Missionnaires d' Afrique
Sydney
Australia
Ivan Page M.Afr.
Les JMJ de
SYDNEY 2008
L'Australie est un grand pays, et l'église australienne voulait faire participer le plus de jeunes possible à la célébration des journées mondiales de la jeunesse 2008. A cet effet, les évènements de Sydney (14-20 juillet) furent précédés par des " Journées dans le diocèse " sur tout le continent. Les groupes de pèlerins d'outre-mer arrivaient à Hobart, Adélaïde ou Perth, prenaient part aux activités de l'église locale et ensuite prenaient l'avion, le train ou le bus pour Sydney. J'ai moi-même fait le voyage en autocar de Melbourne à Sydney, un trajet de 13 heures, le mardi 14. La plupart de mes compagnons de voyage, portant fièrement leur drapeau, venaient de l'une des plus récentes nations du monde, le Timor Leste. Le groupe était conduit par un prêtre missionnaire australien et comportait un certain nombre de séminaristes. Ils comprenaient suffisamment l'anglais pour que la communication puisse se faire assez facilement.Il y avait longtemps que je ne m'étais pas trouvé en Australie au milieu de l'hiver. Malgré la sécheresse, l'une des plus longues enregistrées, il y avait eu assez de pluies hivernales pour recouvrir le pays d'un frais tapis de verdure, mais pas assez pour remplir les réservoirs. Les jeunes Timorais, et d'autres visiteurs des pays tropicaux, souffraient du froid. Ils allaient en souffrir davantage à Sydney quand la plupart d'entre eux seraient logés dans des écoles, dormiraient à même le sol et devraient prendre des douches froides.
Organiser les JMJ est une tâche immense. Dans l'ensemble, les choses se sont bien passées à Sydney, mais il y a eu un couac notoire dans le domaine de l'accréditation des prêtres. Tout prêtre qui voulait participer à l'une des grandes cérémonies ou entendre les confessions devait avoir une accréditation. Même s'ils s'étaient inscrits en ligne, ils devaient prouver leur identité et être photographiés. Un fonctionnaire exténué dit qu'ils s'attendaient à environ 1000 prêtres, et qu'ils devaient faire face à 3000. Même s'il n'y avait eu que 1000 personnes, deux ordinateurs n'auraient pas suffis pour en venir à bout, étant donné qu'il fallait environ 10 minutes pour délivrer l'accréditation à chaque personne. S'ils étaient pris de court, je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas fait appel à l'une de ces compagnies informatiques pour qu'elle arrive à leur secours avec une douzaine d'ordinateurs, en échange d'un peu de publicité. De fait, j'ai entendu dire que certains prêtres avaient dû attendre six heures ou plus pour obtenir leur accréditation. J'ai moi-même dû attendre quatre heures et demie et passer beaucoup de temps à présenter des excuses au nom de mon pays à tous les visiteurs étrangers qui faisaient la queue avec moi.
Sydney est un ensemble maritime d'une beauté à couper le souffle. Des changements dans le transport des marchandises ces dernières années ont apporté une nouvelle disposition des activités maritimes et libéré le centre de la vieille ville des anciens entrepôts. Les surfaces libérées ont été rénovées au bénéfice du public, avec des boutiques, des restaurants, des espaces à ciel ouvert, des centres de conférence et un point d'ancrage pour les bateaux de plaisance. Comme j'avais été longtemps absent d'Australie, je ne savais pas où se trouvait Barangaroo, mais je me suis aperçu que peu de gens des environs de Sydney le savaient. Il se trouve que c'est le nouveau nom donné à la rive est de Darling Harbour, où l'on devait célébrer la messe d'ouverture et nombre d'autres cérémonies.
L'archevêque de Sydney, le cardinal George Pell, présidait la messe d'ouverture, accompagné de centaines d'évêques étrangers. Le premier ministre d'Australie, M. Kevin Rudd, a prononcé quelques mots de bienvenue en plusieurs langues, y compris l'indonésien, le tagalog et le mandarin. A toutes les grandes célébrations, on prenait en compte la culture et les langues de nombreux petits pays de ce côté-ci du monde. Ce mardi soir, c'étaient les aborigènes d'Australie qui étaient au programme, et l'Alléluia était accompagné par le son obsédant des didjeridoo, leurs flûtes primitives. S'ensuivait une sorte de corroboree interrompu par l'arrivée en canoë d'un missionnaire venu apporter l'évangile de paix. Après la communion une hymne d'action de grâce était chantée par un chur Maori d'Aotearoa (c'est ainsi qu'ils appellent la Nouvelle Zélande).
Each morning the pilgrims followed catechesis in suburban churches or in the conference centre at Darling Harbour. I attached myself to the pilgrims from Madagascar, Vanuatu, French Polynesia and Versailles, who were receiving instruction at Revesby, where I happened to be staying - chiefly because the group from Tahiti included a young priest whom I had known in Rome. The morning would conclude with Mass, animated by one or other of the groups. The Malagasy dance of peace, involving everyone was a great success. We had been promised a Congolese archbishop for Friday morning's catechesis, but he was not able to come. At short notice, the Archbishop of Tours agreed to replace him. When I introduced myself as a Missionary of Africa, he quickly replied "I used to be one myself". It was Bernard Nicolas Aubertin!
Chaque matin, les pèlerins suivaient la catéchèse dans les églises de la banlieue ou au centre de conférence de Darling Harbour. J'ai suivi les pèlerins de Madagascar, Vanuatu, la Polynésie française et Versailles, qui avaient leur catéchèse à Revesby, où je logeais, principalement parce qu'il y avait dans le groupe de Tahiti un jeune prêtre que j'avais connu à Rome. La matinée se terminait avec la messe, animée par l'un ou l'autre groupe. La danse malgache de la paix, à laquelle tout le monde participait, fut un grand succès. On nous avait promis un archevêque congolais pour la catéchèse du vendredi matin, mais il n'a pas pu venir. L'archevêque de Tours a accepté de le remplacer au pied levé. Quand je me suis présenté comme Missionnaire d'Afrique, il a répondu aussitôt " je l'étais moi-même ". C'était Bernard-Nicolas Aubertin !
Quand ils se déplaçaient dans Sydney, la plupart des pèlerins portaient des drapeaux pour qu'on les identifie. J'ai été tout heureux de voir deux jeunes gens portant la croix du Languedoc un après-midi, et de pouvoir échanger quelques mots avec eux. Durant toute la semaine, il était si facile d'entrer en conversation et je suis sûr qu'il y a eu de nombreux échanges fructueux. Hyde Park, près de la cathédrale Ste Marie, était le lieu de nombreuses activités et rencontres. Un après-midi, je regardais avec plaisir les danses nationales d'une centaine de pèlerins de Samoa. Au moment de partir, je suis tombé sur le Père Febian Pikiti Mulenga, de Zambie, qui avait vécu au généralat pendant ses études à la Grégorienne. Aucun de nous ne savait que l'autre était dans le pays, et nous étions enchantés de nous retrouver et de pouvoir échanger une fois de plus.
Je m'étais porté volontaire pour entendre les confessions pendant les JMJ. En fait il y avait tant de prêtres disponibles qu'aucun n'était débordé. Disons cependant que c'était très bien organisé. Un prêtre dûment accrédité se présentait à la sur responsable de tel ou tel emplacement, inscrivait son nom et les langues qu'il parlait sur un registre, et la sur lui donnait une étole et lui attribuait un confessionnal. La sur dirigeait alors dans sa direction les pénitents des langues correspondantes, et après une heure et demie, le prêtre devait faire la pause. Ça fonctionnait admirablement.
Le vendredi après-midi eut lieu la représentation émouvante du chemin de croix. C'est sans doute à la télévision qu'on voyait le mieux, car les acteurs se déplacèrent en trois endroits différents près du Port. Le réalisme de leur jeu rappelait à chacun l'horreur de la crucifixion. Beaucoup de spectateurs fondaient en larmes.
" La " journée mondiale de la jeunesse était le dimanche 20 juillet. La plupart des jeunes ont marché, en une colonne qui n'en finissait pas, jusqu'au champ de course de Randwick où ils ont passé la nuit. Le Pape Benoît lui-même les y a rejoints pour la veillée de prière avant de retrouver son logement. En dépit du froid, les jeunes ont chanté, dansé et pris du bon temps, et ont quand même réussi à se réveiller en assez bonne forme le lendemain matin. C'est à la télévision que j'ai assisté à la messe de clôture. Que le lecteur sache que le Pape a annoncé, à la fin de la messe, que les prochaines JMJ, dans trois ans, seraient à Madrid. Dans la foule, les espagnols ont explosé de joie, et j'ai depuis rencontré de nombreux jeunes australiens qui ont commencé à planifier leur voyage en Espagne en 2011.
Les sceptiques de Sydney semblent avoir été déconcertés par la joie et la bonne conduite des jeunes pèlerins. Il n'y a pas de doute que cet évènement a été un succès. Une partie de l'enthousiasme va se dissiper, mais je crois qu'on peut raisonnablement s'attendre à ce qu'il y ait des fruits abondants après les JMJ de Sydney 2008.
Traduction en Français par André Vincent M.Afr.