Nouvelles du 30-03- 2007
Texte Pris sur le site Zénith


MESSAGE DU SAINT-PÈRE BENOÎT XVI
POUR LA 41ème JOURNÉE MONDIALE
DES COMMUNICATIONS SOCIALES


Thème: "Les enfants et les moyens de communication social:
un défi pour l'education"

le 20 mai 2007

Chers Frères et Soeurs,

1. Le thème de la quarante et unième Journée mondiale des communications sociales, «les enfants et les médias: un défi pour l'éducation», nous invite à réfléchir sur deux sujets de très grande importance, qui ont un lien entre eux: tout d’abord la formation des enfants; puis le second, peut-être moins évident mais tout aussi important, la formation des médias.

Les défis complexes auxquels l'éducation doit faire face aujourd'hui sont souvent liés à l'influence dominante des médias dans notre monde. En tant qu’élément du phénomène de la mondialisation, les médias, en raison même du développement rapide de la technologie, façonnent profondément l'environnement culturel (cf. Jean-Paul II, Lettre apostolique Le progrès rapide, n. 3). En effet, d’aucuns affirment que l'influence éducative des médias dans la formation rivalise avec celle de l'école, de l'Église, et peut-être aussi avec celle de la famille. "Pour beaucoup, la réalité est ce que les médias reconnaissent comme telle" (Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, Aetatis novae, n. 4).

2. Le lien entre enfants, médias et éducation peut être envisagé sous deux aspects: la formation des enfants par les médias; et la formation des enfants pour avoir une attitude appropriée face aux médias. Une sorte d’interaction apparaît, qui montre la responsabilité des médias en tant qu’industrie et la nécessité d’une participation active et critique des lecteurs, des téléspectateurs et des auditeurs. Dans ce cadre, la formation à une utilisation appropriée des médias est essentielle pour le développement moral, spirituel et culturel des enfants.

Comment le bien commun est-il protégé et promu? Éduquer les enfants à un jugement critique dans l’usage des médias relève de la responsabilité des parents, de l'Église et de l'école. Le rôle des parents est primordial. Il est de leur droit et de leur devoir d’assurer une utilisation prudente des médias, en formant la conscience de leurs enfants à exercer un jugement sain et objectif qui les guidera alors dans le choix ou le rejet des programmes qui sont à leur disposition (cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, n. 76). Pour cela, les parents devraient avoir les encouragements et le soutien des écoles et des paroisses, assurant que ce devoir parental difficile, bien que passionnant, est accompagné par toute la communauté.

L'éducation aux médias devrait être positive. Des enfants exposés à ce qui est excellent sur le plan esthétique et moral reçoivent une aide pour développer leur jugement, leur prudence et leur sens du discernement. Il est aussi important de reconnaître la valeur fondamentale de l'exemple des parents et les avantages de la présentation aux jeunes des classiques de la littérature pour enfants, les beaux-arts et la belle musique. Tandis que la littérature populaire aura toujours sa place dans la culture, la tentation du sensationnalisme ne devrait pas être passivement admise à la place de l'enseignement. La beauté, telle un miroir du divin, inspire et vivifie les coeurs et les esprits des jeunes, alors que la laideur et l’indécence ont un impact avilissant sur les attitudes et les comportements.

Comme l'éducation en général, l'éducation aux médias exige la formation à l'exercice de la liberté. C'est une tâche exigeante. Bien souvent, la liberté est présentée comme la recherche incessante du plaisir ou de nouvelles expériences. C'est encore une condamnation et non une libération ! La vraie liberté ne pourrait jamais condamner l'individu - particulièrement un enfant - à une quête insatiable de nouveauté. À la lumière de la vérité, la liberté authentique s’éprouve comme réponse définitive au «oui» de Dieu à l'humanité, qui nous appelle à choisir, non pas aveuglément mais de manière délibérée, tout ce qui est bon, vrai et beau. C’est alors que les parents, comme gardiens de cette liberté, tout en donnant progressivement à leurs enfants une plus grande liberté, les initient à la joie profonde de la vie (cf. Adresse à la cinquième rencontre mondiale des familles, Valence, 8 juillet 2006).

3. Ce désir sincère des parents et des enseignants de conduire les enfants sur les voies du beau, du vrai et du bien, peut être soutenu par l'industrie des médias seulement dans la mesure où il favorise la dignité humaine fondamentale, la vraie valeur du mariage et de la vie familiale, l’accomplissement positif et les desseins de l'humanité. Ainsi, la nécessité pour les médias de participer à une formation efficace et aux normes morales est considérée avec un intérêt particulier et même comme une urgence non seulement par les parents et les enseignants mais aussi par toutes les personnes qui ont un sens de leur responsabilité civique.

Tout en étant assurés que beaucoup de personnes engagées dans les communications sociales veulent agir de manière droite (cf. Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, Éthique dans les communications, n. 4), nous devons également reconnaître que les personnes qui travaillent dans ce domaine sont confrontées à des «pressions psychologiques spéciales et à des dilemmes moraux» (Aetatis Novae, n. 19), ce qui, en raison de la compétitivité commerciale, conduit parfois les professionnels de la communication à baisser le niveau. Toute tendance à réaliser des programmes et des productions - y compris des films et des jeux vidéo - qui, au nom du divertissement, exaltent la violence et qui dépeignent un comportement antisocial ou qui avilissent de la sexualité humaine, constitue une perversion, perversion d’autant plus répugnante quand ces programmes s’adressent à des enfants et à des adolescents. Comment pourrait-on expliquer ce ‘divertissement’ aux innombrables jeunes innocents qui souffrent réellement de la violence, de l'exploitation et des abus? À cet égard, tous feraient bien de réfléchir sur le contraste entre le Christ qui «embrassait les enfants et les bénissait en leur imposant les mains» (Mc 10, 16) et l’individu qui entraîne au péché un seul de ces petits, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache au cou une meule de moulin (cf. Lc 17, 2). Je lance un nouvel appel aux responsables de l'industrie des médias pour former et encourager les producteurs à sauvegarder le bien commun, à défendre la vérité, à protéger la dignité humaine individuelle et à promouvoir le respect des besoins de la famille.

4. L'Église elle-même, à la lumière du message du salut qui lui a été confié, est aussi pédagogue de l'humanité et elle ne manque pas de prêter son concours aux parents, aux éducateurs, aux professionnels de la communication, et aux jeunes. Ses propres programmes, dans les paroisses et les écoles, devraient être mis en avant pour l’éducation aux médias aujourd'hui. Avant tout, l'Église désire partager une vision de la dignité humaine qui est au coeur de toute saine communication humaine. «Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires: je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin» (Deus caritas est, n. 18).

Du Vatican, 24 janvier 2007, fête de Saint François de Sales.

BENEDICTUS PP. XVI


site Zenith


Date: 2007-03-30

MESSAGE OF THE HOLY FATHER BENEDICT XVI
FOR THE 41st WORLD COMMUNICATIONS DAY
2007

* * *

The Media: "Children and the Media:
A Challenge for Education"

Dear Brothers and Sisters,

1. The theme of the Forty-first World Communications Day, "Children and the Media: A Challenge for Education", invites us to reflect on two related topics of immense importance. The formation of children is one. The other, perhaps less obvious but no less important, is the formation of the media.

The complex challenges facing education today are often linked to the pervasive influence of the media in our world. As an aspect of the phenomenon of globalization, and facilitated by the rapid development of technology, the media profoundly shape the cultural environment (cf. Pope John Paul II, Apostolic Letter The Rapid Development, 3). Indeed, some claim that the formative influence of the media rivals that of the school, the Church, and maybe even the home. “Reality, for many, is what the media recognize as real" (Pontifical Council for Social Communications, Aetatis Novae, 4).

2. The relationship of children, media, and education can be considered from two perspectives: the formation of children by the media; and the formation of children to respond appropriately to the media. A kind of reciprocity emerges which points to the responsibilities of the media as an industry and to the need for active and critical participation of readers, viewers and listeners. Within this framework, training in the proper use of the media is essential for the cultural, moral and spiritual development of children.

How is this common good to be protected and promoted? Educating children to be discriminating in their use of the media is a responsibility of parents, Church, and school. The role of parents is of primary importance. They have a right and duty to ensure the prudent use of the media by training the conscience of their children to express sound and objective judgments which will then guide them in choosing or rejecting programmes available (cf. Pope John Paul II, Apostolic Exhortation Familiaris Consortio, 76). In doing so, parents should have the encouragement and assistance of schools and parishes in ensuring that this difficult, though satisfying, aspect of parenting is supported by the wider community.

Media education should be positive. Children exposed to what is aesthetically and morally excellent are helped to develop appreciation, prudence and the skills of discernment. Here it is important to recognize the fundamental value of parents’ example and the benefits of introducing young people to children's classics in literature, to the fine arts and to uplifting music. While popular literature will always have its place in culture, the temptation to sensationalize should not be passively accepted in places of learning. Beauty, a kind of mirror of the divine, inspires and vivifies young hearts and minds, while ugliness and coarseness have a depressing impact on attitudes and behaviour.

Like education in general, media education requires formation in the exercise of freedom. This is a demanding task. So often freedom is presented as a relentless search for pleasure or new experiences. Yet this is a condemnation not a liberation! True freedom could never condemn the individual – especially a child – to an insatiable quest for novelty. In the light of truth, authentic freedom is experienced as a definitive response to God’s ‘yes’ to humanity, calling us to choose, not indiscriminately but deliberately, all that is good, true and beautiful. Parents, then, as the guardians of that freedom, while gradually giving their children greater freedom, introduce them to the profound joy of life (cf. Address to the Fifth World Meeting of Families, Valencia, 8 July 2006).

3. This heartfelt wish of parents and teachers to educate children in the ways of beauty, truth and goodness can be supported by the media industry only to the extent that it promotes fundamental human dignity, the true value of marriage and family life, and the positive achievements and goals of humanity. Thus, the need for the media to be committed to effective formation and ethical standards is viewed with particular interest and even urgency not only by parents and teachers but by all who have a sense of civic responsibility.

While affirming the belief that many people involved in social communications want to do what is right (cf. Pontifical Council for Social Communications, Ethics in Communications, 4), we must also recognize that those who work in this field confront "special psychological pressures and ethical dilemmas" (Aetatis Novae, 19) which at times see commercial competitiveness compelling communicators to lower standards. Any trend to produce programmes and products - including animated films and video games - which in the name of entertainment exalt violence and portray anti-social behaviour or the trivialization of human sexuality is a perversion, all the more repulsive when these programmes are directed at children and adolescents. How could one explain this ‘entertainment’ to the countless innocent young people who actually suffer violence, exploitation and abuse? In this regard, all would do well to reflect on the contrast between Christ who “put his arms around [the children] laid his hands on them and gave them his blessing” (Mk 10:16) and the one who “leads astray … these little ones” for whom "it would be better … if a millstone were hung round his neck" (Lk 17:2). Again I appeal to the leaders of the media industry to educate and encourage producers to safeguard the common good, to uphold the truth, to protect individual human dignity and promote respect for the needs of the family.

4. The Church herself, in the light of the message of salvation entrusted to her, is also a teacher of humanity and welcomes the opportunity to offer assistance to parents, educators, communicators, and young people. Her own parish and school programmes should be in the forefront of media education today. Above all, the Church desires to share a vision of human dignity that is central to all worthy human communication. "Seeing with the eyes of Christ, I can give to others much more than their outward necessities; I can give them the look of love which they crave" (Deus Caritas Est, 18).

From the Vatican, 24 January 2007, the Feast of Saint Francis de Sales.

BENEDICTUS XVI