Nouvelles du 25-12- 2012
Texte Pris sur le site Zénith

Message de Noël 2012 du pape Benoît XVI


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Nuit de Noël 2012 : homélie de Benoît XVI

La « sainte curiosité » pour se « hâter » vers Dieu
ROME, 24 décembre 2012 (Zenit.org) - Saluant la « sainte curiosité » des bergers venus voir le nouveau-né Jésus, Benoît XVI invite à « se hâter pour les choses de Dieu », car « il est la réalité la plus importante, l’Unique qui, en dernière analyse, est vraiment important ».

« Avons-nous vraiment de la place pour Dieu, quand il cherche à entrer chez nous ? Avons-nous du temps et de l’espace pour lui ? » : c’est la question posée par le pape lors de la messe de la nuit de Noël, ce 24 décembre, en la basilique Saint-Pierre au Vatican.

Question qu’il relie à l’accueil de l’autre, notamment à la "question morale" de « l'accueil des personnes déplacées, des réfugiés et des immigrés ». En effet, "il s’adresse à nous dans les pauvres de ce monde".

Mais ce n’est pas tout : le pape questionne également « la place pour Dieu » dans la « pensée » de l’homme, ainsi que dans son « sentiment » et dans son « vouloir ».

L’enjeu de la place réservée à Dieu est décisif : « la paix sur la terre entre les hommes est en relation avec la gloire de Dieu au plus haut des cieux », par conséquent « là où on ne rend pas gloire à Dieu, là où Dieu est oublié ou même renié, il n’y pas non plus de paix », affirme le pape.

Même si « dans l’histoire un certain usage inapproprié de la religion est incontestable », pour Benoît XVI « le « non » à Dieu » ne peut rétablir la paix : en effet, explique-t-il, si la lumière de Dieu s’éteint, alors l’homme « n’est plus l’image de Dieu, que nous devons honorer en chacun, dans le faible, dans l’étranger, dans le pauvre ». Les hommes ne sont plus « tous frères et soeurs, enfants de l’unique Père qui, à partir du Père, sont en relation mutuelle ».

Proposant par ailleurs de s’unir « à la ville concrète de Bethléem, à tous les lieux où le Seigneur a vécu, agi et souffert », le pape appelle à prier pour la paix entre Israéliens et Palestiniens et plus largement dans tout le Moyen-Orient.

Homélie de Benoît XVI pour la nuit de Noël

Chers frères et soeurs,

La beauté de cet évangile touche toujours à nouveau notre coeur – une beauté qui est splendeur de la vérité. Le fait que Dieu se fasse petit enfant, afin que nous puissions l’aimer, afin que nous osions l’aimer, et que, comme un petit enfant, il se mette avec confiance entre nos mains, nous émeut toujours de nouveau. Il dit presque : je sais que ma splendeur t’effraie, que devant ma grandeur tu cherches à t’affirmer toi-même. Eh bien, je viens donc à toi comme un petit enfant, pour que tu puisses m’accueillir et m’aimer.

La parole de l’évangéliste, dite presqu’en passant, affirmant que pour eux il n’y avait pas de place dans la salle commune, me touche aussi toujours de nouveau. Inévitablement surgit la question de savoir comment se passeraient les choses, si Marie et Joseph frappaient à ma porte : Y-aurait-il de la place pour eux ? Et ensuite, nous vient à l’esprit que cette nouvelle, apparemment fortuite, du manque de place dans la salle commune qui pousse la Sainte Famille dans l’étable, l’évangéliste Jean l’a approfondie et l’a ramenée à l’essentiel quand il écrit : « Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1, 11). Ainsi, la grande question morale de savoir comment chez nous se passent les choses concernant les personnes déplacées, les réfugiés et les immigrés, devient encore plus fondamentale : avons-nous vraiment de la place pour Dieu, quand il cherche à entrer chez nous ? Avons-nous du temps et de l’espace pour lui ? N’est-ce pas peut-être Dieu lui-même que nous refoulons ? Cela commence par le fait que nous n’avons pas du temps pour lui. Plus nous pouvons nous déplacer rapidement, plus les moyens qui nous font gagner du temps deviennent efficaces, moins nous avons du temps à disposition.

Et Dieu ? La question le concernant ne semble jamais urgente. Notre temps est déjà totalement rempli. Mais les choses vont encore plus en profondeur. Dieu a-t-il vraiment une place dans notre pensée ? Les méthodes de notre pensée sont organisées de manière qu’au fond, il ne doit pas exister. Même s’il semble frapper à la porte de notre pensée, il doit être éloigné par quelque raisonnement. La pensée, pour être considérée comme sérieuse, doit être construite de façon à rendre superflue l’“hypothèse Dieu”. Il n’y a pas de place pour lui. Même dans notre sentiment et dans notre vouloir, il n’y a pas de place pour lui. Nous nous voulons nous-mêmes. Nous voulons les choses tangibles, le bonheur expérimentable, la réussite de nos projets personnels et de nos intentions. Nous sommes totalement « remplis » de nous-mêmes, si bien qu’il ne reste aucun espace pour Dieu. Et c’est pourquoi, il n’y a pas d’espace non plus pour les autres, pour les enfants, pour les pauvres, pour les étrangers. En partant de la simple parole sur le manque de place dans la salle commune, nous pouvons nous rendre compte combien nous est nécessaire l’exhortation de Saint Paul : « Transformez-vous en renouvelant votre façon de penser » (Rm 12,2). Paul parle du renouvellement, de l’ouverture de notre intellect (nous) ; il parle en général de la façon dont nous voyons le monde et nous-mêmes. La conversion dont nous avons besoin doit atteindre vraiment jusqu’aux profondeurs de notre rapport avec la réalité. Prions le Seigneur afin que nous devenions vigilants envers sa présence, afin que nous entendions comment il frappe de manière discrète mais insistante à la porte de notre être et de notre vouloir. Prions-le afin qu’il se crée au fond de nous-mêmes un espace pour lui et afin qu’ainsi nous puissions aussi le reconnaître en ceux par qui il s’adresse à nous : dans les enfants, dans les personnes qui souffrent et dans celles qui sont abandonnées, dans les personnes marginalisées et dans les pauvres de ce monde.

Il y a encore une deuxième parole dans le récit de Noël sur laquelle je voudrais réfléchir avec vous : l’hymne de louange que les anges entonnent après le message concernant le Sauveur nouveau-né : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes objets de sa bienveillance ». Dieu est glorieux. Dieu est pure lumière, splendeur de la vérité et de l’amour. Il est bon. Il est le véritable bien, le bien par excellence. Les anges qui l’entourent transmettent simplement d’abord la joie pour la perception de la gloire de Dieu. Leur chant est une irradiation de la joie dont ils sont remplis. Dans leurs paroles, nous entendons, pour ainsi dire, quelque chose des sons mélodieux du ciel. Là aucune question sur l’objectif n’est sous-entendue, il y a simplement le fait d’être comblés du bonheur venant de la perception de la pure splendeur de la vérité et de l’amour de Dieu. Nous voulons nous laisser toucher par cette joie : la vérité existe. La pure bonté existe. La pure lumière existe. Dieu est bon et il est la puissance suprême, au-dessus de toutes les puissances. De cela nous devrions nous réjouir simplement en cette nuit, avec les anges et les bergers.

La paix sur la terre entre les hommes est en relation avec la gloire de Dieu au plus haut des cieux. Là où on ne rend pas gloire à Dieu, là où Dieu est oublié ou même renié, il n’y pas non plus de paix. Aujourd’hui, pourtant, des courants de pensée répandus soutiennent le contraire : les religions, en particulier le monothéisme, seraient la cause de la violence et des guerres dans le monde ; il conviendrait avant tout de libérer l’humanité des religions, afin qu’il se crée ensuite la paix ; le monothéisme, la foi dans le Dieu unique, serait tyrannie, cause d’intolérance, car, en fonction de sa nature, il voudrait s’imposer à tous avec la prétention de l’unique vérité. Il est vrai que, dans l’histoire, le monothéisme a servi de prétexte à l’intolérance et à la violence. Il est vrai qu’une religion peut devenir malade et arriver ainsi à s’opposer à sa nature la plus profonde, quand l’homme pense devoir prendre lui-même en main la cause de Dieu, faisant ainsi de Dieu sa propriété privée. Nous devons être vigilants face à ces travestissements du sacré. Si dans l’histoire un certain usage inapproprié de la religion est incontestable, il n’est pourtant pas vrai que le « non » à Dieu rétablirait la paix. Si la lumière de Dieu s’éteint, la dignité divine de l’homme s’éteint aussi. Alors, il n’est plus l’image de Dieu, que nous devons honorer en chacun, dans le faible, dans l’étranger, dans le pauvre. Alors, nous ne sommes plus tous frères et soeurs, enfants de l’unique Père qui, à partir du Père, sont en relation mutuelle. Quels types de violence arrogante apparaissent alors et comment l’homme déprécie et écrase l’homme, nous l’avons vu dans sa toute cruauté au cours du siècle dernier. Seulement si la lumière de Dieu brille sur l’homme et dans l’homme, seulement si chaque être humain est voulu, connu et aimé par Dieu, seulement alors, quelle que soit sa situation de misère, sa dignité est inviolable. Dans la Sainte Nuit, Dieu lui-même s’est fait homme, comme le prophète Isaïe avait annoncé : l’enfant né ici est “Emmanuel”, Dieu avec nous (cf. Is 7, 14). Et au cours de tous ces siècles, vraiment, il n’y a pas eu seulement des cas d’usage inapproprié de la religion, mais des forces de réconciliation et de bonté sont toujours venues de nouveau de la foi en ce Dieu qui s’est fait homme. Dans l’obscurité du péché et de la violence, cette foi a introduit un rayon lumineux de paix et de bonté qui continue à briller.

Ainsi, le Christ est notre paix et il a annoncé la paix à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches (cf. Ep 2, 14.17). Comment ne devrions-nous pas le prier en cette heure : Oui, Seigneur, annonce-nous aussi aujourd’hui la paix, à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches. Fais qu’aujourd’hui encore les épées soient transformées en socs (cf. Is 2, 4), qu’à la place des armements pour la guerre succède de l’aide pour ceux qui souffrent. Éclaire les personnes qui croient devoir exercer la violence en ton nom, afin qu’elles apprennent à comprendre l’absurdité de la violence et à reconnaître ton vrai visage. Aide-nous à devenir des hommes « objets de ta bienveillance » – des hommes à ton image et ainsi des hommes de paix.

À peine les anges se furent-ils éloignés que les bergers se disaient entre eux : Allons jusque là-bas, à Bethléem et voyons cette parole qui s’est réalisée pour nous (cf. Lc 2, 15). Les bergers partirent donc en hâte vers Bethléem, nous dit l’évangéliste (cf. 2, 16). Une sainte curiosité les poussait à voir dans une mangeoire ce petit enfant, dont l’ange avait dit qu’il était le Sauveur, le Christ, le Seigneur. La grande joie, dont l’ange avait aussi parlé, avait touché leur coeur et leur donnait des ailes.

Allons là-bas, à Bethléem, nous dit aujourd’hui la liturgie de l’Église. Trans-eamus traduit la Bible latine : “traverser”, aller là-bas, oser le pas qui va au-delà, la “traversée”, par laquelle nous sortons de nos habitudes de pensée et de vie et dépassons le monde purement matériel pour arriver à l’essentiel, au-delà, vers ce Dieu qui, pour sa part, est venu ici, vers nous. Nous voulons prier le Seigneur, afin qu’il nous donne la capacité de dépasser nos limites, notre monde; afin qu’il nous aide à le rencontrer, particulièrement au moment où lui-même, dans la Sainte Eucharistie, se pose dans nos mains et dans notre coeur.

Allons là-bas, à Bethléem : avec ces paroles que, en union avec les bergers, nous nous disons les uns aux autres, nous ne devons pas penser seulement à la grande traversée vers le Dieu vivant, mais aussi à la ville concrète de Bethléem, à tous les lieux où le Seigneur a vécu, agi et souffert. Prions en ce moment pour les personnes qui aujourd’hui y vivent et y souffrent. Prions pour qu’il y ait la paix. Prions afin qu’Israéliens et Palestiniens puissent mener leur vie dans la paix du Dieu unique et dans la liberté. Prions aussi pour les pays environnants, pour le Liban, pour la Syrie, pour l’Iraq et ainsi de suite : afin que la paix s’y renforce. Que les chrétiens dans ces pays où notre foi a trouvé son origine, puissent maintenir leur demeure; que les chrétiens et les musulmans construisent ensemble leurs pays dans la paix de Dieu.

Les bergers sont partis en hâte. Une sainte curiosité et une sainte joie les poussaient. Parmi nous, il arrive peut-être très rarement que nous nous hâtions pour les choses de Dieu. Aujourd’hui, Dieu ne fait pas partie des réalités urgentes. Les choses de Dieu, ainsi pensons-nous et disons-nous, peuvent attendre. Pourtant, il est la réalité la plus importante, l’Unique qui, en dernière analyse, est vraiment important. Pourquoi ne devrions-nous pas être pris, nous aussi, par la curiosité de voir de plus près et de connaître ce que Dieu nous a dit ? Prions-le afin que la sainte curiosité et la sainte joie des bergers nous touchent nous aussi en ce moment, et allons donc avec joie là-bas, à Bethléem – vers le Seigneur qui, aujourd’hui aussi, vient de nouveau vers nous. Amen.

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Message de Benoît XVI à Rome et au monde, 25 décembre 2012
"Dans ce monde, il y a une bonne terre"

ROME, 25 décembre 2012 (Zenit.org) - "Il y a dans le monde, une terre que Dieu a préparée pour venir habiter au milieu de nous. Une demeure pour sa présence dans le monde. Cette terre existe, et aujourd’hui aussi, en 2012, de cette terre a germé la vérité !", affirme Benoît XVI dans son message « Urbi et Orbi », à Rome et au monde, de ce 25 décembre, en la solennité de Noël.

Voici le texte officiel intégral en français de l’allocution de Benoît XVI :

« Veritas de terra orta est ! » - “La vérité a germé de la terre ! » (Ps 85, 12)

Chers frères et soeurs de Rome et du monde entier, bon Noël à vous tous et à vos familles !

En cette Année de la foi, j’exprime mon souhait de Noël avec ces paroles, tirées d’un psaume : « La vérité a germé de la terre ». Dans le texte du psaume, en réalité, nous les trouvons au futur : « La vérité germera de la terre » : c’est une annonce, une promesse, accompagnée d’autres expressions, qui dans l’ensemble résonnent ainsi : « Amour et vérité se rencontrent, / justice et paix s’embrassent ; / la vérité germera de la terre / et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits / et notre terre donnera son fruit. / La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin » (Ps 85, 11-14).

Aujourd’hui, cette parole prophétique s’est accomplie ! En Jésus, né à Bethléem de la Vierge

Marie, l’amour et la vérité se sont réellement rencontrés, la justice et la paix se sont embrassées ; a vérité a germé de la terre et la justice s’est penchée du ciel. Saint Augustin explique avec une heureuse concision : « Qu’est-ce-que la vérité ? Le Fils de Dieu. Qu’est-ce que la terre ? La chair. Demandes-toi d’où est né le Christ, et vois pourquoi la vérité a germé de la terre… la vérité est née de la Vierge Marie » (En. in Ps. 84, 13). Et dans un discours sur Noël, il affirme : « Avec cette fête qui revient chaque année, nous célébrons donc le jour où s’est accomplie la prophétie : “La vérité a surgi de la terre et la justice s’est penchée du ciel”. La Vérité qui est dans le sein du Père a surgi de la terre parce qu’elle fut aussi dans le sein d’une mère. La Vérité qui régit le monde entier a surgi de la terre parce qu’elle fut soutenue par les mains d’une femme …

La Vérité que le ciel ne suffit pas à contenir a surgi de la terre pour être couchée dans une mangeoire. À l’avantage de qui un Dieu si sublime s’est-il fait si humble ? Certainement avec aucun avantage pour lui, mais avec un grand avantage pour nous, si nous croyons » (Sermones, 185, 1).

« Si nous croyons ». Voilà la puissance de la foi ! Dieu a tout fait, il a fait l’impossible : il s’est fait chair. Sa toute-puissance d’amour a réalisé ce qui va au-delà de la compréhension humaine : l’Infini s’est fait enfant, est entré dans l’humanité. Pourtant, ce même Dieu ne peut entrer dans mon coeur si je ne lui ouvre pas la porte. Porta fidei ! La porte de la foi ! Nous pourrions demeurer effrayés devant notre toute puissance à l’envers. Ce pouvoir de l’homme de se fermer à Dieu peut nous faire peur. Mais voilà la réalité qui chasse cette pensée ténébreuse, l’espérance qui vainc la peur : la vérité a germé ! Dieu est né ! « La terre a donné son fruit » (Ps 67, 7). Oui, il y a une terre bonne, une terre saine, libre de tout égoïsme et de toute fermeture.

Il y a dans le monde, une terre que Dieu a préparée pour venir habiter au milieu de nous. Une demeure pour sa présence dans le monde. Cette terre existe, et aujourd’hui aussi, en 2012, de cette terre a germé la vérité ! Par conséquent, il y a de l’espérance dans le monde, une espérance fiable, même dans les moments et dans les situations plus difficiles. La vérité a germé, portant amour, justice et paix.

Oui, que la paix germe pour la population syrienne, profondément blessée et divisée par un conflit qui n’épargne pas même les personnes sans défense et fauche des victimes innocentes. Encore une fois je fais appel pour que cesse l’effusion de sang, que soient facilités les secours aux personnes déplacées et aux réfugiés et que, par le dialogue, soit recherchée une solution politique au conflit.

Que la paix germe sur la terre où est né le Rédempteur et qu’il donne aux Israéliens et aux Palestiniens le courage de mettre fin à trop d’années de lutte et de divisions, et d’entreprendre avec décision le chemin de la négociation.

Dans les pays du Nord de l’Afrique qui traversent une profonde transition à la recherche d’un nouvel avenir – en particulier en Égypte, terre aimée et bénie par l’enfance de Jésus –, que les citoyens construisent ensemble une société fondée sur la justice, le respect de la liberté et de la dignité de chaque personne.

Que la paix germe dans le vaste continent asiatique. Que l’Enfant Jésus regarde avec bienveillance les nombreux peuples qui habitent ces terres et, de manière spéciale, ceux qui croient en lui. En outre, que le Roi de la Paix porte son regard sur les nouveaux Dirigeants de la République populaire de Chine pour la haute charge qui les attend. Je souhaite que celle-ci mette en valeur l’apport des religions, dans le respect de chacune, de sorte qu’elles puissent contribuer à la construction d’une société solidaire, au bénéfice de ce noble Peuple et du monde entier.

Que la Nativité du Christ favorise le retour de la paix au Mali et de la concorde au Nigéria, où d’atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens. Que le Rédempteur apporte aide et réconfort aux réfugiés de l’est de la République démocratique du Congo et donne la paix au Kenya, où de sanglants attentats ont touché la population civile et les lieux de culte.

Que l’Enfant Jésus bénisse les très nombreux fidèles qui le célèbrent en Amérique Latine.

Qu’il augmente leurs vertus humaines et chrétiennes, qu’il soutienne tous ceux qui sont contraints à émigrer de leurs familles et de leur terre, qu’il affermisse les Gouvernants dans leur engagement pour le développement et dans la lutte contre la criminalité.

Chers frères et soeurs ! Amour et vérité, justice et paix se sont rencontrées, se sont incarnées dans l’homme né de Marie à Bethléem. Cet homme est le Fils de Dieu, il est Dieu apparu dansl’histoire. Sa naissance est un germe de vie nouvelle pour toute l’humanité. Puisse chaque terredevenir une bonne terre, qui accueille et fait germer l’amour, la vérité, la justice et la paix.

BonNoël à tous !


site Zenith

Date: 2012-12-25

Benedict XVI's Christmas Message


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2012-12-24

Benedict XVI's Christmas Eve Homily


"What would happen if Mary and Joseph were to knock at my door"


VATICAN CITY, December 24, 2012 (Zenit.org).

Here is a Vatican translation of the homily Benedict XVI gave at tonight's Christmas Eve Mass in St. Peter's Basilica.

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Dear Brothers and Sisters!

Again and again the beauty of this Gospel touches our hearts: a beauty that is the splendour of truth. Again and again it astonishes us that God makes himself a child so that we may love him, so that we may dare to love him, and as a child trustingly lets himself be taken into our arms. It is as if God were saying: I know that my glory frightens you, and that you are trying to assert yourself in the face of my grandeur. So now I am coming to you as a child, so that you can accept me and love me.

I am also repeatedly struck by the Gospel writer’s almost casual remark that there was no room for them at the inn. Inevitably the question arises, what would happen if Mary and Joseph were to knock at my door. Would there be room for them? And then it occurs to us that Saint John takes up this seemingly chance comment about the lack of room at the inn, which drove the Holy Family into the stable; he explores it more deeply and arrives at the heart of the matter when he writes: "he came to his own home, and his own people received him not" (Jn 1:11). The great moral question of our attitude towards the homeless, towards refugees and migrants, takes on a deeper dimension: do we really have room for God when he seeks to enter under our roof? Do we have time and space for him? Do we not actually turn away God himself? We begin to do so when we have no time for him. The faster we can move, the more efficient our time-saving appliances become, the less time we have. And God? The question of God never seems urgent. Our time is already completely full. But matters go deeper still. Does God actually have a place in our thinking? Our process of thinking is structured in such a way that he simply ought not to exist. Even if he seems to knock at the door of our thinking, he has to be explained away. If thinking is to be taken seriously, it must be structured in such a way that the "God hypothesis" becomes superfluous. There is no room for him. Not even in our feelings and desires is there any room for him. We want ourselves. We want what we can seize hold of, we want happiness that is within our reach, we want our plans and purposes to succeed. We are so "full" of ourselves that there is no room left for God. And that means there is no room for others either, for children, for the poor, for the stranger. By reflecting on that one simple saying about the lack of room at the inn, we have come to see how much we need to listen to Saint Paul’s exhortation: "Be transformed by the renewal of your mind" (Rom 12:2). Paul speaks of renewal, the opening up of our intellect (nous), of the whole way we view the world and ourselves. The conversion that we need must truly reach into the depths of our relationship with reality. Let us ask the Lord that we may become vigilant for his presence, that we may hear how softly yet insistently he knocks at the door of our being and willing. Let us ask that we may make room for him within ourselves, that we may recognize him also in those through whom he speaks to us: children, the suffering, the abandoned, those who are excluded and the poor of this world.

There is another verse from the Christmas story on which I should like to reflect with you – the angels’ hymn of praise, which they sing out following the announcement of the new-born Saviour: "Glory to God in the highest and on earth peace among men with whom he is pleased." God is glorious. God is pure light, the radiance of truth and love. He is good. He is true goodness, goodness par excellence. The angels surrounding him begin by simply proclaiming the joy of seeing God’s glory. Their song radiates the joy that fills them. In their words, it is as if we were hearing the sounds of heaven. There is no question of attempting to understand the meaning of it all, but simply the overflowing happiness of seeing the pure splendour of God’s truth and love. We want to let this joy reach out and touch us: truth exists, pure goodness exists, pure light exists. God is good, and he is the supreme power above all powers. All this should simply make us joyful tonight, together with the angels and the shepherds.

Linked to God’s glory on high is peace on earth among men. Where God is not glorified, where he is forgotten or even denied, there is no peace either. Nowadays, though, widespread currents of thought assert the exact opposite: they say that religions, especially monotheism, are the cause of the violence and the wars in the world. If there is to be peace, humanity must first be liberated from them. Monotheism, belief in one God, is said to be arrogance, a cause of intolerance, because by its nature, with its claim to possess the sole truth, it seeks to impose itself on everyone. Now it is true that in the course of history, monotheism has served as a pretext for intolerance and violence. It is true that religion can become corrupted and hence opposed to its deepest essence, when people think they have to take God’s cause into their own hands, making God into their private property.

We must be on the lookout for these distortions of the sacred. While there is no denying a certain misuse of religion in history, yet it is not true that denial of God would lead to peace. If God’s light is extinguished, man’s divine dignity is also extinguished. Then the human creature would cease to be God’s image, to which we must pay honour in every person, in the weak, in the stranger, in the poor. Then we would no longer all be brothers and sisters, children of the one Father, who belong to one another on account of that one Father. The kind of arrogant violence that then arises, the way man then despises and tramples upon man: we saw this in all its cruelty in the last century. Only if God’s light shines over man and within him, only if every single person is desired, known and loved by God is his dignity inviolable, however wretched his situation may be. On this Holy Night, God himself became man; as Isaiah prophesied, the child born here is "Emmanuel", God with us (Is 7:14). And down the centuries, while there has been misuse of religion, it is also true that forces of reconciliation and goodness have constantly sprung up from faith in the God who became man. Into the darkness of sin and violence, this faith has shone a bright ray of peace and goodness, which continues to shine.

So Christ is our peace, and he proclaimed peace to those far away and to those near at hand (cf. Eph 2:14, 17). How could we now do other than pray to him: Yes, Lord, proclaim peace today to us too, whether we are far away or near at hand. Grant also to us today that swords may be turned into ploughshares (Is 2:4), that instead of weapons for warfare, practical aid may be given to the suffering. Enlighten those who think they have to practise violence in your name, so that they may see the senselessness of violence and learn to recognize your true face. Help us to become people "with whom you are pleased" – people according to your image and thus people of peace.

Once the angels departed, the shepherds said to one another: Let us go over to Bethlehem and see this thing that has happened for us (cf. Lk 2:15). The shepherds went with haste to Bethlehem, the Evangelist tells us (cf. 2:16). A holy curiosity impelled them to see this child in a manger, who the angel had said was the Saviour, Christ the Lord. The great joy of which the angel spoke had touched their hearts and given them wings.

Let us go over to Bethlehem, says the Church’s liturgy to us today. Trans-eamus is what the Latin Bible says: let us go "across", daring to step beyond, to make the "transition" by which we step outside our habits of thought and habits of life, across the purely material world into the real one, across to the God who in his turn has come across to us. Let us ask the Lord to grant that we may overcome our limits, our world, to help us to encounter him, especially at the moment when he places himself into our hands and into our heart in the Holy Eucharist.

Let us go over to Bethlehem: as we say these words to one another, along with the shepherds, we should not only think of the great "crossing over" to the living God, but also of the actual town of Bethlehem and all those places where the Lord lived, ministered and suffered. Let us pray at this time for the people who live and suffer there today. Let us pray that there may be peace in that land. Let us pray that Israelis and Palestinians may be able to live their lives in the peace of the one God and in freedom. Let us also pray for the countries of the region, for Lebanon, Syria, Iraq and their neighbours: that there may be peace there, that Christians in those lands where our faith was born may be able to continue living there, that Christians and Muslims may build up their countries side by side in God’s peace.

The shepherds made haste. Holy curiosity and holy joy impelled them. In our case, it is probably not very often that we make haste for the things of God. God does not feature among the things that require haste. The things of God can wait, we think and we say. And yet he is the most important thing, ultimately the one truly important thing. Why should we not also be moved by curiosity to see more closely and to know what God has said to us? At this hour, let us ask him to touch our hearts with the holy curiosity and the holy joy of the shepherds, and thus let us go over joyfully to Bethlehem, to the Lord who today once more comes to meet us. Amen.

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Urbi et Orbi

“Veritas de terra orta est!” – “Truth has sprung out of the earth” (Ps 85:12).

Dear brothers and sisters in Rome and throughout the world, a happy Christmas to you and your families!

In this Year of Faith, I express my Christmas greetings and good wishes in these words taken from one of the Psalms: “Truth has sprung out of the earth”. Actually, in the text of the Psalm, these words are in the future: “Kindness and truth shall meet; / justice and peace shall kiss. / Truth shall spring out of the earth, /and justice shall look down from heaven. / The Lord himself will give his benefits; / our land shall yield its increase. / Justice shall walk before him, / and salvation, along the way of his steps” (Ps 85:11-14).

Today these prophetic words have been fulfilled! In Jesus, born in Bethlehem of the Virgin Mary, kindness and truth do indeed meet; justice and peace have kissed; truth has sprung out of the earth and justice has looked down from heaven. Saint Augustine explains with admirable brevity: “What is truth? The Son of God. What is the earth? The flesh. Ask whence Christ has been born, and you will see that truth has sprung out of the earth … truth has been born of the Virgin Mary” (En. in Ps. 84:13). And in a Christmas sermon he says that “in this yearly feast we celebrate that day when the prophecy was fulfilled: ‘truth shall spring out of the earth, and justice shall look down from heaven’. The Truth, which is in the bosom of the Father has sprung out of the earth, to be in the womb of a mother too. The Truth which rules the whole world has sprung out of the earth, to be held in the arms of a woman ... The Truth which heaven cannot contain has sprung out of the earth, to be laid in a manger. For whose benefit did so lofty a God become so lowly? Certainly not for his own, but for our great benefit, if we believe” (Sermones, 185, 1).

“If we believe”. Here we see the power of faith! God has done everything; he has done the impossible: he was made flesh. His all-powerful love has accomplished something which surpasses all human understanding: the Infinite has become a child, has entered the human family. And yet, this same God cannot enter my heart unless I open the door to him. Porta fidei! The door of faith! We could be frightened by this, our inverse omnipotence. This human ability to be closed to God can make us fearful. But see the reality which chases away this gloomy thought, the hope that conquers fear: truth has sprung up! God is born! “The earth has yielded its fruits” (Ps 67:7). Yes, there is a good earth, a healthy earth, an earth freed of all selfishness and all lack of openness. In this world there is a good soil which God has prepared, that he might come to dwell among us. A dwelling place for his presence in the world. This good earth exists, and today too, in 2012, from this earth truth has sprung up! Consequently, there is hope in the world, a hope in which we can trust, even at the most difficult times and in the most difficult situations. Truth has sprung up, bringing kindness, justice and peace.

Yes, may peace spring up for the people of Syria, deeply wounded and divided by a conflict which does not spare even the defenceless and reaps innocent victims. Once again I appeal for an end to the bloodshed, easier access for the relief of refugees and the displaced, and dialogue in the pursuit of a political solution to the conflict.

May peace spring up in the Land where the Redeemer was born, and may he grant Israelis and Palestinians courage to end to long years of conflict and division, and to embark resolutely on the path of negotiation.

In the countries of North Africa, which are experiencing a major transition in pursuit of a new future – and especially the beloved land of Egypt, blessed by the childhood of Jesus – may citizens work together to build societies founded on justice and respect for the freedom and dignity of every person.

May peace spring up on the vast continent of Asia. May the Child Jesus look graciously on the many peoples who dwell in those lands and, in a special way, upon all those who believe in him. May the King of Peace turn his gaze to the new leaders of the People’s Republic of China for the high task which awaits them. I express my hope that, in fulfilling this task, they will esteem the contribution of the religions, in respect for each, in such a way that they can help to build a fraternal society for the benefit of that noble People and of the whole world.

May the Birth of Christ favour the return of peace in Mali and that of concord in Nigeria, where savage acts of terrorism continue to reap victims, particularly among Christians. May the Redeemer bring help and comfort to the refugees from the east of the Democratic Republic of Congo, and grant peace to Kenya, where brutal attacks have struck the civilian population and places of worship.

May the Child Jesus bless the great numbers of the faithful who celebrate him in Latin America. May he increase their human and Christian virtues, sustain all those forced to leave behind their families and their land, and confirm government leaders in their commitment to development and fighting crime.

Dear brothers and sisters! Kindness and truth, justice and peace have met; they have become incarnate in the child born of Mary in Bethlehem. That child is the Son of God; he is God appearing in history. His birth is a flowering of new life for all humanity. May every land become a good earth which receives and brings forth kindness and truth, justice and peace. Happy Christmas to all of you!