Nouvelles du 25-10- 2008
Texte Pris sur le site Zénith


Texte intégral du Message du synode sur la Parole de Dieu

ROME, Vendredi 24 octobre 2008 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral du Message du synode sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l'Eglise, approuvé ce vendredi, par les pères synodaux, au terme de la XIIe Assemblée générale ordinaire du synode des évêques.

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Aux frères et sœurs, «paix, ainsi que charité et foi, de la part de Dieu le Père et de Jésus-Christ le Seigneur. Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ d'un amour incorruptible». C'est par cette salutation intense et passionnée que saint Paul concluait sa lettre aux chrétiens d'Éphèse (6, 23-24). C'est par ces mêmes mots que nous, Pères synodaux réunis à Rome pour la XIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sous la conduite du Saint-Père Benoît XVI, ouvrons notre message adressé à l'immense horizon de tous ceux qui, dans les diverses régions du monde, suivent le Christ en disciples et continuent de l'aimer d'un amour incorruptible.

Nous leur proposerons, de nouveau, la voix et la lumière de la Parole de Dieu, répétant l'antique appel: «Elle est tout près de toi, la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique» (Dt 30, 14). Et Dieu lui-même nous dira à chacun: «Fils d'homme, toutes les paroles que je te dis, reçois-les dans ton cœur, écoute de toutes tes oreilles» (Ez 3,10). A tous, nous proposons à présent un voyage spirituel qui se déroulera en quatre étapes et qui, de l'éternité et de l'infinité de Dieu, nous conduira jusqu'en nos maisons et le long des rues de nos cités.

I. LA VOIX DE LA PAROLE: LA RÉVÉLATION

1. «Le Seigneur vous parla alors du milieu du feu; vous entendiez le son des paroles, mais vous n'aperceviez aucune forme, rien qu'une voix!» (Dt 4, 12). C'est Moïse qui parle, évoquant l'expérience vécue par Israël, dans l'âpre solitude du désert du Sinaï. Là, le Seigneur s'était présenté non comme une image ou une effigie, ou une statue semblable au veau d'or, mais comme un «son de paroles». C'est une voix qui était entrée en scène aux débuts mêmes de la création, lorsqu'elle avait déchiré le silence du néant: «Au commencement... Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut... Au commencement était le Verbe... et le Verbe était Dieu... Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut» (Gn 1, 1.3; Jn 1, 1.3).
Le créé ne naît pas d'une lutte entre dieux, comme l'enseignait l'antique mythologie mésopotamienne, mais d'une parole qui vainc le néant et crée l'être. Le Psalmiste chante: «Par la parole du Seigneur, les cieux ont été faits, par le souffle de sa bouche, toute leur armée;... Il parle et cela est, il commande et cela existe» (Ps 33, 6.9). Et saint Paul répétera: «Dieu donne la vie aux morts et appelle le néant à l'existence» (Rm 4, 17). Nous avons ainsi une première révélation«cosmique» qui rend tout le créé semblable à une immense page ouverte devant l'humanité tout entière qui, en elle, peut lire le message du Créateur: «Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'œuvre de ses mains, le firmament l'annonce; le jour au jour en publie le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance. Non point récit, non point langage, nulle voix qu'on puisse entendre, mais pour toute la terre se diffuse leur annonce, et s'en va leur message aux limites du monde» (Ps19, 2-5).

2. La parole divine est également à l'origine de l'histoire humaine. L'homme et la femme, qui sont «à l'image et à la ressemblance de Dieu» (Gn 1, 27) et qui, de fait, portent en eux l'empreinte divine, peuvent entrer en dialogue avec leur Créateur ou peuvent s'éloigner de lui, le repoussant par le péché. La parole de Dieu, alors, sauve et juge, et pénètre la trame de l'histoire tissée de faits et d'événements: «J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J'ai entendu son cri... oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste» (Ex 3, 7-8). Il y a donc une présence divine dans les événements humains qui, à travers l'action du Seigneur de l'histoire, sont inscrits dans un dessein plus élevé de salut, pour que «tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1 Tm 2,4).

3. La parole divine, efficace, créatrice et salvatrice est donc à l'origine de l'être et de l'histoire, de la création et de la rédemption. Le Seigneur vient à la rencontre de l'humanité, proclamant: «J'ai parlé et je fais!» (Ez 37,14). Mais il est encore une étape que la voix divine franchit: c'est celle de la parole écrite, la Graphé ou les Graphaí, les Écritures sacrées, comme il nous est dit dans le Nouveau Testament. Déjà, Moïse était descendu du sommet du Sinaï tenant «en main les deux tables du Témoignage, tables écrites des deux côtés, écrites sur l'une et l'autre face. Les tables étaient l'œuvre de Dieu et l'écriture était celle de Dieu» (Ex 32,15-16). Et Moïse imposa à Israël de conserver et de recopier ces «tables du Témoignage»: «Tu écriras sur ces pierres toutes les paroles de cette Loi: grave-les bien» (Dt 27,8).
Les Saintes Écritures sont le «témoignage», sous forme écrite, de la parole divine, elles sont le mémorial canonique, historique et littéraire qui atteste l'événement de la Révélation créatrice et salvatrice. La Parole de Dieu précède donc et dépasse la Bible, qui n'en reste pas moins «inspirée par Dieu» et qui contient la Parole divine efficace (cf. 2 Tm 3,16). C'est pour cette raison que notre foi n'a pas en son centre uniquement un livre, mais une histoire de salut et, comme nous le verrons, une Personne, Jésus-Christ, Parole de Dieu faite chair, homme et histoire. C'est justement parce que l'horizon de la Parole divine embrasse et s'étend au-delà de l'Écriture qu'est nécessaire la constante présence de l'Esprit Saint qui «conduit à la vérité toute entière» (Jn 16, 13) celui qui lit la Bible. Telle est la grande Tradition, présence efficace de l'«Esprit de vérité» dans l'Église, gardienne des Saintes Écritures, authentiquement interprétées par le Magistère ecclésial. Avec la Tradition, on parvient à la compréhension, à l'interprétation, à la communication et au témoignage de la Parole de Dieu. Saint Paul lui-même, proclamant le premier Credo chrétien, affirmera «transmettre» ce qu'il «a reçu» de la Tradition (1 Co 15, 3-5).

II. LE VISAGE DE LA PAROLE: JÉSUS-CHRIST
4. Dans l'original grec, il n'y a que trois mots fondamentaux: Lógos sarx eghéneto, «le Verbe/Parole se fit chair». C'est ici le sommet, non seulement de ce joyau poétique et théologique qu'est le Prologue de l'Évangile de Jean (1, 14), mais aussi le cœur même de la foi chrétienne. La Parole éternelle et divine entre dans l'espace et dans le temps, prend un visage et assume une identité humaine, tant et si bien qu'il est possible de s'en approcher directement en demandant, comme le fit ce groupe de Grecs présents à Jérusalem: «Nous voulons voir Jésus» (Jn 12, 20-21). Les paroles sans un visage ne sont pas parfaites, parce qu'elles n'accomplissent pas en plénitude la rencontre, comme le rappelait Job, arrivé au terme du drame de son itinéraire de recherche: «Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu» (42, 5).
Le Christ est «le Verbe qui est avec Dieu et qui est Dieu», il est «l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature» (Col 1, 15); mais il est aussi Jésus de Nazareth qui parcourt les rues d'une province en marge de l'empire romain, qui parle une langue locale, qui révèle les traits d'un peuple, le peuple juif, et de sa culture. Le Jésus-Christ réel est, donc, chair fragile et mortelle, il est histoire et humanité, mais il est aussi gloire, divinité, mystère: Celui qui nous a révélé le Dieu que personne, jamais, n'a vu (cf. Jn 1, 18). Et Fils de Dieu, il continue de l'être jusques dans ce cadavre déposé au sépulcre, et la résurrection en est l'attestation vivante et efficace.

5. Or la tradition chrétienne a souvent mis en parallèle la Parole divine qui se fait chair avec cette même Parole qui se fait livre. C'est ce qui transparaît déjà dans le Credo lorsque nous professons que le Fils de Dieu «a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie», et que l'on confesse également la foi en ce même «Esprit Saint qui a parlé par les prophètes». Le Concile Vatican II recueille cette antique tradition selon laquelle «le corps du Fils est l'Écriture qui nous est transmise» - comme l'affirme saint Ambroise (In Lucam VI, 33) - et déclare clairement: «Les paroles de Dieu, en effet, exprimées en des langues humaines, se sont faites semblables au langage des hommes, tout comme autrefois le Verbe du Père éternel, ayant assumé les faiblesses de la nature humaine, se fit semblable aux hommes» (DV 13).
La Bible est, de fait, elle aussi «chair», «lettre»; elle s'exprime dans des langues particulières, dans des formes littéraires et historiques, dans des conceptions liées à une culture antique; elle conserve la mémoire d'événements souvent tragiques, ses pages sont souvent traversées de sang et de violence; en son intérieur résonne le rire de l'humanité, et coulent les larmes, tout comme s'y élèvent la prière des malheureux et la joie des amoureux. Cette dimension «charnelle» fait qu'elle nécessite une analyse historique et littéraire, qui s'actualise à travers les diverses méthodes et approches offertes par l'exégèse biblique. Tout lecteur des Saintes Écritures, même le plus simple, doit avoir une certaine connaissance du texte sacré, se rappelant que la Parole est revêtue de paroles concrètes auxquelles elle se plie et s'adapte pour être audible et compréhensible par l'humanité.
C'est une tâche nécessaire: si on l'exclut, on peut tomber dans le fondamentalisme qui, concrètement, nie l'incarnation de la Parole divine dans l'histoire, et ne reconnaît pas que cette Parole s'exprime dans la Bible selon un langage humain, qui doit être déchiffré, étudié et compris, et ignore que l'inspiration divine n'a pas effacé l'identité historique et la personnalité propre des auteurs humains. Mais la Bible est aussi Verbe éternel et divin, et c'est pourquoi elle exige une compréhension autre, donnée par l'Esprit Saint qui dévoile la dimension transcendante de la parole divine, présente dans les paroles humaines.

6. D'où la nécessité de la «Tradition vivante de l'Église tout entière» (DV 12) et de la foi pour comprendre de manière unifiée et pleine les Saintes Écritures. Si l'on s'arrête à la «lettre» seule, la Bible demeure uniquement un solennel document du passé, un noble témoignage éthique et culturel. Si, par ailleurs, on exclut l'incarnation, on peut tomber dans l'équivoque fondamentaliste ou dans un vague spiritualisme ou psychologisme. La connaissance exégétique doit, en conséquence, s'insérer de manière indissoluble dans la tradition spirituelle et théologique pour que ne soit pas brisée l'unité divine et humaine de Jésus-Christ et des Écritures.
Dans cette harmonie retrouvée, le visage du Christ resplendira dans toute sa plénitude et nous aidera à découvrir une autre unité, celle plus profonde et intime des Saintes Écritures, leur être, composées bien sûr de 73 livres, mais insérés en un seul «Canon», en un seul dialogue entre Dieu et l'humanité, en un dessein unique de salut. «Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils» (He 1, 1-2). Le Christ projette, de la sorte, sa lumière rétrospectivement sur toute la trame de l'histoire du salutet en révèle la cohérence, la signification, le sens.
Il est le sceau, «l'alpha et l'oméga» (Ap 1, 8) d'un dialogue entre Dieu et ses créatures prolongé dans le temps et attesté dans la Bible. C'est à la lumière de ce sceau final qu'acquièrent leur «sens plénier» les paroles de Moïse et des prophètes, selon ce qu'avait dit Jésus lui-même, par cet après-midi d'un jour de printemps, alors qu'il cheminait de Jérusalem vers le village d'Emmaüs, dialoguant avec Cléophas et son ami, et qu'il interpréta pour eux, «dans toutes les Écritures ce qui le concernait» (Lc 24, 27).
C'est précisément parce qu'au cœur de la Révélation, il y a la Parole divine devenue visage, que la visée ultime de la connaissance de la Bible ce n'est pas dans «une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive» (Deus caritas est, 1).

III. LA MAISON DE LA PAROLE: L'ÉGLISE

Comme la sagesse divine dans l'Ancien Testament a bâti sa maison dans la cité des hommes et des femmes la faisant reposer sur sept colonnes (cf. Pr 9, 1), ainsi la Parole de Dieu a sa maison dans le Nouveau Testament: c'est l'Église qui a son modèle dans la communauté-mère de Jérusalem, l'Eglise fondée sur Pierre et sur les Apôtres et qui aujourd'hui, par les évêques en communion avec le Successeur de Pierre, continue d'être gardienne, annonciatrice et interprète de la Parole (cf. LG 13). Luc, dans les Actes des Apôtres (2, 42), en trace l'architecture fondée sur quatre colonnes idéales: «Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et dans les prières».

7. C'est, tout d'abord, la didaché apostolique, à savoir la prédication de la Parole de Dieu. L'apôtre Paul, à cet effet, nous avertit que «la foi naît de l'écoute, et l'écoute se rapporte à la parole du Christ» (Rm 10,17). De l'Église provient la voix du héraut qui propose à tous le kérygme, c'est-à-dire l'annonce première et fondamentale que Jésus avait lui-même proclamée aux débuts de son ministère public: «Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche: repentez-vous et croyez à l'Évangile» (Mc 1,15). Les apôtres annoncent l'inauguration du royaume de Dieu, et donc l'intervention décisive de Dieu dans l'histoire humaine, proclamant la mort et la résurrection du Christ: «Car il n'y a pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes, par lequel nous devions être sauvés» (Ac 4, 12). Le chrétien rend témoignage de cette espérance avec « douceur et respect, en possession d'une bonne conscience», prompt aussi à s'impliquer, voire à être emporté par la tempête du refus et de la persécution, conscient que «mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, qu'en faisant le mal» (1 P 3,16-17).
Dans l'Église résonne ensuite la catéchèse, destinée à approfondir chez le chrétien «l'intelligence du mystère du Christ à la lumière de la Parole, afin que l'homme tout entier soit imprégné par elle» (Jean-Paul II, Catechesi tradendae, 20). Mais le point culminant de la prédication réside dans l'homélie qui, aujourd'hui encore, est pour de nombreux chrétiens le moment capital de la rencontre avec la Parole de Dieu. Dans cet acte, le ministre devrait se transformer également en prophète. En effet, par un langage net, incisif et substantiel, il doit avec autorité «annoncer les œuvres admirables de Dieu dans l'histoire du salut» (SC 35) qui sont offertes, avant tout, au travers d'une lecture claire et vivante du texte biblique proposé par la liturgie. Et il doit également actualiser ces œuvres selon les temps et moments vécus par ceux qui écoutent, et susciter dans le cœur des auditeurs la demande de conversion et d'engagement vital: «Que devons-nous faire?» (Ac 2, 37).
Annonce, catéchèse et homélie supposent donc lecture et compréhension, explication et interprétation: une implication de l'esprit et du cœur. Ainsi, dans la prédication, s'accomplit un double mouvement. Le premier remonte aux racines des textes sacrés, des événements, des récits qui ont engendré l'histoire du salut, pour les comprendre dans leur signification et leur message. Le second mouvement redescend au présent, au vécu de celui qui écoute et qui lit, toujours à la lumière du Christ, fil lumineux qui unit les Écritures. Ce double mouvement, Jésus lui-même l'avait fait - comme nous l'avons déjà évoqué - sur le chemin conduisant de Jérusalem à Emmaüs, en compagnie de deux de ses disciples. C'est aussi ce que fera le diacre Philippe sur la route qui mène de Jérusalem à Gaza, lorsqu'il entamera ce dialogue emblématique avec le fonctionnaire éthiopien: «Comprends-tu donc ce que tu lis?... Et comment le pourrais-je, si personne ne me guide?» (Ac 8, 30-31). L'aboutissement en sera la rencontre plénière avec le Christ dans le sacrement. Ainsi se présente la deuxième colonne qui soutient l'Église, maison de la Parole divine.

8. Venons-en à la fraction du pain. La scène d'Emmaüs (cf. Lc 24, 13-35), une fois encore exemplaire, se reproduit quand, tous les jours au sein de nos églises, à la table, la fraction du pain eucharistique succède à l'homélie de Jésus sur Moïse et les prophètes. C'est là le moment du dialogue intime de Dieu avec son peuple; c'est l'acte de la nouvelle Alliance scellée dans le sang du Christ (cf. Lc 22, 20); c'est l'œuvre suprême du Verbe qui s'offre en nourriture par son corps immolé; c'est la source et le sommet de la vie et de la mission de l'Eglise. La narration évangélique de la dernière Cène, mémorial du sacrifice du Christ, devient événement et sacrement lorsqu'elle est proclamée dans la célébration eucharistique, dans l'invocation de l'Esprit Saint. C'est pour cette raison que le Concile Vatican II, dans un passage particulièrement dense, déclarait: «L'Église a toujours témoigné son respect à l'égard des Écritures, tout comme à l'égard du Corps du Seigneur lui-même, puisque, surtout dans la Sainte Liturgie, elle ne cesse de prendre le pain de vie et de le présenter aux fidèles, à la table de la Parole de Dieu comme à celle du Corps du Christ» (DV 21). Il conviendra donc de replacer au centre de la vie chrétienne «la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique, unies si fortement entre elles jusqu'à ne former qu'un seul acte de culte» (SC 56).

9. Le troisième pilier de l'édifice spirituel de l'Église, maison de la Parole, est constitué des prières, composées - comme le rappelait saint Paul - de «psaumes, hymnes, cantiques inspirés» (Col 3, 16). Une place privilégiée est naturellement occupée par la Liturgie des Heures, la prière de l'Église par excellence, destinée à rythmer les jours et les temps de l'année chrétienne, en offrant, surtout avec le Psautier, la nourriture quotidienne spirituelle au fidèle. Outre la liturgie des Heures et les célébrations communautaires de la Parole, la tradition a introduit la pratique de la Lectio divina, lecture priante dans l'Esprit Saint, capable d'ouvrir au fidèle le trésor de la Parole de Dieu, et par là de créer la rencontre avec le Christ, Parole divine vivante.Cette Lectio divina s'ouvre par la lecture (lectio) du texte qui provoque une question portant sur la connaissance authentique de son contenu réel: que dit le texte biblique en soi? S'en suit la méditation (meditatio) qui pose la question suivante: que nous dit le texte biblique? L'on arrive ainsi à la prière (oratio) qui suppose cette autre demande: que disons-nous au Seigneur en réponse à sa parole? Et on termine par la contemplation (contemplatio), au cours de laquelle nous assumons comme un don de Dieu son propre regard de jugement qu'il porte sur la réalité, et nous nous demandons: quelle conversion de l'esprit, du cœur et de la vie le Seigneur nous demande-t-il?
Face au «lecteur-orant» de la Parole de Dieu, se profile l'idéal de la figure de Marie, la mère du Seigneur, qui «conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur» (Lc 2, 19; cf. 2, 51), c'est-à-dire - comme le dit le texte original grec - en trouvant le nœud profond qui unit les événements, les actes et les choses, apparemment disjoints, dans le grand dessein de Dieu. On peut aussi présenter aux yeux du fidèle qui lit la Bible, l'attitude de Marie, sœur de Marthe, qui s'assit aux pieds du Seigneur, à l'écoute de sa parole, empêchant que les agitations extérieures n'absorbent totalement son âme, jusqu'à occuper l'espace libre pour «la meilleure part» qui ne doit pas nous être enlevée (cf. Lc 10, 38-42).

10. Nous voici, enfin, devant la dernière colonne qui soutient l'Église, maison de la Parole: la koinonía, la communion fraternelle, autre nom de l'agápe, c'est-à-dire de l'amour chrétien. Comme Jésus le rappelait, pour devenir ses frères et ses sœurs, il faut être de «ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique» (Lc 8, 21). Écouter authentiquement, c'est: obéir et œuvrer; faire naître dans la vie la justice et l'amour; offrir dans l'existence et dans la société, un témoignage conforme à l'appel des prophètes - qui unissait sans cesse parole de Dieu et vie, foi et rectitude, culte et engagement social. C'est ce qu'a répété à maintes reprises Jésus, après ce fameux avertissement du Sermon sur la montagne: «Ce n'est pas en me disant: ?Seigneur, Seigneur', qu'on entrera dans le Royaume des Cieux» (Mt 7, 21). Cette phrase semble faire écho à la parole divine proposée par Isaïe: «Ce peuple est près de moi en paroles et m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi» (29, 13). Ces avertissements concernent aussi les Eglises lorsqu'elles ne sont pas fidèles à l'écoute obéissante de la Parole de Dieu.
Elle doit donc être déjà visible et lisible sur le visage et dans les mains mêmes du croyant, comme le suggérait saint Grégoire le Grand qui voyait en saint Benoît, et dans les autres grands hommes de Dieu, témoins de communion avec Dieu et leurs frères, la Parole de Dieu devenue vie. L'homme juste et fidèle explique non seulement les Écritures, mais encore il les déploie devant tous comme une réalité vivante et vécue. C'est pour cela que viva lectio, vita bonorum: la vie des hommes bons est une lecture/leçon vivante de la parole divine. Saint Jean Chrysostome avait déjà observé que les Apôtres descendirent du mont de Galilée, où ils avaient rencontré le Ressuscité, sans nulle table de pierre écrite, comme il en avait été pour Moïse: comme si, à partir de ce moment-là, leur propre vie était devenue l'Évangile vivant.
Dans la maison de la Parole, nous rencontrons aussi les frères et sœurs des autres Églises et communautés ecclésiales qui, malgré les séparations encore existantes, partagent avec nous la vénération et l'amour de la Parole de Dieu, principe et source d'une première et réelle unité, bien que non encore plénière. Ce lien doit toujours être renforcé par les traductions bibliques communes, la diffusion du texte sacré, la prière biblique œcuménique, le dialogue exégétique, l'étude et la confrontation des différentes interprétations des Saintes Écritures, l'échange des valeurs inhérentes aux différentes traditions spirituelles, l'annonce et le témoignage communs de la Parole de Dieu dans un monde sécularisé.

IV. LES CHEMINS DE LA PAROLE: LA MISSION
«De Sion vient la Loi et de Jérusalem la parole du Seigneur» (Is 2,3). La parole de Dieu personnifiée «sort» de sa maison, le temple, et chemine le long des routes du monde afin de rencontrer le grand pèlerinage que les peuples de la terre ont entrepris à la recherche de la vérité, de la justice et de la paix. Et de fait, dans la ville moderne sécularisée, sur ses places et dans ses rues - où semblent dominer l'incrédulité et l'indifférence, où le mal semble prévaloir sur le bien, laissant croire en la victoire de Babylone sur Jérusalem - il y a comme un souffle caché, une espérance en germe, un frémissement d'attente. Comme nous lisons dans le livre du prophète Amos: «Voici venir des jours où j'enverrai la faim dans le pays, non pas une faim de pain, non pas une soif d'eau, mais d'entendre la parole du Seigneur» (8, 11). C'est à cette faim que veut répondre la mission évangélisatrice de l'Église.
Le Christ ressuscité, aux Apôtres encore hésitants, lance l'appel à sortir des confins protégés de leur horizon: «Allez de toutes les nations faites donc des disciples... leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit» (Mt 28, 19-20). Toute la Bible est traversée d'appels à «ne pas se taire», à «crier avec force», à «annoncer la parole à temps et à contretemps», à être des sentinelles déchirant le silence de l'indifférence. Les routes qui s'ouvrent à nous aujourd'hui ne sont plus seulement celles sur lesquelles marchaient saint Paul ou les premiers évangélisateurs et, après eux, tous les missionnaires qui s'avancent vers les peuples en des terres lointaines.

11. La communication, de nos jours, s'étend en un réseau qui enveloppe le globe en son entier. Et l'appel du Christ acquiert une nouvelle résonnance: «Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour, et ce que je vous dis au creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits» (Mt 10, 27). Si la parole sacrée doit, certes, conserver sa première visibilité et diffusion, au moyen du texte imprimé - par des traductions faites dans la grande variété des langues de notre planète -, la voix de la parole divine doit également résonner à travers la radio, les canaux Internet de diffusion virtuelle en ligne, les CD, les DVD, les podcasts et ainsi de suite; elle doit apparaître sur les écrans de télévision et de cinéma, dans la presse, au sein des événements culturels et sociaux.
Cette nouvelle forme de communication, par rapport à la manière traditionnelle, a adopté sa propre grammaire d'expression spécifique et il nous faut donc être équipés, non seulement techniquement, mais aussi culturellement pour cette entreprise. En un temps dominé par l'image, véhiculée par ce moyen prédominant de communication qu'est la télévision, le modèle privilégié par le Christ est encore aujourd'hui significatif et suggestif: il avait recours au symbole, à la narration, à l'exemple, à l'expérience quotidienne, à la parabole. «Il leur parla de beaucoup de choses en paraboles... et il ne disait rien aux foules sans parabole» (Mt 13, 3. 34). Dans l'annonce du royaume de Dieu, les mots de Jésus ne passaient jamais au-dessus des têtes de ses interlocuteurs par l'utilisation d'un langage vague, abstrait et éthéré; au contraire, il conquerrait son auditoire en partant précisément du sol sur lequel leurs pieds étaient plantés pour les conduire de leur quotidien à la révélation du royaume des cieux. Significative, en l'occurrence, cette scène qu'évoque saint Jean: «Certains d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta sur lui les mains. Les gardes revinrent donc trouver les prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent: «Pourquoi ne l'avez-vous pas amené?» Les gardes répondirent: «Jamais homme n'a parlé comme cela!» (7, 44-46).

12. Le Christ s'avance le long des voies de nos cités et fait halte sur le seuil de nos maisons: «Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi» (Ap 3, 20). La famille, dont les murs domestiques renferment les joies et les drames, est un espace fondamental dans lequel doit entrer la Parole de Dieu. Toute la Bible est jalonnée de petites et de grandes histoires familiales et le Psalmiste dépeint avec vivacité le cadre serein d'un père assis à table, entouré de son épouse, semblable à une vigne féconde, et de ses enfants «plants d'olivier» (Ps 128). Les chrétiens des premiers temps célébraient eux aussi la liturgie au sein d'une demeure familiale, tout comme Israël confiait à la famille la célébration de la Pâque (cf. Ex 12, 21-27). La transmission de la Parole de Dieu se fait justement à travers la lignée des générations, ce qui fait que les parents deviennent «les premiers à faire connaître la foi» (LG 11). Le Psalmiste rappelait encore que: «Nous l'avons entendu et connu, nos pères nous l'ont raconté; nous ne le tairons pas à leurs enfants, nous le raconterons à la génération qui vient les titres du Seigneur et sa puissance, ses merveilles telles qu'il les fit; ...que la génération qui vient le connaisse, les enfants qui viendront à naître» (Ps 78, 3-4, 6).
Chaque foyer devra donc avoir sa Bible, la garder avec soin, la lire et prier avec elle; la famille devra proposer des formes et des modèles d'éducation orante, catéchétique et didactique sur l'usage des Écritures, afin que les «jeunes hommes, et jeunes filles, les vieillards avec les enfants!» (Ps 148, 12) écoutent, comprennent, louent et vivent la Parole de Dieu. En particulier, les nouvelles générations, les enfants et les jeunes, devront être destinataires d'une pédagogie appropriée et spécifique qui les conduise à éprouver la fascination de la figure du Christ, ouvrant la porte de leur intelligence et de leur cœur, y compris par la rencontre et le témoignage authentique des adultes, de l'influence positive des amis et de la grande compagnie de la communauté ecclésiale.

13. Jésus, dans la parabole du semeur, nous rappelle qu'il y a des terrains arides, rocheux, étouffés par les épines (cf. Mt 13, 3-7). Celui qui s'aventure sur les routes du monde découvre également les bas-fonds, foyers de souffrances et de pauvretés, d'humiliations et d'oppressions, d'exclusions et de misères, de maladies physiques, psychiques et de solitudes. Souvent les pierres des chemins sont ensanglantées par les guerres et les violences, et dans les palais du pouvoir, la corruption le dispute à l'injustice. S'élève le cri des persécutés à cause de leur fidélité à leur conscience et à leur foi. Il y a celui qui est saisi d'une crise existentielle, ou dont l'âme est privée d'un sens qui donne signification et valeur à sa vie même. Semblables à «des ombres qui passent , à un souffle qui perd haleine» (Ps 39, 7), beaucoup ressentent même le silence de Dieu peser sur eux, son apparente absence et son indifférence. «Jusques à quand, Seigneur, m'oublieras-tu? Jusqu'à la fin? Jusques à quand me vas-tu cacher ta face?» (Ps 13, 2). Et, finalement, se dresse devant chacun le mystère de la mort.
Cet immense halètement de douleur qui s'élève de la terre vers le ciel est sans cesse représenté dans la Bible, qui propose précisément une foi historique et incarnée. Il suffit seulement de penser aux pages marquées par la violence et l'oppression, au cri âpre et incessant de Job, aux suppliques véhémentes des psaumes, à la crise intérieure subtile qui parcourt l'âme du Qohélet, aux vigoureuses dénonciations prophétiques contre les injustices sociales. Par ailleurs, c'est sans circonstances atténuantes qu'est condamné le péché radical, qui apparaît dans toute sa puissance dévastatrice dès le début de l'humanité dans un texte fondamental de la Genèse (chapitre 3). En effet, le «mystère d'iniquité» est présent et agit dans l'histoire, mais il est dévoilé par la Parole de Dieu qui assure, dans le Christ, la victoire du bien sur le mal.
Mais dans les Écritures, ce qui domine surtout est la figure du Christ qui débute son ministère public par une annonce d'espérance pour les derniers de la terre: «L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, aux aveugles la vue, aux opprimés la liberté, et proclamer une année de grâce du Seigneur» (Lc 4, 18-19). Ses mains se posent à maintes reprises sur les chairs malades ou infectées, ses paroles proclament la justice, donnent courage aux malheureux, et accordent le pardon aux pécheurs. À la fin, lui-même s'approche du niveau le plus bas «se dépouillant lui-même» de sa gloire, «prenant la condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix!» (Ph 2, 7-8).
Ainsi, il éprouve la peur de mourir («Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi!»), il fait l'expérience de la solitude par l'abandon et la trahison de ses amis, il pénètre dans l'obscurité de la plus cruelle douleur physique avec la crucifixion et parvient même jusqu'aux ténèbres du silence du Père («Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?»), atteignant le gouffre ultime de tout homme, celui de la mort («poussant un grand cri, il rendit l'esprit»). C'est vraiment à lui que peut s'appliquer la définition qu'Isaïe réserve au Serviteur du Seigneur: «homme de douleur, familier de la souffrance» (Is 53,3).
Et pourtant, même en ce moment extrême, il ne cesse d'être le Fils de Dieu: dans sa solidarité d'amour et par le sacrifice de lui-même, il dépose, dans la limite et dans le mal de l'humanité une semence de divinité, à savoir un principe de libération et de salut; par le don de soi qu'il nous fait, il éclaire par la rédemption la douleur et la mort qu'il a assumées et vécues, et nous ouvre, à nous aussi, l'aube de la résurrection. Le chrétien a, alors, la mission d'annoncer cette Parole divine d'espérance par son partage avec les pauvres et les souffrants, par le témoignage de sa foi dans le Royaume de vérité et de vie, de sainteté et de grâce, de justice, d'amour et de paix, par sa proximité amoureuse qui ne juge ni ne condamne mais qui soutient, illumine, conforte et pardonne, dans le sillage des paroles du Christ: «Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai» (Mt 11, 28).

14. Sur les chemins du monde, la Parole divine engendre pour nous chrétiens une rencontre intense avec le peuple juif auquel nous sommes intimement liés par la reconnaissance et l'amour communs des Écritures de l'Ancien Testament et parce que d'Israël «le Christ est issu selon la chair» (Rm 9, 5). Toutes les pages sacrées hébraïques éclairent le mystère de Dieu et de l'homme, révèlent des trésors de réflexion et de morale, tracent le long itinéraire de l'histoire du salut jusqu'à son plein accomplissement, illustrent avec vigueur l'incarnation de la parole divine dans les événements humains. Elles nous permettent de comprendre en plénitude la figure du Christ qui avait déclaré: «N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir» (Mt 5, 17), elles constituent des voies de dialogue avec le peuple de l'élection qui a reçu de Dieu «l'adoption filiale, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses» (Rm 9, 14), et nous permettent d'enrichir notre interprétation des Saintes Écritures avec les ressources fécondes de la tradition exégétique juive.
«Béni mon peuple l'Égypte, et Assur l'œuvre de mes mains, et Israël mon héritage» (Is 19, 25). Le Seigneur déploie donc le manteau protecteur de sa bénédiction sur tous les peuples de la terre, désireux que «tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité» (1Tm 2, 4). Nous aussi chrétiens, au long des chemins du monde, nous sommes invités - sans tomber dans le syncrétisme qui confond et humilie l'identité spirituelle propre - à dialoguer respectueusement avec les hommes et les femmes des autres religions qui écoutent et pratiquent fidèlement les indications de leurs livres sacrés, à commencer par l'Islam qui, dans sa tradition, accueille d'innombrables figures, symboles et thèmes bibliques et qui nous offre le témoignage d'une foi sincère au Dieu unique, «compatissant et miséricordieux», Créateur de tout l'être et Juge de l'humanité.
Le chrétien trouve, en outre, des affinités avec les grandes traditions religieuses de l'Orient qui nous enseignent, par leurs textes sacrés, le respect de la vie, la contemplation, le silence, la simplicité, le renoncement, par exemple dans le bouddhisme. Ou qui, comme l'hindouisme, exaltent le sens du sacré, le sacrifice, le pèlerinage, le jeûne, les symboles sacrés. Ou qui, comme le confucianisme, enseignent la sagesse et les valeurs familiales et sociales. Nous voulons également prêter notre attention cordiale aux religions traditionnelles avec leurs valeurs spirituelles exprimées dans des rites et dans les cultures orales et tisser avec elles un dialogue respectueux. Nous devons également travailler avec ceux qui ne croient pas en Dieu mais qui s'efforcent «d'accomplir la justice, d'aimer la bonté et de marcher humblement» (Mi 6, 8) en vue d'un monde plus juste et pacifié et offrir en dialogue notre témoignage authentique de la Parole de Dieu qui peut leur révéler des horizons nouveaux et élevés de vérité et d'amour.

15. Dans sa Lettre aux Artistes (1999), Jean Paul II rappelait que «la Sainte Écriture est devenue ainsi une sorte d'?immense dictionnaire' (P. Claudel) et d'?atlas iconographique' (M. Chagall), où la culture et l'art chrétien ont puisé» (n. 5). Goethe était persuadé que l'Évangile était la «langue maternelle de l'Europe». Comme on dit couramment aujourd'hui, la Bible est le «grand code» de la culture universelle: les artistes ont idéalement trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré d'histoires, de symboles, de figures que sont les pages de la Bible; c'est autour des textes sacrés, et en particulier des psaumes, que les musiciens ont construit leurs harmonies; les écrivains ont, pendant des siècles, repris les antiques narrations qui devenaient des paraboles existentielles; les poètes se sont interrogés sur le mystère de l'esprit, sur l'infini, sur le mal, sur l'amour, sur la mort et sur la vie recueillant souvent les frémissements poétiques qui animaient les pages bibliques; les penseurs, les hommes de sciences et la société elle-même avaient fréquemment comme référence, même par opposition, les conceptions spirituelles et éthiques (que l'on pense par exemple au Décalogue) de la Parole de Dieu. Même lorsque la figure ou l'idée présente dans les Écritures était déformée, elle était reconnue comme indispensable et constitutive de notre civilisation.
C'est pourquoi la Bible - qui nous enseigne également la via pulchritudinis, c'est-à-dire le parcours de la beauté, pour comprendre et parvenir à Dieu («Chantez pour Dieu avec art!» nous invite le Ps 47, 8) - est nécessaire, non seulement au croyant mais à tous, afin de redécouvrir les significations authentiques des différentes expressions culturelles et surtout pour retrouver notre propre identité historique, civile, humaine et spirituelle. En elle, notre grandeur plonge ses racines, et grâce à elle, nous pouvons nous présenter avec un noble patrimoine aux autres civilisations et cultures, sans aucun complexe d'infériorité. La Bible devrait donc être connue de tous et étudiée sous cet extraordinaire profil de beauté et de fécondité humaine et culturelle.
Toutefois, la Parole de Dieu - pour utiliser une image significative de saint Paul - «n'est pas enchaînée» (2 Tm 2, 9) à une culture; au contraire, elle aspire à passer les frontières et justement, l'Apôtre a été un artisan exceptionnel d'inculturation du message biblique dans de nouveaux contextes culturels. C'est ce que l'Église est appelée à faire aujourd'hui aussi, à travers un processus délicat mais nécessaire qui a reçu une forte impulsion du magistère du Pape Benoît XVI. Elle doit faire pénétrer la Parole de Dieu dans la pluralité des cultures et l'exprimer selon leurs langages, leurs conceptions, leurs symboles et leurs traditions religieuses. Elle doit cependant être toujours capable de conserver la véritable substance de ses contenus, surveillant et contrôlant les risques de dégénération.
L'Église doit donc faire briller les valeurs que la Parole de Dieu offre aux autres cultures afin qu'elles en soient purifiées et fécondées. Comme l'avait déclaré Jean-Paul II à l'épiscopat du Kenya, lors de son voyage en Afrique en 1980, «l'inculturation sera réellement un reflet de l'incarnation du Verbe quand une culture transformée et régénérée par l'Évangile, produit dans sa propre tradition des expressions originales de vie, de célébration et de réflexion chrétiennes».

CONCLUSION

«Puis la voix du ciel, que j'avais entendue, me parla de nouveau: ?Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l'Ange debout sur la mer et sur la terre'. Je m'en fus alors prier l'Ange de me donner le petit livre; et lui me dit: ?Tiens, mange-le; il te remplira les entrailles d'amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel'. Je pris le petit livre de la main de l'Ange et l'avalai; dans ma bouche, il avait la douceur du miel, mais quand je l'eus mangé, il remplit mes entrailles d'amertume» (Ap 10, 8-11).
Frères et sœurs du monde entier, accueillons, nous aussi, cette invitation; approchons-nous de la table de la Parole de Dieu, de manière à nous en nourrir et à vivre «non seulement de pain, mais [...] de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» (Dt 8, 3; Mt 4, 4). L'Écriture Sainte - comme l'affirmait une grande figure de la culture chrétienne - «a pourvu de passages pour consoler toutes les conditions, et pour intimider toutes les conditions» (B. Pascal, Pensées, n°532 édition de Brunschvicg).
La Parole de Dieu, en effet, est «douce plus que le miel, que le suc des rayons» (Ps 19, 11), elle est «une lampe sur mes pas, ta parole, une lumière sur ma route» (Ps 119, 105) mais elle est aussi «comme un feu- oracle du Seigneur - N'est-elle pas comme un marteau qui fracasse le roc?» (Jr 23, 29). Elle est comme la pluie qui irrigue la terre, la rend féconde et la fait germer, faisant ainsi fleurir l'aridité de nos déserts spirituels (cf. Is 55, 10-11). Mais «vivante, en effet, est la Parole de Dieu, efficace et plus incisive qu'aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu'au point de division de l'âme et de l'esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du cœur» (He 4, 12).
Notre regard se tourne avec affection vers tous ceux qui étudient, les catéchistes et les autres serviteurs de la Parole de Dieu afin de leur exprimer notre plus intense et cordiale gratitude pour leur service si précieux et si important. Nous nous tournons aussi vers nos frères et nos sœurs persécutés ou mis à mort à cause de la Parole de Dieu et du témoignage qu'ils rendent au Seigneur Jésus (cf. Ap 6, 9): témoins et martyrs qui nous racontent la «force de Dieu» (Rm 1, 16), origine de leur foi, de leur espérance et de leur amour pour Dieu et pour les hommes.
Faisons à présent silence afin d'écouter avec efficacité la Parole du Seigneur et conservons le silence après l'écoute afin que cette Parole puisse continuer à demeurer, à vivre et à nous parler. Faisons-la résonner au début de notre journée afin que Dieu ait le premier mot et laissons-la retentir en nous le soir afin que le dernier mot soit de Dieu.
Chers frères et sœurs, «vous saluent tous ceux qui sont avec nous. Saluez tous ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce soit avec vous tous» (Tt 3, 15).



25-10- 2008
Texte Pris sur le site Zénith

Final Message of Word of God Synod


"Let Us Approach the Table of the Word of God"

VATICAN CITY, OCT. 24, 2008 (Zenit.org).- Here is the concluding message of the 12th Ordinary General Assembly of the Synod of Bishops, which was approved today at the 21st general congregation.

The theme of the assembly was "The Word of God in the Life and Mission of the Church."

* * *

Brothers and sisters,

"May God the Father and the Lord Jesus Christ grant peace, love and faith to all the brothers. May grace be with all who love our Lord Jesus Christ, in life imperishable". With this intense and passionate greeting, Saint Paul concluded his letter to the Christians of Ephesus (6:23-24). With these same words we, the Synod Fathers, gathered in Rome for the XII Ordinary General Assembly of the Synod of Bishops, under the guidance of the Holy Father Benedict XVI, open our message addressed to the vast horizon of all those who, in the various regions of the world, follow Christ as disciples, and continue to love him with an imperishable love.

We will again propose to them the voice and the light of the word of God, repeating the ancient call: "the word is very near to you, it is in your mouth and in your heart for you to put into practice" (Dt 30:14). And God himself will say to each one: "Son of man, take to heart everything I say to you, listen carefully" (Ezk 3:10). We are about to propose a spiritual journey consisting of four phases and that will carry us from all eternity and the infinite nature of God to our homes and the streets of our cities.

I. THE VOICE OF THE WORD: THE REVELATION

1. "Then the Lord spoke to you from the heart of the fire; you heard the sound of words but saw no shape; there was only a voice!" (Dt 4:12). It is Moses who speaks, evoking the experience lived by Israel in the bitter solitude of the Sinai desert. The Lord presented himself not as an image or an effigy or a statue similar to a golden calf, but with "a voice of words". It is a voice which entered the scene at the very beginning of creation, when it tore through the silence of nothingness: "In the beginning...God said, 'Let there be light,' and there was light...In the beginning was the Word: the Word was with God and the Word was God...Through him all things came into being, not one thing came into being except through him" (Gn 1:1.3; Jn 1:1.3).

Creation is not born of a battle of divinities, as taught by ancient Mesopotamian myths, but of a word which defeats nothingness and creates being. The Psalmist sings: "By the word of the Lord the heavens were made, by the breath of his mouth all their array...for, the moment he spoke, it was so, no sooner had he commanded, than there it stood" (Ps 33:6.9). And Saint Paul will repeat: God "brings the dead to life and calls into existence what does not yet exist" (Rm 4:17). Thus, a first "cosmic" revelation is found which makes creation similar to an immense page opened up before all of humanity, in which a message from the Creator can be read : "The heavens declare the glory of God, the vault of heaven proclaims his handiwork, day unto day makes known his message; night unto night hands on the knowledge. There is no speech or language where their voice is not heard. Their message goes out into all the earth" (Ps 19:2-5).

2. The divine word is, however, also at the origin of human history. Man and woman, whom God created "in the image of himself" (Gn 1:27), and who bear within themselves the divine imprint, can enter into dialogue with their Creator or can wander far from him and reject him away by sinning. The word of God, then, saves and judges, penetrating the woven fabric of history with its tales and events: "I have indeed seen the misery of my people in Egypt. I have heard them crying ... I am well aware of their sufferings. And I have come down to rescue them from the clutches of the Egyptians and bring them up out of that country, to a country rich and broad" (Ex 3:7-8). The divine is therefore present in human events which, through the action of the Lord of history, are inserted in the greater plan of salvation for "everyone to be saved and reach full knowledge of the truth" (1 Tm 2:4).

3. Consequently, the effective, creative and salvific divine word is source of being and of history, of creation and redemption. The Lord encounters humanity declaring: "I, the Lord, have spoken and done this" (Ezk 37:14). The voice of God then passes into the written word, the Graphé or the Graphaí, the Sacred Scriptures, as it is said in the New Testament. Moses had already descended from the mount of Sinai, "with the two tablets of the commandments in his hands, tablets inscribed on both sides, inscribed on the front and on the back. The tablets were the work of God, and the writing on them was God's writing" (Ex 32:15-16). Moses himself obliged Israel to preserve and rewrite these "tablets of the commandments": "On these stones you must write all the words of this Law very plainly" (Dt 27:8).

The Sacred Scriptures "bear witness" to the divine word in written form. They memorialize the creative and saving event of revelation by way of canonical, historical and literary means. Therefore, the word of God precedes and goes beyond the Bible which itself is "inspired by God" and contains the efficacious divine word (cf. 2 Tm 3:16). This is why our faith is not only centered on a book, but on a history of salvation and, as we will see, on a person, Jesus Christ, the Word of God made flesh, man and history. Precisely because the capacity of the divine word embraces and extends beyond the Scripture, the constant presence of the Holy Spirit that "will lead you to the complete truth" (Jn 16:13) is necessary for those who read the Bible. This is the great Tradition: the effective presence of the "Spirit of truth" in the Church, guardian of Sacred Scripture, which are authentically interpreted by the Church's Magisterium. This Tradition enables the Church to understand, interpret, communicate and bear witness to the word of God. Saint Paul himself, proclaiming the first Christian creed, will recognize the need to "transmit" what he "had received" from Tradition (1 Cor
15:3-5).

II. THE FACE OF THE WORD: JESUS CHRIST

4. In the original Greek, there are only three fundamental words: Lógos sarx eghéneto, "the Word was made flesh". And yet, this is the summit not only of that poetic and theological jewel which is the prologue to John's Gospel (Jn 1:14), but it is the actual heart of the Christian faith. The eternal and divine Word enters into space and time and takes on a human face and identity, so much so that it is possible to approach him directly asking, as did the group of Greeks present in Jerusalem: "We should like to see Jesus" (Jn 12:20-21). Words without a face are not perfect, they do not fully complete the encounter, as Job recalled, reaching the end of his dramatic itinerary of searching: "Before, I knew you only by hearsay but now"... I have "seen you with my own eyes" (Jb 42:5).

Christ is "the Word [that] was with God and the Word was God" (Jn 1:1). "He is the image of the unseen God, the first-born of all creation" (Col 1:15); but he is also Jesus of Nazareth who walks the roads of a marginal province of the Roman Empire, who speaks the local language, who reveals the traits of a people, the Jews, and its culture. Therefore the real Jesus Christ is fragile and mortal flesh; he is history and humanity, but he is also glory, divinity, mystery: he who revealed God to us, the God no one has ever seen (cf. Jn 1:18). The Son of God continues to be so even in the dead body placed in the sepulcher and the resurrection is the living and clear proof to this fact.

5. Christian tradition has often placed the Divine Word made flesh on a parallel with the same word made book. This is what emerges already in the creed when one professes that the Son of God "was incarnate by the Holy Spirit of the Virgin Mary, and was made man", but also a profession of faith in the same "Holy Spirit, who spoke through the Prophets". The Second Vatican Council gathers this ancient tradition according to which "the body of the Son is the Scripture transmitted to us" - as Saint Ambrose affirms (In Lucam VI, 33) - and clearly declares: "For the words of God, expressed in human language, have been made like human discourse, just as the Word of the eternal Father, when he took to himself the flesh of human weakness, was in every way made like men" (DV 13).

Indeed, the Bible is also "flesh", "letter"; it expresses itself in particular languages, in literary and historical forms, in concepts tied to an ancient culture, it preserves the memories of events, often tragic; its pages not infrequently are marked by blood and violence, within it resounds the laughter of humanity and the flowing tears, as well as the cry of the distressed and the joy of those in love. For this, its "bodily" dimension requires an historical and literary analysis, which occurs through various methods and approaches offered by Biblical exegesis. Every reader of Sacred Scripture, even the most simple, must have a proportionate knowledge of the sacred text, recalling that the word is enveloped in concrete words, which is shaped and adapted to make it heard and understood by all of humanity.

This is a necessary commitment. If it is excluded, one could fall into fundamentalism which in practice denies the Incarnation of the divine Word in history, does not recognize that this word expresses itself in the Bible according to a human language, that must be decoded, studied and understood. Such an attitude ignores that divine inspiration did not erase the historical identities and personalities of its human authors. The Bible, however, is also the eternal and divine Word and for this reason requires another understanding, given by the Holy Spirit who unveils the transcendent dimension of the divine word, present in human words.

6. Here, thus, lies the necessity of the "living Tradition of all the Church" (DV 12) and of the faith to understand Sacred Scripture in a full and unified way. Should one focus only on the "letter", the Bible is only a solemn document of the past, a noble, ethical and cultural witness. If, however, the Incarnation is excluded, it could fall into a fundamentalist equivocation or a vague spiritualism or pop-psychology. Exegetical knowledge must, therefore, weave itself indissolubly with spiritual and theological tradition so that the divine and human unity of Jesus Christ and Scripture is not broken.

In this rediscovered harmony, the face of Christ will shine in its fullness and will help us to discover another unity, that profound and intimate unity of Sacred Scriptures. There are, indeed, 73 books, but they form only one "Canon", in one dialogue between God and humanity, in one plan of salvation. "At many moments in the past and by many means, God spoke to our ancestors through the prophets; but in our time, the final days, he has spoken to us in the person of his Son" (Hb 1:1-2). Christ thus retrospectively sheds his light on the entire development of salvation history and reveals its coherence, meaning, and direction.

He is the seal, "the Alpha and the Omega" (Rev 1:8) of a dialogue between God and his creatures distributed over time and attested to in the Bible. It is in the light of this final seal that the words of Moses and the prophets acquire their "full sense". Jesus himself had indicated this on that spring afternoon, while he made his way from Jerusalem to the town of Emmaus, dialoguing with Cleopas and his friend, explaining "to them the passages in the Scriptures that were about himself" (Lk 24:27).

That the divine Word has put on a face is at the center of Revelation. That is precisely why the ultimate finality of biblical knowledge is "not the result of an ethical choice or a lofty idea, but the encounter with an event, a person, which gives life a new horizon and a decisive direction" (Deus caritas est, 1).

III. THE HOUSE OF THE WORD: THE CHURCH

Just as divine wisdom in the Old Testament made her house in the cities of men and women, supporting it with seven pillars (cf. Pr 9:1), thus also the word of God made its house in the New Testament. The Church has as her model the mother community of Jerusalem. The Church is founded on Peter and the apostles and today, through the bishops in communion with the Successor of Peter, continues to keep, announce and interpret the word of God (cf. LG 13). In the Acts of the Apostles (2:42), Luke traces its architecture based on four ideal pillars which today are still witnessed to by the different forms of ecclesial communities: "These remained faithful to the teaching of the apostles, to the brotherhood, to the breaking of bread and to the prayers".

7. Here, first of all, is the apostolic didaché, that is to say the preaching of the word of God. The Apostle Paul, in fact, warns us that "faith comes from hearing, and what is heard comes through the word of Christ" (Rm 10:17). The voice of the herald comes from the Church, which proposes kérygma, that is to say, the primary and fundamental announcement that Jesus himself had proclaimed at the beginning of his public ministry: "The time is fulfilled, and the kingdom of God is close at hand. Repent and believe the gospel" (Mk 1:15). The apostles, proclaiming the death and resurrection of Christ, announce the unveiling of the kingdom of God, that is to say, the decisive divine intervention in the history of man: "Only in him is there salvation; for of all the names in the world given to men, this is the only one by which we can be saved" (Ac 4:12). The Christian bears witness to this hope "with courtesy and respect and with a clear conscience", ready, however, to be involved and, perhaps, to be overwhelmed by the storms of refusal and persecution, knowing that "it is better to suffer doing right then for doing wrong" (1 P 3:16-17).

The catechesis, then, resounds in the Church: this is destined to deepen in the Christian "the understanding of the mystery of Christ in the light of God's word, so that the whole of a person's humanity is impregnated by that word" in Christianity (John Paul II, Catechesi tradendae, 20). But the high point of preaching is in the homily which, for many Christians, is still today the central moment of encounter with the word of God. In this act, the minister should be transformed into a prophet as well. He, in fact, with a clear, incisive and substantial language must not only proclaim with authority "God's wonderful works in the history of salvation" (SC 35) - offered first by a clear and vivid reading of the biblical text proposed in the liturgy - but he must also act upon it in the times and moments lived by the hearers and make the question of conversion and vital commitment blossom in their hearts: "What are we to do, brothers?" (Ac 2:37).

Preaching, catechesis and the homily therefore presuppose a reading and understanding, an explaining and interpreting, an involvement of the mind and of the heart. Thus in preaching a dual movement is achieved. With the first, one goes back to the roots of the sacred texts, the events, the first words of the history of salvation, to understand them in their meaning and in their message. With the second movement, one returns to the present, to the today lived by those who hear and read, always with Christ in mind, who is the guiding light destined to unite the Scriptures. This is what Jesus himself did - as has already been said - in his journey to Jerusalem in Emmaus with two of his disciples. This is what the deacon Phillip would do on the way from Jerusalem to Gaza, when he spoke this emblematic dialogue with the Ethiopian official: "Do you understand what you are reading? ... How could I, unless I have someone to guide me?" (Ac 8:30-31). And the finality will be the full encounter with Christ in the sacrament. This is how the second pillar that supports the Church, the house of the divine word, presents itself.

8. It is the breaking of the bread. The scene at Emmaus (cf. Lk 24:13-35) is once again exemplary, and reproduces what happens every day in our churches: the homily by Jesus about Moses and the prophets gives way to the breaking of the Eucharistic Bread at the table. This is the moment of God's personal dialogue with His people. It is the act of the new covenant sealed in the blood of Christ (cf. Lk 22:20). It is the supreme work of the Word who offers himself as food in his immolated body, it is the source and summit of the life and mission of the Church. The Gospel account of the Last Supper, the memorial of Christ's sacrifice, when proclaimed in the eucharistic celebration, through the invocation of the Holy Spirit, becomes event and sacrament. This is why the Second Vatican Council, in a very intense passage, declared: "The Church has always venerated the divine Scriptures just as she venerates the body of the Lord, since, especially in the sacred liturgy, she unceasingly receives and offers to the faithful the bread of life from the table both of God's word and of Christ's body" (DV 21). Therefore, "the liturgy of the word and the eucharistic liturgy, are so closely connected with each other that they form but one single act of worship" (SC 56), and this must be brought back to the center of Christian life.

9. The third pillar of the spiritual building of the Church, the house of the word, is made up of prayers, woven from - as recalled by Saint Paul - "psalms and hymns and inspired songs" (Col 3: 16). A privileged place is naturally taken by the Liturgy of the Hours, the prayer of the Church par excellence, destined to give rhythm to the days and times of the Christian year, offering, above all with the Psalmody, the daily spiritual food of the faithful. Alongside this and the community celebrations of the word, tradition has introduced the practice of Lectio divina, the prayerful reading in the Holy Spirit that is able to open to the faithful the treasure of the word of God, and also to create the encounter with Christ, the living divine Word.

This begins with the reading (lectio) of the text, which provokes the question of true knowledge of its real content: what does the biblical text say in itself? Then follows meditation (meditatio) where the question is: what does the Biblical text say to us? In this manner, one arrives at prayer (oratio), which presupposes this other question: what do we say to the Lord in answer to his word? And one ends with contemplation (contemplatio) during which we assume, as God's gift, the same gaze in judging reality and ask ourselves: what conversion of the mind, the heart and life does the Lord ask of us?

Before the prayerful reader of the word of God rises ideally the figure of Mary, the Mother of the Lord, who "treasured all these things and pondered them in her heart" (Lk 2:19; cf. 2:51), that is - as the original Greek says - finding the profound knot that unites apparently distinct events, acts and things in the great divine plan. The attitude of Mary, the sister of Martha can also be proposed to the faithful, when they read the Bible, because she sits at the feet of the Lord listening to his word, not allowing external concerns to absorb her soul completely, allowing even the free time for "the better part" which must not be taken away (cf. Lk 10:38-42).

10. Finally, we reach the last pillar that supports the Church, the house of the word: the koinonía, brotherly love, another name for the agápe, that is to say, Christian love. As Jesus mentioned, to become his brothers and his sisters one must be like "those who hear the word of God and put it into practice" (Lk 8:21). Authentic hearing is obeying and acting. It means making justice and love blossom in life. It is offering, in life and in society, a witness like the call of the prophets, which continuously united the word of God and life, faith and rectitude, worship and social commitment. This is what Jesus stated many times, beginning with the famous warning in the Sermon on the Mount: "It is not anyone who says to me, 'Lord, Lord', who will enter the kingdom of Heaven, but the person who does the will of my Father in heaven" (Mt 7:21). This phrase seems to echo the divine word proposed by Isaiah: "this people approaches me only in words, honors me only with lip-service, while their hearts are far from me" (29:13). These warnings also concern the churches when they are not faithful to the obedient hearing of the word of God.

Therefore this must already be visible and legible on the face and in the hands of the faithful, as suggested by Saint Gregory the Great who saw in Saint Benedict, and in other great men of God, witnesses of communion with God and with the sisters and brothers, the word of God come to life. The just and faithful man not only "explains" the Scriptures, but also "unfolds" them before all as a living and practiced reality. This is why viva lectio, vita bonorum, the life of the good is a living lecture/lesson of the word of God. Saint John Chrysostom had already observed that the apostles came down from the mount in Galilee, where they had met the risen Lord, without any written stone tablets as Moses had: their lives would become the living gospel, from that moment on.

In the house of the word we also encounter brothers and sisters from other Churches and ecclesial communities who, even with the still existing separations, find themselves with us in the veneration and love for the word of God, the principle and source of a first and real unity, even if not a full unity. This bond must always be reinforced through the common biblical translations, the spreading of the sacred text, ecumenical biblical prayer, exegetical dialogue, the study and the comparison between the various interpretations of the Holy Scriptures, the exchange of values inherent in the various spiritual traditions and the announcement and the common witness of the word of God in a secularized world.

IV. THE ROADS OF THE WORD: THE MISSION

"For the Law will go forth from Zion and the word of the Lord from Jerusalem" (Is 2:3). The embodied Word of God "issues from" his house, the temple, and walks along the roads of the world to encounter the great pilgrimage that the people of earth have taken up in search of truth, justice and peace. In fact, even in the modern secularized city, in its squares and in its streets - where disbelief and indifference seem to reign, where evil seems to prevail over good, creating the impression of a victory of Babylon over Jerusalem - one can find a hidden yearning, a germinating hope, a quiver of expectation. As can be read in the book of the prophet Amos, "The days are coming, declares the Lord God, when I shall send a famine on the country: not hunger for food, not thirst for water, but famine for hearing the word of the Lord" (8:11). The evangelizing mission of the Church wants to answer this hunger.

Even the risen Christ makes an appeal to the hesitant apostles, to go forth from their protected horizon: "Go, therefore, and make disciples of all nations…and teach them to observe the commands I gave you" (Mt 28:19-20). The Bible is fraught with appeals "not to be silent", to "speak out", to "proclaim the word at the right and at the wrong time", to be the sentinels that tear away the silence of indifference. The roads that open before us are not only the ones upon which Saint Paul and the first evangelizers traveled but are also the ones of all the missionaries who, after them, go towards the people in faraway lands.

11. Communication now casts a network that envelops the entire globe and the call of Christ gains a new meaning: "What I say to you in the dark, tell in the daylight, what you hear in whispers, proclaim from the housetops" (Mt 10:27). Of course, the sacred word must have its primary transparency and diffusion through the printed text, with translations made according to the multiplicity of languages on our planet. But the voice of the divine word must echo even through the radio, the information highway of the internet, the channels of "on line" virtual circulation, CDs, DVDs, podcasts, etc. It must appear on all television and movie screens, in the press, and in cultural and social events.

This new communication, in relationship to the traditional one, has created its own specific and expressive grammar and, therefore, makes it necessary not only to be technically prepared, but also culturally prepared for this task. In an age dominated by images put forward, in particular, by hegemonic means of communication such as television, the privileged model of Christ is still meaningful and evocative today. He would turn to the sign, the story, the example, the daily experience, the parable: "He told them many things in parables ... indeed, he would never speak to them except in parables" (Mt 13:3.34). In proclaiming the kingdom of God, Jesus never spoke over the heads of the people with a vague, abstract or ethereal language. Rather, he would conquer them by starting there where their feet were placed, in order to lead them, through daily events, to the revelation of the kingdom of heaven. Thus, the scene evoked by John becomes significant: "Some wanted to arrest him, but no one actually laid a hand on him. The guards went back to the chief priests and Pharisees who said to them, 'Why haven't you brought him?' The guards replied, 'No one has ever spoken like this man'"(7:44-46).

12. Christ proceeds along the streets of our cities and stops at the doorstep of our homes: "Look, I am standing at the door, knocking. If one of you hears me calling and opens the door, I will come in to share a meal at that person's side" (Rev 3:20). The family, enclosed between the domestic walls with its joys and sufferings, is a fundamental space where the word of God is to be allowed to enter. The Bible is full of small and great family stories, and the Psalmist depicts with liveliness the serene picture of a father sitting at the table, surrounded by his wife, like a fruitful vine, and by his children, "shoots of an olive tree" (Ps 128). In the same way, Christianity itself, from its origins, celebrated the liturgy in the daily home life, just as Israel entrusted the Passover celebration to the family (cf. Ex 12:21-27). The spreading of the word of God is passed on through the generations so that parents become "the first preachers of the faith" (LG 11). Once more the Psalmist recalled that: "What we have heard and know, what our ancestors have told us, we shall not conceal from their descendants, but will tell to a generation still to come: the praises of the Lord, his power, the wonderful deeds he has done ... They should be sure to tell their own children" (Ps 78:3-4.6).

Therefore, every home should have its own Bible and safeguard it in a visible and dignified way, to read it and to pray with it, while, at the same time, the family should propose forms and models of a prayerful, catechetical and didactic education on how to use the Scriptures, so that "young men and women, old people and children together" (Ps 148:12) may hear, understand, glorify and live the word of God. In particular, the new generations, children and youth, should be the ones receiving an appropriate and specific pedagogy that leads them to experience the fascination of the figure of Christ, opening the door of their mind and their heart, as well as through the encounter with and authentic witness of adults, the positive influence of friends and the great company of the ecclesial community.

13. Jesus, in his parable of the sower, reminds us that there are arid lands, full of rocks, choked by thorns (cf. Mt 13:3-7). He who goes forth into the streets of the world also discovers the slums where suffering and poverty, humiliation and oppression, marginalization and misery, physical and psychological ills and loneliness can be found. Often the stones on the road are bloody because of wars and violence; in the palaces of power, corruption meets injustice. The voices of the persecuted rise on behalf of faithfulness to their conscience and fidelity to their faith.

There is the one who is swept away by the crises of life, or whose soul is devoid of any meaning that would give sense and value to life itself. Like "phantoms who go their way, mere vapor their pursuits" (Ps 39:7), many feel the silence of God, his apparent absence and indifference, hanging over them: "How long, Lord, will you forget me? For ever? How long will you turn away your face from me?" (Ps 13:1). And, in the end, there arises for everyone, the mystery of death.

This immense sigh of suffering that rises from the earth to heaven is continuously represented by the Bible, which proposes an historical and incarnated faith. It is enough to think only of the pages marked by violence and oppression, of the harsh and continuous cry of Job, of the vehement pleas of the Psalms, of the subtle internal crisis that passes through the soul of Qoheleth, of the vigorous prophetic denunciations against social injustice. Without extenuating circumstances, then, is the sentence of the radical sin that appears in all its devastating force, from the beginning of humanity in a fundamental text of the Genesis (chapter 3). In fact, the "mystery of iniquity" is present and acts in history, but it is revealed by the word of God that assures the victory of good over evil, in Christ.

But above all in the Scriptures, the figure of Christ, who begins his public ministry with a proclamation of hope for the last persons of the earth, dominates: "The spirit of the Lord is upon me, for he has anointed me to bring the good news to the afflicted. He has sent me to proclaim liberty to captives, sight to the blind, to let the oppressed go free, to proclaim a year of favour from the Lord" (Lk 4:18-19). He repeatedly places his hands on ill and diseased flesh. His words proclaim justice, instill courage to the disheartened and offer forgiveness to sinners. Finally, he himself approaches the lowest level, "he emptied himself" of his glory , "taking the form of a slave, becoming as human beings are; and being in every way like a human being, he was humbler yet, even to accepting death, death on a cross" (Phil 2:7-8).

In this way he feels the fear of death ("?Father', he said, ?if you are willing, take this cup away from me'"), He experiences loneliness because of the abandonment and betrayal by friends, he penetrates the darkness of the cruelest physical pain through his crucifixion and even the darkness of the Father's silence ("My God, my God, why have you forsaken me?") (Mk 15:34) and reaches the last abyss of any man, that of death ("he gave a loud cry and breathed his last"). To him, the definition that Isaiah gave to the servant of the Lord truly can be applied: "the lowest of men, a man of sorrows" (53:3).

Even so, he also in that extreme moment, does not cease being the Son of God: in his solidarity of love and with the sacrifice of himself, He sows a seed of divinity in the limit and frailty of humanity, in other words, a principle of freedom and salvation. With his offering of himself to us he pours out redemption on pain and death, assumed and lived by him, and also opens to us the dawn of resurrection. Therefore the Christian has the mission to announce this divine word of hope, by sharing with the poor and the suffering, through the witness of his faith in the kingdom of truth and life, of holiness and grace, of justice, of love and peace, through the loving closeness that neither judges nor condemns, but that sustains, illuminates, comforts and forgives, following the words of Christ: "Come to me, all you who labour and are overburdened, and I will give you rest" (Mt 11:28).

14. Along the roads of the world, the divine word generates for us Christians an equally intense encounter with the Jewish people, who are intimately bound through the common recognition and love for the Scripture of the Old Testament and because from Israel "so far as physical descent is concerned, came Christ" (Rm 9:5). Every page of the Jewish Scriptures enlighten the mystery of God and of man. They are treasures of reflection and morality, an outline of the long itinerary of the history of salvation to its integral fulfillment, and illustrate with vigor the incarnation of the divine word in human events. They allow us to fully understand the figure of Christ, who declared "Do not imagine that I have come to abolish the Law or the Prophets. I have come not to abolish but to fulfill them" (Mt 5:17).

These are a way of dialogue with the chosen people, "who were adopted as children, the glory was theirs and the covenants; to them were given the Law and the worship of God and the promises" (Rm 9:4), and they allow us to enrich our interpretation of the Sacred Scriptures with the fruitful resources of the Hebrew exegetical tradition.

"Blessed be my people Egypt, Assyria my creation, and Israel my heritage" (Is 19:25). The Lord, then, spreads the protective mantle of his blessing all over the peoples of the earth: "he wants everyone to be saved and reach full knowledge of the truth" (1 Tm 2:4). We, also as Christians are invited, along the roads of the world - without falling into a syncretism that confuses and humiliates our own spiritual identity, to enter into dialogue with respect towards men and women of the other religions, who faithfully hear and practice the directives of their sacred books, starting with Islam, which welcomes many biblical figures, symbols and themes in its tradition, and which offers the witness of sincere faith in the One, compassionate and merciful God, the Creator of all beings and Judge of humanity.
The Christian also finds common harmony with the great religious traditions of the Orient that teach us, in their Scriptures, respect for life, contemplation, silence, simplicity, renunciation, as occurs in Buddhism. Or, like in Hinduism, they exalt the sense of the sacred, sacrifice, pilgrimage, fasting, and sacred symbols. Or, as in Confucianism, they teach wisdom and family and social values. Even to the traditional religions with their spiritual values expressed in the rites and oral cultures, we would like to pay our cordial attention and engage in a respectful dialogue with them. Also to those who do not believe in God but who endeavour to "do what is right, to love goodness and to walk humbly" (Mi 6:8), we must work with them for a more just and peaceful world, and offer in dialogue our genuine witness to the Word of God that can reveal to them new and higher horizons of truth and love.

15. In his Letter to the Artists (1999), John Paul II recalled that "Sacred Scripture has thus become a sort of ?immense vocabulary' (Paul Claudel) and ?iconographic atlas' (Marc Chagall), from which both Christian culture and art have drawn" (No. 5). Goethe was convinced that the Gospel was the "mother tongue of Europe". The Bible, as it is commonly said, is "the great code" of universal culture: artists ideally dipped their paintbrush in that alphabet coloured by stories, symbols, and figures which are the biblical pages. Musicians composed their harmonies around the sacred texts, especially the Psalms. For centuries authors went back to those old stories that became existential parables; poets asked themselves about the mystery of the spirit, infinity, evil, love, death and life, frequently collecting poetical quivers that enlivened the biblical pages. Thinkers, men of learning and society itself frequently used the spiritual and ethical concepts (for example the Decalogue) of the word of God as a reference, even if merely in contrast. Even when the figure or the idea present in the Scriptures was deformed, it was recognized as being an essential and constitutive element of our civilization.
Because of this, the Bible - which teaches us also the via pulchritudinis, that is to say, the path of beauty to understand and reach God (as Ps 47:7 invites us: "learn the music, let it sound for God!") - is necessary not only for the believer, but for all to rediscover the authentic meanings of various cultural expressions and above all to find our historical, civil, human and spiritual identity once again. This is the origin of our greatness and through it we can present ourselves with our noble heritage to other civilizations and cultures, without any inferiority complex. The Bible should, therefore, be known and studied by all, under this extraordinary profile of beauty and human and cultural fruitfulness.

Nevertheless, the word of God - using a meaningful Pauline image – "cannot be chained up" (2 Tm 2:9) to a culture; on the contrary, it aspires to cross borders and the Apostle himself was an exceptional craftsman of inculturation of the biblical message into new cultural references. This is what the Church is called upon to perform even today through a delicate but necessary process, which received a strong impulse from the Magisterium of Pope Benedict XVI. She should make the word of God penetrate into the many cultures and express it according to their languages, their concepts, their symbols and their religious traditions. But she should always be able to maintain the genuine substance of its contents, watching over and controlling the risks of degeneration.

Therefore the Church must make the values that the word of God offers to all cultures shine, so they may be purified and fruitful. As John Paul II said to the Bishops of Kenya during his trip to Africa in 1980, "inculturation will truly be a reflection of the Incarnation of the Word, when a culture, transformed and regenerated by the gospel, brings forth from its own living tradition original expressions of Christian life, celebration and thought".

CONCLUSION

"Then I heard the voice I had heard from heaven speaking to me again. ?Go', it said, ?and take that open scroll from the hand of the angel standing on sea and land'. I went to the angel and asked him to give me the small scroll, and he said, ?Take it and eat it; it will turn your stomach sour, but it will taste as sweet as honey'. So I took it out of the angel's hand, and I ate it and it tasted sweet as honey, but when I had eaten it my stomach turned sour" (Rev 10:8-11).

Brothers and sisters of the whole world, let us receive this invitation; let us approach the table of the word of God, so as to be nourished and live "not on bread alone but on every word that comes from the mouth of God" (Dt 8:3; Mt 4:4). Sacred Scripture - as affirmed by a great figure of the Christian culture – "has provided passages of consolation and of warning for all conditions" (B. Pascal, Pensées, no. 532 ed. Brunschvicg).

The word of God, in fact, is "sweeter than honey, that drips from the comb" (Ps 19:10), "Your word is a lamp for my feet, a light on my path" (Ps 119:105), but is also: "like fire, says the Lord, like a hammer shattering a rock" (Jer 23:29). It is like the rain that irrigates the earth, fertilizes it and makes it spring forth, and in doing this he makes the aridity of our spiritual deserts flourish (cf. Is 55:10-11). But it is also: "something alive and active: it cuts more incisively than any two-edged sword: it can seek out the place where soul is divided from spirit, or joints from marrow; it can pass judgment on secret emotions and thoughts" (Heb 4:12).

Our gaze is turned lovingly towards all those engaged in study, catechists and the other servants of the word of God to express our most intense and cordial gratitude for their precious and important ministry. We also address our persecuted brothers and sisters or those who are put to death because of the word of God and because of the witness they render to the Lord Jesus (cf. Rev 6:9): as witnesses and martyrs they tell us of "the power of the word" (Rm 1:16), origin of their faith, of their hope and of their love for God and for men.
Let us now remain silent, to hear the word of God with effectiveness and let us maintain this silence after hearing, so that it may continue to dwell in us, to live in us, and to speak to us. Let it resonate at the beginning of our day so that God has the first word and let it echo in us in the evening so that God has the last word.
Dear brothers and sisters, "All those who are with me send their greetings. Greetings to those who love us in the faith. Grace be with you all!" (Tt 3:15).