Nouvelles du 26-12- 2010
Texte Pris sur le site Zénith

Message de Noël 2010 du pape Benoît XVI

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Photos du webmaster MG sur la place St Pierre le 25 et 26 Décembre 2010 autres photos plus bas

Prononcé avant la bénédiction urbi et orbi, le 25 décembre
ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral du Message de Noël que Benoît XVI a prononcé ce 25 décembre depuis la loggia des bénédictions de la Basilique Saint-Pierre, avant de donner sa bénédiction urbi et orbi.

« Verbum caro factum est » - « Le Verbe s'est fait chair » (Jn 1, 14)

Chers frères et Sœurs, qui m'écoutez à Rome et dans le monde entier, je vous annonce avec joie le message de Noël : Dieu s'est fait homme, il est venu habiter parmi nous. Dieu n'est pas lointain : il est proche, ou mieux, il est l'"Emmanuel", Dieu-avec-nous. Il n'est pas un inconnu : il a un visage, celui de Jésus.

C'est un message toujours nouveau, toujours surprenant, parce qu'il dépasse notre espérance la plus audacieuse. Surtout parce qu'il n'est pas seulement une annonce : il est un évènement, un fait, que des témoins crédibles ont vu, entendu, touché dans la Personne de Jésus de Nazareth ! Étant avec Lui, observant ses actes et écoutant ses paroles, ils ont reconnu en Jésus le Messie ; et le voyant ressuscité, après qu'il ait été crucifié, ils ont eu la certitude que Lui, vrai homme, était en même temps vrai Dieu, le Fils unique venu du Père, plein de grâce et de vérité (cf. Jn 1, 14).

« Le Verbe s'est fait chair ». Devant cette révélation, resurgit encore une fois en nous la question : comment est-ce possible ? Le Verbe et la chair sont des réalités opposées entre elles ; comment la Parole éternelle et toute-puissante peut-elle devenir un homme fragile et mortel ? Il n'y a qu'une réponse : l'Amour. Celui qui aime veut partager avec l'aimé, veut être uni à lui, et la Sainte Écriture nous présente justement la grande histoire de l'amour de Dieu pour son peuple, qui culmine en Jésus Christ.

En réalité, Dieu ne change pas : Il est fidèle à Lui-même. Celui qui a créé le monde est le même qui a appelé Abraham et qui a révélé son Nom à Moïse : Je suis celui qui suis ... le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob ... Dieu miséricordieux et compatissant, riche d'amour et de fidélité (cf. Ex 3, 14-15 ; 34, 6). Dieu ne varie pas, Il est Amour depuis toujours et pour toujours. Il est en Lui-même Communion, Unité dans la Trinité, et chacune de ses œuvres et de ses paroles vise à la communion. L'incarnation est le sommet de la création. Quand dans le sein de Marie, par la volonté du Père et l'action de l'Esprit-Saint, se forma Jésus, Fils de Dieu fait homme, la création atteignit son sommet. Le principe ordonnateur de l'univers, le Logos, commençait d'exister dans le monde, dans un temps et dans un espace.

« Le Verbe s'est fait chair ». La lumière de cette vérité se manifeste à celui qui l'accueille avec foi, parce qu'elle est un mystère d'amour. Seulement tous ceux qui s'ouvrent à l'amour sont enveloppés de la lumière de Noël. Il en fut ainsi dans la nuit de Bethléem, et il en est encore ainsi aujourd'hui. L'incarnation du Fils de Dieu est un évènement qui s'est produit dans l'histoire, mais qui en même temps la dépasse. Dans la nuit du monde, s'allume une lumière nouvelle, qui se laisse voir par les yeux simples de la foi, par le cœur doux et humble de celui qui attend le Sauveur. Si la vérité avait été seulement une formule mathématique, en un certain sens elle s'imposerait d'elle-même. Si au contraire, la Vérité est Amour, elle demande la foi, le " oui " de notre cœur.

Et que cherche en effet, notre cœur, sinon une Vérité qui soit Amour ? Il la cherche, l'enfant, avec ses questions si désarmantes et stimulantes ; il la cherche, le jeune, qui a besoin de trouver le sens profond de sa vie ; ils la cherchent, l'homme et la femme dans leur maturité, pour guider et soutenir leur engagement au sein de la famille et au travail ; elle la cherche la personne âgée, pour donner un accomplissement à son existence terrestre.

« Le Verbe s'est fait chair ». L'annonce de Noël est aussi lumière pour les peuples, pour la marche collective de l'humanité. L'"Emmanuel", Dieu-avec-nous, est venu comme Roi de justice et de paix. Son Royaume - nous le savons - n'est pas de ce monde, et pourtant il est plus important que tous les royaumes de ce monde. Il est comme le levain de l'humanité ; s'il venait à manquer, la force qui fait avancer le véritable développement ferait défaut : l'élan pour collaborer au bien commun, au service désintéressé du prochain, à la lutte pacifique pour la justice. Croire en Dieu qui a voulu partager notre histoire est un encouragement constant à s'y engager, même au milieu de ses contradictions. C'est un motif d'espérance pour tous ceux dont la dignité est offensée et violée, parce que Celui qui est né à Bethléem est venu libérer l'homme de la racine de tout esclavage.

Puisse la lumière de Noël resplendir de nouveau sur cette Terre où Jésus est né et inspirer Israéliens et Palestiniens dans leur recherche d'une cohabitation juste et pacifique ! Que l'annonce consolante de la venue de l'Emmanuel allège leur douleur et réconforte dans leurs épreuves les chères communautés chrétiennes en Irak et dans tout le Moyen-Orient, leur donnant apaisement et espérance pour l'avenir et stimulant les Responsables des Nations à une solidarité active envers eux. Que cela se passe aussi en faveur de ceux qui, en Haïti, souffrent encore des conséquences du tremblement de terre dévastateur et de la récente épidémie de choléra. Que ne soient pas non plus oubliés ceux qui, en Colombie et au Venezuela, mais aussi au Guatemala et au Costa Rica, ont subi récemment des calamités naturelles.

Puisse la naissance du Sauveur ouvrir des perspectives de paix durable et de progrès authentique aux populations de la Somalie, du Darfour et de la Côte d'Ivoire ; promouvoir la stabilité politique et sociale de Madagascar ; apporter sécurité et respect des droits humains en Afghanistan et au Pakistan ; encourager le dialogue entre le Nicaragua et le Costa Rica ; favoriser la réconciliation dans la Péninsule Coréenne.

Puisse la célébration de la naissance du Rédempteur renforcer l'esprit de foi, de patience et de courage chez les fidèles de l'Église en Chine Continentale, afin qu'ils ne se découragent pas à cause des limitations de leur liberté de religion et de conscience et, persévérant dans la fidélité au Christ et à son Église, qu'ils maintiennent vive la flamme de l'espérance. Que l'amour du « Dieu avec nous » donne persévérance à toutes les communautés chrétiennes qui souffrent la discrimination et la persécution, et inspire les responsables politiques et religieux à s'engager pour le plein respect de la liberté religieuse de tous.

Chers frères et sœurs, « le Verbe s'est fait chair », Il est venu habiter parmi nous ; Il est l'Emmanuel, le Dieu qui s'est fait proche de nous. Contemplons ensemble ce grand mystère d'amour, laissons-nous illuminer le cœur par la lumière qui brille dans la grotte de Bethléem ! Joyeux Noël à tous !

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Messe de la nuit de Noël : Homélie de Benoît XVI
Texte intégral
ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée lors de la messe de la nuit de Noël, dans la basilique Saint-Pierre à Rome.

Chers Frères et Sœurs !

« Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré » - par ces paroles du Psaume deuxième, l'Église commence la liturgie de la Nuit Sainte. Elle sait qu'à à l'origine ces paroles appartenaient au rituel du couronnement des rois d'Israël. Le roi, qui en soi est un être humain comme les autres hommes, devient " fils de Dieu" par l'appel et l'installation dans sa charge : c'est une espèce d'adoption de la part de Dieu, un acte de décision, par lequel il donne à cet homme une nouvelle existence, l'attire dans son propre être. De façon encore plus claire, la lecture tirée du prophète Isaïe, que nous venons d'entendre, présente le même procédé dans une situation de tourment et de menace pour Israël : "Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule" (9, 5). L'installation dans la charge du roi est comme une nouvelle naissance. Justement comme nouveau né de la décision personnelle de Dieu, comme un petit enfant venant de Dieu, le roi constitue une espérance. Sur ses épaules repose l'avenir. Il est le détenteur de la promesse de paix. Dans la nuit de Bethléem, cette parole prophétique est devenue réalité d'une manière qui au temps d'Isaïe aurait encore été inimaginable. Oui, aujourd'hui c'est vraiment un petit enfant celui sur les épaules duquel est le pouvoir. En lui apparaît la nouvelle royauté que Dieu établit dans le monde. Ce petit enfant est vraiment né de Dieu. Il est la Parole éternelle de Dieu, qui unit l'une à l'autre humanité et divinité. Pour ce petit enfant valent les titres de dignité que le cantique de couronnement d'Isaïe lui attribue : Merveilleux Conseiller - Dieu-Fort - Père-à-jamais - Prince de la Paix (9, 5). Oui, ce roi n'a pas besoin de conseillers appartenant aux sages du monde. Il porte en lui-même la sagesse et le conseil de Dieu. Justement dans la faiblesse du fait d'être un petit enfant il est le Dieu fort et il nous montre ainsi, devant les pouvoirs prétentieux du monde, la force propre de Dieu.

Les paroles du rituel du couronnement en Israël, en vérité, étaient toujours seulement des rituels d'espérance, qui prévoyaient de loin un avenir qui aurait été donné par Dieu. Aucun des rois salués de cette façon ne correspondait à la sublimité de ces paroles. En eux, toutes les paroles sur la filiation de Dieu, sur l'installation dans l'héritage des nations, sur la domination des terres lointaines (Ps 2, 8) restaient seulement un renvoi à un avenir - presque des panneaux signalétiques de l'espérance, des indications qui conduisaient vers un avenir qui en ce moment là était encore inconcevable. Ainsi l'accomplissement des paroles qui commence dans la nuit de Bethléem est en même temps immensément plus grand et - du point de vue du monde - plus humble que ce que les paroles prophétiques laissaient entrevoir. Il est plus grand, parce que ce petit enfant est vraiment Fils de Dieu, vraiment " Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, engendré, non pas créé, de même nature que le Père". L'infinie distance entre Dieu et l'homme est dépassée. Dieu ne s'est pas seulement penché vers en bas, comme disent les Psaumes ; il est vraiment "descendu", entré dans le monde, devenu l'un de nous pour nous attirer tous à lui. Ce petit enfant est vraiment l'Emmanuel, "le Dieu-avec-nous". Son royaume s'étend vraiment jusqu'aux confins de la terre. Dans l'étendue universelle de la sainte Eucharistie, il a vraiment érigé des îlots de paix. Partout où elle est célébrée, on a un îlot de paix, de cette paix qui est propre à Dieu. Ce petit enfant a allumé parmi les hommes la lumière de la bonté et leur a donné la force de résister à la tyrannie du pouvoir. En chaque génération il construit son royaume de l'intérieur, à partir du cœur. Mais il est vrai aussi que "le bâton du tortionnaire" n'a pas été brisé. Aujourd'hui aussi marchent, bruyantes, les chaussures des soldats et toujours encore et toujours de nouveau il y a le "manteau couvert de sang" (Is 9, 3s). Ainsi la joie pour la proximité de Dieu fait partie de cette nuit. Nous rendons grâce parce que Dieu, comme un petit enfant, se donne entre nos mains, il mendie, pour ainsi dire, notre amour, il répand sa paix dans notre cœur. Cette joie, toutefois, est aussi une prière : Seigneur, réalise totalement ta promesse. Brise les bâtons des tortionnaires. Brûle les chaussures bruyantes. Fais que finissent le temps des manteaux couverts de sang. Réalise la promesse : "La paix sera sans fin" (Is 9, 6). Nous te rendons grâce pour ta bonté, mais nous te prions encore : montre ta puissance. Établis dans le monde la domination de ta vérité, de ton amour - le « royaume de la justice, de l'amour et de la paix ».

"Marie mit au monde son fils premier-né" (Lc 2, 7). Avec cette phrase, saint Luc raconte, de manière absolument privée de pathos, le grand événement que les paroles prophétiques dans l'histoire d'Israël avaient entrevu par avance. Luc qualifie le petit enfant de "premier-né". Dans le langage qui s'est formé dans la Sainte Écriture de l'Ancienne Alliance, "premier-né" ne signifie pas le premier d'une série d'autres enfants. La parole "premier-né" est un titre d'honneur, indépendamment de la question de savoir si ensuite suivent d'autres frères et sœurs ou non. Ainsi dans le Livre de l'Exode (4, 22), Israël est appelé par Dieu "mon fils premier-né", et ainsi s'exprime son élection, sa dignité unique, l'amour particulier de Dieu Père. L'Église naissante savait qu'en Jésus cette parole avait reçu une nouvelle profondeur ; qu'en lui sont résumées les promesses faites à Israël. Ainsi la Lettre aux Hébreux appelle Jésus "le premier-né", simplement pour le qualifier, après les préparations de l'Ancien Testament, comme le Fils que Dieu envoie dans le monde (cf. He 1, 5-7). Le premier-né appartient de façon particulière à Dieu, et pour cela - comme dans de nombreuses religions - il devait être de façon particulière remis à Dieu et être racheté par un sacrifice substitutif, comme saint Luc le raconte dans l'épisode de la présentation de Jésus au temple. Le premier-né appartient à Dieu de façon particulière, il est, pour ainsi dire, destiné au sacrifice. Dans le sacrifice de Jésus sur la croix, la destination du premier-né s'accomplit de façon unique. En lui-même, il offre l'humanité à Dieu et unit homme et Dieu de manière telle que Dieu soit tout en tous. Saint Paul, dans les Lettres aux Colossiens et aux Éphésiens, a développé et approfondi l'idée de Jésus comme premier-né : Jésus, nous disent ces Lettres, est le Premier-né de la création - le véritable archétype de l'homme selon lequel Dieu a formé la créature homme. L'homme peut être image de Dieu parce que Jésus est Dieu et Homme, la véritable image de Dieu et de l'homme. Il est le premier-né d'entre les morts, nous disent en outre ces Lettres. Dans la Résurrection, il a abattu le mur de la mort pour nous tous. Il a ouvert à l'homme la dimension de la vie éternelle dans la communion avec Dieu. Enfin, il nous est dit : il est le premier-né de nombreux frères. Oui, aujourd'hui il est cependant le premier d'une série de frères, le premier, c'est-à-dire, qui inaugure pour nous l'être en communion avec Dieu. Il crée la véritable fraternité - non la fraternité, défigurée par le péché, de Caïn et Abel, de Romulus et Remus, mais la fraternité nouvelle dans laquelle nous sommes la famille même de Dieu. Cette nouvelle famille de Dieu commence au moment où Marie enveloppe le "premier-né" dans les langes et le dépose dans la mangeoire. Prions-le : Seigneur Jésus, toi qui as voulu naître comme premier de nombreux frères, donne-nous la vraie fraternité. Aide-nous à devenir semblables à toi. Aide-nous à reconnaître dans l'autre qui a besoin de moi, en ceux qui souffrent ou qui sont abandonnés, en tous les hommes, ton visage, et à vivre avec toi comme des frères et des sœurs pour devenir une famille, ta famille.

L'Évangile de Noël nous raconte, à la fin, qu'une multitude d'anges de la troupe céleste louait Dieu et disait : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime" (Lc 2, 14). Dans le chant du Gloria, l'Église a amplifié cette louange, que les anges ont entonnée devant l'événement de la Nuit Sainte, en en faisant une hymne de joie sur la gloire de Dieu. "Nous te rendons grâce pour ton immense gloire". Nous te rendons grâce pour la beauté, pour la grandeur, pour ta bonté, qui en cette nuit nous deviennent visibles. L'apparition de la beauté, du beau, nous rend joyeux sans que nous devions nous interroger sur son utilité. La gloire de Dieu, d'où provient toute beauté, fait exploser en nous l'étonnement et la joie. Celui qui entrevoit Dieu éprouve de la joie, et en cette nuit nous voyons quelque chose de sa lumière. Mais le message des anges dans la Nuit sainte parle aussi des hommes : "Paix aux hommes qu'il aime". La traduction latine de cette parole, que nous utilisons dans la liturgie et qui remonte à Jérôme, résonne autrement : "Paix aux hommes de bonne volonté". L'expression "les hommes de bonne volonté" dans les dernières décennies est entrée de façon particulière dans le vocabulaire de l'Église. Mais quelle traduction est juste ? Nous devons lire les deux textes ensemble ; nous comprenons seulement ainsi la parole des anges de façon juste. Serait erronée une interprétation qui reconnaîtrait seulement l'œuvre exclusive de Dieu, comme s'il n'avait pas appelé l'homme à une réponse d'amour qui soit libre. Serait aussi erronée, cependant, une interprétation moralisante, selon laquelle l'homme avec sa bonne volonté pourrait, pour ainsi dire, se racheter lui-même. Les deux choses vont ensemble : grâce et liberté ; l'amour de Dieu, qui nous précède et sans lequel nous ne pourrions pas l'aimer, et notre réponse, qu'il attend et pour laquelle, dans la naissance de son Fils, il nous prie même. L'enchevêtrement de grâce et de liberté, l'enchevêtrement d'appel et de réponse, nous ne pouvons pas le scinder en parties séparées l'une de l'autre. Les deux sont indissolublement tressés entre eux. Ainsi cette parole est en même temps promesse et appel. Dieu nous a précédés par le don de son Fils. Toujours de nouveau Dieu nous précède de façon inattendue. Il ne cesse pas de nous chercher, de nous relever chaque fois que nous en avons besoin. Il n'abandonne pas la brebis égarée dans le désert où elle s'est perdue. Dieu ne se laisse pas troubler par notre péché. Il recommence toujours à nouveau avec nous. Toutefois il attend en retour notre amour. Il nous aime pour que nous puissions devenir des personnes qui aiment avec lui et ainsi il peut y avoir la paix sur la terre.

Luc n'a pas dit que les anges ont chanté. Il écrit très sobrement : la troupe céleste louait Dieu et disait : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux..." (Lc 2, 13s). Mais depuis toujours les hommes savaient que le parler des anges est différent de celui des hommes ; que justement en cette nuit du joyeux message, il a été un chant dans lequel la gloire sublime de Dieu a brillé. Ainsi ce chant des anges a été perçu depuis le commencement comme une musique provenant de Dieu, et bien plus, comme une invitation à s'unir dans le chant, dans la joie du cœur pour le fait d'être aimés de Dieu. Cantare amantis est, dit Saint Augustin : chanter est le propre de celui qui aime. Ainsi, au long des siècles, le chant des anges est devenu toujours de nouveau un chant d'amour et de joie, un chant de ceux qui aiment. En ce moment, nous nous associons pleins de gratitude à ce chant de tous les siècles, qui unit ciel et terre, anges et hommes. Oui, nous te rendons grâce pour ton immense gloire. Nous te remercions pour ton amour. Fais que nous devenions toujours plus des personnes qui aiment avec toi et donc des personnes de paix. Amen.

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Homélie de Noël du patriarche latin de Jérusalem S.B. Fouad Twal
ROME, Samedi 25 décembre 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le patriarche latin de Jérusalem S. B. Fouad Twal a prononcée lors de la messe de la nuit de Noël, dans l'église de Sainte-Catherine à Bethléem.

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« Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom: «Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la Paix». (Is 9, 5)

Chers Frères et Sœurs,
Joyeux Noël ! Je vous souhaite à tous la bienvenue, et tout particulièrement à M. le Président Mahmoud Abbas, ainsi qu'à M. le Premier Ministre, Salam Fayad, accompagné de sa délégation : merci de votre présence parmi nous.

Noël est une fête pour tous les habitants de la Terre Sainte, et pour tous les artisans de Paix.

Je salue les pèlerins qui nous accompagnent ce soir, tous les fidèles de Palestine, de Jordanie et d'Israël, mais aussi tous ceux qui sont avec nous en ce moment grâce aux médias.

Chers Frères et Sœurs,
Depuis des millénaires, nos ancêtres dans la foi priaient : « Que les cieux distillent la rosée, que les nuages répandent la justice, que la terre s'entrouvre et que le Salut germe » (Is 45, 8)

Toute la création souffrait, gémissait : elle attendait le Salut annoncé. Quand arriva la plénitude des Temps, le Sauveur promis naquit dans la Grotte de Bethléem. C'est alors que les Anges annoncèrent la Bonne Nouvelle à de simples bergers qui veillaient sur leurs troupeaux, non loin d'ici. C'est à eux qu'ils chantèrent : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté. Il nous est né aujourd'hui un Sauveur dans la ville de David : c'est le Christ, le Seigneur ».(Lc 2, 10-11)

Il s'agit véritablement d'une Bonne Nouvelle, car nombreux sont les maux dont nous avons besoin d'être sauvés !

Nous avons besoin d'être guéris de toutes nos blessures spirituelles, cause de souffrance pour nous et pour notre entourage.

L'Enfant de Bethléem, né dans une grotte, nous donne ainsi un enseignement d'humilité, de simplicité, de douceur, dans notre monde bâti sur la force et la volonté de puissance. Toute la vie de Jésus nous invite à cela : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur». De même, « qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé ». (Mt 20, 26 et Mt 23, 12)

Ce Divin Enfant est né au sein d'une famille unie, qui faisait l'expérience de l'amour et de la tendresse. La famille est essentielle pour la vie et le bon développement de la personne : l'homme naît et grandit dans le berceau d'amour de la famille, qui est aussi la première cellule de la société. Si la famille est saine, c'est l'ensemble de la société qui en bénéficie. De même, les déchirements en son sein et le manque de considération qui lui est accordée ont des conséquences néfastes sur l'ensemble du corps social. Chaque famille est invitée par le Christ à suivre l'exemple de la Sainte Famille de Nazareth.

Noël nous rappelle la valeur unique de la vie humaine, qui est un don de Dieu. Chaque enfant né ou à naître a une dignité unique et mérite un grand respect, car il est créé à l'image de l'Enfant de la crèche. Comme il est douloureux de constater que des millions d'avortements sont commis chaque année dans le monde, à cause de l'égoïsme et de la dureté de cœur, à cause du rejet de la vie qui commence dès les premiers instants de la conception. Et comme il est douloureux de penser aux souffrances de qui commet de telles actions : ce sont des blessures qui détruisent les personnes au plus profond de leur être. Ces personnes ont besoin d'être aidées et de s'en remettre au Dieu de miséricorde.

Nous sommes également attristés par les situations difficiles dans lesquelles grandissent près de 80% des enfants de l'humanité. Nous pensons tout particulièrement aux enfants de nos pays moyen-orientaux, qui se trouvent en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup connaissent des conditions précaires, dans les camps de réfugiés, ou bien vivent des situations familiales dramatiques, privés de la tendresse de leurs parents.

Dans un monde déchiré par la violence et l'intégrisme, qui légitime les pires actions, jusqu'aux assassinats dans les églises, l'Enfant de Bethléem vient nous rappeler que le premier commandement est l'Amour. Il nous enseigne le pardon et la réconciliation, même avec nos ennemis. « Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ». (Mt 5, 43-45)

Jésus est également porteur d'un message d'unité, que ce soit dans nos familles, dans nos quartiers, ou entre nos peuples. Cet enseignement s'adresse aussi aux responsables des nations, qui ont en main la destinée des nations.

L'Apôtre Paul nous rappelle cette exigence de l'unité voulue par le Christ lui-même : « Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous encourage à suivre fidèlement l'appel que vous avez reçu de Dieu : ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit». (Ep 4, 1-4)

Chers Frères et Sœurs,
Je voudrais vous adresser quelques mots au sujet du Synode pour le Moyen-Orient qui s'est tenu à Rome en octobre dernier. Les Pères synodaux ont rédigé en cette occasion un Message au Peuple de Dieu, ainsi que des recommandations que nous désirons mettre en pratique graduellement, et dont les thèmes majeurs sont la communion, la charité fraternelle, la collaboration, l'ouverture aux autres, le dialogue, et la citoyenneté. Le dialogue est une disposition de cœur une valeur indispensable à tous les niveaux : tout d'abord entre les différentes Eglises catholiques du Moyen-Orient, qui passe par la collaboration entre les différents Patriarcats, mais aussi au niveau inter confessionnel et inter religieux. Ce dialogue est un impératif, il est la réponse à l'athéisme moderne et aux intégrismes qui menacent le Peuple de Dieu. Ainsi, le fanatisme a récemment frappé la communauté chrétienne d'Irak de façon tragique. De telles actions sont unanimement condamnées par chrétiens et musulmans.

Le Message du Synode invite à intensifier le dialogue avec nos frères juifs et musulmans : il s'agit de nous réunir autour de nos valeurs communes, qui sont nombreuses, comme la prière, la piété, le jeûne, l'aumône, et surtout les valeurs éthiques.

En ce Noël, nous souhaitons que Jérusalem devienne non seulement la capitale de deux nations, mais aussi un modèle pour le monde entier de bonne entente et de coexistence entre les trois religions monothéistes.

Notre souhait pour cette Fête est que le son des cloches de nos églises couvre le bruit des armes dans notre Moyen-Orient blessé. Que la joie se dessine sur tous les visages, que l'allégresse pénètre tous les cœurs !

Prions pour la paix : nous souhaitons qu'elle descende sur le peuple d'Israël comme sur le peuple de Palestine et sur tout le Moyen-Orient, afin que nos enfants puissent vivre et grandir dans un environnement serein.

Chers Frères et Sœurs, chers pèlerins, chers amis, la paix de l'Enfant de la Grotte soit avec vous ! Ne nous laissez pas seuls dans ces situations difficiles. Priez pour nous, nous en ferons autant pour vous. Joyeux Noël !

+ Fouad Twal, Patriarche

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Le 24 décembre, inauguration de la crèche place Saint-Pierre
Le pape allumera une ‘lumière de la paix’ à sa fenêtre
ROME, Jeudi 23 décembre 2010 (ZENIT.org) - C'est à 17h, le vendredi 24 décembre, qu'aura lieu l'inauguration de la crèche monumentale place Saint-Pierre, selon une tradition qui remonte à Jean Paul II quand, en 1982, il décida pour la première fois d'installer cette représentation sacrée face à la Basilique vaticane.

Le président du Gouvernorat de l'Etat de la Cité du Vatican, le cardinal Giovanni Lajolo, interviendra à cette cérémonie, ainsi que le secrétaire général et le vice-secrétaire du Gouvernorat, Mgr Carlo Maria Viganò et Mgr Giorgio Corbellini, et la direction des services techniques.

Installée sur une superficie de 300 m2 avec une façade d'environ 25 mètres, la crèche s'inspire comme toujours des récits évangéliques et inclut des scènes de vie de la Palestine d'autrefois et d'autres lieux. Au centre se trouve la nativité présentée dans toute son humilité, une cabane insérée au sein d'une grotte naturelle qui accueille l'Enfant, Marie et Joseph accompagnés de la présence silencieuse de l'âne et du bœuf.

A gauche du spectateur, un bâtiment surmonté d'une coupole en bois accueille neuf personnages - des hommes, des femmes et des enfants - occupés à jouer des instruments typiques à corde, et à vent et à percussion devant un filet rempli de poissons ; la barque et les corbeilles de fruits indiquent l'activité principale de la petite communauté : la pêche et la culture de la terre.

De l'autre côté de la crèche, à droite pour celui qui regarde, une grotte avec un appentis offre un repère à des témoins de premier plan de la Nativité : les bergers et les Rois Mages en train d'adorer l'Enfant Dieu.

Les statues en bois ont été données au Saint-Père par les Philippines par l'intermédiaire de l'ambassade près le Saint-Siège, à l'occasion du 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux Etats (le 8 avril 1951). Leur emplacement, à côté de la crèche, font ressortir les valeurs de la famille philippine qui, dans la vision traditionnelle, est assimilée à une ‘maison' dont le père est le ‘pilier' et la mère est la ‘lumière', qui éclaire et oriente les membres du noyau domestique dans leur parcours de vie.

Le sculpteur des statues est un Philippin de 34 ans, Kublai Ponce-Millan, de Cotabato City sur l'île de Mindanao qui, par son œuvre intitulée « Nativevity », a voulu expliquer l'atmosphère de Noël sur sa terre et célébrer le don de la Nativité reçu avec joie et gratitude par le peuple philippin.

Les statues les plus anciennes, exposées chaque année dans la crèche de la place Saint-Pierre, sont au nombre de neuf et proviennent d'une composition de Noël installée en 1842 par saint Vincent Pallotti dans l'église romaine de Sant'Andrea della Valle ; la communauté vaticane des Franciscaines missionnaires de Marie veille sur eux. C'est à elles qu'est confié le devoir de confectionner les vêtements des différents personnages.

L'inauguration de la Nativité de la place Saint-Pierre sera suivie à 18h par une autre cérémonie riche de significations : Benoît XVI allumera une ‘Lumière de la paix' à la fenêtre de ses appartements.

Le pape visitera la crèche de la place Saint-Pierre dans l'après-midi du 31 décembre, après la célébration des Vêpres dans la basilique vaticane.

L’arbre de Noël de la Place Saint-Pierre illuminé en ligne
Un message de fraternité qui chasse la tristesse
ROME, Vendredi 17 décembre 2010 (ZENIT.org) - L'arbre de Noël de la Place Saint-Pierre a été illuminé cet après-midi, place Saint-Pierre en dépit du mauvais temps, et comme en témoigne la « webcam » qui filme en permanence pour les visiteurs en ligne la place Saint-Pierre sur le site Internet de l'Etat de la Cité du Vatican.

Pour Benoît XVI l'arbre et la crèche lancent un message de fraternité qui chasse la tristesse. Le pape a aussi évoqué sa grand-mère maternelle, originaire de la même région que l'arbre.

Cette année, l'arbre est offert par la province autonome de Bolzano-Alto-Adige/Tyrol du Sud, la ville de Bressanone et la Compagnie des «Schützen» du quartier Valle Isarco, dirigée par le major Sepp Kaser. Et Benoît XVI a reçu ce matin au Vatican une délégation de quelque 300 personnes venue pour l'inauguration officielle.

Le pape a souligné que ce symbole « enrichit la valeur symbolique de la crèche qui est un message de fraternité et d'amitié ; une invitation à l'unité et à la paix ; une invitation à faire de la place pour Dieu, dans notre vie et dans la société : il nous offre son amour tout-puissant dans la fragile figure d'un enfant parce qu'il veut que nous répondions librement à son amour par notre amour ».

Les lumières, a ajouté le pape, sont le signe de « la lumière que le Christ a apportée à l'humanité par sa naissance », pour dissiper « les ténèbres de l'erreur, de la tristesse et du péché ».

« La crèche et l'arbre apportent donc, a continué le pape, un message d'espérance et d'amour, et l'aident à créer le climat propice pour vivre le mystère de la Nativité du Rédempteur avec la juste dimension spirituelle et religieuse ».

Le pape a mentionné les « étoiles de paille », typiques « de la tradition des pays de langue allemande pour l'ornement de l'arbre de Noël ».

L'arbre, précise Radio Vatican, a été taillé sans endommager la forêt où il a été prélevé, à une altitude de 1500 m, près de Luson, une commune de 1500 habitants, dans la province de Bolzano.

Il a 80 ans, pèse 5 tonnes, et mesure 26 m de haut (et non pas plus de trente, car, on le voit, il est moins haut que l'obélisque) et 7 mètres de diamètre.

Une quarantaine d'arbres plus petits ont également été offerts, ainsi que les décorations d'étoiles de paille, réalisées à la main par le Mouvement catholique des femmes de Bressanone.

Ces petits sapins sont destinés aux appartements pontificaux, aux bureaux de la Curie et à la salle Paul VI.

La décoration de lumières et de guirlandes du grand sapin de Noël est assurée par les services techniques du Gouvernorat de la Cité du Vatican.

Ils ont placé au sommet de l'arbre la traditionnelle grande étoile lumineuse qui rappelle celle qui a guidé les Mages venus d'Orient jusqu'à la grotte de Bethléem où ils ont trouvé la Mère et l'Enfant, sous la protection de saint Joseph, le Juste.

 


site Zenith

Date: 2010-12-26

Benedict XVI's Christmas Message

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Photos of the webmaster MG on St Peter 's Square 25 and 26 December 2010 Other pictures below


"May the Birth of the Savior Open Horizons of Lasting Peace"

VATICAN CITY, DEC. 25, 2010 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's Christmas message, which he gave today at noon from the balcony of St. Peter's Basilica, and before he imparted his traditional blessing "urbi et orbi" (to the city of Rome and the world).

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Verbum caro factum est" – "The Word became flesh" (Jn 1:14).

Dear brothers and sisters listening to me here in Rome and throughout the world, I joyfully proclaim the message of Christmas: God became man; he came to dwell among us. God is not distant: he is "Emmanuel", God-with-us. He is no stranger: he has a face, the face of Jesus.

This message is ever new, ever surprising, for it surpasses even our most daring hope. First of all, because it is not merely a proclamation: it is an event, a happening, which credible witnesses saw, heard and touched in the person of Jesus of Nazareth! Being in his presence, observing his works and hearing his words, they recognized in Jesus the Messiah; and seeing him risen, after his crucifixion, they were certain that he was true man and true God, the only-begotten Son come from the Father, full of grace and truth (cf. Jn 1:14).

"The Word became flesh". Before this revelation we once more wonder: how can this be? The Word and the flesh are mutually opposed realities; how can the eternal and almighty Word become a frail and mortal man? There is only one answer: Love. Those who love desire to share with the beloved, they want to be one with the beloved, and Sacred Scripture shows us the great love story of God for his people which culminated in Jesus Christ.

God in fact does not change: he is faithful to himself. He who created the world is the same one who called Abraham and revealed his name to Moses: "I am who I am … the God of Abraham, Isaac and Jacob … a God merciful and gracious, abounding in steadfast love and faithfulness (cf. Ex 3:14-15; 34:6). God does not change; he is Love, ever and always. In himself he is communion, unity in Trinity, and all his words and works are directed to communion. The Incarnation is the culmination of creation. When Jesus, the Son of God incarnate, was formed in the womb of Mary by the will of the Father and the working of the Holy Spirit, creation reached its high point. The ordering principle of the universe, the Logos, began to exist in the world, in a certain time and space.

"The Word became flesh". The light of this truth is revealed to those who receive it in faith, for it is a mystery of love. Only those who are open to love are enveloped in the light of Christmas. So it was on that night in Bethlehem, and so it is today. The Incarnation of the Son of God is an event which occurred within history, while at the same time transcending history. In the night of the world a new light was kindled, one which lets itself be seen by the simple eyes of faith, by the meek and humble hearts of those who await the Saviour. If the truth were a mere mathematical formula, in some sense it would impose itself by its own power. But if Truth is Love, it calls for faith, for the "yes" of our hearts.

And what do our hearts, in effect, seek, if not a Truth which is also Love? Children seek it with their questions, so disarming and stimulating; young people seek it in their eagerness to discover the deepest meaning of their life; adults seek it in order to guide and sustain their commitments in the family and the workplace; the elderly seek it in order to grant completion to their earthly existence.

"The Word became flesh". The proclamation of Christmas is also a light for all peoples, for the collective journey of humanity. "Emmanuel", God-with-us, has come as King of justice and peace. We know that his Kingdom is not of this world, and yet it is more important than all the kingdoms of this world. It is like the leaven of humanity: were it lacking, the energy to work for true development would flag: the impulse to work together for the common good, in the disinterested service of our neighbour, in the peaceful struggle for justice. Belief in the God who desired to share in our history constantly encourages us in our own commitment to that history, for all its contradictions. It is a source of hope for everyone whose dignity is offended and violated, since the one born in Bethlehem came to set every man and woman free from the source of all enslavement.

May the light of Christmas shine forth anew in the Land where Jesus was born, and inspire Israelis and Palestinians to strive for a just and peaceful coexistence. May the comforting message of the coming of Emmanuel ease the pain and bring consolation amid their trials to the beloved Christian communities in Iraq and throughout the Middle East; may it bring them comfort and hope for the future and bring the leaders of nations to show them effective solidarity. May it also be so for those in Haiti who still suffer in the aftermath of the devastating earthquake and the recent cholera epidemic. May the same hold true not only for those in Colombia and Venezuela, but also in Guatemala and Costa Rica, who recently suffered natural disasters.

May the birth of the Savior open horizons of lasting peace and authentic progress for the peoples of Somalia, Darfur and Côte d’Ivoire; may it promote political and social stability in Madagascar; may it bring security and respect for human rights in Afghanistan and in Pakistan; may it encourage dialogue between Nicaragua and Costa Rica; and may it advance reconciliation on the Korean peninsula.

May the birth of the Savior strengthen the spirit of faith, patience and courage of the faithful of the Church in mainland China, that they may not lose heart through the limitations imposed on their freedom of religion and conscience but, persevering in fidelity to Christ and his Church, may keep alive the flame of hope. May the love of "God-with-us" grant perseverance to all those Christian communities enduring discrimination and persecution, and inspire political and religious leaders to be committed to full respect for the religious freedom of all.

Dear brothers and sisters, "the Word became flesh"; he came to dwell among us; he is Emmanuel, the God who became close to us. Together let us contemplate this great mystery of love; let our hearts be filled with the light which shines in the stable of Bethlehem! To everyone, a Merry Christmas!

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Benedict XVI's Christmas Eve Homily

"In the Weakness of Infancy, He Is the Mighty God"

VATICAN CITY, DEC. 24, 2010 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of the homily Benedict XVI gave at tonight's Christmas Eve Mass, celebrated in St. Peter's Basilica.

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Dear Brothers and Sisters!

"You are my son, this day I have begotten you" – with this passage from Psalm 2 the Church begins the liturgy of this holy night. She knows that this passage originally formed part of the coronation rite of the kings of Israel. The king, who in himself is a man like others, becomes the "Son of God" through being called and installed in his office. It is a kind of adoption by God, a decisive act by which he grants a new existence to this man, drawing him into his own being. The reading from the prophet Isaiah that we have just heard presents the same process even more clearly in a situation of hardship and danger for Israel: "To us a child is born, to us a son is given. The government will be upon his shoulder" (Is 9:6). Installation in the office of king is like a second birth. As one newly born through God’s personal choice, as a child born of God, the king embodies hope. On his shoulders the future rests. He is the bearer of the promise of peace. On that night in Bethlehem this prophetic saying came true in a way that would still have been unimaginable at the time of Isaiah. Yes indeed, now it really is a child on whose shoulders government is laid. In him the new kingship appears that God establishes in the world. This child is truly born of God. It is God’s eternal Word that unites humanity with divinity. To this child belong those titles of honour which Isaiah’s coronation song attributes to him: Wonderful Counsellor, Mighty God, Everlasting Father, Prince of Peace (Is 9:6). Yes, this king does not need counsellors drawn from the wise of this world. He bears in himself God’s wisdom and God’s counsel. In the weakness of infancy, he is the mighty God and he shows us God’s own might in contrast to the self-asserting powers of this world.

Truly, the words of Israel’s coronation rite were only ever rites of hope which looked ahead to a distant future that God would bestow. None of the kings who were greeted in this way lived up to the sublime content of these words. In all of them, those words about divine sonship, about installation into the heritage of the peoples, about making the ends of the earth their possession (Ps 2:8) were only pointers towards what was to come – as it were signposts of hope indicating a future that at that moment was still beyond comprehension. Thus the fulfilment of the prophecy, which began that night in Bethlehem, is both infinitely greater and in worldly terms smaller than the prophecy itself might lead one to imagine. It is greater in the sense that this child is truly the Son of God, truly "God from God, light from light, begotten not made, of one being with the Father". The infinite distance between God and man is overcome. God has not only bent down, as we read in the Psalms; he has truly "come down", he has come into the world, he has become one of us, in order to draw all of us to himself. This child is truly Emmanuel – God-with-us. His kingdom truly stretches to the ends of the earth. He has truly built islands of peace in the world-encompassing breadth of the holy Eucharist. Wherever it is celebrated, an island of peace arises, of God’s own peace. This child has ignited the light of goodness in men and has given them strength to overcome the tyranny of might. This child builds his kingdom in every generation from within, from the heart. But at the same time it is true that the "rod of his oppressor" is not yet broken, the boots of warriors continue to tramp and the "garment rolled in blood" (Is 9:4f) still remains. So part of this night is simply joy at God’s closeness. We are grateful that God gives himself into our hands as a child, begging as it were for our love, implanting his peace in our hearts. But this joy is also a prayer: Lord, make your promise come fully true. Break the rods of the oppressors. Burn the tramping boots. Let the time of the garments rolled in blood come to an end. Fulfil the prophecy that "of peace there will be no end" (Is 9:7). We thank you for your goodness, but we also ask you to show forth your power. Establish the dominion of your truth and your love in the world – the "kingdom of righteousness, love and peace".

"Mary gave birth to her first-born son" (Lk 2:7). In this sentence Saint Luke recounts quite soberly the great event to which the prophecies from Israel’s history had pointed. Luke calls the child the "first-born". In the language which developed within the sacred Scripture of the Old Covenant, "first-born" does not mean the first of a series of children. The word "first-born" is a title of honour, quite independently of whether other brothers and sisters follow or not. So Israel is designated by God in the Book of Exodus (4:22) as "my first-born Son", and this expresses Israel’s election, its singular dignity, the particular love of God the Father. The early Church knew that in Jesus this saying had acquired a new depth, that the promises made to Israel were summed up in him. Thus the Letter to the Hebrews calls Jesus "the first-born", simply in order to designate him as the Son sent into the world by God (cf. 1:5-7) after the ground had been prepared by Old Testament prophecy. The first-born belongs to God in a special way – and therefore he had to be handed over to God in a special way – as in many religions – and he had to be ransomed through a vicarious sacrifice, as Saint Luke recounts in the episode of the Presentation in the Temple. The first-born belongs to God in a special way, and is as it were destined for sacrifice. In Jesus’ sacrifice on the Cross this destiny of the first-born is fulfilled in a unique way. In his person he brings humanity before God and unites man with God in such a way that God becomes all in all. Saint Paul amplified and deepened the idea of Jesus as first-born in the Letters to the Colossians and to the Ephesians: Jesus, we read in these letters, is the first-born of all creation – the true prototype of man, according to which God formed the human creature. Man can be the image of God because Jesus is both God and man, the true image of God and of man. Furthermore, as these letters tell us, he is the first-born from the dead. In the resurrection he has broken down the wall of death for all of us. He has opened up to man the dimension of eternal life in fellowship with God. Finally, it is said to us that he is the first-born of many brothers. Yes indeed, now he really is the first of a series of brothers and sisters: the first, that is, who opens up for us the possibility of communing with God. He creates true brotherhood – not the kind defiled by sin as in the case of Cain and Abel, or Romulus and Remus, but the new brotherhood in which we are God’s own family. This new family of God begins at the moment when Mary wraps her first-born in swaddling clothes and lays him in a manger. Let us pray to him: Lord Jesus, who wanted to be born as the first of many brothers and sisters, grant us the grace of true brotherhood. Help us to become like you. Help us to recognize your face in others who need our assistance, in those who are suffering or forsaken, in all people, and help us to live together with you as brothers and sisters, so as to become one family, your family.

At the end of the Christmas Gospel, we are told that a great heavenly host of angels praised God and said: "Glory to God in the highest and on earth peace among men with whom he is pleased!" (Lk 2:14). The Church has extended this song of praise, which the angels sang in response to the event of the holy night, into a hymn of joy at God’s glory – "we praise you for your glory". We praise you for the beauty, for the greatness, for the goodness of God, which becomes visible to us this night. The appearing of beauty, of the beautiful, makes us happy without our having to ask what use it can serve. God’s glory, from which all beauty derives, causes us to break out in astonishment and joy. Anyone who catches a glimpse of God experiences joy, and on this night we see something of his light. But the angels’ message on that holy night also spoke of men: "Peace among men with whom he is pleased". The Latin translation of the angels’ song that we use in the liturgy, taken from Saint Jerome, is slightly different: "peace to men of good will". The expression "men of good will" has become an important part of the Church’s vocabulary in recent decades. But which is the correct translation? We must read both texts together; only in this way do we truly understand the angels’ song. It would be a false interpretation to see this exclusively as the action of God, as if he had not called man to a free response of love. But it would be equally mistaken to adopt a moralizing interpretation as if man were so to speak able to redeem himself by his good will. Both elements belong together: grace and freedom, God’s prior love for us, without which we could not love him, and the response that he awaits from us, the response that he asks for so palpably through the birth of his son. We cannot divide up into independent entities the interplay of grace and freedom, or the interplay of call and response. The two are inseparably woven together. So this part of the angels’ message is both promise and call at the same time. God has anticipated us with the gift of his Son. God anticipates us again and again in unexpected ways. He does not cease to search for us, to raise us up as often as we might need. He does not abandon the lost sheep in the wilderness into which it had strayed. God does not allow himself to be confounded by our sin. Again and again he begins afresh with us. But he is still waiting for us to join him in love. He loves us, so that we too may become people who love, so that there may be peace on earth.

Saint Luke does not say that the angels sang. He states quite soberly: the heavenly host praised God and said: "Glory to God in the highest" (Lk 2:13f.). But men have always known that the speech of angels is different from human speech, and that above all on this night of joyful proclamation it was in song that they extolled God’s heavenly glory. So this angelic song has been recognized from the earliest days as music proceeding from God, indeed, as an invitation to join in the singing with hearts filled with joy at the fact that we are loved by God. Cantare amantis est, says Saint Augustine: singing belongs to one who loves. Thus, down the centuries, the angels’ song has again and again become a song of love and joy, a song of those who love. At this hour, full of thankfulness, we join in the singing of all the centuries, singing that unites heaven and earth, angels and men. Yes, indeed, we praise you for your glory. We praise you for your love. Grant that we may join with you in love more and more and thus become people of peace. Amen.

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Jerusalem Patriarch's Christmas Message

"It Is Time to Commit Ourselves Together for a Genuine, True and Long-lasting Peace"

JERUSALEM, DEC. 24, 2010 (Zenit.org).- Here is the text of the Christmas message delivered by the Latin Patriarch of Jerusalem, His Beatitude Fouad Twal.

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Christmas Message 2010

I welcome all of you journalists present here and thank you for your role in providing information and conscience formation, and for your commitment to the truth. The message of the recent Synod recognized your role: "We appreciate the role of the means of social communication, both printed and audio-visual. We thank you journalists for your collaboration with the Church in broadcasting her teachings and activities." (Nuntius 4.4)

To all of you and all the people of Israel, Palestine, Jordan and Cyprus, I wish you a Merry Christmas and a Happy New Year full of surprises at the global, local, and personal levels, and a year of peace and prosperity.

I greet the Bishops here present: Bishop Giacinto-Boulos Marcuzzo, our Patriarchal Vicar in Israel, and our new Auxiliary Bishop and Patriarchal Vicar for Jerusalem and the Palestinian Territories, Bishop William Shomali, who was ordained last May and comes with a new energy to help us in our mission. I also welcome Rev. Fr. David Neuhaus, SJ, our Patriarchal Vicar in Israel for the Hebrew-speaking Catholic community.

Like last year, I would like to present the important events that have happened this year, here in our Patriarchate. I would like to emphasize above all the positive events without, however, excluding the suffering and the concerns that remain.

1 -We thank our Holy Father for having convened the Synod for the Middle East, held in Rome from the 10th to 24th of October 2010. During that time, we were able to put our fingers on our wounds and our fears, and at the same time express our expectations and our hopes. The Synod called on Christians in the Middle East to live as true believers and good citizens, not distancing from public life, but involved in the development of our communities, whether in Arab countries or in Israel. The Synod also stressed the importance of ecumenical and interreligious dialogue. We hope that this dialogue will advance not only within intellectual circles, among scholars and theologians, but be a dialogue of life, for all segments of society. The Synod condemned violence, religious fundamentalism, anti-Semitism, anti-Judaism, anti-Christianity and Islamophobia, and called on religions “to assume their responsibilities in promoting dialogue among cultures and civilizations in our region and in the entire world.” (Nuntius 11)

2 - Religious tourism and pilgrimages in the Holy Land are experiencing record numbers. In November 2010, three million people have visited the Holy Places. This number could still increase to arrive at nearly 3.4 million visitors, a figure never reached before, even in 2000, the Jubilee Year, which recorded very significant results. This reflects the universal dimension of Jerusalem, Bethlehem and Nazareth, the welcoming reception extended to pilgrims by our people and our Churches, and the good work of the Ministries of Tourism in Israel and Palestine.

3 - I wish to highlight the improvement in the process of obtaining visas for religious, seminarians and volunteers. I thank all those who worked to achieve this result. We still have a long way to go.

4 - On December 7th, talks resumed between the Holy See and the Palestinian Authority for the application of the basic agreement signed in 2000. The deliberations focus on religious freedom and fiscal legislation. We pray for the success of these negotiations and those already under way with Israel.

5 - Last November, I had the joy of visiting several countries in Latin America: Chile, Argentina, Colombia, and Honduras. I met with the bishops of these countries, top government and civilian authorities, and especially our faithful living in the ‘diaspora.’ In Chile alone, there are over 400,000 who emigrated between 1900 and 1950, because of poverty and security problems. Now they are all well integrated into the local society, and many have expressed their willingness to support our projects in the Holy Land and come on pilgrimage.

Among the major projects that the Latin Patriarchate is trying to accomplish, I would like to mention: the new pediatric hospital in Bethlehem which will be named after Pope Benedict, the University of Madaba, which will open in October next year, and the new Pilgrims’ Center in Jordan, on the site of the Baptism of Christ.

6 - We were very concerned about the fire that destroyed entire forests in the Haifa area. We offer our condolences to the families of victims, and our admiration for the courage of those who died in the line of duty. This sad event made us experience international solidarity. The fact that the Palestinian Authority made available their team of firefighters was a very significant gesture and may be a beginning of a fruitful collaboration in the future, when peace will be established in this troubled land.

7 - We suffer from the failure of direct peace negotiations between Israel and the Palestinian Authority. This should not lead us to despair. We continue to believe that on both sides, and in the international community, there are men of good will who will work and put their energies together in their commitment for peace. We believe that nothing is impossible with God and we want to carry out the wishes sang by the angels on Christmas night: "Glory to God in the highest and on earth peace to those on whom his favor rests.”(Lk.2 :14) We also wish Europe to play a more significant role in this process.

8 - We were shocked and troubled by the massacre of Christians in Baghdad in the Church of Our Lady of Perpetual Help. These innocent victims are added to the thousands of victims of fundamentalism and violence afflicting our world. Readily, I echo the words of Pope Benedict: "Given the violence that continue to tear the peoples of the Middle East, I would like to renew my urgent appeal for peace. Peace is a gift of God. It is also the result of efforts by men of good will, of national and international institutions, all working together to put an end to all violence! "

Dear friends, let me conclude this message with my good wishes for a reconciliation between our peoples, the Israelis and the Palestinians. It is time to commit ourselves together for a genuine, true and long-lasting peace.

May the joy of Christmas be in our hearts and peace upon all of you. Merry Christmas!

+Fouad Twal, Latin Patriarch

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