Nouvelles du14-11- 2006
Texte Pris sur le site Zénit

ZF06111407

Elargis ton REGARD jusqu'au "pays" DE L'AUTRE

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Voici aussi le thème de la prochaine Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié pour l’Église catholique de France qui aura lieu le 14 janvier 2007
Si toute personne est une histoire sacrée, chaque chrétien et chaque communauté sont invités à élargir leur regard pour découvrir “le pays de l’autre”, à entrer dans son monde, dans sa vie, dans son histoire, quelle que soit son origine, sa langue, sa religion !

• Informations disponibles à La Pastorale des Migrants – 269 bis, rue du Fb Saint Antoine –
75011 Paris ; téléphone 0143 72 47 21 ; fax 01 46 59 04 89 ; snpm@eglisemigrations.org


Journée mondiale du Migrant 2007 : Message de Benoît XVI

« La famille du migrant »

ROME, Mardi 14 novembre 2006 (ZENIT.org) – Voici le texte du Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale du Mignant 2007 (14 Janvier 2007).


Chers frères et sœurs !

A l’occasion de la prochaine Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés, en contemplant la Sainte Famille de Nazareth, icône de toutes les familles, je voudrais vous inviter à réfléchir sur la condition de la famille migrante. L’évangéliste Matthieu raconte que, peu de temps après la naissance de Jésus, Joseph fut contraint de partir de nuit pour l’Egypte, emmenant avec lui l’enfant et sa mère, afin de fuir la persécution du roi Hérode (cf. Mt 2, 13-15).

En commentant cette page évangélique, mon vénéré Prédécesseur, le Serviteur de Dieu le Pape Pie XII, écrivit en 1952 : « La famille de Nazareth en exil, Jésus, Marie et Joseph émigrés et réfugiés en Egypte, pour se soustraire à l’ire d’un roi impie, sont le modèle, l’exemple et le soutien de tous les migrants et les pèlerins de tous âges et de tous pays, de tous les réfugiés de quelque condition qu’ils soient et qui, harcelés par la persécution ou par le besoin, se voient contraints d’abandonner leur patrie, les chers membres de leur famille, leurs voisins, leurs doux amis, et de se rendre en terre étrangère » (Exsul familia, AAS 44, 1952, 649).

Dans le drame de la Famille de Nazareth, obligée de se réfugier en Egypte, nous entrevoyons la douloureuse condition de tous les migrants, en particulier des réfugiés, des exilés, des dispersés, des déplacés internes et des persécutés. Nous entrevoyons les difficultés de chaque famille de migrants, les privations, les humiliations, les restrictions et la fragilité de millions et de millions de migrants, de déplacés internes et de réfugiés. La Famille de Nazareth reflète l’image de Dieu conservée dans le cœur de chaque famille humaine, bien que défigurée et affaiblie par l’émigration.

Le thème de la prochaine Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés – La famille migrante – se situe dans la continuité avec ceux de 1980, 1986 et 1993, et entend souligner une fois de plus l’engagement de l’Eglise en faveur non seulement de l’individu qui migre, mais aussi de sa famille, lieu et ressource de la culture de la vie et facteur d’intégration des valeurs. Nombreuses sont les difficultés que rencontre la famille du migrant. L’éloignement de ses membres entre eux et l’impossibilité de se réunir sont souvent des occasions de rupture des liens d’origine.

De nouveaux rapports s’instaurent et de nouvelles affections naissent ; on oublie le passé et ses devoirs, soumis à dure épreuve par l’éloignement et la solitude. Si une réelle possibilité d’insertion et de participation n’est pas assurée à la famille immigrée, il devient difficile de prévoir son développement harmonieux. La Convention Internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs immigrés et des membres de leurs familles, entrée en vigueur le 1er juillet 2003, entend protéger les travailleurs et les travailleuses émigrés et les membres de leurs familles respectives. La valeur de la famille est donc également reconnue pour ce qui est de l’émigration, phénomène désormais structurel de nos sociétés.

L’Eglise encourage la ratification des instruments internationaux légaux visant à défendre les droits des migrants, des réfugiés et de leurs familles, et offre, par le biais de ses diverses Institutions et Associations, une advocacy qui devient toujours plus nécessaire. C’est à cette fin qu’ont été ouverts des centres d’écoute des migrants, des maisons pour les accueillir, des bureaux pour les services à rendre aux personnes et aux familles, et que d’autres initiatives ont vu le jour pour répondre aux exigences croissantes en ce domaine.

Beaucoup se fait déjà pour l’intégration des familles des immigrés, même si beaucoup reste encore à faire. Il existe des difficultés effectives liées à certains "mécanismes de défense" de la première génération d’immigrés, qui risquent de constituer un obstacle à une maturation plus profonde des jeunes de la seconde génération.

Voilà pourquoi il devient nécessaire d’adopter des mesures législatives, juridiques et sociales pour faciliter une telle intégration. Ces derniers temps, le nombre de femmes quittant leur pays d’origine, en quête de meilleures conditions de vie, en vue de perspectives professionnelles plus prometteuses, a augmenté. Toutefois, bien des femmes finissent par devenir victimes du trafic d’êtres humains et de la prostitution. En œuvrant à la réunion des familles, les travailleurs sociaux, en particulier les religieuses, peuvent rendre un service de médiation apprécié et toujours davantage valorisé.

Concernant l’intégration des familles des immigrés, je ressens le devoir d’attirer l’attention sur les familles des réfugiés dont les conditions semblent avoir empiré par rapport au passé, notamment en ce qui s’agit la réunion des foyers familiaux. Dans les camps qui leur sont destinés vient parfois s’ajouter, aux difficultés logistiques et aux difficultés personnelles liées aux traumatismes et au stress émotionnel, dus aux tragiques expériences vécues, le risque de l’implication des femmes et des enfants dans l’exploitation sexuelle, comme mécanisme de survie.

Dans ces cas-là, en plus d’une assistance capable d’apaiser les blessures du cœur, une présence pastorale attentive est nécessaire pour offrir un soutien de la part de la communauté chrétienne, capable de rétablir la culture du respect et de faire redécouvrir la véritable valeur de l’amour. Il faut encourager ceux qui sont détruits intérieurement à retrouver la confiance en eux-mêmes. Il faut ensuite œuvrer pour que soient garantis les droits et la dignité des familles et qu’un logement répondant à leurs exigences leur soit assuré. Il faut d’autre part demander aux réfugiés de cultiver une attitude ouverte et positive à l’égard de la société qui les accueille, en conservant une disponibilité active vis-à-vis des propositions de participation visant à construire ensemble une communauté intégrée qui soit la " maison commune " de tous.

Parmi les migrants, une catégorie mérite d’être considérée d’une façon spéciale : celle des étudiants d’autres pays, qui se retrouvent loin de chez eux, sans une connaissance adéquate de la langue, parfois privés d’amitié et disposant souvent de bourses d’études insuffisantes. Leur condition devient plus grave encore lorsqu’il s’agit d’étudiants mariés.

A travers ses Institutions, l’Eglise s’efforce de rendre moins douloureux le manque de soutien familial de ces jeunes étudiants et les aide à s’intégrer dans les villes qui les accueillent, en les mettant en contact avec des familles prêtes à les héberger et à faciliter la connaissance réciproque. Comme j’ai déjà eu l’opportunité de le dire en une autre occasion, venir en aide aux étudiants étrangers « représente pour l’Eglise un domaine d’action pastorale important. En effet, les jeunes qui quittent leur pays en raison de leurs études vont au-devant d’un certain nombre de problèmes et surtout du risque d’une crise d’identité » (L’Osservatore Romano, 15 décembre 2005).

Chers frères et sœurs, puisse la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés devenir une occasion pour sensibiliser les Communautés ecclésiales et l’opinion publique sur les besoins et les problèmes, ainsi que sur les potentialités positives des familles migrantes. Je tourne en particulier ma pensée vers ceux qui sont directement touchés par le vaste phénomène des migrations et vers ceux qui dépensent leurs énergies pastorales au service de la mobilité humaine.

Que la parole de l’apôtre Paul : « caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) les incite à se donner de préférence aux frères et sœurs qui sont davantage dans le besoin. Avec ces sentiments, j’invoque sur chacun l’assistance divine et j’accorde affectueusement à tous une spéciale Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, 18 octobre 2006

BENEDICTUS PP. XVI



site Zenit

Code: ZE06111407

Date: 2006-11-14

Message for World Day of Migrants and Refugees

Theme Focuses on the Family

VATICAN CITY, NOV. 14, 2006 (Zenit.org).- Here is a Vatican translation of Benedict XVI's message for the 93rd World Day of Migrants and Refugees, to be observed Jan. 14. The theme for 2007 is "The Migrant Family."

* * *

Dear Brothers and Sisters!

On the occasion of the coming World Day of Migrants and Refugees, and looking at the Holy Family of Nazareth, icon of all families, I would like to invite you to reflect on the condition of the migrant family. The evangelist Matthew narrates that shortly after the birth of Jesus, Joseph was forced to leave for Egypt by night, taking the child and his mother with him, in order to flee the persecution of king Herod (cf. Mt 2:13-15). Making a comment on this page of the Gospel, my venerable Predecessor, the Servant of God Pope Pius XII, wrote in 1952: "The family of Nazareth in exile, Jesus, Mary and Joseph, emigrants and taking refuge in Egypt to escape the fury of an evil king, are the model, the example and the support of all emigrants and pilgrims of every age and every country, of all refugees of any condition who, compelled by persecution and need, are forced to abandon their homeland, their beloved relatives, their neighbors, their dear friends, and move to a foreign land" ("Exsul familia," AAS 44, 1952, 649). In this misfortune experienced by the Family of Nazareth, obliged to take refuge in Egypt, we can catch a glimpse of the painful condition in which all migrants live, especially, refugees, exiles, evacuees, internally displaced persons, those who are persecuted. We can take a quick look at the difficulties that every migrant family lives through, the hardships and humiliations, the deprivation and fragility of millions and millions of migrants, refugees and internally displaced people. The Family of Nazareth reflects the image of God safeguarded in the heart of every human family, even if disfigured and weakened by emigration.

The theme of the next World Day of Migrants and Refugees -- "The migrant family" -- is in continuity with those of 1980, 1986 and 1993. It intends to underline further the commitment of the Church not only in favor of the individual migrant, but also of his family, which is a place and resource of the culture of life and a factor for the integration of values. The migrant's family meets many difficulties. The distance of its members from one another and unsuccessful reunification often result in breaking the original ties. New relationships are formed and new affections arise. Some migrants forget the past and their duties, as they are subjected to the hard trial of distance and solitude. If the immigrant family is not ensured of a real possibility of inclusion and participation, it is difficult to expect its harmonious development. The International Convention for the protection of the rights of all migrant workers and members of their families, which was enforced on July 1st, 2003, intends to defend men and women migrant workers and the members of their respective families. This means that the value of the family is recognized, also in the sphere of emigration, which is now a structural phenomenon of our societies. The Church encourages the ratification of the international legal instruments that aim to defend the rights of migrants, refugees and their families and, through its various Institutions and Associations, offers its advocacy that is becoming more and more necessary. To this end, it has opened Centers where migrants are listened to, Houses where they are welcomed, Offices for services offered to persons and families, with other initiatives set up to respond to the growing needs in this field.

Much is already being done for the integration of the families of immigrants, although much still remains to be done. There are real difficulties connected with some "defense mechanisms" on the part of the first generation immigrants, which run the risk of becoming an obstacle to the greater maturity of the young people of the second generation. This is why it is necessary to provide for legislative, juridical and social intervention to facilitate such an integration. In recent times, there is an increase in the number of women who leave their countries of origin in search of better conditions of life, in view of more promising professional prospects. However, women who end up as victims of trafficking of human beings and of prostitution are not few in number. In family reunification, social workers, especially religious women, can render an appreciated service of mediation that merits our gratitude more and more.

Regarding the integration of the families of immigrants, I feel it my duty to call your attention to the families of refugees, whose conditions seem to have gone worse in comparison with the past, also specifically regarding the reunification of family nuclei. In the camps assigned to them, in addition to logistic difficulties, and those of a personal character linked to the trauma and emotional stress caused by the tragic experiences they went through, sometimes there is also the risk of women and children being involved in sexual exploitation, as a survival mechanism. In these cases an attentive pastoral presence is necessary. Aside from giving assistance capable of healing the wounds of the heart, pastoral care should also offer the support of the Christian community, able to restore the culture of respect and have the true value of love found again. It is necessary to encourage those who are interiorly-wrecked to recover trust in themselves. Everything must also be done to guarantee the rights and dignity of the families and to assure them housing facilities according to their needs. Refugees are asked to cultivate an open and positive attitude towards their receiving society and maintain an active willingness to accept offers to participate in building together an integrated community that would be a "common household" for all.

Among migrants, there is a category that needs to be considered in a special way: the students from other countries, who are far from home, without an adequate knowledge of the language, at times without friends and often with a scholarship that is insufficient for their needs. Their condition is even worse if they are married. Through its Institutions, the Church exerts every effort to render the absence of family support for these young students less painful. It helps them integrate in the cities that receive them, by putting them in contact with families that are willing to offer them hospitality and facilitate knowing one another. As I had the opportunity to say on another occasion, helping foreign students is "an important field of pastoral action… Indeed, young people who leave their own country in order to study encounter many problems and especially the risk of an identity crisis" (L'Osservatore Romano, 15 December 2005).

Dear Brothers and Sisters, may the World Day of Migrants and Refugees become a useful occasion to build awareness, in the ecclesial community and public opinion, regarding the needs and problems, as well as the positive potentialities of migrant families. My thoughts go in a special way to those who are directly involved in the vast phenomenon of migration, and to those who expend their pastoral energy in the service of human mobility. The words of the apostle Paul, "caritas Christi urget nos" (2 Cor 5:14), urge us to give ourselves preferentially to our brothers and sisters who are most in need. With these sentiments, I invoke divine assistance on each one and I affectionately impart to all a special Apostolic Blessing.

From the Vatican, 18 October 2006

BENEDICTUS PP. XVI