Nouvelles du 28 -03- 2009
Texte Pris sur le site Zénith
Benoît XVI et le SIDA : Déclaration des évêques du Cameroun
ROME, Mercredi 25 mars 2009 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous le texte publié par les évêques du Cameroun concernant la déclaration que le pape Benoît XVI a faite concernant la lutte contre le SIDA, dans le cadre de son voyage en Afrique, au Cameroun et en Angola du 17 au 23 mars.DECLARATION DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CAMEROUN RELATIVE AU MESSAGE DU SAINT-PERE SUR LA LUTTE CONTRE LE VIH/SIDA LORS DE SA VISITE APOSTOLIQUE AU CAMEROUN.
Après la visite de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI au Cameroun, une certaine presse s'est fait l'écho d'un malaise qu'auraient suscité les propos du Saint-Père sur l'usage des préservatifs et sur le VIH/SIDA. Cette presse ne cesse de traiter d'irresponsable la position du Pape au sujet de l'usage des préservatifs et donne à croire que ses propos sur ce sujet ont eu un effet négatif et porté un coup de froid sur sa visite au Cameroun.
Consciente des enjeux d'une telle désinformation, la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun, par la voix de son Président, S.E. Mgr. Victor Tonye Bakot, fait la mise au point suivante :
Alors que le Pape se trouvait dans l'avion qui devait l'amener jusqu'au Cameroun, il a accordé une interview à la presse à bord du même avion. Cette interview s'est limitée à six questions dont la cinquième à polémique posée par le journaliste de France2 Philippe Visseyrias :
« Votre Sainteté, parmi les nombreux maux qui affligent l'Afrique, il y a également en particulier celui de la diffusion du Sida. La position de l'Eglise Catholique sur la façon de lutter contre celui-ci est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ? ».
Voici in extenso la réponse du Saint-Père :
« Je dirais le contraire : je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est précisément l'Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses différentes réalités. Je pense à la Communauté de Saint'Egidio qui accomplit tant, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le Sida, aux Camilliens, et tant d'autres, et d'autres, à toutes les surs qui sont au service des malades. Je dirais qu'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec de l'argent, pourtant nécessaire. Si on n'y met pas de l'âme, si les Africains n'aident pas [en engageant leur responsabilité personnelle], on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution des préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème. La solution ne peut se trouver que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l'un envers l'autre, et le deuxième, une véritable amitié également et surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité, même au prix de sacrifices, de renoncements personnels, à être proches de ceux qui souffrent. Tels sont les facteurs qui aident et qui et qui conduisent à des progrès visibles. Je dirais donc cette double force de renouveler l'homme intérieurement, de donner une force spirituelle et humaine pour un juste comportement à l'égard de son propre corps et de celui de l'autre, et cette capacité de souffrir avec ceux qui souffrent, de rester présents dans les situations d'épreuve. Il me semble que c'est la juste réponse, et c'est ce que fait l'Eglise, offrant ainsi une contribution très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui le font. »
Les évêques du Cameroun s'étonnent de ce que les journalistes ne retiennent de cette déclaration du Pape tout à fait complète que l'opposition aux préservatifs, occultant toute l'action de l'Eglise sur la lutte contre le sida et la prise en charge des malades. Ils s'étonnent surtout de ce que la presse veuille faire croire à un malaise de l'opinion camerounaise pendant la visite du Saint-Père, consécutivement à ses déclarations.
L'épiscopat camerounais souligne et de manière très forte, que les Camerounais ont accueilli avec joie et enthousiasme le Pape Benoît XVI, confirmant ainsi leur hospitalité légendaire. Il ne nie pour autant pas la réalité du sida, ni son effet dévastateur dans les familles au Cameroun.
Le Saint-Père met l'homme au centre de ses préoccupations et rappelle l'enseignement du Christ et de l'Eglise. L'engagement de l'Eglise Catholique auprès des personnes vivant avec le virus du Sida, l'accompagnement des personnes infectées et affectées sont des priorités pour l'Eglise Catholique. L'accompagnement des personnes et des familles ainsi que l'enseignement de l'Eglise permettent à chacun de se valoriser dans sa dignité de fils adoptif de Dieu. Cette dignité oblige à porter un regard neuf sur l'autre et sur le monde. Au lieu de chercher des expédients, l'Eglise propose à l'homme des valeurs pérennes.
L'Eglise catholique est partout engagée quotidiennement dans la lutte contre le sida. A cet égard, elle a mis en place des structures adaptées pour l'accueil, le suivi et le traitement des personnes infectées du VIH. Cette assistance est à la fois morale, psychologique, nutritionnelle, médicale et spirituelle. Voilà le premier message du Saint-Père sur le sida.
A côté de cette action multiforme et constante, l'Eglise, force morale, a l'impérieux devoir de rappeler aux chrétiens que toute pratique sexuelle en dehors du mariage et non rangée est dangereuse et propice à la diffusion du sida. C'est pourquoi elle prône l'abstinence pour les célibataires et la fidélité au sein du couple. C'est son devoir. Elle ne saurait s'y soustraire. Voilà le second message du Saint-Père.
Les Evêques du Cameroun regrettent par conséquent que les médias occidentaux notamment aient oublié les autres aspects pourtant essentiels du message africain du Saint Père sur la pauvreté, la réconciliation, la justice et la paix. Ceci est très grave, lorsqu'on sait le nombre de morts que causent d'autres maladies en Afrique et sur lesquelles il n'y a aucune publicité véritable ; lorsqu'on sait le nombre de morts que causent en Afrique les luttes fratricides dues aux injustices et à la pauvreté.
Avec le Pape, les Evêques du Cameroun rappellent à tous les chrétiens et à tous les Camerounais :
1) Que les rapports sexuels ont pour finalité première la procréation voulue par Dieu lui-même au début de la création. Le mariage entre un homme et une femme est le cadre idéal voulu par Dieu pour cette procréation.
2) Que l'Eglise catholique ne méprise pas les malades du Sida et n'encourage nullement la propagation de la maladie ainsi qu lui prêtent certains médias. Elle est et restera toujours active dans la lutte multiforme contre la maladie.
Les Evêques du Cameroun
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site
Zenit
28-03-2009
Cameroon Bishops' Statement on AIDS
"The Holy Father Has Put Man at the Center of His Concern"YAOUNDÉ, Cameroon, MARCH 26, 2009 (Zenit.org).- Here is a translation of the statement of the episcopal conference of Cameroon on the negative media response to Benedict XVI comments on the role of condoms in the fight against AIDS.
* * *
After the visit of His Holiness Pope Benedict XVI to Cameroon, a certain press echoed the supposed unease created by the Holy Father's statements on the use of condoms and on HIV/AIDS. This press continues to label the Pope's position on the use of condoms as irresponsible, and leads one to understand that his statements on this subject had a negative effect and affected his visit to Cameroon negatively.
Conscious of the consequences that such misinformation could cause, the national bishops' conference of Cameroon, through the voice of its president, Archbishop Simon-Victor Tonyé Bakot, specifies the following:
When the Pope was on the plane that would bring him to Cameroon, he granted a press interview on board the plane itself. This interview was limited to six questions, of which the fifth was the controversy posed by the journalist of France 2, Philippe Visseyrias:
"Holiness, among the many evils that afflict Africa, in particular is the spread of AIDS. The position of the Catholic Church on the way to fight against it is often considered unrealistic and ineffective. Will you address this subject during your trip?"
Here is the Holy Father's complete answer:
"I would say the contrary. I think that the most efficient reality, the most present at the front of the struggle against AIDS, is precisely the Catholic Church, with her movements, with her various organizations. I am thinking of the Sant'Egidio Community that does so much, visibly and also invisibly, for the struggle against AIDS, of the Camilliani, of all the sisters who are at the disposition of the sick."I would say that this problem of AIDS can't be overcome only with publicity slogans. If there is not the soul, if the Africans are not helped, the scourge can't be resolved with the distribution of condoms: on the contrary, there is a risk of increasing the problem. The solution can only be found in a double commitment: first, a humanization of sexuality, that is, a spiritual and human renewal that brings with it a new way of behaving with one another; and second, a true friendship, also and above all for those who suffer, the willingness -- even with sacrifice and self-denial -- to be with the suffering. And these are the factors that help and that lead to visible progress.
"Because of this, I would say that this, our double effort to renew man interiorly, to give spiritual and human strength for correct behavior with regard to one's body and that of another, and this capacity to suffer with those who suffer, to remain present in situations of trial. It seems to me that this is the correct answer, and the Church does this and thus offers a very great and important contribution. We thank all those who do this."
The bishops of Cameroon are astonished by what the journalists retained from this very complete statement of the Pope, focused only on opposition to condoms, concealing the whole action of the Church in the fight against AIDS and the care of the sick. They are astonished above all that the press attempts to make people believe that there is unease in Cameroonian opinion on the Holy Father's visit, as a consequence of his statements.
The Cameroonian episcopate underlines very strongly that Cameroonians welcomed Pope Benedict XVI with joy and enthusiasm, thus confirming their legendary hospitality. But by this, it does not deny the reality of AIDS, or its devastating effect on families in Cameroon.
The Holy Father has put man at the center of his concern and has reminded us of the teachings of Christ and of the Church. The Catholic Church's commitment to persons living with the AIDS virus, the support of infected and affected persons, are priorities for the Catholic Church. The support of persons and families as well as the teaching of the Church allow each one to appreciate himself in his dignity as adoptive child of God. This dignity obliges one to look at others and at the world in another way. Instead of seeking his own interest, the Church proposes to man everlasting values.
The Catholic Church everywhere is committed daily in the fight against AIDS. In this connection, she has created structures adapted for the reception, control and treatment of HIV infected persons. This assistance is at the same time moral, psychological, nutritional, medical and spiritual. Herein lies the Holy Father's first message on AIDS.
Together with this multifaceted and constant action, the Church, as moral force, has the imperative duty to remind Christians that all disordered sexual practice outside of marriage is dangerous and favors the spread of AIDS. This is why she preaches abstinence for single people and fidelity within the couple. It is her duty. She cannot subtract herself from it. Herein lies the Holy Father's second message.
Consequently, the bishops of Cameroon lament that the Western media have clearly forgotten other essential aspects of the Holy Father's African message on poverty, reconciliation, justice and peace. This is very serious, knowing the number of dead that other sickness cause in Africa, and on which there is no true publicity; knowing the number of dead that fratricidal fights cause in Africa due to injustice and poverty.
With the Pope, the bishops of Cameroon remind all Christians and all Cameroonians:
1) That sexual relations have as their first end the procreation desired by God himself at the beginning of creation. Marriage between a man and a woman is the ideal framework willed by God for this procreation.
2) That the Catholic Church does not reject AIDS patients and in no way encourages the spread of the sickness as certain media lead one to believe. She is and will always be active in the multifaceted fight against the sickness.
The bishops of Cameroon