Nouvelles du 10 -05- 2009
Texte Pris sur le site Zénith

Conférence de presse de Benoît XVI sur l’Airbus Rome-Amman

« Nous ne sommes pas un pouvoir politique, mais une force spirituelle »


ROME, Vendredi 8 mai 2009 (ZENIT.org) - « Nous ne sommes pas un pouvoir politique, mais une force spirituelle » : le pape Benoît XVI rappelle ce que beaucoup ont du mal à comprendre, au moment où commence son « pèlerinage de paix » dans une région soumise à de fortes tensions. Il indique la prière, la formation des consciences et le dialogue raisonnable comme trois forces de l'Eglise dans sa promotion de la paix.

Voici la transcription de la Conférence de presse de Benoît XVI sur l'Airbus A 320 de l'Alitalia qui l'a conduit de Rome à Amm an ce 8 mai 2009.

Après concertation avec les journalistes présents sur le vol, le pape Benoît XVI est interviewé par le directeur de la salle de presse du Vatican, le P. Federico Lombardi, sj.

P. Federico Lombardi - Sainteté, nous vous remercions beaucoup de nous donner cette fois encore l'occasion d'une rencontre avec vous au début d'un voyage si important et si exigeant. Il nous donne aussi l'occasion de vous souhaiter un bon voyage et de vous dire que nous collaborerons à la diffusion des messages que vous nous confierez. Comme c'est la coutume, les questions que je pose maintenant sont le résultat des questions des collègues ici présents. Je les pose pour des motifs de facilité mais en réalité c'est le fruit d'un travail commun.

Sainteté, ce voyage survient à un moment très délicat pour le Moyen Orient : il y a de fortes tens ions - à l'occasion de la crise de Gaza, on avait aussi pensé que vous alliez peut-être y renoncer. En même temps, quelques jours après votre voyage, les principaux responsables politiques d'Israël et l'Autorité palestinienne rencontreront aussi le président Obama. Vous pensez apporter une contribution au processus de paix qui semble actuellement enlisé ?

Benoît XVI - Bonjour ! Je voudrais avant tout vous remercier pour le travail que vous faites et nous nous souhaitons ensemble un bon voyage, un bon pèlerinage, un bon retour. Pour ce qui est de la question, je cherche certainement à contribuer à la paix non en tant qu'individu, mais au nom de l'Eglise catholique, du Saint-Siège. Nous ne sommes pas un pouvoir politique, mais une force spirituelle et cette force spirituelle est une réalité qui peut contribuer aux progrès du processus de paix. Je vois trois niveaux : en tant que croyants, nous sommes convaincus que la prière est une vraie force. Elle ouvre le monde à Dieu : nous sommes convaincus que Dieu écoute et peut agir dans l'histoire. Je pense que si des millions de personnes, de croyants, prient, c'est réellement une force qui influe et qui peut contribuer à faire progresser la paix.

Second point : nous cherchons à aider à la formation des consciences. La conscience est cette capacité de l'homme à percevoir la vérité, mais cette capacité est souvent contrecarrée par des intérêts particulier. Et libérer de ces intérêts, ouvrir davantage à la vérité, aux vraies valeurs est une grande tâche : c'est la tâche de l'Eglise d'aider à connaître les vrais critères, les vraies valeurs, et de nous libérer d'intérêts particuliers.

Et ainsi, troisième point, nous parlons aussi - il en est vraiment ainsi - à la raison : c'est justement parce que nous ne sommes pas une « partie » politique que nous pouvons peut-être plus facilement, aussi à la lumière de la foi, voir les vrais critères, aider à comprendre ce qui contribue à la paix et parler à la raison, soutenir les positions vraiment raisonnables. Ceci nous l'avons déjà fait, et nous voulons le faire encore maintenant, et à l'avenir.

P. Federico Lombardi - Merci, Sainteté. La deuxième question est : En tant que théologien, vous avez réfléchi en particulier sur l'unique racine qui rapproche les chrétiens et les juifs. Comment donc, en dépit des efforts de dialogue, y a-t-il souvent des occasions de malentendus ? Comment voyez-v ous l'avenir du dialogue entre les deux communautés ?

Benoît XVI - C'est important qu'en réalité nous ayons la même racine, les mêmes Livres de l'Ancien Testament qui sont - pour les juifs comme pour nous - Livre de la Révélation. Mais, naturellement, après deux mille ans d'histoires distinctes, et même séparées, il ne faut pas s'étonner s'il y a des malentendus, parce que se sont formées des traditions d'interprétation, de langage, de pensée, très différentes, en quelque sorte un « cosmos sémantique », très différent, si bien que les mêmes mots signifient des choses différentes d'un côté et de l'autre. Et en utilisant des mots qui, au cours de l'histoire, ont formé des significations différentes, naissent évidemment des malentendus.

Nous d evons tout faire pour apprendre chacun le langage de l'autre, et il me semble que nous faisons de grands progrès. Nous avons aujourd'hui la possibilité que des jeunes, futurs professeurs de théologie, étudient à Jérusalem, à l'Université Hébraïque, et les juifs ont des contacts académiques avec nous : ainsi, il y a une rencontre entre ces « cosmos sémantiques » différents.

Nous apprenons les uns et les autres et nous avançons sur la voie du vrai dialogue, nous apprenons l'un de l'autre, et je suis sûr et convaincu que nous faisons des progrès. Et ceci aidera aussi la paix, et même l'amour réciproque.

P. Federico Lombardi - Sainteté, ce voyage a deux dimensions essentielles pour le dialogue interreligieux : avec l'islam et avec le judaïsme. Ce sont deux directions complètement séparées : y aura-t-il aussi un message commun concernant les trois religions qui se réclament d'Abraham ?

Benoît XVI - Certainement, il existe un message commun et ce sera l'occasion de le faire et en dépit de la diversité des origines, nous avons des racines communes parce que, comme je l'ai déjà dit, le christianisme naît de l'Ancien Testament, et l'écriture du Nouveau Testament n'aurait pas existé sans l'Ancien, parce qu'il se réfère en permanence à l'Ecriture, c'est-à-dire à l'Ancien Testament. Mais l'islam aussi est né dans un milieu où étaient présents et le judaïsme et différentes branches du christianisme - judéo-christianisme, christianisme antiochien byzantin - , et toutes ces circonstances se reflètent dans la tradition coranique si bien que nous avons tant en commun depuis les origines et dans la foi dans le Dieu unique. C'est pour cela qu'il est important d'une part d'avoir les dialogues bilatéraux - avec le judaïsme et avec l'islam - et puis le dialogue trilatéral.

J'ai moi-même été le co-fondateur d'une fondation pour le dialogue entre les trois religions dans laquelle il y avait ensemble des personnalités comme le métropolite Damaskinos et le grand rabbin de France, René Samuel Sirat, etc : cette fondation a aussi fait une édition des livres des trois religions, le Coran, le Nouveau testament et l'Ancien Testament. Le dialogue trilatéral doit donc se poursuivre et il est aussi très important pour la paix et, disons, pour bien vivre sa propre religion.

P. Federico Lombardi - Une dernière question : Sainteté, vous avez souvent rappelé le problème de la diminution du nombre des chrétiens au Moyen Ori ent et en particulier en Terre Sainte. C'est un phénomène qui a différentes causes de caractère politique, économique et social. Que peut-on faire concrètement pour aider la présence chrétienne dans la région ? Quelle contribution espérez-vous apporter par votre voyage ? Y a-t-il une espérance pour ces chrétiens à l'avenir ? Vous avez un message particulier aussi pour les chrétiens de Gaza qui viendront vous rencontrer à Bethléem ?

Benoît XVI - Bien sûr qu'il y a une espérance ! Comme vous l'avez dit, le moment actuel est difficile mais c'est aussi un moment d'espérance en un nouveau début, un nouvel élan sur le chemin de la paix et nous voulons surtout encourager les chrétiens de Terre Sainte et de tout le Moyen Orient à rester, à apporter leur contribution aux pays de le urs origines : ils sont une composante importante de la vie de ces régions. Concrètement, l'Eglise, à côté des paroles d'encouragement, de la prière commune, a surtout des écoles et des hôpitaux. Dans ce sens, nous avons la présence de réalités très concrètes. Nos écoles forment une génération qui aura la possibilité d'être présente dans la vie d'aujourd'hui, dans la vie publique.

Nous sommes en train de créer cette Université catholique de Jordanie, il me semble que c'est une grande perspective où les jeunes, musulmans ou chrétiens, se rencontrent, apprennent ensemble, où se forme une élite chrétienne qui soit justement préparée à travailler pour la paix.

Mais, en général, nos écoles sont un moment très important pour ouvrir un aven ir aux chrétiens et les hôpitaux manifestent notre présence. En outre, il existe de nombreuses associations chrétiennes qui aident de différentes façons les chrétiens et par des aides concrètes, les encouragent à rester. J'espère qu'ainsi les chrétiens puissent réellement trouver le courage, l'humilité, la patience d'être dans ces pays, d'offrir leur contribution à l'avenir de ces pays.

P. Federico Lombardi - Merci, Sainteté. Par ces réponses, vous nous avez aidés à situer notre voyage d'un point de vue spirituel, d'un point de vue culturel et je renouvelle nos souhaits, y compris de la part de tous les collègues qui sont sur ce vol, et aussi les autres qui sont en vol pour la Terre sainte, en ce moment, justement pour participer et aider du point de vue de l'information au résultat positif de cette mission si exigeante. Bon voyage à vous, et à tous vos collaborateurs, et bon travail aussi aux collègues.

Transcription en italien : Radio Vatican

Traduction : Zenit (Anita S. Bourdin)

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Visite à la mosquée de Amman : discours de Benoît XVI

ROME, Samedi 9 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce samedi en fin de matinée, à l'extérieur de la mosquée « Al-Hussein Bin Talal », à Amman, en présence des responsables religieux musulmans, du Corps diplomatique et des recteurs des universités de Jordanie. Le pape a prononcé son discours après la salutation du Prince Ghazi Bin Muhammed Bin Talal, un des signataires du Message adressé au pape et aux responsables chrétiens en octobre 2007 par 138 intellectuels musulmans pour promouvoir la paix dans le monde.

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Altesse Royale,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C'est une source de grande joie pour moi de vous rencontrer ce matin dans ce lieu magnifique. Je souhaite remercier le Prince Ghazi Ben Mohammed Ben Talal pour ses aimables paroles de bienvenue. Les nombreuses initiatives de Votre Altesse Royale en vue de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel sont appréciées par le peuple du Royaume hachémite et sont très largement reconnues par la communauté internationale. Je sais que ces efforts reçoivent le soutien actif des autres membres de la famille royale comme du Gouvernement de la Nation, et qu'elles trouvent un large écho à travers de nombreuses initiatives de collaboration parmi les Jordaniens. Pour tout cela, je désire exprimer ma sincère admiration.

Des lieux de culte, comme cette splendide Mosquée Al-Hussein Ben Talal du nom du révéré Roi défunt, se dressent comme des joyaux sur la surface de la terre. Les anciens comme les modernes, les plus splendides comme les plus humbles, tous ces édifices nous orientent vers le Divin, l'Unique transcendant, le Tout-Puissant. A travers les siècles, ces sanctuaires ont attiré des hommes et des femmes dans leur espace sacré pour qu'ils s'arrêtent, qu'ils prient, pour qu'ils reconnaissent la présence du Tout-Puissant et pour qu'ils confessent que nous sommes tous ses créatures.

Pour cette raison, nous ne pouvons pas manquer d'être interpellés par le fait qu'aujourd'hui, avec une insistance croissante, certains affirment que la religion faillit dans son ambition à être, par nature, constructrice d'unité et d'harmonie, à être une expression de la communion entre les personnes et avec Dieu. Certains soutiennent même que la religion est nécessairement une cause de division dans notre monde ; et ils prétendent que moins d'attention est prêtée à la religion dans la sphère publique, mieux cela est. Certainement et malheureusement, l'existence de tensions et de divisions entre les membres des différentes traditions religieuses, ne peut être niée. Cependant, ne convient-il pas de reconnaître aussi que c'est souvent la manipulation idéologique de la religion, parfois à des fins politiques, qui est le véritable catalyseur des tensions et des divisions et, parfois même, des violences dans la société ? Face à cette situation, où les opposants à la religion cherchent non seulement à réduire sa voix au silence, mais à la remplacer par la leur, la nécessité pour les croyants d'être cohérents avec leurs principes et leurs croyances est ressentie toujours plus vivement. Musulmans et chrétiens, précisément à cause du poids de leur histoire commune si souvent marquée par les incompréhensions, doivent aujourd'hui s'efforcer d'être connus et reconnus comme des adorateurs de Dieu fidèles à la prière, fermement décidés à observer et à vivre les commandements du Très Haut, miséricordieux et compatissant, cohérents dans le témoignage qu'ils rendent à tout ce qui est vrai et bon, et toujours conscients de l'origine commune et de la dignité de toute personne humaine, qui se trouve au sommet du dessein créateur de Dieu à l'égard du monde et de l'histoire.

La détermination des éducateurs et des responsables civils et religieux jordaniens à s'assurer que le versant public de la religion reflète sa véritable nature, est digne d'éloge. Par l'exemple donné par des individus e t des communautés, et par la prévision des cours et des programmes de formation, se met en évidence la contribution positive de la religion dans les secteurs éducatif, culturel, social et charitable de votre société civile. J'ai eu un exemple de première main de cet espoir. Hier, j'ai été le témoin du travail renommé en matière d'éducation et de réhabilitation du Centre Notre Dame de la Paix, où chrétiens et musulmans transforment la vie de familles entières, en les assistant pour que leurs enfants handicapés puissent prendre leur juste place dans la société. Plus tôt ce matin, j'ai béni la première pierre de l'Université de Madaba où de jeunes adultes chrétiens et musulmans bénéficieront côte à côte d'un enseignement universitaire, les rendant aptes à contribuer d e façon appropriée au développement économique et social de leur nation. Les nombreuses initiatives de dialogue interreligieux soutenues par la famille royale, par la communauté diplomatique, et parfois entrepris en coordination avec le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux sont aussi dignes d'éloge. Cela inclut le travail actuel accompli par l'Institut Royal pour les Etudes Interreligieuses et pour la Croyance Islamique, le Message d'Amman de 2004, le Message interreligieux d'Amman de 2005 et, plus récemment, la lettre Common Word (Parole commune) qui faisait écho à un thème consonant à celui de ma première Encyclique : le lien indissoluble entre l'amour de Dieu et l'amour du prochain, et la nature fondamentalement contradictoire de l'usage de la violence et de l'exclusion au nom de Dieu (cf. Deus caritas est, n.16).

De telles initiatives conduisent clairement à une meilleure connaissance réciproque, et elles favorisent un respect grandissant à la fois pour ce que nous avons en commun et pour ce que nous comprenons différemment. Ainsi, devraient-elles pousser les Chrétiens et les Musulmans à explorer toujours plus profondément la relation essentielle entre Dieu et ce monde de telle façon que nous puissions nous efforcer d'assurer que la société s'établisse en harmonie avec l'ordre divin. A cet égard, la coopération développée ici en Jordanie est une illustration exemplaire et encourageante pour la région, et même pour le monde, de la contribution positive et créatrice que la religion peut et doit apporter à la société civile.

Chers amis, je désire aujourd'hui mentionner une tâche dont j'ai parlé à de nombreuses reprises et dont je crois fermement que Chrétiens et Musulmans peuvent la prendre en charge, particulièrement à travers leurs contributions respectives à l'enseignement et à l'éducation ainsi qu'au service public. Il s'agit du défi de développer en vue du bien, en référence à la foi et à la vérité, le vaste potentiel de la raison humaine. Les Chrétiens parlent en effet de Dieu, parmi d'autres façons, en tant que Raison créatrice, qui ordonnes et gouverne le monde. Et Dieu nous rend capables de participer à sa raison et donc d'accomplir, en accord avec elle, ce qui est bon. Les Musulmans rendent un culte à Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui a parlé à l'humanité. En tant que croyants au Dieu unique, nous savons que la raison humaine est elle-même un don de Dieu et qu'elle s'élève sur les cimes les plus hautes quand elle est éclairée par la lumière de la vérité divine. En fait, quand la raison humaine accepte humblement d'être purifiée par la foi, elle est loin d'en être affaiblie; mais elle en est plutôt renforcée pour résister à la présomption et pour dépasser ses propres limitations. De cette façon, la raison humaine est stimulée à poursuivre le noble but de servir le genre humain, en traduisant nos aspirations communes les plus profondes et en élargissant le débat public, plutôt qu'en le manipulant ou en le confinant. Ainsi, l'adhésion authentique à la religion - loin de rendre étroits nos esprits - élargit-elle l'horizon de la compréhension humaine. Elle protège la société civile des excès de l'égo débridé qui tend à absolutiser le fini et à éclipser l'in fini, elle assure que la liberté s'exerce « main dans la main » avec la vérité, et elle enrichit la culture avec des vues relatives à tout ce qui est vrai, bon et beau.

Cette manière de concevoir la raison, qui pousse continuellement l'esprit humain au-delà de lui-même dans la quête de l'Absolu, constitue un défi ; elle oblige à la fois à l'espérance et à la prudence. Chrétiens et Musulmans sont poussés, ensemble, à rechercher tout ce qui est juste et vrai. Nous sommes liés pour dépasser nos propres intérêts et pour encourager les autres, les fonctionnaires et les responsables en particulier, à agir de même pour faire leur la profonde satisfaction de servir le bien commun, même s'il doit en coûter personnellement. N'oublions pas que parce que c'est notre commune dignité humaine qui donne naissance aux droits humains universels, ceux-ci valent également pour tout homme et toute femme, quelque soit sa religion et quelque soit le groupe ethnique ou social auquel il appartienne. À cet égard, nous devons noter que le droit à la liberté religieuse dépasse la seule question du culte et inclut le droit - spécialement pour les minorités - d'avoir accès au marché de l'emploi et aux autres sphères de la vie publique.

Avant de vous quitter, je voudrais ce matin mentionner de manière spéciale la présence parmi nous de Sa Béatitude Emmanuel III Delly, Patriarche de Bagdad, que je salue chaleureusement. Sa présence me conduit à faire mémoire du peuple voisin, celui d'Iraq, dont de nombreux membres ont trouvé refuge ici en Jordanie. Les efforts de la communauté internationale pour promouvoir la paix et la réconciliation, conjugués à ceux des responsables locaux, doivent continuer afin de porter des fruits dans la vie des Iraquiens. Je souhaite exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui sont engagés dans les efforts pour renouer la confiance et pour rebâtir les institutions et les infrastructures nécessaires au bien-être de ce pays. Et, une fois encore, j'invite avec insistance les diplomates et la communauté internationale qu'ils représentent, ainsi que les responsables politiques et religieux locaux, à faire tout ce qui est possible pour assurer à l'antique communauté chrétienne de cette noble terre ses droits fondamentaux à une coexistence pacifique avec l'ensemble des autres citoyens.

Chers amis, je crois que les sentiments que j'ai exprimés aujourd'hui nous donnent une espérance renouvelée face à l'avenir. Notre amour et notre service devant le Tout Puissant s'expriment non seulement dans notre culte mais aussi dans notre amour et notre préoccupation pour les enfants et les jeunes - vos familles - et tous les Jordaniens. C'est pour eux que vous travaillez et ce sont eux qui motivent votre exigence de placer le bien de toute personne humaine au cœur des institutions, des lois et des travaux de la société. Puisse la raison, humble et ennoblie par la grandeur de la vérité de Dieu, continuer à modeler la vie et les institutions de ce pays, de telle sorte que les familles puissent prospérer et que tous puissent vivre en paix, en contribuant à la culture qui donne son unité à ce grand royaume et en la faisant grandir !
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Vêpres dans la cathédrale gréco-melkite de Amman : Homélie de Benoît XVI

ROME, Samedi 9 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée ce samedi en fin d'après-midi, dans la cathédrale gréco-melkite saint George, à Amman, en Jordanie, dans le cadre de son voyage en Terre sainte (8-15 mai).

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Chers Frères et sœurs,

C'est pour moi une grande joie de célébrer les Vêpres avec vous ce soir dans la cathédrale grecque-melkite Saint-Georges. Je salue chaleureusement Sa Béatitude Grégorios III Laham, le Patriarche grec-melkite, qui de Damas nous a rejoint, l'Archevêque émérite Georges El-Murr et Mgr Yaser Ayyach, Archevêque de Pétra et de Philadelphie, que je remercie pour ses aimables paroles d'accueil et je lui adresse, en retour, mes sentiments respectueux. Je salue aussi les responsables des autres Églises catholique orientales présents - Maronite, Syriaque, Arménienne, Chaldéenne et Latine - tout comme Son Excellence Mgr Benediktos Tsikoras, de l'Église grecque-orthodoxe. À vous tous, aux prêtres, aux religieuses et aux religieux, aux séminaristes et aux fidèles laïcs rassemblés ici ce soir, j'exprime mes sincères remerciements de m'avoir donné l'occasion de prier et de goûter un peu de la richesse de nos traditions liturgiques.

L'Église elle-même est un peuple de pèlerins ; elle a été ainsi marquée, à travers les siècles, par des événements historiques déterminants et par des époques culturelles d'importance. Malheureusement, certaines ont parfois été accompagnées par des épisodes d'oppositions théologiques ou d'oppression. En revanche, d'autres ont été des moments de réconciliation - renforçant merveilleusement la communion de l'Église - et des temps de florissants renouveaux culturels auxquels les chrétiens de l'Orient ont largement contribué. Les Églises particulières à l'intérieur de l'Église universelle manifestent le dynamisme de leur pèlerinage terrestre et offrent à tous les membres de la communauté des croyants un trésor de traditions spirituelles, liturgiques et ecclésiales qui fait ressortir la bonté universelle de Dieu et son désir, vérifié à travers l'histoire, de les introduire tous dans sa vie divine.

Le trésor antique et vivant des traditions des Églises orientales enrichit l'Église universelle et ne devrait jamais être compris comme des réalités à préserver seulement. Tous les chrétiens sont appelés à répondre activement au commandement du Seigneur - comme saint Georges, d'après le souvenir populaire, le fit en des circonstances dramatiques - de conduire les autres à Le connaître et à L'aimer. Dans les faits, les vicissitudes de l'histoire ont fortifié les membres des Églises particulières pour remplir ce devoir avec vigueur et se confronter résolument aux réalités pastorales de ce temps. La plupart d'entre vous possèdent des liens antiques avec le Patriarcat d'Antioche ; vos communautés sont donc enracinées ici au Proche-Orient. Et, tout comme il y a tout juste deux mille ans, c'est à Antioche que les disciples furent pour la première fois appelés chrétiens, ainsi, aujou rd'hui, en tant que petites minorités disséminées en communautés sur ces territoires, vous êtes également reconnus comme les disciples du Seigneur. La dimension publique de votre foi chrétienne ne se restreint pas à la sollicitude spirituelle que vous vous portez les uns aux autres et à votre peuple, aussi essentiel que cela soit. Mais au contraire, vos nombreuses entreprises inspirées par la charité universelle s'étendent à tous les jordaniens - musulmans et personnes d'autres religions - ainsi qu'au grand nombre de réfugiés que ce Royaume accueille si généreusement.

Chers frères et sœurs, le premier Psaume (103) que nous avons proclamé ce soir nous présente par des images magnifiques de Dieu, la libéralité du Créateur, présent activement dans sa création, suscitant la vie par sa génér euse bonté et l'ordre de sa sagesse, toujours prêt à renouveler la face de la terre ! Cependant, le passage de l'épître que nous venons d'entendre dresse une autre perspective. Il nous avertit, non pas de manière menaçante, mais réaliste, de la nécessité de demeurer vigilants, d'être attentifs aux forces du mal à l'œuvre dans notre monde et qui sont à l'origine des ténèbres (cf. Ep 6, 10-20). Certains pourraient être tentés de penser qu'il y a là une contradiction ; en réfléchissant pourtant sur notre expérience humaine ordinaire, nous constatons un combat spirituel, nous prenons conscience du besoin quotidien de demeurer et de vivre dans la lumière du Christ, de choisir la vie, de rechercher la vérité. En effet, ce mouvement - tourner le dos au mal et se ceindre de la force du Seigneur - est ce q ue nous célébrons à chaque baptême, l'entrée dans la vie chrétienne, le premier pas dans la voie des disciples du Seigneur. Rappelant le baptême du Christ par Jean dans les eaux du Jourdain, l'assemblée prie pour que celui qui est baptisé soit arraché au royaume des ténèbres et placé dans la splendeur de la lumière du Royaume de Dieu et reçoive ainsi le don de la vie nouvelle.

La dynamique de ce mouvement qui va de la mort à la nouveauté de la vie, des ténèbres à la lumière, du désespoir à l'espérance, dont nous faisons l'expérience si fortement pendant le Triduum, et qui est célébré si joyeusement à Pâques, permet à l'Église elle-même de rester jeune. Elle est vivante parce que le Christ est vivant, vraiment ressuscité. Vivifiée par la présence de l'Esprit, elle parvient chaque jour à attirer des hommes et des femmes vers le Dieu vivant. Chers Évêques, prêtres, religieuses et religieux et fidèles laïcs, vos rôles respectifs dans le service et la mission au sein de l'Église constituent la réponse inlassable d'un peuple de pèlerins. Vos rites liturgiques, votre discipline ecclésiastique et votre héritage spirituel sont un témoignage vivant de votre tradition ininterrompue. Vous donnez un écho plus ample à la première prédication de l'Évangile, vous ravivez la mémoire antique des œuvres du Seigneur, vous rendez présente sa grâce de salut et vous diffusez à nouveau les premières lueurs de la lumière de Pâques et les vibrantes flammes de la Pentecôte.

En ce sens, en imitant le Christ, ainsi que les patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament, nous nous disposons à conduire le peuple du désert vers le lieu de la vie, vers le Seigneur qui nous donne la vie en abondance. Ceci marque l'ensemble de vos œuvres apostoliques, dont la variété et la dimension sont grandement appréciées. Des écoles maternelles jusqu'aux établissements d'enseignement supérieur, des orphelinats jusqu'aux foyers pour personnes âgées, du travail avec les réfugiés jusqu'aux académies de musique, aux cliniques et aux hôpitaux, aux initiatives culturelles et celles qui sont liées au dialogue interreligieux, votre présence dans cette société est un merveilleux signe de l'espérance qui nous définit comme chrétiens.

Cette espérance déborde le cadre de nos communautés chrétiennes. Souvent, vous constatez que les familles appartenant à d'autres religions, avec lesquelles vous travaillez et auxquelles vous offrez un service de charité, partagent des préoccupations et des soucis qui dépassent les frontières culturelles ou religieuses. Cela est particulièrement notable en ce qui concerne les espoirs et les aspirations des parents pour leurs enfants. Qui, en tant que parent ou personne de bonne volonté, pourrait ne pas être troublé par les influences néfastes si présentes dans notre monde globalisé, notamment les facteurs destructeurs présents dans l'industrie du divertissement qui exploite sans cœur l'innocence et la sensibilité des jeunes et des personnes vulnérables ? Malgré tout, en gardant les yeux fermement fixés sur le Christ, lumière qui dissipe tout mal, qui restaure l'innocence perdue, qui abaisse l'orgueil du monde, vous pourrez avoir une vision magnifi que d'espérance pour tous ceux que vous rencontrez et que vous servez.

Je voudrais conclure par une parole particulière d'encouragement à l'égard de ceux qui sont ici présents et qui sont en formation en vue de la prêtrise ou de la vie religieuse. Guidés par la lumière du Christ ressuscité, brûlant de son espérance, et revêtus de la vérité et de l'amour, votre témoignage portera d'abondantes bénédictions à ceux que vous rencontrerez le long du chemin. Et ceci vaut également pour vous tous jeunes chrétiens jordaniens : n'ayez pas peur d'offrir votre contribution sage, pondérée et respectueuse à la vie publique du Royaume. La voix authentique de la foi apporte toujours intégrité, justice, compassion et paix !

Chers amis, avec des sentiments de grand respect pour vous tous qui êtes rassemblés avec moi pour la prière vespérale, je vous remercie encore de vos prières pour mon ministère de successeur de Pierre et je vous assure ; ainsi que tous ceux qui sont confiés à votre sollicitude pastorale, de mon souvenir pour vous dans ma prière quotidienne.


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Université de Madaba (Jordanie) : Discours de Benoît XVI

Bénédiction de la première pierre


ROME, Samedi 9 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce samedi matin, à l'occasion de la bénédiction de la première pierre de l'Université du patriarcat latin, dans la ville de Madaba, en Jordanie.

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Chers frères Évêques,

Chers amis,

C'est pour moi une grande joie de bénir cette pierre de fondation de l'Université de Madaba. Je remercie Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, pour ses aimables paroles de bienvenue. Je désire exprimer aussi ma particulière reconnaissance à Sa Béatitude le Patriarche émérite Michel Sabbah, à l'initiative et aux efforts duquel, joints à ceux de Mgr Salim Sayegh, cette nouvelle institution doit beaucoup. Je remercie également les autorités civiles, les Évêques, les prêtres, les religieux, les fidèles ainsi que toutes les personnes qui sont rassemblées pour cette importante cérémonie.

A juste raison, le Royaume de Jordanie a donné la priorité à la tâche de développer et de perfectionner l'éducation. Je n'ignore pas que dans ce noble objectif Sa Majesté la Reine Rania est spécialement impliquée et que son engagement est une source d'inspiration pour beaucoup. Alors que je salue les efforts des personnes de bonne volonté qui se consacrent à l'éducation, je relève avec satisfaction la participation compétente et culturellement qualifiée des institutions chrétiennes, spécialement catholiques et orthodoxes, dans cet effort général. C'est ce climat qui a poussé l'Église catholique, avec le soutien des autorités jordaniennes, à consacrer des efforts au développement de l'enseignement universitaire ici et ailleurs. Cette initiative répond aussi à la requête de nombreuses familles qui, heureuses de la formation donnée dans les écoles tenues par les autorités religieuses, souhaitent qu'une option analogue sur le plan universitaire soit offerte.

Je rends hommage aux promoteurs de cette nouvelle institution pour leur courageuse confiance qu'une bonne éducation est un point d'appui essentiel pour l'épanouissement personnel et pour la paix et le développement de la région. Dans ce contexte, l'Université de Madaba conservera sûrement à l'esprit trois objectifs importants. En développant les ta lents et la noblesse de comportement des générations à venir d'étudiants, elle les préparera à servir une communauté plus large et à élever son niveau de vie. En transmettant la connaissance et en diffusant chez les étudiants l'amour de la vérité, elle fortifiera puissamment leur adhésion aux valeurs authentiques et leur liberté personnelle. Enfin, cette même formation intellectuelle aiguisera leur sens critique, dissipera ignorance et préjugés, et aidera à briser l'attrait exercé par des idéologies anciennes ou nouvelles. Le résultat de ce processus est une université qui n'est pas seulement un lieu où se fortifie l'adhésion à la vérité et aux valeurs d'une culture donnée, mais un espace de dialogue et de compréhension. Tout en assimilant leur propre héritage, les jeunes jord aniens et les étudiants des pays voisins seront conduits à une connaissance plus profonde des réussites de l'humanité, seront enrichis par d'autres points de vue et formés à la compréhension, à la tolérance et à la paix.

Cette éducation «plus large», c'est ce que l'on attend des institutions d'enseignement supérieur et de leur environnement culturel, qu'il soit séculier ou religieux. En fait, croire en Dieu ne dispense pas de la recherche de la vérité ; tout au contraire, cela l'encourage. Saint Paul exhortait les premiers chrétiens à ouvrir leur esprit à « tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et mérite des éloges » (Ph 4, 8). Bien sûr, la religion, comme la science et la technologie, comme la philosophie et toutes les expressions de notre quête de la vérité, peut être corrompue. La religion est défigurée quand elle est mise au service de l'ignorance et du préjugé, du mépris, de la violence et des abus. Dans ce cas, nous ne constatons pas seulement une perversion de la religion mais aussi une corruption de la liberté humaine, une étroitesse et un aveuglement de l'esprit. Il est clair qu'une telle issue n'est pas inévitable. En effet, quand nous promouvons l'éducation, nous exprimons au contraire notre confiance dans le don de la liberté. Le cœur humain peut être endurci par les conditionnements du milieu environnant, par les intérêts et les passions. Mais toute personne est aussi appelée à la sagesse et à l'intégrité, au choix décisif et fondamental du bien sur le mal, de la vérité sur la malhonnêteté, et elle peut être aidée dans cette tâche.

L'appel à l'intégrité morale est perçu par la personne vraiment religieuse parce que le Dieu de la vérité, de l'amour et de la beauté, ne peut pas être servi d'une autre façon. Croire en Dieu de façon mûre est grandement utile à l'acquisition et à l'application même de la connaissance. Science et technologie offrent d'extraordinaires bienfaits à la société et ont grandement amélioré la qualité de vie des êtres humains. C'est là, sans aucun doute, une des espérances de ceux qui promeuvent cette Université dont la devise est Sapientia et Scientia. En même temps, la science a ses limites. Elle ne peut répondre à toutes les questions qui concernent l'homme et son existenc e. En effet, la personne humaine, sa place et son rôle dans l'univers, ne peuvent être circonscrits dans les limites de la science. « La nature raisonnable de la personne humaine trouve, et doit trouver, sa perfection dans la sagesse qui attire avec douceur l'esprit de l'homme à rechercher le vrai et le bien » (cf. Gaudium et Spes, n. 15). L'usage des connaissances scientifiques requiert la lumière de la sagesse éthique. Telle est la sagesse qui a inspiré le serment d'Hippocrate, ou la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, ou la Convention de Genève et d'autres louables Traités internationaux. De là, le fait que la sagesse éthique et religieuse, en répondant au questionnement du sens et des valeurs, joue un rôle central dans la formation professionnelle. En conséquence, les universités où la quête de la vérité est liée à la recherche de ce qui est bon et noble, offrent une contribution indispensable à la société.

Dans le prolongement de ces réflexions, j'encourage d'une façon particulière les étudiants chrétiens de Jordanie et des régions voisines, à se consacrer avec sérieux à une formation morale et professionnelle appropriée. Vous êtes appelés à être les bâtisseurs d'une société juste et pacifique composée de personnes de religions différentes et d'origines ethniques diverses. Ces réalités - je désire le souligner une fois de plus - doivent conduire, non à des oppositions, mais à un enrichissement mutuel. La mission et la vocation de l'Université de Madaba sont précisément de vous aider à participer plus pleinement à cette tâche.

Ch ers amis, je souhaite renouveler mes félicitations au Patriarche latin de Jérusalem et mes encouragements à tous ceux qui ont pris ce projet à cœur, ainsi qu'à tous ceux qui sont déjà engagés dans l'apostolat de l'enseignement dans ce pays. Que le Seigneur vous bénisse et vous soutienne ! Je prie pour que votre rêve puisse devenir bientôt réalité, que vous puissiez voir des générations d'hommes et de femmes bien formés - chrétiens, musulmans et d'autres religions - prendre leur place dans la société, professionnellement aptes, compétents dans leur domaine et éduqués aux valeurs de sagesse, de tolérance et de paix. Sur vous et sur l'ensemble des futurs étudiants, professeurs et membres de l'administration de cette Université ainsi que sur leurs familles, j'invoque l'abondance des bénédi ctions du Dieu Tout-Puissant.

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Discours de Benoît XVI au Mont Nebo (Jordanie)

ROME, Samedi 9 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce samedi matin, au Mont Nebo, en Jordanie, où se trouve l'antique Basilique du « Mémorial de Moïse » confiée à la custodie franciscaine de Terre sainte. Selon la tradition, c'est à cet endroit que le Seigneur montra la Terre promise à Moïse, au terme de l'épreuve du désert, 40 ans après l'exode d'Egypte. A son arrivée, le pape a été accueilli par le ministre général de l'Ordre des frères mineurs, le P. José Rodríguez Carballo. Nous publions ci-dessous le discours prononcé par le pape.

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Père Ministre Général,

Père Custode,

Chers amis,

En ce saint lieu, consacré à la mémoire de Moïse, je vous salue tous avec affection en Jésus Christ notre Seigneur. Je remercie le Ministre général de l'Ordre des Frères mineurs, le Père José Rodriguez Carballo, pour ses mots chaleureux de bienvenue. Je saisis également cette occasion pour exprimer ma gratitude, et celle de l'Église tout entière, aux Frères de la Custodie pour leur très ancienne présence sur ces terres, pour leur joyeuse fidélité au charisme de saint François, et pour leur généreuse sollicitude dans l'assistance spirituelle et matérielle en faveur des communautés chrétiennes locales et des innombrables pèlerins qui visitent chaque année la Terre Sainte. Je désire rappeler aussi, avec une gratitude particulière, le défunt Père Michele Piccirillo, qui a consacré sa vie à l'étude des Antiquités chrétiennes et qui est enterré dans ce sanctuaire qu'il a tant aimé.

Il est juste que mon pèlerinage puisse commencer sur cette montagne, où Moïse a contemplé de loin la Terre promise. La magnifique perspective qui s'ouvre depuis l'esplanade de ce sanctuaire nous invite à méditer sur cette vision prophétique qui embrassait mystérieusement le grand plan de salut que Dieu avait préparé pour son peuple. C'est en effet dans la vallée du Jourdain qui s'étend sous nos yeux que, à la plénitude des temps, Jean le Baptiste devait venir pour préparer la voie au Seigneur. C'est dans les eaux du Jourdain que Jésus, après son baptême par Jean, a été manifesté comme le Fils bien-aimé du Père et que, consacré par l'Esprit-Saint, il a inauguré son ministère public. Et c'est depuis le Jourdain que l'Évangile progressera, d'abord à travers la prédication et les miracles du Christ et que, plus tard, après sa résurrection et le don de l'Esprit à la Pentecôte, il sera porté par ses disciples jusqu'aux extrémités de la terre.

Ici, sur les hauteurs du Mont Nébo, la mémoire de Moïse nous invite à « lever les yeux » pour embrasser du regard avec gratitude non seulement la puissante œuvre accomplie par Dieu dans le passé, mais aussi pour regarder avec foi et espérance vers l'avenir qu'il nous offre, à nous-mêmes et au monde. Comme Moïse, nous aussi avons été appelés par notre nom, invités à entreprendre un exode quotidien du péché et de la servitude vers la vie et la liberté, et nous avons reçu une promesse irrévocable pour guider notre marche. Dans les eaux du Baptême, nous sommes passés de l'esclavage du péché à une vie nouvelle et à l'espérance. Dans la communion de l'Église, Corps du Christ, nous attendons de voir la cité céleste, la nouvelle Jérusalem, où Dieu sera tout en tous. Depuis cette sainte montagne, Moïse dirige notre regard - comme il le fera encore sur les hauteurs du Mont Tabor (cf. Lc 9, 28-36) - vers l'accomplissement de toutes les promesses de Dieu, dans le Christ.

Moïse a contemplé de loin la Terre promise, au terme de son pèlerinage terrestre. Son exemple nous rappelle que nous avons part nous aussi à l'immémorial pèlerinage du peuple de Dieu à travers l'histoire. Dans les pas des prophè tes, des apôtres et des saints, nous sommes appelés à poursuivre la mission du Seigneur, à rendre témoignage à la Bonne Nouvelle de la miséricorde et de l'amour universel de Dieu, et à œuvrer pour l'avènement du Royaume du Christ par notre charité, notre service des pauvres et nos efforts pour être levain de réconciliation, de pardon et de paix autour de nous. Nous savons, comme Moïse, que nous pourrions ne pas voir le plein accomplissement du plan divin durant notre vie terrestre. Cependant, nous croyons qu'en assumant la petite part qui nous est confiée, dans la fidélité à la vocation que chacun de nous a reçue, nous aiderons à rendre droits les chemins du Seigneur et à accueillir l'aurore de son Royaume. Et nous savons que le Dieu qui a révélé son nom à Moïse comme le gage qu'il serait toujours à no s côtés (cf. Ex 3, 14) nous donnera la force de persévérer dans une espérance joyeuse même au milieu des souffrances, des épreuves et des tribulations.

Depuis les origines, les chrétiens sont venus en pèlerinage sur les lieux associés à l'histoire du peuple élu, aux événements de la vie du Christ et de l'Église naissante. Cette grande tradition, que mon présent voyage entend poursuivre et confirmer, est fondée sur le désir de voir, de toucher, de goûter dans la prière et la contemplation, les endroits bénis par la présence physique du Sauveur, de sa sainte Mère, des apôtres et des premiers disciples qui l'ont vu relevé d'entre les morts. Ici, sur les pas des innombrables pèlerins qui nous ont précédés au cours des siècles, nous sommes provoqués à m esurer plus pleinement le don de notre foi et à grandir dans cette communion qui transcende toute frontière de langue, de race et de culture.

L'antique tradition du pèlerinage sur les lieux saints nous rappelle aussi le lien inséparable qui unit l'Église et le peuple juif. Depuis le commencement, l'Église sur cette terre a commémoré dans sa liturgie les grandes figures de l'Ancien Testament, comme un signe de sa conscience profonde de l'unité des deux Testaments. Puisse, aujourd'hui, notre rencontre nous inspirer un amour renouvelé pour les écrits de l'Ancien Testament et le désir de dépasser tous les obstacles à la réconciliation des Chrétiens et des Juifs dans le respect mutuel et la coopération au service de cette paix à laquelle la Parole de Dieu nous appelle !

Chers amis, rassemblés en ce lieu saint, que nos yeux et nos cœ urs se tournent maintenant vers le Père. Alors que nous nous préparons à redire la prière que Jésus nous a enseignée, demandons-lui de hâter la venue de son royaume afin que nous puissions voir l'accomplissement de son plan de salut, et faire l'expérience, avec saint François et tous les pèlerins qui nous ont précédés marqués du signe de la foi, du don de l'indicible paix - pax et bonum - qui nous attend dans la Jérusalem céleste.

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Le ministre général franciscain accueille Benoît XVI au Mont Nebo

Allocution du P. José Rodríguez Carballo, ofm


ROME, samedi 9 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'allocution prononcée par le père José Rodríguez Carballo, ofm, ministre général franciscain, à l'arrivée de Benoît XVI dans la basilique du Mémorial de Moïse sur le Mont Nebo.

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Très Saint Père, veuillez recevoir au nom de tous les Frères Mineurs qui vivent en Terre Sainte et de tout l'Ordre le salut de saint François : Que le Seigneur vous donne la Paix !

Ici, sur le Mont Nebo, aux portes de la terre promise, nous vous souhaitons la bienvenue au début de votre pèlerinage en Terre Sainte. Ici, Moïse, au terme de l'exode, eut la gr&aci rc;ce de voir la terre que le Seigneur avait promise à son peuple. La promesse de Dieu devenait finalement réalité. Moïse avait conduit Israël pendant quarante ans. Pendant quarante ans, il avait été la voix de Dieu pour le peuple et la voix du peuple auprès de Dieu. Il avait reçu du Seigneur la loi et l'avait transmise à Israël afin qu'il l'observe. Il avait aidé le peuple à grandir dans la foi, l'exhortant et le soutenant dans les moments de découragement mais l'admonestant et le reprenant aussi lorsque la tentation des oignons d'Egypte se faisait plus forte. Grâce à Moïse, Israël avait appris à mieux connaître son Seigneur : un Dieu prévoyant qui n'abandonne jamais son peuple. Un Dieu qui, durant le chemin, est lumière dans les ténèbres et repos de la fatigue. Un Dieu qui tient compte des besoins de ses fils au travers de la manne du ciel et de l'eau de la roche. Un Dieu qui descend dans une tente pour demeurer au milieu d'eux et, avec eux, se fait pèlerin. Ainsi, Moïse non seulement conduisit le peuple de l'Alliance vers cette terre mais surtout le conduisit à son Seigneur et Sauveur.

Très Saint Père, vous avez voulu vous faire aujourd'hui pèlerin, nous rappelant que telle est la condition du peuple de Dieu. Au cours de ce voyage, vous n'êtes pas seul. Nous désirons vous accompagner, mieux, vous suivre, comme par un temps le peuple d'Israël avait suivi Moïse et s'était fait conduire par lui. Nous aussi aujourd'hui, nous nous sentons comme dans le désert et nous avons besoin de celui qui nous conduit au Seigneur, de quelqu'un qui nous aide à le connaître toujours plus comme un Père prévoyant et miséricordieux, comme notre Seigneur Jésus Christ nous l'a révélé . Souvent, en effet, nous sommes pris par le découragement et par la peur lorsque le chemin se fait âpre et dur. Parfois, il semble que le mal prévaut. Partout, nous voyons des guerres et des violences. Il existe encore tant de pauvreté qu'elle écrase une grande partie de l'humanité alors que les droits humains les plus élémentaires sont foulés aux pieds. La soif de richesse et de pouvoir fait que les hommes n'hésitent pas à dévaster la création qui leur avait été confiée afin qu'ils en prennent soin. La foi en la promesse de la terre où coulent le lait et le miel, dans le Royaume qui croît sans faire de bruit comme une petite graine de moutarde, risque de s'évanouir dans nos coeurs et nous risquions d'être tentés d'abandonner la charrue et de nous retourner.

Ici, sur ce mont, l'un de nos confrères, frère Michele Piccirillo, que le Seigneur a récemment appelé à Lui, a dédié sa vie entière afin de nous permettre de goûter la beauté de ces lieux, nous restituant les chefs d'oeuvre perdus et enfouis par les siècles. Son oeuvre, outre son immense valeur scientifique, nous enseigne qu'il est dans la nature profonde de l'homme d'aller toujours à la recherche de la vraie beauté. Très Saint Père, au cours de ce pèlerinage, nous nous confions à vous. Portez nos supplications aux Seigneur et adressez-nous, une fois encore, cette Parole qui est la seule à pouvoir nous donner le salut. Aidez-nous à redécouvrir la beauté de notre vocation, la beauté d'être disciples du Ressuscité. Alors, comme les disciples, nous aurons le courage de laisser derrière nous notre cénacle, comode et sûr, pour nous mettre à nouveau sur les ro utes du monde, en témoignant à tous la joie de Pâques.

Frère José Rodríguez Carballo ofm

Ministre général

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Messe au Stade de Amman (Jordanie) : Homélie de Benoît XVI

ROME, Dimanche 10 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée ce dimanche matin, lors de la grand messe qu'il a présidé au Stade international d'Amman, en Jordanie.

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Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Je me réjouis que nous puissions célébrer cette Eucharistie ensemble au début de mon pèlerinage en Terre sainte. Hier, depuis les hauteurs du Mont Nébo où je me tenais, je regardais avec attention cette terre magnifique, la terre de Moïse, d'Élie et de Jean le Baptiste, la terre où les antiques promesses de Dieu ont été accomplies par l a venue du Messie, Jésus Notre Seigneur. Cette terre a été le témoin de sa prédication et de ses miracles, de sa mort et de sa résurrection, et de l'effusion de l'Esprit Saint sur l'Église, sacrement d'une humanité réconciliée et renouvelée. Alors que je considérais le mystère de la fidélité de Dieu, je priais pour que l'Église sur ces terres soit confirmée dans l'espérance et fortifiée dans son témoignage au Christ ressuscité, le Sauveur du genre humain. Vraiment, comme saint Pierre nous le dit dans la première lecture de ce jour, « son nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12).

La joyeuse célébration du sacrifice eucharistique de ce jour exprime la riche diversité de l'Église catholique en Terre Sainte. Je vous salue tous avec affe ction dans le Seigneur. Je remercie Sa Béatitude Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem, pour ses aimables paroles d'accueil. Avec respect et gratitude, je salue aussi Son Altesse Royale le Prince Ghazi Ben Mohammed, qui représente le Roi de Jordanie, et je La remercie pour sa présence au milieu de nous. Mes salutations s'adressent aussi aux nombreux jeunes des écoles catholiques qui apportent aujourd'hui tout leur enthousiasme à cette célébration eucharistique.

Dans l'Évangile que nous venons d'entendre, Jésus proclame : « Je suis le bon pasteur... qui donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10, 11). En tant que Successeur de Pierre, à qui le Seigneur a confié le soin de son troupeau (cf. Jn 21, 15-17), j'ai longtemps attendu cette opportunité de me tenir devant vous comme un témoin du Sauveur ressuscité, et de vous encourager &agr ave; persévérer dans la foi, l'espérance et la charité, dans la fidélité aux traditions antiques et à l'histoire édifiante du témoignage chrétien qui remonte au temps apostolique. La communauté catholique, ici, est profondément touchée par les difficultés et les incertitudes qui affectent tous les peuples du Moyen-Orient. Puissiez-vous ne jamais oublier la grande dignité qui vient de votre héritage chrétien, ou manquer de sentir la solidarité affectueuse de tous vos frères et sœurs de l'Église à travers le monde entier !

« Je suis le bon pasteur », nous dit le Seigneur, « je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14). Aujourd'hui, en Jordanie, nous célébrons la Journée mondiale de Prière pour les Vocations. Alors que nou s méditons sur l'Évangile du Bon Pasteur, demandons au Seigneur d'ouvrir nos cœurs et nos esprits toujours plus pleinement pour entendre son appel. Véritablement, Jésus « nous connaît », plus profondément que nous ne nous connaissons nous-mêmes, et il a un dessein pour chacun de nous. Nous savons aussi que, quelque soit son appel, nous trouverons le bonheur et l'épanouissement ; en effet, nous nous trouverons véritablement nous-mêmes (cf. Mt 10, 39). Aujourd'hui, j'invite les nombreux jeunes présents ici à considérer comment le Seigneur les appelle à le suivre et à construire son Église. Que ce soit dans le ministère sacerdotal, dans la vie consacrée ou dans le sacrement de mariage, Jésus a besoin de vous pour faire entendre sa voix et travailler à la croissance de son Royaume.

Dans la seconde le cture de ce jour, saint Jean nous invite à « penser à l'amour dont le Père nous a comblés » en faisant de nous ses enfants d'adoption dans le Christ. Entendre ces paroles devrait nous rendre reconnaissants pour l'expérience de l'amour du Père que nous avons faite dans nos familles, à travers l'amour de notre père et de notre mère, de nos grands-parents, de nos frères et sœurs. Pendant la célébration de l'Année de la Famille, l'Église en Terre Sainte a réfléchi sur la famille comme un mystère d'amour qui donne la vie, doué dans le dessein divin d'un appel et d'une mission propre : rayonner l'amour divin qui est la source et l'ultime accomplissement de tous les autres amours de nos vies. Que chaque famille chrétienne grandisse dans la fidélité à sa haute vocation pour être une véritable &eacu te;cole de prière, où les enfants apprennent l'amour sincère de Dieu, où ils mûrissent par la maîtrise de soi et le souci du bien des autres, et où, modelés par la sagesse née de la foi, ils contribuent à construire une société toujours plus juste et fraternelle. Les fortes familles chrétiennes de ces contrées sont un legs précieux laissé par les générations précédentes. Puissent les familles d'aujourd'hui être fidèles à cet impressionnant héritage, et ne jamais manquer de l'assistance matérielle et morale dont elles ont besoin pour remplir leur rôle irremplaçable dans le service de la société !

Un aspect important de votre réflexion durant cette Année de la Famille a été consacré à la dignité particulière, à la v ocation et à la mission des femmes dans le dessein de Dieu. Qui peut dire ce que l'Église ici présente doit au patient, aimant et fidèle témoignage d'innombrables mères chrétiennes, religieuses, enseignantes, médecins ou infirmières ! Qui peut dire ce que votre société doit à toutes ces femmes qui, de différentes et parfois de très courageuses manières, ont consacré leurs vies à construire la paix et à promouvoir l'amour ! Dès les premières pages de la Bible, nous voyons comment l'homme et la femme, crées à l'image de Dieu, sont destinés à se compléter l'un l'autre en tant qu'intendants des dons de Dieu et partenaires dans la communication du don qu'il fait de sa vie au monde, à la fois sur le plan biologique et spirituel. Malheureusement, cette dignité reçue de Dieu et ce rô le des femmes n'ont pas toujours été suffisamment compris et estimés. L'Église, et la société dans son ensemble, a commencé à saisir combien nous avons besoin de façon urgente de ce que le Pape Jean-Paul II appelait le « charisme prophétique » des femmes (cf. Mulieris Dignitatem, n.29) comme porteuses d'amour, enseignantes de la miséricorde et artisans de paix, apportant chaleur et humanité à un monde qui trop souvent juge la valeur des personnes d'après les froids critères de l'utilité et du profit. Par son témoignage public de respect vis-à-vis de la femme, et sa défense de la dignité innée de toute personne humaine, l'Église en Terre Sainte peut apporter une importante contribution au progrès d'une vraie culture humaniste et à la construction de la civilisation de l'amour.

Chers amis, revenons aux mots de Jésus dans l'Évangile d'aujourd'hui. Je crois qu'ils contiennent un message qui vous est particulièrement destiné, vous son fidèle troupeau sur ces terres où il vécut. « Le bon pasteur », nous dit-il, « donne sa vie pour ses brebis ». Au commencement de cette messe, nous avons demandé au Père de « nous donner part à la force du courage du Christ notre berger », qui est demeuré ferme dans la fidélité à son Père (cf. Prière d'ouverture, Messe du quatrième dimanche de Pâques). Puisse le courage du Christ notre berger vous inspirer et vous soutenir chaque jour dans vos efforts pour rendre témoignage de la foi chrétienne et pour maintenir la présence de l'Église dans l'évolution du tissu social de ces terres si anciennes.

L a fidélité à vos racines chrétiennes, la fidélité à la mission de l'Église en Terre Sainte réclament à chacun de vous un courage singulier : le courage de la conviction, née d'une foi personnelle, qui ne soit pas seulement une convention sociale ou une tradition familiale ; le courage de dialoguer et de travailler aux côtés des autres chrétiens au service de l'Évangile et de la solidarité avec les pauvres, les personnes déplacées et les victimes des grandes tragédies humaines ; le courage de construire de nouveaux ponts pour rendre possible la rencontre fructueuse des personnes de religions et de cultures différentes, et donc d'enrichir le tissu de la société. Cela signifie également rendre témoignage à l'amour qui nous porte à donner nos vies au service des autres, et ainsi à contrecarrer des manières de penser qui justifient qu'on puisse « prendre » des vies innocentes.

« Je suis le bon berger ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent » (Jn 10, 14). Réjouissez-vous que le Seigneur vous ait appelés par votre nom et ait fait de vous les membres de son troupeau. Suivez-le avec joie et laissez-le vous guider sur tous vos chemins en toute chose ! Jésus sait à quels défis vous faites face, quelles épreuves vous endurez et le bien que vous faites en son nom. Faites-lui confiance, faites confiance à son amour inlassable pour chacun de ses membres de son troupeau, et persévérez dans le témoignage rendu au triomphe de cet amour. Puissent saint Jean-Baptiste, le patron de la Jordanie, et Marie, Vierge et Mère, vous encourager par leur exemple et leur prière, et vous conduire à la plénitude de la joie dans les pâturages éternels où nous ferons pour toujours l'expérience de la présence du Bon Pasteur et où nous connaître pour toujours les profondeurs de son amour. Amen.
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Regina Caeli depuis Amman (Jordanie)

ROME, Dimanche 10 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de la prière du Regina Caeli que le pape Benoît XVI a prononcée ce dimanche matin, à l'issue de la messe qu'il a présidé au Stade international d'Amman, en Jordanie.

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Chers amis,

Durant la messe, j'ai évoqué le charisme prophétique de la femme comme porteuse d'amour, enseignante de miséricorde et artisan de paix. L'exemple suprême des vertus féminines est la Bienheureuse Vierge Marie : Mère de miséricorde et Reine de la paix. Alors que nous nous tournons vers elle, recourrons à son intercession maternelle pour toutes les familles de cette région, afin qu'elles puissent être de vraies écoles de pri&egr ave;re et d'amour. Demandons à la Mère de l'Église de porter un regard de miséricorde sur tous les chrétiens de cette région afin que, soutenus par son intercession, ils puissent être authentiquement unis dans la foi qu'ils professent et dans le témoignage qu'ils rendent. Demandons à Celle qui répondit si généreusement au message de l'ange et qui consentit à la vocation de devenir la Mère de Dieu, de donner courage et force à tous les jeunes d'aujourd'hui qui cherchent à discerner leur vocation, pour qu'ils puissent eux aussi se consacrer généreusement à faire la volonté de Dieu.

En ce temps de Pâques, c'est par le titre de Regina Caeli que nous invoquons la Vierge Bienheureuse. Comme un fruit de la rédemption accomplie par la mort et la résurrection de son Fils, elle a été, elle aussi, élevée dans la gloire éternelle et couronnée Reine du Ciel. Avec une grande confiance dans le pouvoir de son intercession, avec joie et avec amour pour notre glorieuse Mère toujours Vierge, nous nous tournons vers elle et sollicitons ses prières.
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Discours de Benoît XVI sur le site du baptême de Jésus (Jordanie)

Le pape bénit les premières pierres de deux églises

ROME, Dimanche 10 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce dimanche, en fin d'après-midi, après avoir visité le site du baptême de Jésus, à Béthanie, au-delà du Jourdain, en Jordanie, dans le cadre de son voyage en Terre sainte (8-15 mai), et après avoir béni les premières pierres des églises des latins et des gréco-melkites.

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Votre Altesse,

Chers Frères Évêques,


Chers Amis,
C'est avec une grande joie spirituelle que je viens bénir les premières pierres de deux églises catholiques qui seront constr uites près du Jourdain, lieu marqué par de nombreux événements mémorables dans l'histoire biblique. Le prophète Élie, le Tisbite, provenait de cet endroit, peu éloigné du Nord de Galaad. Près d'ici, en face de Jéricho, les eaux du Jourdain s'ouvrirent devant Élie, qui fut enlevé par le Seigneur sur un char de feu (cf. 2 Rois 2, 9-12). Ici, l'Esprit du Seigneur appela Jean, le fils de Zacharie, à prêcher la conversion des cœurs. Jean l'Évangéliste situe également dans ce lieu la rencontre entre le Baptiste et Jésus, qui, à son Baptême, fut « oint » par l'Esprit de Dieu descendant sur Lui comme une colombe, et qui proclama le Fils bien-aimé du Père (cf. Jn 1, 28 ; Mc 1, 9-11).

J'ai eu l'honneur d'être reçu à cet important site par leurs Majest&eacu te;s le Roi Abdallah II et la Reine Rania. Je désire une fois encore exprimer ma reconnaissance sincère pour l'hospitalité chaleureuse dont ils ont fait preuve à mon égard durant ma visite au Royaume hachémite de Jordanie.

Je salue avec joie Sa Béatitude Grégoire III Laham, Patriarche d'Antioche de l'Église Grecque-Melkite. Je salue également avec affection Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, Patriarche Latin de Jérusalem, et je le remercie de ses mots cordiaux de bienvenue. J'étends mes vœux les plus chaleureux à Sa Béatitude Michel Sabbah, aux Évêques auxiliaires présents, en particulier à Mgr Joseph Jules Zerey et à Mgr Salim Sayegh, ainsi qu'à tous les Évêques, prêtres, religieux et fidèles qui nous accompagnent aujourd'hui. Réjouissons-nous de savoir que ces deux édifices, un latin et un au tre grec-melkite, serviront à construire, chacun selon les traditions de sa propre communauté, l'unique famille de Dieu.

La première pierre d'une église est un symbole du Christ. L'Église repose sur le Christ ; elle est soutenue par lui et elle ne peut pas être séparée de lui. Il est l'unique fondement de toute communauté chrétienne, la pierre vivante, écartée par les bâtisseurs mais choisie et précieuse aux yeux de Dieu comme la pierre d'angle (cf. 1 P 2, 4-5, 7). Avec lui, nous aussi nous sommes des pierres vivantes construisant une maison spirituelle, une demeure pour Dieu (cf. Ep 2, 20-22 ; 1 P 2, 5). Saint Augustin aime se référer au mystère de l'Église comme au Christus totus, le Christ tout entier, signifiant la plénitude ou la totalité du Corps du Christ, Tête et membres. C'est l a réalité de l'Église ; c'est le Christ et nous, le Christ avec nous. Il est avec nous comme la vigne avec ses propres sarments (cf. Jn 15, 1-8). L'Église est, dans le Christ, une communauté de vie nouvelle, une réalité dynamique de grâce qui découle de lui. Par l'Église, il purifie nos cœurs, il illumine nos esprits, il nous unit avec le Père et, dans l'unique Esprit, il nous pousse à mettre en pratique chaque jour l'amour chrétien. Nous confessons cette joyeuse réalité en tant qu'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique.

Nous entrons dans l'Église par le Baptême. La mémoire du propre Baptême du Christ se présente de façon vivante à nous en ce lieu. Jésus s'est mis dans la file avec les pécheurs et il a accepté le Baptême de pénitence de Jean comme un signe prophétique de sa propre passion, mort et résurrection pour le pardon des péchés. Depuis, à travers les siècles, de nombreux pèlerins sont venus au Jourdain pour y chercher leur purification, renouveler leur foi et se rapprocher du Seigneur. Comme Éthérie qui, à la fin du 4e siècle, laissa le récit écrit de sa visite. Le sacrement du baptême, formellement institué après la mort et la résurrection du Christ, sera particulièrement cher aux communautés chrétiennes qui se rassembleront entre les murs des nouvelles églises. Que le Jourdain vous rappelle sans cesse que vous avez été lavés dans les eaux du baptême et que vous êtes devenus membres de la famille de Jésus. Vos vies, en conformité avec sa parole, ont été transformées à son image et à sa ressembla nce. Alors que vous vous efforcez d'être fidèles à votre engagement baptismal de conversion, de témoignage et de mission, sachez que vous êtes fortifiés par le don de l'Esprit Saint.

Chers frères et sœurs, que la contemplation méditative de ces mystères vous enrichisse d'une joie spirituelle et d'une force morale. Avec l'Apôtre Paul, je vous encourage à grandir dans toute l'étendue des nobles attitudes contenues sous le nom bénie d'agape, l'amour chrétien (cf. 1 Co 13, 1-13). Favorisez le dialogue et la compréhension dans la société civile, spécialement lorsque vous revendiquez vos droits légitimes. Au Moyen-Orient, marqué par des souffrances tragiques, par des années de violence et de tensions non résolues, les Chrétiens sont appelés à offrir leur contribution, inspirée par l'e xemple de Jésus, à la réconciliation et à la paix à travers le pardon et la générosité. Continuez à être reconnaissants envers ceux qui vous conduisent et vous servent fidèlement comme ministres du Christ. Vous faîtes bien d'accepter leur accompagnement dans la foi, sachant qu'en recevant l'enseignement des Apôtres qu'ils transmettent, vous accueillez le Christ et vous accueillez Celui qui l'envoie (cf. Mt 10, 40).

Mes chers frères et sœurs, nous allons maintenant bénir ces deux pierres, commencement de deux nouveaux édifices sacrés. Que le Seigneur soutienne, renforce et accroisse les communautés qui y pratiqueront leur culte. Et qu'il vous bénisse tous par le don de sa paix. Amen !

 

 



site Zenit

10-05-2009

INTERVIEW OF THE HOLY FATHER BENEDICT XVI
DURING THE FLIGHT TO THE HOLY LAND

Papal Flight
Friday, 8 May 2009

Father Lombardi:

Your Holiness, thank you very much for giving us the opportunity once again for a meeting with you at the beginning of such an important and demanding journey. Among other things, it allows us to wish you a good journey and to assure you that we will play our part in spreading the messages that you wish to convey to us. As usual, the questions I am about to ask are the result of a collection of questions proposed by my colleagues here present. I shall put these questions to you myself, purely for ease of logistics, but they were in fact produced by a joint effort.

Q. Your Holiness, this journey is taking place at a very delicate moment for the Middle East: there are strong tensions – at the time of the crisis in Gaza, there was even speculation that you might decide not to come. At the same time, a few days after your journey, the principal political leaders of Israel and the Palestinian Authority will also be meeting President Obama. Do you think you can offer a contribution to the peace process that now seems to have become deadlocked?

A. Good morning! First I should like to thank all of you for the work that you do, and let us all wish one another a good journey, a good pilgrimage, a good return journey. As for the question, certainly I shall seek to contribute to peace not as an individual but in the name of the Catholic Church, and of the Holy See. We are not a political power, but a spiritual force, and this spiritual force is a reality that can contribute to advances in the peace process. I see three levels. First, as believers we are convinced that prayer is a real force: it opens the world to God. We are convinced that God listens and that he can act in history. I think that if millions of people – millions of believers – all pray, this is truly a force that influences and can contribute to moving forward the cause of peace. Second: we are seeking to assist in the formation of consciences. The conscience is the human capacity to perceive the truth, but this capacity is often impeded by particular interests. And to break free from these interests, to open up more to the truth, to true values, is a major undertaking: it is a task of the Church to help us to know true criteria, true values, and to free us from particular interests. And so – in third place – we also speak – no doubt about it – to reason: precisely because we are not a political force, we can perhaps more easily, and in the light of the faith, see the true criteria, we can assist in understanding what contributes to peace and we can appeal to reason, we can support positions that are truly reasonable. This we have already done and we wish to do so again now and in the future.

Q. Thank you, Your Holiness. The second question. As a theologian, you have reflected particularly on the common roots shared by Christians and Jews. How is it that, despite the efforts towards dialogue, misunderstandings often occur? How do you see the future of dialogue between the two communities?

A. The important thing is that we really do have the same roots, the same books of the Old Testament, a Book which – both for the Jews and for us – conveys Revelation. Yet of course, after two thousand years of distinct, not to say separate, histories, it is no wonder if misunderstandings arise, because very different traditions of interpretation, language and thought have been formed, there is so to speak a very different “semantic cosmos”, such that the same words used in the two traditions mean different things; and with this use of words that, in the course of history have acquired different meanings, misunderstandings obviously arise. We must each do all we can to learn the language of the other, and it seems to me that we are making great progress here. Today it is possible for young people, future teachers of theology, to study in Jerusalem, at the Hebrew University, and Jews have academic contacts with us: thus an encounter is taking place between one “semantic cosmos” and the other. Let us learn from one another and let us go forward along the path of true dialogue, let us each learn from the other, and I am sure and convinced that we will make progress. And this will also help peace, indeed it will help mutual love.

Q. Your Holiness, this journey has two essential dimensions of inter-religious dialogue – with Islam and with Judaism. Are the two directions completely separate from one another, or will there also be a common message concerning the three Abrahamic religions?

A. Certainly there is also a common message and there will be opportunities to highlight it. Notwithstanding our diverse origins, we have common roots because, as I have already said, Christianity is born from the Old Testament and the Scripture of the New Testament would not exist without the Old, because it makes constant reference to “the Scriptures”, that is, to the Old Testament. Islam too was born in a world where both Judaism and the various branches of Christianity: Judeo-Christianity, Antiochene Christianity, and Byzantine Christianity were all present, and all these circumstances are reflected in the Koranic tradition, with the result that we have much in common in terms of our origins and our faith in the one God. So it is important on the one hand to have bilateral dialogues – with the Jews and with Islam – and then also trilateral dialogue. I myself was the Co-Founder of a foundation for dialogue among the three religions, at which leading figures like Metropolitan Damaskinos and the Chief Rabbi of France René Samuel Sirat and others came together, and this foundation also issued an edition of the books of the three religions: the Koran, the New Testament and the Old Testament. So the trilateral dialogue must go forward, it is extremely important for peace and also – let us say – for living one’s own religion well.

Q. One final question. Your Holiness, you have often spoken of the problem of the declining number of Christians in the Middle East and especially in the Holy Land. It is a phenomenon with various causes of a political, economic and social character. What can be done in practice to assist the Christian presence in the region? What contribution do you hope to make with your journey? Is there hope for these Christians in the future? Do you have a particular message for the Christians in Gaza who will come to meet you in Bethlehem?

A. Certainly there is hope, because while this is a difficult moment, as you have mentioned, it is also a time of hope for a new beginning, for a new impetus along the path to peace. We wish above all to encourage the Christians in the Holy Land and throughout the Middle East to remain, to offer their contribution in their countries of origin: they are an important component of the life and culture of these regions. In practice, what the Church brings – in addition to words of encouragement and common prayer – are chiefly schools and hospitals. In this sense, we have thoroughly practical establishments here. Our schools educate a generation that will be able to make its presence felt in life today, in public life. The Catholic Church is opening a University in Jordan, which strikes me as an important setting in which young people – both Muslims and Christians – will meet, will learn together, and where a Christian intelligentsia can be formed that is suitably prepared to work for peace. But in general, our schools provide a very important opportunity that opens up a future for the Christians, and the hospitals make our presence visible. Moreover, there are many Christian associations that help Christians in different ways, and with practical assistance they encourage them to stay. So I hope that the Christians really will find the courage, the humility, the patience to remain in these lands, and to offer their contribution to the future of these lands.

Father Lombardi:

Thank you, Your Holiness, with these replies you have helped us to put our journey in context from a spiritual point of view, and from a cultural point of view. Once more I express to you my own good wishes, and those of all my colleagues on this flight, including the others who are flying to the Holy Land at this time, in order to take part and to assist, through their reporting, in attaining a positive outcome for this demanding mission of yours. May you and all your collaborators have a good journey, and to my colleagues I say: Buon lavoro!

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WELCOMING CEREMONY

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

"Queen Alia" International Airport of Amman
Friday, 8 May 2009

Your Majesties,
Your Excellencies,
Dear Brother Bishops,
Dear Friends,

It is with joy that I greet all of you here present, as I begin my first visit to the Middle East since my election to the Apostolic See, and I am pleased to set foot upon the soil of the Hashemite Kingdom of Jordan, a land so rich in history, home to so many ancient civilizations, and deeply imbued with religious significance for Jews, Christians and Muslims. I thank His Majesty King Abdullah II for his kind words of welcome, and I offer my particular congratulations in this year that marks the tenth anniversary of his accession to the throne. In greeting His Majesty, I extend heartfelt good wishes to all members of the Royal Family and the Government, and to all the people of the Kingdom. I greet His Beatitude Fouad Twal and His Beatitude Theophilus III and also other Patriarchs and Bishops here present, especially those with pastoral responsibilities in Jordan.I look forward to celebrating the liturgy at Saint George’s Cathedral tomorrow evening and at the International Stadium on Sunday together with you, dear Bishops, and so many of the faithful entrusted to your care.

I come to Jordan as a pilgrim, to venerate holy places that have played such an important part in some of the key events of Biblical history. At Mount Nebo, Moses led his people to within sight of the land that would become their home, and here he died and was laid to rest. At Bethany beyond the Jordan, John the Baptist preached and bore witness to Jesus, whom he baptized in the waters of the river that gives this land its name. In the coming days I shall visit both these holy places, and I shall have the joy of blessing the foundation stones of churches that are to be built at the traditional site of the Lord’s Baptism. The opportunity that Jordan’s Catholic community enjoys to build public places of worship is a sign of this country’s respect for religion, and on their behalf I want to say how much this openness is appreciated. Religious freedom is, of course, a fundamental human right, and it is my fervent hope and prayer that respect for all the inalienable rights and the dignity of every man and woman will come to be increasingly affirmed and defended, not only throughout the Middle East, but in every part of the world.

My visit to Jordan gives me a welcome opportunity to speak of my deep respect for the Muslim community, and to pay tribute to the leadership shown by His Majesty the King in promoting a better understanding of the virtues proclaimed by Islam. Now that some years have passed since the publication of the Amman Message and the Amman Interfaith Message, we can say that these worthy initiatives have achieved much good in furthering an alliance of civilizations between the West and the Muslim world, confounding the predictions of those who consider violence and conflict inevitable. Indeed the Kingdom of Jordan has long been at the forefront of initiatives to promote peace in the Middle East and throughout the world, encouraging inter-religious dialogue, supporting efforts to find a just solution to the Israeli-Palestinian conflict, welcoming refugees from neighboring Iraq, and seeking to curb extremism. I cannot let this opportunity pass without calling to mind the pioneering efforts for peace in the region made by the late King Hussein. How fitting that my meeting tomorrow with Muslim religious leaders, the diplomatic corps and University rectors should take place in the mosque that bears his name. May his commitment to the resolution of the region’s conflicts continue to bear fruit in efforts to promote lasting peace and true justice for all who live in the Middle East.

Dear Friends, at the Seminar held in Rome last autumn by the Catholic-Muslim Forum, the participants examined the central role played in our respective religious traditions by the commandment of love. I hope very much that this visit, and indeed all the initiatives designed to foster good relations between Christians and Muslims, will help us to grow in love for the Almighty and Merciful God, and in fraternal love for one another. Thank you for your welcome. Thank you for your attention. May God grant Your Majesties happiness and long life! May he bless Jordan with prosperity and peace!

 

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VISIT TO THE ANCIENT BASILICA OF THE MEMORIAL OF MOSES

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Mount Nebo
Saturday, 9 May 2009

Father Minister General,
Father Custos,
Dear Friends,

In this holy place, consecrated by the memory of Moses, I greet all of you with affection in our Lord Jesus Christ. I thank Father José Rodríguez Carballo for his warm words of welcome. I also take this occasion to renew my gratitude, and that of the whole Church, to the Friars Minor of the Custody for their age-old presence in these lands, their joyful fidelity to the charism of Saint Francis, and their generous concern for the spiritual and material welfare of the local Christian communities and the countless pilgrims who visit the Holy Land each year. Here I wish to remember also, with particular gratitude, the late Father Michele Piccirillo, who devoted his life to the study of Christian antiquity and is buried in this shrine which was so dear to him.

It is appropriate that my pilgrimage should begin on this mountain, where Moses contemplated the Promised Land from afar. The magnificent prospect which opens up from the esplanade of this shrine invites us to ponder how that prophetic vision mysteriously embraced the great plan of salvation which God had prepared for his People. For it was in the valley of the Jordan which stretches out below us that, in the fullness of time, John the Baptist would come to prepare the way of the Lord. It was in the waters of the River Jordan that Jesus, after his baptism by John, would be revealed as the beloved Son of the Father and, anointed by the Holy Spirit, would inaugurate his public ministry. And it was from the Jordan that the Gospel would first go forth in Christ’s own preaching and miracles, and then, after his resurrection and the descent of the Spirit at Pentecost, be brought by his disciples to the very ends of the earth.

Here, on the heights of Mount Nebo, the memory of Moses invites us to “lift up our eyes” to embrace with gratitude not only God’s mighty works in the past, but also to look with faith and hope to the future which he holds out to us and to our world. Like Moses, we too have been called by name, invited to undertake a daily exodus from sin and slavery towards life and freedom, and given an unshakeable promise to guide our journey. In the waters of Baptism, we have passed from the slavery of sin to new life and hope. In the communion of the Church, Christ’s Body, we look forward to the vision of the heavenly city, the new Jerusalem, where God will be all in all. From this holy mountain Moses directs our gaze on high, to the fulfilment of all God’s promises in Christ.

Moses gazed upon the Promised Land from afar, at the end of his earthly pilgrimage. His example reminds us that we too are part of the ageless pilgrimage of God’s people through history. In the footsteps of the prophets, the apostles and the saints, we are called to walk with the Lord, to carry on his mission, to bear witness to the Gospel of God’s universal love and mercy. We are called to welcome the coming of Christ’s Kingdom by our charity, our service to the poor, and our efforts to be a leaven of reconciliation, forgiveness and peace in the world around us. We know that, like Moses, we may not see the complete fulfilment of God’s plan in our lifetime. Yet we trust that, by doing our small part, in fidelity to the vocation each of us has received, we will help to make straight the paths of the Lord and welcome the dawn of his Kingdom. And we know that the God who revealed his name to Moses as a pledge that he would always be at our side (cf. Ex 3:14) will give us the strength to persevere in joyful hope even amid suffering, trial and tribulation.

From the earliest times, Christians have come on pilgrimage to the sites linked to the history of the Chosen People, the events of Christ’s life and the nascent Church. This great tradition, which my present pilgrimage is meant to continue and confirm, is grounded in the desire to see, to touch, and to savor in prayer and contemplation the places blessed by the physical presence of our Savior, his Blessed Mother, the apostles and the first disciples who saw him risen from the dead. Here, in the footsteps of the countless pilgrims who have preceded us in every century, we are challenged to appreciate more fully the gift of our faith and to grow in that communion which transcends every limit of language, race and culture.

The ancient tradition of pilgrimage to the holy places also reminds us of the inseparable bond between the Church and the Jewish people. From the beginning, the Church in these lands has commemorated in her liturgy the great figures of the Patriarchs and Prophets, as a sign of her profound appreciation of the unity of the two Testaments. May our encounter today inspire in us a renewed love for the canon of Sacred Scripture and a desire to overcome all obstacles to the reconciliation of Christians and Jews in mutual respect and cooperation in the service of that peace to which the word of God calls us!

Dear friends, gathered in this holy place, let us now raise our eyes and our hearts to the Father. As we prepare to pray the prayer which Jesus taught us, let us beg him to hasten the coming of his Kingdom so that we may see the fulfilment of his saving plan, and experience, with Saint Francis and all those pilgrims who have gone before us marked with the sign of faith, the gift of untold peace – pax et bonum – which awaits us in the heavenly Jerusalem.

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BLESSING OF THE CORNERSTONE
OF MADABA UNIVERSITY
OF THE LATIN PATRIARCHATE

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Madaba
Saturday, 9 May 2009


Dear Brother Bishops,
Dear friends,

It is for me a great joy to bless this foundation stone of the University of Madaba. I thank His Beatitude Archbishop Fouad Twal, Latin Patriarch of Jerusalem, for his kind words of welcome. I wish to extend a special greeting of recognition to His Beatitude, Emeritus Patriarch Michel Sabbah, to whose initiative and efforts, together with those of Bishop Salim Sayegh, this new institution owes so much. I also greet the civil authorities, the Bishops, priests, religious and faithful and all who accompany us for this important ceremony.

The Kingdom of Jordan has rightly given priority to the task of extending and improving education. I am aware that in this noble mission Her Majesty Queen Rania is especially active and her commitment is an inspiration to many. As I pay tribute to the efforts of so many people of good will committed to education, I note with satisfaction the competent and expert participation of Christian institutions, especially Catholic and Orthodox, in this overall effort. It is against this background that the Catholic Church, with the support of the Jordanian authorities, has sought to further university education in this country and elsewhere. This present initiative also responds to the request of many families who, pleased with the formation received in schools run by religious authorities, are demanding an analogous option at the university level.

I commend the promoters of this new institution for their courageous confidence in good education as a stepping-stone for personal development and for peace and progress in the region. In this context the University of Madaba will surely keep in mind three important objectives. By developing the talents and noble attitudes of successive generations of students, it will prepare them to serve the wider community and raise its living standards. By transmitting knowledge and instilling in students a love of truth, it will greatly enhance their adherence to sound values and their personal freedom. Finally, this same intellectual formation will sharpen their critical skills, dispel ignorance and prejudice, and assist in breaking the spell cast by ideologies old and new. The result of this process will be a university that is not only a platform for consolidating adherence to truth and to the values of a given culture, but a place of understanding and dialogue. While assimilating their own heritage, young Jordanians and other students from the region will be led to a deeper knowledge of human cultural achievements, will be enriched by other viewpoints, and formed in comprehension, tolerance and peace.

This “broader” education is what one expects from institutions of higher learning and from their cultural milieu, be it secular or religious. In fact, belief in God does not suppress the search for truth; on the contrary it encourages it. Saint Paul exhorted the early Christians to open their minds to “all that is true, all that is noble, all that is good and pure, all that we love and honor, all that is considered excellent or worthy of praise” (Phil 4:8). Religion, of course, like science and technology, philosophy and all expressions of our search for truth, can be corrupted. Religion is disfigured when pressed into the service of ignorance or prejudice, contempt, violence and abuse. In this case we see not only a perversion of religion but also a corruption of human freedom, a narrowing and blindness of the mind. Clearly, such an outcome is not inevitable. Indeed, when we promote education, we proclaim our confidence in the gift of freedom. The human heart can be hardened by the limits of its environment, by interests and passions. But every person is also called to wisdom and integrity, to the basic and all-important choice of good over evil, truth over dishonesty, and can be assisted in this task.

The call to moral integrity is perceived by the genuinely religious person, since the God of truth and love and beauty cannot be served in any other way. Mature belief in God serves greatly to guide the acquisition and proper application of knowledge. Science and technology offer extraordinary benefits to society and have greatly improved the quality of life of many human beings. Undoubtedly this is one of the hopes of those who are promoting this University, whose motto is Sapientia et Scientia. At the same time the sciences have their limitations. They cannot answer all the questions about man and his existence. Indeed the human person, his place and purpose in the universe cannot be contained within the confines of science. “Humanity’s intellectual nature finds its perfection ultimately in wisdom, which gently draws the human mind to seek and to love what is true and good” (cf. Gaudium et Spes, 15). The use of scientific knowledge needs the guiding light of ethical wisdom. Such is the wisdom that inspired the Hippocratic Oath, the 1948 Universal Declaration of Human Rights, the Geneva Convention and other laudable international codes of conduct. Hence religious and ethical wisdom, by answering questions of meaning and value, play a central role in professional formation. And consequently, those universities where the quest for truth goes hand in hand with the search for what is good and noble, offer an indispensable service to society.

With these thoughts in mind, I encourage in a special way the Christian students of Jordan and the neighboring regions, to dedicate themselves responsibly to a proper professional and moral formation. You are called to be builders of a just and peaceful society composed of peoples of various religious and ethnic backgrounds. These realities – I wish to stress once more – must lead, not to division, but to mutual enrichment. The mission and the vocation of the University of Madaba is precisely to help you participate more fully in this noble task.

Dear friends, I wish to renew my congratulations to the Latin Patriarchate of Jerusalem and my encouragement to all who have taken this project to heart, together with those who are already engaged in the educational apostolate in this nation. May the Lord bless you and sustain you. I pray that your dreams may soon come true, that you may see generations of qualified men and women Christian, Muslim and of other religions, taking their place in society, equipped with professional skills, knowledgeable in their field, and educated in the values of wisdom, integrity, tolerance and peace. Upon you and upon all the future students and staff of this University and their families, I invoke Almighty God’s abundant blessings! Thank you!

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MEETING WITH MUSLIM RELIGIOUS LEADERS,
MEMBERS OF THE DIPLOMATIC CORPS AND RECTORS
OF UNIVERSITIES IN JORDAN

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Mosque al-Hussein bin Talal - Amman
Saturday, 9 May 2009

Your Royal Highness,
Your Excellencies,
Distinguished Ladies and Gentlemen,

It is a source of great joy for me to meet with you this morning in this magnificent setting. I wish to thank Prince Ghazi Bin Muhammed Bin Talal for his kind words of welcome. Your Royal Highness’s numerous initiatives to promote inter-religious and inter-cultural dialogue and exchanges are appreciated by the people of the Hashemite Kingdom and they are widely respected by the international community. I know that these efforts receive the active support of other members of the Royal Family as well as the nation’s government, and find ample resonance in the many initiatives of collaboration among Jordanians. For all this, I wish to express my own heartfelt admiration.

Places of worship, like this splendid Al-Hussein Bin Talal mosque named after the revered late King, stand out like jewels across the earth’s surface. From the ancient to the modern, the magnificent to the humble, they all point to the divine, to the Transcendent One, to the Almighty. And through the centuries these sanctuaries have drawn men and women into their sacred space to pause, to pray, to acknowledge the presence of the Almighty, and to recognize that we are all his creatures.

For this reason we cannot fail to be concerned that today, with increasing insistency, some maintain that religion fails in its claim to be, by nature, a builder of unity and harmony, an expression of communion between persons and with God. Indeed some assert that religion is necessarily a cause of division in our world; and so they argue that the less attention given to religion in the public sphere the better. Certainly, the contradiction of tensions and divisions between the followers of different religious traditions, sadly, cannot be denied. However, is it not also the case that often it is the ideological manipulation of religion, sometimes for political ends, that is the real catalyst for tension and division, and at times even violence in society? In the face of this situation, where the opponents of religion seek not simply to silence its voice but to replace it with their own, the need for believers to be true to their principles and beliefs is felt all the more keenly. Muslims and Christians, precisely because of the burden of our common history so often marked by misunderstanding, must today strive to be known and recognized as worshippers of God faithful to prayer, eager to uphold and live by the Almighty’s decrees, merciful and compassionate, consistent in bearing witness to all that is true and good, and ever mindful of the common origin and dignity of all human persons, who remain at the apex of God’s creative design for the world and for history.

The resolve of Jordanian educators and religious and civic leaders to ensure that the public face of religion reflects its true nature is praiseworthy. The example of individuals and communities, together with the provision of courses and programs, manifest the constructive contribution of religion to the educational, cultural, social and other charitable sectors of your civic society. Some of this spirit I have been able to sample at first hand. Yesterday, I experienced the renowned educational and rehabilitation work of the Our Lady of Peace Centre where Christians and Muslims are transforming the lives of entire families, by assisting them to ensure that their disabled children take up their rightful place in society. Earlier this morning, I blessed the foundation stone of Madaba University where young Muslim and Christian adults will side by side receive the benefits of a tertiary education, enabling them to contribute justly to the social and economic development of their nation. Of great merit too are the numerous initiatives of inter-religious dialogue supported by the Royal Family and the diplomatic community and sometimes undertaken in conjunction with the Pontifical Council for Inter-religious Dialogue. These include the ongoing work of the Royal Institutes for Inter-faith studies and for Islamic Thought, the Amman Message of 2004, the Amman Interfaith Message of 2005, and the more recent Common Word letter which echoed a theme consonant with my first encyclical: the unbreakable bond between love of God and love of neighbor, and the fundamental contradiction of resorting to violence or exclusion in the name of God (cf. Deus Caritas Est, 16).

Such initiatives clearly lead to greater reciprocal knowledge, and they foster a growing respect both for what we hold in common and for what we understand differently. Thus, they should prompt Christians and Muslims to probe even more deeply the essential relationship between God and his world so that together we may strive to ensure that society resonates in harmony with the divine order. In this regard, the co-operation found here in Jordan sets an encouraging and persuasive example for the region, and indeed the world, of the positive, creative contribution which religion can and must make to civic society.

Distinguished friends, today I wish to refer to a task which I have addressed on a number of occasions and which I firmly believe Christians and Muslims can embrace, particularly through our respective contributions to learning and scholarship, and public service. That task is the challenge to cultivate for the good, in the context of faith and truth, the vast potential of human reason. Christians in fact describe God, among other ways, as creative Reason, which orders and guides the world. And God endows us with the capacity to participate in his reason and thus to act in accordance with what is good. Muslims worship God, the Creator of Heaven and Earth, who has spoken to humanity. And as believers in the one God we know that human reason is itself God’s gift and that it soars to its highest plane when suffused with the light of God’s truth. In fact, when human reason humbly allows itself to be purified by faith, it is far from weakened; rather, it is strengthened to resist presumption and to reach beyond its own limitations. In this way, human reason is emboldened to pursue its noble purpose of serving mankind, giving expression to our deepest common aspirations and extending, rather than manipulating or confining, public debate. Thus, genuine adherence to religion – far from narrowing our minds – widens the horizon of human understanding. It protects civil society from the excesses of the unbridled ego which tend to absolutize the finite and eclipse the infinite; it ensures that freedom is exercised hand in hand with truth, and it adorns culture with insights concerning all that is true, good and beautiful.

This understanding of reason, which continually draws the human mind beyond itself in the quest for the Absolute, poses a challenge; it contains a sense of both hope and caution. Together, Christians and Muslims are impelled to seek all that is just and right. We are bound to step beyond our particular interests and to encourage others, civil servants and leaders in particular, to do likewise in order to embrace the profound satisfaction of serving the common good, even at personal cost. And we are reminded that because it is our common human dignity which gives rise to universal human rights, they hold equally for every man and woman, irrespective of his or her religious, social or ethnic group. In this regard, we must note that the right of religious freedom extends beyond the question of worship and includes the right – especially of minorities – to fair access to the employment market and other spheres of civic life.

Before I leave you this morning I would like to acknowledge in a special way the presence among us of His Beatitude Emmanuel III Delly, Patriarch of Baghdad, whom I greet most warmly. His presence brings to mind the people of neighboring Iraq many of whom have found welcome refuge here in Jordan. The international community’s efforts to promote peace and reconciliation, together with those of the local leaders, must continue in order to bear fruit in the lives of Iraqis. I wish to express my appreciation for all those who are assisting in the endeavors to deepen trust and to rebuild the institutions and infrastructure essential to the well-being of that society. And once again, I urge diplomats and the international community they represent together with local political and religious leaders to do everything possible to ensure the ancient Christian community of that noble land its fundamental right to peaceful coexistence with their fellow citizens.

Distinguished friends, I trust that the sentiments I have expressed today will leave us with renewed hope for the future. Our love and duty before the Almighty is expressed not only in our worship but also in our love and concern for children and young people – your families – and for all Jordanians. It is for them that you labor and it is they who motivate you to place the good of every human person at the heart of institutions, laws and the workings of society. May reason, ennobled and humbled by the grandeur of God’s truth, continue to shape the life and institutions of this nation, in order that families may flourish and that all may live in peace, contributing to and drawing upon the culture that unifies this great Kingdom! Thank you very much!

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CELEBRATION OF VESPERS
WITH PRIESTS, MEN AND WOMEN RELIGIOUS
SEMINARIANS AND ECCLESIAL MOVEMENTS

HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Greek-Melkite Cathedral of Saint-Georges - Amman
Saturday, 9 May 2009

Dear Brothers and Sisters,

It is a great joy for me to celebrate Vespers with you this evening in the Greek-Melkite Cathedral of Saint George. I warmly greet His Beatitude Gregorios III Laham, the Greek Melkite Patriarch, who has joined us from Damascus, Emeritus Archbishop Georges El-Murr and His Excellency Yaser Ayyach, Archbishop of Petra and Philadelphia, whom I thank for his kind words of welcome which I gladly reciprocate with sentiments of respect. I also greet the leaders of the other Catholic Churches present in the East – Maronite, Syrian, Armenian, Chaldean and Latin. To all of you and to the priests, Sisters and Brothers, seminarians and lay faithful gathered here this evening I express my sincere thanks for giving me this opportunity to pray with you and to experience something of the richness of our liturgical traditions.

The Church herself is a pilgrim people and thus, through the centuries, has been marked by determinant historical events and pervading cultural epochs. Sadly, some of these have included times of theological dispute or periods of repression. Others, however, have been moments of reconciliation – marvellously strengthening the communion of the Church – and times of rich cultural revival, to which Eastern Christians have contributed so greatly. Particular Churches within the universal Church attest to the dynamism of her earthly journey and manifest to all members of the faithful a treasure of spiritual, liturgical, and ecclesiastical traditions which point to God’s universal goodness and his will, seen throughout history, to draw all into his divine life.

The ancient living treasure of the traditions of the Eastern Churches enriches the universal Church and could never be understood simply as objects to be passively preserved. All Christians are called to respond actively to the Lord’s mandate – as Saint George did in dramatic ways according to popular record – to bring others to know and love him. In fact the vicissitudes of history have strengthened the members of particular Churches to embrace this task with vigor and to engage resolutely with the pastoral realities of today. Most of you trace ancient links to the Patriarchate of Antioch, and your communities are thus rooted here in the Near East. And, just as two thousand years ago it was in Antioch that the disciples were first called Christians, so also today, as small minorities in scattered communities across these lands, you too are recognized as followers of the Lord. The public face of your Christian faith is certainly not restricted to the spiritual solicitude you bear for one another and your people, essential though that is. Rather, your many works of universal charity extend to all Jordanians – Muslims and those of other religions – and also to the large numbers of refugees whom this Kingdom so generously welcomes.

Dear brothers and sisters, the first Psalm (103) we prayed this evening presents us with glorious images of God the bountiful Creator, actively present in his creation, providing life with abundant goodness and wise order, ever ready to renew the face of the earth! The Epistle reading we have just heard, however, paints a different picture. It warns us, not in a threatening way, but realistically, of the need to stay alert, to be aware of the forces of evil at work creating darkness in our world (cf. Eph 6:10-20). Some might be tempted to think this a contradiction; yet reflecting on our ordinary human experience we recognize spiritual struggle, we acknowledge the daily need to move into Christ’s light, to choose life, to seek truth. Indeed, this rhythm – turning away from evil and girding ourselves with the Lord’s strength – is what we celebrate at every Baptism, the gateway to Christian life, the first step along the way of the Lord’s disciples. Recalling Christ’s baptism by John in the waters of the Jordan, the assembled pray that the one to be baptized will be rescued from the kingdom of darkness and brought into the splendour of God’s kingdom of light, and so receive the gift of new life.

This dynamic movement from death to newness of life, from darkness to light, from despair to hope, that we experience so dramatically during the Triduum, and is celebrated with great joy in the season of Easter, ensures that the Church herself remains young. She is alive because Christ is alive, truly risen. Vivified by the presence of the Spirit, she reaches out every day, drawing men and women to the living Lord. Dear Bishops, priests, Brothers and Sisters, dear lay faithful, our respective roles of service and mission within the Church are the tireless response of a pilgrim people. Your liturgies, ecclesiastical discipline and spiritual heritage are a living witness to your unfolding tradition. You amplify the echo of the first Gospel proclamation, you render fresh the ancient memories of the works of the Lord, you make present his saving graces and you diffuse anew the first glimmers of the Easter light and the flickering flames of Pentecost.

In this way, imitating Christ and the Old Testament patriarchs and prophets, we set out to lead people from the desert towards the place of life, towards the Lord who gives us life in abundance. This marks all your apostolic works, the variety and calibre of which are greatly appreciated. From kindergartens to places of higher education, from orphanages to homes for the elderly, from work with refugees to a music academy, medical clinics and hospitals, interreligious dialogue and cultural initiatives, your presence in this society is a marvellous sign of the hope that defines us as Christian.

That hope reaches far beyond the confines of our own Christian communities. So often you find that the families of other religions, with whom you work and offer your service of universal charity, hold concerns and worries that cross religious and cultural boundaries. This is especially noticeable in regard to the hopes and aspirations of parents for their children. What parent or person of good will could not be troubled by the negative influences so pervasive in our globalized world, including the destructive elements within the entertainment industry which so callously exploit the innocence and sensibility of the vulnerable and the young? Yet, with your eyes firmly fixed on Christ, the light who dispels all evil, restores lost innocence, and humbles earthly pride, you will sustain a magnificent vision of hope for all those you meet and serve.

May I conclude with a special word of encouragement to those present who are in formation for the priesthood and religious life. Guided by the light of the Risen Lord, inflamed with his hope, and vested with his truth and love, your witness will bring abundant blessings to those whom you meet along the way. Indeed the same holds for all young Christian Jordanians: do not be afraid to make your own wise, measured and respectful contribution to the public life of the Kingdom. The authentic voice of faith will always bring integrity, justice, compassion and peace!

Dear friends, with sentiments of great respect for all of you gathered with me this evening in worship, I again thank you for your prayers for my ministry as the Successor of Peter and I assure you and all those entrusted to your pastoral care of a remembrance in my own daily prayer.

Thank you.

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HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

International Stadium - Amman
Fifth Sunday of Easter, 10 May 2009


Dear Brothers and Sisters in Christ,

I rejoice that we are able to celebrate this Eucharist together at the beginning of my Pilgrimage to the Holy Land. Yesterday, from the heights of Mount Nebo, I stood and looked out upon this great land, the land of Moses, Elijah, and John the Baptist, the land where God’s ancient promises were fulfilled in the coming of the Messiah, Jesus our Lord. This land witnessed his preaching and miracles, his death and resurrection, and the outpouring of the Holy Spirit upon the Church, the sacrament of a reconciled and renewed humanity. As I pondered the mystery of God’s fidelity, I prayed that the Church in these lands would be confirmed in hope and strengthened in her witness to the Risen Christ, the Savior of mankind. Truly, as Saint Peter tells us in today’s first reading, “there is no other name under heaven given among men by which we are to be saved” (Acts 4:12).

Today’s joyful celebration of the Eucharistic sacrifice expresses the rich diversity of the Catholic Church in the Holy Land. I greet all of you with affection in the Lord. I thank His Beatitude Fouad Twal, Latin Patriarch of Jerusalem, for his kind words of welcome. My greeting goes also to the many young people from Catholic schools who today bring their enthusiasm to this Eucharistic celebration.

In the Gospel we have just heard, Jesus proclaims: “I am the good shepherd… who lays down his life for the sheep” (Jn 10:11). As the Successor of Saint Peter, to whom the Lord entrusted the care of his flock (cf. Jn 21:15-17), I have long awaited this opportunity to stand before you as a witness to the Risen Savior, and to encourage you to persevere in faith, hope and love, in fidelity to the ancient traditions and the distinguished history of Christian witness which you trace back to the age of the Apostles. The Catholic community here is deeply touched by the difficulties and uncertainties which affect all the people of the Middle East. May you never forget the great dignity which derives from your Christian heritage, or fail to sense the loving solidarity of all your brothers and sisters in the Church throughout the world!

“I am the good shepherd”, the Lord tells us, “I know my own, and my own know me” (Jn 10:14). Today in Jordan we celebrate the World Day of Prayer for Vocations. As we reflect on the Gospel of the Good Shepherd, let us ask the Lord to open our hearts and minds ever more fully to hear his call. Truly, Jesus “knows us”, even more deeply than we know ourselves, and he has a plan for each one of us. We know, too, that wherever he calls us, we will find happiness and fulfilment; indeed, we will find our very selves (cf. Mt 10:39). Today I invite the many young people here present to consider how the Lord is calling you to follow him and to build up his Church. Whether it be in the priestly ministry, in consecrated life or in the sacrament of marriage, Jesus needs you to make his voice heard and to work for the growth of his Kingdom.

In today’s second reading, Saint John invites us to “think of the love that the Father has lavished on us” by making us his adopted children in Christ. Hearing these words should make us grateful for the experience of the Father’s love which we have had in our families, from the love of our fathers and mothers, our grandparents, our brothers and sisters. During the celebration of the present Year of the Family, the Church throughout the Holy Land has reflected on the family as a mystery of life-giving love, endowed in God’s plan with its own proper calling and mission: to radiate the divine Love which is the source and the ultimate fulfilment of all the other loves of our lives. May every Christian family grow in fidelity to its lofty vocation to be a true school of prayer, where children learn a sincere love of God, where they mature in self-discipline and concern for the needs of others, and where, shaped by the wisdom born of faith, they contribute to the building of an ever more just and fraternal society. The strong Christian families of these lands are a great legacy handed down from earlier generations. May today’s families be faithful to that impressive heritage, and never lack the material and moral assistance they need to carry out their irreplaceable role in service to society.

An important aspect of your reflection during this Year of the Family has been the particular dignity, vocation and mission of women in God’s plan. How much the Church in these lands owes to the patient, loving and faithful witness of countless Christian mothers, religious Sisters, teachers, doctors and nurses! How much your society owes to all those women who in different and at times courageous ways have devoted their lives to building peace and fostering love! From the very first pages of the Bible, we see how man and woman, created in the image of God, are meant to complement one another as stewards of God’s gifts and partners in communicating his gift of life, both physical and spiritual, to our world. Sadly, this God-given dignity and role of women has not always been sufficiently understood and esteemed. The Church, and society as a whole, has come to realize how urgently we need what the late Pope John Paul II called the “prophetic charism” of women (cf. Mulieris Dignitatem, 29) as bearers of love, teachers of mercy and artisans of peace, bringing warmth and humanity to a world that all too often judges the value of a person by the cold criteria of usefulness and profit. By its public witness of respect for women, and its defence of the innate dignity of every human person, the Church in the Holy Land can make an important contribution to the advancement of a culture of true humanity and the building of the civilization of love.

Dear friends, let us return to the words of Jesus in today’s Gospel. I believe that they contain a special message for you, his faithful flock in these lands where he once dwelt. “The good shepherd”, he tells us, “lays down his life for his sheep.” At the beginning of this Mass, we asked the Father to “give us new strength from the courage of Christ our shepherd”, who remained steadfast in fidelity to the Father’s will (cf. Opening Prayer, Mass of the Fourth Sunday of Easter). May the courage of Christ our shepherd inspire and sustain you daily in your efforts to bear witness to the Christian faith and to maintain the Church’s presence in the changing social fabric of these ancient lands.

Fidelity to your Christian roots, fidelity to the Church’s mission in the Holy Land, demands of each of you a particular kind of courage: the courage of conviction, born of personal faith, not mere social convention or family tradition; the courage to engage in dialogue and to work side by side with other Christians in the service of the Gospel and solidarity with the poor, the displaced, and the victims of profound human tragedies; the courage to build new bridges to enable a fruitful encounter of people of different religions and cultures, and thus to enrich the fabric of society. It also means bearing witness to the love which inspires us to “lay down” our lives in the service of others, and thus to counter ways of thinking which justify “taking” innocent lives.

“I am the good shepherd; I know my own, and my own know me” (Jn 10:14). Rejoice that the Lord has made you members of his flock and knows each of you by name! Follow him with joy and let him guide you in all your ways. Jesus knows what challenges you face, what trials you endure, and the good that you do in his name. Trust in him, in his enduring love for all the members of his flock, and persevere in your witness to the triumph of his love. May Saint John the Baptist, the patron of Jordan, and Mary, Virgin and Mother, sustain you by their example and prayers, and lead you to the fullness of joy in the eternal pastures where we will experience for ever the presence of the Good Shepherd and know for ever the depths of his love. Amen.

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REGINA CÆLI

International Stadium - Amman
Fifth Sunday of Easter, 10 May 2009

Dear Friends,

During the Mass I spoke about the prophetic charism of women as bearers of love, teachers of mercy and artisans of peace. The supreme example of womanly virtue is the Blessed Virgin Mary: the Mother of Mercy and Queen of Peace. As we turn to her now, let us seek her maternal intercession for all the families of these lands, that they may truly be schools of prayer and schools of love. Let us ask the Mother of the Church to look down in mercy upon all the Christians of these lands, and with the help of her prayers, may they be truly one in the faith they profess and the witness they bear. Let us ask her who responded so generously to the angel’s call, and accepted her vocation to become the Mother of God, to give courage and strength to all young people today who are discerning their vocations, so that they too may generously dedicate themselves to carrying out the Lord’s will.

In this season of Eastertide, it is with the title Regina Coeli that we call upon the Blessed Virgin. As a fruit of the Redemption won by her Son’s death and resurrection, she too was raised to everlasting glory and crowned Queen of Heaven. With great confidence in the power of her intercession, with joy in our hearts and with love for our glorious ever-Virgin Mother, we turn to her now and ask for her prayers.

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Papal Address at Site of Christ's Baptism


"He Is With Us as the Vine Is With Its Own Branches"

BETHANY, Jordan, MAY 10, 2009 (Zenit.org).- Here is the text of the discourse Benedict XVI gave today at Bethany beyond the Jordan, the site of Christ's baptism. He blessed the cornerstones for two churches, one Latin-rite and the other Greek-Melkite.

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Your Royal Highness,
Dear Brother Bishops,
Dear friends,
It is with great spiritual joy that I come to bless the foundation stones of the two Catholic Churches to be built beside the river Jordan, a place marked by many memorable events in biblical history. The prophet Elijah the Tishbite, was from this area, not far north of Galaad. Near here, facing Jericho, the waters of the Jordan opened before Elijah who was taken up by the Lord in a chariot of fire (cf. 2 Kg 2:9-12). Here the Spirit of the Lord called John the son of Zechariah to preach a conversion of hearts. John the Evangelist also places in this area the meeting between the Baptist and Jesus, who at his baptism was "anointed" by the Spirit of God descending as a dove, and proclaimed the beloved Son of the Father (cf.Jn 1:28; Mk 1:9-11).

I was honored to be received at this important site by Their Majesties King Abdullah II and Queen Rania. I again wish to express my sincere gratitude for the warm hospitality they have shown me during my visit to the Hashemite Kingdom of Jordan.

I greet with joy His Beatitude Gregorios III Laham, Patriarch of Antioch for the Greek Melkite Church. I also greet with affection His Beatitude Archbishop Fouad Twal, Latin Patriarch of Jerusalem. I extend my warm best wishes to His Beatitude Michel Sabbah, to the Auxiliary Bishops present, particularly to Archbishop Joseph Jules Zerey and the Most Reverend Salim Sayegh, whom I thank for his kind words of welcome. I am pleased to greet all the Bishops, priests, religious and faithful who accompany us today. Let us rejoice in the knowledge that the two buildings, one Latin, the other Greek Melkite, will serve to build up, each according to the traditions of its own community, the one family of God.

The foundation stone of a church is a symbol of Christ. The Church rests on Christ, is sustained by him and cannot be separated from him. He is the one foundation of every Christian community, the living stone, rejected by the builders but chosen and precious in God's sight as a cornerstone (cf. 1 Pet 2:4-5, 7). With him, we too are living stones built into a spiritual house, a dwelling place for God (cf. Eph2:20-22; 1 Pet 2:5). Saint Augustine loved to refer to the mystery of the Church as the Christus totus, the whole Christ, the full or complete Body of Christ, Head and members. This is the reality of the Church; it is Christ and us, Christ with us. He is with us as the vine is with its own branches (cf. Jn 15:1-8). The Church is in Christ a community of new life, a dynamic reality of grace that flows from him. Through the Church Christ purifies our hearts, enlightens our minds, unites us with the Father and, in the one Spirit, moves us to a daily exercise of Christian love. We confess this joyful reality as the One, Holy, Catholic and Apostolic Church.

We enter the Church through baptism. The memory of Christ's own baptism is brought vividly before us in this place. Jesus stood in line with sinners and accepted John's baptism of penance as a prophetic sign of his own passion, death and resurrection for the forgiveness of sins. Down through the centuries, many pilgrims have come to the Jordan to seek purification, renew their faith and draw closer to the Lord. Such was the pilgrim Egeria, who left a written account of her visit during the late fourth century. The Sacrament of Baptism, drawing its power from Christ's death and resurrection, will be cherished especially by the Christian communities that gather in the new church buildings. May the Jordan always remind you that you have been washed in the waters of baptism and have become members of the family of Jesus. Your lives, in obedience to his word, are being transformed into his image and likeness. As you strive to be faithful to your baptismal commitment of conversion, witness and mission, know that you are being strengthened by the gift of the Holy Spirit.

Dear brothers and sisters, may the prayerful contemplation of these mysteries enrich you with spiritual joy and moral courage. With the Apostle Paul, I encourage you to grow in the whole range of noble attitudes covered by the blessed name of agape, Christian love (cf. 1 Cor 13:1-13). Promote dialogue and understanding in civil society, especially when claiming your legitimate rights. In the Middle East, marked by tragic suffering, by years of violence and unresolved tensions, Christians are called to offer their contribution, inspired by the example of Jesus, of reconciliation and peace through forgiveness and generosity. Continue being grateful to those who lead you and serve you faithfully as ministers of Christ. You do well to accept their guidance in faith knowing that, by receiving the apostolic teaching they transmit, you welcome Christ and you welcome the One who sent him (cf. Mt 10:40).

My dear brothers and sisters, we now proceed to bless these two stones, the beginning of two new sacred buildings. May the Lord sustain, strengthen and increase the communities that will worship in them. And may he bless you all with his gift of peace. Amen!