Nouvelles du 31-07- 2006
Texte Pris sur le site Zénith
ZF06090704
2006-09-07
« La guerre ne conduit pas à la paix », par le cardinal Kasper
« Seule la prière peut encore nous libérer »
ROME, Jeudi 7 septembre 2006 (ZENIT.org) « La guerre ne conduit pas à la paix », avertit le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la Promotion de lunité des chrétiens. Il cite cette prière qui passait de main en main en Allemagne sous les bombes de la seconde guerre mondiale : « Seule la prière peut encore nous libérer de lépée qui plane sur nos têtes ». Il concluait : « Priez sans cesse pour la réconciliation et pour la paix ».
Le cardinal Kasper est intervenu dans le cadre de lassemblée « Hommes et Religions » promue à Assise les 4 et 5 septembre par la communauté de SantEgidio et la conférence des évêques catholiques de lOmbrie. SantEgidio publie une traduction en français de lintervention du cardinal Kasper (cf. http://www.santegidio.net/uer/2006/assisi/int_1354_FR.htm).
Le cardinal Kasper commentait le Psaume 122 (versets 6-9) qui prie pour la paix à Jérusalem : « Appelez la paix sur Jérusalem ».
« Que de fois, disait-il, cette invocation de prière des psaumes de la Bible a-t-elle retenti au cours des siècles, des millénaires ( ). Combien de fois elle a été lobjet de conflit, jusquà notre époque, entre Juifs, Chrétiens et Musulmans. Les trois religions vénèrent toutes leurs lieux saints à Jérusalem. Toutes trois aiment Jérusalem et cest pourquoi elles veulent y demeurer. Toutes trois ont le droit dy vivre en paix, condition indispensable pour y demeurer ensemble ».
Et de faire observer : « Toutes les trois prient lunique Dieu, qui nest pas un Dieu de la violence, mais le Dieu de la paix comme nous le lisons souvent dans la Bible ».
Le cardinal Kasper évoquait lactualité en rappelant : « Que de fois avons-nous prié pendant ces dernières semaines, pour la paix à Jérusalem, pour la paix entre Juifs et Musulmans qui vivent dans une région tourmentée et secouée par des conflits, où aujourdhui encore des hommes innocents femmes et enfants, malades, personnes âgées et jeunes souffrent et meurent et vivent dans la peur et dans leffroi ».
Le cardinal Kasper insistait sur la proximité de ces peuples qui aspirent à la paix : « Ils ne sont pas des inconnus pour nous ; ils sont comme le dit le psaume nos frères et nos amis, et nous ne pouvons espérer pour eux que la paix. Ce quils attendent et souhaitent plus que tout, autant que le souhaitent les hommes de bonne volonté, partout dans le monde, cest quadvienne la paix dans les murs et que soient paisibles les palais ».
Mais larchevêque allemand faisait remarquer également linutilité des armes pour résoudre les conflits. Ce serait, disait-il, de la naïveté que de simaginer le contraire : « Nous ne sommes pas naïfs. Nous connaissons les problèmes concrets politiques, économiques et religieux ; nous connaissons les origines qui remontent loin, de ce conflit sanglant. Nous connaissons la frustration accumulée, le désespoir, la peur, linjustice et même la haine. Nous savons que les bonnes paroles, toutes seules, narrivent pas à résoudre les problèmes. Aujourdhui une solution semble ne pas être à la portée des hommes. Cest pourquoi nous navons pas lingénuité de croire que lon puisse résoudre les problèmes en lançant des missiles, des bombes et des obus ».
La guerre engendre la guerre, expliquait le cardinal Kasper : « Les missiles, les bombes et les obus ne résolvent rien, et ne sèment que la destruction et la mort. La guerre ne conduit pas à la paix. La guerre est souvent la mère dautres guerres. Ces guerres engendrent plus de terroristes que ceux quelles tuent. La guerre est toujours une défaite, cest la défaite de lhumanité et la défaite de lespérance et des attentes de paix de beaucoup ».
Il faisait cette confidence : « Quand jétais jeune, pendant la terrible période de la deuxième guerre mondiale, il y avait un poème chez nous, qui passait de main en main dans les abris antiaériens et dans les tranchées ; le poème commençait par ces mots : Seule la prière peut encore nous libérer de lépée qui plane sur nos têtes. Ce que ce poème dit, appartient à lancienne conviction de lhumanité religieuse que nous pouvons retrouver dans ce psaume ».
« Les gouvernements, les soldats et les diplomates ne sont pas les seuls décideurs de la guerre et de la paix, insistait le cardinal Kasper. La guerre et la paix ont une cause bien plus profonde ; elles naissent dans le cur des hommes. Cest dans leur cur que les individus et les peuples nourrissent des pensées bonnes et méchantes. Cest dans le cur de lhomme que se produit la conversion et le renouvellement et que naît la volonté de réconciliation et de paix qui nest possible que si règne la justice ».
Il insistait sur cette présence de Dieu au cur de chaque personne : « Seul Dieu et son Esprit Saint ont accès au cur des hommes. Seul Dieu peut nous donner un cur nouveau, un cur non pas de pierre, mais de chair, un cur compatissant, et peut nous inspirer des sentiments de paix. Cest pour cela que la prière pour la paix est une arme plus puissante que les missiles, les bombes et les obus ; cest la véritable superpuissance dans ce monde. Jésus nous dit que la foi peut déplacer les montagnes. Pourquoi Dieu, écoutant notre prière commune, ne démêlerait-il pas les difficultés et napaiserait-il pas le conflit du Proche Orient, sans solution apparente ? »
Le cardinal Kasper concluait par cette exhortation à la prière continuelle pour la paix : « Le Psaume contient une promesse pour Jérusalem. Cest la promesse que Dieu veut la paix et quil a établi la paix pour Jérusalem. La paix y prend sa source ; de Jérusalem, elle deviendra paix universelle pour toute lhumanité, pour toutes les réalités. Sur cette promesse, nous bâtissons, à cette promesse nous nous confions. Cest pour cela que nous ne cessons de prier : « Appelez la paix sur Jérusalem » ; appelez la paix sur la terre qui est terre sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, la terre de la promesse et de la paix. Priez sans cesse pour la réconciliation et pour la paix ».
Mardi 5 Septembre 2006 -
Prière pour la paix
Walter Kasper
Cardinal, Président du Conseil pontifical pour la Promotion de lUnité des Chrétiens, Saint-Siège
Psaume 122, 6-9« Appelez la paix sur Jérusalem ». Que de fois cette invocation de prière des psaumes de la Bible a t- elle retenti au cours des siècles, des millénaires. Combien de fois Jérusalem, la cité de la paix, a-t-elle été assiégée et démolie : par les Assyriens et les Babyloniens, par les Romains et les Croisés. Combien de fois elle a été lobjet de conflit, jusquà notre époque, entre Juifs, Chrétiens et Musulmans. Les trois religions vénèrent toutes leurs lieux saints à Jérusalem. Toutes trois aiment Jérusalem et cest pourquoi elles veulent y demeurer. Toutes trois ont le droit dy vivre en paix, condition indispensable pour y demeurer ensemble. Toutes les trois prient lunique Dieu, qui nest pas un Dieu de la violence, mais le « Dieu de la paix » comme nous le lisons souvent dans la Bible.
Que de fois avons-nous prié pendant ces dernières semaines, pour la paix à Jérusalem, pour la paix entre Juifs et Musulmans qui vivent dans une région tourmentée et secouée par des conflits, où aujourdhui encore des hommes innocents femmes et enfants, malades, personnes âgées et jeunes souffrent et meurent et vivent dans la peur et dans leffroi. Ils ne sont pas des inconnus pour nous ; ils sont comme le dit le psaume nos frères et nos amis, et nous ne pouvons espérer pour eux que la paix. Ce quils attendent et souhaitent plus que tout autant que le souhaitent les hommes de bonne volonté, partout dans le monde, cest qu advienne la paix dans les murs et que soient paisibles les palais.
Nous ne sommes pas naïfs. Nous connaissons les problèmes concrets politiques, économiques et religieux ; nous connaissons les origines qui remontent à loin de ce conflit sanglant. Nous connaissons la frustration accumulée, le désespoir, la peur, linjustice et même la haine. Nous savons que les bonnes paroles, toutes seules, narrivent pas à résoudre les problèmes. Aujourdhui une solution semble ne pas être à la portée des hommes. Cest pourquoi nous navons pas lingénuité de croire que lon puisse résoudre les problèmes en lançant des missiles, des bombes et des obus. Les missiles, les bombes et les obus ne résolvent rien, et ne sèment que la destruction et la mort. La guerre ne conduit pas à la paix. La guerre est souvent la mère dautres guerres. Ces guerres engendrent plus de terroristes que ceux quelles tuent. La guerre est toujours une défaite, cest la défaite de lhumanité et la défaite de lespérance et des attentes de paix de beaucoup.
Quand jétais jeune, pendant la terrible période de la deuxième guerre mondiale, il y avait un poème chez nous, qui passait de main en main dans les abris antiaériens et dans les tranchées ; le poème commençait par ces mots : « Seule la prière peut encore nous libérer de lépée qui plane sur nos têtes ».
Ce que ce poème dit, appartient à lancienne conviction de lhumanité religieuse que nous pouvons retrouver dans ce psaume. Les gouvernements, les soldats et les diplomates ne sont pas les seuls décideurs de la guerre et de la paix. La guerre et la paix ont une cause bien plus profonde ; elles naissent dans le cur des hommes. Cest dans leur cur que les individus et les peuples nourrissent des pensées bonnes et méchantes. Cest dans le cur de lhomme que se produit la conversion et le renouvellement et naît la volonté de réconciliation et de paix qui nest possible que si règne la justice.
Seul Dieu et son Esprit Saint ont accès au cur des hommes. Seul Dieu peut nous donner un cur nouveau, un cur non pas de pierre, mais de chair, un cur compatissant et peut nous inspirer des sentiments de paix. Cest pour cela que la prière pour la paix est une arme plus puissante que les missiles, les bombes et les obus ; cest la véritable superpuissance dans ce monde. Jésus nous dit que la foi peut déplacer les montagnes. Pourquoi Dieu, écoutant notre prière commune, ne démêlerait-il pas les difficultés et napaiserait-il pas le conflit du Proche Orient, sans solution apparente?
Le Psaume contient une promesse pour Jérusalem. Cest la promesse que Dieu veut la paix et quil a établi la paix pour Jérusalem. La paix y prend sa source ; de Jérusalem, elle deviendra paix universelle pour toute lhumanité, pour toutes les réalités. Sur cette promesse, nous bâtissons, à cette promesse nous nous confions. Cest pour cela que nous ne cessons de prier : « Appelez la paix sur Jérusalem » ; appelez la paix sur la terre qui est terre sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, la terre de la promesse et de la paix. Priez sans cesse pour la réconciliation et pour la paix.
site Zenit
Code: ZE06090624
Date: 2006-09-06
"War Does Not Lead to Peace"
Cardinal Kasper Closes Meeting of Religious Leaders in Assisi
ASSISI, Italy, SEPT. 6, 2006 (Zenit.org).- Here is the address delivered Tuesday by Cardinal Walter Kasper, president of the Pontifical Council for Promoting Christian Unity, to close the two-day meeting of various religious leaders.
The meeting in Assisi commemorated the interreligious meeting convoked by Pope John Paul II in 1986. The theme on this occasion was "For a World of Peace -- Religions and Cultures in Dialogue.
* * *
Prayer for Peace
Psalm 122:6-9
Pray for the peace of Jerusalem! "May they prosper who love you!
Peace be within your walls, and security within your towers!"
For my brethren and companions' sake I will say, "Peace be within you!"
For the sake of the house of the Lord our God, I will seek your good."Pray for the peace of Jerusalem." How many times this invocation of prayer echoed from the psalms of the holy Bible throughout the centuries, or even, the millennia. How many times Jerusalem, city of peace, was besieged and destroyed: by the Assyrians and the Babylonians, by the Romans and the crusaders. How many times Jerusalem was contended, as it happens also today, by Jews, Christians and Muslims.
In Jerusalem, the three religions venerate their holy places. All three love Jerusalem and therefore want to be there. All three have the right to dwell there in peace, but they can be there only together, and in a peaceful manner. All three pray to the one God, who is not a God of violence, but a "God of peace," as he is often named as such in the Bible.
How many times have we prayed for peace in Jerusalem in the last weeks. How many times have we prayed for peace between Jews and Muslims in that region, affected by conflict, in which, again and again, innocent people from all sides -- women and children, sick, elderly and youth -- suffer and die, live in fear and terror. To us, they are not an unknown humanity, they are, as the Psalm says -- our brothers and friends: What else can we wish them but peace? What else, in fact, do they long for? What else do men and women of good will everywhere in the world long for, but peace within their walls and security within their towers?
We are not naive. We are aware of the existing political, economic and religious constraints; we are aware of the remote origin of this bloody conflict. We are aware of the mounting frustration, of the desperation, of the fear, of the injustice and even of the hatred. We are aware that good words alone cannot solve problems.
Today a solution seems beyond human capacity. For this reason, we are not so naive to think that we can solve problems through missiles, bombs or grenades. Missiles, bombs and grenades do not solve anything; they only bring about destruction and death. War does not lead to peace. War is often the mother of other wars. These wars create more terrorists than the ones that are eliminated. War is always a defeat; it is the defeat of humanity, the downfall of hope and of peace expectations.
When I was young, during the terrible years of World War II, a poem circulated in the anti-aircraft shelters and in the trenches. That poem began with the following words: "Only prayer can free us from the sword looming over our head." The words of this poem recall an ancient belief of religious humanity, which we also found in the psalm we read. Decisions about war and peace are taken not predominantly, or not only, by governments, military people or diplomats.
War and peace have a deeper origin; they spring from the hearts and minds of men and women. Evil or good intentions of individuals and peoples stem from the heart. And it is in the hearts and minds that conversion and renewal must begin. The heart is the breeding place of the will of reconciliation and peace, which is possible only if justice will include all.
Only God and his Holy Spirit can reach the heart of man. Only God can grant us a new heart, not a heart of stone but a heart of flesh and blood, a compassionate heart. No one but God can inspire in us feelings of peace. For this reason, the prayer for peace is a weapon which is definitely more powerful than missiles, bombs or grenades; prayer is the real superpower of this world. Jesus teaches us that faith can move mountains. Why should God, while listening to our common prayer, not unlock the complications, and solve the unsolvable -- from a human point of view -- quandary of the Middle East?
The psalm contains a promise for Jerusalem. It is the promise of God who wants peace. He promised the establishment of peace for Jerusalem. We are before the starting point of peace: Jerusalem will engender a universal peace for humankind, for the entire world. We build on this promise, we rely on this promise. For this reason we will pray -- tirelessly -- for the peace of Jerusalem, for the peace of the land that is holy to Jews, Christians and Muslims; the land of promise and peace. For this reason, pray assiduously for reconciliation and peace.