre vie. Comme il est beau de se laisser surprendre par l’appel de Dieu, d’accueillir sa Parole, de mettre les pas de votre existence dans les pas de Jésus, dans l’adoration du mystère divin et du dévouement généreux aux autres! Votre vie deviendra chaque jour plus riche et plus joyeuse!

La Vierge Marie, modèle de toute vocation, n’a pas craint de prononcer son “fiat” à l’appel du Seigneur. Qu’elle vous accompagne et qu’elle vous guide. Avec le courage généreux de la foi, Marie a chanté la joie de sortir d’elle-même et de confier à Dieu ses projets de vie. Nous nous adressons à elle pour être pleinement disponibles au dessein que Dieu a sur chacun de nous; pour que grandisse en nous le désir de sortir et d’aller, avec sollicitude, vers les autres (cf. Lc 1, 39). Que la Vierge Mère nous protège et qu’elle intercède pour nous tous!

Du Vatican, le 29 mars 2015, Dimanche des Rameaux

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Pour Plus en français : Voir Service National des Vocations France

 

Quelques chiffres France

En 2008
15 008 prêtres diocésains
4 632 prêtres religieux

Les ordinations
96 ordinations de prêtres diocésains en 2012 (150 avec Religieux)
89 ordinations de prêtres diocésains en 2009
98 ordinations de prêtres diocésains en 2008
101 ordinations de prêtres diocésains en 2007
32 ordinations presbytérales de religieux en 2007

2 250 diacres permanents en service
94 ordinations de diacres permanents en 2008
121 ordinations de diacres permanents en 2007
101 ordinations de diacres permanents en 2006

Les instituts religieux masculins (1er janvier 2009)
7 504 religieux résidant en France (7 033 français) :
1 185 moines (dont 77 étrangers)

Des jeunes se préparent à :
–> devenir prêtres diocésains (2009-2010)
125 entrées en 1ère année de formation au ministère de prêtre diocésain
(au 15 novembre 2009)
756 séminaristes en formation en 2009 (non compris les propédeutiques)
–> devenir religieux (2008-2009)
79 novices français dont 35 moines

(source : SNV)

Statistiques Vocations en France
Statistiques: vocations spécifiques en france

 

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Prière


Christ Jésus,
serviteur de l’amour du Père,
Tu es venu parmi nous,
Pour nous appeler à vivre
Avec Toi et comme Toi
Pour un monde plus juste
et plus fraternel,
Tu appelles toutes tes créatures
À participer à ta mission
Suscite en ton Église,
Des disciples ardents,
Conduits par le souffle de l’Esprit
Loué sois-tu Seigneur
Pour les consacrés et les prêtres
Serviteurs de ton peuple
Que ton Esprit guide
Les jeunes que tu appelles
A être signes de ta charité et de ton espérance
Qu’à travers toutes les vocations
Se révèle ton visage
De lumière et de paix
Amen




MESSAGE OF HIS HOLINESS POPE FRANCIS
FOR THE 52nd WORLD DAY OF PRAYER FOR VOCATIONS

See the Formation of the Missionaries of Africa
Statistics Students - Ordinations 2014 - Prayer of the Missionaries of Africa for Vocations

26 Avril 2015 - FOURTH SUNDAY OF EASTER

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

Theme 2015 : Exodus, a fundamental experience of vocation


"To offer one's life in mission is possible only if we are able to leave ourselves behind."

VATICAN CITY, April 14, 2015 (Zenit.org) - On April 26, 2015, the fourth Sunday of Easter, the Church will celebrate the 52nd World Day of Prayer for Vocations. This year's theme is: "Exodus, a Fundamental Experience of Vocation."

Here below is the Vatican-provided official translation of the Pope's message:

***

Exodus, a fundamental experience of vocation

Dear Brothers and Sisters,

The Fourth Sunday of Easter offers us the figure of the Good Shepherd who knows his sheep: he calls them, he feeds them and he guides them. For over fifty years the universal Church has celebrated this Sunday as the World Day of Prayer for Vocations. In this way she reminds us of our need to pray, as Jesus himself told his disciples, so that “the Lord of the harvest may send out labourers into his harvest” (Lk 10:2). Jesus command came in the context of his sending out missionaries. He called not only the twelve Apostles, but another seventy-two disciples whom he then sent out, two by two, for the mission (cf.Lk 10:1-6). Since the Church “is by her very nature missionary” (Ad Gentes, 2), the Christian vocation is necessarily born of the experience of mission. Hearing and following the voice of Christ the Good Shepherd, means letting ourselves be attracted and guided by him, in consecration to him; it means allowing the Holy Spirit to draw us into this missionary dynamism, awakening within us the desire, the joy and the courage to offer our own lives in the service of the Kingdom of God.

To offer one’s life in mission is possible only if we are able to leave ourselves behind. On this 52nd World Day of Prayer for Vocations, I would like reflect on that particular “exodus” which is the heart of vocation, or better yet, of our response to the vocation God gives us. When we hear the word “exodus”, we immediately think of the origins of the amazing love story between God and his people, a history which passes through the dramatic period of slavery in Egypt, the calling of Moses, the experience of liberation and the journey toward the Promised Land. The Book of Exodus, the second book of the Bible, which recounts these events is a parable of the entire history of salvation, but also of the inner workings of Christian faith. Passing from the slavery of the old Adam to new life in Christ is a event of redemption which takes place through faith (Eph 4:22-24). This passover is a genuine “exodus”; it is the journey of each Christian soul and the entire Church, the decisive turning of our lives towards the Father.

At the root of every Christian vocation we find this basic movement, which is part of the experience of faith. Belief means transcending ourselves, leaving behind our comfort and the inflexibility of our ego in order to centre our life in Jesus Christ. It means leaving, like Abraham, our native place and going forward with trust, knowing that God will show us the way to a new land. This “going forward” is not to be viewed as a sign of contempt for one’s life, one’s feelings, one’s own humanity. On the contrary, those who set out to follow Christ find life in abundance by putting themselves completely at the service of God and his kingdom. Jesus says: “Everyone who has left home or brothers or sisters or father or mother or children or lands, for my name’s sake, will receive a hundredfold, and inherit eternal life” (Mt 19:29). All of this is profoundly rooted in love. The Christian vocation is first and foremost a call to love, a love which attracts us and draws us out of ourselves, “decentring” us and triggering “an ongoing exodus out of the closed inward-looking self towards its liberation through self-giving, and thus towards authentic self-discovery and indeed the discovery of God” (Deus Caritas Est, 6).

The exodus experience is paradigmatic of the Christian life, particularly in the case of those who have embraced a vocation of special dedication to the Gospel. This calls for a constantly renewed attitude of conversion and transformation, an incessant moving forward, a passage from death to life like that celebrated in every liturgy, an experience of passover. From the call of Abraham to that of Moses, from Israel’s pilgrim journey through the desert to the conversion preached by the prophets, up to the missionary journey of Jesus which culminates in his death and resurrection, vocation is always a work of God. He leads us beyond our initial situation, frees us from every enslavement, breaks down our habits and our indifference, and brings us to the joy of communion with him and with our brothers and sisters. Responding to God’s call, then, means allowing him to help us leave ourselves and our false security behind, and to strike out on the path which leads to Jesus Christ, the origin and destiny of our life and our happiness.

This exodus process does not regard individuals alone, but the missionary and evangelizing activity of the whole Church. The Church is faithful to her Master to the extent that she is a Church which “goes forth”, a Church which is less concerned about herself, her structures and successes, and more about her ability to go out and meet God’s children wherever they are, to feel compassion (com-passio) for their hurt and pain. God goes forth from himself in a Trinitarian dynamic of love: he hears the cry of his people and he intervenes to set them free (Ex 3:7). The Church is called to follow this way of being and acting. She is meant to be a Church which evangelizes, goes out to encounter humanity, proclaims the liberating word of the Gospel, heals people’s spiritual and physical wounds with the grace of God, and offers relief to the poor and the suffering.

Dear brothers and sisters, this liberating exodus towards Christ and our brothers and sisters also represents the way for us to fully understand our common humanity and to foster the historical development of individuals and societies. To hear and answer the Lord’s call is not a private and completely personal matter fraught with momentary emotion. Rather, it is a specific, real and total commitment which embraces the whole of our existence and sets it at the service of the growth of God’s Kingdom on earth. The Christian vocation, rooted in the contemplation of the Father’s heart, thus inspires us to solidarity in bringing liberation to our brothers and sisters, especially the poorest. A disciple of Jesus has a heart open to his unlimited horizons, and friendship with the Lord never means flight from this life or from the world. On the contrary, it involves a profound interplay between communion and mission (cf. Evangelii Gaudium, 23).

This exodus towards God and others fills our lives with joy and meaning. I wish to state this clearly to the young, whose youth and openness to the future makes them open-hearted and generous. At times uncertainty, worries about the future and the problems they daily encounter can risk paralyzing their youthful enthusiasm and shattering their dreams, to the point where they can think that it is not worth the effort to get involved, that the God of the Christian faith is somehow a limit on their freedom. Dear young friends, never be afraid to go out from yourselves and begin the journey! The Gospel is the message which brings freedom to our lives; it transforms them and makes them all the more beautiful. How wonderful it is to be surprised by God’s call, to embrace his word, and to walk in the footsteps of Jesus, in adoration of the divine mystery and in generous service to our neighbours! Your life will become richer and more joyful each day!

The Virgin Mary, model of every vocation, did not fear to utter her “fiat” in response to the Lord’s call. She is at our side and she guides us. With the generous courage born of faith, Mary sang of the joy of leaving herself behind and entrusting to God the plans she had for her life. Let us turn to her, so that we may be completely open to what God has planned for each one of us, so that we can grow in the desire to go out with tender concern towards others (cf. Lk 1:39). May the Virgin Mary protect and intercede for us all.

From the Vatican, 29 March 2015, Palm Sunday

FRANCISCUS