Nouvelles du 25-01- 2006
Texte Pris sur le site Zénith


Message pour la Journée mondiale des Communications sociales 2006


ROME, Mardi 24 janvier 2006 (ZENIT.org) – « Les media: réseaux de communication, de communion et de coopération », c’est le titre du Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale des Communications sociales 2006. Nous publions ci-dessous le texte intégral de ce Message.

Chers Frères et Sœurs,

1. Suite au quarantième anniversaire de la clôture du concile œcuménique Vatican II, je suis heureux de rappeler son Décret sur les Moyens de communication sociale «Inter mirifica» qui a souligné en particulier le pouvoir des media d’influencer la totalité de la société humaine. Le besoin d’équilibrer ce pouvoir pour l’avantage de tout le genre humain m'a incité, dans mon premier message pour la Journée mondiale des communications, de réfléchir brièvement sur l'idée des media comme réseau facilitant la communication, la communion et la coopération.

Saint Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, décrit de manière vivante notre vocation humaine de "devenir participants de la nature divine" (Dei Verbum, 2): à travers le Christ nous avons accès en un Esprit au Père; ainsi nous ne sommes plus étrangers et lointains mais citoyens avec les saints et membres de la famille de Dieu, devenant un temple saint, une demeure pour Dieu (cf. Ep. 2, 18-22). Ce portrait sublime d'une vie de communion engage tous les aspects de nos vies comme chrétiens. L'appel à être fidèles à la l’auto-communication de Dieu dans le Christ est un appel pour reconnaître sa force dynamique en nous, qui cherche à s’étendre ensuite aux autres, de sorte que son amour peut vraiment devenir la mesure actuelle du monde (cf. Homélie pour la Journée mondiale de la Jeunesse, Cologne, 21 août 2005).

2. Les progrès technologiques dans les media ont en un certain sens conquis le temps et l’espace, rendant possible la communication instantanée et directe entre les gens, même quand ils sont séparés par de vastes distances. Ce développement présente un énorme potentiel au service du bien commun et "constitue un patrimoine à sauvegarder et à promouvoir" (Un rapide développement, 10). Cependant, comme nous le savons tous, notre monde est loin d’être parfait. Quotidiennement notre expérience nous rappelle que la relation directe de la communication n’édifie pas nécessairement la coopération et la communion dans la société.

Informer les consciences des individus et aider à former leur pensée n'est jamais une tâche neutre. La communication authentique demande un courage inspiré à des principes et une ferme résolution. Cela exige la détermination de ceux qui travaillent dans les media pour ne pas se laisser écraser sous le poids de tant d'information ni même d’être satisfaits de vérités partielles ou provisoires. Au lieu de cela il est nécessaire de chercher et de transmettre ce qui est le fondement et le sens ultime de l'être humain, de l’existence personnelle et sociale (cf. Fides et Ratio, 5). De cette manière les media peuvent contribuer de façon constructive à la propagation de tout qui est bon et vrai.

3. L'appel aux media d'aujourd'hui d’être responsables – d’être les protagonistes de vérité et promoteurs de la paix qui s'ensuit - implique plusieurs défis. Alors que la variété des instruments de communication sociale facilite l'échange de l'information, des idées, et la compréhension mutuelle entre les communautés, ils sont aussi touchés par l’ambiguïté. Dans la perspective de fournir une "grande table ronde" pour le dialogue, certaines tendances dans les media font naître un genre de monoculture qui réduit le génie créatif, restreint la subtilité d’une pensée complexe et sous-estime la spécificité des pratiques culturelles et de la particularité des croyances religieuses. Ce sont des distorsions qui se produisent quand l'industrie médiatique devient un organe d’auto-promotion ou uniquement inspirée au profit, au point de perdre le sens de la responsabilité au bien commun.

Il faut donc toujours encourager à rendre compte avec exactitude des événements, d’expliquer de manière complète les questions d'intérêt public, et d’illustrer honnêtement tous les différents points de vue. La nécessité de soutenir et de mettre en valeur le mariage et la vie de la famille est d'importance particulière, précisément parce qu'ils concernent les fondements de chaque culture et société (cf. Apostolicam actuositatem, 11). En coopération avec les parents, les communications sociales et les industries des loisirs peuvent aider à réaliser cette vocation difficile mais sublimement gratifiante d’élever des enfants, en présentant des modèles édifiants de vie humaine et d’amour (cf. Inter mirifica, 11). Comme il est décourageant et destructeur pour nous tous quand le contraire se produit! Nos cœurs ne se désolent-ils pas, plus spécialement, quand nos jeunes sont soumis à d’avilissantes ou fausses expressions d'amour qui ridiculisent la dignité donnée par Dieu à chaque personne humaine et sape les intérêts de la famille?

4. Pour encourager une présence constructive et une perception positive des media dans la société, je souhaite réitérer l'importance de trois étapes, identifiées par mon vénérable prédécesseur le Pape Jean Paul II, nécessaires pour leur service du bien commun: la formation, la participation, et le dialogue (cf. Un rapide développement, 11).

La formation à l’usage responsable et critique des media aide les personnes à les utiliser intelligemment et de manière appropriée. L'impact profond de nouveaux vocabulaires et des images sur l'esprit, que les media électroniques en particulier introduisent si facilement dans la société, ne saurait être surestimé. Précisément parce que les media contemporains façonnent la culture populaire, ils doivent surmonter toute tentation de manipuler, surtout les jeunes, et par contre poursuivre le désir de former et de servir. Dans cette voie ils protègeront plutôt qu'éroderont la structure d'une société civile digne de la personne humaine.

La participation aux mass media résulte de leur nature comme bien destiné à tous. Comme service public, la communication sociale exige un esprit de coopération et une co-responsabilité empreinte d’une prise en considération vigoureuse de l'usage des ressources publiques et de la performance de rôles de la confiance publique (cf. Éthique en communication, 20), y compris le recours à des critères régulateurs et à d’autres mesures ou structures conçues pour atteindre cet objectif.

Finalement, la promotion du dialogue par les échanges d’enseignement, par l’expression de la solidarité et l'instauration de la paix présente une grande chance pour les mass media, qu’il faut reconnaître et exercer. De cette manière ils deviennent des ressources influentes et a appréciées pour construire la civilisation d'amour à laquelle tous les peuples aspirent.

Je suis confiant que les efforts sérieux en vue de promouvoir ces trois étapes aideront les media à se développer sainement comme un réseau de communication, de communion et de coopération, aidant les hommes, les femmes et les enfants, à devenir plus conscients de la dignité de la personne humaine, plus responsables, et plus ouverts aux autres surtout aux plus nécessiteux et aux membres les plus faibles de la société (cf. Redemptor hominis, 15; Ethique en communication, 4).

En conclusion, je reviens aux encourageantes paroles de Saint Paul: Le Christ est notre paix. En lui nous sommes un (cf. Ep 2, 14). Démantelons ensemble les murs de division et d'hostilité et construisons la communion d'amour d'après les dessins du Créateur révélé à travers son Fils!

Du Vatican, le 24 janvier 2006. En la Fête de Saint François de Sales.

BENEDICTUS PP. XVI

[Texte original: Anglais – Traduction distribuée par la salle de presse du Saint-Siège]
ZF06012407


site Zenith


Date: 2006-01-24

Papal Message for World Communications Day 2006

"The Media: A Network for Communication, Communion and Cooperation"

VATICAN CITY, JAN. 24, 2006 (Zenit.org).- Here is Benedict XVI's message for the 40th World Communications Day. The message, published today, is entitled "The Media: A Network for Communication, Communion and Cooperation." The World Day will be observed May 27.

* * *

The Media: A Network for Communication, Communion and Cooperation

Dear Brothers and Sisters,

1. In the wake of the fortieth-anniversary of the closing of the Second Vatican Ecumenical Council, I am happy to recall its Decree on the Means of Social Communication, "Inter Mirifica," which in particular recognized the power of the media to influence the whole of human society. The need to harness that power for the benefit of all mankind has prompted me, in this my first message for World Communications Day, to reflect briefly on the idea of the media as a network facilitating communication, communion, and cooperation.

Saint Paul, in his letter to the Ephesians, vividly depicts our human vocation to be "sharers in the divine nature" ("Dei Verbum," 2): through Christ we have access in one Spirit to the Father; so we are no longer strangers and aliens but citizens with the saints and members of the household of God, growing into a holy temple, a dwelling place for God (cf. Ephesians 2:18-22). This sublime portrayal of a life of communion engages all aspects of our lives as Christians. The call to be true to the self-communication of God in Christ is in fact a call to recognize his dynamic force within us, which then seeks to spread outwards to others, so that his love can truly become the prevalent measure of the world (cf. Homily for World Youth Day, Cologne, 21 August 2005).

2. Technological advances in the media have in certain respects conquered time and space, making communication between people, even when separated by vast distances, both instantaneous and direct. This development presents an enormous potential for service of the common good and "constitutes a patrimony to safeguard and promote" ("Rapid Development," 10). Yet, as we all know, our world is far from perfect. Daily we are reminded that immediacy of communication does not necessarily translate into the building of cooperation and communion in society.

To inform the consciences of individuals and help shape their thinking is never a neutral task. Authentic communication demands principled courage and resolve. It requires a determination of those working in the media not to wilt under the weight of so much information nor even to be content with partial or provisional truths. Instead it necessitates both seeking and transmitting what is the ultimate foundation and meaning of human, personal and social existence (cf. "Fides et Ratio," 5). In this way the media can contribute constructively to the propagation of all that is good and true.

3. The call for today's media to be responsible -- to be the protagonist of truth and promoter of the peace that ensues -- carries with it a number of challenges. While the various instruments of social communication facilitate the exchange of information, ideas, and mutual understanding among groups, they are also tainted by ambiguity. Alongside the provision of a "great round table" for dialogue, certain tendencies within the media engender a kind of monoculture that dims creative genius, deflates the subtlety of complex thought and undervalues the specificity of cultural practices and the particularity of religious belief. These are distortions that occur when the media industry becomes self-serving or solely profit-driven, losing the sense of accountability to the common good.

Accurate reporting of events, full explanation of matters of public concern, and fair representation of diverse points of view must, then, always be fostered. The need to uphold and support marriage and family life is of particular importance, precisely because it pertains to the foundation of every culture and society (cf. "Apostolicam Actuositatem," 11). In cooperation with parents, the social communications and entertainment industries can assist in the difficult but sublimely satisfying vocation of bringing up children, through presenting edifying models of human life and love (cf. "Inter Mirifica," 11). How disheartening and destructive it is to us all when the opposite occurs. Do not our hearts cry out, most especially, when our young people are subjected to debased or false expressions of love which ridicule the God-given dignity of every human person and undermine family interests?

4. To encourage both a constructive presence and a positive perception of the media in society, I wish to reiterate the importance of three steps, identified by my venerable predecessor Pope John Paul II, necessary for their service of the common good: formation, participation, and dialogue (cf. "Rapid Development," 11).

Formation in the responsible and critical use of the media helps people to use them intelligently and appropriately. The profound impact upon the mind of new vocabulary and of images, which the electronic media in particular so easily introduce into society, cannot be overestimated. Precisely because contemporary media shape popular culture, they themselves must overcome any temptation to manipulate, especially the young, and instead pursue the desire to form and serve. In this way they protect rather than erode the fabric of a civil society worthy of the human person.

Participation in the mass media arises from their nature as a good destined for all people. As a public service, social communication requires a spirit of cooperation and co-responsibility with vigorous accountability of the use of public resources and the performance of roles of public trust (cf. "Ethics in Communications," 20), including recourse to regulatory standards and other measures or structures designed to effect this goal.

Finally, the promotion of dialogue through the exchange of learning, the expression of solidarity and the espousal of peace presents a great opportunity for the mass media which must be recognized and exercised. In this way they become influential and appreciated resources for building the civilization of love for which all peoples yearn.

I am confident that serious efforts to promote these three steps will assist the media to develop soundly as a network of communication, communion and cooperation, helping men, women and children, to become more aware of the dignity of the human person, more responsible, and more open to others especially the neediest and the weakest members of society (cf. "Redemptor Hominis," 15; "Ethics in Communications," 4).

In conclusion, I return to the encouraging words of Saint Paul: Christ is our peace. In him we are one (cf. Ephesians 2:14). Let us together break down the dividing walls of hostility and build up the communion of love according to the designs of the Creator made known through his Son!

From the Vatican, 24 January 2006, the Feast of Saint Francis de Sales.

BENEDICTUS PP. XVI

[Original text: English]