Nouvelles du 12 -05- 2009
Texte Pris sur le site Zénith

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Aéroport International Ben Gurion - Tel Aviv
Lundi 11 mai 2009

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Merci de votre chaleureux accueil dans l’État d’Israël, sur cette terre qui est tenue pour sainte par des millions de croyants à travers le monde. Je suis reconnaissant au Président, Monsieur Shimon Peres, pour ses aimables paroles, et j’apprécie l’opportunité qui m’a été offerte de venir en pèlerinage sur une terre consacrée par les pas des patriarches et des prophètes, une terre que les chrétiens ont en particulière vénération puisque c’est là que se déroulèrent la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Je prends place dans une longue file de pèlerins chrétiens venus dans ces lieux, un cortège qui remonte aux premiers siècles de l’histoire de l’Église et qui, j’en suis sûr, se prolongera dans le futur. Je viens, comme tant d’autres avant moi, pour prier sur ces lieux saints, pour prier spécialement pour la paix - la paix ici en Terre Sainte, et la paix dans le monde.

Monsieur le Président, le Saint-Siège et l’État d’Israël partagent de nombreuses valeurs, en particulier la préoccupation de donner à la religion sa juste place dans la société. Le juste ordonnancement des relations sociales présuppose et requiert le respect de la liberté et de la dignité de chaque être humain, que les Chrétiens, tout comme les Musulmans et les Juifs, croient être créé par un Dieu aimant en vue de la vie éternelle. Quand la dimension religieuse de la personne est niée ou marginalisée, le fondement même de la juste compréhension des droits humains inaliénables est mis en péril.

Le peuple juif a tragiquement fait l’expérience des terribles conséquences d’idéologies qui nient la dignité fondamentale de toute personne humaine. Il est juste et opportun que, pendant mon séjour en Israël, je puisse avoir la possibilité d’honorer la mémoire des six millions de Juifs victimes de la Shoah, et de prier pour que l’humanité ne soit plus jamais témoin d’un crime d’une telle ampleur. Malheureusement, l’antisémitisme continue de relever sa sinistre tête en beaucoup d’endroits de notre monde. Ceci est totalement inacceptable. Tous les efforts doivent être faits pour combattre l’antisémitisme où qu’il se manifeste, et pour promouvoir le respect et l’estime pour les personnes de toute race, peuple, langue et nation dans le monde entier.

Durant mon séjour à Jérusalem, j’aurai le plaisir de rencontrer de nombreux responsables religieux éminents de ce pays. Les trois grandes religions monothéistes ont, entre autres, en commun une vénération particulière pour cette cité sainte. C’est mon espérance la plus chère que tous les pèlerins qui se rendent sur les lieux saints puissent y avoir accès librement et sans restriction, qu’ils puissent prendre part aux célébrations religieuses et qu’ils puissent soutenir le digne entretien des lieux de culte qui se trouvent sur les sites sacrés. Puissent les termes de la prophétie d’Isaïe s’accomplir : de nombreuses nations afflueront vers la montagne du Temple du Seigneur, pour qu’Il puisse leur enseigner ses chemins, pour qu’elles puissent suivre ses sentiers – des sentiers de paix et de justice, des sentiers qui conduisent à la réconciliation et à l’harmonie (cf. Is 2, 2-5).

Bien que le nom de Jérusalem signifie « ville de la paix », il est trop évident que, depuis des décennies, la paix a tragiquement fait défaut aux habitants de cette Terre Sainte. Les yeux du monde sont tournés vers les peuples de cette région alors qu’ils s’efforcent de trouver une solution juste et durable aux conflits qui ont causé tant de souffrances. Les espoirs d’innombrables hommes, femmes et enfants de connaître un avenir plus stable et plus sûr dépend de l’issue des négociations pour la paix entre Israéliens et Palestiniens. Avec les hommes de bonne volonté, où qu’ils soient, je plaide pour qu’avec tous les responsables soient explorées toutes les possibilités afin d’aboutir à une solution juste aux difficultés persistantes, de telle sorte que les deux peuples puissent vivre en paix dans leur propre pays, à l’intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues. À cet égard, j’espère et je prie pour qu’un climat de plus grande confiance puisse bientôt être créé qui permettra aux parties d’accomplir de réels progrès sur la route de la paix et de la stabilité.

J’adresse un salut particulier aux Évêques catholiques et aux fidèles ici présents. Sur cette terre, où Pierre a reçu la mission de faire paître le troupeau du Seigneur, je viens comme le successeur de Pierre pour exercer mon ministère parmi vous. Ce sera une joie toute spéciale pour moi de me joindre à vous pour les célébrations finales de l’Année de la Famille, qui se dérouleront précisément à Nazareth, foyer de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Comme je l’ai dit l’an dernier dans mon Message pour la Journée mondiale de la Paix, la famille est « la première et irremplaçable éducatrice de la paix » (n. 3) ; elle a donc un rôle vital à jouer dans la guérison des divisions qui blessent la société humaine à tous les niveaux. Aux communautés chrétiennes de Terre Sainte, je dis : par votre témoignage de foi en Celui qui a prêché la réconciliation et le pardon, par votre engagement pour défendre le caractère sacré de toute vie humaine, vous pouvez apporter une contribution significative à la cessation des hostilités qui ont trop longtemps affligé cette terre. Je prie pour que votre présence continue en Israël et sur les territoires palestiniens porte beaucoup de fruits pour que grandisse la paix et le respect mutuel entre les peuples qui vivent sur les terres de la Bible.
Monsieur le Président, mesdames et messieurs, je renouvelle mes remerciements pour votre accueil et je vous assure de mes sentiments de bonne volonté. Puisse Dieu donner force à son peuple ! Puisse Dieu bénir son peuple par la paix !

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VISITE AU MÉMORIAL DE LA SHOAH, YAD VASHEM

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Jérusalem
Lundi 11 mai 2009

« Je leur donnerai dans ma maison et dans mes remparts un monument et un nom (…) ; je leur donnerai un nom éternel qui jamais ne sera effacé » (Is 56, 5).

Ce passage du Livre du prophète Isaïe offre les deux mots simples qui expriment solennellement le sens profond de ce lieu vénéré : yad « mémorial » ; shem « nom ». Je suis venu pour rester en silence devant ce monument, érigé pour honorer la mémoire de millions de personnes tuées dans l’horrible tragédie de la Shoah. Elles ont perdu leurs vies mais elles ne perdront jamais leurs noms, car ils sont profondément gravés dans le cœur de ceux qui les aiment, de leurs compagnons de détention qui ont survécus et de tous ceux qui sont déterminés à ne plus jamais permettre qu’une telle atrocité déshonore à nouveau l’humanité. Plus que tout, leurs noms est à jamais inscrits dans la mémoire du Dieu Tout-puissant.

Il est possible de dérober à un voisin ce qu’il possède, son avenir ou sa liberté. Il est possible de tisser un réseau insidieux de mensonges pour convaincre les autres que certains groupes ne méritent pas d’être respectés. Néanmoins, quoique vous fassiez, il est impossible d’enlever son nom à un être humain.

L’Écriture Sainte nous enseigne l’importance du nom pour conférer à une personne une mission unique ou un don spécial. Dieu appelle Abram, « Abraham », car il va devenir le « Père d’une multitude de nations » (Gn 17, 5). Jacob fut appelé « Israël » car il avait « été fort contre Dieu et contre les hommes et il l’avait emporté » (cf. Gn 32, 29). Les noms inscrits dans ce sanctuaire auront toujours une place sacrée parmi les descendants innombrables d’Abraham. Comme lui, leur foi a été éprouvée. Comme Jacob, ils ont été plongés dans le combat pour discerner les desseins du Très-Haut. Que les noms de ces victimes ne périssent jamais ! Que leur souffrance ne soit jamais niée, discréditée ou oubliée ! Et que toutes les personnes de bonne volonté demeurent attentives à déraciner du cœur de l’homme tout ce qui peut conduire à de telles tragédies !

L’Église catholique, professant les enseignements de Jésus et attentive à imiter son amour pour tous les hommes, a une profonde compassion pour les victimes dont il est fait mémoire ici. De même, elle se fait proche de tous ceux qui, aujourd’hui, sont objet de persécution à cause de leur race, de leur couleur, de leur condition de vie ou de leur religion – leurs souffrances sont les siennes, et sienne est leur espérance de justice. En tant qu’Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, je réaffirme l’engagement de l’Église à prier et à travailler sans cesse pour faire en sorte que cette haine ne règne plus jamais dans le cœur des hommes. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est le Dieu de la paix (cf. Ps 85, 9).

Les Écritures enseignent que nous avons le devoir de rappeler au monde que ce Dieu est vivant, même s’il nous est parfois difficile de comprendre ses chemins mystérieux et impénétrables. Il s’est révélé lui-même et il continue d’agir dans l’histoire humaine. Il est le seul à gouverner le monde avec justice et à se prononcer sur toutes les nations avec droiture (cf. Ps 9, 9).

En regardant les visages qui se reflètent à la surface de la nappe d’eau immobile à l’intérieur de ce mémorial, on ne peut pas ne pas se rappeler que chacun d’eux porte un nom. Je peux seulement imaginer la joyeuse attente de leurs parents alors qu’ils se préparaient avec impatience à accueillir la naissance de leurs enfants. Quel nom donnerons-nous à cet enfant ? Qu’adviendra-t-il de lui ou d’elle ? Qui pouvait imaginer qu’ils auraient été condamnés à un sort aussi déplorable !

Tandis que nous sommes ici, en silence, leur cri résonne encore dans nos cœurs. C’est un cri élevé contre tout acte d’injustice et de violence. C’est le reproche continuel du sang innocent versé. C’est le cri d’Abel montant de la terre vers le Très-Haut. En professant fermement notre foi en Dieu, nous faisons monter ce cri en utilisant les mots du Livre des Lamentations qui sont si pleins de sens pour les Juifs comme pour les Chrétiens.

« Les faveurs du Seigneur ne sont pas finies,
ni ses compassions épuisées ;
elles se renouvellent chaque matin,
grande est sa fidélité !
Ma part, c’est Dieu ! dit mon âme,
c’est pourquoi j’espère en lui. »
Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui,
Pour l’âme qui le cherche.
Il est bon d’attendre en silence
le salut de Dieu ». (Lm 3, 22-26).

Chers amis, je suis profondément reconnaissant envers Dieu et envers vous de cette occasion qui m’a été donnée de m’arrêter ici, en silence : silence pour se souvenir, silence pour prier, silence pour espérer.

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RENCONTRE AVEC LES ORGANISATIONS
ENGAGÉES DANS LE DIALOGUE INTERRELIGIEUX

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Auditoire du centre Notre Dame de Jérusalem - Jérusalem
Lundi 11 mai 2009

Chers Frères Évêques,
Honorables chefs religieux,
Chers amis,

C’est pour moi une source de grande joie que de pouvoir vous rencontrer ce soir. Je désire remercier Sa Béatitude le Patriarche Fouad Twal pour les aimables paroles de bienvenue qu’il m’a adressées en votre nom à tous. Et, en retour des sentiments chaleureux dont j’ai reçu l’assurance, je vous salue avec joie, vous tous, ainsi que les membres des groupes et organisations que vous représentez.

« Dieu dit à Abram, ‘Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t’indiquerai … Abram partit… et prit sa femme Saraï avec lui » (Gn 12, 1-5). L’appel soudain de Dieu, qui marque le début de l’histoire de nos traditions de foi, a retenti au cœur de l’existence quotidienne ordinaire d’un homme. Et l’histoire qui s’est ensuivie, se modela, non pas de façon isolée, mais à travers la rencontre avec les cultures égyptienne, hittite, sumérienne, babylonienne, perse et grecque.

La foi est toujours vécue à l’intérieur d’une culture. L’histoire des religions montre qu’une communauté de croyants avance progressivement dans la foi en Dieu, prenant appui sur la culture qu’elle rencontre et la modelant. Le même mouvement se retrouve pour chaque croyant des grandes traditions monothéistes : en syntonie avec la voix de Dieu, tout comme Abraham, nous répondons à son appel et nous nous mettons en marche cherchant l’accomplissement de ses promesses, désireux de nous soumettre à sa volonté, et traçant une voie dans notre culture propre.

De nos jours, presque quatre mille ans après Abraham, la rencontre des religions avec la culture n’advient pas simplement sur un plan géographique. Certains aspects de la mondialisation et particulièrement tout ce qui concerne internet ont fait naître une vaste culture virtuelle dont la valeur est tout aussi diverse que ses innombrables manifestations. Il ne fait pas de doute que l’on est parvenu à créer en bien des cas une certaine impression de proximité et d’unité au sein de l’ensemble de la famille humaine. Pourtant, en même temps, la série illimitée de portails qui sont mis à la disposition des gens pour leur donner accès facilement à toutes sortes de sources d’information peut facilement devenir un instrument de fragmentation sociale croissante : l’unité de la connaissance vole en éclats et les aptitudes complexes à la critique, au discernement et au jugement, acquises grâce aux savoirs académiques et éthiques sont souvent délaissées ou comptées comme négligeables.

La question qui vient alors spontanément à l’esprit est de savoir quelle est la contribution que la religion apporte aux cultures du monde devant les effets d’une mondialisation rapide. Dès lors que nombreux sont ceux qui soulignent volontiers les apparentes oppositions entre les religions, il nous revient, en tant que croyants, de relever le défi de présenter clairement ce que nous partageons ensemble.

Les premiers pas d’Abraham sur le chemin de la foi, et les pas que nous faisons pour aller ou revenir de la synagogue, de l’église, de la mosquée ou du temple, battent le sentier de notre unique histoire humaine, et ouvrent, au fur et à mesure, la route vers la Jérusalem éternelle (cf. Ap 21, 23). De la même manière, toute culture, avec sa capacité interne de donner et de recevoir, est un signe de l’unité de la nature humaine. Pourtant, l’individu n’est jamais pleinement exprimé à travers sa propre culture mais au contraire il la transcende dans sa constante recherche de quelque chose qui la dépasse. Dans cette perspective, chers amis, nous voyons la possibilité d’une unité qui n’est pas dépendante de l’uniformité. Tandis que les différences que nous individualisons dans le dialogue interreligieux peuvent parfois apparaître comme des barrières, il ne faut pas pour autant qu’elles jettent une ombre sur le sens commun d’adoration et de respect pour l’universel, l’absolu et la vérité qui pousse les membres des religions à se parler entre eux en premier lieu. En effet, c’est la conviction commune que ces réalités transcendantes ont leur source dans le Tout-Puissant, et qu’elles en portent les traces, que les croyants professent les uns devant les autres, devant nos institutions, notre société, notre monde. C’est ainsi que, non seulement nous enrichissons la culture, mais nous lui donnons forme : des vies faites de fidélité religieuse font écho à la présence envahissante de Dieu et forment de cette manière une culture qui n’est pas définie par des limites de temps ou d’espace mais qui se modèle fondamentalement sur des principes et des actions qui résultent de la foi.

La croyance religieuse présuppose la vérité. Quelqu’un qui croit est quelqu’un qui cherche la vérité et en vit. Bien que le moyen par lequel nous comprenons la découverte et la communication de la vérité soit en partie différent d’une religion à l’autre, cela ne devrait pas nous détourner de nos efforts en vue de témoigner du rayonnement de la vérité. Ensemble, nous pouvons proclamer que Dieu existe et qu’on peut le connaître, que la terre est sa création, que nous sommes ses créatures, et qu’il appelle tout homme et toute femme à vivre de manière à respecter son dessein sur le monde. Chers amis, si nous croyons que nous avons un critère de jugement et de discernement qui est d’origine divine et qui est valable pour toute l’humanité, alors nous ne devons pas nous lasser de faire en sorte que cette connaissance puisse avoir une influence sur la vie civile. La vérité devrait être proposée à tous ; elle est au service de tous les membres de la société. Elle éclaire les fondements de la morale et de l’éthique, et elle insuffle à la raison la force de dépasser ses propres limites pour donner forme aux aspirations les plus profondes que nous avons en commun. Loin d’être une menace pour la tolérance vis-à-vis des différences culturelles ou du pluralisme (culturel), la vérité rend possible un consensus et permet au débat public de rester rationnel, honnête et solide, elle ouvre enfin le chemin de la paix. Encourager la volonté d’obéir à la vérité, permet en fait d’élargir notre conception de la raison et son champ d’application et rend possible le dialogue authentique entre cultures et religions qu’il est si urgent de développer aujourd’hui.

Chacun de nous ici sait bien que, malgré tout, la voix de Dieu se fait entendre moins clairement aujourd’hui, que la raison elle-même en bien des cas devient sourde au divin. Toutefois, ce « vide » n’est pas celui du silence. Bien au contraire, c’est la cacophonie des requêtes de l’égoïsme, des promesses vaines et des fausses espérances, qui le plus souvent envahissent les espaces mêmes où Dieu nous cherche. Pouvons-nous dès lors créer des lieux, - des oasis de paix et de méditation profonde - où la voix de Dieu puisse de nouveau être entendue, où sa vérité puisse être découverte au cœur de la raison universelle, où chaque individu, quelles que soient son origine, son appartenance ethnique ou politique, ou sa croyance religieuse, puisse être respecté comme une personne, comme un semblable ? En cet âge d’accès immédiat à l’information et marqué par des tendances sociales qui engendrent une forme de monoculture, une réflexion approfondie sur la présence permanente de Dieu pourra enhardir la raison, stimuler le génie créatif, faciliter une évaluation critique des pratiques culturelles et renforcer la valeur universelle de la croyance religieuse.

Chers amis, les institutions et les groupes que vous représentez vous engagent dans le dialogue interreligieux et la promotion d’initiatives culturelles à des niveaux très divers. Depuis des institutions académiques – permettez-moi ici de saluer spécialement les brillantes réalisations de l’Université de Bethléem – à des groupes de parents affligés ; depuis des initiatives musicales ou artistiques à l’exemple courageux donné par des pères ou des mères de famille ordinaires ; depuis des groupes organisés de dialogue aux organismes caritatifs, vous démontrez votre conviction que notre devoir envers Dieu ne s’exprime pas seulement à travers le culte que nous lui rendons mais aussi dans l’amour et le souci que nous avons pour la société, pour la culture, pour notre monde et pour tous ceux qui vivent sur cette terre. Certains voudraient nous faire croire que nos différences sont nécessairement une cause de division et donc, ne doivent être au plus que tolérées. Quelques autres affirment même que nous devrions être réduits au silence. Mais nous savons que nos différences ne doivent jamais être dénaturées au point d’être considérées comme une cause inévitable de friction ou de tension soit entre nous, soit avec la société dans son ensemble. Au contraire, elles fournissent une merveilleuse opportunité pour les personnes des différentes religions de vivre ensemble dans un profond respect, dans l’estime et la considération, s’encourageant les unes les autres sur les chemins de Dieu. Avec l’aide du Tout-Puissant et éclairés par sa vérité, puissiez-vous continuer d’avancer avec courage, en respectant tout ce qui nous rend différents et en promouvant tout ce qui nous unit comme créatures bénies par le désir d’apporter l’espérance à nos communautés et au monde ! Que Dieu nous guide tout le long de ce chemin !

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VISITE DE COURTOISIE AU GRAND MUFTI

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Esplanade de la Mosquée - Jérusalem
Mardi 12 mai 2009

Chers Amis Musulmans,
As-salámu ‘aláikum ! La paix soit avec vous !

Je remercie cordialement le Grand Mufti, Muhammad Ahmad Hussein, ainsi que le Président du Waqf Islamique de Jérusalem, Sheikh Mohammed Azzam al-Khatib al-Tamimi, et le Chef du Conseil Awquaf, Sheikh Abdel Azim Salhab, pour leurs aimables paroles de bienvenue. Je vous suis profondément reconnaissant de m’avoir invité à visiter ce lieu sacré, et je présente volontiers mes respects à vous-mêmes et aux responsables de la Communauté musulmane de Jérusalem.

Le dôme du Rocher invite nos cœurs et nos esprits à réfléchir sur le mystère de la création et sur la foi d’Abraham. Ici, les chemins des trois grandes religions monothéistes du monde se rencontrent, nous rappelant ce qu’elles ont en commun. Chacune croit en un Dieu unique, créateur et régissant toute chose. Chacune reconnaît en Abraham un ancêtre, un homme de foi auquel Dieu accorda une bénédiction spéciale. Chacune a rassemblé de nombreux disciples tout au long des siècles et a inspiré un riche patrimoine spirituel, intellectuel et culturel.

Dans un monde tristement déchiré par les divisions, ce lieu sacré sert de stimulant et met aussi les hommes et les femmes de bonne volonté au défi de travailler afin que soient dépassés les malentendus et les conflits du passé et que soit ouvert le chemin d’un dialogue sincère destiné à construire un monde de justice et de paix pour les futures générations.

Puisque les enseignements des traditions religieuses concernent, en fin de compte, la réalité de Dieu, le sens de la vie et la destinée commune de l’humanité – c’est-à-dire, tout ce qu’il y a de plus sacré et de plus précieux pour nous -, on peut être tenté ici de s’engager dans un tel dialogue avec crainte et doute quant aux possibilités de succès. Néanmoins, nous pouvons commencer par nous appuyer sur la foi au Dieu unique, source infinie de justice et de miséricorde, puisqu’en lui ces deux qualités existent dans un parfaite unité. Ceux qui croient en son nom ont le devoir de s’efforcer inlassablement d’être justes en imitant son pardon, car les deux qualités sont orientées intrinsèquement vers la coexistence pacifique et harmonieuse de la famille humaine.

Pour cette raison, il est de la plus haute importance que ceux qui adorent le Dieu Unique puissent montrer qu’ils sont à la fois enracinés dans et orientés vers l’unité de la famille humaine tout entière. En d’autres termes, la fidélité au Dieu Unique, le Créateur, le Très-Haut, conduit à reconnaître que les êtres humains sont fondamentalement en relation les uns avec les autres, puisque tous doivent leur existence véritable à une seule source et tous marchent vers une fin commune. Marqués du sceau indélébile du divin, ils sont appelés à jouer un rôle actif en réparant les divisions et en promouvant la solidarité humaine.

Cela fait peser sur nous une grande responsabilité. Ceux qui honorent le Dieu Unique croient qu’il tiendra les êtres humains responsables de leurs actions. Les Chrétiens affirment que le don divin de la raison et de la liberté est à la base de ce devoir de répondre de ses actes. La raison ouvre l’esprit à la compréhension de la nature et de la destinée communes de la famille humaine, tandis que la liberté pousse les cœurs à accepter l’autre et à le servir dans la charité. L’amour indivisible pour le Dieu Unique et la charité envers le prochain deviennent ainsi le pivot autour duquel tout tourne. C’est pourquoi nous travaillons infatigablement pour préserver les cœurs humains de la haine, de la colère ou de la vengeance.

Chers amis, je suis venu à Jérusalem pour un pèlerinage de foi. Je remercie Dieu de cette occasion qui m’est donnée de vous rencontrer comme Évêque de Rome et Successeur de l’Apôtre Pierre, mais aussi comme fils d’Abraham, en qui « seront bénies toutes les familles de la terre » (Gn 12, 3 ; cf. Rm 4, 16-17). Je vous assure que l’Église désire ardemment coopérer au bien-être de la famille humaine. Elle croit fermement que la réalisation de la promesse faite à Abraham est universelle dans son ampleur, embrassant tout homme et toute femme, sans considération pour sa provenance ou pour son statut social. Tandis que Musulmans et Chrétiens poursuivent le dialogue respectueux qu’ils ont entamé, je prie pour qu’ils cherchent comment l’Unicité de Dieu est liée de façon inextricable à l’unité de la famille humaine. En se soumettant à son dessein d’amour sur la création, en étudiant la loi inscrite dans le cosmos et gravée dans le cœur de l’homme, en réfléchissant sur le don mystérieux de l’autorévélation de Dieu, puissent les croyants continuer à maintenir leurs regards fixés sur la bonté absolue de Dieu, sans jamais perdre de vue la manière dont elle se reflète sur le visage des autres !

Avec ces sentiments, je demande humblement au Tout-Puissant de vous apporter la paix et de bénir l’ensemble des populations bien-aimées de cette région. Puissions-nous nous efforcer de vivre dans un esprit d’harmonie et de coopération, rendant témoignage au Dieu Unique en servant généreusement les autres ! Merci

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Benoît XVI se recueille devant le Mur des Lamentations

ROME, Mardi 12 mai 2009 (ZENIT.org) - Après sa rencontre avec les responsables de la communauté musulmane de Jérusalem sur l'esplanade des Mosquées, Benoît XVI a rejoint le Mur des Lamentations, devant lequel il s'est recueilli en présence du Rabbin chef et du président de la fondation qui gère ce lieu sacré.

Ce Mur occidental, l'un des murs de soutènement de l'esplanade des Mosquées, est considéré comme l'un des lieux le plus sacré du judaïsme.

Après la lecture d'un psaume en hébreu lu par le rabbin chef, Benoît XVI a lui-même lu un psaume en latin avant de se recueillir en prière devant le Mur des Lamentations.

Comme Jean-Paul II l'avait fait en mars 2000 lors de sa visite en Terre Sainte, Benoît XVI a lui aussi glissé dans le mur une prière dont voici le texte :

« Dieu de tous les âges, à l'occasion de ma visite à Jérusalem, la ‘Ville de la paix', demeure spirituelle commune des juifs, des chrétiens et des musulmans, je dépose devant toi les joies, les espoirs et les aspirations, les épreuves, la souffrance et la douleur de tout ton peuple à travers le monde.

Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, écoute le cri des affligés, de ceux qui ont peur, des démunis, envoie ta paix sur cette Terre sainte, sur le Moyen-Orient, sur la famille humaine tout entière ; réveille les coeurs de tous ceux qui invoquent ton nom, afin qu'ils marchent humblement sur le chemin de la justice et de la compassion. ‘Le Seigneur est bon pour qui se fie à lui, pour l'âme qui le cherche' » (Lm 3, 25)

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VISITE DE COURTOISIE
AU GRAND RABBINAT

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Centre Hechal Shlomo - Jérusalem
Mardi 12 mai 2009

Messieurs les Grands Rabbins,
Chers Amis,

Je vous suis reconnaissant de m’avoir invité à visiter Heichal Shlomo et à vous rencontrer durant mon voyage en Terre Sainte en tant qu’Évêque de Rome. Je remercie le Rabbin Sépharade Shlomo Amar et le Rabbin Ashkenaze Yona Metzger pour leurs paroles chaleureuses de bienvenue et pour le désir qu’ils ont exprimé de continuer à renforcer les liens d’amitié que l’Église catholique et le Grand Rabbinat se sont efforcés avec assiduité de forger au cours des dernières décennies. Vos visites au vatican en 2004 et 2005 sont un signe de la bonne volonté qui caractérise le développement de nos relations.

Messieurs les Rabbins, en retour, je vous exprime mes propres sentiments de respect et d’estime, que j’étends à vos communautés, et je vous assure de mon désir d’approfondir la compréhension mutuelle et la coopération entre le Saint-Siège, le Grand Rabbinat d’Israël et le peuple juif à travers le monde.

C’est une source de grande satisfaction pour moi, depuis le début de mon pontificat, de voir les fruits produits par le dialogue en court entre la Délégation de la Commission du Saint-Siège pour les Relations religieuses avec les Juifs et le Grand Rabbinat de la Délégation d’Israël pour les Relations avec l’Église catholique. Je désire remercier les membres des deux délégations pour leur dévouement et leur dur labeur en vue de concrétiser cette initiative, si ardemment désirée par mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II, comme il l’avait exprimé durant le Grand jubilé de l’An 2000.

Notre rencontre, aujourd’hui, est une occasion des plus appropriées de remercier le Tout-Puissant pour les nombreuses bénédictions qui ont accompagnées le dialogue conduit par la Commission bilatérale, et pour envisager avec confiance les prochaines sessions. La bonne volonté des délégués à discuter ouvertement et patiemment non seulement sur les points de convergence, mais aussi de désaccord, a déjà ouvert la voie à une collaboration plus effective dans la vie publique. Juifs et Chrétiens sont concernés de la même manière pour assurer le respect de la nature sacrée de la vie humaine, le caractère central de la famille, une éducation solide des jeunes, et la liberté de religion et de conscience dans une société saine. Ces thèmes de dialogue ne sont toutefois que les phases initiales de ce qui, nous le croyons, sera un cheminement continu et progressif vers une compréhension mutuelle plus grande.

Une indication du potentiel de ces rencontres peut être facilement aperçue à travers notre commune préoccupation face au relativisme moral et aux violations qu’il engendre contre la dignité de la personne humaine. En abordant les questions éthiques les plus urgentes de notre époque, nos deux communautés sont confrontées au défi d’engager les hommes de bonne volonté à se placer au niveau de la raison, tandis que simultanément, elles doivent mettre en évidence les fondements religieux qui soutiennent le mieux les valeurs morales ultimes. Puisse le dialogue qui a commencé, continuer à susciter des idées sur la manière dont les Chrétiens et les Juifs peuvent travailler afin que grandisse l’estime de la société envers la contribution remarquable de nos traditions religieuses et éthiques. Ici, en Israël, étant donné que les Chrétiens ne constituent seulement qu’une petite portion de la population totale, ils attachent une valeur particulière aux occasions de dialogue avec leurs voisins juifs.

La confiance est sans aucun doute un élément essentiel du dialogue véritable. Aujourd’hui, m’est offerte la possibilité de répéter que l’Église catholique est engagée de façon irrévocable sur le chemin choisi par le Concile Vatican II en faveur d’une réconciliation authentique et durable entre les Chrétiens et les Juifs. Comme Nostra Aetate le dit clairement, l’Église continue de valoriser le patrimoine commun aux Chrétiens et aux Juifs et désire une compréhension mutuelle et un respect toujours plus profonds à travers les études bibliques et théologiques comme à travers les dialogues fraternels. Puissent les sept rencontres des Commissions bilatérales qui se sont déjà tenues entre le Saint-Siège et le Grand Rabbinat en être une preuve ! Je vous suis donc reconnaissant de l’assurance que vous avez manifestée que les relations entre le Saint-Siège et le Grand Rabbinat continueront, à l’avenir, à croître dans le respect et la compréhension.

Chers amis, je vous exprime à nouveau ma profonde appréciation pour l’accueil que vous m’avez réservé aujourd’hui. Je suis sûr que notre amitié continuera d’être un exemple de confiance dans le dialogue entre Juifs et Chrétiens à travers le monde. En regardant les réalisations accomplies jusqu’à présent, et en tirant notre inspiration des Saintes Écritures, nous pouvons regarder l’avenir avec confiance concernant la coopération toujours plus ardente entre nos communautés – ainsi qu’avec toutes les personnes de bonne volonté – afin de dénoncer la haine et les persécutions à travers le monde. Je prie pour que Dieu, qui cherche nos cœurs et connaît nos pensées (Ps 139, 23), continue à nous éclairer de sa sagesse, afin que nous puissions suivre ses commandements de l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces (cf. Dt 6, 5), et d’aimer notre prochain comme nous-mêmes (Lv 19, 18). Je vous remercie.

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SALUTATIONS DANS LA CO-CATHÉDRALE LATINE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI


Mardi 12 mai 2009

Béatitude,

Je vous remercie pour vos paroles de bienvenue. Je remercie également le Patriarche émérite et je vous assure fraternellement l’un et l’autre de mes vœux les meilleurs et de mes prières.

Chers frères et sœurs dans le Christ, je suis heureux d’être ici avec vous aujourd’hui dans cette co-Cathédrale, où la communauté chrétienne de Jérusalem continue de se rassembler, comme elle le fait depuis des siècles, depuis les premiers jours de l’Église. Ici, dans cette ville, Pierre prêcha pour la première fois la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le jour de la Pentecôte, et environ trois mille personnes se joignirent aux disciples. Ici aussi, les premiers Chrétiens « étaient fidèles à l’enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain et à participer aux prières » (Ac 2, 42). De Jérusalem, l’Évangile se répandit « sur toute la terre (…), jusqu’aux limites du monde » (Ps 19, 5), durant tout ce temps, les efforts missionnaires de l’Église ont été soutenus par les prières des fidèles, rassemblés autour de l’autel du Seigneur, invoquant la puissance de l’Esprit Saint sur leur œuvre de prédication.

Par-dessus tout, ce sont les prières de ceux dont la vocation est, selon les mots de sainte Thérèse de Lisieux, d’être « amour, profondément ancré dans le cœur de l’Église » (cf. Lettre à Sœur Marie du Sacré Cœur), qui soutient le travail de l’évangélisation. Je veux exprimer une marque particulière d’appréciation pour l’apostolat caché des religieuses contemplatives qui sont présentes ici. Je tiens à vous remercier de votre généreuse consécration à la vie de prière et au don de vous-mêmes. Je vous suis tout spécialement reconnaissant pour les prières que vous offrez pour mon ministère universel, et je vous demande de continuer à confier au Seigneur ma mission au service du peuple de Dieu dans le monde entier. En reprenant les mots du Psalmiste, je vous demande également « d’appeler la paix sur Jérusalem » (cf. Ps 122, 6), de prier sans cesse pour la fin du conflit qui a causé de si nombreuses souffrances aux peuples de ce pays. Et maintenant, je vous donne ma bénédiction.

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Cérémonie de bienvenue à Bethléem : Discours de Benoît XVI

Pour un Etat palestinien et le renoncement au terrorisme


ROME, Mercredi 13 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce mercredi matin à son arrivée à Bethléem, devant le palais présidentiel, en présence du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et des autorités locales, civiles et religieuses.

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Monsieur le président,

Chers amis,

Je vous salue de tout cœur et je remercie chaleureusement le président, M. Mahmoud Abbas, de ses paroles de bienvenue. Mon pèlerinage aux pays de la Bible ne serait pas complet sans une visit e à Bethléem, la Cité de David, et le lieu de naissance de Jésus Christ. Et je ne pouvais pas non plus venir en Terre sainte sans accepter l'aimable invitation du président Abbas à visiter ces Territoires et saluer le peuple palestinien.

Je sais combien vous avez souffert et continuez à souffrir du fait des troubles qui ont affligé ce pays depuis des décennies. Mon cœur va rejoindre toutes les familles qui sont restées sans abri. Cet après midi, je rendrai visite au Camp de réfugiés de Aida pour exprimer ma solidarité avec le peuple qui a tant perdu. A ceux qui parmi vous pleurent la perte de membres de leur famille et d'êtres chers, pendant les hostilités, spécialement le récent conflit de Gaza, j'offre l'assurance de ma profonde compassion et de mon souvenir fréquent dans la prière. Bien sûr je vous garde tous dans me s prières quotidiennes et je demande sincèrement au Tout Puissant la paix, une paix juste et durable, dans les Territoires palestiniens et dans toute la région.

M. le président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine dans le pays de vos ancêtres, dans la sécurité et la paix avec ses voisins, dans des frontières reconnues de façon internationale.

Même si pour le moment ce but semble loin d'être atteint, je vous presse, vous et tout votre peuple, de garder vivante la flamme de l'espérance, l'espérance que l'on peut trouver une voie pour venir à la rencontre des aspirations à la paix et à la stabilité à la fois des Israéliens et des Palestiniens.

Avec les mots du défunt pape Jean-Paul II, « il ne peut y avoir de paix sans justice, de justice sans pardon » (Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002), je supplie toutes les parties de ce long conflit de mettre de côté les griefs et les divisions, quels qu'ils soient, qui font obstacle sur la route de la réconciliation, et de tendre la main à tous, dans discrimination, avec générosité et compassion.

Une coexistence juste et pacifique parmi les peuples du Moyen Orient ne peut être atteinte que dans un esprit de coopération et de respect mutuel, dans lesquels les droits et la dignité de tous sont reconnus et respectés. Je vous demande à tous, je demande à vos leaders, de s'engager de façon renouvelée à travailler en direction de ces objectifs. J'appelle particulièrement la communauté internationale à apporter son influence pour atteindre une solution. Croyez et ayez confiance que grâce à un dialogue honnête et persévérant, dans le plein respect des exigences de la justice, une paix durable peut vraiment être atteinte dans ces pays.

C'est mon espérance sincère que les préoccupations sérieuses concernant la sécurité en Israël et dans les Territoires palestiniens seront bientôt suffisamment apaisées pour permettre une plus grande liberté de mouvement, spécialement en ce qui concerne le contact entre des membres d'une même famille et l'accès aux lieux saints. Les Palestiniens, comme les autres peuples, ont un droit naturel au mariage, à élever une famille, et à l'accès au travail, à l'éducation, et aux soins de santé.

Je prie aussi pour qu'avec l'aide de la communauté internationale le travail de reconstruction puisse avancer rapidement là où des maisons, des écoles ou d es hôpitaux ont été endommagés ou détruits, spécialement durant le récent conflit de Gaza. C'est essentiel puisque le peuple de ce pays est appelé à vivre dans des conditions qui conduisent à une paix durable et à la prospérité.

Une infrastructure stable offrira aux jeunes de meilleures possibilités d'acquérir des compétences valables et de chercher un emploi rémunérateur, leur permettant de prendre leur part dans la construction de la vie de vos communautés.

Je lance cet appel aujourd'hui aux nombreux jeunes à travers les Territoires palestiniens : ne permettez pas que la perte de la vie et que les destructions dont vous avez été les témoins suscitent dans vos cœurs de l'amertume ou du ressentiment. Ayez le courage de résister à toute tentation que vous pourriez ressentir d'av oir recours à des actes de violence ou au terrorisme.

Au contraire, faites en sorte que ce dont vous avez eu l'expérience renouvelle votre détermination à construire la paix. Que cela vous emplisse d'un vif désir d'apporter une contribution durable à l'avenir de la Palestine, de façon à ce qu'elle puisse prendre la place à laquelle elle a droit sur la scène mondiale. Que cela inspire en vous des sentiments de compassion pour tous ceux qui souffrent, un zèle pour la réconciliation, et une foi solide dans la possibilité d'un avenir plus lumineux.

M. le président, chers amis rassemblés ici à Bethléem, j'invoque sur le peuple palestinien les bénédictions et la protection de notre Père céleste, et je prie avec ferveur que le chant que les anges ont chanté ici s'accomplisse : paix sur la terre, bonne volont&eacu te; parmi les hommes. Merci. Et Dieu soit avec vous.

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Bethléem : Homélie de Benoît XVI sur la place de la mangeoire


« Construire la culture de la paix et du respect mutuel »


ROME, Mercredi 13 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée ce mercredi matin, au cours de la messe qu'il a présidée, à Bethléem, sur la place de la mangeoire, près de la Basilique de la Nativité.

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Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

Je remercie le Dieu tout-puissant de me donner la grâce de venir à Bethléem non seulement pour vénérer le lieu de la naissance du Christ, mais aussi pour être à vos côtés, mes frères et sœurs dans la foi, dans ces Territoires palestiniens.

Je suis reconnaissant au patriarche Fouad Twal pour les sentiments qu'il a exprimés en votre nom, et je salue avec affection mes frères évêques et tous les prêtres, les religieux et les fidèles laïcs qui travaillent quotidiennement pour confirmer cette Eglise locale dans la foi, l'espérance et l'amour.

Mon cœur va de façon spéciale aux pèlerins de Gaza déchirée par la guerre : je vous demande de dire à vos familles et à vos communautés que je les embrasse chaleureusement et que je suis désolé pour les pertes, les épreuves et les souffrances que vous avez dû endurer. Soyez, je vous prie, assurés de ma solidarité avec vous dans l'immense travail de reconstruction qui est devant vous, et de ma prière pour que l'embargo soit bientôt levé.

« N'ayez pas peur, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, une grande joie... aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né » (Lc 2,10-11). Le message de la venue du Christ, apporté du ciel par la voix des anges, continue de résonner dans cette ville, comme il résonne dans les familles, les maisons, et les communautés à travers le monde. C'est une « bonne nouvelle », disent les anges « pour tout le peuple ». Elle proclame que le Messie, le Fils de Dieu et le Fils de David, est né « pour vous » : pour vous et pour moi, et pour les hommes et les femmes de tout temps et de tout lieu. Dans le plan de Dieu, Bethléem, « le plus petit des clans de Juda » (Michée 5, 2), est devenu le lieu d'une gloire immortelle : le lieu où, à la plénitude des temps, Dieu a choisi de se faire homme, de mettre fin au long règne du péché et de la mort, d'apporter une vie nouvelle et abondante à un monde qui était devenu vieux, fatigué et oppressé par la désespérance.

Pour les hommes et les femmes, partout, Bethléem est associée à ce joyeux message de renaissance, de lumière et de liberté. Pourtant, ici, au milieu de vous, comme cette promesse magnifique semble loin d'être réalisée ! Comme il semble loin ce Royaume de large souveraineté et de paix, de sécurité, de justice et d'intégrité que le prophète Isaïe a annoncé dans la première lecture (cf. Is 9,7), et que nous proclamons comme définitivement établi lors de la venue de Jésus Christ, Messie et Roi !

Dès le jour de sa naissance, Jésus a été un « signe de contradiction » (Lc 2,34), et il continue de l'être, même aujourd'hui. Le Seigneur des armées « dont l'origine remonte au temps jadis, aux jours antiques » (Michée 5, 1), souhaite inaugurer son Royaume en naissant dans cette petite ville, entrant dans notre monde dans le silence et l'humilité d'une grotte, et déposé, comme un bébé vulnérable, dans une mangeoire. Ici, à Bethléem, au milieu de toutes sortes de contradictions, les pierres continuent de crier la « bonne nouvelle », le message de rédemption que cette ville, au-dessus de toutes les autres, est appelée à proclamer au monde. Car ici, d'une façon qui surpasse toute espérance et toute attente humaines, Dieu s'est montré fidèle à ses promesses. Dans la naissance de son Fils, il a révélé la venue d'un Royaume d'amour : un amour divin qui s'est abaissé pour apporter la guérison et nous relever ; un amour qui s'est révélé dans l'humiliation et la faiblesse de la croix et pourtant triomphe dans une glorieuse résurrection à la vie nouvelle.

Le Christ a apporté un Royaume qui n'est pas de ce monde, et pourtant un Royaume capable de changer ce monde, parce qu'il a le pouvoir de changer les cœurs, l'illuminer les esprits et de fortifier les volontés. En prenant notre chair, avec toutes ses faiblesses, et en la transfigurant pas la puissance de l'Esprit, Jésus nous a appelés à être des témoins de sa victoire sur le péché et sur la mort. Et c'est ce que le message de Bethléem nous appelle à être : des témoins du triomphe de l'amour de Dieu sur la haine, l'égoïsme, la peur et le ressentiment qui handicapent les relations humaines et créent la division là où des frères devraient demeurer unis, la destruction là où les hommes devraient construire, le désespoir là où l'espérance devrait fleurir.

« Dans l'espérance nous avons été sauvés » dit l'apôtre Paul (Romains 8, 24). Pourtant, il affirme avec un réalisme total que la création continue à gémir en travail d'enfantement, et nous-mêmes, qui avons reçu les prémices de l'Esprit, nous attendons patiemment l'accomplissement de notre rédemption (cf. Rm 8, 22-24). Dans la seconde lecture d'aujourd'hui, Paul tire de l'Incarnation une leçon qui peut être particulièrement appliquée au travail dont vous, les choisis de Dieu de Bethléem, faites particulièrement l'expérience : « La grâce de Dieu est apparue », nous dit-il, « nous entraînant à rejeter les voies impies et les désirs du monde et de vivre dans ce siècle dans la tempérance, la justice et la piété », alors que nous attendons la venue de notre bienheureuse espérance, le Sauveur, Jésus Christ (Tite 2,11-13).

Est-ce que telles ne sont pas là les vertus requises pour les hommes et les femmes qui vivent dans l'espérance ? Tout d'abord la constante conversion au Christ qui se reflète non seulement dans nos actions mais aussi dans notre raisonnement : le courage d'abandonner les façons de penser, d'agir, et de réagir qui sont sans fruit et stériles. Puis, la culture d'un état d'esprit de paix fondé sur la justice, le respect des droits et des devoirs de tous, et l'engagement à collaborer au bien commun. Mais aussi la persévérance, persévérance dans le bien et dans le rejet du mal. Ici, à Bethléem, une persévérance spéciale est demandée aux disciples du Christ : la persévérance dans le témoignage fidèle à la gloire de Dieu révélée ici, dans la naissance de son Fils, à la bonne nouvelle de sa paix qui est descendue du ciel pour demeurer sur la terre.

« N'ayez pas peur ! » Tel est le message que le Successeur de saint Pierre souhaite vous laisser aujourd'hui, en écho au message des anges et à la tâche que notre bien-aimé pape Jean-Paul II vous a laissée en l'année du Grand jubilé de la naissance du Christ. Comptez sur la solidarité de vos frères et sœurs dans l ‘Eglise universelle et travaillez, par des initiatives concrètes, à consolider votre présence et à offrir de nouvelles possibilités à ceux qui sont tentés de partir. Soyez un pont de dialogue et de coopération constructive dans la construction d'une culture de paix pour remplacer l'impasse actuelle de la peur, de l'agression et de la frustration. Construisez vos Eglises locales en en faisant des ateliers du dialogue, de la tolérance et de l'espérance, ainsi que de la solidarité et de la charité pratique.

Surtout, soyez des témoins de la puissance de la vie, la nouvelle vie apportée par le Christ ressuscité, la vie qui peut éclairer et transformer même les situations humaines les plus sombres et les plus désespérées. Votre patrie a besoin non seulement de nouvelles structures économiques et communautaires, mais, ce qui est plus important, d'une nouvelle infrastructure spirituelle, si l'on peut dire, qui soit capable de galvaniser les énergies de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté au service de l'éducation, du développement, et de la promotion du bien commun. Vous avez les ressources humaines pour construire la culture de la paix et du respect mutuel qui garantira à vos enfants un avenir meilleur. Cette noble entreprise vous attend. N'ayez pas peur !

L'antique basilique de la Nativité, battue par les vents de l'histoire et le fardeau des âges, se tient devant nous comme un témoin de la foi qui dure et triomphe du monde (cf. 1 Jn 5, 4). Aucun visiteur de Bethléem ne peut manquer de remarquer qu'au cours des siècles la grande porte conduisant dans la maison de Dieu a progressivement rapetissé. Aujourd'hui, prions pour que, par la grâce de Dieu et grâce à notre engagement, la porte conduisant au mystère de Dieu qui demeure au milieu des hommes, le temple de notre communion dans son amour, et l'avant-goût d'un monde de paix et de joie éternelles, s'ouvre toujours plus totalement pour accueillir, renouveler et transformer chaque cœur humain. C'est ainsi que Bethléem continuera de faire résonner le message confié aux bergers à nous et à toute l'humanité : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ». Amen. »

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Discours de Benoît XVI au Camp de réfugiés de « Aida »

ROME, Mercredi 13 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce mercredi après-midi, lors de sa visite au Camp de réfugiés de « Aida », un des camps de réfugiés dans les Territoires palestiniens où vivent des musulmans et des chrétiens.

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Monsieur le Président,

Chers amis,

Cet après-midi, ma visite au Camp de réfugiés Aïda me donne l'opportunité d'exprimer ma solidarité à l'ensemble des Palestiniens qui n'ont pas de maison et qui attendent de pouvoir retourner sur leur terre natale, ou d'habiter de façon durable dans une patrie qui soit à eux. Merci à vous, Monsieur le Président, pour votre aimable accueil. Je vous remercie aussi, Monsieur Abu Zayd, ainsi que toutes les personnes qui ont pris la parole. À tous les personnels de l'Office de Secours et de Travaux des Nations Unies pour les Réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient qui prennent soin des réfugiés, j'exprime la reconnaissance d'une multitude d'hommes et de femmes à travers le monde pour le travail qui est fait ici et dans les autres camps de la région.

J'adresse un salut particulier aux élèves et aux professeurs des écoles. Par votre engagement dans l'éducation, vous exprimez une espérance pour l'avenir. À tous les jeunes présents ici, je dis : renouvelez vos efforts pour vous préparer au temps où, dans les années à venir, vous serez en charge des affaires du Peuple palestinien. Les parents ont ici un rôle trè s important, et à toutes les familles présentes dans ce camp, je dis : ayez à cœur d'encourager vos enfants dans leurs études et de cultiver leurs talents, de telle sorte que ne manque pas le personnel qualifié pour occuper les fonctions dirigeantes dans la Communauté palestinienne dans l'avenir. Je sais que beaucoup de vos familles sont séparées - à cause de l'emprisonnement de membres de la famille, ou des restrictions dans la liberté de déplacement - et que beaucoup d'entre vous ont connu le deuil pendant les hostilités. Mon cœur va vers tous ceux qui ont ainsi souffert. Soyez assurés que tous les réfugiés palestiniens à travers le monde, spécialement ceux qui ont perdu leurs maisons et des êtres chers durant le récent conflit à Gaza, sont présents dans mes prières.

Je souhaite saluer le bon travail réalisé par nombres d'organismes de l'Église en faveur des réfugiés ici et dans les autres parties des Territoires Palestiniens. La Mission pontificale pour la Palestine, fondée il y a soixante ans pour coordonner l'assistance catholique humanitaire aux réfugiés, poursuit son travail toujours indispensable aux côtés d'autres organisations semblables. Dans ce camp, la présence des Sœurs franciscaines missionnaires du Cœur immaculée de Marie nous invite à faire mémoire de la figure charismatique de saint François, ce grand apôtre de la paix et de la réconciliation. En effet, je veux exprimer ma reconnaissance particulière pour la contribution exceptionnelle apportée par les différents membres de la famille franciscaine dans l'attention aux populations de cette région, se faisant des « instruments de paix &ra quo;, selon l'expression du saint d'Assise retenue par la postérité.

Instruments de paix. Combien les gens de ce camp, de ces Territoires, et de la région tout entière attendent la paix ! En ces jours, ce long désir prend un relief particulier quand vous vous souvenez des événements de mai 1948 et des années de conflit, non encore résolu, qui suivirent ces événements. Vous vivez maintenant dans des conditions précaires et difficiles, avec des possibilités limitées de trouver un emploi. Il est compréhensible que vous vous sentiez souvent frustrés. Vos aspirations légitimes à un logement stable, à un État palestinien indépendant, demeurent non satisfaites. Au contraire, vous vous trouvez piégés, comme beaucoup d'autres en cette région et à travers le monde sont piégés, dans une spirale de violence, d'attaque et de contre-attaque, de vengeance et de destruction continuelle. Le monde entier soupire pour que cette spirale soit brisée et pour que par la paix soit mis fin à ces combats qui ne cessent pas de durer.

Dominant au-dessus de nous qui sommes rassemblés ici cet après-midi, s'érige le mur, rappel incontournable de l'impasse où les relations entre Israéliens et Palestiniens semble avoir abouti. Dans un monde où les frontières sont de plus en plus ouvertes - pour le commerce, pour les voyages, pour le déplacement des personnes, pour les échanges culturels - il est tragique de voir des murs continuer à être construits. Comme il nous tarde de voir les fruits d'une tâche bien plus difficile, celle de construire la paix ! Comme nous prions constamment pour la fin des hostilités qui sont à l'origine de ce mur !

De part et d'autres d u mur, un grand courage est nécessaire pour dépasser la peur et la défiance, pour résister au désir de se venger des pertes ou des torts subis. Il faut de la magnanimité pour rechercher la réconciliation après des années d'affrontement. Pourtant l'histoire a montré que la paix ne peut advenir que lorsque les parties en conflit sont désireuses d'aller au-delà de leurs griefs et de travailler ensemble pour des buts communs, prenant chacune au sérieux les inquiétudes et les peurs de l'autre et s'efforçant de créer une atmosphère de confiance. Il faut de la bonne volonté pour prendre des initiatives imaginatives et audacieuses en vue de la réconciliation : si chaque partie insiste en priorité sur les concessions que doit faire l'autre, le résultat ne peut être qu'une impasse.

L'aide humanitaire, comme celle qui est fournie d ans ce camp, a un rôle essentiel à jouer, mais la solution à long terme à un conflit tel que celui-ci ne peut être que politique. Personne n'attend que les Palestiniens et les Israéliens y parviennent seuls. Le soutien de la communauté internationale est vital, et c'est pourquoi, je lance un nouvel appel à toutes les parties concernées pour jouer de leur influence en faveur d'une solution juste et durable, respectant les requêtes légitimes de toutes les parties et reconnaissant leur droit de vivre dans la paix et la dignité, en accord avec la loi internationale. En même temps, toutefois, les efforts diplomatiques ne pourront aboutir heureusement que si les Palestiniens et les Israéliens ont la volonté de rompre avec le cycle des agressions. Je me rappelle ces autres mots magnifiques attribués à saint François : « Là où il y a la hain e, que je mette l'amour, là où il y a l'injure, que je mette le pardon... là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière, là où il y a la tristesse, la joie ».

À vous tous, je renouvelle mon appel à vous engager profondément pour cultiver la paix et la non-violence, suivant l'exemple de saint François et des autres grands artisans de paix. La paix doit commencer à la maison, dans la famille, dans le cœur. Je continue de prier pour que toutes les parties du conflit qui se déroule sur ces terres aient le courage et l'imagination nécessaires pour emprunter le difficile mais indispensable chemin de la réconciliation. Puisse la paix fleurir à nouveau sur ces terres ! Puisse Dieu bénir son peuple avec la paix !

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Benoît XVI quitte les Territoires autonomes palestinien

ROME, Mercredi 13 mai 2009 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte du discours que le pape Benoît XVI a prononcé ce mercredi en fin d'après-midi, dans la cour du palais présidentiel de Bethléem, avant de quitter les Territoires autonomes palestiniens, après le discours du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

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Monsieur le Président,

Chers Amis,

Je vous remercie pour la grande délicatesse dont vous m'avez entouré durant cette journée que j'ai passée en votre compagnie, ici dans les Territoires Palestiniens. Je sais gré au Président Mahmoud Abbas pour son hospitalité et pour ses paroles bienveillantes. Il était émouvant pour mo i également d'écouter les témoignages des résidents qui nous ont parlé de leurs conditions de vie, ici, en Cisjordanie et à Gaza. Je vous assure tous que je vous garde dans mon cœur et que j'attends ardemment de voir se réaliser la paix et la réconciliation dans ces terres tourmentées.

Ce fut vraiment un jour mémorable. Depuis mon arrivée à Bethléem, ce matin, j'ai eu la joie de célébrer la Messe avec une multitude de fidèles dans le lieu même où Jésus-Christ, lumière des Nations et espérance du monde, est né. J'ai pu constater les soins donnés aux nouveaux nés du Caritas Baby Hospital. Avec angoisse, j'ai été le témoin de la situation des réfugiés qui, comme la Sainte Famille, ont été obligés de fuir de leurs maisons. Près du Camp et surplombant une partie de Bethléem, j'ai vu également le mur qui fait intrusion dans vos territoires, séparant des voisins et divisant des familles.

Bien que les murs peuvent être facilement construits, nous savons que ils ne subsistent pas toujours. Ils peuvent être abattus. Il est d'abord nécessaire d'ôter les murs construits autour de nos cœurs, les barrières érigées contre nos voisins. C'est pourquoi, dans ce mot de congé, je désire relancer un appel à l'ouverture et à la générosité d'esprit pour mettre fin à l'intolérance et à l'exclusion. Peu importe combien un conflit peut paraître insoluble et profondément ancré, il y a toujours des raisons d'espérer qu'il puisse être résolu, et que les efforts patients et persévérants de ceux qui travaillent pour la paix et la réconciliation, porteront des fruits en fin de compte. Mon souhait sincère pour vous, peuple de Palestine, est que cela arrivera bientôt pour vous permettre de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilité dont vous avez été privés depuis si longtemps.

Soyez assurés que je vais continuer à utiliser toutes les opportunités pour encourager ceux qui sont engagés dans les négociations de paix à travailler ensemble pour une solution juste qui respecte les aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens. Comme un pas important dans cette direction, le Saint-Siège cherche à établir rapidement, conjointement avec l'Autorité Palestinienne, la Commission bilatérale permanente de travail qui fut envisagée par l'Accord de base, signé au Vatican le 15 février 2000 (cf. Basic Agreement between the Holy See and the Palestine Liberation Organization, art. 9).

Monsieur le Président, chers amis, je vous remercie une nouvelle fois et je vous recommande tous à la protection du Tout-Puissant. Puisse Dieu regarder avec amour chacun d'entre vous, vos familles et ceux qui vous sont chers. Puisse-t-Il bénir par la paix le peuple Palestinien !

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MESSE

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI

Mont du Précipice - Nazareth
Jeudi 14 mai 2009

Chers Frères et Sœurs,

« Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ressuscité à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps ! » (Col 3, 15). Avec ce souhait de l’Apôtre Paul, je vous salue tous avec affection dans le Seigneur ! Je me réjouis de venir ici à Nazareth, lieu béni par le mystère de l’Annonciation, lieu qui fut le témoin des années cachées du Christ grandissant en sagesse, en âge et en grâce (cf. Lc 2, 52). Je remercie Mgr Elias Chacour de ses cordiales paroles de bienvenue et je vous donne à tous le baiser de paix, à vous mes Frères Évêques, aux prêtres, aux religieux et aux religieuses, et à vous tous les fidèles de Galilée qui, dans la diversité de vos rites et de vos traditions, exprimez l’universalité de l'Église du Christ. Je désire remercier de manière particulière tous ceux qui ont apporté leur collaboration à la préparation de cette célébration, et particulièrement ceux qui ont œuvré au projet de ce nouveau théâtre et à sa construction, nous offrant un magnifique panorama sur la ville.

Nous voici rassemblés ici, dans la ville où vécurent Jésus, Marie et Joseph, pour marquer la clôture de l’Année de la Famille qui a été célébrée par l'Église en Terre Sainte. En signe d’espérance pour l’avenir, je vais bénir la première pierre du Centre international pour la Famille qui doit être construit à Nazareth. Prions pour que ce Centre promeuve une vie familiale solide dans cette région, qu’il offre partout un soutien et une assistance aux familles, et qu’il les encourage dans leur mission irremplaçable dans la société.

Cette étape de mon pèlerinage, j’en suis sûr, va faire converger l’attention de toute l'Église vers cette ville de Nazareth. Chacun de nous, comme le Pape Paul VI l’avait dit ici, a besoin de revenir à Nazareth, de contempler d’un regard toujours nouveau le silence et l’amour de la Sainte Famille, modèle de toute famille chrétienne. Ici, devant l’exemple de Marie, Joseph et Jésus, nous sommes conduits à apprécier toujours plus pleinement le caractère sacré de la famille, qui, selon le plan de Dieu, est fondée sur la fidélité d’un homme et d’une femme unis pour toute la vie dans l’alliance du mariage et ouverts au don, par Dieu, d’une vie nouvelle. Les hommes et les femmes de notre temps ont un tel besoin de redécouvrir et de faire leur cette vérité fondamentale, qui est à la base de la société ! Et combien est important le témoignage de couples mariés pour la formation de consciences droites et l’édification d’une civilisation de l’amour !

Dans la première lecture de ce jour, tirée du Livre de Ben Sirac (3, 3-7, 14-17), la Parole de Dieu présente la famille comme la première école de sagesse, une école qui apprend à ses membres à pratiquer les vertus conduisant à un bonheur authentique et à des réalisations durables. Selon le plan de Dieu pour la famille, l’amour du mari et de sa femme porte ses fruits dans l’éclosion d’une nouvelle vie, et trouve son expression quotidienne dans les efforts pleins d’amour des parents pour assurer à leurs enfants une formation humaine et spirituelle intégrale. Dans la famille chaque personne, qu’il s’agisse du plus petit des enfants ou du parent le plus âgé, est appréciée pour elle-même et n’est pas considérée simplement en fonction d’autres buts. Nous commençons ici à percevoir quelque chose du rôle essentiel de la famille comme première pierre d’une société accueillante et bien organisée. Et nous pouvons prendre aussi la mesure, à l’intérieur d’une communauté plus large, des devoirs de l’État en vue de soutenir la famille et ses droits propres, afin aussi de faire en sorte que toutes les familles puissent vivre et s’épanouir dans des conditions dignes.

L’Apôtre saint Paul, en écrivant aux Colossiens, prend instinctivement l’exemple de la famille quand il veut montrer les vertus qui permettent d’édifier « le seul corps » qu’est l'Église. Parce que nous sommes choisis par Dieu, nous ses fidèles et bien-aimés, nous sommes appelés à vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres, à nous supporter les uns les autres et par-dessus tout à pardonner, ayant l’amour qui fait l’unité dans la perfection (cf. Col 3, 12-14). Tout comme dans l’alliance du mariage, l’amour de l’homme et de la femme est élevé par la grâce au point d’avoir part à l’amour du Christ pour son Église et d’en être une expression (cf. Ep 5, 32), de la même manière la famille, enracinée dans cet amour, est appelée à être « une Église domestique », un lieu de foi, de prière et de souci affectueux pour le bien véritable et durable de chacun de ses membres.

Tandis que nous réfléchissons sur ces réalités dans cette ville, la cité de l’Annonciation, nos pensées se tournent naturellement vers Marie, la « pleine de grâce », la Mère de la Sainte Famille et notre Mère. Nazareth nous remet en mémoire le besoin que nous avons de reconnaître et de respecter ces dons de Dieu que sont la dignité et le rôle propre des femmes ainsi que leurs charismes et talents particuliers. Que ce soit comme mères de famille, ou bien par leur présence au travail ou dans les institutions de la société ou encore à travers une vocation particulière à suivre le Seigneur par les conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance, les femmes ont un rôle indispensable pour créer cette « écologie humaine » (cf. Centesimus Annus, n. 39) dont notre monde et cette terre ont un si grand besoin : c’est un environnement où les enfants apprennent à aimer et à accueillir les autres, à être honnêtes et respectueux envers tous, à pratiquer les vertus de miséricorde et de pardon.

Ici nous pensons aussi à saint Joseph, l’homme juste que Dieu a voulu placer à la garde de sa maison. A travers l’exemple fort et paternel de Joseph, Jésus a appris les vertus d’une piété vigoureuse, la fidélité à la parole donnée, la droiture et le dur labeur. Dans le charpentier de Nazareth, il découvrait comment l’autorité placée au service de l’amour est infiniment plus féconde que le pouvoir qui cherche à dominer. Notre monde a tant besoin d’être guidé par l’exemple, la force paisible d’hommes comme Joseph !

Enfin, en contemplant la Sainte Famille de Nazareth, nous nous tournons vers l’Enfant Jésus qui, dans la maison de Marie et Joseph, grandit en sagesse et en intelligence jusqu’au jour où il commença son ministère public. C’est le lieu maintenant de vous faire part, à vous les jeunes qui êtes ici, d’une simple pensée. Le Deuxième Concile du Vatican nous enseigne que les enfants ont un rôle particulier à jouer pour aider leurs parents à croître en sainteté (cf. Gaudium et Spes, n. 48). Je vous encourage à réfléchir sur cela, et à laisser l’exemple de Jésus vous guider, pas seulement en montrant du respect à vos parents, mais aussi en les aidant à découvrir plus pleinement l’amour qui donne à nos vies leur sens le plus profond. Dans la Sainte Famille de Nazareth, c’était Jésus qui enseignait à Marie et à Joseph quelque chose de la grandeur de l’amour de Dieu, son Père céleste, source première de tout amour, Père dont toute famille au ciel et sur terre tire son nom (cf. Ep 3, 14-15).

Chers amis, dans la Prière d’ouverture de la Messe d’aujourd’hui, nous avons demandé au Père de « nous aider à vivre comme la Sainte Famille, unis dans le respect et l’amour ». Réaffirmons ensemble, ici, notre engagement à être ferment de respect et d’amour dans le monde qui nous entoure. Ce « Mont du Précipice » nous rappelle, comme il l’a fait pour des générations de pèlerins avant nous, que le message du Seigneur était parfois source de contradiction et de conflit pour ses auditeurs. Et ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l’écho, et qui ont blessé les relations entre les communautés chrétiennes et musulmanes. J’invite les personnes de bonne volonté de ces deux communautés à remédier aux dommages qui ont été causés et, dans la fidélité à notre foi commune au Dieu Unique, Père de la famille humaine, je leur demande de travailler à construire des ponts et de trouver les moyens de vivre paisiblement ensemble. Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort dans l’âme des personnes avant de tuer les corps !

Permettez-moi de conclure avec un mot de gratitude et de félicitations à tous ceux qui s’efforcent de porter l’amour de Dieu aux enfants de cette ville, et d’éduquer les nouvelles générations sur les chemins de la paix. Je remercie de manière particulière les efforts des Églises particulières qui, notamment à travers leurs écoles et leurs institutions de charité, cherchent à briser les murs et à offrir un terrain favorable pour les rencontres, le dialogue, la réconciliation et la solidarité. J’encourage le dévouement des prêtres, des religieux et des religieuses, des catéchistes et des enseignants, avec les parents et tous ceux qui se soucient du bien de nos enfants, les invitant à témoigner avec persévérance de l’Évangile, à garder confiance dans le triomphe de la bonté et de la vérité, et à croire que Dieu donnera la croissance à toute initiative qui tend à l’extension du Royaume de sainteté, de solidarité, de justice et de paix. Dans le même temps, je veux souligner avec gratitude la solidarité dont tant de nos frères et sœurs à travers le monde font preuve à l’égard des fidèles de Terre sainte en soutenant les programmes et les actions remarquables du Catholic Near East Welfare Association.

« Que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38). Que Notre-Dame de l’Annonciation, qui a courageusement ouvert son cœur au plan mystérieux de Dieu et est devenue la Mère de tous les croyants, nous guide et nous assiste par son intercession ! Puisse-t-elle obtenir, pour nous et pour nos familles, la grâce d’ouvrir l’oreille au message du Seigneur qui a le pouvoir d’élargir nos cœurs (cf. Ac 20, 32), afin de nous inspirer les décisions courageuses à prendre et de guider nos pas sur les chemins de la paix !

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RENCONTRE AVEC LES CHEFS RELIGIEUX DE GALILÉE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Auditoire du Sanctuaire de l’Annonciation - Nazareth
Jeudi 14 mai 2009

Chers amis,

Je remercie Monseigneur Giacinto-Boulos Marcuzzo pour ses paroles de bienvenue et vous-mêmes pour le chaleureux accueil que vous me réservez. Je salue cordialement les chefs des différentes communautés ici présents, Chrétiens, Musulmans, Juifs, Druzes et les membres d’autres religions.

C’est pour moi une bénédiction que de pouvoir visiter cette ville vénérée par les Chrétiens comme le lieu où l’Ange vint annoncer à la Vierge Marie qu’elle concevrait par la puissance de l’Esprit Saint. Ici aussi, Joseph, son fiancé, vit dans un songe l’Ange qui lui dit de donner à l’enfant le nom de « Jésus ». Après les événements merveilleux qui ont accompagné sa naissance, l’enfant fut emmené ici par Joseph et Marie et c’est là qu’il « grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui » (cf. Lc 2, 40).

La conviction que le monde est un don de Dieu, et que Dieu est entré dans les tours et détours de l’histoire humaine, est la perspective à partir de laquelle les Chrétiens envisagent la création et la considèrent comme ayant une raison et un but. Loin d’être le résultat d’un destin aveugle, le monde a été voulu par Dieu et révèle sa splendeur glorieuse.

Au cœur de toutes les traditions religieuses se trouve la conviction que la paix elle-même est un don de Dieu, même si elle ne peut pas être atteinte sans les efforts de l’homme. La paix durable a sa source dans la reconnaissance que le monde, en dernière analyse, ne nous appartient pas, mais qu’il est plutôt l’horizon à l’intérieur duquel nous sommes invités à participer à l’amour de Dieu et à lui apporter notre coopération pour guider le monde et l’histoire sous son inspiration. Nous ne pouvons pas agir avec le monde selon notre bon plaisir ; mais, plutôt, nous sommes appelés à rendre nos choix conformes aux lois subtiles mais néanmoins perceptibles inscrites par le Créateur dans l’univers et à mettre nos actions en accord avec la bonté divine qui imprègne tout le monde créé.

La Galilée est une terre connue pour sa diversité religieuse et ethnique, c’est la terre d’un peuple qui connaît bien les efforts requis pour vivre dans une harmonieuse coexistence. Nos différentes traditions religieuses ont chacune un puissant potentiel pour promouvoir une culture de paix, en particulier par l’enseignement et la prédication des valeurs spirituelles les plus profondes de notre commune humanité. En formant le cœur des jeunes, nous formons l’avenir de l’humanité elle-même. Les Chrétiens s’unissent volontiers aux Juifs, aux Musulmans, aux Druzes et aux membres d’autres religions dans le désir de protéger les enfants contre le fanatisme et la violence, tout en les préparant à être les bâtisseurs d’un monde meilleur.

Mes chers amis, je sais que vous accueillez avec joie et avec un souhait de paix les nombreux pèlerins qui parcourent la Galilée. Je vous encourage à continuer à mettre en pratique des comportements de respect mutuel alors que vous œuvrez pour apaiser les tensions concernant des lieux de culte, assurant ainsi un environnement serein pour la prière et la réflexion, ici même et dans toute la Galilée. Représentant différentes traditions religieuses, vous partagez le désir de contribuer au mieux-être de la société, rendant ainsi témoignage aux valeurs spirituelles et religieuses qui sont un soutien pour la vie publique. Je peux vous assurer de l’engagement de l'Église catholique à s’unir à vous dans cette noble entreprise. Avec les hommes et les femmes de bonne volonté, elle cherchera à faire en sorte que la lumière de la vérité, de la paix et de la bonté continue à briller depuis la Galilée, conduisant ainsi les peuples de toute la planète à rechercher tout ce qui peut favoriser l’unité de la famille humaine. Que Dieu vous bénisse tous !

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RENCONTRE ŒCUMÉNIQUE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Siège du patriarcat gréco-orthodoxe - Jérusalem
Vendredi 15 mai 2009

Chers Frères et Sœurs dans le Christ,

C’est avec une profonde et joyeuse gratitude que j’accomplis cette visite au Patriarcat Grec Orthodoxe de Jérusalem ; c’est un moment que j’attendais depuis longtemps. Je remercie le Patriarche, Sa Béatitude Theophilos III, pour ses aimables et fraternelles paroles d’accueil, auxquelles je réponds chaleureusement. J’exprime aussi à vous tous ma sincère reconnaissance pour l’occasion qui m’est donnée de rencontrer une nouvelle fois les nombreux responsables d’Églises et de communautés ecclésiales qui sont présents.

Ce matin, j’ai en mémoire les rencontres historiques qui ont eu lieu ici à Jérusalem entre mon prédécesseur le Pape Paul VI et le Patriarche œcuménique Athénagoras Ier, ainsi qu’entre le Pape Jean-Paul II et Sa Béatitude le Patriarche Diodoros. Ces rencontres, y compris la mienne aujourd’hui, ont une grande portée symbolique. Elles rappellent que la lumière de l’Orient (cf. Is 60, 1 ; Ap 21, 10) a illuminé le monde entier au moment précis où l’« astre » nous a visité (Lc 1, 78) ; elles nous rappellent également que c’est à partir d’ici que l’Évangile a été enseigné à toutes les nations.

En nous tenant en ce lieu sacré, à côté de l’Église du Saint-Sépulcre, qui marque le lieu où notre Seigneur crucifié se releva d’entre les morts pour toute l’humanité, et proche du Cénacle, où le jour de la Pentecôte « ils se trouvaient réunis tous ensemble » (Ac 2, 1), qui pourrait ne pas se sentir poussé à déployer la meilleure bonne volonté, la plus grande érudition et le plus ferme désir spirituel en faveur du devoir œcuménique ? Je prie pour que notre rencontre d’aujourd’hui donne un nouvel élan aux travaux de la Commission internationale conjointe pour le Dialogue théologique entre l’Église catholique romaine et les Églises orthodoxes, s’ajoutant aux fruits récents du document de Ravenne et d’autres initiatives conjointes.

Ce fut une joie particulière pour nos Églises que la participation du Patriarche Œcuménique de Constantinople, Sa Sainteté Bartholoméos Ier, au récent Synode des Évêques consacré au thème de La parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église. L’accueil chaleureux qu’il a reçu et son intervention touchante furent des expressions sincères de la joie spirituelle profonde qui jaillit de l’étendue de la communion déjà existante entre nos Églises. Une telle expérience œcuménique porte clairement témoignage du lien entre l’unité de l’Église et sa mission. En étendant ses bras sur la Croix, Jésus a révélé l’amplitude de son désir d’attirer tous les hommes à lui, les unissant à lui pour qu’ils ne fassent plus qu’un (cf. Jn 12, 32). Répandant son Esprit sur nous, il a dévoilé son pouvoir de nous rendre capables de participer à sa mission de réconciliation (cf. Jn 19, 30 ; 20, 22-23). Dans ce souffle, à travers la rédemption qui unie, tient notre mission ! C’est alors une petite merveille, lorsque, dans notre désir brûlant de porter le Christ aux autres, de faire connaître son message de réconciliation (cf. 2 Co 5, 19), nous éprouvons la honte de nos divisions. Cependant, envoyés par le Christ dans le monde (cf. Jn 20, 21), fortifiés par la puissance d’unité qu’est le Saint Esprit (ibid. v.22), proclamant la réconciliation qui conduit chacun à croire que Jésus est le Fils de Dieu (ibid. v.31), nous trouverons l’énergie pour redoubler nos efforts pour parfaire notre communion, pour la rendre totale, pour porter un témoignage commun à l’amour du Père qui envoie son Fils afin que le monde puisse connaître son amour pour nous (cf. Jn 17, 23).

Il y a près de deux mille ans, dans ces mêmes rues, un groupe de grecs fit cette demande à Philippe : « Nous voudrions voir Jésus » (Jn 12, 22). C’est une demande qui nous est faite aujourd’hui, ici à Jérusalem, en Terre Sainte, dans cette région et partout dans le monde. Comment allons-nous répondre ? Notre réponse est-elle entendue ? Saint Paul nous alerte sur notre grave responsabilité de répondre, sur notre mission d’enseigner et sur celle de prêcher. Il dit : « La foi naît de ce qu’on entend ; et ce qu’on entend, c’est l’annonce de la parole du Christ » (Rm 10, 17). Il est donc impératif que les responsables chrétiens et leurs communautés rendent un témoignage vibrant de ce que notre foi proclame : la Parole éternelle, qui est entrée dans le temps et l’espace de cette terre, Jésus de Nazareth, qui a marché dans ces rues, par ses enseignements et ses actions appelle les hommes de toutes les époques à entrer dans sa vie de vérité et d’amour.

Chers amis, alors que je vous encourage à annoncer joyeusement le Christ ressuscité, je souhaite aussi saluer le travail accompli à cette fin par les Chefs des Communautés chrétiennes, qui se rencontrent régulièrement dans cette ville. Il me semble que le plus grand service que les chrétiens de Jérusalem puissent offrir à leurs concitoyens est l’éducation d’une future génération de chrétiens bien formés et engagés, sérieux dans leur désir de contribuer généreusement à la vie civique et religieuse de cette ville unique et sainte. La priorité fondamentale de tout responsable chrétien est de nourrir la foi des personnes et des familles confiées à sa sollicitude pastorale. Ce souci pastoral commun assurera que vos rencontres régulières sont marquées par la sagesse et la charité fraternelle nécessaires pour vous soutenir les uns les autres et pour partager à la fois les joies et les difficultés particulières qui marquent la vie de votre peuple. Je prie afin que les aspirations des chrétiens de Jérusalem soient comprises comme concordantes avec les aspirations de tous ses habitants quelles que soient leurs religions : l’exercice de la liberté religieuse, la coexistence pacifique et - pour les jeunes en particulier - un accès ouvert à l’enseignement et à l’emploi, la possibilité de trouver des logements convenables, en particulier pour les familles, et l’opportunité de bénéficier et de contribuer à la stabilité économique.

Béatitude, je vous remercie encore une fois pour la délicatesse de l’invitation que vous m’avez faite ainsi qu’à tous vos autres hôtes. Sur chacun de vous et sur les communautés que vous représentez, j’invoque une abondance de grâces divines de force et de sagesse ! Puissiez-vous être tous fortifiés par l’espérance du Christ qui ne déçoit pas !

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VISITE AU SAINT-SÉPULCRE

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Jérusalem
Vendredi 15 mai 2009

Chers amis dans le Christ,

L’hymne de louange que nous venons de chanter nous unit aux anges et à l'Église de tous les temps et de tous les lieux – à « la glorieuse compagnie des Apôtres, à la noble assemblée des Prophètes et au cortège des Martyrs vêtus de la robe blanche » - rendant ainsi gloire à Dieu pour l’œuvre de notre rédemption, accomplie à travers la passion, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Devant ce Saint Sépulcre, où le Seigneur « a vaincu le pouvoir de la mort et ouvert aux croyants le Royaume des cieux », je vous salue tous, dans la joie de ce temps pascal. Je remercie le Patriarche Fouad Twal et le Custode, le Père Pierbattista Pizzaballa, pour leurs paroles de bienvenue. Je veux également manifester combien j’apprécie l’accueil que m’ont réservé les Hiérarques de l'Église grecque orthodoxe et de l'Église apostolique arménienne. Je suis heureux de saluer la présence de représentants des autres communautés chrétiennes de Terre Sainte. Je salue le Cardinal John Foley, Grand-Maître de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre et aussi les Chevaliers et les Dames de l’Ordre qui sont présents, reconnaissant pour leur inlassable engagement en vue de soutenir la mission de l’Église sur ces terres rendues saintes par la présence terrestre du Seigneur.

L’Évangile de saint Jean, nous a laissé un récit qui évoque la visite de Pierre et du disciple bien-aimé au tombeau vide, le matin de Pâques. Aujourd’hui, à près de vingt siècles de distance, le Successeur de Pierre, Évêque de Rome, se tient devant ce même tombeau vide et contemple le mystère de la Résurrection. Suivant les pas de l’Apôtre, je désire proclamer encore, aux hommes et aux femmes de notre temps, la foi inébranlable de l'Église : Jésus Christ « a été crucifié, est mort et a été enseveli », et « le troisième jour il est ressuscité des morts ». Exalté à la droite du Père, il nous a envoyé son Esprit pour le pardon des péchés. En dehors de lui, que Dieu a fait Seigneur et Christ, « il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes, par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12).

Devant ce lieu saint, et méditant cet événement prodigieux, comment ne pas « avoir le cœur transpercé » (Ac 2, 37), tout comme ceux qui les premiers entendirent la prédication de Pierre le jour de la Pentecôte ? Ici, le Christ est mort et est ressuscité pour ne plus jamais mourir. Ici, l’histoire de l’humanité a été changée de manière décisive. Le long règne du péché et de la mort a été brisé en morceaux par le triomphe de l’obéissance et de la vie ; le bois de la Croix expose à nu la vérité concernant le bien et le mal ; le jugement de Dieu a été rendu sur ce monde et la grâce de l’Esprit Saint s’est répandue sur l’humanité. Ici, le Christ, nouvel Adam, nous a montré que le mal n’a jamais le dernier mot, que l’amour est plus fort que la mort, que notre avenir, l’avenir de toute l’humanité, est entre les mains d’un Dieu fidèle et bon.

Le tombeau vide nous parle d’espérance, de l’espérance qui ne déçoit pas parce qu’elle est don de l’Esprit de vie (cf. Rm 5, 5). C’est là le message que je désire vous laisser aujourd’hui, à la fin de mon pèlerinage en Terre Sainte. Que l’espérance se lève, toujours nouvelle, par la grâce de Dieu, dans le cœur de toutes les personnes qui demeurent sur ces terres ! Puisse-t-elle prendre racine dans vos cœurs, être l’hôte de vos familles et de vos communautés, et inspirer chacun de vous pour rendre un témoignage toujours plus fidèle au Prince de la Paix ! L'Église en Terre Sainte, qui a si souvent fait l’expérience de l’obscur mystère du Golgotha, ne doit jamais cesser d’être l’intrépide héraut du lumineux message d’espérance que le tombeau vide proclame. L’Évangile nous enseigne que Dieu peut faire toutes choses nouvelles, que l’histoire ne se répète pas, que les mémoires peuvent être guéries, que les fruits amers de la récrimination et de l’hostilité peuvent être dépassés, et qu’un avenir de justice, de paix, de prospérité et de coopération peut se lever pour tout homme et pour toute femme, pour la famille humaine tout entière, et d’une manière particulière pour le peuple qui demeure sur cette terre si chère au cœur du Sauveur.

Cette antique église de l’Anástasis rend un témoignage muet aussi bien aux lourdeurs de notre passé, avec ses erreurs, ses incompréhensions et ses conflits, qu’à la promesse de gloire qui continue de rayonner du tombeau vide du Christ. Ce lieu saint, où la puissance de Dieu s’est manifestée dans la faiblesse, où les souffrances humaines ont été transfigurées en gloire divine, nous invite à tourner encore notre regard de foi vers la face du Seigneur crucifié et ressuscité. En contemplant sa chair glorifiée, complètement transfigurée par l’Esprit, nous parvenons à réaliser plus pleinement que même maintenant, par le Baptême, « nous portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps » (2 Co 4, 10-11). Même maintenant, la grâce de la résurrection est à l’œuvre en nous ! Puisse la contemplation de ce mystère stimuler nos efforts, au niveau personnel tout comme dans la communauté ecclésiale, en vue d’une croissance dans la vie selon l’Esprit par la conversion, la pénitence et la prière ! Puisse-t-elle nous aider à surmonter, par la puissance de ce même Esprit, les conflits et les tensions qui viennent de la chair et enlever les obstacles, aussi bien intérieurs qu’extérieurs, qui entravent notre progression dans le témoignage commun rendu au Christ et à la puissance de réconciliation de son amour.

Avec ces paroles d’encouragement, chers amis, s’achève mon pèlerinage sur les lieux saints de notre Rédemption et de notre renaissance dans le Christ. Je prie pour que l'Église en Terre Sainte tire toujours une nouvelle vigueur de sa contemplation du tombeau vide du Sauveur. Dans ce tombeau, elle est appelée à ensevelir toutes ses inquiétudes et ses craintes, afin de ressusciter chaque jour et de continuer son pèlerinage à travers les rues de Jérusalem, sur les route de Galilée et au-delà, proclamant le triomphe du pardon du Christ et de la promesse de la vie nouvelle. Comme chrétiens, nous savons que la paix à laquelle aspire cette terre déchirée a un nom : Jésus Christ. « Il est notre paix », lui qui nous a réconciliés avec Dieu en un seul corps, par la Croix, mettant fin à la haine (cf. Ep 2, 14). Déposons donc entre ses mains toute notre espérance pour l’avenir, tout comme, à l’heure des ténèbres, il remit son esprit entre les mains du Père.

Permettez-moi de conclure par un mot d’encouragement particulier pour mes frères les Évêques et les prêtres, ainsi que pour les personnes consacrées, hommes et femmes, qui servent l'Église bien-aimée en Terre Sainte. Ici, devant le tombeau vide, au cœur même de l'Église, je vous invite à rallumer l’enthousiasme de votre consécration au Christ et de votre engagement à servir avec amour son Corps mystique. A vous, revient l’immense privilège de rendre témoignage au Christ, dans la terre qu’il a sanctifiée par sa présence et son ministère. Par votre charité pastorale, permettez, à vos frères et sœurs, à tous les habitants de cette terre, de sentir la présence réconfortante et l’amour qui réconcilie du Ressuscité. Jésus demande à chacun de nous d’être des témoins d’unité et de paix auprès de tous ceux qui vivent dans cette Ville de la Paix. Nouvel Adam, le Christ est la source de l’unité à laquelle la famille humaine tout entière est appelée, unité dont l'Église est le signe et le sacrement. Agneau de Dieu, il est la source de la réconciliation qui est à la fois don de Dieu et tâche qui nous est confiée. Prince de la Paix, il est la source de cette paix qui transcende toute négociation, la paix de la Jérusalem nouvelle. Qu’il vous soutienne dans les épreuves, qu’il vous apporte réconfort dans les peines, et qu’il vous confirme dans vos efforts pour proclamer et faire grandir son Royaume ! A vous tous et à ceux que vous servez, j’accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique en gage de la paix et de la joie de Pâques.

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VISITE À L'ÉGLISE PATRIARCALE APOSTOLIQUE ARMÉNIENNE
SAINT-JACQUES DE JÉRUSALEM

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Jérusalem
Vendredi 15 mai 2009

Béatitude,

Je vous adresse un salut fraternel dans le Seigneur, et je vous offre mes meilleurs vœux – qui sont aussi une prière - pour votre santé et pour votre ministère. Je vous suis reconnaissant pour l’occasion qui m’est donnée de visiter cette église cathédrale Saint Jacques située au cœur de l’ancien quartier arménien de Jérusalem, et de rencontrer l’éminent clergé du Patriarcat, ainsi que les membres de la communauté arménienne de la Ville sainte.

Notre rencontre de ce jour, qui est marquée par un climat d’amitié et de cordialité, constitue une nouvelle étape sur le chemin vers l’unité que le Seigneur désire pour tous ses disciples. Au cours des dernières décennies, par la grâce de Dieu, nous avons été témoins d’un développement significatif des relations entre l’Église catholique et l’Église apostolique arménienne. Je considère comme une insigne bénédiction d’avoir rencontré l’an passé le Patriarche Suprême et le Catholicos de tous les Arméniens Karékine II et le Catholicos de Cilicie Aram Ier. Leurs visites au Saint-Siège, et les moments de prière que nous avons partagés, ont fortifié notre amitié et ont confirmé notre engagement pour la cause sacrée de la promotion de l’unité des chrétiens.

Avec gratitude vis-à-vis du Seigneur, je désire aussi exprimer ma reconnaissance pour la participation résolue de l’Église apostolique arménienne au dialogue théologique continu entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes orientales. Ce dialogue, soutenu par la prière, a réalisé des progrès pour dépasser le fardeau des incompréhensions passées, et il est très prometteur pour l’avenir. Le récent document sur la nature et la mission de l’Église rédigé par la Commission mixte et présenté aux Églises pour étude et évaluation, est un signe d’espérance particulier. Confions ensemble de nouveau le travail de la Commission mixte à l’Esprit de sagesse et de vérité, de telle sorte qu’il puisse porter des fruits abondants pour la croissance de l’unité des Chrétiens, et que progresse l’annonce de l’Évangile aux hommes et aux femmes de notre temps.

Depuis les premiers siècles de l’ère chrétienne, la communauté arménienne de Jérusalem a connu une histoire glorieuse, marquée en particulier par une extraordinaire floraison de vie et de culture monastiques liée aux lieux saints et aux traditions liturgiques qui se sont développées autour d’eux. Cette vénérable église cathédrale, ainsi que le Patriarcat et les diverses institutions éducatives et culturelles qui s’y rattachent, témoignent de cette longue et remarquable histoire. Je prie pour que votre communauté puisse toujours tirer une vie nouvelle de ces riches traditions, et qu’elle soit confirmée dans le témoignage de foi rendu à Jésus Christ et à la puissance de sa résurrection (cf. Ph 3, 10) qui a eu lieu dans cette Ville sainte. J’assure aussi les familles présentes, et en particulier les enfants et les jeunes, d’un souvenir particulier dans ma prière. Chers amis, je vous demande en retour de prier avec moi pour que tous les Chrétiens de Terre sainte travaillent ensemble avec zèle et générosité pour proclamer la Bonne Nouvelle de notre réconciliation dans le Christ, et l’avènement de Son Royaume de sainteté, de justice et de paix.

Béatitude, je vous remercie une nouvelle fois de votre aimable accueil, j’invoque cordialement les plus abondantes bénédictions de Dieu sur vous, sur le clergé et sur les fidèles de l’Église Apostolique Arménienne présents en Terre sainte. Puissent la joie et la paix du Christ ressuscité demeurer toujours en vous!

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CÉRÉMONIE DE DÉPART

DISCOURS DU PAPE BENOÎT XVI

Aéroport International Ben Gurion - Tel Aviv
Vendredi 15 mai 2009

Monsieur le Président,
Monsieur le Premier Ministre
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Alors que je me prépare à regagner Rome, je voudrais partager avec vous quelques-unes des impressions les plus profondes que ce pèlerinage en Terre Sainte me laissent. J’ai eu des entretiens fructueux avec les Autorités civiles aussi bien en Israël que dans les Territoires Palestiniens, et j’ai été le témoin des efforts que les deux gouvernements mettent en œuvre pour assurer le bien-être et la sécurité de leurs peuples. J’ai rencontré les Responsables de l'Église catholique en Terre Sainte et je me suis réjouis de voir comment ils travaillent ensemble afin de prendre soin du troupeau du Seigneur. J’ai eu également l’opportunité de rencontrer les Responsables des diverses Églises chrétiennes et des Communautés ecclésiales ainsi que les Chefs d’autres religions en Terre Sainte. Cette terre est véritablement un terrain fertile pour l’œcuménisme et le dialogue interreligieux, et je prie pour que la riche diversité du témoignage religieux en cette région porte des fruits accrus de compréhension et de respect mutuels.

Monsieur le Président, vous et moi avons planté un olivier dans votre résidence le jour de mon arrivée en Israël. L’olivier, vous le savez, est une image que saint Paul utilise pour décrire les relations très étroites qui unissent Chrétiens et Juifs. Dans sa Lettre aux Romains, Paul décrit comment l'Église des Gentils est comme un rameau d’olivier sauvage, greffé sur l’olivier franc qui est le Peuple de l’Alliance (cf. 11, 17-24). Nous sommes nourris par les mêmes racines spirituelles. Nous nous rencontrons comme des frères, des frères qui, parfois, au cours de notre histoire, ont eu des relations tendues, mais qui sont maintenant fermement engagés à construire des ponts d’amitié durable.

La cérémonie au Palais présidentiel a été suivie par un des moments les plus solennels de mon séjour en Israël, ma visite au Mémorial de l’Holocauste à Yad Vashem, où j’ai présenté mes respects aux victimes de la Shoah. J’y ai aussi rencontré quelques-uns des survivants. Ces rencontres profondément émouvantes m’ont rappelé les moments de ma visite, il y a trois ans, au camp de la mort d’Auschwitz, où tant de Juifs – mères et pères, maris et épouses, fils et filles, frères et sœurs, amis – étaient brutalement exterminés par un régime sans Dieu qui propageait une idéologie d’antisémitisme et de haine. Ce chapitre épouvantable de l’histoire ne doit jamais être oublié ni être nié. Bien au contraire, ces sombres souvenirs devraient renforcer notre détermination à nous rapprocher les uns des autres comme les branches d’un même olivier, nourris par les mêmes racines et unis dans un amour fraternel.

Monsieur le Président, je vous remercie de votre hospitalité cordiale qui a été hautement appréciée et je désire que l’on se souvienne que je suis venu visiter ce pays comme un ami des Israéliens, tout comme je suis un ami du Peuple Palestinien. Des amis ont plaisir à passer du temps ensemble et ils ont beaucoup de peine à voir la souffrance de l’autre. Aucun ami des Israéliens et des Palestiniens ne peut ne pas se sentir attristé par les tensions continuelles qui existent entre vos deux peuples. Aucun ami ne peut ne pas pleurer devant les souffrances et les pertes en vies humaines que les deux peuples endurent depuis six décennies. Permettez-moi de lancer cet appel à tous les peuples de ces lieux : Plus de sang versé ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Au contraire, engageons-nous à briser le cercle vicieux de la violence. Que règne une paix durable basée sur la justice, et que viennent une réconciliation authentique et une pacification ! Puisse être reconnu universellement que l’Etat d’Israël a le droit d’exister, de jouir de la paix et de la sécurité à l’intérieur de frontières reconnues internationalement ! De même puisse être reconnu le droit du Peuple Palestinien à une patrie souveraine et indépendante pour y vivre dans la dignité et se déplacer librement ! Puisse la solution des deux Etats devenir une réalité, et ne pas demeurer seulement un rêve ! Et puisse la paix se répandre au-delà de ces terres, qu’elles deviennent « lumière des Nations » (Is 42, 6), portant l’espérance aux autres régions, si nombreuses, affectées par des conflits !

L’une des visions les plus tristes de ma visite dans ces terres a été celle du mur. Tandis que je le longeais, je priais pour un avenir où les peuples de la Terre Sainte pourront vivre ensemble dans la paix et l’harmonie sans éprouver le besoin de tels instruments de sécurité et de séparation, mais plutôt en se respectant et en ayant confiance les uns envers les autres, en renonçant à toutes formes de violence et d’agression. Monsieur le Président, je sais combien il sera difficile d’atteindre ce but. Je sais combien difficile est votre tâche, ainsi que celle de l’Autorité Palestinienne. Mais je vous assure que mes prières et les prières des Catholiques du monde entier vous entourent tandis que vous continuez vos efforts pour construire une paix juste et durable dans cette région.

Il ne me reste plus qu’à exprimer mes remerciements cordiaux à tous ceux qui ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à la bonne réussite de ma visite. Je suis profondément reconnaissant au Gouvernement, aux organisateurs, aux volontaires, aux médias, à tous ceux qui m’ont offert l’hospitalité ainsi qu’à ma suite. Soyez assurés que je me souviendrai de vous avec affection dans mes prières. Je vous dis à tous : merci et que Dieu soit avec vous. Shalom !

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INTERVIEW OF THE HOLY FATHER BENEDICT XVI
DURING THE FLIGHT FROM THE HOLY LAND TO ROME

Papal Flight
Friday, 15 May 2009

Dear Friends,

Thank you for your work. I can imagine how difficult it must have been in the midst of so many problems, multiple transfers, etc. and I want to thank you for accepting all these inconveniences in order to tell the world about this pilgrimage, thereby inviting others to go on pilgrimage to these Holy Places.

Since I already made a brief summary of my journey in my speech at the airport, I do not wish to add much. I could mention many, many more details: the moving descent to the most profound spot on earth, at the River Jordan, which for us is also a symbol of the descent of God, of the descent of Christ to the deepest points of human existence.

I could mention the Upper Room, in which the Lord gave us the Eucharist, in which Pentecost, the descent of the Holy Spirit, took place; the Holy Sepulchre too, and many other impressions, but it seems to me that this is not the moment to reflect on them.

Yet perhaps I could make a few brief comments on them. There are three fundamental impressions: the first is that I found everywhere, in every context, Muslim, Christian and Jewish, a determined readiness for interreligious dialogue, for encounter and collaboration among the religions. And it is important that everyone see this not only as an action let us say inspired by political motives in the given situation but as a fruit of the very core of faith. Because believing in one God who has created us all, the Father of us all, believing in this God who created humanity as a family, believing that God is love and wants love to be the dominant force in the world, implies this encounter, this need for an encounter, for dialogue, for collaboration as a requirement of faith itself.

The second point: I also found a very encouraging ecumenical atmosphere. We had many meetings with the Orthodox world in great cordiality; I was also able to speak to a representative of the Anglican Church and two Lutheran representatives and it is clear that this atmosphere of the Holy Land itself also encourages ecumenism.

And the third point: there are enormous difficulties as we know, as we have seen and heard. But I also saw that there is a deep desire for peace on the part of all. The problems are more visible and we must not conceal them: they exist and need clarification. However, the common desire for peace, for brotherhood, is not so visible and it seems to me that we should also talk about this, and encourage in everyone the desire to find solutions to these problems that are certainly far from simple.

I came as a pilgrim of peace. Pilgrimage is an essential element of many religions and also of Islam, of the Jewish religion and of Christianity. It is also the image of our existence that is moving forward towards God and hence towards the communion of humanity.

I came as a pilgrim and I hope that many will follow in my footsteps and by so doing encourage the unity of the people of this Holy Land and in turn become their messenger of peace. Thank you!


 



site Zenit

12-05-2009

WELCOMING CEREMONY

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

"Ben Gurion" International Airport - Tel Aviv
Monday, 11 May 2009

Mr President,
Mr Prime Minister,
Your Excellencies, Ladies and Gentlemen,

Thank you for your warm welcome to the State of Israel, a land which is held holy by millions of believers around the world. I am grateful to the President, Mr Shimon Peres, for his kind words, and I appreciate the opportunity that has been offered to me to come on pilgrimage to a land that is hallowed by the footsteps of patriarchs and prophets, a land that Christians hold in particular veneration as the setting for the events of the life, death and resurrection of Jesus Christ. I take my place in a long line of Christian pilgrims to these shores, a line that stretches back to the earliest centuries of the Church’s history and which, I am sure, will continue long into the future. I come, like so many others before me, to pray at the holy places, to pray especially for peace – peace here in the Holy Land, and peace throughout the world.

Mr President, the Holy See and the State of Israel have many shared values, above all a commitment to give religion its rightful place in the life of society. The just ordering of social relationships presupposes and requires a respect for the freedom and dignity of every human being, whom Christians, Muslims and Jews alike believe to be created by a loving God and destined for eternal life. When the religious dimension of the human person is denied or marginalized, the very foundation for a proper understanding of inalienable human rights is placed in jeopardy.

Tragically, the Jewish people have experienced the terrible consequences of ideologies that deny the fundamental dignity of every human person. It is right and fitting that, during my stay in Israel, I will have the opportunity to honor the memory of the six million Jewish victims of the Shoah, and to pray that humanity will never again witness a crime of such magnitude. Sadly, anti-Semitism continues to rear its ugly head in many parts of the world. This is totally unacceptable. Every effort must be made to combat anti-Semitism wherever it is found, and to promote respect and esteem for the members of every people, tribe, language and nation across the globe.

During my stay in Jerusalem, I will have the pleasure of meeting many of this country’s distinguished religious leaders. One thing that the three great monotheistic religions have in common is a special veneration for that holy city. It is my earnest hope that all pilgrims to the holy places will be able to access them freely and without restraint, to take part in religious ceremonies and to promote the worthy upkeep of places of worship on sacred sites. May the words of Isaiah’s prophecy be fulfilled, that many nations shall flow to the mountain of the house of the Lord, that he may teach them his ways, that they may walk in his paths – paths of peace and justice, paths that lead to reconciliation and harmony (cf. Is 2:2-5).

Even though the name Jerusalem means “city of peace”, it is all too evident that, for decades, peace has tragically eluded the inhabitants of this holy land. The eyes of the world are upon the peoples of this region as they struggle to achieve a just and lasting solution to conflicts that have caused so much suffering. The hopes of countless men, women and children for a more secure and stable future depend on the outcome of negotiations for peace between Israelis and Palestinians. In union with people of good will everywhere, I plead with all those responsible to explore every possible avenue in the search for a just resolution of the outstanding difficulties, so that both peoples may live in peace in a homeland of their own, within secure and internationally recognized borders. In this regard, I hope and pray that a climate of greater trust can soon be created that will enable the parties to make real progress along the road to peace and stability.

To the Catholic bishops and faithful here present, I offer a special word of greeting. In this land, where Peter received his commission to feed the Lord’s sheep, I come as Peter’s successor to minister among you. It will be my special joy to join you for the concluding celebrations of the Year of the Family, due to take place in Nazareth, home of the Holy Family of Jesus, Mary and Joseph. As I said in my Message for the World Day of Peace last year, the family is the “first and indispensable teacher of peace” (No. 3), and hence it has a vital role to play in healing divisions in human society at every level. To the Christian communities in the Holy Land, I say: by your faithful witness to him who preached forgiveness and reconciliation, by your commitment to uphold the sacredness of every human life, you can make a particular contribution to ending the hostilities that for so long have afflicted this land. I pray that your continuing presence in Israel and the Palestinian Territories will bear much fruit in promoting peace and mutual respect among all the peoples who live in the lands of the Bible.

Mr President, ladies and gentlemen, once again I thank you for your welcome and I assure you of my sentiments of good will. May God give his people strength! May God bless his people with peace!

* * *

VISIT TO YAD VASHEM MEMORIAL

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Jerusalem
Monday, 11 May 2009

“I will give in my house and within my walls a memorial and a name … I will give them an everlasting name which shall not be cut off” (Is 56:5).

This passage from the Book of the prophet Isaiah furnishes the two simple words which solemnly express the profound significance of this revered place: yad – “memorial”; shem – “name”. I have come to stand in silence before this monument, erected to honor the memory of the millions of Jews killed in the horrific tragedy of the Shoah. They lost their lives, but they will never lose their names: these are indelibly etched in the hearts of their loved ones, their surviving fellow prisoners, and all those determined never to allow such an atrocity to disgrace mankind again. Most of all, their names are forever fixed in the memory of Almighty God.

One can rob a neighbor of possessions, opportunity or freedom. One can weave an insidious web of lies to convince others that certain groups are undeserving of respect. Yet, try as one might, one can never take away the name of a fellow human being.

Sacred Scripture teaches us the importance of names in conferring upon someone a unique mission or a special gift. God called Abram “Abraham” because he was to become the “father of many nations” (Gen 17:5). Jacob was called “Israel” because he had “contended with God and man and prevailed” (Gen 32:29). The names enshrined in this hallowed monument will forever hold a sacred place among the countless descendants of Abraham. Like his, their faith was tested. Like Jacob, they were immersed in the struggle to discern the designs of the Almighty. May the names of these victims never perish! May their suffering never be denied, belittled or forgotten! And may all people of goodwill remain vigilant in rooting out from the heart of man anything that could lead to tragedies such as this!

The Catholic Church, committed to the teachings of Jesus and intent on imitating his love for all people, feels deep compassion for the victims remembered here. Similarly, she draws close to all those who today are subjected to persecution on account of race, color, condition of life or religion – their sufferings are hers, and hers is their hope for justice. As Bishop of Rome and Successor of the Apostle Peter, I reaffirm – like my predecessors – that the Church is committed to praying and working tirelessly to ensure that hatred will never reign in the hearts of men again. The God of Abraham, Isaac and Jacob is the God of peace (cf. Ps 85:9).

The Scriptures teach that it is our task to remind the world that this God lives, even though we sometimes find it difficult to grasp his mysterious and inscrutable ways. He has revealed himself and continues to work in human history. He alone governs the world with righteousness and judges all peoples with fairness (cf. Ps 9:9).

Gazing upon the faces reflected in the pool that lies in stillness within this memorial, one cannot help but recall how each of them bears a name. I can only imagine the joyful expectation of their parents as they anxiously awaited the birth of their children. What name shall we give this child? What is to become of him or her? Who could have imagined that they would be condemned to such a deplorable fate!

As we stand here in silence, their cry still echoes in our hearts. It is a cry raised against every act of injustice and violence. It is a perpetual reproach against the spilling of innocent blood. It is the cry of Abel rising from the earth to the Almighty. Professing our steadfast trust in God, we give voice to that cry using words from the Book of Lamentations which are full of significance for both Jews and Christians:

“The favors of the Lord are not exhausted, his mercies are not spent;
They are renewed each morning, so great is his faithfulness.
My portion is the Lord, says my soul; therefore will I hope in him.
Good is the Lord to the one who waits for him, to the soul that seeks him;
It is good to hope in silence for the saving help of the Lord” (Lam 3:22-26).

My dear friends, I am deeply grateful to God and to you for the opportunity to stand here in silence: a silence to remember, a silence to pray, a silence to hope.

 

SIGNATURE OF THE HOLY FATHER

Jerusalem
Monday, 11 May 2009


“‘His mercies are not spent.’
(The Book of Lamentations 3:22)

Benedictus PP. XVI”.

* * *

MEETING WITH ORGANIZATIONS
FOR INTERRELIGIOUS DIALOGUE

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Auditorium of Notre Dame Center - Jerusalem
Monday, 11 May 2009

Dear Brother Bishops,
Distinguished Religious Leaders,
Dear Friends,

It is a source of great joy for me to meet with you this evening. I wish to thank His Beatitude Patriarch Fouad Twal for his kind words of welcome spoken on behalf of everyone present. I reciprocate the warm sentiments expressed and gladly greet all of you and the members of the groups and organizations you represent.

“God said to Abram, ‘Go from your country, your kindred and your father’s house for a land I shall show you’… so Abram went… and took his wife Sarah with him” (Gen 12:1-5). God’s irruptive call, which marks the beginning of the history of our faith traditions, was heard in the midst of man’s ordinary daily existence. And the history that ensued was shaped, not in isolation, but through the encounter with Egyptian, Hittite, Sumerian, Babylonian, Persian, and Greek cultures.

Faith is always lived within a culture. The history of religion shows that a community of believers proceeds by degrees of faithfulness to God, drawing from and shaping the culture it meets. This same dynamic is found in individual believers from the great monotheistic traditions: attuned to the voice of God, like Abraham, we respond to his call and set out seeking the fulfillment of his promises, striving to obey his will, forging a path in our own particular culture.

Today, nearly four thousand years after Abraham, the encounter of religions with culture occurs not simply on a geographical plane. Certain aspects of globalization and in particular the world of the internet have created a vast virtual culture, the worth of which is as varied as its countless manifestations. Undoubtedly much has been achieved to create a sense of closeness and unity within the world-wide human family. Yet, at the same time, the boundless array of portals through which people so readily access undifferentiated sources of information can easily become an instrument of increasing fragmentation: the unity of knowledge is shattered and the complex skills of critique, discernment and discrimination learned through academic and ethical traditions are at times bypassed or neglected.

The question naturally arises then as to what contribution religion makes to the cultures of the world against the backdrop of rapid globalization. Since many are quick to point out the readily apparent differences between religions, as believers or religious persons we are presented with the challenge to proclaim with clarity what we share in common.

Abraham’s first step in faith, and our steps to or from the synagogue, church, mosque or temple, tread the path of our single human history, unfolding along the way, we might say, to the eternal Jerusalem (cf. Rev 21:23). Similarly, every culture with its inner capacity to give and receive gives expression to the one human nature. Yet, the individual is never fully expressed through his or her own culture, but transcends it in the constant search for something beyond. From this perspective, dear friends, we see the possibility of a unity which is not dependent upon uniformity. While the differences we explore in inter-religious dialogue may at times appear as barriers, they need not overshadow the common sense of awe and respect for the universal, for the absolute and for truth, which impel religious peoples to converse with one another in the first place. Indeed it is the shared conviction that these transcendent realities have their source in – and bear traces of – the Almighty that believers uphold before each other, our organizations, our society, our world. In this way not only do we enrich culture but we shape it: lives of religious fidelity echo God’s irruptive presence and so form a culture not defined by boundaries of time or place but fundamentally shaped by the principles and actions that stem from belief.

Religious belief presupposes truth. The one who believes is the one who seeks truth and lives by it. Although the medium by which we understand the discovery and communication of truth differs in part from religion to religion, we should not be deterred in our efforts to bear witness to truth’s power. Together we can proclaim that God exists and can be known, that the earth is his creation, that we are his creatures, and that he calls every man and woman to a way of life that respects his design for the world. Friends, if we believe we have a criterion of judgment and discernment which is divine in origin and intended for all humanity, then we cannot tire of bringing that knowledge to bear on civic life. Truth should be offered to all; it serves all members of society. It sheds light on the foundation of morality and ethics, and suffuses reason with the strength to reach beyond its own limitations in order to give expression to our deepest common aspirations. Far from threatening the tolerance of differences or cultural plurality, truth makes consensus possible and keeps public debate rational, honest and accountable, and opens the gateway to peace. Fostering the will to be obedient to the truth in fact broadens our concept of reason and its scope of application, and makes possible the genuine dialogue of cultures and religions so urgently needed today.

Each one of us here also knows, however, that God’s voice is heard less clearly today, and reason itself has in so many instances become deaf to the divine. Yet that “void” is not one of silence. Indeed, it is the din of egotistical demands, empty promises and false hopes that so often invades the very space in which God seeks us. Can we then make spaces – oases of peace and profound reflection – where God’s voice can be heard anew, where his truth can be discovered within the universality of reason, where every individual, regardless of dwelling, or ethnic group, or political hue, or religious belief, can be respected as a person, as a fellow human being? In an age of instant access to information and social tendencies which engender a kind of monoculture, deep reflection against the backdrop of God’s presence will embolden reason, stimulate creative genius, facilitate critical appreciation of cultural practices and uphold the universal value of religious belief.

Friends, the institutions and groups that you represent engage in inter-religious dialogue and the promotion of cultural initiatives at a wide range of levels. From academic institutions – and here I wish to make special mention of the outstanding achievements of Bethlehem University – to bereaved parents groups, from initiatives through music and the arts to the courageous example of ordinary mothers and fathers, from formal dialogue groups to charitable organizations, you daily demonstrate your belief that our duty before God is expressed not only in our worship but also in our love and concern for society, for culture, for our world and for all who live in this land. Some would have us believe that our differences are necessarily a cause of division and thus at most to be tolerated. A few even maintain that our voices should simply be silenced. But we know that our differences need never be misrepresented as an inevitable source of friction or tension either between ourselves or in society at large. Rather, they provide a wonderful opportunity for people of different religions to live together in profound respect, esteem and appreciation, encouraging one another in the ways of God. Prompted by the Almighty and enlightened by his truth, may you continue to step forward with courage, respecting all that differentiates us and promoting all that unites us as creatures blessed with the desire to bring hope to our communities and world. May God guide us along this path!

* * *

COURTESY VISIT TO THE GRAN MUFTI

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Mount of the Temple - Jerusalem
Tuesday, 12 May 2009

Dear Muslim Friends,
As-salámu ‘aláikum! Peace upon you!

I cordially thank the Grand Mufti, Muhammad Ahmad Hussein, together with the Director of the Jerusalem Islamic Waqf, Sheikh Mohammed Azzam al-Khatib al-Tamimi, and the Head of the Awquaf Council, Sheikh Abdel Azim Salhab, for the welcome they have extended to me on your behalf. I am deeply grateful for the invitation to visit this sacred place, and I willingly pay my respects to you and the leaders of the Islamic community in Jerusalem.

The Dome of the Rock draws our hearts and minds to reflect upon the mystery of creation and the faith of Abraham. Here the paths of the world’s three great monotheistic religions meet, reminding us what they share in common. Each believes in One God, creator and ruler of all. Each recognizes Abraham as a forefather, a man of faith upon whom God bestowed a special blessing. Each has gained a large following throughout the centuries and inspired a rich spiritual, intellectual and cultural patrimony.

In a world sadly torn by divisions, this sacred place serves as a stimulus, and also challenges men and women of goodwill to work to overcome misunderstandings and conflicts of the past and to set out on the path of a sincere dialogue aimed at building a world of justice and peace for coming generations.

Since the teachings of religious traditions ultimately concern the reality of God, the meaning of life, and the common destiny of mankind – that is to say, all that is most sacred and dear to us – there may be a temptation to engage in such dialogue with reluctance or ambivalence about its possibilities for success. Yet we can begin with the belief that the One God is the infinite source of justice and mercy, since in him the two exist in perfect unity. Those who confess his name are entrusted with the task of striving tirelessly for righteousness while imitating his forgiveness, for both are intrinsically oriented to the peaceful and harmonious coexistence of the human family.

For this reason, it is paramount that those who adore the One God should show themselves to be both grounded in and directed towards the unity of the entire human family. In other words, fidelity to the One God, the Creator, the Most High, leads to the recognition that human beings are fundamentally interrelated, since all owe their very existence to a single source and are pointed towards a common goal. Imprinted with the indelible image of the divine, they are called to play an active role in mending divisions and promoting human solidarity.

This places a grave responsibility upon us. Those who honor the One God believe that he will hold human beings accountable for their actions. Christians assert that the divine gifts of reason and freedom stand at the basis of this accountability. Reason opens the mind to grasp the shared nature and common destiny of the human family, while freedom moves the heart to accept the other and serve him in charity. Undivided love for the One God and charity towards ones neighbor thus become the fulcrum around which all else turns. This is why we work untiringly to safeguard human hearts from hatred, anger or vengeance.

Dear friends, I have come to Jerusalem on a journey of faith. I thank God for this occasion to meet you as the Bishop of Rome and Successor of the Apostle Peter, but also as a child of Abraham, by whom “all the families of the earth find blessing” (Gen 12:3; cf. Rom 4:16-17). I assure you of the Church’s ardent desire to cooperate for the well-being of the human family. She firmly believes that the fulfillment of the promise made to Abraham is universal in scope, embracing all men and women regardless of provenance or social status. As Muslims and Christians further the respectful dialogue they have already begun, I pray that they will explore how the Oneness of God is inextricably tied to the unity of the human family. In submitting to his loving plan for creation, in studying the law inscribed in the cosmos and implanted in the human heart, in reflecting upon the mysterious gift of God’s self-revelation, may all his followers continue to keep their gaze fixed on his absolute goodness, never losing sight of the way it is reflected in the faces of others.

With these thoughts, I humbly ask the Almighty to grant you peace and to bless all the beloved people of this region. May we strive to live in a spirit of harmony and cooperation, bearing witness to the One God by generously serving one another. Thank you!

* * *

PRAYER OF THE HOLY FATHER
BENEDICT XVI
AT THE WESTERN WALL

Jerusalem
Tuesday, 12 May 2009


God of all the ages,
on my visit to Jerusalem, the “City of Peace”,
spiritual home to Jews, Christians and Muslims alike,
I bring before you the joys, the hopes and the aspirations,
the trials, the suffering and the pain of all your people throughout the world.

God of Abraham, Isaac and Jacob,
hear the cry of the afflicted, the fearful, the bereft;
send your peace upon this Holy Land, upon the Middle East,
upon the entire human family;
stir the hearts of all who call upon your name,
to walk humbly in the path of justice and compassion.

“The Lord is good to those who wait for him,
to the soul that seeks him” (Lam 3:25)!

* * *

COURTESY VISIT
TO THE TWO CHIEF RABBIS OF JERUSALEM

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Hechal Shlomo Centre - Jerusalem
Tuesday, 12 May 2009


Distinguished Rabbis,
Dear Friends,

I am grateful for the invitation to visit Heichal Shlomo and to meet with you during this trip of mine to the Holy Land as Bishop of Rome. I thank Sephardi Rabbi Shlomo Amar and Ashkenazi Rabbi Yona Metzger for their warm words of welcome and the desire they have expressed to continue strengthening the bonds of friendship which the Catholic Church and the Chief Rabbinate have labored so diligently to forge over the past decades. Your visits to the Vatican in 2003 and 2005 are a sign of the good will which characterizes our developing relations.

Distinguished Rabbis, I reciprocate by expressing my own respect and esteem for you and your communities. I assure you of my desire to deepen mutual understanding and cooperation between the Holy See, the Chief Rabbinate of Israel and Jewish people throughout the world.

A great source of satisfaction for me since the beginning of my pontificate has been the fruit yielded by the ongoing dialogue between the Delegation of the Holy See’s Commission for Religious Relations with the Jews and the Chief Rabbinate of Israel’s Delegation for Relations with the Catholic Church. I wish to thank the members of both delegations for their dedication and hard work in implementing this initiative, so earnestly desired by my esteemed predecessor Pope John Paul II, as he said during the Great Jubilee Year of 2000.

Our encounter today is a most fitting occasion to give thanks to the Almighty for the many blessings which have accompanied the dialogue conducted by the Bilateral Commission, and to look forward with expectation to its future sessions. The willingness of the delegates to discuss openly and patiently not only points of agreement, but also points of difference, has already paved the way to more effective collaboration in public life. Jews and Christians alike are concerned to ensure respect for the sacredness of human life, the centrality of the family, a sound education for the young, and the freedom of religion and conscience for a healthy society. These themes of dialogue represent only the initial phases of what we trust will be a steady, progressive journey towards an enhanced mutual understanding.

An indication of the potential of this series of meetings is readily seen in our shared concern in the face of moral relativism and the offences it spawns against the dignity of the human person. In approaching the most urgent ethical questions of our day, our two communities are challenged to engage people of good will at the level of reason, while simultaneously pointing to the religious foundations which best sustain lasting moral values. May the dialogue that has begun continue to generate ideas on how Christians and Jews can work together to heighten society’s appreciation of the distinctive contribution of our religious and ethical traditions. Here in Israel, given that Christians constitute only a small portion of the total population, they particularly value opportunities for dialogue with their Jewish neighbors.

Trust is undeniably an essential element of effective dialogue. Today I have the opportunity to repeat that the Catholic Church is irrevocably committed to the path chosen at the Second Vatican Council for a genuine and lasting reconciliation between Christians and Jews. As the Declaration Nostra Aetate makes clear, the Church continues to value the spiritual patrimony common to Christians and Jews and desires an ever deeper mutual understanding and respect through biblical and theological studies as well as fraternal dialogues. May the seven Bilateral Commission meetings which have already taken place between the Holy See and the Chief Rabbinate stand as evidence! I am thus grateful for your reciprocal assurance that the relationship between the Catholic Church and the Chief Rabbinate will continue to grow in respect and understanding in the future.

My friends, I express again my deep appreciation for the welcome you have extended to me today. I am confident that our friendship will continue to set an example of trust in dialogue for Jews and Christians throughout the world. Looking at the accomplishments achieved thus far, and drawing our inspiration from the Holy Scriptures, we can confidently look forward to even stronger cooperation between our communities – together with all people of good will – in decrying hatred and oppression throughout the world. I pray that God, who searches our hearts and knows our thoughts (Ps 139:23), will continue to enlighten us with his wisdom, so that we may follow his commandments to love him with all our heart, soul and strength (cf. Dt 6:5), and to love our neighbor as ourselves (Lev 19:18). Thank you.

* * *

SHORT VISIT TO THE CO-CATHEDRAL OF THE LATINS

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Jerusalem
Thursday, 12 May 2009

Your Beatitude,

I thank you for your words of welcome. I also greet the Patriarch Emeritus and I assure you both of my fraternal good wishes and prayers.

Dear brothers and sisters in Christ, I am happy to be here with you today in this Co-Cathedral, where the Christian community in Jerusalem continues to gather, as it has been doing for centuries, ever since the earliest days of the Church. Here in this city, Peter first preached the Good News of Jesus Christ on the day of Pentecost, when about three thousand souls were added to the number of the disciples. Here too the first Christians “devoted themselves to the apostles’ teaching and fellowship, to the breaking of bread and the prayers” (Acts 2:42). From Jerusalem, the Gospel has gone out “to all the earth … to the ends of the world” (Ps 19:4), yet all the time, the Church’s missionary effort has been sustained by the prayers of the faithful, gathered around the altar of the Lord, invoking the mighty power of the Holy Spirit upon the work of preaching.

Above all, it is the prayers of those whose vocation, in the words of Saint Thérèse of Lisieux, is to be “love, deep down in the heart of the Church” (Letter to Sister Marie of the Sacred Heart) that sustains the work of evangelization. I want to express a particular word of appreciation for the hidden apostolate of the contemplatives who are present here, and to thank you for your generous dedication to lives of prayer and self-denial. I am especially grateful for the prayers you offer for my universal ministry, and I ask you to continue to commend to the Lord my work of service to God’s people all over the world. In the words of the Psalmist, I ask you also to “pray for the peace of Jerusalem” (Ps 122:6), to pray without ceasing for an end to the conflict that has brought so much suffering to the peoples of this land. And now, I give you my blessing.

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HOLY MASS

HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Josafat Valley - Jerusalem
Tuesday, 12 May 2009


Dear Brothers and Sisters in the Lord,

“Christ is risen, alleluia!” With these words I greet you with immense affection. I thank Patriarch Fouad Twal for his words of welcome on your behalf, and before all else I express my joy at being able to celebrate this Eucharist with you, the Church in Jerusalem. We are gathered beneath the Mount of Olives, where our Lord prayed and suffered, where he wept for love of this City and the desire that it should know “the path to peace” (Lk 19:42), and whence he returned to the Father, giving his final earthly blessing to his disciples and to us. Today let us accept this blessing. He gives it in a special way to you, dear brothers and sisters, who stand in an unbroken line with those first disciples who encountered the Risen Lord in the breaking of the bread, those who experienced the outpouring of the Spirit in the Upper Room and those who were converted by the preaching of Saint Peter and the other apostles. My greeting also goes to all those present, and in a special way to those faithful of the Holy Land who for various reasons were not able to be with us today.

As the Successor of Saint Peter, I have retraced his steps in order to proclaim the Risen Christ in your midst, to confirm you in the faith of your fathers, and to invoke upon you the consolation which is the gift of the Paraclete. Standing before you today, I wish to acknowledge the difficulties, the frustration, and the pain and suffering which so many of you have endured as a result of the conflicts which have afflicted these lands, and the bitter experiences of displacement which so many of your families have known and – God forbid – may yet know. I hope my presence here is a sign that you are not forgotten, that your persevering presence and witness are indeed precious in God’s eyes and integral to the future of these lands. Precisely because of your deep roots in this land, your ancient and strong Christian culture, and your unwavering trust in God’s promises, you, the Christians of the Holy Land, are called to serve not only as a beacon of faith to the universal Church, but also as a leaven of harmony, wisdom and equilibrium in the life of a society which has traditionally been, and continues to be, pluralistic, multiethnic and multireligious.

In today’s second reading, the Apostle Paul tells the Colossians to “seek the things that are above, where Christ is seated at the right hand of God” (Col 3:1). His words resound with particular force here, beneath the Garden of Gethsemani, where Jesus accepted the chalice of suffering in complete obedience to the Father’s will, and where, according to tradition, he ascended to the right hand of the Father to make perpetual intercession for us, the members of his Body. Saint Paul, the great herald of Christian hope, knew the cost of that hope, its price in suffering and persecution for the sake of the Gospel, yet he never wavered in his conviction that Christ’s resurrection was the beginning of a new creation. As he tells us: “When Christ, who is your life, is revealed, you too will be revealed with him in glory!” (Col 3:4).

Paul’s exhortation to “set our minds on the things that are above” must constantly echo in our hearts. His words point us to the fulfilment of faith’s vision in that heavenly Jerusalem where, in fidelity to the ancient prophecies, God will wipe away the tears from every eye, and prepare a banquet of salvation for all peoples (cf. Is 25:6-8; Rev 21:2-4).

This is the hope, this the vision, which inspires all who love this earthly Jerusalem to see her as a prophecy and promise of that universal reconciliation and peace which God desires for the whole human family. Sadly, beneath the walls of this same City, we are also led to consider how far our world is from the complete fulfilment of that prophecy and promise. In this Holy City where life conquered death, where the Spirit was poured out as the first-fruits of the new creation, hope continues to battle despair, frustration and cynicism, while the peace which is God’s gift and call continues to be threatened by selfishness, conflict, division and the burden of past wrongs. For this reason, the Christian community in this City which beheld the resurrection of Christ and the outpouring of the Spirit must hold fast all the more to the hope bestowed by the Gospel, cherishing the pledge of Christ’s definitive victory over sin and death, bearing witness to the power of forgiveness, and showing forth the Church’s deepest nature as the sign and sacrament of a humanity reconciled, renewed and made one in Christ, the new Adam.

Gathered beneath the walls of this city, sacred to the followers of three great religions, how can we not turn our thoughts to Jerusalem’s universal vocation? Heralded by the prophets, this vocation also emerges as an indisputable fact, a reality irrevocably grounded in the complex history of this city and its people. Jews, Muslims and Christians alike call this city their spiritual home. How much needs to be done to make it truly a “city of peace” for all peoples, where all can come in pilgrimage in search of God, and hear his voice, “a voice which speaks of peace” (cf. Ps 85:8)!

Jerusalem, in fact, has always been a city whose streets echo with different languages, whose stones are trod by people of every race and tongue, whose walls are a symbol of God’s provident care for the whole human family. As a microcosm of our globalized world, this City, if it is to live up to its universal vocation, must be a place which teaches universality, respect for others, dialogue and mutual understanding; a place where prejudice, ignorance and the fear which fuels them, are overcome by honesty, integrity and the pursuit of peace. There should be no place within these walls for narrowness, discrimination, violence and injustice. Believers in a God of mercy – whether they identify themselves as Jews, Christians or Muslims – must be the first to promote this culture of reconciliation and peace, however painstakingly slow the process may be, and however burdensome the weight of past memories.

Here I would like to speak directly to the tragic reality – which cannot fail to be a source of concern to all who love this City and this land – of the departure of so many members of the Christian community in recent years. While understandable reasons lead many, especially the young, to emigrate, this decision brings in its wake a great cultural and spiritual impoverishment to the City. Today I wish to repeat what I have said on other occasions: in the Holy Land there is room for everyone! As I urge the authorities to respect, to support and to value the Christian presence here, I also wish to assure you of the solidarity, love and support of the whole Church and of the Holy See.

Dear friends, in the Gospel we have just heard, Saint Peter and Saint John run to the empty tomb, and John, we are told, “saw and believed” (Jn 20:8). Here in the Holy Land, with the eyes of faith, you, together with the pilgrims from throughout the world who throng its churches and shrines, are blessed to “see” the places hallowed by Christ’s presence, his earthly ministry, his passion, death and resurrection, and the gift of his Holy Spirit. Here, like the Apostle Saint Thomas, you are granted the opportunity to “touch” the historical realities which underlie our confession of faith in the Son of God. My prayer for you today is that you continue, day by day, to “see and believe” in the signs of God’s providence and unfailing mercy, to “hear” with renewed faith and hope the consoling words of the apostolic preaching, and to “touch” the sources of grace in the sacraments, and to incarnate for others their pledge of new beginnings, the freedom born of forgiveness, the interior light and peace which can bring healing and hope to even the darkest of human realities.

In the Church of the Holy Sepulchre, pilgrims in every century have venerated the stone which tradition tells us stood before the entrance to the tomb on the morning of Christ’s resurrection. Let us return frequently to that empty tomb. There let us reaffirm our faith in the victory of life, and pray that every “heavy stone” that stands before the door of our hearts, blocking our complete surrender to the Lord in faith, hope and love, may be shattered by the power of the light and life which shone forth from Jerusalem to all the world that first Easter morn. Christ is risen, alleluia! He is truly risen, alleluia!

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WELCOMING CEREMONY

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Square in front of the presidential palace - Bethlehem
Wednesday, 13 May 2009

Mr President,
Dear Friends,

I greet all of you from my heart, and I warmly thank the President, Mr Mahmoud Abbas, for his words of welcome. My pilgrimage to the lands of the Bible would not be complete without a visit to Bethlehem, the City of David and the birthplace of Jesus Christ. Nor could I come to the Holy Land without accepting the kind invitation of President Abbas to visit these Territories and to greet the Palestinian people. I know how much you have suffered and continue to suffer as a result of the turmoil that has afflicted this land for decades. My heart goes out to all the families who have been left homeless. This afternoon I will pay a visit to the Aida Refugee Camp, in order to express my solidarity with the people who have lost so much. To those among you who mourn the loss of family members and loved ones in the hostilities, particularly the recent conflict in Gaza, I offer an assurance of deep compassion and frequent remembrance in prayer. Indeed, I keep all of you in my daily prayers, and I earnestly beg the Almighty for peace, a just and lasting peace, in the Palestinian Territories and throughout the region.

Mr President, the Holy See supports the right of your people to a sovereign Palestinian homeland in the land of your forefathers, secure and at peace with its neighbors, within internationally recognized borders. Even if at present that goal seems far from being realized, I urge you and all your people to keep alive the flame of hope, hope that a way can be found of meeting the legitimate aspirations of both Israelis and Palestinians for peace and stability. In the words of the late Pope John Paul II, there can be “no peace without justice, no justice without forgiveness” (Message for the 2002 World Day of Peace). I plead with all the parties to this long-standing conflict to put aside whatever grievances and divisions still stand in the way of reconciliation, and to reach out with generosity and compassion to all alike, without discrimination. Just and peaceful coexistence among the peoples of the Middle East can only be achieved through a spirit of cooperation and mutual respect, in which the rights and dignity of all are acknowledged and upheld. I ask all of you, I ask your leaders, to make a renewed commitment to work towards these goals. In particular I call on the international community to bring its influence to bear in favor of a solution. Believe and trust that through honest and persevering dialogue, with full respect for the demands of justice, lasting peace really can be attained in these lands.

It is my earnest hope that the serious concerns involving security in Israel and the Palestinian Territories will soon be allayed sufficiently to allow greater freedom of movement, especially with regard to contact between family members and access to the holy places. Palestinians, like any other people, have a natural right to marry, to raise families, and to have access to work, education and health care. I pray too that, with the assistance of the international community, reconstruction work can proceed swiftly wherever homes, schools or hospitals have been damaged or destroyed, especially during the recent fighting in Gaza. This is essential if the people of this land are to live in conditions conducive to lasting peace and prosperity. A stable infrastructure will provide your young people with better opportunities to acquire valuable skills and to seek gainful employment, enabling them to play their part in building up the life of your communities. I make this appeal to the many young people throughout the Palestinian Territories today: do not allow the loss of life and the destruction that you have witnessed to arouse bitterness or resentment in your hearts. Have the courage to resist any temptation you may feel to resort to acts of violence or terrorism. Instead, let what you have experienced renew your determination to build peace. Let it fill you with a deep desire to make a lasting contribution to the future of Palestine, so that it can take its rightful place on the world stage. Let it inspire in you sentiments of compassion for all who suffer, zeal for reconciliation, and a firm belief in the possibility of a brighter future.

Mr President, dear friends gathered here in Bethlehem, I invoke upon all the Palestinian people the blessings and the protection of our heavenly Father, and I pray fervently that the song which the angels sang here in this place will be fulfilled: peace on earth, good will among men. Thank you. And may God be with you.

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HOLY MASS

HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Manger's Square - Bethlehem
Wednesday, 13 May 2009


Dear Brothers and Sisters in Christ,

I thank Almighty God for giving me the grace to come to Bethlehem, not only to venerate the place of Christ’s birth, but also to stand beside you, my brothers and sisters in the faith, in these Palestinian Territories. I am grateful to Patriarch Fouad Twal for the sentiments which he has expressed on your behalf, and I greet with affection my brother Bishops and all the priests, religious and lay faithful who labor daily to confirm this local Church in faith, hope and love. In a special way my heart goes out to the pilgrims from war-torn Gaza: I ask you to bring back to your families and your communities my warm embrace, and my sorrow for the loss, the hardship and the suffering you have had to endure. Please be assured of my solidarity with you in the immense work of rebuilding which now lies ahead, and my prayers that the embargo will soon be lifted.

“Do not be afraid; for behold I proclaim to you good news of great joy … today in the city of David a Savior is born for you” (Lk 2:10-11). The message of Christ’s coming, brought from heaven by the voice of angels, continues to echo in this town, just as it echoes in families, homes and communities throughout the world. It is “good news”, the angels say “for all the people”. It proclaims that the Messiah, the Son of God and the Son of David, has been born “for you”: for you and me, and for men and women in every time and place. In God’s plan, Bethlehem, “least among the clans of Judah” (Mic 5:2), has become a place of undying glory: the place where, in the fullness of time, God chose to become man, to end the long reign of sin and death, and to bring new and abundant life to a world which had grown old, weary and oppressed by hopelessness.

For men and women everywhere, Bethlehem is associated with this joyful message of rebirth, renewal, light and freedom. Yet here, in our midst, how far this magnificent promise seems from being realized! How distant seems that Kingdom of wide dominion and peace, security, justice and integrity which the Prophet Isaiah heralded in the first reading (cf. Is 9:7), and which we proclaim as definitively established in the coming of Jesus Christ, Messiah and King!

From the day of his birth, Jesus was “a sign of contradiction” (Lk 2:34), and he continues to be so, even today. The Lord of hosts, “whose origin is from old, from ancient days” (Mic 5:2), wished to inaugurate his Kingdom by being born in this little town, entering our world in the silence and humility of a cave, and lying, a helpless babe, in a manger. Here, in Bethlehem, amid every kind of contradiction, the stones continue to cry out this “good news”, the message of redemption which this city, above all others, is called to proclaim to the world. For here, in a way which surpassed every human hope and expectation, God proved faithful to his promises. In the birth of his Son, he revealed the coming of a Kingdom of love: a divine love which stoops down in order to bring healing and lift us up; a love which is revealed in the humiliation and weakness of the Cross, yet triumphs in a glorious resurrection to new life. Christ brought a Kingdom which is not of this world, yet a Kingdom which is capable of changing this world, for it has the power to change hearts, to enlighten minds and to strengthen wills. By taking on our flesh, with all its weaknesses, and transfiguring it by the power of his Spirit, Jesus has called us to be witnesses of his victory over sin and death. And this is what the message of Bethlehem calls us to be: witnesses of the triumph of God’s love over the hatred, selfishness, fear and resentment which cripple human relationships and create division where brothers should dwell in unity, destruction where men should be building, despair where hope should flourish!

“In hope we were saved”, the Apostle Paul says (Rom 8:24). Yet he affirms with utter realism that creation continues to groan in travail, even as we, who have received the first-fruits of the Spirit, patiently await the fulfilment of our redemption (cf. Rom 8:22-24). In today’s second reading, Paul draws a lesson from the Incarnation which is particularly applicable to the travail which you, God’s chosen ones in Bethlehem, are experiencing: “God’s grace has appeared”, he tells us, “training us to reject godless ways and worldly desires, and to live, temperately, justly and devoutly in this age”, as we await the coming of our blessed hope, the Savior Jesus Christ (Tit 2:11-13).

Are these not the virtues required of men and women who live in hope? First, the constant conversion to Christ which is reflected not only in our actions but also in our reasoning: the courage to abandon fruitless and sterile ways of thinking, acting and reacting. Then, the cultivation of a mindset of peace based on justice, on respect for the rights and duties of all, and commitment to cooperation for the common good. And also perseverance, perseverance in good and in the rejection of evil. Here in Bethlehem, a special perseverance is asked of Christ’s disciples: perseverance in faithful witness to God’s glory revealed here, in the birth of his Son, to the good news of his peace which came down from heaven to dwell upon the earth.

“Do not be afraid!” This is the message which the Successor of Saint Peter wishes to leave with you today, echoing the message of the angels and the charge which our beloved Pope John Paul II left with you in the year of the Great Jubilee of Christ’s birth. Count on the prayers and solidarity of your brothers and sisters in the universal Church, and work, with concrete initiatives, to consolidate your presence and to offer new possibilities to those tempted to leave. Be a bridge of dialogue and constructive cooperation in the building of a culture of peace to replace the present stalemate of fear, aggression and frustration. Build up your local Churches, making them workshops of dialogue, tolerance and hope, as well as solidarity and practical charity.

Above all, be witnesses to the power of life, the new life brought by the Risen Christ, the life that can illumine and transform even the darkest and most hopeless of human situations. Your homeland needs not only new economic and community structures, but most importantly, we might say, a new “spiritual” infrastructure, capable of galvanizing the energies of all men and women of good will in the service of education, development and the promotion of the common good. You have the human resources to build the culture of peace and mutual respect which will guarantee a better future for your children. This noble enterprise awaits you. Do not be afraid!

The ancient Basilica of the Nativity, buffeted by the winds of history and the burden of the ages, stands before us as a witness to the faith which endures and triumphs over the world (cf. 1 Jn 5:4). No visitor to Bethlehem can fail to notice that in the course of the centuries the great door leading into the house of God has become progressively smaller. Today let us pray that, by God’s grace and our commitment, the door leading into the mystery of God’s dwelling among men, the temple of our communion in his love, and the foretaste of a world of eternal peace and joy, will open ever more fully to welcome, renew and transform every human heart. In this way, Bethlehem will continue to echo the message entrusted to the shepherds, to us, and to all mankind: “Glory to God in the highest, and on earth, peace to those whom he loves”! Amen.

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VISIT TO THE CARITAS BABY HOSPITAL

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Bethlehem
Wednesday, 13 May 2009

Dear Friends,

I affectionately greet you in the name of our Lord Jesus Christ “who died, was raised from the dead, and now sits at the right hand of God to intercede for us” (cf. Rom 8:34). May your faith in his Resurrection and his promise of new life through Baptism fill your hearts with joy in this Easter season!

I am grateful for the warm welcome extended to me on your behalf by Father Michael Schweiger, President of the Kinderhilfe Association, Mr. Ernesto Langensand, who is completing his term as Chief Administrator of the Caritas Baby Hospital, and Mother Erika Nobs, Superior of this local community of the Elizabettine Franciscan Sisters of Padua. I also cordially greet Archbishop Robert Zollitsch and Bishop Kurt Koch, representing respectively the German and Swiss Episcopal Conferences, which have advanced the mission of Caritas Baby Hospital by their generous financial assistance.

God has blessed me with this opportunity to express my appreciation to the administrators, physicians, nurses and staff of Caritas Baby Hospital for the invaluable service they have offered – and continue to offer – to children in the Bethlehem region and throughout Palestine for over fifty years. Father Ernst Schnydrig founded this facility upon the conviction that innocent children deserve a safe haven from all that can harm them in times and places of conflict. Thanks to the dedication of Children’s Relief Bethlehem, this institution has remained a quiet oasis for the most vulnerable, and has shone as a beacon of hope that love can prevail over hatred and peace over violence.

To the young patients and the members of their families who benefit from your care, I wish simply to say: “the Pope is with you”! Today he is with you in person, but he spiritually accompanies you each and every day in his thoughts and prayers, asking the Almighty to watch over you with his tender care.

Father Schnydrig described this place as “one of the smaller bridges built for peace”. Now, having grown from fourteen cots to eighty beds, and caring for the needs of thousands of children each year, this bridge is no longer small! It brings together people of different origins, languages and religions, in the name of the Reign of God, the Kingdom of Peace (cf. Rom 14:17). I heartily encourage you to persevere in your mission of showing charity to all the sick, the poor and the weak.

On this Feast of Our Lady of Fatima, I would like to conclude by invoking Mary’s intercession as I impart my Apostolic Blessing to the children and all of you. Let us pray:

Mary, Health of the Sick, Refuge of Sinners, Mother of the Redeemer: we join the many generations who have called you “Blessed”. Listen to your children as we call upon your name. You promised the three children of Fatima that “in the end, my Immaculate Heart will triumph”. May it be so! May love triumph over hatred, solidarity over division, and peace over every form of violence! May the love you bore your Son teach us to love God with all our heart, strength and soul. May the Almighty show us his mercy, strengthen us with his power, and fill us with every good thing (cf. Lk 1:46-56). We ask your Son Jesus to bless these children and all children who suffer throughout the world. May they receive health of body, strength of mind, and peace of soul. But most of all, may they know that they are loved with a love which knows no bounds or limits: the love of Christ which surpasses all understanding (cf. Eph 3:19). Amen.

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VISIT TO AIDA REFUGEE CAMP

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Bethlehem
Wednesday, 13 May 2009


Mr President,
Dear Friends,

My visit to the Aida Refugee Camp this afternoon gives me a welcome opportunity to express my solidarity with all the homeless Palestinians who long to be able to return to their birthplace, or to live permanently in a homeland of their own. Thank you, Mr President, for your kind greeting. And thank you also, Mrs Abu Zayd, and our other speakers. To all the officials of the United Nations Relief and Works Agency who care for the refugees, I express the appreciation felt by countless men and women all over the world for the work that is done here and in other camps throughout the region.

I extend a particular greeting to the pupils and teachers in the school. By your commitment to education you are expressing hope in the future. To all the young people here, I say: renew your efforts to prepare for the time when you will be responsible for the affairs of the Palestinian people in years to come. Parents have a most important role here, and to all the families present in this camp I say: be sure to support your children in their studies and to nurture their gifts, so that there will be no shortage of well-qualified personnel to occupy leadership positions in the Palestinian community in the future. I know that many of your families are divided – through imprisonment of family members, or restrictions on freedom of movement – and many of you have experienced bereavement in the course of the hostilities. My heart goes out to all who suffer in this way. Please be assured that all Palestinian refugees across the world, especially those who lost homes and loved ones during the recent conflict in Gaza, are constantly remembered in my prayers.

I wish to acknowledge the good work carried out by many Church agencies in caring for refugees here and in other parts of the Palestinian Territories. The Pontifical Mission for Palestine, founded some sixty years ago to coordinate Catholic humanitarian assistance for refugees, continues its much-needed work alongside other such organizations. In this camp, the presence of Franciscan Missionary Sisters of the Immaculate Heart of Mary calls to mind the charismatic figure of Saint Francis, that great apostle of peace and reconciliation. Indeed, I want to express my particular appreciation for the enormous contribution made by different members of the Franciscan family in caring for the people of these lands, making themselves “instruments of peace”, in the time-honored phrase attributed to the Saint of Assisi.

Instruments of peace. How much the people of this camp, these Territories, and this entire region long for peace! In these days, that longing takes on a particular poignancy as you recall the events of May 1948 and the years of conflict, as yet unresolved, that followed from those events. You are now living in precarious and difficult conditions, with limited opportunities for employment. It is understandable that you often feel frustrated. Your legitimate aspirations for permanent homes, for an independent Palestinian State, remain unfulfilled. Instead you find yourselves trapped, as so many in this region and throughout the world are trapped, in a spiral of violence, of attack and counter-attack, retaliation, and continual destruction. The whole world is longing for this spiral to be broken, for peace to put an end to the constant fighting.

Towering over us, as we gather here this afternoon, is a stark reminder of the stalemate that relations between Israelis and Palestinians seem to have reached – the wall. In a world where more and more borders are being opened up – to trade, to travel, to movement of peoples, to cultural exchanges – it is tragic to see walls still being erected. How we long to see the fruits of the much more difficult task of building peace! How earnestly we pray for an end to the hostilities that have caused this wall to be built!

On both sides of the wall, great courage is needed if fear and mistrust is to be overcome, if the urge to retaliate for loss or injury is to be resisted. It takes magnanimity to seek reconciliation after years of fighting. Yet history has shown that peace can only come when the parties to a conflict are willing to move beyond their grievances and work together towards common goals, each taking seriously the concerns and fears of the other, striving to build an atmosphere of trust. There has to be a willingness to take bold and imaginative initiatives towards reconciliation: if each insists on prior concessions from the other, the result can only be stalemate.

Humanitarian aid, of the kind provided in this camp, has an essential role to play, but the long-term solution to a conflict such as this can only be political. No one expects the Palestinian and Israeli peoples to arrive at it on their own. The support of the international community is vital, and hence I make a renewed appeal to all concerned to bring their influence to bear in favor of a just and lasting solution, respecting the legitimate demands of all parties and recognizing their right to live in peace and dignity, in accordance with international law. Yet at the same time, diplomatic efforts can only succeed if Palestinians and Israelis themselves are willing to break free from the cycle of aggression. I am reminded of those other beautiful words attributed to Saint Francis: “where there is hatred, let me sow love, where there is injury, pardon … where there is darkness, light, where there is sadness, joy.”

To all of you I renew my plea for a profound commitment to cultivate peace and non-violence, following the example of Saint Francis and other great peacemakers. Peace has to begin in the home, in the family, in the heart. I continue to pray that all parties to the conflict in these lands will have the courage and imagination to pursue the challenging but indispensable path of reconciliation. May peace flourish once more in these lands! May God bless his people with peace!

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FAREWELL CEREMONY

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Courtyard of the Presidential Palace - Bethlehem
Wednesday, 13 May 2009

Mr President,
Dear Friends,

I thank you for the great kindness you have shown me throughout this day that I have spent in your company, here in the Palestinian Territories. I am grateful to the President, Mr Mahmoud Abbas, for his hospitality and his gracious words. It was deeply moving for me to listen also to the testimonies of the residents who have spoken to us about the conditions of life here on the West Bank and in Gaza. I assure all of you that I hold you in my heart and I long to see peace and reconciliation throughout these tormented lands.

It has truly been a most memorable day. Since arriving in Bethlehem this morning, I have had the joy of celebrating Mass together with a great multitude of the faithful in the place where Jesus Christ, light of the nations and hope of the world, was born. I have seen the care taken of today’s infants in the Caritas Baby Hospital. With anguish, I have witnessed the situation of refugees who, like the Holy Family, have had to flee their homes. And I have seen, adjoining the camp and overshadowing much of Bethlehem, the wall that intrudes into your territories, separating neighbors and dividing families.

Although walls can easily be built we all know that they do not last for ever. They can be taken down. First, though, it is necessary to remove the walls that we build around our hearts, the barriers that we set up against our neighbors. That is why, in my parting words, I want to make a renewed plea for openness and generosity of spirit, for an end to intolerance and exclusion. No matter how intractable and deeply entrenched a conflict may appear to be, there are always grounds to hope that it can be resolved, that the patient and persevering efforts of those who work for peace and reconciliation will bear fruit in the end. My earnest wish for you, the people of Palestine, is that this will happen soon, and that you will at last be able to enjoy the peace, freedom and stability that have eluded you for so long.

Be assured that I will continue to take every opportunity to urge those involved in peace negotiations to work towards a just solution that respects the legitimate aspirations of Israelis and Palestinians alike. As an important step in this direction, the Holy See looks forward to establishing shortly, in conjunction with the Palestinian Authority, the Bilateral Permanent Working Commission that was envisioned in the Basic Agreement, signed in the Vatican on 15 February 2000 (cf. Basic Agreement between the Holy See and the Palestine Liberation Organization, art. 9).

Mr President, dear friends, I thank you once again and I commend all of you to the protection of the Almighty. May God look down in love upon each one of you, upon your families and all who are dear to you. And may he bless the Palestinian people with peace.

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HOLY MASS

HOMILY OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Mount of Precipice - Nazareth
Thursday, 14 May 2009

Dear Brothers and Sisters,

“May the peace of the Risen Christ reign in your hearts, for as members of the one body you have been called to that peace!” (Col 3:15). With these words of the Apostle Paul, I greet all of you with affection in the Lord. I rejoice to have come to Nazareth, the place blessed by the mystery of the Annunciation, the place which witnessed the hidden years of Christ’s growth in wisdom, age and grace (cf. Lk 2:52). I thank Archbishop Elias Chacour for his kind words of welcome, and I embrace with the sign of peace my brother Bishops, the priests and religious, and all the faithful of Galilee, who, in the diversity of their rites and traditions, give expression to the universality of Christ’s Church. In a special way I wish to thank all those who have helped to make this celebration possible, particularly those involved in the planning and construction of this new theatre with its splendid panorama of the city.

Here in the home town of Jesus, Mary and Joseph, we have gathered to mark the conclusion of the Year of the Family celebrated by the Church in the Holy Land. As a sign of hope for the future I will bless the first stone of an International Center for the Family to be built in Nazareth. Let us pray that the Center will promote strong family life in this region, offer support and assistance to families everywhere, and encourage them in their irreplaceable mission to society.

This stage of my pilgrimage, I am confident, will draw the whole Church’s attention to this town of Nazareth. All of us need, as Pope Paul VI said here, to return to Nazareth, to contemplate ever anew the silence and love of the Holy Family, the model of all Christian family life. Here, in the example of Mary, Joseph and Jesus, we come to appreciate even more fully the sacredness of the family, which in God’s plan is based on the lifelong fidelity of a man and a woman consecrated by the marriage covenant and accepting of God’s gift of new life. How much the men and women of our time need to reappropriate this fundamental truth, which stands at the foundation of society, and how important is the witness of married couples for the formation of sound consciences and the building of a civilization of love!

In today’s first reading, drawn from the book of Sirach (3:3-7, 14-17), the word of God presents the family as the first school of wisdom, a school which trains its members in the practice of those virtues which make for authentic happiness and lasting fulfilment. In God’s plan for the family, the love of husband and wife bears fruit in new life, and finds daily expression in the loving efforts of parents to ensure an integral human and spiritual formation for their children. In the family each person, whether the smallest child or the oldest relative, is valued for himself or herself, and not seen simply as a means to some other end. Here we begin to glimpse something of the essential role of the family as the first building-block of a well-ordered and welcoming society. We also come to appreciate, within the wider community, the duty of the State to support families in their mission of education, to protect the institution of the family and its inherent rights, and to ensure that all families can live and flourish in conditions of dignity.

The Apostle Paul, writing to the Colossians, speaks instinctively of the family when he wishes to illustrate the virtues which build up the “one body” which is the Church. As “God’s chosen ones, holy and beloved”, we are called to live in harmony and peace with one another, showing above all forbearance and forgiveness, with love as the highest bond of perfection (cf. Col 3:12-14). Just as in the marriage covenant, the love of man and woman is raised by grace to become a sharing in, and an expression of, the love of Christ and the Church (cf. Eph 5:32), so too the family, grounded in that love, is called to be a “domestic church”, a place of faith, of prayer and of loving concern for the true and enduring good of each of its members.

As we reflect on these realities here, in the town of the Annunciation, our thoughts naturally turn to Mary, “full of grace”, the mother of the Holy Family and our Mother. Nazareth reminds us of our need to acknowledge and respect the God-given dignity and proper role of women, as well as their particular charisms and talents. Whether as mothers in families, as a vital presence in the work force and the institutions of society, or in the particular vocation of following our Lord by the evangelical counsels of chastity, poverty and obedience, women have an indispensable role in creating that “human ecology” (cf. Centesimus Annus, 39) which our world, and this land, so urgently needs: a milieu in which children learn to love and to cherish others, to be honest and respectful to all, to practice the virtues of mercy and forgiveness.

Here too, we think of Saint Joseph, the just man whom God wished to place over his household. From Joseph’s strong and fatherly example Jesus learned the virtues of a manly piety, fidelity to one’s word, integrity and hard work. In the carpenter of Nazareth he saw how authority placed at the service of love is infinitely more fruitful than the power which seeks to dominate. How much our world needs the example, guidance and quiet strength of men like Joseph!

Finally, in contemplating the Holy Family of Nazareth, we turn to the child Jesus, who in the home of Mary and Joseph grew in wisdom and understanding, until the day he began his public ministry. Here I would simply like to leave a particular thought with the young people here. The Second Vatican Council teaches that children have a special role to play in the growth of their parents in holiness (cf. Gaudium et Spes, 48). I urge you to reflect on this, and to let the example of Jesus guide you, not only in showing respect for your parents, but also helping them to discover more fully the love which gives our lives their deepest meaning. In the Holy Family of Nazareth, it was Jesus who taught Mary and Joseph something of the greatness of the love of God his heavenly Father, the ultimate source of all love, the Father from whom every family in heaven and on earth takes its name (cf. Eph 3:14-15).

Dear friends, in the Opening Prayer of today’s Mass we asked the Father to “help us to live as the Holy Family, united in respect and love”. Let us reaffirm here our commitment to be a leaven of respect and love in the world around us. This Mount of the Precipice reminds us, as it has generations of pilgrims, that our Lord’s message was at times a source of contradiction and conflict with his hearers. Sadly, as the world knows, Nazareth has experienced tensions in recent years which have harmed relations between its Christian and Muslim communities. I urge people of good will in both communities to repair the damage that has been done, and in fidelity to our common belief in one God, the Father of the human family, to work to build bridges and find the way to a peaceful coexistence. Let everyone reject the destructive power of hatred and prejudice, which kills men’s souls before it kills their bodies!

Allow me to conclude with a word of gratitude and praise for all those who strive to bring God’s love to the children of this town, and to educate new generations in the ways of peace. I think in a special way of the local Churches, particularly in their schools and charitable institutions, to break down walls and to be a seedbed of encounter, dialogue, reconciliation and solidarity. I encourage the dedicated priests, religious, catechists and teachers, together with parents and all concerned for the good of our children, to persevere in bearing witness to the Gospel, to be confident in the triumph of goodness and truth, and to trust that God will give growth to every initiative which aims at the extension of his Kingdom of holiness, solidarity, justice and peace. At the same time I acknowledge with gratitude the solidarity which so many of our brothers and sisters throughout the world show towards the faithful of the Holy Land by supporting the praiseworthy programs and activities of the Catholic Near East Welfare Association.

“Let it be done to me according to your word” (Lk 1:38). May our Lady of the Annunciation, who courageously opened her heart to God’s mysterious plan, and became the Mother of all believers, guide and sustain us by her prayers. May she obtain for us and our families the grace to open our ears to that word of the Lord which has the power to build us up (cf. Acts 20:32), to inspire courageous decisions, and to guide our feet into the path of peace!

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GREETING TO RELIGIOUS LEADERS OF GALILEE

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Auditorium of the Shrine of the Annunciation - Nazareth
Thursday, 14 May 2009

Dear Friends,

Grateful for the words of welcome offered by Bishop Giacinto-Boulos Marcuzzo and for your warm reception, I cordially greet the leaders of different communities present, including Christians, Muslims, Jews, Druze and other religious peoples.

I feel particularly blessed to visit this city revered by Christians as the place where the Angel announced to the Virgin Mary that she would conceive by the power of the Holy Spirit. Here too Joseph, her betrothed, saw the Angel in a dream and was directed to name the child “Jesus”. After the marvelous events surrounding his birth, the child was brought to this city by Joseph and Mary where he “grew and became strong, filled with wisdom; and the favor of God was upon him” (Lk 2:40).

The conviction that the world is a gift of God, and that God has entered the twists and turns of human history, is the perspective from which Christians view creation as having a reason and a purpose. Far from being the result of blind fate, the world has been willed by God and bespeaks his glorious splendor.

At the heart of all religious traditions is the conviction that peace itself is a gift from God, yet it cannot be achieved without human endeavor. Lasting peace flows from the recognition that the world is ultimately not our own, but rather the horizon within which we are invited to participate in God’s love and cooperate in guiding the world and history under his inspiration. We cannot do whatever we please with the world; rather, we are called to conform our choices to the subtle yet nonetheless perceptible laws inscribed by the Creator upon the universe and pattern our actions after the divine goodness that pervades the created realm.

Galilee, a land known for its religious and ethnic diversity, is home to a people who know well the efforts required to live in harmonious coexistence. Our different religious traditions have a powerful potential to promote a culture of peace, especially through teaching and preaching the deeper spiritual values of our common humanity. By molding the hearts of the young, we mold the future of humanity itself. Christians readily join Jews, Muslims, Druze, and people of other religions in wishing to safeguard children from fanaticism and violence while preparing them to be builders of a better world.

My dear friends, I know that you accept cheerfully and with a greeting of peace the many pilgrims who flock to Galilee. I encourage you to continue exercising mutual respect as you work to ease tensions concerning places of worship, thus assuring a serene environment for prayer and reflection here and throughout Galilee. Representing different religious traditions, you share a desire to contribute to the betterment of society and thus testify to the religious and spiritual values that help sustain public life. I assure you that the Catholic Church is committed to join in this noble undertaking. In cooperation with men and women of good will, she will seek to ensure that the light of truth, peace and goodness continue to shine forth from Galilee and lead people across the globe to seek all that fosters the unity of the human family. God bless you all.

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ECUMENICAL MEETING

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Throne Hall of the Greek Orthodox Patriarchate - Jerusalem
Friday, 15 May 2009

Dear Brothers and Sisters in Christ,

It is with profound gratitude and joy that I make this visit to the Greek Orthodox Patriarchate of Jerusalem; a moment to which I have much looked forward. I thank His Beatitude Patriarch Theophilus III for his kind words of fraternal greeting, which I warmly reciprocate. I also express to all of you my heartfelt gratitude for providing me with this opportunity to meet once again the many leaders of Churches and ecclesial communities present.

This morning I am mindful of the historic meetings that have taken place here in Jerusalem between my predecessor Pope Paul VI and the Ecumenical Patriarch Athenagoras I, and also between Pope John Paul II and His Beatitude Patriarch Diodoros. These encounters, including my visit today, are of great symbolic significance. They recall that the light of the East (cf. Is 60:1; Rev 21:10) has illumined the entire world from the very moment when a “rising sun” came to visit us (Lk 1:78) and they remind us too that from here the Gospel was preached to all nations.

Standing in this hallowed place, alongside the Church of the Holy Sepulchre, which marks the site where our crucified Lord rose from the dead for all humanity, and near the cenacle, where on the day of Pentecost “they were all together in one place” (Acts 2:1), who could not feel impelled to bring the fullness of goodwill, sound scholarship and spiritual desire to our ecumenical endeavors? I pray that our gathering today will give new impetus to the work of theological dialogue between the Catholic Church and the Orthodox Churches, adding to the recent fruits of study documents and other joint initiatives.

Of particular joy for our Churches has been the participation of the Ecumenical Patriarch of Constantinople, His Holiness Bartholomew I, at the recent Synod of Bishops in Rome dedicated to the theme: The Word of God in the Life and Mission of the Church. The warm welcome he received and his moving intervention were sincere expressions of the deep spiritual joy that arises from the extent to which communion is already present between our Churches. Such ecumenical experience bears clear witness to the link between the unity of the Church and her mission. Extending his arms on the Cross, Jesus revealed the fullness of his desire to draw all people to himself, uniting them together as one (cf. Jn 12:32). Breathing his Spirit upon us he revealed his power to enable us to participate in his mission of reconciliation (cf. Jn 19:30; 20:22-23). In that breath, through the redemption that unites, stands our mission! Little wonder, then, that it is precisely in our burning desire to bring Christ to others, to make known his message of reconciliation (cf. 2 Cor 5:19), that we experience the shame of our division. Yet, sent out into the world (cf. Jn 20:21), empowered by the unifying force of the Holy Spirit (ibid. v. 22), proclaiming the reconciliation that draws all to believe that Jesus is the Son of God (ibid. v. 31), we shall find the strength to redouble our efforts to perfect our communion, to make it complete, to bear united witness to the love of the Father who sends the Son so that the world may know his love for us (cf. Jn 17:23).

Some two thousand years ago, along these same streets, a group of Greeks put this request to Philip: “Sir, we should like to see Jesus” (Jn 12:21). It is a request made again of us today, here in Jerusalem, in the Holy Land, in the region and throughout the world. How do we respond? Is our response heard? Saint Paul alerts us to the gravity of our response: our mission to teach and preach. He says: “faith comes from hearing, and what is heard comes through the word of Christ” (Rm 10:17). It is imperative therefore that Christian leaders and their communities bear vibrant testimony to what our faith proclaims: the eternal Word, who entered space and time in this land, Jesus of Nazareth, who walked these streets, through his words and actions calls people of every age to his life of truth and love.

Dear friends, while encouraging you to proclaim joyfully the Risen Lord, I wish also to recognize the work to this end of the Heads of Christian communities, who meet together regularly in this city. It seems to me that the greatest service the Christians of Jerusalem can offer their fellow citizens is the upbringing and education of a further generation of well-formed and committed Christians, earnest in their desire to contribute generously to the religious and civic life of this unique and holy city. The fundamental priority of every Christian leader is the nurturing of the faith of the individuals and families entrusted to his pastoral care. This common pastoral concern will ensure that your regular meetings are marked by the wisdom and fraternal charity necessary to support one another and to engage with both the joys and the particular difficulties which mark the lives of your people. I pray that the aspirations of the Christians of Jerusalem will be understood as being concordant with the aspirations of all its inhabitants, whatever their religion: a life of religious freedom and peaceful coexistence and - for young people in particular - unimpeded access to education and employment, the prospect of suitable housing and family residency, and the chance to benefit from and contribute to economic stability.

Your Beatitude, I thank you again for your kindness in inviting me here, together with the other guests. Upon each of you and the communities you represent, I invoke an abundance of God’s blessings of fortitude and wisdom! May you all be strengthened by the hope of Christ which does not disappoint!

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VISIT TO THE HOLY SEPULCHRE

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Jerusalem
Friday, 15 May 2009


Dear Friends in Christ,

The hymn of praise which we have just sung unites us with the angelic hosts and the Church of every time and place – “the glorious company of the apostles, the noble fellowship of the prophets and the white-robed army of martyrs” – as we give glory to God for the work of our redemption, accomplished in the passion, death and resurrection of Jesus Christ. Before this Holy Sepulchre, where the Lord “overcame the sting of death and opened the kingdom of heaven to all believers”, I greet all of you in the joy of the Easter season. I thank Patriarch Fouad Twal and the Custos, Father Pierbattista Pizzaballa, for their kind greeting. I likewise express my appreciation for the reception accorded me by the Hierarchs of the Greek Orthodox Church and the Armenian Apostolic Church. I gratefully acknowledge the presence of representatives of the other Christian communities in the Holy Land. I greet Cardinal John Foley, Grand Master of the Equestrian Order of the Holy Sepulchre and also the Knights and Ladies of the Order here present, with gratitude for their unfailing commitment to the support of the Church’s mission in these lands made holy by the Lord’s earthly presence.

Saint John’s Gospel has left us an evocative account of the visit of Peter and the Beloved Disciple to the empty tomb on Easter morning. Today, at a distance of some twenty centuries, Peter’s Successor, the Bishop of Rome, stands before that same empty tomb and contemplates the mystery of the Resurrection. Following in the footsteps of the Apostle, I wish to proclaim anew, to the men and women of our time, the Church’s firm faith that Jesus Christ “was crucified, died and was buried”, and that “on the third day he rose from the dead”. Exalted at the right hand of the Father, he has sent us his Spirit for the forgiveness of sins. Apart from him, whom God has made Lord and Christ, “there is no other name under heaven given to men by which we are to be saved” (Acts 4:12).

Standing in this holy place, and pondering that wondrous event, how can we not be “cut to the heart” (Acts 2:37), like those who first heard Peter’s preaching on the day of Pentecost? Here Christ died and rose, never to die again. Here the history of humanity was decisively changed. The long reign of sin and death was shattered by the triumph of obedience and life; the wood of the Cross lay bare the truth about good and evil; God’s judgement was passed on this world and the grace of the Holy Spirit was poured out upon humanity. Here Christ, the new Adam, taught us that evil never has the last word, that love is stronger than death, that our future, and the future of all humanity, lies in the hands of a faithful and provident God.

The empty tomb speaks to us of hope, the hope that does not disappoint because it is the gift of the Spirit of life (cf. Rom 5:5). This is the message that I wish to leave with you today, at the conclusion of my pilgrimage to the Holy Land. May hope rise up ever anew, by God’s grace, in the hearts of all the people dwelling in these lands! May it take root in your hearts, abide in your families and communities, and inspire in each of you an ever more faithful witness to the Prince of Peace! The Church in the Holy Land, which has so often experienced the dark mystery of Golgotha, must never cease to be an intrepid herald of the luminous message of hope which this empty tomb proclaims. The Gospel reassures us that God can make all things new, that history need not be repeated, that memories can be healed, that the bitter fruits of recrimination and hostility can be overcome, and that a future of justice, peace, prosperity and cooperation can arise for every man and woman, for the whole human family, and in a special way for the people who dwell in this land so dear to the heart of the Saviour.

This ancient Memorial of the Anástasis bears mute witness both to the burden of our past, with its failings, misunderstandings and conflicts, and to the glorious promise which continues to radiate from Christ’s empty tomb. This holy place, where God’s power was revealed in weakness, and human sufferings were transfigured by divine glory, invites us to look once again with the eyes of faith upon the face of the crucified and risen Lord. Contemplating his glorified flesh, completely transfigured by the Spirit, may we come to realize more fully that even now, through Baptism, “we bear in our bodies the death of Jesus, that the life of Jesus may be manifested in our own mortal flesh” (2 Cor 4:10-11). Even now, the grace of the resurrection is at work within us! May our contemplation of this mystery spur our efforts, both as individuals and as members of the ecclesial community, to grow in the life of the Spirit through conversion, penance and prayer. May it help us to overcome, by the power of that same Spirit, every conflict and tension born of the flesh, and to remove every obstacle, both within and without, standing in the way of our common witness to Christ and the reconciling power of his love.

With these words of encouragement, dear friends, I conclude my pilgrimage to the holy places of our redemption and rebirth in Christ. I pray that the Church in the Holy Land will always draw new strength from its contemplation of the empty tomb of the Savior. In that tomb it is called to bury all its anxieties and fears, in order to rise again each day and continue its journey through the streets of Jerusalem, Galilee and beyond, proclaiming the triumph of Christ’s forgiveness and the promise of new life. As Christians, we know that the peace for which this strife-torn land yearns has a name: Jesus Christ. “He is our peace”, who reconciled us to God in one body through the Cross, bringing an end to hostility (cf. Eph 2:14). Into his hands, then, let us entrust all our hope for the future, just as in the hour of darkness he entrusted his spirit into the Father’s hands.

Allow me to conclude with a special word of fraternal encouragement to my brother Bishops and priests, and to the men and women religious who serve the beloved Church in the Holy Land. Here, before the empty tomb, at the very heart of the Church, I invite you to rekindle the enthusiasm of your consecration to Christ and your commitment to loving service of his mystical Body. Yours is the immense privilege of bearing witness to Christ in this, the land which he sanctified by his earthly presence and ministry. In pastoral charity enable your brothers and sisters, and all the inhabitants of this land, to feel the healing presence and the reconciling love of the Risen One. Jesus asks each of us to be a witness of unity and peace to all those who live in this City of Peace. As the new Adam, Christ is the source of the unity to which the whole human family is called, that unity of which the Church is the sign and sacrament. As the Lamb of God, he is the source of that reconciliation which is both God’s gift and a sacred task enjoined upon us. As the Prince of Peace, he is the source of that peace which transcends all understanding, the peace of the new Jerusalem. May he sustain you in your trials, comfort you in your afflictions, and confirm you in your efforts to proclaim and extend his Kingdom. To all of you, and to those whom you serve, I cordially impart my Apostolic Blessing as a pledge of Easter joy and peace.

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VISIT TO THE ARMENIAN PATRIARCHAL CHURCH OF ST. JAMES

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

Jerusalem
Friday, 15 May 2009

Your Beatitude,

I greet you with fraternal affection in the Lord, and I offer prayerful good wishes for your health and your ministry. I am grateful for the opportunity to visit this Cathedral Church of Saint James in the heart of the ancient Armenian quarter of Jerusalem, and to meet the distinguished clergy of the Patriarchate, together with the members of the Armenian community of the Holy City.

Our meeting today, characterized by an atmosphere of cordiality and friendship, is another step along the path towards the unity which the Lord desires for all his disciples. In recent decades we have witnessed, by God’s grace, a significant growth in the relationship between the Catholic Church and the Armenian Apostolic Church. I count it a great blessing to have met in this past year with the Supreme Patriarch and Catholicos of All Armenians Karekin II and with the Catholicos of Cilicia Aram I. Their visits to the Holy See, and the moments of prayer which we shared, have strengthened us in fellowship and confirmed our commitment to the sacred cause of promoting Christian unity.

In a spirit of gratitude to the Lord, I wish also to express my appreciation of the unwavering commitment of the Armenian Apostolic Church to the continuing theological dialogue between the Catholic Church and the Eastern Orthodox Churches. This dialogue, sustained by prayer, has made progress in overcoming the burden of past misunderstandings, and offers much promise for the future. A particular sign of hope is the recent document on the nature and mission of the Church produced by the Mixed Commission and presented to the Churches for study and evaluation. Together let us entrust the work of the Mixed Commission once more to the Spirit of wisdom and truth, so that it can bear abundant fruit for the growth of Christian unity, and advance the spread of the Gospel among the men and women of our time.

From the first Christian centuries, the Armenian community in Jerusalem has had an illustrious history, marked not least by an extraordinary flourishing of monastic life and culture linked to the holy places and the liturgical traditions which developed around them. This venerable Cathedral Church, together with the Patriarchate and the various educational and cultural institutions attached to it, testifies to that long and distinguished history. I pray that your community will constantly draw new life from its rich traditions, and be confirmed in its witness to Jesus Christ and the power of his resurrection (cf. Phil 3:10) in this Holy City. I likewise assure the families present, and particularly the children and young people, of a special remembrance in my prayers. Dear friends, I ask you in turn to pray with me that all the Christians of the Holy Land will work together with generosity and zeal in proclaiming the Gospel of our reconciliation in Christ, and the advent of his Kingdom of holiness, justice and peace.

Your Beatitude, I thank you once more for your gracious welcome, and I cordially invoke God’s richest blessings upon you and upon all the clergy and faithful of the Armenian Apostolic Church in the Holy Land. May the joy and peace of the Risen Christ be always with you.

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FAREWELL CEREMONY

ADDRESS OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

"Ben Gurion" International Airport - Tel Aviv
Friday, 15 May 2009

Mr President,
Mr Prime Minister,
Your Excellencies, Ladies and Gentlemen,

As I prepare to return to Rome, may I share with you some of the powerful impressions that my pilgrimage to the Holy Land has left with me. I had fruitful discussions with the civil authorities both in Israel and in the Palestinian Territories, and I witnessed the great efforts that both governments are making to secure people’s well-being. I have met the leaders of the Catholic Church in the Holy Land, and I rejoice to see the way that they work together in caring for the Lord’s flock. I have also had the opportunity to meet the leaders of the various Christian Churches and ecclesial communities as well as the leaders of other religions in the Holy Land. This land is indeed a fertile ground for ecumenism and inter-religious dialogue, and I pray that the rich variety of religious witness in the region will bear fruit in a growing mutual understanding and respect.

Mr President, you and I planted an olive tree at your residence on the day that I arrived in Israel. The olive tree, as you know, is an image used by Saint Paul to describe the very close relations between Christians and Jews. Paul describes in his Letter to the Romans how the Church of the Gentiles is like a wild olive shoot, grafted onto the cultivated olive tree which is the People of the Covenant (cf. 11:17-24). We are nourished from the same spiritual roots. We meet as brothers, brothers who at times in our history have had a tense relationship, but now are firmly committed to building bridges of lasting friendship.

The ceremony at the Presidential Palace was followed by one of the most solemn moments of my stay in Israel – my visit to the Holocaust Memorial at Yad Vashem, where I paid my respects to the victims of the Shoah. There also I met some of the survivors. Those deeply moving encounters brought back memories of my visit three years ago to the death camp at Auschwitz, where so many Jews - mothers, fathers, husbands, wives, sons, daughters, brothers, sisters, friends - were brutally exterminated under a godless regime that propagated an ideology of anti-Semitism and hatred. That appalling chapter of history must never be forgotten or denied. On the contrary, those dark memories should strengthen our determination to draw closer to one another as branches of the same olive tree, nourished from the same roots and united in brotherly love.

Mr President, I thank you for the warmth of your hospitality, which is greatly appreciated, and I wish to put on record that I came to visit this country as a friend of the Israelis, just as I am a friend of the Palestinian people. Friends enjoy spending time in one another’s company, and they find it deeply distressing to see one another suffer. No friend of the Israelis and the Palestinians can fail to be saddened by the continuing tension between your two peoples. No friend can fail to weep at the suffering and loss of life that both peoples have endured over the last six decades. Allow me to make this appeal to all the people of these lands: No more bloodshed! No more fighting! No more terrorism! No more war! Instead let us break the vicious circle of violence. Let there be lasting peace based on justice, let there be genuine reconciliation and healing. Let it be universally recognized that the State of Israel has the right to exist, and to enjoy peace and security within internationally agreed borders. Let it be likewise acknowledged that the Palestinian people have a right to a sovereign independent homeland, to live with dignity and to travel freely. Let the two-state solution become a reality, not remain a dream. And let peace spread outwards from these lands, let them serve as a “light to the nations” (Is 42:6), bringing hope to the many other regions that are affected by conflict.

One of the saddest sights for me during my visit to these lands was the wall. As I passed alongside it, I prayed for a future in which the peoples of the Holy Land can live together in peace and harmony without the need for such instruments of security and separation, but rather respecting and trusting one another, and renouncing all forms of violence and aggression. Mr President, I know how hard it will be to achieve that goal. I know how difficult is your task, and that of the Palestinian Authority. But I assure you that my prayers and the prayers of Catholics across the world are with you as you continue your efforts to build a just and lasting peace in this region.

It remains only for me to express my heartfelt thanks to all who have contributed in so many ways to my visit. To the Government, the organizers, the volunteers, the media, to all who have provided hospitality to me and those accompanying me, I am deeply grateful. Please be assured that you are remembered with affection in my prayers. To all of you, I say: thank you, and may God be with you. Shalom!

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INTERVIEW OF THE HOLY FATHER BENEDICT XVI
DURING THE FLIGHT FROM THE HOLY LAND TO ROME

Papal Flight
Friday, 15 May 2009

Dear Friends,

Thank you for your work. I can imagine how difficult it must have been in the midst of so many problems, multiple transfers, etc. and I want to thank you for accepting all these inconveniences in order to tell the world about this pilgrimage, thereby inviting others to go on pilgrimage to these Holy Places.

Since I already made a brief summary of my journey in my speech at the airport, I do not wish to add much. I could mention many, many more details: the moving descent to the most profound spot on earth, at the River Jordan, which for us is also a symbol of the descent of God, of the descent of Christ to the deepest points of human existence.

I could mention the Upper Room, in which the Lord gave us the Eucharist, in which Pentecost, the descent of the Holy Spirit, took place; the Holy Sepulchre too, and many other impressions, but it seems to me that this is not the moment to reflect on them.

Yet perhaps I could make a few brief comments on them. There are three fundamental impressions: the first is that I found everywhere, in every context, Muslim, Christian and Jewish, a determined readiness for interreligious dialogue, for encounter and collaboration among the religions. And it is important that everyone see this not only as an action let us say inspired by political motives in the given situation but as a fruit of the very core of faith. Because believing in one God who has created us all, the Father of us all, believing in this God who created humanity as a family, believing that God is love and wants love to be the dominant force in the world, implies this encounter, this need for an encounter, for dialogue, for collaboration as a requirement of faith itself.

The second point: I also found a very encouraging ecumenical atmosphere. We had many meetings with the Orthodox world in great cordiality; I was also able to speak to a representative of the Anglican Church and two Lutheran representatives and it is clear that this atmosphere of the Holy Land itself also encourages ecumenism.

And the third point: there are enormous difficulties as we know, as we have seen and heard. But I also saw that there is a deep desire for peace on the part of all. The problems are more visible and we must not conceal them: they exist and need clarification. However, the common desire for peace, for brotherhood, is not so visible and it seems to me that we should also talk about this, and encourage in everyone the desire to find solutions to these problems that are certainly far from simple.

I came as a pilgrim of peace. Pilgrimage is an essential element of many religions and also of Islam, of the Jewish religion and of Christianity. It is also the image of our existence that is moving forward towards God and hence towards the communion of humanity.

I came as a pilgrim and I hope that many will follow in my footsteps and by so doing encourage the unity of the people of this Holy Land and in turn become their messenger of peace. Thank you!