La 9e Assemblée du COE
14 au 23 février 2006 à Porto AlegreLa 9e Assemblée du COE offrira un programme varié et original aux 3000 participants attendus, représentant pratiquement toutes les traditions chrétiennes et parties du monde. Norman Shanks, Ecosse, président du Comité de planification de l'Assemblée, explique comment cette manifestation qui aura lieu du 14 au 23 février 2006 à Porto Alegre, Brésil, se déroulera.
Le programme de l'Assemblée sera original et varié et offrira aux participants de multiples occasions de se rencontrer et de partager leurs points de vue et expériences.
Porto Alegre est une ville attrayante et dynamique et l'Université pontificale catholique, où se tiendra l'Assemblée, dispose d'un campus et d'un centre de réunions modernes. L'Université s'est fait connaître en accueillant d'importantes réunions internationales, à commencer par le Forum social mondial, qui rassemble quelque 30 000 personnes. Comparé à celui-ci, l'Assemblée du COE sera modeste: nous attendons environ 1200 participants "officiels", y compris les délégués des Eglises et les représentants d'organisations en rapport avec elles, et jusqu'à 1800 autres personnes - visiteurs, visiteuses, organisations cuméniques partenaires, groupes d'étudiants, etc.
Le thème de l'Assemblée "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce" a la forme d'une prière qui exprime que le monde et nous-mêmes avons besoin d'être guéris et de changer, qui reconnaît que nous dépendons de Dieu et que nous avons tous et toutes un rôle à jouer dans ce processus de transformation. Ce thème "imprégnera" toute l'Assemblée, qui consacrera certaines journées à en étudier les diverses dimensions: "Transforme... la terre, nos sociétés, nos Eglises, nos vies, notre témoignage".
Le culte à l'Assemblée nourrira et inspirera la vie de la communauté et constituera certainement un élément mémorable de l'expérience de tous ceux qui auront été à Porto Alegre. Chaque jour débutera et se terminera par des prières dans une vaste tente des cultes, avec des liturgies et de la musique provenant de nombreuses traditions ecclésiales. D'autres cultes auront lieu à certains moments de la journée.
Après la prière du matin, les délégués se réuniront en petits groupes d'étude biblique pour réfléchir aux Ecritures et échanger leurs points de vues et leurs expériences. Les autres participants seront invités à se joindre à des réflexions bibliques dans des groupes plus larges. Pendant trois journées de l'Assemblée, les délégués et les jeunes participeront à des "entretiens cuméniques" proposant des sujets en rapport avec la vie et le témoignage de l'Eglise dans le monde actuel qui reflètent tous des aspects de l'environnement religieux, culturel, cuménique, social et politique - du VIH/sida au défi du racisme, de la mission et de l'évangélisation à la technologie de l'information et à la bioéthique.
Au centre du programme figureront les plénières consacrées à des thèmes particuliers: la justice économique, l'identité chrétienne dans un monde pluraliste, l'unité de l'Eglise et l'avenir de l'cuménisme, la lutte des jeunes contre la violence. Une série de séances administratives, consacrées aux recommandations des comités de délégués qui se réuniront tout au long de l'Assemblée, permettront d'examiner les activités du COE depuis la 8e Assemblée de Harare en 1998, de prendre connaissance des rapports du président du Comité central et du secrétaire général, d'amender la Constitution du COE, d'adopter le message de l'Assemblée et des déclarations sur d'importantes questions d'actualité, et enfin de définir les priorités du Conseil pour les années à venir.
Comme ce sera la première fois que l'Assemblée se tiendra en Amérique latine, le programme fera place au contexte local grâce à l'engagement des Eglises locales, des organisations cuméniques nationales et locales ainsi qu'à la présence attendue d'un grand nombre de visiteurs de la région. Une "Journée de l'Amérique latine" constituera le grand moment de la semaine, avec des prières, des présentations et une soirée culturelle consacrées à cette région.
Les organisateurs espèrent que cette 9e Assemblée sera l'Assemblée des jeunes, grâce à la participation visible des jeunes délégués et des nombreux stewards et au camp de jeunes de l'Assemblée qui accueillera des participants d'Amérique latine. Une rencontre préalable à l'Assemblée favorisera la préparation des jeunes délégués; des réunions du même genre sont aussi prévues pour les femmes et pour les membres du Réseau cuménique de défense des personnes handicapées (EDAN).
Le mot portugais de mutirão - qui recouvre les notions de rassemblement et d'échanges en vue d'agir pour "changer les choses" - a été choisi pour désigner un espace de partage offert à tous les participants de l'Assemblée. Cet espace constituera un élément spécifique du programme: chaque jour, les participants y proposeront des douzaines d'ateliers, ainsi que des expositions, des activités culturelles et artistiques et diverses formes d'apprentissage cuménique.
Je suis certain que la 9e Assemblée du COE constituera une expérience qui inspirera et transformera la vie de toutes les personnes qui y participeront, sans oublier celles qui suivront cet événement à distance. Je prie pour que tous et toutes s'ouvrent aux moments remplis de grâce offerts par l'Assemblée et pour que les expériences qui y seront vécues et les décisions qui y seront prises imprègnent, influencent, enrichissent et transforment nos Eglises et notre monde. "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce.
(*) Le pasteur Norman Shanks exerce son ministère à la Govan Old Parish Church de Glasgow (Eglise d'Ecosse). Membre du Comité central élu à Harare, il préside le Comité de planification de l'Assemblée.
La transformation exige la metanoia
Auteur : Bartholomée Ier, patriarche oecuménique
"Quand tu trouveras le silence dans ton cur, tu découvriras Dieu dans le monde entier!"
La transformation du cur débouche sur la guérison de la communauté, car la transformation est une vision relationnelle et compassionnelle.
Quelles étapes devons-nous franchir pour parvenir à la transformation? Dans cet article sur le thème de la 9e Assemblée du COE, "Transforme le monde, Dieu, dans ta grâce", Sa Toute Sainteté Bartholomée Ier, patriarche cuménique, se penche sur cette question et réfléchit à la découverte de soi et à la guérison de la communauté et de la terre.
La transformation, guérison du curLa Philocalie, anthologie classique de textes chrétiens des premiers siècles consacrés à la prière, souligne ce paradoxe étonnant: c'est par le silence qu'on parvient à la transformation. "Quand tu trouveras le silence dans ton cur, tu découvriras Dieu dans le monde entier." En d'autres termes, la transformation débute avec la prise de conscience que Dieu est au cur de toute vie. "Arrêtez, et sachez que je suis Dieu." (Psaume 46, 11) Grâce au silence, nous prenons conscience que la grâce de Dieu est beaucoup plus proche et peut contribuer à nous définir bien mieux que nous ne le faisons. La transformation du cur est la prise de conscience profonde que "le Règne de Dieu est parmi nous" (Lc 17,21).
Toutefois, la transformation intérieure exige un changement radical ou, pour utiliser le vocabulaire théologique, la metanoia, qui est un changement d'attitudes et de présupposés. Nous ne pouvons pas être transformés si nous n'avons pas d'abord été purifiés de tout ce qui s'oppose à la transformation, si nous n'avons pas compris ce qui défigure le cur humain.
Un tel processus de découverte de soi ne peut provenir que de la grâce de Dieu et débouche en fin de compte sur un respect authentique de la nature humaine, avec tous ses défauts et ses échecs, en nous-mêmes comme chez les autres. Il prépare la voie au respect de tous les êtres humains, quelles que soient leurs différences au sein de la société et de la communauté mondiale. Grâce à la transformation intérieure, ces différences sont accueillies avec joie, respectées et acceptées comme les morceaux unique d'un puzzle sacré; elles constituent un élément du profond mystère de la création merveilleuse de Dieu.
La transformation, guérison de la communautéLa transformation du cur débouche sur la guérison de la communauté, car la transformation est une vision relationnelle et compassionnelle. Comme il est regrettable que nous autres chrétiens dissociions souvent la spiritualité de la communauté!
Lorsque nos curs sont transformés par la grâce divine, nous voyons le monde différemment et sommes incités à agir généreusement. Par la grâce transformatrice de Dieu, nous avons la capacité de chercher des solutions aux conflits par le biais d'échanges ouverts, sans recourir à l'oppression ni à la domination.
Ainsi, par la grâce divine, nous avons la possibilité aussi bien d'aggraver les maux dont souffre notre monde que de contribuer à sa guérison. Quand prendrons-nous conscience des effets néfastes de la violence sur notre environnement spirituel, culturel et écologique? Quand admettrons-nous le caractère évidemment irrationnel des agressions militaires, des conflits nationaux et de l'intolérance raciale, qui sont autant de manifestations d'un manque d'imagination et de volonté?
La transformation implique que nous renoncions à l'indifférence pour manifester notre compassion aux victimes de la pauvreté et de l'injustice sous toutes ses formes. En tant que communautés de foi et responsables religieux, nous devons imaginer et mettre en uvre d'autres manières d'agir qui rejettent la violence et encouragent la paix. On se souviendra de notre époque à cause de tous ceux et celles qui se sont voués à la guérison et à la transformation de la communauté; notre monde sera modelé par ceux et celles qui croient en "ce qui convient à la paix" (Rm 14,19) et le recherchent.
Cette transformation est notre unique espoir de briser le cercle vicieux de la violence et de l'injustice - vicieux justement parce qu'il est le fruit du vice. La guerre et la paix constituent des manières opposées de résoudre les conflits et en fin de compte, elles résultent de nos choix.
Faire la paix est un choix de l'individu et des institutions, en même temps qu'un changement individuel et institutionnel, qui requiert lui aussi la metanoia - un changement d'orientations et de pratiques. Faire la paix nécessite un engagement et du courage; cet acte exige de nous la volonté de devenir des communautés transformatrices et de rechercher la justice, condition préalable de la transformation du monde.
La transformation, guérison de la terreAu cours des deux dernières décennies, le Patriarcat cuménique a fait de la sauvegarde de l'environnement naturel une priorité de son ministère spirituel et pastoral. La transformation du cur et de la communauté est indissolublement liée à la guérison de la terre. La relation entre l'âme et son Créateur et les relations entre les humains impliquent inévitablement des relations équilibrées avec le monde de la nature.
Notre manière de nous traiter les uns les autres reflète notre manière de traiter notre planète, tout comme notre manière de réagir aux autres reflète notre respect pour l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons et la nourriture que nous consommons. De même, la protection que nous accordons à notre environnement naturel révèle l'authenticité de notre prière et de notre culte.
En effet, chaque fois que nous limitons notre vie religieuse à nos seules préoccupations, nous négligeons la vocation prophétique de l'Eglise d'implorer Dieu et d'invoquer l'Esprit divin pour le renouveau de notre cosmos pollué. En fait, c'est le cosmos tout entier qui est l'espace dans lequel la transformation s'opère.
Quand nous sommes transformés par la grâce divine, nous pouvons vraiment reconnaître l'injustice dont nous sommes les acteurs et non seulement les observateurs passifs. Lorsque nous sommes touchés par la grâce de Dieu, nous pleurons sur la catastrophe que nous avons causée en ne partageant pas les ressources de notre planète.
C'est pourquoi, comme la transformation du cur et de la communauté, la prise de conscience écologique découle aussi de la grâce de Dieu et exige la metanoia, changement d'habitudes et de styles de vie.
Paradoxalement, nous devenons plus conscients des conséquences de nos actes pour les autres et pour la création lorsque nous sommes disposés à renoncer à quelque chose. Car en vidant notre cur de nos désirs égoïstes, nous y faisons de la place pour la grâce de Dieu. La théologie orthodoxe parle à ce propose de kenose de l'Esprit.
C'est pourquoi l'éthique ascétique est un élément essentiel de la spiritualité chrétienne orthodoxe: en apprenant à renoncer, nous apprenons peu à peu à donner; en apprenant à sacrifier, nous apprenons surtout à partager. Mais nos efforts de réconciliation et de transformation sont souvent entravés par notre refus de renoncer à nos habitudes bien ancrées d'individus ou d'institutions, par notre refus de renoncer soit à une consommation gaspilleuse soit à un nationalisme orgueilleux.
Une conception du monde transformée nous permet de distinguer la portée durable de nos manières d'être sur les autres, notamment sur le pauvre, image sacrée de Dieu, et sur notre environnement, empreinte silencieuse de Dieu.
(*) Sa Toute Sainteté Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople, Nouvelle Rome, et patriarche oecuménique, "Premier parmi ses égaux", c'est-à-dire les primats chrétiens orthodoxes, est considéré comme le chef spirituel de quelque 250 millions de fidèles dans le monde entier. Ses efforts pour concilier l'écologie et la spiritualité lui ont valu le titre de "patriarche vert"; il est reconnu pour ses efforts incessants en vue de promouvoir le dialogue et la réconciliation entre les mondes chrétien, musulman et juif.
9th WCC Assembly: Praying for a transformed world
The 9th Assembly of the World Council of Churches (WCC) will be held in Porto Alegre, Brazil, from 14-23 February 2006. Its theme is a prayer: "God, in your grace, transform the world".
The first WCC assembly of the 21st century, it will gather up to 3,000 church leaders and ecumenical representatives from nearly every Christian tradition around the world. As such, it will be one of the broadest global gatherings of its kind.
WCC assemblies are often turning points in the life of the World Council, and this one is expected to leave its mark on ecumenical history. Deliberations will focus on issues such as the future of the ecumenical movement, the churches' commitment to economic justice as well as their witness to overcoming violence, and the challenges faced in the midst of religious plurality.
In Porto Alegre, members of the ecumenical family will be able to gather around the assembly at a Mutirão, a Portuguese word that means coming together for a common purpose. Made up of workshops, exhibitions and cultural celebrations, this part of the assembly programme will offer opportunities for members of the wider ecumenical movement to gather, reflect and celebrate together.
This is the first WCC Assembly to be held in Latin America, and it is being hosted by the National Council of Christian Churches in Brazil (CONIC) on behalf of churches throughout the region. Pre-assembly events for youth and for women will be held from 11-13 February.
Assembly website: www.wcc-assembly.info
TRANSFORMATION CALLS FOR METANOIA
By Bartholomew I, Ecumenical Patriarch (*)
Reflections on the theme of the WCC 9th Assembly:
God, in your grace, transform the world
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What steps must we take to achieve transformation? In this article on the theme of the WCC's 9th Assembly "God, in your grace, transform the world", His All Holiness Bartholomew I addresses this question and reflects on self-discovery, the healing of the community and of the earth.
Transformation as healing of the heartThe Philokalia, a classical anthology of early Christian texts on prayer, underlines the astonishing paradox that transformation is achieved through silence: "When you discover silence in your heart, then you will discern God in the world entire!" In other words, transformation begins with the awareness that God is at the centre of all life. "Be still, and know God." (Psalm 44.1) Through silence, we realize that the grace of God is much closer to us, indeed does more to define who we are, than our own selves! The transformation of the heart is the profound awareness that "the kingdom of God is within" (Luke 17:21).
Inner transformation, however, requires radical change. In religious terminology, it requires metanoia - a change in attitudes and assumptions. We cannot be transformed unless we have first been cleansed of whatever stands in opposition to transformation, until we have understood what disfigures the human heart.
Such a process of self-discovery only results from God's grace, and leads ultimately to a genuine respect of human nature, with all its flaws and failures - both within ourselves and in others. It paves the way for respect towards every human being, irrespective of differences - within society and the global community. Through inner transformation, these differences are welcomed, honoured and embraced as unique pieces of a sacred puzzle; they constitute part of the deeper mystery of God's wonderful creation.
Transformation as healing of communityThe transformation of the heart arises in the healing of community. Transformation is a vision of connection and compassion. How unfortunate it is that we Christians often disassociate spirituality from community.
When our hearts are transformed by divine grace, we see the world differently and are impelled to act graciously. Through the transforming grace of God, we are empowered to seek solutions to conflict through open exchange, without resorting to oppression or domination.
Through divine grace, then, we have it in our power either to increase the hurt inflicted in our world, or else to contribute toward its healing. So when will we realize the detrimental effects of violence on our spiritual, social, cultural, and ecological environment? When will we recognize the obvious irrationality of military aggression, national conflict and racial intolerance, all of which betray a lack of imagination and willpower?
Transformation involves awakening from indifference and extending compassion to victims of poverty and all forms of injustice. As faith communities and religious leaders, we must imagine and initiate alternative ways, which reject violence and recognize peace. Our age will be remembered for those who dedicated themselves to the healing and transformation of community; our world will be moulded by those who believe in and "pursue what makes for peace" (Romans 14:19).
This kind of transformation is our only hope of breaking the vicious cycle of violence and injustice - vicious precisely because it is the fruit of vice. War and peace are systems; they stand for contradictory ways of resolving conflict. Ultimately, however, they are choices.
Making peace is a matter of individual and institutional choice, as well as of individual and institutional change. It, too, requires metanoia - a change in policies and practices. Peacemaking requires commitment and courage; it demands of us a willingness to become communities of transformation and to pursue justice as the prerequisite for global transformation.
Transformation as healing of the EarthOver the last two decades, the Ecumenical Patriarchate has made the preservation of the natural environment a priority of its spiritual and pastoral ministry. The transformation of the heart and of the community is integrally linked with the healing of the earth. The relationship between the soul and its Creator, as well as among human beings, inevitably involves a balanced relationship with the natural world.
The way we treat each other is reflected in the way we treat our planet, just as the way we respond to other people is mirrored in the way we respect the air we breathe, the water we drink and the food we consume. In turn, moreover, our protection of the natural environment reveals the measure of authenticity in our prayer and worship.
For whenever we narrow religious life to our own concerns, we overlook the prophetic calling of the church to implore God and to invoke the divine Spirit for the renewal of the whole polluted cosmos. Indeed, the entire cosmos is the space within which transformation is enacted.
When we are transformed by divine grace, we can properly discern the injustice in which we are active participants and not merely passive observers. When touched by the grace of God, we weep for the "dis-grace" that we have caused by failing to share the resources of our planet.
Therefore, like the transformation of the heart and of the community, ecological awareness also derives from the grace of God and requires a corresponding metanoia - a change in habits and lifestyles.
Paradoxically, we become more conscious of the impact of our actions on other people and on creation when we are prepared to surrender something. For in emptying our heart of our selfish desires, we allow space for the grace of God. Orthodox theology speaks of a kenosis of the Spirit.
This is why the ascetic ethos is a critical aspect of Orthodox Christian spirituality: in learning to give up, we gradually learn to give; in learning to sacrifice, we essentially learn to share. So often our efforts for reconciliation and transformation are hindered by an unwillingness to forego established ways as individuals or as institutions, by our refusal to relinquish either wasteful consumerism or prideful nationalism.
A transformed worldview allows us to perceive the lasting impact of our ways on other people, especially the poor, as the sacred image of Christ, as well as on the environment, as the silent imprint of God.
(*) His All Holiness, Bartholomew I, archbishop of Constantinople, New Rome and ecumenical patriarch, is "first among equals" among the heads of Eastern Orthodox churches, which count an estimated 250 million faithful world-wide. His efforts to connect ecology and spirituality have earned him the title of "Green Patriarch", and he is known for his vigorous promotion of dialogue and reconciliation between the Christian, Islamic and Jewish worlds.