Nouvelles du 26-12- 2005
Texte Pris sur le site Zénith

Message de Noël 2005 du pape Benoît XVI

...
Photos du webmaster MG sur la place St Pierre le 25 Décembre


ROME, Dimanche 25 décembre 2005 (ZENIT.org) – Voici la texte officiel en français (original en italien) du Message de Noël 2005 du pape Benoît XVI, son premier Noël en tant que Successeur de Pierre.

Message

«Je vous annonce une grande joie... aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur» (Lc 2, 10-11). Cette nuit, nous avons écouté à nouveau les paroles de l’Ange aux bergers, et nous avons revécu le climat de cette sainte Nuit, la Nuit de Bethléem, lorsque le Fils de Dieu s’est fait homme et que, naissant dans une pauvre grotte, il a établi sa demeure parmi nous.

En ce jour solennel, retentit l’annonce de l’Ange et pour nous aussi, hommes et femmes du troisième millénaire, c’est une invitation à accueillir le Sauveur. Que l’humanité d’aujourd’hui n’hésite pas à le faire entrer dans ses maisons, dans ses villes, dans ses nations et en tout point de la terre! Il est vrai, qu’au cours du millénaire qui s’est achevé il y a peu, et spécialement pendant les derniers siècles, les progrès accomplis dans le domaine technique et scientifique ont été nombreux; les ressources matérielles dont nous pouvons disposer aujourd’hui sont importantes. L’homme de l’ère technologique risque cependant d’être victime des succès mêmes de son intelligence et des résultats de ses capacités d’action s’il se laisse prendre par une atrophie spirituelle, par un vide du cœur. C’est pourquoi il est important qu’il ouvre son esprit et son cœur à la Naissance du Christ, événement de salut capable d’imprimer une espérance renouvelée dans l’existence de tout être humain.

«Homme, éveille-toi: pour toi, Dieu s’est fait homme» (saint Augustin, Discours, 185). Éveille-toi, homme du troisième millénaire! À Noël, le Tout-Puissant s’est fait petit enfant et il demande aide et protection; sa façon d’être Dieu provoque notre façon d’être hommes; le fait qu’il frappe à nos portes nous interpelle, interpelle notre liberté et nous demande de revoir notre rapport à la vie et notre façon de l’envisager. L’époque moderne est souvent présentée comme une période de réveil du sommeil de la raison, comme la venue de l’humanité à la lumière, émergeant ainsi d’une période obscure. Néanmoins, sans le Christ, la lumière de la raison ne suffit pas à éclairer l’homme et le monde. C’est pourquoi la parole évangélique du jour de Noël – «La lumière véritable qui éclaire tout homme en venant dans le monde» (Jn 1, 9) – retentit plus que jamais comme une annonce du salut pour tous. «Le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné» (const. Gaudium et spes, n. 22). L’Église répète sans se lasser ce message d’espérance repris par le Concile Vatican II, qui s’est achevé il y a exactement quarante ans.

Homme moderne, adulte pourtant parfois faible dans sa pensée et dans sa volonté, laisse-toi prendre par la main par l’Enfant de Bethléem; ne crains pas, aie confiance en Lui! La force vivifiante de sa lumière t’encourage à t’engager dans l’édification d’un nouvel ordre mondial, fondé sur de justes relations éthiques et économiques. Que son amour guide les peuples et éclaire leur conscience commune d’être une «famille» appelée à construire des relations de confiance et de soutien mutuel. L’humanité unie pourra affronter les problèmes nombreux et préoccupants du moment présent: de la menace terroriste aux conditions d’humiliante pauvreté dans laquelle vivent des millions d’êtres humains, de la prolifération des armes aux pandémies et à la dégradation de l’environnement qui menace l’avenir de la planète.

Le Dieu qui s’est fait homme par amour de l’homme soutient ceux qui, en Afrique, agissent en faveur de la paix et du développement intégral, s’opposant aux luttes fratricides, pour que se consolident les transitions politiques actuelles encore fragiles et que soient sauvegardés les droits les plus élémentaires de ceux qui se trouvent dans de tragiques situations humanitaires, comme au Darfour et en d’autres régions de l’Afrique centrale. Qu’Il incite les peuples latino-américains à vivre dans la paix et la concorde. Qu’Il donne courage aux hommes de bonne volonté qui agissent en Terre Sainte, en Iraq, au Liban, où les signes d’espérance qui, s’ils ne manquent pas, attendent d’être confirmés par des comportements inspirés par la loyauté et la sagesse; qu’Il favorise les processus de dialogue dans la Péninsule coréenne et dans d’autres Pays d’Asie, pour que, les dangereuses divergences étant surmontées, on parvienne, dans un esprit amical, à des solutions de paix cohérentes, ce qui est tant attendu de ces populations.

À Noël, notre esprit s’ouvre à l’espérance en contemplant la gloire divine cachée dans la pauvreté d’un Enfant enveloppé de langes et déposé dans une mangeoire : c’est le Créateur de l’univers réduit à l’impuissance d’un nouveau-né. Accepter un tel paradoxe, le paradoxe de Noël, c’est découvrir la Vérité qui rend libres, l’Amour qui transforme l’existence. Dans la Nuit de Bethléem, le Rédempteur se fait l’un de nous, pour être notre compagnon sur les routes de l’histoire semées d’embûches. Accueillons la main qu’il nous tend: c’est une main qui ne veut rien nous enlever, mais seulement donner.

Avec les bergers, entrons dans la grotte de Bethléem sous le regard aimant de Marie, témoin silencieux de cette prodigieuse naissance. Qu’elle nous aide à vivre un bon Noël; qu’elle nous apprenne à conserver dans notre cœur le mystère de Dieu qui, pour nous, s’est fait homme; qu’elle nous conduise à être dans le monde des témoins de sa vérité, de son amour, de sa paix.
[Texte original: Italien]
ZF05122507
--------------------------------------------------------------------------------

Première homélie de Benoît XVI pour la messe de minuit
Etre des artisans de paix dans le monde

ROME, Dimanche 25 décembre 2005 (ZENIT.org) – « Le Christ se donne à nous et nous donne avec cela sa paix. Il nous la donne pour que nous portions la lumière de la paix au plus profond de nous-mêmes et que nous la communiquions aux autres; pour que nous devenions des artisans de paix et que nous contribuions ainsi à la paix dans le monde », déclare Benoît XVI dans sa homélie de la messe de minuit, en tant que pape, en la basilique Saint-Pierre, dont voici le texte intégral (traduction officielle en français).

Homélie de Benoît XVI

«Le Seigneur m’a dit: "Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré"». Par ces paroles du psaume 2, l’Église commence la Messe de la veillée de Noël, dans laquelle nous célébrons la naissance de notre Rédempteur Jésus Christ, dans l’étable de Bethléem. Autrefois, ce psaume appartenait au rituel du couronnement du roi de Juda. Le peuple d’Israël, en raison de son élection, se sentait de façon particulière fils de Dieu, adopté par Dieu. Comme le roi était la personnification de ce peuple, son intronisation était vécue comme un acte solennel d’adoption de la part de Dieu, dans lequel le roi était, en quelque sorte, introduit dans le mystère même de Dieu. Dans la nuit de Bethléem, ces paroles, qui étaient en fait plutôt l’expression d’une espérance qu’une réalité présente, ont pris un sens nouveau et inattendu. L’Enfant dans la crèche est vraiment le Fils de Dieu. Dieu n’est pas solitude éternelle, mais cercle d’amour où il se donne et se redonne dans la réciprocité. Il est Père, Fils et Esprit Saint.

Plus encore: en Jésus Christ, le Fils de Dieu, Dieu lui-même s’est fait homme. C’est à Lui que le Père dit: «Tu es mon fils». L’aujourd’hui éternel de Dieu est descendu dans l’aujourd’hui éphémère du monde et il entraîne notre aujourd’hui passager dans l’aujourd’hui éternel de Dieu. Dieu est si grand qu’il peut se faire petit. Dieu est si puissant qu’il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l’aimer. Dieu est bon au point de renoncer à sa splendeur divine et descendre dans l’étable, afin que nous puissions le trouver et pour que, ainsi, sa bonté nous touche aussi, qu’elle se communique à nous et continue à agir par notre intermédiaire. C’est cela Noël: «Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré». Dieu est devenu l’un de nous, afin que nous puissions être avec Lui, devenir semblables à Lui. Il a choisi comme signe l’Enfant dans la crèche: Il est ainsi. De cette façon nous apprenons à le connaître. Et sur chaque enfant resplendit quelque chose du rayon de cet aujourd’hui, de la proximité de Dieu que nous devons aimer et à laquelle nous devons nous soumettre – sur chaque enfant, même sur celui qui n’est pas encore né.

Écoutons une deuxième parole de la liturgie de cette sainte Nuit, cette fois tirée du Livre du prophète Isaïe: «Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi» (9, 1). Le mot «lumière» pénètre toute la liturgie de cette Messe. Elle est mentionnée de nouveau dans le passage tiré de la lettre de saint Paul à Tite: «La grâce de Dieu est apparue» (2, 11). L’expression «est apparue» (est manifestée) appartient au langage grec et, dans ce contexte, dit la même chose que ce que l’hébreu exprime par les mots «une lumière resplendit»: l’«apparition» – l’«épiphanie» – est l’irruption de la lumière divine dans le monde plein d’obscurité et plein de problèmes irrésolus. Enfin, l’Évangile nous rapporte que la gloire de Dieu apparut aux bergers et «les enveloppa de lumière» (Lc 2, 9). Là où paraît la gloire de Dieu, là se répand, dans le monde, la lumière. «Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui», dit saint Jean (1 Jn 1, 5). La lumière est source de vie.

Mais lumière signifie surtout connaissance, vérité en opposition à l’obscurité du mensonge et de l’ignorance. Ainsi, la lumière nous fait vivre, nous indique la route. Mais ensuite, la lumière, parce qu’elle donne de la chaleur, signifie aussi amour. Là où il y a de l’amour, apparaît une lumière dans le monde; là où il y a de la haine le monde est dans l’obscurité. Oui, dans l’étable de Bethléem est apparue la grande lumière que le monde attend. Dans cet Enfant couché dans l’étable, Dieu montre sa gloire – la gloire de l’amour, qui se fait don lui-même et qui se prive de toute grandeur pour nous conduire sur le chemin de l’amour. La lumière de Bethléem ne s’est plus jamais éteinte. Tout au long des siècles, elle a touché des hommes et des femmes, «elle les a enveloppés de lumière». Là où a surgi la foi en cet Enfant, là aussi a jailli la charité – la bonté envers les autres, l’attention empressée pour ceux qui sont faibles et pour ceux qui souffrent, la grâce du pardon. À partir de Bethléem, un sillage de lumière, d’amour, de vérité, envahit les siècles. Si nous regardons les saints – de Paul et Augustin, jusqu’à saint François et saint Dominique, de François-Xavier et Thérèse d’Avila à Mère Teresa de Calcutta – nous voyons ce courant de bonté, ce chemin de lumière qui, toujours de nouveau, s’enflamme au mystère de Bethléem, à ce Dieu qui s’est fait Enfant. Dans cet Enfant, Dieu oppose sa bonté à la violence de ce monde et il nous appelle à suivre l’Enfant.

Avec l’arbre de Noël, nos amis autrichiens nous ont apporté aussi une petite flamme qu’ils avaient allumée à Bethléem, pour nous dire: le vrai mystère de Noël est la splendeur intérieure qui vient de cet Enfant. Laissons cette splendeur intérieure se communiquer à nous, allumer dans notre cœur la petite flamme de la bonté de Dieu; par notre amour, portons tous la lumière dans le monde! Ne permettons pas que cette flamme de lumière soit éteinte par les courants froids de notre temps! Gardons-la fidèlement et faisons-en don aux autres! En cette nuit, dans laquelle nous regardons vers Bethléem, nous voulons aussi prier de façon spéciale pour le lieu de la naissance de notre Rédempteur et pour les hommes qui y vivent et qui y souffrent. Nous voulons prier pour la paix en Terre Sainte: Regarde, Seigneur, cette région de la terre qui, étant ta patrie, t’est si chère! Fais que ta lumière y brille! Fais que la paix y advienne!

Avec le terme «paix», nous sommes arrivés à la troisième parole-guide de la liturgie de cette sainte Nuit. L’Enfant qu’Isaïe annonce est appelé par lui «Prince de la paix». On dit de son règne: «La paix n’aura pas de fin». Aux bergers sont annoncées dans l’Évangile la «gloire de Dieu au plus haut des cieux» et «la paix sur terre...». Autrefois on lisait: «...aux hommes de bonne volonté»; dans la nouvelle traduction, on dit: «...aux hommes, qu’il aime». Que signifie ce changement? La bonne volonté ne compte-t-elle plus? Posons mieux la question: qui sont les hommes que Dieu aime et pourquoi les aime-t-il? Dieu est-il partial? Aime-t-il seulement des personnes déterminées et abandonne-t-il les autres à elles-mêmes? L’Évangile répond à ces questions en nous présentant quelques personnes particulières aimées de Dieu. Ce sont des personnes précises – Marie, Joseph, Élisabeth, Zacharie, Siméon, Anne, etc. Mais il y a aussi deux groupes de personnes: les bergers et les sages de l’Orient, ceux qu’on appelle les rois mages. Arrêtons-nous en cette nuit sur les bergers. Quelle sorte d’hommes sont-ils? Dans leurs milieux, les bergers étaient méprisés; ils étaient considérés comme peu fiables et, au tribunal, ils n’étaient pas admis comme témoins. Mais qui étaient-ils en réalité? Ils n’étaient certainement pas de grands saints, si par ce terme nous entendons des personnes de vertu héroïque. C’étaient des âmes simples. L’Évangile met en lumière une caractéristique qui, par la suite, dans les paroles de Jésus, aura un rôle important: c’étaient des veilleurs. Cela vaut avant tout dans le sens extérieur: de nuit, ils veillaient auprès de leurs moutons. Mais cela vaut aussi dans un sens plus profond: ils étaient disponibles à la parole de Dieu. Leur vie n’était pas fermée sur elle-même; leur cœur était ouvert. D’une certaine façon, au plus profond, ils L’attendaient. Leur vigilance était disponibilité – disponibilité à écouter, disponibilité à se mettre en route; elle était une attente de la lumière qui leur indiquerait le chemin. C’est cela qui intéresse Dieu. Dieu aime tous les hommes parce que tous sont ses créatures. Mais certaines personnes ont fermé leur âme; son amour ne trouve aucun accès auprès d’eux. Ils croient qu’ils n’ont pas besoin de Dieu; ils ne le veulent pas. D’autres, qui peut-être moralement sont aussi pauvres et pécheurs, souffrent au moins de cela. Ils attendent Dieu. Ils savent qu’ils ont besoin de sa bonté, même s’ils n’en ont pas une idée précise. Dans leur cœur ouvert à l’attente, la lumière de Dieu peut entrer et, avec elle, sa paix. Dieu cherche des personnes qui apportent sa paix et qui la communiquent. Demandons-lui de faire en sorte qu’il ne trouve pas notre cœur fermé. Faisons en sorte de pouvoir devenir des porteurs actifs de sa paix – précisément dans notre temps.

Chez les chrétiens, le mot paix a pris ensuite une signification toute spéciale: elle est devenue un nom pour désigner l’Eucharistie. En elle, la paix du Christ est présente. Grâce à tous les lieux où se célèbre l’Eucharistie, un réseau de paix s’étend sur le monde entier. Les communautés rassemblées autour de l’Eucharistie constituent un règne de paix, vaste comme le monde. Quand nous célébrons l’Eucharistie, nous nous trouvons à Bethléem, dans la «maison du pain». Le Christ se donne à nous et nous donne avec cela sa paix. Il nous la donne pour que nous portions la lumière de la paix au plus profond de nous-mêmes et que nous la communiquions aux autres; pour que nous devenions des artisans de paix et que nous contribuions ainsi à la paix dans le monde. Prions donc: Seigneur, réalise ta promesse! Fais que là où se trouve la discorde naisse la paix! Fais que là où règne la haine jaillisse l’amour! Fais que là où dominent les ténèbres surgisse la lumière! Fais-nous devenir des porteurs de ta paix! Amen.

[Texte original: Italien]
ZF05122508


 

Homélie de Noël à Bethléem : Dialogue religieux avec l’islam et le judaïsme
Message du patriarche Sabbah

ROME, Dimanche 25 décembre 2005 (ZENIT.org) – « Le message de Noël à notre Eglise de Jérusalem, 40 ans après le Concile Vatican II, est un message de vie nouvelle, spirituelle et religieuse, selon les divers documents conciliaires et les nouveaux horizons ouverts devant les croyants. Une vie nouvelle dans le dialogue avec les religions avec lesquelles nous vivons, avec l’islam et le judaïsme. Mais d’abord, un message de renouvellement de nous-mêmes, afin de mieux dialoguer, mieux connaître et nous faire connaître », a déclaré le patriarche Michel Sabbah lors de la messe de minuit à Bethléem.

 

Voici le texte intégral en français de l’homélie du patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, lors de la messe de minuit en la basilique de la Nativité.

Homélie de Noël 2005

Frères et Sœurs
Monsieur le Président Mahmoud Abbas

1. Soyez le bienvenu avec tous vos compagnons dans cette vénérable basilique en cette nuit sainte. Pour vous, pour vos efforts pour arriver à la paix par les voies de la paix, nous demandons à Dieu de vous donner courage et persévérance dans la voie difficile que vous avez prise. Nous vous remercions pour votre choix, car il est le meilleur. A vous, grâce et paix.

Frères et Sœurs,
2. Je vous souhaite une sainte fête de Noël, pleine de la grâce et de la vie divine que l’enfant né á Bethléem est venu nous apporter. Noël veut dire l’entrée de Dieu dans notre histoire humaine : « le Verbe de Dieu prit chair et habita parmi nous ». Il est devenu l’Emmanuel, Dieu avec nous. Il a marché sur notre terre et est devenu pour chacun et chacune de nous un compagnon de route.

Il est le Verbe de Dieu. Il est la plénitude de l’être “par qui tout a été fait, et sans lui rien n’a été fait » (Jn 1,3). Il est l’invisible : “Nul ne l’a jamais vu ; le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître. Et de sa plénitude nous avons tous reçu” (Jn 1,16-17). Noël c’est l’occasion pour nous, chaque année renouvelée, de mieux approfondir ce mystère de la présence de Dieu parmi nous, de notre union avec Celui, que « le Fils unique nous a fait connaître ». Noël nous rappelle que notre vie ne peut se faire sans cette relation permanente à la plénitude de l’être et de la divinité qui se manifeste à nous en cette nuit sainte dans l’Enfant Jésus.

Dans la joie de Noël aussi, nous nous rappelons que Dieu présent parmi nous a choisi notre terre pour sa demeure, une demeure humble, pour y vivre une vie offerte jusqu’à l’immolation. “De condition divine, il s’anéantit lui-même prenant condition d’esclave et obéissant jusqu’à la mort et la mort sur la croix » (cf Philip 2, 6-7). Il s’est immolé pour nous redonner la vie abondante, et à tous sans distinction : car il est venu pour l’humanité. Toute personne humaine, de toute race, de toute nation et de toute croyance, est précieuse á ses yeux et pour elle il est venu.

3. Le message de Noël à notre Eglise de Jérusalem, 40 ans après le Concile Vatican II, est un message de vie nouvelle, spirituelle et religieuse, selon les divers documents conciliaires et les nouveaux horizons ouverts devant les croyants. Une vie nouvelle dans le dialogue avec les religions avec lesquelles nous vivons, avec l’islam et le judaïsme. Mais d’abord, un message de renouvellement de nous-mêmes, afin de mieux dialoguer, mieux connaître et nous faire connaître.

Afin de mieux dialoguer aussi avec toutes nos sociétés, avec leurs souffrances et leurs joies. Car le croyant est celui qui reste à l’écoute, d’un côté, il écoute ce que dit Dieu, comme le dit le psalmiste, ce qu’il dit dans l’Ecriture et dans les divers événements de notre vie, et à l’écoute, d’un autre côté, aux joies, aux souffrances et aux cris des peuples et de toute personne humaine.

Le message est un effort nouveau et persévérant afin que nous transformions notre vie en une marche constante devant Dieu, afin que nous sachions toujours voir la volonté de Dieu, sa Providence et son amour dans tous les événements de notre vie. Plusieurs ont répété en effet cette année encore : comment célébrer Noël et comment nous réjouir avec le mur, qui monte partout, étant réduits à vivre dans des prisons, nos terres confisquées, nos jeunes raflés dans les profondeurs de la nuit et jetés dans les prisons israéliennes, les morts qui tombent dans les diverses villes autour de nous et les clameurs de vengeance qui montent, en plus de l’instabilité et de l’insécurité dans notre propre société ? Comment avec tout cela célébrer et accueillir la joie de Noël ? Précisément pour tout cela, à cause de toute cette réalité de mort, nous avons besoin de la grâce de Noël pour la transformer en réalité de vie, afin de pouvoir faire face et rester vivants et croyants en Dieu aimant et juste, afin d’avoir le courage de voir en toute personne humaine, quelle qu’elle soit, l’image de Dieu, avec qui dès aujourd’hui il faut commencer à construire une vie nouvelle sur cette terre.

40 ans après le concile invitent toutes nos Eglises de Jérusalem à poursuivre notre effort pour l’unité et pour une marche ensemble malgré toutes les complications de nos situations, et les Eglises catholiques à continuer notre renouvellement commencé après notre Synode terminé en l’an 2000 et par lequel nous sommes arrivés au Plan Pastoral commun qui reste notre guide.

4. Le message de Noël enfin pour la situation de conflit que nous vivons, deux peuples et trois religions, est un message qui dit : paix à tous, malgré toutes les différences, nationales ou religieuses. Un message qui nous redit que tout homme est précieux aux yeux de Dieu son Créateur et que le sang toujours facilement versé en ces jours dans cette terre, le sang de la personne humaine, dans les deux camps, crie vengeance et monte jusqu’aux oreilles du Très-Haut.

Nous nous rappelons les victimes du terrorisme en Jordanie, il y a quelques mois, toutes les victimes du conflit ici en cette Terre Sainte, les victimes au Liban et en Iraq et du monde entier, mais surtout de toute notre région dont la paix dépend de celle de Jérusalem, la cité de Dieu et le coeur de l’humanité. A tous nous disons : Dieu est d’abord un Dieu d’amour. Il est le Père de tous sans distinction de race ou de religion.

Il nous créa tous á son image. Et nous, nous avons créé les barrières de race, de religion et de nationalité ; nous avons ainsi limité notre capacité d’aimer et de construire ensemble et nous avons augmenté notre capacité de mort. La dignité humaine, est une valeur fondamentale. La religion aussi. La liberté aussi, et l’indépendance et la souveraineté. Mais des abus et des injustes, en plus d’un faux concept de la religion, de la nation, de la race et de la souveraineté, ont transformé tout cela en facteurs de mort. Et ce n’est pas pour cela que nous sommes crées. Ce n’est pas pour cela que nous construisons des pays indépendants et souverains. Tous les responsables et les chefs dans les gouvernements de ce pays ont l’obligation de trouver le moyen de ne pas sacrifier la personne humaine, sa vie ou sa dignité, pour des exigences de sécurité.

5. Avec Noël, en cette nuit sainte, nous prêtons attention à la volonté israélienne qui recherche la sécurité par les diverses actions militaires. Nous prêtons attention à la volonté palestinienne qui demande la fin de l’occupation et la liberté complète. Noël dit à tous: paix, sécurité et justice sont possibles.
Un nouveau paysage politique israélien et palestinien semble se dessiner quoique avec des contorsions et des hésitations multiples. Si nos chefs ont une volonté sincère et décidée, ils peuvent, s’ils le veulent, faire de ce temps que nous traversons un moment de grâce. Arrêt complet de toute violence, de toute vengeance, libération des prisonniers politiques, arrêter le passé pour un moment, pour permettre à un avenir nouveau de commencer, pour créer une terre nouvelle dans laquelle les cœurs nouveaux assureront, mieux que les murs et les autres actions militaires, la sécurité des Israéliens et produiront pour les Palestiniens la fin de l’occupation et la liberté.
Aux chefs de nos deux peuples dans cette terre sainte, à vous Autorités Palestiniennes ici présentes, à vous chefs d’Israël, Noël dit : les voies de cette terre sanctifiée par Dieu sont les voies de la paix, basée sur la justice et l’égalité entre les deux peuples, aucun supérieur à l’autre, aucun soumis à l’autre. Les deux égaux en dignité, en droits et en devoirs.
« Ne crains pas Jérusalem, dit le Prophète, Dieu est en toi » (Soph 3,17). Nous souhaitons voir le jour où personne n’a peur, personne ne reste recherché, personne ne triomphe aux dépens de l’autre, personne n’exclut l’autre : car Dieu est dans la ville pour sauver et rétablir la dignité de tous, parce que tous, Israéliens et Palestiniens, nous sommes sa créature et l’œuvre de ses mains.

6. Frères et sœurs, ici présents, et dans tout notre diocèse, Palestine, Israël, Jordanie et Chypre, à tous les habitants de cette Terre Sainte, juifs, chrétiens, musulmans et druzes, aux prisonniers dans leurs prisons, aux malades, à tous ceux qui souffrent et sont sacrifiés dans les divers conflits de cette région, à tous ceux qui prient avec nous dans le monde entier, nous demandons à Dieu pour tous l’abondance de la grâce et de la paix et une Heureuse et sainte fête de Noël.

+ Michel Sabbah
Patriarche latin de Jérusalem
ZF05122509



site Zenith

Code: ZE05122502

Date: 2005-12-25

Benedict XVI's Christmas Message

...
Photos from the webmaster MG on St Peter 's Placele 25th December

"By Knocking at Our Door, God Challenges Us and Our Freedom"

VATICAN CITY, DEC. 25, 2005 (Zenit.org).- Here is a translation of Benedict XVI's Christmas message delivered at midday before he imparted the blessing "urbi et orbi" (to the city of Rome and the world).

* * *

"I bring you good news of a great joy … for to you is born this day in the city of David a Savior, who is Christ the Lord" (Luke 2:10-11).

Last night we heard once more the Angel's message to the shepherds, and we experienced anew the atmosphere of that holy night, Bethlehem Night, when the Son of God became man, was born in a lowly stable and dwelt among us. On this solemn day, the Angel's proclamation rings out once again, inviting us, the men and women of the third millennium, to welcome the Savior. May the people of today's world not hesitate to let him enter their homes, their cities, their nations, everywhere on earth!

In the millennium just past, and especially in the last centuries, immense progress was made in the areas of technology and science. Today we can dispose of vast material resources. But the men and women in our technological age risk becoming victims of their own intellectual and technical achievements, ending up in spiritual barrenness and emptiness of heart. That is why it is so important for us to open our minds and hearts to the Birth of Christ, this event of salvation which can give new hope to the life of each human being.

Wake up, O man! For your sake God became man" (St. Augustine, "Sermo," 185). Wake up, O men and women of the third millennium! At Christmas, the Almighty becomes a child and asks for our help and protection. His way of showing that he is God challenges our way of being human. By knocking at our door, he challenges us and our freedom; he calls us to examine how we understand and live our lives.

The modern age is often seen as an awakening of reason from its slumbers, humanity's enlightenment after an age of darkness. Yet without the light of Christ, the light of reason is not sufficient to enlighten humanity and the world. For this reason, the words of the Christmas Gospel: "the true Light that enlightens every man was coming into this world" (John 1:9) resound now more than ever as a proclamation of salvation. "It is only in the mystery of the Word made flesh that the mystery of humanity truly becomes clear" ("Gaudium et Spes," No. 22). The Church does not tire of repeating this message of hope reaffirmed by the Second Vatican Council, which concluded 40 years ago.

Men and women of today, humanity come of age yet often still so frail in mind and will, let the Child of Bethlehem take you by the hand! Do not fear; put your trust in him! The life-giving power of his light is an incentive for building a new world order based on just ethical and economic relationships. May his love guide every people on earth and strengthen their common consciousness of being a "family" called to foster relationships of trust and mutual support. A united humanity will be able to confront the many troubling problems of the present time: from the menace of terrorism to the humiliating poverty in which millions of human beings live, from the proliferation of weapons to the pandemics and the environmental destruction which threatens the future of our planet.

May the God who became man out of love for humanity strengthen all those in Africa who work for peace, integral development and the prevention of fratricidal conflicts, for the consolidation of the present, still fragile political transitions, and the protection of the most elementary rights of those experiencing tragic humanitarian crises, such as those in Darfur and in other regions of central Africa. May he lead the peoples of Latin America to live in peace and harmony. May he grant courage to people of good will in the Holy Land, in Iraq, in Lebanon, where signs of hope, which are not lacking, need to be confirmed by actions inspired by fairness and wisdom; may he favor the process of dialogue on the Korean peninsula and elsewhere in the countries of Asia, so that, by the settlement of dangerous disputes, consistent and peaceful conclusions can be reached in a spirit of friendship, conclusions which their peoples expectantly await.

At Christmas we contemplate God made man, divine glory hidden beneath the poverty of a Child wrapped in swaddling clothes and laid in a manger; the Creator of the Universe reduced to the helplessness of an infant. Once we accept this paradox, we discover the Truth that sets us free and the Love that transforms our lives. On Bethlehem Night, the Redeemer becomes one of us, our companion along the precarious paths of history. Let us take the hand which he stretches out to us: It is a hand which seeks to take nothing from us, but only to give.

With the shepherds let us enter the stable of Bethlehem beneath the loving gaze of Mary, the silent witness of his miraculous birth. May she help us to experience the happiness of Christmas, may she teach us how to treasure in our hearts the mystery of God who for our sake became man; and may she help us to bear witness in our world to his truth, his love and his peace.

[Original text in Italian; translation issued by the Holy See]


Code: ZE05122501

Date: 2005-12-25

Pope's Homily at Midnight Mass

"In That Child Lying in the Stable, God Has Shown His Glory"

VATICAN CITY, DEC. 25, 2005 (Zenit.org).- Here is a translation of the homily Benedict XVI delivered at Midnight Mass on Christmas Eve, held in St. Peter's Basilica.

* * *

"The Lord said to me: You are my son; this day I have begotten you." With these words of the second Psalm, the Church begins the Vigil Mass of Christmas, at which we celebrate the birth of Jesus Christ our Redeemer in a stable in Bethlehem. This psalm was once a part of the coronation rite of the kings of Judah. The people of Israel, in virtue of its election, considered itself in a special way a son of God, adopted by God. Just as the king was the personification of the people, his enthronement was experienced as a solemn act of adoption by God, whereby the king was in some way taken up into the very mystery of God. [On] Bethlehem Night, these words, which were really more an expression of hope than a present reality, took on new and unexpected meaning. The Child lying in the manger is truly God's Son. God is not eternal solitude but rather a circle of love and mutual self-giving. He is Father, Son and Holy Spirit.

But there is more: In Jesus Christ, the Son of God, God himself became man. To him the Father says: "You are my son." God's everlasting "today" has come down into the fleeting today of the world and lifted our momentary today into God's eternal today. God is so great that he can become small. God is so powerful that he can make himself vulnerable and come to us as a defenseless child, so that we can love him. God is so good that he can give up his divine splendor and come down to a stable, so that we might find him, so that his goodness might touch us, give itself to us and continue to work through us. This is Christmas: "You are my son, this day I have begotten you."

God has become one of us, so that we can be with him and become like him. As a sign, he chose the Child lying in the manger: This is how God is. This is how we come to know him. And on every child shines something of the splendor of that "today," of that closeness of God which we ought to love and to which we must yield -- it shines on every child, even on those still unborn.

Let us listen to a second phrase from the liturgy of this holy night, one taken from the Book of the Prophet Isaiah: "Upon the people who walked in darkness a great light has shone" (Isaiah 9:1). The word "light" pervades the entire liturgy of tonight's Mass. It is found again in the passage drawn from St. Paul's letter to Titus: "The grace of God has appeared" (2:11). The expression "has appeared," in the original Greek says the same thing that was expressed in Hebrew by the words "a light has shone": this "apparition" -- this "epiphany" -- is the breaking of God's light upon a world full of darkness and unsolved problems. The Gospel then relates that the glory of the Lord appeared to the shepherds and "shone around them" (Luke 2:9). Wherever God's glory appears, light spreads throughout the world. St. John tells us that "God is light and in him is no darkness" (1 John 1:5). The light is a source of life.

But first, light means knowledge; it means truth, as contrasted with the darkness of falsehood and ignorance. Light gives us life, it shows us the way. But light, as a source of heat, also means love. Where there is love, light shines forth in the world; where there is hatred, the world remains in darkness. In the stable of Bethlehem there appeared the great light which the world awaits. In that Child lying in the stable, God has shown his glory -- the glory of love, which gives itself away, stripping itself of all grandeur in order to guide us along the way of love. The light of Bethlehem has never been extinguished. In every age it has touched men and women, "it has shone around them."

Wherever people put their faith in that Child, charity also sprang up -- charity toward others, loving concern for the weak and the suffering, the grace of forgiveness. From Bethlehem a stream of light, love and truth spreads through the centuries. If we look to the saints -- from Paul and Augustine to Francis and Dominic, from Francis Xavier and Teresa of Avila to Mother Teresa of Calcutta -- we see this flood of goodness, this path of light kindled ever anew by the mystery of Bethlehem, by that God who became a Child. In that Child, God countered the violence of this world with his own goodness. He calls us to follow that Child.

Along with the Christmas tree, our Austrian friends have also brought us a small flame lit in Bethlehem, as if to say that the true mystery of Christmas is the inner brightness radiating from this Child. May that inner brightness spread to us, and kindle in our hearts the flame of God's goodness; may all of us, by our love, bring light to the world! Let us keep this light-giving flame from being extinguished by the cold winds of our time! Let us guard it faithfully and give it to others! On this night, when we look toward Bethlehem, let us pray in a special way for the birthplace of our Redeemer and for the men and women who live and suffer there. We wish to pray for peace in the Holy Land: Look, O Lord, upon this corner of the earth, your homeland, which is so very dear to you! Let your light shine upon it! Let it know peace!

The word "peace" brings us to a third key to the liturgy of this holy night. The Child foretold by Isaiah is called "Prince of Peace." His kingdom is said to be one "of endless peace." The shepherds in the Gospel hear the glad tidings: "Glory to God in the highest" and "on earth, peace ...." At one time we used to say: "to men of good will." Nowadays we say "to those whom God loves." What does this change mean? Is good will no longer important? We would do better to ask: Who are those whom God loves, and why does he love them? Does God have favorites? Does he love only certain people, while abandoning the others to themselves?

The Gospel answers these questions by pointing to some particular people whom God loves. There are individuals, like Mary, Joseph, Elizabeth, Zechariah, Simeon and Anna. But there are also two groups of people: the shepherds and the wise men from the East, the "Magi." Tonight let us look at the shepherds. What kind of people were they? In the world of their time, shepherds were looked down upon; they were considered untrustworthy and not admitted as witnesses in court. But really, who were they? To be sure, they were not great saints, if by that word we mean people of heroic virtue. They were simple souls. The Gospel sheds light on one feature which later on, in the words of Jesus, would take on particular importance: They were people who were watchful. This was chiefly true in a superficial way: They kept watch over their flocks by night. But it was also true in a deeper way: They were ready to receive God's word. Their life was not closed in on itself; their hearts were open. In some way, deep down, they were waiting for him.

Their watchfulness was a kind of readiness -- a readiness to listen and to set out. They were waiting for a light which would show them the way. That is what is important for God. He loves everyone, because everyone is his creature. But some persons have closed their hearts; there is no door by which his love can enter. They think that they do not need God, nor do they want him. Other persons, who, from a moral standpoint, are perhaps no less wretched and sinful, at least experience a certain remorse. They are waiting for God. They realize that they need his goodness, even if they have no clear idea of what this means. Into their expectant hearts God's light can enter, and with it, his peace. God seeks persons who can be vessels and heralds of his peace. Let us pray that he will not find our hearts closed. Let us strive to be active heralds of his peace -- in the world of today.

Among Christians, the word "peace" has taken on a very particular meaning: It has become a name for the Eucharist. There Christ's peace is present. In all the places where the Eucharist is celebrated, a great network of peace spreads through the world. The communities gathered around the Eucharist make up a kingdom of peace as wide as the world itself. When we celebrate the Eucharist we find ourselves in Bethlehem, in the "house of bread." Christ gives himself to us and, in doing so, gives us his peace. He gives it to us so that we can carry the light of peace within and give it to others. He gives it to us so that we can become peacemakers and builders of peace in the world. And so we pray: Lord, fulfill your promise! Where there is conflict, give birth to peace! Where there is hatred, make love spring up! Where darkness prevails, let light shine! Make us heralds of your peace! Amen.

[Original text: Italian; translation issued by the Holy See]